Balade dans un quartier de Saint Malo : la cité d’Aleth à Saint Servan (Bretagne, France)


Vous connaissez la cité fortifiée d’Aleth ? C’est la presqu’île qu’on voit des murailles de Saint Malo au bord de l’estuaire de la Rance mais où on ne va jamais. Et bien suivez le guide…

carte d'Aleth à Saint Servan


Le site de Saint Servan a été occupé bien avant celui de Saint Malo. La cité d'Aleth est devenu évéché au VIè siècle et ce n’est qu'au XIIè siècle qu'il est transféré à Saint Malo.
Depuis 1967, Saint Servan est devenu un quartier de Saint Malo (comme Paramé qui est de la côte de l’autre côté d’intra Muros). C’est la plage des Sablons

vue sur l'anse des Sablons l'été


qui sépare les deux villes et c’est juste là, près du port de plaisance (il peut accueillir jusqu’à 800 bateaux)

port dans l'anse des Sablons l'hiver


que commence le chemin de ronde qui fait le tour de la Cité.

Si vous prenez les escaliers au début du port, vous passerez devant un premier morceau d’histoire gallo-romaine : pile c’est un modeste mur romain

vestiges gallo-romains de Saint Servan


et face, ça devient une muraille.

la plus modeste muraille de Saint Servan


Comme quoi, au gré des recherches, les vestiges changent de statut.
La cité d’Aleth était habitée, avant l’arrivée des Romains, par une des tribus de l’Armorique, les Coriosolites. César a conquis l’Armorique en 56 avant JC et les Romains ont investi la Cité et commencé à construire en dur : vous en voyez les ruines…

Si vous avez longé le port jusqu’au bout et rejoint la corniche par le bout du port,

escaliers menant à la corniche par un temps d'été


vous passerez devant un monument dédié à Charcot(1867-1936).

Charcot


Qui était Jean Baptiste ? Cherchez l’intrus :

-Il est connu parce qu’il était médecin.
-Il a été champion de France de rugby à XV.
-Il a divorcé de la petite fille de Victor Hugo ?
-Il est explorateur polaire et le premier à franchir le cercle polaire arctique et à organiser une expédition française en Antarctique.
-Il est le premier président des scouts de France.
-Pendant la guerre 14-18, il a reçu la croix de guerre française et britannique pour sa chasse aux sous-marins.
-Il est mort alors qu’il devait rejoindre Saint Malo mais a été pris dans une violente tempête.
-Le Pourquoi pas ? était un bateau.
-Il adorait les mouettes.

mémorial à la mémoire de Charcot et du Pourquoi pas ? par un jour de tempête


Et bien tout ça, c’est lui. Quelques précisions : il est connu pour ses expéditions polaires : il a repéré de nouvelles côtes, établit du coup de nouvelles cartes marines, étudié les marées, le magnétisme, la faune et la flore de ces régions méconnues alors. Il a donné le nom de terre de Charcot, en hommage à son père, à une des ces îles de l’Antarctique.
Le Pourquoi pas ? était bien un bateau, il y en a eu 4.
Et pour la petite histoire, le seul survivant du naufrage qui fut fatal à Charcot raconte que le commandant sentant la destruction de son Pourquoi pas ? a libéré la mouette qui était la mascotte de son expédition.

Continuez la balade, vous croisez des cloches métalliques de 30 cm d’épaisseur

impacts de balles sur la cloche


-il y en a 8 - qui dépassent de plus d’un mètre le sol mais qui sont plantés à plusieurs mètres de profondeur. Ces casemates sont reliées entre elles par un réseau de galeries sur plus de 2 kms. Et elles symbolisent bien, avec les traces des impacts, combien la bataille a fait rage lors de la libération de Saint Malo.

En face , vous voyez Dinard et ses centaines de villas classées,

vue de Dinard de la corniche de Saint Servan


et derrière, le cap qui dépasse tout au fond, c’est le cap Fréhel.

vue sur le cap Fréhel par une bonne tempête d'hiver


Au centre de la péninsule, il y a un camping ouvert l’été . Et c'est le genre de paysage qui vous attend !

paysage de la péninsule de Saint Servan par un beau jour d'été


Le barrage qui coupe l’estuaire, c’est l’usine marémotrice de la Rance. Après avoir longé le littoral, vous vous retrouvez dans Saint Servan, qui mérite aussi un coup d’œil.



Lisez cet article en anglais : Walk on the coastal pathway of saint Malo (France) and visit the peninsula of Aleth

Visite du fort de la cité d’Aleth à Saint Servan (quartier de Saint Malo, Bretagne).

Pour accéder au fort de la cité d’Aleth, qui abrite aujourd’hui le Mémorial 39-45, il faut prendre le chemin de ronde de la péninsule. Vous arrivez devant des fortifications

Fort d'artillerie de Mazin


construites par Mazin au milieu du XVIIIè. Non, ce n’est pas du Vauban (1663-1707) comme à Saint Malo, même si ce dernier avait insisté pour fortifier l’embouchure de la Rance.

Il a fallu plusieurs incursions anglaises pour que les fortifications soient construites plus tard en 1759. En effet, le commandant anglais Marlborough, en 1758, est à Saint Servan et réfléchit à une stratégie pour prendre Saint Malo. Attaqué par les tirs de canons des Malouins qui ne lui laisse pas le temps de s’installer, il repart après avoir incendié tous les navires du port de Solidor. C'est suite à cette attaque que, un an plus tard, les travaux commencent et que Mazin construit un fort d’artillerie capable de défendre la Rance.

Fortifications de la cité d'Aleth


Ce fort a repris du galon –façon de parler– avec la 2e guerre mondiale.

Porche du fort d'Aleth de Saint Servan



La Bretagne a une position stratégique lors du conflit. Les Allemands la défendent par la construction du Mur de l’Atlantique (ce sont les fortifications côtières allemandes). C’est pour cela qu’on trouve de nombreux blockhaus sur la côte bretonne. Ils transforment aussi les ports de Saint Nazaire, Brest, Lorient et Saint Malo en forteresse.

Blockhaus du fort d'Aleth


Construit en 1759 et modernisé par l'organisation Todt -c'était un groupe de construction et d'ingénierie allemand qui a construit les fortifications, les bases sous marines, les camps...-, les fortifications allemandes de la cité d’Aleth réutilisent le fort type Vauban. Une trentaine de blockhaus

Blockhaus de Saint Servan


y a été ajoutée, blockhaus qui sont reliés pour certains par des galeries souterraines. Il y avait des fossés antichar et des cloches blindées pour abriter des canons antichars et antiaériens.

En haut des escaliers, sur la "plateforme", on y voit des restes de blockhaus, le Mémorial de la Guerre 1939-1945.

ouverture et horaires du Mémorial de Saint Servan



On visite l'intérieur d'un blockhaus restauré, une exposition sur la Seconde Guerre Mondiale dans la région et on peut visionner un documentaire.

Et à l'extérieur, la vue sur la Rance est superbe.

vue sur la Rance du fort de la cité


et sur Saint Malo.

vue sur Saint Malo du fort de la cité



Si la ville de Saint Malo a été détruite à plus de 70%; Saint Servan, en tant que QG de la zone a aussi connu les affres des bombardements. Les Allemands avaient élaboré une zone de fortification incluant Cézembre, l’île en face, la pointe de la Varde (au bout de Paramé), une station-radar au cap Fréhel et des lignes de défense dans les terres.

Blockhaus de la cité d'Aleth


Toute cette place dans la presqu'île d'Aleth était fortifiée : les Allemands avaient construit plusieurs blockhaus, des casemates, installé des mitrailleuses, des canons et creusé des galeries souterraines qui les reliaient. A sa tête, le commandant Von Aulock dirigeait la forteresse.

Quand les Alliés débarquent en juin 44, la donne change. Ils arrivent à Saint Malo début août et bloquent la zone mais ils sont peu nombreux -les Américains sont en Normandie, ils veulent prendre à revers les Allemands-. Que faire alors ? Bombarder la forteresse et les environs. Les Américains sont arrivés le 2 août et les Allemands ne se rendront que le 17. 15 jours de bombardements intenses :

Arme de la deuxième guerre mondiale


sur le fort du Grand Bé, sur Cézembre et sur Saint Servan et Saint Malo. Les Alliés entrent dans la cité corsaire le 14 alors que la ville brûle depuis le 10. Le commandant Von Aulock, positionné dans le fort de la cité d’Aleth résiste toujours, il ne capitule que le 17 août 1944.

Imaginez la bataille qui a fait rage pendant presque 15 jours dans la zone malouine. Les cloches,



sont en métal et font 30 cm d’épaisseur !!! A Saint Malo, les trois quart de la ville sont détruits. La ville sera reconstruite à l’identique quelques années plus tard et ce pendant 12 ans (1948-1960). Le tracé des rues sera repris, les immeubles reconstruits avec les matériaux restés sur place.

L’ile de Cézembre a résisté plus longtemps encore. D’après le site de l’inventaire général du patrimoine culturel, l´occupant allemand y a construit près de 80 blockhaus (batterie d´artillerie : casemates et encuvements, postes de direction de tir, batteries antiaériennes, abris etc.). Ce n’est que le 2 septembre qu’ils se rendent et c´est la zone du territoire français qui a été le plus bombardée. Les Américains y testeront notamment leurs nouvelles bombes incendiaires au napalm...

Cézembre, île interdite !!!


C’est pourquoi Cézembre, « zone rouge » est théoriquement interdite aux visiteurs
. La zone n’a pas été entièrement déminée, il y reste encore des bombes !!!

Un témoin que j'ai connu raconte qu'ils allaient voir les échanges de tir comme si c'était un feu d'artifices !!!

Lisez cet article en anglais : Visit of the fort of Aleth at saint Servan (district of Saint Malo, France) and the Memorial 39-45

Thalasso et gastronomie en Bretagne : Domaine de la Rochevilaine à Billiers (Morbihan)

J’ai un pool de collaborateurs qui bat la campagne bretonne pour me fait part de ses découvertes ! C’est à Billiers qu’ils se sont arrêtés cette fois-ci pour essayer la thalassothérapie de Rochevilaine (au sud de Vannes, près de Muzillac).

Les thalassothérapies en Bretagne existent depuis la fin du XIXè siècle, c’est à Roscoff (côte nord de la Bretagne) que ça a commencé et depuis il y en a partout. Avec chacune sa spécialité : anti âge, minceur, relaxation, diététique…

Celle de Rochevilaine (Spa Vannes - Domaine de Rochevilaine,Pointe de Pen Lan, 56190 – Billiers 02 97 41 61 61) propose dans un cadre très agréable, associé aux soins, un programme gastronomique.

Situé sur une petite presqu’île, le Domaine de Rochevilaine est un Relais & Châteaux. Pour rentrer dans le domaine, il faut passer sous un porche du XIIIè siècle, et l’on pénètre dans le jardin. Sculptures du Moyen Age et tableaux de peintres contemporains se côtoient dans le domaine.

Relais&château de Rochevilaine


Rochevilaine

Vous êtes sur une petite pointe bordée par la mer, un environnement vraiment marin !!! Ca tombe bien pour une thalasso, non.

Les soins sont dispensés dans le centre et il y a deux piscines, chauffées évidemment et d’eau de mer. L’une d’entre elles est en extérieur à même les rochers, vous respirez les embruns en vous baignant ! Sympa, non.
Il y a bien sûr toutes les facilités de la thalasso : spa, sauna, hammam, salle de fitness

La gastronomie maintenant dans le restaurant de la mer. Les grandes baies vitrées au dessus de la roche vous donnent l’impression de manger sur la mer, et le menu c’est les plaisirs de l'équilibre… et c’est, paraît-il, rudement bon (je cite une de mes collaboratrices), on y retourne quand tu veux, a-t-elle ajouté. Les produits de la mer sont majoritaires : bar, huîtres, homard sont associés aux produits de la région. Pas de surprise pour les prix, ce sont ceux d’un gastro.

vue du restaurant de la Rochevilaine à Billiers


Entre deux soins ou deux menus, vous vous baladez dans Billiers. La commune promeut son patrimoine, il y a pleins de choses à découvrir : sur les chemins côtiers, vous croiserez le dolmen du crapaud, le port et le phare automatisé de Pen Lan,

Phare de Pen Lan à Billiers


l'église Saint Maixent de Billiers qui est un amer (les amers, ce sont les repères peints en blanc -mur, pierre..- pour que les bateaux les voient du large). Il faut aller voir l’abbaye de Prières avec sa pierre à soles qui servait de gabarit pour les soles ramenées par les pécheurs…

Bref, vous pouvez sur ce site en faisant votre thalasso allier bonnes bouffes et balade digestive culturelle, après un soin du corps et un moment de détente près de la piscine… Pas mal pour un petit week end.




Lisez cet article en anglais : Thalassotherapy and gastronomy in France : domaine de la Roche Vilaine at Billiers (Brittany, France)

Les craquelins de Saint Malo, une spécialité bretonne de l'estuaire de la Rance (France).

En arrivant à Saint Malo par la N137, prenez la direction Saint Malo centre et au premier rond point, la première à droite, vous êtes sur le site de production (Z.A.C. de la moinerie, 35400 Saint-Malo, Tél : 02 99 81 92 89). Je voulais visiter l’usine mais suite à des problèmes d’assurance, l’entreprise ne le propose plus. On peut toujours, par contre, goûter leurs spécialités dans le petit magasin qui est accolé au site.

site de production des craquelins de Saint Malo


Les craquelins ? Qu’est ce que c’est ? Un pain brioché couvert de perles de sucre que l’on fabrique en Belgique ou une biscotte bretonne très légère que l’on mange avec du beurre ou de la confiture ?

Les deux évidemment ! Il existe plusieurs recettes en France et en Belgique et des variantes avec du beurre ou du sucre. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est l’adaptation bretonne de cette spécialité européenne.

D’après le site des craquelins de Saint Malo, c’est une gourmandise qui a un long vécu dans le coin, les craquelins sont déjà mentionnés dans les comptes de l'hôpital de Saint-Malo dès 1663.

Pourquoi y a–t-il des craqueliniers dans le pays de Saint Malo ?
Le port de Saint Malo commerce avec les Flandres. Quel est le rapport me direz vous ! Et bien le mot craquelin vient d’un mot néerlandais crakelinc, qui signifie biscuit sec, craquant sous la dent.
L'existence de nombreuses forêts le long de la Rance. Il fallait quantité de fagots de bois pour alimenter les fours qui cuisaient les craquelins.

Et son succès ?
C’est un biscuit sec, facile à conserver, donc à transporter et à vendre. On le trouvait sur les marchés et on le distribuait au détail, dans les fermes – les femmes portaient de grandes hottes où l’on pouvait stocker jusqu'à 2000 pièces et parcouraient la région. On les envoyait en train à Rennes ou à Paris. A Dinard, la clientèle anglaise en raffolait.

craquelins nature


Qu’est ce qui fait la spécificité du craquelin ?
Ca ne vient pas de sa recette, vous n’y trouverez que des ingrédients simples : farine, œufs, lait, mais de sa cuisson. Sa forme particulière, un cercle de pâte concave, vient de sa cuisson. La pâte est plongée dans l’eau bouillante, refroidie dans un bain d’eau froide, avant de passer au four. Ce mode de cuisson s'appelle l'échaudage et les échaudés sont d’abord cuits sur les bords par ce petit bain. La fin de la cuisson se fait dans le four.

Sa recette traditionnelle et son processus de fabrication font qu'il est sans conservateur. Il est en plus pauvre en graisse, sans sucre et très peu calorique. Il existe aussi sans sel. Consommé au petit déjeuner, avec du beurre et de la confiture, la biscotte bretonne a une texture très originale, difficile à comparer. Elle est très légère, craquante et light !!! On adore ou on trouve que ça n’a aucun goût.

 12 craquelins


Le paquet compte 12 pièces et coûte 2,10 euros. Il y a des prix pour les gros mangeurs en lots de 10 et vous allez comprendre pourquoi. La clientèle, m’expliquait la vendeuse, est une clientèle locale, on déguste alors les craquelins de génération en génération. Et j’ai vu une dame est venue en acheter 10 paquets pour sa semaine.
Mais ce sont les hôtels qui sont des gros clients et qui font connaître le produit. C’est là que les touristes les goûtent et viennent en acheter pour en ramener de leur périple breton. (Vous en trouverez aussi dans les Leclerc). Sur le site.

Les craquelins de Saint Malo ont diversifié leurs productions : ils sont fabriqués en petits formats : pour faire des toasts salés ou en formule sucrée : les corsaires (2 € le paquet) enrobés de chocolat à l’amande ou à la noisette ou les craque fins, fourrés – ça ressemble à des « pyms » en plus léger - à la framboise ou à l’abricot.

corsaires au chocolat


Bonne dégustation et en sortant, allez faire une balade à Saint Servan.

Lisez cet article en anglais : Breton speciality : crakers from Saint Malo (Brittany, France)

Les paysans bretons des années 1960-70 : souvenirs d’une Bretagne rurale

Rougir d’être paysan (éditions OUEST-FRANCE) est un livre de souvenirs de deux fils de paysans du Morbihan. Chaque chapitre rappelle le quotidien dans les campagnes bretonnes des années 60.

rougir d'etre paysan


C’est la fin du monde rural breton, le début de la modernité et l’on partage les sentiments ambiguës de ces deux enfants, les frères Gicquel,

Joseph Gicquel

Michel Gicquel


tiraillés entre la honte d’appartenir au monde paysan de leurs parents et l’envie de partager la vie citadine des copains d’école.

On y découvre un monde qui n’est pas si vieux (une petite cinquantaine d’années) : les moments autour du verre Duralex, le couteau qui « signe » par une croix le pain avant de le couper, l’ennui des enfants le dimanche, l’onglée et la résistance au mal des paysans, la mort… De nombreux épisodes du quotidien dans une ferme bretonne sont évoqués dans ce livre qui font ainsi revivre la dure vie d’un monde rural disparu.

Et puis il y a aussi le passage sur la nourriture de la ferme qui, aujourd’hui à l’ère du bio et de la recherche du produit authentique, semble un clin d’œil.
« L’ordinaire alimentaire paysan était aussi source de honte. … Nous tranchions les tartines dans d’opulentes miches rondes de 6 livres (3 kilos) de farine grise cuites dans le rustique four du paysan voisin quand ils [les copains citadins] mâchaient la mie blanche et moelleuse de longs pains blancs sortis du fournil du boulanger. Les pommes du verger, abondantes, parfois talées ou flétries, composaient le dessert de tous les repas , quand les « villotiers » dégustaient poires, oranges, bananes ou les pommes à peau lisse et immaculée, les goldens qui ouvraient l’ère de l’industrialisation fruitière. Mes jeunes dents avaient du mal à croquer le chocolat à cuire quand ils se délectaient de plaquettes de chocolat au lait. »

Le dernier chapitre est surprenant et sympathique. Pour moi, quadragénaire qui ne suis pas issue d’une famille paysanne, j’ai revécu des moments que j’avais oubliés par la lecture de ces écrits.

Les Bretons et la première guerre mondiale

Le 11 novembre, c’est la fin de la Grande Guerre. Et la Bretagne, c’est la région qui a payé le plus lourd tribut : un mort pour 19 habitants, la France un mort pour 29 habitants entre 1914 et 1918.

monument aux morts en Bretagne


Si le mémorial de Sainte Anne d’Auray commémore 240 000 morts – il a été fait entre 1922 et 1932-, on parle plutôt aujourd’hui de 110 à 130 000 soldats tués. La France compte alors 1,4 millions de morts ou disparus pour près de 41 millions d'habitants (la Bretagne a 2,5 millions d'habitants).

La Bretagne de 1914 est une terre de paysans et de marins. Et on dit qu'elle a payé un lourd tribut parce que sa population était essentiellement rurale : "cette surmortalité s'explique par l'envoi prioritaire des ruraux en première ligne, comme pour les Corses ou les paysans du Limousin" (Bretagne est univers, catalogue du Musée de Bretagne).

noms des soldats morts de 1914 et 15 dans une petite commune bretonne

soldats morts de 1916, 17 et 18  dans une petite commune bretonne


La Bretagne d’alors ne parle pas toujours français. Et dans certains régiments, les ordres sont même donnés en breton. En effet, pendant cette guerre les régiments étaient basés sur un recrutement géographique : régiment de Bretons, de Normands…

Si les hommes sont sur le front, les femmes bretonnes ne chôment pas. La Bretagne est une région agricole, les femmes doivent gérer les terres car il faut ravitailler les armées et nourrir la province. Toutes les parcelles de terrain sont bonnes à cultiver : ainsi le jardin du Thabor, à Rennes deviendra potager. Les femmes doivent aussi fournir la main d’œuvre dans les usines.

La première guerre mondiale nous est notamment connu par un auteur breton Roger Vercel (1894-1957), qui raconte dans certains de ses romans ses souvenirs de la Grande Guerre. Le plus connu encore aujourd’hui -puisqu’il a été adapté à l’écran en 1996 par B.Tavernier- est Capitaine Conan qui a reçu le prix Concourt en 1934.

Lisez cet article en anglais : Brittany and the First World War

Salon breton du livre et du gourmet à Saint Brieuc fin novembre

Ca y est !!! La gastronomie bretonne fait son entrée dans le monde de la grande cuisine française.

Rendez vous à Saint Brieuc, le dernier week end de novembre, pour vous régaler.
Voici le programme. Né en 2008, ce salon persiste et signe pour les années suivantes...
Le salon breton du livre et du gourmet propose deux soirées gala où les chefs bretons vous feront déguster leurs cuisines. Les auteurs des dernières parutions de gastronomie bretonne dédicaceront leurs ouvrages. Et la confrérie des chevaliers de la coquille Saint Jacques révélera enfin les secrets gastronomiques autour de son mollusque !!!




D’autres invités parleront sur leurs thèmes de prédilection : chefs –avec des étoiles au Michelin, s’il vous plait-, sociologues, sommeliers, et profs (Florent Quellier parle le dimanche de la cuisine française : j’ai déjà assisté à ses conférences, c’est passionnant !!!).

Et comme la profession se féminise, vous pourrez même rencontrer des chef(e)s.

Il y aura aussi des animations où on nous apprendra à cuisiner comme les grands !!!.

Le prix du gourmet breton, récompensant un livre de cuisine, sera aussi décerné lors de ce week end.

C’est au carré Rosengart, à Saint Brieuc, fin novembre de 9h30 à 19h et en plus, c’est gratuit. Profitez-en car les prochaines manifestations ne le seront sûrement plus.

Lisez cet article en anglais : First breton cook books and gastronomy fair in saint Brieuc Brittany France