Balade au Pouliguen et dans la presqu'île de Guérande


La Côte d'Amour a plusieurs facettes. Côté pile, c'est La Baule la mondaine et côté face, c'est le sportif au Pouliguen... Comme la grande famille de sportifs qui est originaire de cette petite ville. (Au gré des majuscules, retrouvez leurs noms).

Port de la Baule et du Pouliguen


Le Pouliguen est au bout de la baie de La Baule, une petite station familiale où il fait bon se balader… à pied sur le sentier des douaniers ou à vélo sur les pistes cyclables (location de bicyclettes classiques, de vélos fun -petite roue à l'avant et grande à l'arrière- ou de scooters toute l’année et même de quad et de karts) ou encore en petit train.

En partant de La Baule, en longeant l'esplanade, vous arrivez au port commun aux deux villes et une fois de l'autre côté, vous pouvez longer toute la presqu’île, par l'océan, jusqu’à Batz et revenir par l’intérieur. Vous découvrirez ainsi la côte sauvage qui Borde l’Océan et au retour, les villas de l’intérieur de la presqu’île.

Située sur une des pointes de la pResqu’île de Guérande, cette station familiale est aussi le point de départ d’excursion en mer ou dans les terres, vers les marais salants de Guérande. Le PoUliguen –petite baie blanche en breton– était un hameau de Batz-sur-Mer jusqu’en 1854.

Le PouligUen est séparé de La Baule par un étier (bras de mer qui alimente les marais salants en eau) qu’il suffit de longer par accéder à la pointe de Penchateau, début de la balade sur la côte sauvage (appelée ici Grande côte). Le bout de ce canal sert aussi de pOrt et de sortie vers l'océan.
Sur cette pointe, des fouilles ont révélé les vestiges des remparts d'un oppidum (ville fortifiée gallo-romaine),qui datent de 450 avant JC. Se trouve aussi la chapelle gothique Sainte Anne du XVè siècle. Et l'impressionnante baie de la Baule (8 kms de plage !).

Pointe de Penchateau au Pouliguen


Des documents de la fin du Moyen Age (XVè) attestent de La prospérité du port du Pouliguen, grâce au commerce du sel et à son exportation vers l’Espagne et le Nord de l’Europe. Ce sont les marais salants de la presqu'île de Guérande qui faisaient travailler toute la régiOn.

Marais salants du Pouliguen


Des pécheurs au loIn (avec leurs armateurs) comme du Coin vivent de la mer. La presqu’île, comme de nombreux ports de France fournit aussi des équipages pour la Marine Royale. Et des pirates.

Mais comme pour les autres villes de la baie, quand le commerce du sel décline au XIXè siècle (c'est la faute à ... Napoléon qui crée un nouvel impôt sur le sel), il faut chercher une solution… On pense au chemin de fer. Arrivé en 1879, le train redynamise la ville mais pas son activité salicole. Ce sont les bienfaits de la mer sur les hommes qui intéressent les touristes, les baigneurs se pressent et c’est le début de la station climatique du Pouliguen.

Le coté baulois de l’étier (plage Benoit) eSt construit en 1880 et une liaison en bateau relie le quarTier au Pouliguen. A la fin du XIXè existe
un pont de 4 arches en pierres avec arche tournante en fer. Existe encore à l’époque une belle minoterie *, des raffineries de sel et une fabrique de conserves de sardines
(*établissement qui transforme les grains en farine)
(Guide de Paul Joanne, France BRETAGNE 1884).

Le tourisme avec ces hEbergements et ses restaurants va devenir l’activité princiPale de la commune et continue encore de nos jours… Ce petit port de pêcHe, de plaisance et cette ville touristique peut multiplier par 10 sa population l’été !!!

Vous pouvez vous perdre dAns cette station balnéaire ou bien, méthodiquement, loNger l’Océan où se succèdent plages de sables et falaises rocheuses jusqu’à Batz-sur-Mer. Du port du Pouliguen à Batz, comptEz 8 kms.

Côte sauvage du Pouliguen


Un petit arrêt à la célèbre grotte des Korrigans qui dit la légende vous mène à Guérande quand son lutin de gardien est absent…

Le retour Par l’intérieur vous pErmettra d'Y découvrir de belles villas. Si vous passez par le centRe, vous verrez les anciennes maisons des pêcheurs ou les résidences des armateurs. Ou bien par les marais salaNts.

Le Pouliguen est aussi le rendez vous des pécheurs à pied, amateurs de crevettes et de coquillages quand la mer s’éloigne.

Côte d'amour de la presqu'ile de Guérande


Vous avez la réponse ? Dans la série people, sous-catégorie sportif, ce sont les frères Peyron , les trois (Bruno, LoicK et Stéphane) sont nés ici. Y a pas de secret, quand on naît les pieds dans la mer, ça laisse des traces...


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Pourquoi ne pas lire aussi :


Les marais salants (salines) de Guérande

La région autour de Guérande (gué=gwen : blanc en breton et rann=rande pays) est connue, depuis la nuit des temps, pour le sel. Pendant très longtemps, le sel a été le moyen de conservation des aliments.

Les marais salants sur la presqu'île de Guérande

- Depuis quand ?
- Où ?
- Comment ça marche ?
- Processus naturel ?
- Pourquoi y-a-t-il des couleurs dans les marais ?
- La récolte
- Fleur de sel et gros sel
- Visiter les marais salants
Depuis quand ?

Bien avant la construction des marais salants, ..., une autre technique de production de sel marin existait depuis l'âge de Fer.
Cette technique consistait à récolter du sable ou de l'argile salé durant l'été et à opérer un lessivage pour extraire une saumure* très concentrée. Cette dernière était ensuite versée dans des récipients en terre et chauffée dans des fourneaux d'argile jusqu'à cristallisation du sel.
La technique ignigène (c'est-à-dire par le feu) était répandue sur toute la côte armoricaine, elle a engendré une déforestation.

La technique actuelle d'exploitation des marais salants est antérieure au 9è siècle. La création des salines s'est étendue sur plusieurs siècles. Vers l'an 1500, les marais atteignaient 80 % de la surface actuelle.
Entre 1560 et 1660, grâce au développement du commerce maritime, 2500 œillets ** seront construits. Les dernières salines ont été construites vers 1800. Mais un abandon progressif commence dès le milieu du 19e siècle face à la concurrence du sel de mine, à la baisse de consommation du sel alimentaire comme produit de conservation et à l'amélioration des transports par voie terrestre.
*mélange d'eau et de sel
**bassin réservoir

Le sel de Guérande circulait dans toute la Bretagne, sans impôt. Jusqu'à ce que Napoléon ne le taxe et c'est le début du déclin des salines. L’activité dégringole… Dans les années 70, les salines sont à l’abandon. Et le réfrigérateur trône dans les cuisines...

Mais peu à peu, avec énergie et enthousiasme, le sel va renaître. Après les années 80 : une formation professionnelle redynamise l’activité, une coopérative permet aux producteurs de se regrouper et bientôt de promouvoir la qualité avec un label rouge. 250 sauniers travaillent aujourd’hui sur les marais salants.

Les paludiers et leurs rables (rateau)


Où ?

Jusqu'à peu, toute la région limitrophe des marais exploitait les salines. Mais, Le Pouliguen et La Baule ont préfèré au sel, la pierre… Les terrains ont été construits. Il en reste encore 2000 hectares (autour du Traict du Croisic, pour la plus grande partie et une autre de 350 hectares autour d'Assérac, Mesquer et Saint-Molf).

Comment ça marche ?

La saliculture est une activité pleine de mots savants… mais le principe est simple.
Des étiers (canal qui alimente les réservoirs) amènent l’eau de mer dans les bassins des marais salants. L’eau est acheminée dans plusieurs retenues d’eau : des vasières pour commencer où elle va décanter -je vous passe les différentes étapes- pour finir dans la dernière,l'œillet (bassin de 7 mètres sur 10), qui correspond à son dernier voyage.
Là, il ne reste que plus quelques centimètres d’eau. L’évaporation continue, accélérée par le paludier qui attire le sel sur une partie de l’oeillet. C’est là que le sel se cristallise, que se récoltent la fleur de sel et le gros sel.

Processus naturel ?

Oui, c’est le soleil, le vent et quand même ! le savoir faire du paludier ! qui permet la récolte du sel.

Statue d'une paludière devant le musée des marais salants de Batz sur Mer


C'est même un produit 100% naturel issu d'un site classé ! explique Ronan Loison, directeur de Terre de Sel. Contrairement aux sels raffinés, notamment du Midi, le sel de Guérande ne subit aucun lavage, aucun traitement chimique ou adjonction. Après récolte, il est juste tamisé, broyé et conditionné.

Pourquoi y a-t-il des couleurs dans les marais ?

Vous verrez des micro organismes rouges, des algues qui s'installent dans l'eau de mer.

eau de mer qui deviendra du sel


La récolte ?

La récolte (12000 t de sel par an) a lieu de juin à septembre. Ce sont des greniers à sel d'hier

Greniers à sel d'hier à Batz sur Mer


et d'aujourd'hui...

Greniers à sel nouvelle génération


Le reste du temps, il faut entretenir les salines...

Fleur de sel et gros sel

Le gros sel, c’est le très gros de la récolte. S’il est gris, c’est qu’il contient encore un brin de fond terreux. Le nec plus ultra des cuisiniers, la fleur de sel. Ces quelques kilo sont récoltés et recueillis à part. Un œillet produit autour de 12000 kg de sel gris et 80 kg de nec plus ultra !

Oeillets et bossis (muret entre les oeillets)


Visiter les marais salants ?

Oui. D’abord parce que c’est un patrimoine exceptionnel (classés depuis 1996). Ensuite c’est vraiment joli (c’est mièvre de le dire mais c’est vrai). Aussi parce qu’on y voit une faune et une flore particulière. Enfin pour mieux comprendre le fonctionnement des salines.

Dans le village de Saillé, ancien village paludier, la maison des paludiers propose un visite de l’écomusée.
A Batz sur Mer, il y a aussi un musée des marais salants.
A Guérande, Terre de Sel, la coopérative, propose des visites guidées dans les marais. Et, on peut faire des visites en calèche. C'est très sympa.

Visite en calèche des marais salants


Lisez cet article en anglais : Tourism on salt marshes at Guérande in Brittany, France

Tourisme sur la Côte d’Amour : séjour à La Baule ou à Pornichet

Pourquoi venir sur la Côte d'Amour ?
- parce qu'on aime les longues plages d'une petite dizaine de kilomètres...
- qu'on est amoureux !
- ou qu'on aime le Port niché, les Pins, les Plages et les Promenades à Pornichet !
- et qu'on aimerait comprendre pourquoi il y a 3 La Baule : La Baule Escoublac, La Baule Les Pins et La Baule tout court...
Posée sur la côte atlantique, la plage de La Baule est une des plus belles plages d’Europe, dit la publicité. Elle est en tout cas drôlement longue (autour de 8 kms) et bien orientée (Sud Ouest). Elle abrite 2 autres stations balnéaires bien différentes, familiale, Pornichet et sportive, Le Pouliguen.

Baie de La Baule


C'est la baie des amoureux.
Voyez plutôt : la plage est située sur la Côte d’Amour (tout un programme que cette côte qui court de Saint Nazaire au Croisic). Ce nom lui a été donné suite à un concours organisé fin XIXè par un hebdomadaire, La Mouette, qui souhaitait que ses lecteurs baptisent ce littoral en vogue.

Prêt (e) (s) pour un petit week end amoureux, détente ou sportif. Tout est possible.


Commençons d'abord un petit plongeon historique dans l'histoire de la baie

Premier arrêt à Pornichet, un port niché… la première des trois stations à se lancer dans le tourisme…

Ville d’exploitation du sel au XIXè siècle (rien d’original à cela, tous les villages de la presqu’île de Guérande l'exploitaient aussi), les marais salants et les dunes faisaient partie du paysage.
Mais ces montagnes de sable étaient mouvantes et au milieu du XIXè siècle, il fut décidé que la baie avait besoin de stabilité. Oui. Et de fixer ces buttes en y plantant des pinèdes. En plus, le commerce du sel périclite et le port s’ensable… Bref, tout s'effondre... On cherche une solution économique... qui va venir du désenclavement (déjà !) grâce au chemin de fer qui, en 1854, relie Pornichet à St Nazaire.
Et dès 1860, c'est le succès de cette station de bains de mer. Qu'on cherche à agrandir... Le nouveau bois de pins (Pornichet les pins) est bien vite morcelé et vendu pour y construire des villas.

Villa


L’aménagement continue, on remblaie les marais salants et on y construit en 1907 un hippodrome. Courses de chevaux ou casino complètent sa réputation.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Pornichet, comme toute la baie, fait partie du Mur de l’Atlantique (mur défensif construit sur la côte par les Allemands). Elle est couverte de blockhaus. Vous en croiserez encore au gré de vos promenades, ils n’ont pas tous été détruits.

Le tourisme familial de Pornichet le distingue de sa voisine, plus chic, La Baule.

Connue comme l’une des plages les plus mondaines de Bretagne avec Dinard, elle est aujourd’hui un lieu à 3 heures de Paris par le TGV. Pas besoin de voiture pour cette destination, on peut louer des vélos toute l’année à Pornichet (comme à La Baule) ou (moins cher !) se servir de ses pieds.

La Baule est née d’Escoublac, une commune qui est, peu à peu, envahie par les dunes (ca vous rappelle quelque chose!) qui arrivent de l’Ouest. Fin XVIIIè, le village sera même enseveli et déménage d’un kilomètre. La Baule, ou plutôt la Bôle comme il était orthographié au XIXè siècle, vient du breton de Guérande (c’est un des seuls endroits, en Loire Atlantique, au XIXè où l’on trouvait encore des Bretonnants) et signifie rivage marécageux recouvert par les marées (l’équivalent des prés salés du Mont Saint Michel). Vous pourrez voir cette orthographe sur les veilles affiches publicitaires de la ville. A la fin XIXè, la compagnie ferroviaire lui donne l’orthographe que l’on connaît aujourd’hui.

Comme à Pornichet, la même Société des dunes d’Escoublac cherche à immobiliser les dunes par des plantations de pinèdes.

Dunes


400 hectares de pins (un hectare c’est 100m sur 100, faites le calcul) sont plantés : une magnifique forêt de pins du Pouliguen à Pornichet - le bois d’amour -. La guerre est aussi passée par là, puisque le bois a servi pour l'implantation de blockhaus, de structures militaires ou plus simplement de bois de chauffage.

Forêt d'Escoublac


Il en reste aujourd’hui une belle tache verte au milieu de La Baule Escoublac, collée au parc des Dryades (parc sympathique avec ces 300 arbres d’ornement et ces toboggans dernier cri pour les enfants).

Parc des Dryades


Cette forêt d'Escoublac permet de belles promenades. (les ruines d’une église sont visibles dans les dunes, car c’est sous ces arbres qu’est enseveli l’ancien village).

L’essor touristique de cette station attend l’arrivée du chemin de fer en 1879, 20 ans après Pornichet… Très vite les estivants se pressent et la chapelle Sainte Anne fin XIXè est construite pour pouvoir accueillir les touristes, qui augmente considérablement la population de La Baule l’été.

Chapelle Sainte Anne à La Baule


Elle est aujourd’hui un centre culturel où sont accueillis concerts et expo.

Dans les années 20, la pinède est transformée en chalets et donne naissance à la Baule Les Pins. C’est le début d’un grand développement urbain. Dans les années 30, la gare Art déco est construite à La Baule Escoublac.

Gare Art déco de la Baule Escoublac


Il y a bien trois Baule : La Baule Escoublac, La Baule Les Pins et La Baule tout court !!! On s' y perd hein !

Aujourd’hui une grande esplanade piétonne (et une route) longe toute la baie qui a perdu presque toutes ses belles maisons résidentielles -le phénomène commence dans les années 60- Ce sont des immeubles de plusieurs étages ou des hôtels qui les ont remplacées. Il suffit de quitter le front de mer pour découvrir les villas, qui ont fait la renommée de la station balnéaire. C’est par centaines qu’il en reste entre Pornichet, La Baule ou Le Pouliguen.

L’esplanade abrite aussi des hébergements de luxe (c'est une station mondaine, ne l'oubliez pas !) : Le Royal (construit en 1896 mêle un style britannique et Belle époque)

Hôtel Le Royal


ou L’Hermitage (de style anglo-normand)

Hôtel l'Hermitage


accueillent les grands dans la région. Présidents, stars, chanteurs et acteurs s’y succèdent et laissent garer leurs limousines derrière la plage…

La rambla à partir de l’Hôtel l’Hermitage est uniquement piétonne et longe la mer jusqu’au port du Pouliguen.

Activités à y faire

C’est une très bonne destination pour un week end car de nombreuses activités sont possibles toute l‘année. Si vous voulez vous dérouiller doucement : randonnées pédestres autour de la presqu’île de Guérande, ou de vélos (locations possibles toute l’année à Pornichet et La Baule).

Si vous êtes un aventurier de la mer et des éléments : pêche en mer (port de Pornichet), voile, ski nautique, kitesurf ou cerfs volants.



Pour les familles, allez à l’Aquabaule (piscine de loisirs chauffée toute l'année).

Restent encore l’ équitation ou le golf (là aussi possible dans les deux villes) ou encore un petit tour à l’ aérodrome d’Escoublac pour un tour d’ULM ou d’hélicoptère, un baptême de l’air, du parachutisme.

Si vous préférez la détente et le plaisir de la bonne chair… Des centres de thalassothérapies ou des restaurants avec étape gastronomique sont possibles.

Et s’il vous reste des sous… il y a également un casino à La Baule (le deuxième de la baie, si vous avez déjà écumé celui de Pornichet !).

Le Pouliguen termine la baie et vaut aussi le coup d’œil si vous avez le temps… Station familiale et côte sauvage vous y attendent.
Port du Pouliguen


Une petite carte pour vous repérer...




Lisez cet article en anglais : Short break on the French Love Coast : La Baule or Pornichet

Randonnée sur la côte atlantique ou excursion à vélo autour de BATZ sur Mer

Après La Baule la mondaine et Le Pouliguen, le sportif, voilà Batz le culturel... Et son lot de questions. On joue à VRAI ou Faux.
- Batz est une île où habite des femmes en délire ? (1)
- Le commerce du sel a fait la richesse de la région ? (2)
- On visitait Batz au XIXè siècle pour se dépayser en allant voir du folklore breton ? (3)
- Notre Dame du Mûrier est à l'origine de la soie à Batz ? (4)
- On voit Belle Ile de Batz ? (5)
- La statue de Notre Dame du Précieux Sang a été volée et retrouvée en Finlande ? (6)
- Les 7 péchés capitaux sont représentés dans Saint Guénolé ? (7)
- Un moulin à vent meule du blé noir les jours de tempête ? (8)
Batz sur Mer est situé sur la côte atlantique, au milieu de la presqu’île de Guérande. Et c’est une bonne étape pour vous poser avant de faire demi tour si vous êtes parti de la pointe du Pouliguen ou de celle du Croizic.



Petit retour historique sur Batz

1 - Il y a encore quelques siècles le bourg de Batz, comme on l’a appelé jusqu’au XIXè siècle, était une île. Et qui avait une bien mauvaise réputation. Ecoutez ce qu'en disait Strabon, cet illustre géographe grec du 1er siècle avant JC :

… L’île de Batz était originairement habitée par des femmes… espèces de prêtresses en délire, qui… venaient s’y livrer loin du regard des hommes à toutes les pratiques d’une religion cruelle et insensée. Ces femmes sont vouées au culte de Bacchus(*)… une fois chaque année elles détruisent le toit de leur temple, qu’il leur faut rétablir le même jour. Si l’une d’entre elles, chargée de matériaux destinés à ce travail, a la maladresse de les laisser choir…, ses compagnes la saisissent, déchirent son corps et en promènent les lambeaux autour du temple en poussant d’horribles cris de fureur.
(Guide Bretagne de Paul Jouanne de 1884).
* Dieu du vin chez les Romains

Sympa l’île…

Mais les sables bougent et Batz est devenu terre. Et a, sûrement, abandonné ses curieux mœurs…

2 - Des documents écrits au Xè siècle rappellent qu’Alain Barbe Torte, un des premiers ducs de Bretagne, donne le territoire de Batz à des religieux, pour qu’ils exploitent la presqu’île et notamment le sel. Et depuis près d’un millénaire, l’homme exploite cette ressource naturelle. Pourtant, au XIXè siècle, la manne salicole (du sel) est menacée.

Mais en 1806, Napoléon crée un nouvel impôt sur le sel. En fait, la nouveauté est que la taxe est perçue à la source de production et que les brigades de douaniers sont chargées de surveiller nuit et jour les accès au marais. Cette décision plonge les paludiers* dans la misère. En 1817, sous la Restauration, la troque [droit d'échanger du sel contre des céréales qui existait depuis 1420] est rétablie sans apporter de vraie amélioration au sort des paludiers. Alors que le Blocus Continental a définitivement ruiné le commerce international du sel, la concurrence des sels du Midi et de l'Est se fait de plus en plus sentir. Elle gagne les circuits commerciaux traditionnellement approvisionnés par les sauniers* dont le trafic était le seul moyen de subsistance. Cause de fraude et de délinquance, la troque est supprimée en 1862. [...]
paludier et saunier * : ouvrier qui travaillent à la production de sel

Les travailleurs des marais salants attendent avec impatience, eux aussi, le chemin de fer (1879) en pensant pouvoir relancer l’économie salicole. Mais, c’est l’économie touristique qui va en naître et en bénéficier.
3 - Les baigneurs, qui viennent jusqu’à Batz sur Mer, ne profitent pas uniquement des bains de mer. Ils veulent voir du tourisme folklorique en rêvant (déjà) devant les paludiers costumés et leurs pardons (le pardon de Saint Guénolé a encore lieu début août)…

Le guide Joanne de 1884 confirme d’ailleurs cette vision ethnologique
Les habitants disent ne pas appartenir à la même race que les populations d’origine bretonne environnantes, ils se croient d’origine saxonne ou scandinave. Cependant …l’aspect physique, ni le costume, ni la langue des paludiers n’indiquent une séparation nette entre eux et leurs voisins du plateau de Guérande. Dans les deux régions on trouve en même nombre des hommes de haute taille aux yeux bleus et à la chevelure blonde, les anciens costumes ont à peu prés disparu sauf la coiffe des femmes… Ce qui distinguait surtout les gens de Batz, c’était l’isolement dans lequel ils vivaient et le patriotisme local qui en était la conséquence. Naguère il n’y avait pas d’exemple qu’un seul de jeunes hommes se mariât avec une fille des alentours. La pureté de la race était complète tous les habitants du bourg sont cousins et les familles qui portant le même, nom si nombreuses qu’il faut les distinguer par des sobriquets.
Plus d’un siècle a passé et vocabulaire et vision du monde ont bien évolué…

Mais très vite la station perd son caractère folklorique – on ne porte plus le costume – et vit de sa réputation balnéaire. Et même si l’économie de Batz sur Mer a changé, le nombre d’habitants reste relativement stable (2689 habitants en 1884 pour 2734 en 1996).

La balade, le long de la côte atlantique, croise certains épisodes de la vie de cette commune. Des croix, (si nombreuses ici que je ne sais pas laquelle choisir)

Croix commémorative de 1944 sur le sentier des douaniers du Pouliguen à Batz sur Mer


et des menhirs,

Menhir sur le chemin de randonnée de la presqu'ile de Guérande


jalonnent le sentier des douaniers.



Plus contemporain, le Grand Blockhaus est un musée

Musée le grand Blockhaus de Batz sur Mer


situé dans un des plus grands blockhaus du Mur de l’Atlantique : 300m2 sur 5 niveaux… de reconstitutions à l'aide de mannequins.

4 - Un peu plus loin, vous avez le choix de continuer vers Le Croisic et le menhir de Pierre Longue ou bien vous quittez le chemin et entrez dans le village de Batz sur Mer pour découvrir les vestiges de Notre Dame du Mûrier.

Portail gothique


Les avis divergent sur l’origine du mot « mûrier » .
Pour certains, il est lié à une légende d’un individu sauvé de la mer grâce à une lueur sur terre. Il promet de construire une chapelle.
Il existe en Bretagne de nombreux édifices dédiés à Notre Dame du Mûrier, se rapportant souvent à une légende similaire : un individu découvre une statue souvent dans un buisson de mûriers (de ronces) et promet d’y construire un lieu saint.

D’autres estiment que mûrier a une autre signification et y voit une déformation d’un mot latin qui signifie saumure et donc par extension marais salants.
Il faut croire que l’édifice est familier des ruines car au milieu du XVè siècle, la future Notre Dame est construite à l’emplacement des vestiges que les Batziens souhaitent reconstruire pour se protéger de la peste qui ravage la Bretagne.

Et comme les ressources manquent, le duc de Bretagne demande au pape d’accorder des indulgences (comprenez des sous, on achête ses bonnes actions) aux fidèles visitant la chapelle. Grâce à ses dons, cet édifice de style flamboyant est fini en 1496.

Gothique flamboyant


Mais en 1819, la toiture est arrachée et la chapelle connaît à nouveau les ruines.

Au milieu du siècle, conscient de sa valeur romantique (les Romantiques de l’époque adorent les ruines), Notre Dame du Mûrier est classée monument historique en 1862. Depuis, elle a été restaurée et offre une belle carcasse de granit du XVè de très belle dimension (27 mètres sur 15 mètres).

Juste à côté, l’église de Saint Guénolé, Saint Irlandais qui créa Landevennec (monastère qui serait à l'origine de la diffusion du catholicisme en Bretagne).

Vitrail de Saint Guénolé


5 - Cette église de granit, elle aussi de style gothique flamboyant, de la fin du XIVè se repère grâce à sa très haute tour carrée en pierres terminée par une lanterne.

Tour carrée de Batz sur Mer pour découvrir le panorama de la presqu'ile


A l’origine, la tour était en bois, mais a été détruite par deux fois (foudre et feu) au XVII è siècle. C’est grâce à un impôt spécial sur le vin et uniquement dans leur commune que les Batziens purent reconstruite un clocher en pierre haut de 70 mètres… auquel on accède par beau temps, pour admirer Belle Ile ou Noirmoutier. La tour se visite mais quand j’y suis passée, elle était fermée « pour travaux».

Ce n’est pas sous la tour, par le porche flamboyant en partie abîmé -l'érosion et la Révolution!-, que vous rentrerez dans l’église mais par une porte latérale donnant sur la place.
A l’intérieur les charpentes sont en bois et rondes (voûte en carène : partie de la coque située sous la ligne de flotaison) comme souvent dans les églises de bord de mer (Serait ce du aux charpentiers marine du village ???? qui imitent ainsi les coques de bateaux !!!).

Voute en carène ou coque de bateau renversé ?


Certaines sont peintes.

6 - Vous y découvrirez la statue du précieux sang (le sang coule du cœur de l’enfant dans un calice), il y en une à l'entrée et deux dans l'église. Cette statue en bois du XVè siècle se trouvait dans Notre Dame du Mûrier jusqu'à ce qu'elle ne tombe en ruine. Après, elle a été vénérée dans l'église de Saint Guénolé jusqu'à son vol en 1979. On l'a retrouvée aux Pays Bas quelques années plus tard...

Notre Dame du Précieux Sang


des vitraux, un orgue monumental…
7 - et un homme en proie aux 7 péchés capitaux...

les-sept-peches-capitaux


Et là il faut se décider … une balade dans les marais salants ou bien un retour dans l’intérieur en vous laissant guider par votre flair au gré des villas jusqu’au Pouliguen.

En chemin, vous pouvez visiter le Moulin de la falaise qui date du XVIè mais qui a été rénové en 1992.

Le moulin de la falaise


8 - Il produit de la farine de blé noir (pour nos galettes bretonnes) et se visite.
Le moulin est ouvert au public :
- quand les toiles sont déployées.
- en été tous les après-midi, du 15 juin au 15 septembre (fermeture hebdomadaire le dimanche).
- hors saison, le samedi après-midi et pendant les congés scolaires, sauf Noël.
Je suis loin d’avoir tout dit sur Batz car chaque recoin vous proposera quelque chose à découvrir. Je vous l'avais bien annoncé : Batz c'est l'étape culturelle...

Je peux terminer par ma série people, (people du siècle dernier certes un peu oublié ces people là), Balzac, grand écrivain du XIXè a séjourné à Batz et même écrit quelques lignes sur le village dans Beatrix (roman de Scènes de la vie privée qui se situe à Guérande).

Visite du fort de la cité d’Aleth à Saint Servan (quartier de Saint Malo, Bretagne).

Pour accéder au fort de la cité d’Aleth, qui abrite aujourd’hui le Mémorial 39-45, il faut prendre le chemin de ronde de la péninsule. Vous arrivez devant des fortifications

Fort d'artillerie de Mazin


construites par Mazin au milieu du XVIIIè. Non, ce n’est pas du Vauban (1663-1707) comme à Saint Malo, même si ce dernier avait insisté pour fortifier l’embouchure de la Rance.

Il a fallu plusieurs incursions anglaises pour que les fortifications soient construites plus tard en 1759. En effet, le commandant anglais Marlborough, en 1758, est à Saint Servan et réfléchit à une stratégie pour prendre Saint Malo. Attaqué par les tirs de canons des Malouins qui ne lui laisse pas le temps de s’installer, il repart après avoir incendié tous les navires du port de Solidor. C'est suite à cette attaque que, un an plus tard, les travaux commencent et que Mazin construit un fort d’artillerie capable de défendre la Rance.

Fortifications de la cité d'Aleth


Ce fort a repris du galon –façon de parler– avec la 2e guerre mondiale.

Porche du fort d'Aleth de Saint Servan



La Bretagne a une position stratégique lors du conflit. Les Allemands la défendent par la construction du Mur de l’Atlantique (ce sont les fortifications côtières allemandes). C’est pour cela qu’on trouve de nombreux blockhaus sur la côte bretonne. Ils transforment aussi les ports de Saint Nazaire, Brest, Lorient et Saint Malo en forteresse.

Blockhaus du fort d'Aleth


Construit en 1759 et modernisé par l'organisation Todt -c'était un groupe de construction et d'ingénierie allemand qui a construit les fortifications, les bases sous marines, les camps...-, les fortifications allemandes de la cité d’Aleth réutilisent le fort type Vauban. Une trentaine de blockhaus

Blockhaus de Saint Servan


y a été ajoutée, blockhaus qui sont reliés pour certains par des galeries souterraines. Il y avait des fossés antichar et des cloches blindées pour abriter des canons antichars et antiaériens.

En haut des escaliers, sur la "plateforme", on y voit des restes de blockhaus, le Mémorial de la Guerre 1939-1945.

ouverture et horaires du Mémorial de Saint Servan



On visite l'intérieur d'un blockhaus restauré, une exposition sur la Seconde Guerre Mondiale dans la région et on peut visionner un documentaire.

Et à l'extérieur, la vue sur la Rance est superbe.

vue sur la Rance du fort de la cité


et sur Saint Malo.

vue sur Saint Malo du fort de la cité



Si la ville de Saint Malo a été détruite à plus de 70%; Saint Servan, en tant que QG de la zone a aussi connu les affres des bombardements. Les Allemands avaient élaboré une zone de fortification incluant Cézembre, l’île en face, la pointe de la Varde (au bout de Paramé), une station-radar au cap Fréhel et des lignes de défense dans les terres.

Blockhaus de la cité d'Aleth


Toute cette place dans la presqu'île d'Aleth était fortifiée : les Allemands avaient construit plusieurs blockhaus, des casemates, installé des mitrailleuses, des canons et creusé des galeries souterraines qui les reliaient. A sa tête, le commandant Von Aulock dirigeait la forteresse.

Quand les Alliés débarquent en juin 44, la donne change. Ils arrivent à Saint Malo début août et bloquent la zone mais ils sont peu nombreux -les Américains sont en Normandie, ils veulent prendre à revers les Allemands-. Que faire alors ? Bombarder la forteresse et les environs. Les Américains sont arrivés le 2 août et les Allemands ne se rendront que le 17. 15 jours de bombardements intenses :

Arme de la deuxième guerre mondiale


sur le fort du Grand Bé, sur Cézembre et sur Saint Servan et Saint Malo. Les Alliés entrent dans la cité corsaire le 14 alors que la ville brûle depuis le 10. Le commandant Von Aulock, positionné dans le fort de la cité d’Aleth résiste toujours, il ne capitule que le 17 août 1944.

Imaginez la bataille qui a fait rage pendant presque 15 jours dans la zone malouine. Les cloches,



sont en métal et font 30 cm d’épaisseur !!! A Saint Malo, les trois quart de la ville sont détruits. La ville sera reconstruite à l’identique quelques années plus tard et ce pendant 12 ans (1948-1960). Le tracé des rues sera repris, les immeubles reconstruits avec les matériaux restés sur place.

L’ile de Cézembre a résisté plus longtemps encore. D’après le site de l’inventaire général du patrimoine culturel, l´occupant allemand y a construit près de 80 blockhaus (batterie d´artillerie : casemates et encuvements, postes de direction de tir, batteries antiaériennes, abris etc.). Ce n’est que le 2 septembre qu’ils se rendent et c´est la zone du territoire français qui a été le plus bombardée. Les Américains y testeront notamment leurs nouvelles bombes incendiaires au napalm...

Cézembre, île interdite !!!


C’est pourquoi Cézembre, « zone rouge » est théoriquement interdite aux visiteurs
. La zone n’a pas été entièrement déminée, il y reste encore des bombes !!!

Un témoin que j'ai connu raconte qu'ils allaient voir les échanges de tir comme si c'était un feu d'artifices !!!

Lisez cet article en anglais : Visit of the fort of Aleth at saint Servan (district of Saint Malo, France) and the Memorial 39-45

Remèdes et astuces avec du gros sel

Le sel de Guérande, tout comme n’importe quel gros sel, abime les mains et raye les ongles. Voici quelques conseils et recettes d'utilisation du gros sel dans la vie quotidienne...

Recette de beauté

Massage anti cellulite : massez les zones de votre corps humide avec du gros sel. Utilisez un vieux collant et mettez le gros sel dedans. Massez longuement et en profondeur. Prête pour la plage !

Pour votre santé

Remèdes contre les aphtes : faites des bains de bouche plusieurs fois dans la journée avec une cuillère à café de gros sel pour 25 cl d’eau chaude.

Compresse chaude au gros sel contre la douleur. Faire chauffer du gros sel dans une casserole. Versez dans une chaussette de tennis ou une chaussette épaisse (avec un entonnoir fait d’une bouteille coupée en deux). Nouez et posez sur la douleur (entorse) pendant 15 minutes.

Agir contre les maux de tête : versez de l’eau très chaude dans une bassine à laquelle vous ajoutez une poignée de gros sel. Plongez vos pieds et chevilles dedans. Et tentez de les garder dedans. Continuez jusqu’à ce que vous n’ayez plus de mal à rester dans la cuvette.



Bien être et relaxation

Besoin d’un bon bain relaxant ! Ajoutez une poignée de gros sel dans votre baignoire. Ca marche très bien pour les enfants.

Quelques conseils pratiques

Si vos bijoux en argent noircissent : dans un plat creux en plastique ou en verre, mettez votre argenterie sur une feuille d'aluminium, versez une poignée de gros sel et recouvrez d’eau bouillante.

Votre thé aura plus d’arôme si vous déposez un grain de gros sel au fond de la théière.

Pour que les braises du barbecue ne fument pas et qu’elles restent rouges, il suffit de jeter une poignée de gros sel dessus.

Lisez cet article en anglais : Advices, remedies and tips with cooking salt

Balade dans Saint Servan (Saint Malo, Bretagne)

Ras le bol de Saint Malo, ses clichés et ses deux millions de visiteurs ? Envie d'embruns sans prendre la voiture ?

J'ai quelque chose pour vous : une balade à Saint Servan. D'abord parce que Saint Malo est accessible par le train. Ensuite parce que Saint Servan (c'est un quartier de Saint Malo depuis 1967) est à un quart d'heure d'intra muros, sur le bord de mer et au début de l'estuaire de la Rance... Et qu'enfin, c'est fort sympathique... et délaissé par la foule malouine !!!

Si vous avez longé la corniche qui borde la cité d’Aleth pour admirer l'estuaire, vous avez fait le bon choix. Vous arrivez devant les vestiges de la cathédrale d’Aleth.

vestiges de la cathédrale de Saint Servan vestiges de la cathédrale d'Aleth


Saint Servan est l'ancêtre de St Malo, je m'explique, c'est d'abord ici qu'a été crée un évéché au VIè siècle. Le futur évèque Malo est arrivé de Grande Bretagne à Aleth au milieu du VIè siècle pour convertir la région. Aleth est attaqué à maintes reprises par les Normands d’abord, les Francs ensuite (VIIIè), à nouveau les Normands (Xè). Ses successeurs, en 1144, transfèrent le siège épiscopal sur le site qui abrite le tombeau de Malo, (d'ou le nom de Saint Malo), et qui est surtout plus facile à défendre.

En 1972, des fouilles permettent de mettre en valeur les fondations des premières traces de l'évéché. Comme l’indique le panneau explicatif,



Aleth était déjà habité bien avant les Romains. Avec l’évangélisation au VIè siècle, un établissement religieux remplace des bâtiments païens, mais il a été, à son tour, maintes fois détruit. La dernière construction de la cathédrale Saint Pierre dateraient de la fin du Xè jusqu'au XIIIè siècle et la ferveur du Moyen Age se voient encore dans les vestiges, qui sont bien imposants (43m de long).

La ville est bientôt supplantée par Saint Malo, qui devient un port commercial important et Saint Servan perd de sa superbe. Surtout que le sable devant Saint Servan décide aussi de lui faire faux bond : en bougeant, l’accès à Saint Malo est plus facile pour décharger les marchandises, Saint Servan a moins d'intérêt.

En rejoignant la mer, vous apercevez la tour Solidor,

les courtines de la tour Solidor


autre construction qui a été bâtie sur des restes de fortifications gallo-romaines. Il y a eu un château avant cette tour, qui a été rasé quand la cité d’Aleth s’esr rebellée contre Saint Malo et ses taxes… au XIIIè siècle.

porche menant à la tour Solidor


Le donjon est composé de trois tours reliées par des courtines (murs qui relient les fortifications),

Solidor


il daterait du XIVè siècle et a été construit pour contrôler l’estuaire.
Comme souvent avec les forteresses, la tour, quand elle n’a plus été utile pour le contrôle de la Rance, est devenue prison. Et maintenant musée. Musée des Cap-Horniers, témoignages de la vie des marins qui franchissaient le Cap Horn (pointe sud de l’Amérique du Sud) : cartes, maquettes, marins célébres…

Saint Servan, à la fin du XIXè siècle, vivait des armements de pêche à la morue (70 navires vers 1880-85). C’était la grande époque !!! Et en 1890, un pont roulant reliait déjà la ville de St Servan à celle de Saint Malo.

La cale devant la tour (à droite)

vue sur la rance de la cale de Solidor


servait pour la liaison en bateau avec Dinard (en face). Elle a cessé avec l’installation de l’usine marémotrice et du barrage de la Rance (années 60).

Actuellement, le véritable port de St Servan se situe entre St Malo et St Servan, dans l’anse des Sablons.

Baladez vous dans Saint Servan. La ville conserve des maisons

maisons à St Servan détails de maisons à St Servan


qui n’ont pas été détruites comme dans la cité corsaire.

Saint Servan


Les parcs sont nombreux et la balade vers le barrage le long de la Rance superbe.

tour Solidor vue du long de la Rance


Lisez cet article en anglais : Visit another saint Malo : the district of Saint Servan

Rennes Nord canal Saint Martin : jardins ouvriers de la rive droite


La rive droite du canal Saint Martin correspond à la zone d’épandage lorsque le canal déborde et c’est là la raison des prairies Saint Martin. Il y a aussi pour cette zone de nouvelles idées d’aménagement. La Ville de Rennes souhaite en faire une zone verte.

graf du canal d'ille et rance


La rive droite ? C’est de quel côté ? Ce sont les berges où se trouvent l’auberge de jeunesse, la maison des tisserands, le parc des tanneurs ou enfin le départ des bateaux électriques sans permis, urbavag pour naviguer sur le canal.

Un peu plus loin, à quelques centaines de mètres en allant vers Saint Malo (la mer est à 85 kms d'ici), en longeant les berges qui bordent le canal, vous avez une petite route qui vous mène aux jardins ouvriers. Vous pouvez aussi vous dépayser en passant devant la maison des tanneurs et traverser un petit bois avant d'arriver sur les routes en terre des jardins.

jardin du canal


Vous allez vous retrouver devant des petits jardins ouvriers et des potagers. Il y a encore peu de temps, chaque espace était unique et marqué par l’imagination et l’ingéniosité de son occupant.

cabane du canal st martin rennes


Certains étaient tellement clos qu’on ne pouvait deviner ce qui s’y passait à l’intérieur. D’autres témoignaient du bonheur de vivre



des jardiniers du dimanche qui cherchaient là de la verdure. Il y a pleins de photos des jardins sur cette adresse qui témoignent de cette période.

un autre jardin du canal un troisième


Mais petit à petit, la Ville de Rennes les a transformés en des jardins modèles avec petites maisons multicolores et délimitation de clôtures vertes. C’est bien, parce que certains endroits de la zone faisait peur à la nuit tombée mais en même temps, le côté uniforme des espaces ainsi crées a transformé la zone en un espace répétitif nettement moins poétique.


potager du canal d'Ille et Rance


C’est dommage. Laissons le temps à leurs occupants de réinvestir la zone et de lui redonner une certaine originalité…

jardin et immeubles de la rue d'antrain



Moulins à marées en Bretagne

Mais à quoi servent les marées ? A moudre de la farine, pardi !
- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
- Y en a -t-il ailleurs ?
- Depuis quand ces moulins existent ?
- Comment ça marche ?
- Où peut on en voir ?

- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
La Bretagne est une terre d'abers... d'estuaires en quelque sorte. Et celles-ci sont fort précieuses pour nos moulins. A chaque marée, la mer les envahit puis les délaisse et c'est ce mouvement de marées qui est à l'origine de l'énergie des moulins.

Moulin de Pen Castel dans la presqu'île de Rhuys, Morbihan


- Y en a-t-il ailleurs ?
Il y en a dans les pays à estuaires, le Portugal, l'Espagne, le Royaume Uni, l'Irlande, les Pays Bas et les Etats Unis.

- Depuis quand ces moulins existent ?
On les connaît, en Bretagne, dès le Moyen Age, et il y en eut jusqu’à une centaine dans la région.

- Comment ça marche ?
Le moulin à marée utilise comme énergie la force de la mer. Le principe était simple : on laissait les marées montantes remplir un bassin fermé par une digue. Une fois la marée basse, il suffisait d’ouvrir le bassin et de laisser s’échapper l’eau qui actionnait une roue.

Bassin du moulin de Pen castel


Ce type de moulin demandait un investissement de départ : une digue à construire. Le meunier, par contre, vivait à l'heure des marées et pouvait travailler la nuit.

Meunier tu dors… oui parfois pendant le jour… si j’attends la mer…

Inconvénients de ce système : comme tous les énergies liées aux éléments, elles sont variables. Avec les périodes de vive-eau (marées à forte amplitude) et de morte-eau… Marée importante, bon fonctionnement, petit coefficient de marée, faible mouvement…

Digue du moulin de la vallée de la Rance


Avantage : C'est une énergie renouvelable... La marée revient toutes les 6 heures… Ce n’est pas le cas du vent…

Les moulins pouvaient être alimentés en grains par la terre et par la mer. Les chariots et les bateaux repartaient chargés de farine…

Moulin à marée dans la vallée de la Rance


Petite précision encore. Le moulin implique une pratique artisanale des meuniers. Plus tard on parle de minoterie, ce qui suppose une destination industrielle du monument. L’utilisation des moulins de mer s’arrête avec la Seconde Guerre Mondiale.

Si vous voulez comprendre le phénomène, la maison de la Rance à Dinan explique, à l’aide d’une maquette, le fonctionnement du moulin. La Rance possédait beaucoup de moulins car l’amplitude des marées y est particulièrement importante.

- Où peut on en voir ?
En Bretagne, certains moulins ont été restaurés : dans le Sud de la Bretange, le moulin de Pen Castel dans la presqu’île de Rhuys et dans le Nord, à Bréhat le moulin du Birlot ou encore le moulin du Prat sur la Rance qu'on peut visiter tous les jours en saison et les dimanches et jous fériés sinon… .

Estuaire sans eau dans la vallée de la Rance


Lisez cet article en angalis : Tidal mills in Brittany France

La Bretagne vue d’avion : rendez vous à l’aéroport de Dinard

Que voilà un beau cadeau d’anniversaire !!! Offrir à sa moitié un bout de la Bretagne, c’est pas mal, surtout quand elle est vue du ciel. C’est original et en plus – les heureux passagers ont été conquis.

Vous pensez bien que j’ai interviewé ma copine après son baptême de l’air dans un quatre places.

le quatre places


Ils sont arrivés à l’aéroport - là en l’occurrence, c’est à Dinard que ça se passe, mais on peut le faire dans de nombreux aérodromes – et le pilote les attendait, habillé comme un aviateur, bomber et casque sur la tête.


ça marche comment, vous dites ?


Les pilotes qui vous emmènent font les vols bénévolement car – les heures de vol, c’est cher et pour garder son brevet de pilote, il faut pratiquer -. Ils profitent donc de ces sorties pour badger des heures qui leur permettent d’avoir suffisamment d’heures de vol pour garder leur licence. A Dinard, par exemple, il y a quatre pilotes qui assurent les sorties.

Une fois assis dans l’avion, le pilote et les trois personnes s’envolent vers ...
Et là, c'est à vous de choisir :
– soit l’est vers le cap Fréhel
- soit vers l’ouest vers le Mont Saint Michel.

... Le pilote commente le paysage, une main négligemment posé sur le manche. Ca se conduit comme une voiture m’ont-ils dit.

Mes amis ont choisi d'aller vers l’ouest, la mer et l’île de Chausey.
Ils ont aussi survolé Cancale et ses parcs à huîtres,

Cancale parcs à huîtres



Saint Malo

Saint Malo


Le pilote a prolongé le plaisir en survolant la vallée de la Rance.

le blanc là, c'est l'aile


Il faisait un temps merveilleux, c’était top !
C’est super, me direz vous, parce qu’ils ont eu du beau temps, mais en Bretagne le temps… on ne sait jamais… Alors s’il y a du crachin breton… En offrant ce petit vol d’une demi-heure, vous ne prendrez pas beaucoup de risque parce qu’ils ont pensé au climat breton. Si le temps n’est pas clément, on vous appelle pour déplacer le vol.

La demi-heure coûte 100 €, et ça peut intéresser trois personnes ça fait 35 € par tête, ça va en cette période de baisse du pouvoir d’achat…





Lisez cet article en anglais : Overview from the sky in Brittany (France)

Balade de Dinan à Léhon par le canal d'Ille et Rance (Bretagne, France)

Vous voulez prendre l’air à Dinan ? Mais vous ne voulez pas vous épuiser à monter le Jerzual (la rue du Jerzual est LA rue à visiter à Dinan)… Longez le canal d’Ille et Rance, c’est pas mal non plus...

En bas du Jerzual, au port de Dinan, passez le petit pont de pierre et longez le chemin rive gauche. Après une petite demi-heure, vous apercevrez les jardins de l’abbaye de Léhon et une partie des bâtiments conventuels (religieux, quoi !).

jardins et bâtiments conventuels de Léhon


Ils savaient choisir des endroits bien agréables, ces moines…

les baies gothiques du réfectoire de Léhon


Admirez le pont en pierre de Léhon. Depuis toujours, les hommes ont cherché à traverser les rivières et pour cela il fallait des lieux propices au passage à gué. Ce gué servait déjà lorsque la voie romaine Rennes Corseul était utilisée.

Plus tard ce sont les moines, au Xè siècle, qui font évoluer les choses : un pont … en bois est construit. Mais la Rance n’est pas canalisée et elle est toujours bien sauvage. Alors vous imaginez le travail lors des crues… Adieu petit pont de bois, bonjour la reconstruction… Le pont est bien souvent dans l’eau…

Ce n’est qu’entre le XVè et le XVIè siècle que l’on pense à une construction en dur, en pierres. Mais la Rance -toujours pas maîtrisée- continue d’attaquer le pont qui l’enjambe.

pont de Léhon


Par période, le pont est en piteux état… surtout qu’on en fait sauter l’arche centrale –il en avait quatre alors- pour empêcher les armées royales d’atteindre Dinan en 1799

L’arche manquante sera remplacée par une passerelle en bois, puis au XIXè siècle en métal qui permet aux bateaux de passer.

En 1832, la Rance est canalisée et un important trafic de marchandises de Saint Malo à Rennes se met en place. Le chemin de halage (c'est le chemin par lequel vous êtes arrivé) permet aux chevaux de haler les bateaux pour les remonter jusqu'à Rennes. Dans l'autre sens, le courant les ramenaient jusqu'au port de Saint Malo.

Le pont, que l’on voit aujourd’hui, est construit en 1925. Il n’a qu’une seule arche pour laisser passer les chalands (bateau plat destiné au transport fluvial) sur le canal.

arches du pont de Léhon


Mais l’histoire du petit pont de Léhon connaît encore des rebondissements : cette fois ci, c’est pour empêcher l’avancée des Alliés, que les Allemands détruisent l’arche centrale. Elle ne sera remontée qu’en 1946.

rue piétonne de Léhon


Maintenant que vous êtes sûr de la solidité du pont, que la Rance est canalisée et qu’il n’y a pas de troupes à l’horizon, allez faire un tour sur l’autre rive… dans la petite cité de caractère de Léhon...

Lisez cet article en anglais : Walking along the canal d'Ille et Rance to a picturesque village of Léhon (Brittany, France)

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