Le marché de la Guerche comme départ pour une excursion au chêne de la Vierge (10 kms) et jusqu’à la chapelle Sainte Anne à la Selle Guerchaise (15 kms) un mardi de juin (Ille et Vilaine)


Si vous voulez visiter une ville des Marches de Bretagne et que ce jour est un mardi, allez à la Guerche de Bretagne, car c’est le jour du marché. Et c’est un gros marché de campagne qui vous attend, avant d’aller visiter deux endroits insolites des environs : le chêne de la Vierge et une pagode chinoise dédiée à Sainte Anne, unique en France.

Situé à l’extrémité sud de l’Ille et Vilaine et au carrefour de plusieurs autres départements : la Mayenne, le Maine et Loire et la Loire Atlantique, la localisation de la Guerche a eu une influence sur toute son histoire. La Guerche est une des étapes du circuit des Marches de Bretagne. Les Marches de Bretagne ( les villes de Vitre et Fougères en sont les emblèmes les plus connus) correspondent à une zone frontalière entre les Francs et les Bretons.
Cette petite ville va passer d’une influence à l’autre, tantôt pour se protéger des Francs, tantôt pour lutter contre les Bretons - quand le célèbre Du Guesclin, le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc - achète la seigneurie en 1379, elle passe aux Francs pour revenir ensuite dans le giron breton. Ses environs verront de nombreuses batailles contre les Anglais notamment. La Guerche a donc été une ville fortifiée, a eu un château dès le XIIè siècle, matérialisant le pouvoir du seigneur sur sa seigneurie. Quand la Bretagne devient province française, le château est délaissé, tombe peu à peu en ruine et est détruit au XVIIIè siècle.



La Guerche a donc eu une position stratégique pendant toute son histoire bretonne et elle est un carrefour commercial important avec le commerce des toiles. Au XVIè siècle, on cultive du chanvre et du lin dans la région. Les toiles sont fabriquées dans les fermes alentour, toiles qui sont revendues ensuite au marché à des marchands spécialisés notamment de Saint Malo. Ce commerce prospère a laissé des traces par des maisons à pan de bois et à porche du XVIè et XVIIè siècle. Il en reste de nombreux exemples dans le centre ville. Les maisons à porche servaient de galeries commerçantes, on y exposait les toiles.

Maison à porche dans La Guerche de Bretagne


Le marché de La Guerche est connu depuis 1121, par un acte où il est fait mention d’un marché implanté dans un faubourg, bourg où des moines s’étaient installés. Cette longévité historique explique notamment sa réputation. Il y avait des Halles, en face de la Basilique actuelle, jusqu’au début du siècle où comme dans de nombreuses villes bretonnes importantes on faisait du commerce et l’on rendait la justice. S'il y a quelques années encore, on trouvait le marché aux porcelets ou aux volailles place du Champ de Foire, les commerçants aujourd’hui proposent des produits plus communs.
Le marché se situe autour de la basilique et est ceinturé par deux énormes parkings… qui sont pleins, pleins d’acheteurs des départements limitrophes. On y trouve du textile, des plantes, des volailles et les spécialités des producteurs locaux et des départements limitrophes : miel, pain, farine de blé noir, viande et fromage.

La Basilique Notre-Dame, Monument Historique au centre de la ville, est devenue basilique en 1951 (le titre de basilique s’obtient par décision du pape). L’édifice qui est construit sur la chapelle du château date de 1206, il a été remanié maintes et maintes fois depuis. Son clocher rappelle les clochers du Finistère (pour le visiter, s’adresser à l’Office du Tourisme) et à l’intérieur, – des vitraux du XVI è siècle, à droite en entrant et des stalles Renaissance très travaillées dans le chœur de l’église, et un gisant en tuffeau, tombeau de Guillaume II.

Une fois la ville visitée, les produits du terroir achetés, en route pour le Chêne de la Vierge.

Pour démarrer la balade, vous devez trouver l’indication pour Fontaine Couverte, commune à quelques kilomètres de là. Suivez la rue d’Anjou qui longe la basilique et continuez par le faubourg d’Anjou. Là, sur votre gauche, une indication pour Fontaine couverte, V3 à 8 kms. Prenez cette direction, vous vous promenez dans un lotissement, vous croisez une croix, vous longez le côté droit de la croix. C’est la petite route communale que vous allez fouler pendant toute cette promenade. Vous traversez différents hameaux : Hairie, la Périnelle,…
J’en oublie mais continuez toujours tout droit pendant 2 à 2,5 kms. Vous allez croiser une croix à gauche, vous êtes sur le bon chemin.

la croix pour aller au chêne de la Vierge


Continuez jusqu’au croisement Route de rondes. Là, prenez à droite pendant un km jusqu’au prochain carrefour (Gaumonerie) et commencez à suivre les indications de chêne à la Vierge sur la gauche. Vous arrivez bientôt à un nouveau panneau de chêne de la Vierge. Vous quittez le goudron et prenez un chemin de terre. Vous êtes à quelques centaines de mètres de la forêt et du chêne à la Vierge.

Le chêne de la Vierge


L’histoire de ce chêne est liée à la Révolution et à ses suites : en 1792, une jeune fille fut fusillée au pied de l’arbre pour ne pas avoir voulu dévoiler la cachette d’un prêtre réfractaire à des soldats républicains, les Bleus. Depuis, ce lieu est un lieu de dévotion, comme en témoignent les très nombreuses statues, Vierges et fleurs le long du chêne ; un petit panneau rappelle l’histoire du lieu. Des cérémonies ont lieu le 15 août.

De là, deux possibilités une fois que vous avez retrouvé la route communale : soit vous revenez vers la Guerche, soit vous allez vers la Selle Guerchaise pour découvrir la chapelle du Pâtis. Là, encore elle vaut le détour : une pagode chinoise abritant une statue de Sainte Anne.
Pour rentrer à la Guerche directement, récupérer la route principale et continuer vers la Selle jusqu’ à un croisement indiquant La Guerche. Au bout d’1,5 km, vous tombez sur la bifurcation que vous avez prise route des rondes mais là vous continuez tout droit et récupérez le chemin que vous connaissez vers la Guerche.

Si la chapelle vous intéresse, suivre la direction de La Selle, donc toujours tout droit pendant 2,5 kms jusqu’à une croix. Laissez là derrière vous et continuez quelques mètres vers la gauche et après le tournant, la bifurcation pour la chapelle est indiquée. Elle se situe au milieu d’un hameau de maisons.

Pagode chinoise dédiée à Sainte Anne


La chapelle du Pâtis ou chapelle Sainte Anne est une pagode en bois, octogonale unique en France : elle a été fondée en 1875 par le recteur de la Selle Guerchaise, Francois Lizé. L’abbé Lizé avait été missionnaire en Chine et a ramené la plus grande partie de la pagode à la fin du XIX è siècle. Elle est dédiée à la Vierge et à Sainte Anne . Elle est ouverte et vous y découvrirez l’épitaphe de l’abbé dans la chapelle, des fresques de couleurs vives datant de 1875,76 (rénovées en 1990-91), des saints (Saint Joseph et Saint Joachim).

Statue des saints de la pagode chinoise


Joachim était l’époux de Sainte Anne et donc le père de la Vierge Marie. Sainte Anne, la Patronne des Bretons, est la mère de Marie et la statue en bois qui la représente date du XVIè siècle, elle a la particularité d’avoir les yeux bridés. Elle porte Marie dans ses bras qui porte elle même l’enfant Jésus. Elle provient d’une autre chapelle de la commune, la chapelle du Poncel qui a disparu.

En sortant de la chapelle, continuez vers la Selle et très vite à quelques mètres, vous verrez une nouvelle croix, dont la visite conférait, d’après l’inscription qu’elle porte, 40 jours d’indulgence pour le pêcheur en quête de rémission. Les jours d’indulgence servaient à racheter les péchés et étaient obtenus quand le croyant faisait un pèlerinage, des prières, des dons. Cette croix devait être sur un parcours de pèlerinage et permettait donc une rémission.
Vous voilà sur le chemin de La Guerche, qui est à un peu plus de 4 kms. Une fois dans le village, ne pas prendre la rue du point du jour mais l’autre, qui n’a pas de nom, à gauche qui vous ramène au boulevard d’Anjou.

Lire cet article en anglais : Walk an unusual inland la Guerche and its market a breton oak with a virgin and a chinese pagoda

Recette végétarienne de beignets aux fleurs de sureau noir cueillies le long du canal d’Ille et Rance (Ille et Vilaine, Bretagne)

Voici une recette à faire en mai ou juin quand les sureaux sont en fleurs.




Le sureau est un arbre qu’on trouve partout en Bretagne, dans les haies, le long des chemins, en ville, sur la côte, bref il n’y a qu’à se baisser ou lever la tête pour cueillir ses fleurs. Profitez d’une balade pour aller en récolter et choisissez bien votre lieu de cueillette : en mai, explorez plutôt un bout de canal. Le long du canal d'Ille et Rance, j'en ai trouvées. En juin, promenez vous le long du sentier des douaniers, je les ai récoltées dans la baie de Lancieux (côte nord à quelques kilomètres de Dinard), les sureaux fleurissent plus tard en bord de mer.


Il existe plusieurs sureaux, mais celui qui nous intéresse, c’est le sureau noir, un arbuste de 2 à 5 mètres de haut, souvent considéré comme une plante parasite parce qu’il est très difficile de s’en débarrasser dans les jardins. Le sureau noir fleurit en mai et juin en grosses grappes de fleurs très fines blanches (quelques millimètres), qui sentent bon et dont le pollen est jaune, crème.
Comme il existe un autre sureau qui est toxique, il faut malgré tout être vigilant, mais le sureau hièble est une plante plus petite (un mètre) à fleurs blanches et roses et qui sentent mauvais.

Le sureau noir est une espèce très répandue en Europe et en Bretagne.

sureau en fleurs

Ces fleurs se transforment en baies noires avec lesquelles on fait gelées, sirops, vin et même bière aromatisés (produites en Bretagne, évidemment). Mais ça, c’est pour plus tard, quand les baies seront mûres. Donc faites votre balade et cueillez ces grappes de fleurs blanches. Prenez les avec des queues, c’est plus facile pour la cuisson, mais coupez les une fois le beignet réalisé, ce n’est pas le meilleur, cette tige verte.

Recette de beignets (salés) à la fleur de sureau pour une vingtaine de grappes de fleurs

Ingrédients

180 g de farine
1 œuf
100 ml de lait
un sachet de levure
200 ml d’eau
Un à deux bouchons de rhum

Mélanger tous les ingrédients et laisser reposer une à deux heures.

Préparer votre huile (friteuse ou casserole). Pour savoir si l’huile est prête à recevoir les beignets, laisser tomber une goutte de pâte dedans. Si la goutte remonte, l’huile est assez chaude et vous pouvez commencer. Prenez une grappe de fleurs par la queue, trempez la bien dans la pâte.

La pâte doit être bien liquide pour bien épouser les petites fleurs du sureau et ne pas faire un gros beignet qui noierait la saveur des fleurs. Mettez la grappe dans l’huile, et dès qu’elle dore, retournez-la. Quand elle est dorée des deux côtés, ça prend entre une minute et deux, égouttez-la sur du sopalin. Une fois tous les beignets cuits, couper les tiges et servez chaud. Je les mange en légumes avec une salade verte, on peut aussi les manger avec une viande.

Comme il me restait des fleurs, j'ai décidé le lendemain de tenter la version sucrée.

C'est facile, on prend la même recette, et on sucre une fois les beignets cuits. Mais je préfère les salés, le sucre masque le goût de la fleur, c’est dommage. Les beignets sont bien meilleurs si la couche de pâte recouvrant les fleurs est fine, (d’où la nécessité d’une pâte liquide). Sinon ce sont des beignets mais pas des beignets de fleurs !!!!

Bonne balade, bonne cueillette et bon appétit.

Lire cet article en anglais : French vegetarian recipe of fritters made of elders flowers

La galette saucisse, une spécialité bretonne à Rennes au marché des Lices le samedi matin

J’aime la galette saucisse, savez vous comment ? Quand elle est bien faite avec du sarrasin dedans.

Les Bretons et leurs galettes ! C’est tout un programme. La galette, oui mais laquelle ? Au froment ou au blé noir ? Sucrée ou salée ?

Les crêpes et les galettes ne sont pas les mêmes en Bretagne selon l’endroit où on se trouve. A l’Ouest, dans le Finistère elles sont au froment, (au blé quoi !) et on utilise la même pâte selon qu’on la mange sucrée ou salée. Et elles sont extrêmement fines.

En avançant vers l’est, elles changent de texture et de composition. En Haute Bretagne, autour de Rennes, on la mange au blé noir, à la farine de sarrasin pour la galette salée et au froment pour le sucré. Mais quelle est cette spécialité de Haute Bretagne qu’est la galette saucisse. On ne la trouve effectivement aujourd’hui qu’aux environs de Rennes. La galette saucisse est une saucisse entourée de galette de blé noir. On la déguste nature, entourée d’une double galette, à la moutarde, au fromage râpé fondu …

galettes sur bilig


Toute kermesse reconnue, tout festival qui se respecte, toute manifestation sportive réussie a son stand de galette saucisse.

On la trouve évidemment aussi sur les marchés, et notamment le plus connu celui des Lices le samedi matin à Rennes. Les Rennais peuvent faire la queue pendant une demie heure – l’heure de pointe se situant autour de midi - pour manger leur galette sauc’.

Une bonne galette sauc’ se compose d’une bonne saucisse légèrement grillée et d’une bonne galette tiède, souple, un peu épaisse, à la consistance aérée.

Galette saucisse nature ou moutarde


Vous pouvez aussi manger la classique « complète » jambon, œuf, fromage, avec du beurre, et une petite crêpe de … froment pour le dessert : une beurre sucre évidemment !!!

Lire cet article en anglais :Breton pancakes made of buckwheat, a breton speciality

Rohan : une des familles princières du duché de Bretagne qui a donné son nom au village du Morbihan

Les Rohan sont une des trois familles princières les plus importantes du duché de Bretagne. Leur devise était : Roi ne puis, Prince ne daigne, Rohan suis. Ils ont notamment construit le château de Josselin et sont aussi connus pour avoir participé à la conquête de l’Angleterre avec Guillaume le Conquérant en 1066.
Rohan, c ’est aussi le nom d’un village du Morbihan, où a été construit un des châteaux de la famille dont il reste une chapelle : la chapelle de Bonne Encontre. Ce gros bourg est situé à une dizaine de kilomètres au sud de Loudéac et à une vingtaine à l'est de Pontivy, sur le canal de Nantes à Brest au niveau de l’écluse n° 52. Si vous cherchez bien, mais je ne l'ai pas trouvée, le long du canal, il y a une borne où l'ancien nom de Pontivy apparaît, à savoir ... Napoléonville. Si vous la trouvez... faites moi signe.
Et pourquoi Napoléonville ? En 1802 Napoléon a en effet décidé de se servir de Pontivy, ville acquise aux idées de la révolution perdue dans une campagne restée royaliste et chouanne. A mi chemin entre Rennes et Brest et au centre de la Bretagne, Pontivy avait une position stratégique rêvée pour contrôler la province. De plus, l’Empereur voulait en faire une ville militaire qui, une fois reliée au futur canal de Nantes à Brest, approvisionnerait la marine,. Elle devint en 1804 Napoléonville. Mais elle change de nom à diverses reprises : Bourbonville sous la Restauration (1814-15), à nouveau Napoléonville pendant les Cent Jours (1815), elle reprend le nom de Pontivy à la chute de Napoléon, et son oncle Napoléon III la rebaptise Napoléonville. Ce n’est qu’en 1870, qu’elle a repris le nom de Pontivy. On s’y perd, non !!!

Lire cet article en anglais : Rohan a famous family in the Duchy of Brittany that gave its name to the village of Morbihan