Exposition à l'Espace Culturel de Landivisiau (Bretagne)


Landivisiau, ville du cheval... oui mais pas uniquement. La mairie et l'espace culturel Lucien Prigent apprécient les artistes de la région.

L'espace culturel est un lieu magique... Le parc de Kréac'h Kellen et une grande batisse accueillent des expo de sculpture permanentes et temporaires toute l'année.

Cet été, ce sont les CERAMISTES qui sont à l'honneur. Une femme Gaëlle Haubtmann et un homme Jean-Michel Kerdilès se partagent l'espace.



Jean-Michel Kerdilès expose ses bols en grès ou en porcelaine. Il investit aussi l'espace avec des plaques en porcelaine noires et blanches inspirées par les Monts d'Arrée (pour les novices, cest la chaîne de montagne en Bretagne) ainsi que des morceaux de grès armoricains des mêmes monts.

Gaëlle Haubtmann travaille la céramique en s'inspirant de la nature et des éléments. Même si elle laisse aussi le four (5 jours et 5 nuits) laisser son empreinte sur l'oeuvre. Certaines pièces sont réalistes (gouttes d'eau), d'autres laissent les éléments parler : tempête, mer et vent...

L'expo permet de découvrir l'art sculptural contemporain mais aussi propose de voir l'artiste travailler... et même de ramener une oeuvre chez soi... L'expo pense aux jeunes : visite guidée ou pour les solitaires livret découverte...

Horaires : lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche 14-18H, jusqu'au 27 septembre.
Tel 02.98.68.00.30 ou 02.98.68.30.27.

Les roches du diable : canoë–kayac et pêche sur l’Ellé

Les Roches du Diable sont :

- Un site naturel où le diable est enfermé ?
- Un lieu de compétitions internationales de canoë-kayak ?
- Un site où l’on pêche truites et saumons ?
- Un lieu où il vaut mieux pique niquer que plonger une tête ?
- Un beau site de randonnées ?

Oui, les Roches du Diable c’est tout ça… Un amoncellement de pierres gigantesques jetées le long de l’Ellé.

L'Ellé


La légende du site veut que Saint Guénolé (le moine qui a crée Landevennec, monastère à l’origine de l’évangélisation de la Bretagne au Vè siècle) multiplie les conversions dans la région. Et cela ne plait guère à Paolic (le diable en breton) qui lui jette des pierres quand il se promène le long de l'Ellé. Mais Saint Guénolé les écarte d’un signe de croix. Las, le saint finit par se battre avec Paolic. Le combat est tel que le diable laisse ses griffes sur un bloc de pierre.

Les griffes du diable


Mais l’évangélisateur réussit à précipiter Satan dans un trou sans fond où il est encore…

Trou du diable


C’est sûrement quand le diable se déchaîne que la rivière Ellé peut accueillir des compétitions internationales de canoë-kayak. Elles ont lieu l’hiver quand la rivière est haute. Le site est libre pour les amateurs de descente en canoë... ou de randonnées en kayak l’été.

La rivière permet aussi aux pêcheurs de truites et de saumons de s’adonner à leur passion. Si ces deux poissons étaient rares dans les rivières bretonnes il y a encore quelques années, ils sont de retour. L’influence de la marée se fait sentir jusqu’au site des Roches.

Si vous n’êtes ni « rameur », ni pêcheur, sachez qu’il ne fait pas bon être baigneur dans le coin. Le trou du diable cache des tourbillons qui vous engloutiraient. Vous pouvez par contre être randonneur ou pique-niqueur car le site enchanteur (!) s’y prête très bien…

L'ellé l'été




L’Art, chemin faisant, parcours d’art contemporain à Pont-Scorff (Bretagne)

Quand on évoque Pont-Scorff, on pense tout de suite au zoo. Et pourtant… Pont-Scorff est aussi une ville d’art et culture… et elle le prouve tous les étés en mettant en place un parcours d’art contemporain.

L'art chemin faisant à Pont-Scorff


Cette petite bourgade du Morbihan propose une exposition originale d’art plastique puisque les œuvres sont disséminées dans différents sites remarquables de la commune et de sa campagne… atelier d’Estienne, combles de la maison des Princes, chaumière et ferme de Saint Urchaut, chapelles….

On se balade en découvrant le travail des artistes. Certains lieux sont très excentrés, voilà le prétexte d’une belle randonnée insolite (le circuit pédestre est fléché en vert)… et culturelle !

Balade sur le parcours d'art contemporain


On comprend mieux le titre de l’expo L’Art, chemin faisant….

Cette année, le thème Ressources Humaines se décline dans différentes œuvres d’art plastique. La brochure présente ainsi son exposition :
Que faire en temps de crise et de désillusion ? Fêter l’humain. Créer de nouvelles valeurs matérielles et immatérielles, se questionner sur le sens du laborieux et œuvrer ensemble à ce que l’individu garde une place d’honneur. La 11è édition du parcours d’art contemporain « Ressources Humaines » intégré dans un village de caractère et sa campagne environnante, invite 13 plasticiens * à approfondir le champ de l’humain tout comme celui des rapports entre art, travail et pouvoir. S’il aborde la quête d’un nouvel humanisme ou la question des ressources qui s’épuisent, … ce parcours interroge également la place et la mission de l’artiste « travailleur-rêveur » dans notre société.
*Sandra Aubry et Sébastien Bourg, Clifford Charles, Sophie Hutin, Serge Le Squer, Pedro Pereira, Julien Prévieux, Vinca Schiffmann, Véronique Ricci, Isabelle Vaillant, Sonia Winter, Oscar Yana et Gaële Flao

Certaines œuvres sont drôles : les lettres de non motivation par exemple, d’autres beaucoup moins…

Avec 17000 visiteurs l’année dernière, l’Art chemin faisant est une belle réussite. Vous êtes en vacances en Bretagne Sud… Vous savez ce qu’il vous reste à faire… Surtout que la ville héberge aussi des galeries d’art… et un zoo...



Les fraises de Plougastel : tourisme ou patrimoine gastronomique ?

Manger 5 fruits et légumes par jour qu'on nous dit...

Certes, mais entre la tomate sans goût, la pêche pas mûre et la fraise insipide... C'est pas toujours facile !
Sauf... Sauf si, dans la famille des fraises, vous choisissez celles de PlougastelLes gariguettes….

Des petits fruits longs et très « goutés » comme on dit en Bretagne...

Plougastel est depuis longtemps connue comme une terre de fraises. Là encore, c’est une histoire de climat… comme souvent pour la culture des primeurs en Bretagne. La mer régule les écarts de température et la saison dure d’avril à novembre.

Gariguettes de Plougastel


Les champs de fraises sont situés loin du bourg de Plougastel Daoulas. Au siècle dernier, les fraisiers étaient protégés par des murets. Aujourd’hui les plants se cachent sous des tunnels ou dans des serres.

C’est au XIXè siècle que la fraisiculture devient très importante, remplaçant la culture du lin qui faisait alors la fortune bretonne. Le lin servait à faire des toiles (daoulas) qui était exportées dans le monde entier. Mais la concurrence américaine et anglaise obligent les producteurs de cette fibre végétale à évoluer. C’est notamment la fraise sur la presqu’île qui remplacera le lin.

Les producteurs produisent à l'époque jusqu’à 25 % de la production française et cherchent des débouchés. Ils se regroupent et tentent … l’Angleterre. Ou Paris quand le chemin de fer Brest Paris s’ouvre en 1865.

Depuis la culture oscille entre des périodes fastes et moins bonnes… La concurrence est rude et il s’agit de se distinguer sur le grand marché international de la fraise.

C’est vrai que la gariguette se mérite… Elle n’est pas la moins chère des fraises mais cueillie à la main, à point et disposée délicatement dans des barquettes, elle est pleine d’odeurs et extrêmement savoureuse. Pas besoin d’y rajouter du sucre, comme elle est récoltée à maturité… Et puis si vous êtes pro développement durable, voilà une fraise produite dans le coin et qui ne voyage pas beaucoup…

Et si vous achetez des fraises bio, vous verrez peut être des fraises avec de drôles de formes : ce sont des fleurs qui ont été mal butinées par les abeilles et qui poussent « déformées »…

Fraise déformée car mal butinée


Et si l’histoire de la fraise vous passionne, sachez que dans nos contrées, la fraise des bois existe depuis toujours (au moins les Romains). C’est Amédée François Frézier qui nous a ramené une variété sud américaine et qu’il est à l’origine de sa culture importante à Plougastel.

Le site du musée de la fraise à Plougastel est pleins de recettes. Un producteur de fraises propose aussi de visiter son exploitation.

Alors la fraise bretonne : une tradition ? Un patrimoine gastronomique ? Une spécialité bretonne ?

Patrimoine insolite : le menhir christianisé de Saint Uzec (Saint Duzec) en Bretagne

La côte de granit rose est magnifique et ses pierres bien curieuses, je sais. Mais juste un peu dans les terres, vous pouvez découvrir une autre pierre unique et insolite du patrimoine breton.

C’est évident pour tout le monde, la Bretagne est une terre de menhirs (men en breton signifie pierre et hir levée). Et même si on ne sait pas trop quelle signification leur donner, il y en eut partout. Aujourd’hui nombreux sont ceux qui ont disparu mais on en a encore quelques uns qui valent le détour.

Si vous séjournez sur la côte, près de Pleumeur Bodou, il faut vous rendre au menhir de Saint Uzec (Saint Duzec) sur la commune de Plemeur Bodou et sa chapelle qui est en face.

Menhir vu de la chapelle Saint Uzec


Ce menhir est impressionnant. Sa taille d’abord, autour de 8 mètres, au sommet d’une colline, on le voit de bien loin. On ne connaît pas sa signification en tant que pierre levée du néolithique (-5000 à –4000 avant JC) mais on se doute de celle qu’on a voulu lui donner quand elle a été ornée d’une croix, de 27 sculptures et d’une peinture qui a été effacée par le temps.

On le voit très bien de la chapelle sur la colline d’en face : la chapelle Saint Uzec.

Chapelle de Saint Uzec à  Pleumeur Bodou


Cette église gothique de granit a été construite à la fin du XVè siècle, bien avant la transformation du menhir en croix. Son clocher est original – un clocher-mur- tout rectangulaire dans lequel il pourrait y avoir 3 cloches. Elle est consacrée à Saint Uzec (aussi Josse ou Judoc), un prince breton du VIè siècle qui ne voulait pas hériter de ses terres et de son titre et a préféré devenir ermite. Un pardon le vénère le 2è dimanche de juillet.

On dit Saint Uzec ou Saint Duzec car, en breton, -nous sommes en terre bretonnante ici- est liée à la liaison de Zant à Uek qui donne Saint-Duzec.

En face se dresse le menhir. On devait le voir de très loin et sa caractéristique chrétienne pouvait ainsi frapper les esprits.Taille imposante, entouré d’un enclos,

Menhir christiannisé de Saint Uzec dans son enclos


surmonté d’une croix et orné de scultures symboliques, tout est là pour en faire un des plus beaux menhirs christianisés de Bretagne. Il est classé Monument Historique depuis 1889.

Le menhir a été transformé en 1674, dit la tradition. Et c’est comme s’il rassemblait à lui seul tous les symboles du christianisme, le tout surmonté d’une croix sculptée avec un Christ en croix. Deux calices recueillent son sang.



Les 27 sculptures sont des arma christi (instruments ou objets de la Passion). Ces images évoquaient les souffrances et le supplice du Christ, avant et pendant la crucifixion (Passion du Christ). Elles étaient fréquentes au XVIIè siècle. Et comprises par la population. Aujourd'hui, ces symboles ne sont pas clairs pour tout le monde... Une petite révision s'impose !
Le soleil et la lune symbolisent la résurrection et la mort. Une lance et un bâton ou une lance et un roseau avec une éponge (qui assouvit la soif du Christ sur la croix) évoquent l’arrestation de Jésus.
Entre les deux, l’aiguière (un vase) et une main rappellent Ponce Pilate qui l’a condamné à mort. Une femme à genoux en prière (qui suivait Jésus lors de son ascension du Mont), et, sous elle, le voile de Véronique (qui a servi à essuyer le visage du Christ). Le coq du reniement de saint Pierre est juché sur la colonne de la flagellation. Une échelle évoque la descente de croix. De chaque côté on voit les deux fouets. En dessous, et de gauche à droite, l’épée de saint Pierre qui trancha l’oreille de Malchus, le serviteur du grand prêtre, une lanterne nous mène à l’arrestation, au jardins des Oliviers, puis des tenailles et un marteau sous lesquels se trouve les deniers de Judas. Sur la dernière ligne enfin, la tunique sans couture (vêtement que la Vierge a tissé pour son fils et qui a grandi avec lui), les dés (pour tirer au sort les vétements de Jésus de Nazareth les répartir entre les soldats). les trois clous. La tête de mort est celle d’Adam : une légende, en effet, rapporte que celui-ci fut enterré sur le Golgotha (lieu de la crucifixion). Sous l’échelle, deux os croisés pourraient signifier la descente aux enfers.
Un grand panneau explicatif vous expliquera le menhir côté pile et côté face. Les sillons verticaux sont le signe de l’érosion… Il pleut en Bretagne, hein !

Erosion sur le menhir christiannisé


Sur de vielles cartes postales du siècle dernier, on distingue une peinture du Christ en croix qui a malheureusement disparu depuis. Les sculptures étaient aussi peintes.
On peut faire des randonnées dans ce coin, elles sont bien indiquées. Alors, un jour de temps maussade, partez en balade, vous ne le regretterez pas. Il existe sur la commune un autre menhir sculpté d’un croix dans le lieu dit de Saint Samson. Je ne l’ai pas trouvé. Mais si vous le croisez au gré de vos balades, faites moi signe…

Ceux de 14 spectacle vivant et fresque historique cet été en Bretagne

Cet été, pendant le mois de juillet, les Carrefours Culturels du Couesnon organisent un spectacle vivant, Ceux de 14.
Comme toujours - ça fait plusieurs années que ça dure -, il s’agit de mettre en valeur le patrimoine local, un bout d’histoire du coin et ses habitants, tout ça à la sueur des bénévoles (un petit clin d'oeil à Jannick que je ne vois plus tellement elle est débordée...). 180 acteurs et figurants locaux participent à cette fresque historique, très réaliste (explosions, et tout et tout…).

L’association Les Carrefours Culturels du Couesnon produit, à peu près tous les 3 ans, un spectacle gigantesque - c'est un peu un Puy du Fou breton - qui prouve que le bénévolat a encore de beaux jours devant lui. Et le concept est intéressant car, à chaque nouvelle version, c’est une nouvelle commune qui organise la manifestation culturelle.

Cette année, c’est à Chauvigné qu’ont lieu les réjouissances (sur le canton d’Antrain , entre Rennes et le Mont Saint Michel). Comptez 10 € pour les enfants de 5 à 12 ans et 14 € pour les grands. Il faut réserver au 06 70 33 00 35 à partir du 1er juin de 17 à 20h.
Des conférences auront lieu avant le spectacle.
Rendez vous en juillet à 22h30 (les 10,11,12,13,17,18,23,24 et 25).

Avant d’y aller, faites donc ce petit jeuen 8 questions autour du vocabulaire de 14-18

1 - Pourquoi parle –t-on de la Grande Guerre ?
C’est un des noms qu’on a donné à la guerre de 1914-1918. C’est une grande guerre car c’est la première guerre mondiale : elle implique des nations des différents continents : les Etats Unis, le Japon, la France et ces colonies, le Commonwealth…

2 – Qu’est ce que la der des der ?
On a toujours l’impression d’être moderne et d'aller vers le progrès. Et, en 14, on le pensait aussi. Les soldats croyaient, en allant sur le front, que cette guerre serait la dernière des dernières. Et qu'elle serait courte….

3 - Pourquoi appelait-on les soldats français les poilus ?
Si Balzac (1833) utilisait le mot poilu comme une caractéristique des hommes courageux ou virils, le terme est passé dans le langage des civils pour désigner les soldats de la première guerre mondiale.
Une version populaire de la signification prétend que le surnom fut donné pendant la Grande Guerre, du fait des conditions de vie des soldats dans les tranchées. Ils laissaient pousser barbe et moustache et, de retour à l'arrière, paraissaient tous « poilus ». Cette version ne peut trouver de fondements que dans les débuts de la guerre, car dès lors que les gaz firent leur apparition, les masques à gaz bannirent la barbe des visages des soldats ainsi que du règlement militaire.
4 – On les appelait aussi les bleuets !
Nom poétique, certes mais très dangereux… Je m’explique : les soldats français étaient, au début de la guerre, habillés de chapeaux et de pantalons rouges. Or, ces couleurs, vous imaginez bien, se repéraient de loin et étaient idéales pour abattre les soldats à la mitrailleuse. L’armée française changea donc les couleurs pour un gris bleu plus discret. Le kaki sera choisi plus tard bien après la fin de la première guerre mondiale.

5 – La grosse Bertha, c’est qui ?
C’est quoi, plutôt ! C’est un canon allemand de très gros calibre qui devait être capable de percer 3 mètres de béton armé et de briser des tourelles en acier.
Et c’est qui ?
Le prénom de la fille du constructeur de canons allemands Friedrich-Alfred Krupp.

6 – Les Boches : un terme bien péjoratif mais passé dans le langage courant !
Mot très utilisé pendant la première guerre mondiale pour désigner les Allemands. Il apparaît pourtant, au milieu du XIXè siècle, et est un mélange entre caboche (tête dure) et de alboche qui voulait dire allemand.
En Bretagne, on était encore plus mesquin quand on disait : encore une que les boches n’auront pas. On parlait évidement des bouteilles de vin…

7 – Et les gueules cassées, vous connaissez ?
Ce sont les survivants mutilés de la première guerre mondiale, blessés au visage, souvent très gravement et qui n’ont pas forcément pu reprendre une vie normale après la guerre.
Marc Dugain dans son roman La chambre des officiers parle du destin et des souffrances de ces gazés de 14-18.



On en a tiré un film.
Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo évoque aussi ces atrocités.

8 – Limoger est un terme qui date de 14-18 !
C’est à Limoges que Joffre (général puis maréchal) envoyait les généraux qu’il considérait comme incapables, ville française éloignée du front.

Recette de l’artichaut à la vinaigrette

Le calendrier pour consommer ce légume va de mai à novembre.
Choisissez un bel artichaut (un camus de Bretagne) cueilli depuis peu. C’est la variété qui a les grosses têtes… Le bout de la tige doit être fraîche (et non sèche).

Camus de Bretagne


Faire cuire dans deux eaux.
Une première fois avec le couvercle ouvert pour que l’acidité s’en aille ainsi que les futures flatulences liées à ce légume. L’eau doit bouillir et recouvrir le fruit pendant 5 minutes. L’eau de cuisson sera bien verte.
Jetez la et refaites cuire dans une deuxième eau 15 à 30 minutes selon la grosseur de la tête. Pour savoir s’il est cuit, détachez une feuille et essayez de manger la chair. Si elle est tendre, c’est bon.

Effeuillez la tête jusqu’au cœur et la déguster. Si la tige était fraîche, vous pouvez aussi la consommer après l’avoir épluchée. Egouttez et laissez refroidir.

Faire votre vinaigrette : 3 cuillères à soupe d’huile, 1 de vinaigre et une cuillère à café très généreuse de moutarde.

Quand l’artichaut est froid, dégustez avec votre vinaigrette.
Attention l’artichaut s’oxyde rapidement, une fois cuit, il faut le manger dans la journée.

Lisez cet article en anglais : Recipe for a french kitchen : artichoke with vinaigrette


L’artichaut de Bretagne

C’est la pleine saison des artichauts. Le calendrier pour les manger va de mai à novembre, la plante va donner plusieurs capitules (c’est le nom savant de ce que l’on mange).

L’artichaut est un chardon domestiqué… Si vous l’avez vu en fleur, elle ressemble à celle du chardon toute bleue violette et elle sent très bon… La plante est presque un buisson, qui peut atteindre 2 mètres de haut et qui fournit plusieurs artichauts.

Cinq têtes sur un pied


Plante bisannuelle ou même trisannuelle (elle donne 2 à 3 ans), sa reproduction se fait le plus souvent par œilleton… Un petit artichaut, un rejet, qui pousse à côté du grand et qu’il faut replanter en lui coupant les feuilles.

Rejet d'artichaut replanté


Son nom vient de l’italien qui l’a lui même repris de l’arabe. On l’a dit la plante est méditerranéenne. Connue en Italie dès le IX è siècle, c’est le mariage du roi Henri II avec une Italienne Catherine de Médicis (1533) qui va le populariser en France.
Ca a du bon les mariages, ou les rois… ou les deux…

L’artichaut est pourtant une plante méditerranéenne à l’origine mais elle se plait en Bretagne, sur la côte nord, la fameuse ceinture dorée autour de Roscoff … Pas étonnant car la zone est une zone de primeurs et connaît peu de variations de températures.

Champ d'artichauts à Roscoff


C’est une culture récente en Bretagne, début du XIXè introduite par un agronome parisien… Le camus de Bretagne est très vite devenu l’artichaut préféré des Français (le petit violet, l’artichaut du sud a moins de succès). La région Bretagne en produit plus des trois quart en France. C’est l’espèce la plus grosse (2 à 3 têtes par kilo), celle que l’on mange épluché.

D’ailleurs, depuis 2000, Prince de Bretagne, le grand producteur de primeurs bretons s’affiche au gré des champs et propose une route touristique des légumes. On voit les panneaux sur la route… et puis rien…

En Italie ou en Espagne, on mange des variétés plus petites souvent entières, conservées dans l’huile.
Le Pérou a fait une entrée remarquée dans la production d’artichauts puisqu’il est devenu en quelques années l’un des grands exportateurs de la variété conservée dans l’huile.

L'artichaut sert à faire une liqueur le Cynar dans la péninsule italienne et au Viet Nam ce sont ses feuilles qu’on utilise en thé. Le foin que l’on trouve dans les cœurs peut servir à cailler le lait.
Et pour finir, vous connaissez le fameux : avoir un coeur d'artichaut...

Lisez cet article en anglais : Artichoke : a French speciality from Brittany

Recette de crêpes à la fleur de sureau

Une petite connotation printanière… La fleur de sureau donne un très léger goût sucré aux crêpes. La saison des fleurs de sureau passe vite (un gros mois de mai) alors dépêchons…

Il vous faut deux à trois grosses grappes de fleurs que vous allez égrener dans la pâte.

Ingrédients

250 g de farine
500 ml de lait (soit la double de farine)
250 ml de bière (soit la même quantité de farine)
4 œufs
Une pincée de sel
Un bouchon de l’alcool de votre choix

Un petit temps de repos

Une fois la pâte reposée, égrenez les fleurs dans la pâte.
Faites chauffer votre poêle. Avec un sopalin huilé, graissez la poêle et réutilisez à chaque nouvelle crêpe. Versez une louche de pâte. Quand les bords noircissent et se décollent, retournez la. Laissez cuire une petite minute.
Déposez dans une assiette, saupoudrez de sucre (qui va fondre avec la chaleur) et rajouter ainsi de suite vos crêpes.

L’expo de Yann Arthus Bertrand : 6 milliards d’autres à Rennes (Champs Libres).

Yann Arthus Bertrand, pas besoin de le présenter, le photographe écolo à la moustache… Avec un prénom pareil, il pouvait presque faire parti du patrimoine breton. Mais non, c’est un bon Parisien.

Bon, commençons par le plus de l'exposition :

Le thème, on l’a compris, ce sont les hommes. Après la terre vue du ciel, ce sont 6 milliards d’individus qui se regardent. 5000 interviews dans 75 pays et 40 réponses à 40 questions. Et chacun y va de sa singularité.

6 milliards d'Autres


C’est banal à dire mais c’est parfois très étonnant de comparer les réactions des gens à des thèmes tels que la violence, l’amour, les croyances, le bonheur

Pour l’un, c’est la naissance de son fils qui est l’Evènement de sa vie, pour l’autre l’espoir du procès de Pol pot, pour une troisième le bonheur (bonne heur comme dit une Allemande) se résume à plein de choses, à une mangue par exemple. Un autre ne supporte pas les gens qui se répètent. Ou que sa femme fasse mal la cuisine. Une survivante d'un crash aérien qui aime la vie…
Vous pouvez aussi laisser votre témoignage, le but étant d’en récolter …. 6 milliards d’autres… L’humanité quoi !!!

L’expo a d’abord été présentée au Grand Palais à Paris et, comme la salle d’exposition des Champs Libres est plus modeste, il a fallu s’adapter… La solution a été de changer les thèmes exposés dans les 3 yourtes tous les 10 jours.
Bref, l’expo se renouvelle et on peut y aller plusieurs fois à condition d’attendre 10 jours entre les visites… Et puis il faut en profiter car, après Paris et Rennes, l’expo quitte la France pour New York. On est des privilégiés quand même…

Et le moins !
On ne sait pas qui ou comment on a choisi les 40 questions.... et leurs thèmes. Ni comment s'est fait le "recrutement" des interviewés. Spontané ou trié ? Et pour quoi faire ? C'est un peu gênant de voir une expo qui manque de transparence... Bref, n'importe quel sociologue un peu sérieux s'arracherait les cheveux.

Dommage aussi qu'on est à payer 4 euros (ça ne les vaut pas) même si c'est sympathique... La gratuité aurait été plus en adéquation avec la philosophie du projet. Surtout que, comme le montre cet extrait du journal Le Monde :
... le projet phare de GoodPlanet (association de Y.A. Bertrand) depuis deux ans est "6 milliards d'autres" : filmer à travers le monde 5 000 personnes qui parlent de leur vie et de leurs espoirs. Là encore, les télévisions ont refusé. Yann Arthus-Bertrand a rebondi : "Il a convaincu la BNP [...] La banque a donné 5 millions d'euros : 2 millions pour les tournages dans 70 pays ; 3 millions pour monter l'exposition, en janvier, au Grand Palais. Elle est jusqu'en août à Rennes, en version allégée - la ville a payé 200 000 euros. "Nous sommes en contact avec toutes les métropoles régionales [...] Toujours la même recette : expositions gratuites, financées par des sponsors ou des villes, et un livre, déjà vendu à 50 000 exemplaires.
C'est quand même un bon coup marketing ... pour Yann, avec un message sympa, certes, mais pas très lisible...



Ouvert tous les jours sauf le lundi et le dimanche jusqu’à fin août.

Lisez cet article en anglais : The exhibition of Yann Arthus Bertrand : 6 billion others

Les fleurs de l’églantier : les cynorrhodons du futur

L’églantier, c’est ce petit arbuste à épines (2 à 3 mètres quand même) qu’on trouve dans nos vieilles haies, le long des routes, à la campagne.

Si j’en parle, c’est parce que si vous voulez, cet hiver, faire des confitures de cynorrhodons (une bombe en vitamines C, vous vous rappelez !), apprenez déjà à reconnaître son « géniteur » en repérant ses fleurs…5 pétales blanc rosé

Fleur d'égantier


On l’appelle aussi rosier sauvage ou rosier des chiens car sa réputation veut que sa racine pouvait soigner la rage. Et c’est aussi pour cela que ses baies ont un nom si « facile » à retenir,

Rosa canina


à écrire,
à se souvenir…

C’est la traduction de ses propriétés « canines » en grec !!! D’ou le nom latin rosa canina ! L’églantier, c’est le frère du rosier, il est d’ailleurs souvent utilisé comme porte greffe pour améliorer nos variétés de roses !!!

Rosa canina


Les fruits servent pour les confitures

Cynorrhodons ou fruits de l'eglantier


ou pour faire de la liqueur. Les pétales des fleurs ont aussi leur utilité : en cosmétique, on s’en sert pour faire des lotions visage.
En Chine il est utilisé pour aromatiser le thé et pendant la guerre du Viet Nam les pétales mélangés au tabac servaient à autre chose …

Roscoff : porte vers l’Angleterre et l’Irlande

Vous aimez vous poser des questions ! Et vous êtes intrigué par la voie express qui part de Morlaix pour Roscoff ???

1 – Cette 4 voies a-t- elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?
2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !
3- Ou est-ce du à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?
4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !




1 – Cette 4 voies a-t- elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?

Si vous êtes un habitué de Roscoff, vous l’avez prise cette voie rapide qui longe la baie de Morlaix. Par quel miracle, Roscoff (3 à 4 000 habitants) a –t-elle ce privilège ?
Certes, Roscoff, c’est le ferry vers Plymouth et Cork. Et pour les Anglais et les Irlandais, c’est le début des vacances… en France.

C’est un début de réponse mais pourquoi Roscoff plutôt qu’un autre port de la côte bretonne ?

Et bien pour des raisons économiques… qui s’explique par des raisons climatiques

Toute la région autour de Roscoff bénéficie de deux atouts majeurs :
- un climat très régulier avec une amplitude thermique faible (différence entre les températures les plus hautes et les plus basses) due au Gulf Stream (courant d’eau chaude qui passe devant Roscoff)
- l’excellence de ses terres (qui se vendent 12 000 à 16 000 fr l’hectare, en 1884 dans le guide Joanne).

Oui, et alors…
Alors cela crée les conditions uniques pour une agriculture exceptionnelle.
On récolte presque sans interruption même en hiver … Les produits agricoles de Roscoff sont expédiées à Paris, à Brest, dans les ports de Hollande et d’Angleterre et surtout sur les côtes anglaises de Cornouaille : en 1875, il a été expédié de 7 803 055 tonnes de pommes de terre, 2 millions de kg d’artichauts… la jetée du port est pleine de charrettes qui apportent les légumes pour les bateaux. (Guide Joanne de 1884)
Pas étonnant que cette partie du littoral soit appelée la Ceinture dorée. Les primeurs y poussent avec un bon temps d’avance sur le reste de la baie (3 semaines) et la douceur de la côte permet une succession de cultures rapides. Plus de 70 % des choux fleurs et artichauts français sont produits ici.

Si vous vous baladez sur les sentiers des douaniers du coin, vous verrez pousser la richesse agricole. Toutes les parcelles sont cultivées.

Et cette production, il faut bien l’écouler. Sans s’inquiéter des marées qui vident le vieux port et gênent le traffic commercial. Roscoff a besoin d’un port en eau profonde et de l’énergie d’un homme, Alexis Gourvennec qui crée avec les capitaux des agriculteurs (et l’aide de l’état qui veut désenclaver le Finistère) une ligne avec l’Angleterre pour écouler les légumes de la région (1972). Et les touristes … C'est comme ça que la Brittany Ferries a commencé les liaisons transmanche.


Ferry en partance de Roscoff



2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !

Cette liaison avec l’Outre Manche ne date pas d’hier, ni de Johnny.

Les oignons de Roscoff avaient déjà crée le passage. Oui, en 1828, un des premiers Johnnies part en Angleterre exporter ses oignons rosés. On appelait ainsi ses marchands car, à l’époque, ils emmenaient avec eux leurs jeunes enfants. Les Britanniques les surnommaient Johnnies (petit Jean car tous les Bretons s’appelaient Yann (Jean) à l’époque !!!). De la mi juillet, pour 5 à 9 mois, les vélos couverts de tresses d’oignons, ces hommes faisaient du porte à porte. Plus de 1200 Johnnies ont fait la traversée avant la 2e Guerre Mondiale.
Cette race d’oignon rosé a été rapportée du Portugal par un moine (mi XVIè) et s’est peu à peu imposé dans la région. En effet, pour les marins toujours en lutte contre le scorbut (maladie due à un manque de vitamines), l’oignon était pratique pour les navires ; il pouvait être emmené à bord et conservé retardant ainsi les effets de la maladie sur les équipages. Le commerce s’est arrêté après la guerre. Un petit musée à Roscoff retrace cet épisode roscovite.

3- Ou est-ce du à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?

Les liens avec l’Angleterre existaient bien avant cette histoire d’oignon… Marie Stuart, la reine d’Ecosse… La légende dit qu’elle aurait résidé ici.
La future femme de François II accosta à Roscoff en 1548 pour aller rejoindre la Cour de France, y poursuivre son éducation avant d’épouser 10 ans plus tard en 1558 le roi. Mais c’est une légende, car les maisons où elle aurait résidé n’existaient pas à l’époque!!! La chapelle Saint Ninien

Marie Stuart et la chapelle Saint Ninien


ou plutôt ce qu’il en reste (tout prêt de la tour de guet, vestige des anciens remparts de la ville) commémore l’épisode écossais.

4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !

Les relations avec l’ennemi héréditaire –je parle des Anglais- sont aujourd’hui, non seulement apaisées, mais fort nombreuses, il n’en a pas toujours été ainsi. Au Moyen Age et même après, Roscoff a été à maintes reprises attaqué et détruit par les Anglais. L'honneur est sauf car l’inverse est aussi vrai. Egalité alors…

Maison roscovite sur le port


C’est un « trou de flibustiers, vieux nid à corsaires » (Tristan Corbière poète breton du XIXè) et un port qui commerce avec les Flandres, l’Espagne ou le Portugal (lin, toiles, sel…) jusqu’à la Révolution où il devient un lieu de contrebande d’eau de vie, de thé et de genièvre avec les Anglais … Les Wines and Beer sont les dignes successeurs de cette époque !!!

Cette richesse des armateurs a laissé des traces : lucarnes et autres sculptures dans le granit décorent les maisons roscovites.

Dragon de l'île de Batz sculpté sur une des maisons roscovites


Une petite carte pour vous repérer...



Lisez cet article en anglais : Roscoff gateway to Britain and Ireland

Algues, thalasso, homards et exotisme à Roscoff

Vous vouliez savoir pourquoi Roscoff était desservi par une voie express ! Voilà la suite...

5 – Non, ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute
6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !
7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !
8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute
9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!
10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express


Port de Roscoff


5 – Non, ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute!

Les viviers à langouste existaient déjà au XIXè (le Guide Joanne de 1884 en parle). Aujourd’hui les viviers contiennent coquillages et crustacés grâce aux renouvellement d’eau à chaque marée.
Le port de pêche près de l’embarcadère pour Batz abrite des bateaux caseyeurs. Ces embarcations déposent les casiers en mer et les remontent… pleins de homards et de langoustes…

Bateaux et casiers, en arrière plan Sainte Barbe


6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !

Les algues, c’est un des autres vies de Roscoff. Comme on l’a déjà dit, cette côte bénéficie d’un climat particulier grâce au Gulf Stream (ça va peut être changer avec le réchauffement climatique – le courant risque de se déplacer ou de disparaître mais c’est une autre histoire) et est le foyer unique de plusieurs centaines d’algues. Même les Japonais s’intéressent à nos plantes maritimes…

La région est consciente de cette richesse depuis fort longtemps… Elles ont et servent encore d’engrais pour l’agriculture locale …

Depuis la fin du XIXè siècle, on leur a trouvé d’autres utilités : grâce au Docteur Bagot, le premier centre de thalassothérapie (soins par la mer) en France est crée. L’institut RockRoum, qui existe toujours (site au bord de mer) se sert des algues pour soigner (notamment les rhumatismes, les maladies osseuses)… Louison Bobet y séjourna.

Un intérêt ne vient jamais seul : l’existence d’un centre d’études biologiques, qui date de 1872, on l’appelait alors le laboratoire de zoologie expérimentale et qui continue comme laboratoire international de recherche maritime (CNRS) prouve la spécificité de la zone.

Aujourd’hui, l’été, des bateaux armés d’un long bras vont cueillir les algues dans les profondeurs… et ce long bras, on l'appelle le …. scoubidou

7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !



Roscoff existait déjà à l’époque romaine. Au Moyen Age mais il dépendait de Saint Pol de Léon. Alors comme le hameau était riche, il souhaitait se libérer de la tutelle de son voisin, au moins pour les questions de vie ou de mort. Financée par les armateurs et marchands de la ville, qui voulaient baptiser, se marier et mourir sans avoir recours à Saint Pol, ils ont réussi à construire Notre Dame de Kroas Baz.

Cet ensemble architectural (XVI et XVII) avec son église gothique flamboyant, son enclos et ses ossuaires est doté de symboles maritimes des corsaires et des marchands : canons, caravelles sculptées en ex voto…

Caravelles et canons sur l'église


Des maisons du XVIè avec des sculptures et des gargouilles, vous en verrez dans d’autres parties de la ville.

Notre Dame de Kroas Baz (clocher de granit à balcons, tourelles et lanternons de 1550) a été restaurée et est toute colorée et décorée : voûte bleue lambrisée, poutres, frises… allez y faire un tour.



Dans l’enclos : deux chapelles-ossuaires. L’une transformée en chapelle Sainte Brigitte lieu de célébration des fiançailles et l’autre, qui n’avait pas de porte à l’origine, mais deux étages de baies où l’on jetait les os.

Ossuaire


Une plaque commémorative à Mme Silburne une anglaise qui aida les prêtres réfractaires (ceux qui ne voulaient pas abandonner la religion) pendant la Révolution.

8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute

Le jardin exotique de Roscoff possède des espèces subtropicales (c’est encore un coup du climat). Organisé autour du rocher de Roch Hievec, cette petite hauteur à 18 mètres offre un beau panorama sur la baie de Morlaix.
Du jardin vous pouvez faire une belle rando sur le sentier des douaniers vers Saint Pol (vous passerez devant l’ilôt sainte Anne et le Château de Kernevez, ca vaut le coup d’oeil).

9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!


La Chapelle Sainte Barbe date du XVIIè siècle. Construite pour se protéger des ennemis de l’église et des invasions de pirates, elle est rarement ouverte mais sert encore pour le pardon. Situé sur un tertre rocheux, elle domine l’entrée de la baie et ses murs blancs servent d'amer (repères pour les bateaux).

10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express

Le port en eau profonde accueille les car ferries de Plymouth et de Cork . Dans le centre ville, vous verrez l’autre port plus modeste et dépendant des marées. C’est d’ici que part la navette pour l’île de Batz. L’estacade (500 m de long) permet à marée basse d’attraper le bateau. Et il y en a beaucoup…

Estacade pour le bateau pour Batz


Lisez cet article en anglais : Seaweed, thalasso, lobsters and exotism at Roscoff France

Festival Etonnants Voyageurs à Saint Malo

Le week end de la Pentecôte a son rituel à Saint Malo. Le festival Etonnants Voyageurs. Ce n’est pas un rassemblement touristique ou une foire aux guides de voyages que vous allez trouver mais un festival international du livre et du film qui persiste et signe depuis maintenant une vingtaine d’années.

Même si on a eu peur que la fête ne soit un instant contrariée, quand le week end de la Pentecôte a cessé d’être férié pour tout le monde, Etonnants Voyageurs, en ces temps de crise de la lecture, continue sur sa lancée et sa réussite.

Plus de 300 invités (et des grands noms du livre, du film ou des auteurs étrangers bien connus) sur le bandeau de leur site, avec une présentation des écrivains. Plus de 80 projections sont proposées : des films, des documentaires et des productions de la télé d’hier, d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs. De nombreux éditeurs se disputent la vedette pendant ces trois jours.

Des thèmes littéraires divers et variés : cuisine, acteurs, livre jeunesse ou romans étrangers, films ou essais, polars… (et je ne peux pas citer tout le monde au risque d’en blesser quelques uns !). Les thématiques des films tournent autour du développement durable, de la sociologie ou de la Bretagne (et là aussi c’est extrêmement varié, allez voir le site).

Un prix de la nouvelle y est aussi décerné. Et les auteurs dédicacent leurs œuvres… Un vrai salon, quoi.

Ca se passe au Palais du Grand Large et c’est payant (c’est ça, les stars qui se déplacent !!! - autour de 10 euros par jour, pass 3 jours possible)…
Bref, c’est la rencontre littéraire à ne pas manquer… et le rendez-vous cinéma à ne pas rater !!!

La fête de Saint Yves, le saint patron des Bretons

Non, ce n’est pas Yves Saint Laurent et ses parfums qui sont fêtés le 19 mai mais un vrai saint Bernard, un saint religieux, juste et généreux. Saint Yves est, avec Sainte Anne, l’un des saints emblématiques de la Bretagne. Et pour cause, Saint Yves était un Saint. Et voilà qu’on veut le transformer en Saint Patrick et lui consacrer des manifestations culturelles…

Voyons voir…

Saint Yves est fêté le 19 mai dans notre calendrier mais le pardon de Tréguier toujours très célébré, a lieu le 3è dimanche de mai. Une procession menée par l’Archevêque de Rennes rassemble autour des reliques du saint des milliers de personnes.

Yves Héloury est né à Kermartin (Minihy-Tréguier - 1253) et y est mort 50 ans plus tard en 1303.
Issu de la petite noblesse bretonne, il part faire ses études de théologie à Paris et de droit à Orléans avant de revenir en Bretagne comme official (juge ecclésiastique).

Très vite il rompt avec son milieu d’origine et adopte un mode de vie refusant richesse et luxe. D’abord par ses vêtements (un drap écru sur le corps et de simples chaussures), son mode de vie (un repas par jour). Ensuite parce qu’il prêche en breton… langue des pauvres. Il rend aussi la justice équitablement en ne privilégiant pas le riche sur le miséreux.

Il soigne les malades de l’Hôtel Dieu de Tréguier, nourrit les indigents, donne ses vêtements aux nécessiteux et forme les prêtres à la théologie.

Il meurt le 19 mai (jour de la Saint Yves/Gouel Erwan) dans le manoir familial de Kermartin.

Très vite, l’évêque et le duc entreprennent des démarches auprès du Saint Siège pour le canoniser. Elles aboutissent 44 ans plus tard en 1347.

Depuis Saint Yves est vénéré comme patron breton, mais aussi comme patron des professions de justice et de droit, des avocats.

Il est représenté avec une bourse à la main (ses dons aux pauvres) et un parchemin dans l’autre (comme homme de loi).

Pour le programme des festivités, allez voir le site de la Saint Yves