Festival Natur'Armor à Dinan (Côtes d'Armor, Bretagne)


Le programme du festival Natur'Armor 2010 est en ligne....

Si vous voulez avoir une idée de l'ambiance... Lisez la suite...

Ce week end, vous pouvez aller à ce nouveau festival à Dinan. Enfin, nouveau, façon de parler car il existe depuis 2004.
Natur'Armor est un festival pour les amoureux de la nature ou les inquiets pour la planète. Il propose des conférences, des soirées débat, des ateliers pour les enfants, des balades… Des acteurs pour la préservation de la biodiversité en Bretagne (associations , organismes ou collectivités) animeront cette fête de la nature.




Le vendredi soir, d’abord, avec le film "Nos enfants nous accuseront" qui est programmé avec une soirée débat.
Le samedi et le dimanche, vous pourrez tout apprendre sur les mammifères marins bretons , les algues ou les dunes des Côtes d’Armor. Les enfants pourront se frotter à la cuisine … pour oiseaux ou à la construction d’un refuge pour les insectes. (Oui, oui, les insectes ont aussi besoin d’être protégés). Les adultes, eux pourront s’instruire, (Oui le week end, on ne fait pas relâche), avec des conférences sur la faune et la flore des Côtes d’Armor (exemple de titre alléchant : animaux et plantes extraordinaires des Côtes d’Armor). Ou plus sérieux une conférence sur la biodiversité qui met l’accent sur la disparition des animaux communs (hannetons, moineaux…) de nos régions. Vous pourrez aussi découvrir, lors de balades organisées par le festival, les oiseaux de la Rance ou le monde la forêt…

Le festival a lieu à Dinan, à la salle omnisports et au cinéma Vers le large les 30, 31 janvier et 1er février. Tout est gratuit ou presque (2 € pour certains programmes).

On aurait tort de se priver…



Recette de la confiture aux cynorrhodons d'églantier

Voilà enfin la recette avec les cynorrhodons !!! Et comme j'ai tardé, je vous propose deux recettes : celle de la confiture et celle du sirop au miel... Car tout dépend de ce qu'on veut en faire de ces vitamines C...

Mais le plus dur dans cette histoire, c'est d'éplucher le fruit. Et oui, ça se mérite le nectar de cynorrhodons !!! Surtout que je vous propose deux variantes pour les éplucher : l'une pour les paresseux (lisez le numéro 1) et l'autre (le numéro 2 ) pour les méticuleux.

Bon, tout d'abord, il vous faut...

Ingrédients pour la confiture :

- Des cynorrhodons
- Du sucre (la moitié du poids des fruits)



Le premier travail consiste à ôter les poils à gratter du fruit : pour cela deux solutions :

1 - Passer les cynorrhodons au chinois en les mouillant un peu pour récolter toute la pulpe. Mais sans mouliner trop pour ne pas se retrouver avec des poils indésirables.

2 - Ou bien les éplucher...Couper les deux extrémités et fendre le fruit en deux. Enlever les poils avec un couteau.



Quand vous avez fait ça, le plus dur est fait. Maintenant il vous reste à peser les fruits et ajouter la moitié de sucre (pour 400g de cynorrhodons, 200g de sucre) et faire cuire. Il faut obtenir un sirop épais orange...
Versez dans des pots, fermez à chaud et conservez le pot à l'envers jusqu'à dégustation.

La recette du sirop de cynorrhodons

Un "médicament maison et naturel" pour lutter contre le mal de gorge et ses inconvénients : pas d'apport chimique, de la vitamine C (je vous rappelle que le cynorrhodon en possède 20 fois plus que le citron) et du miel (car comme on le sait tous, ça adoucit la gorge !).
Faites la variante suivante avec du miel (65 de fruits pour 35 de miel). C'est un bon "médicament naturel" même si je trouve que le miel gomme la saveur du cynorrhodon.

Bon rétablissement.

Lisez cet article en anglais : Recipe for rose hips jam and rose hips syrup

Les salons du tourisme : le tourisme à Rennes et à Nantes sont en janvier ou février

Ce week end a lieu le salon du tourisme à Rennes. Situé au Parc expo près de l’aéroport de Rennes Saint Jacques, le salon a lieu du 5 au 7 février 2010.

Cette manifestation accueille plus de 400 exposants et presque 40 000 visiteurs. Il rassemble en un lieu tous les acteurs locaux du tourisme ( offices de tourisme, des comités départementaux et régionaux du tourisme, les pays touristiques de Bretagne, les cités d’art et d’histoire, les cités de caractères…) Voilà pour les institutionnels.
Tous les départements sont là avec leurs brochures et leur tourisme spécialisé... circuits, rando, gastro pour les plus classiques... Des possibilités de séjours à la carte commencent à se développer... une bonne façon de trouver ce que vous aimez admirer...

D’autres prestataires sont aussi présents : hôtels, parc de loisirs, campings, centres de thalassothérapie, agences de voyages, formations…
Vous pouvez réserver vos vacances de cet été, votre thalasso ou votre hébergement en rencontrant les professionnels de la filière…
Par contre si vous cherchez un séjour original, c’est plus dur à trouver car l’offre de cette foire touristique reste très classique.
Et si vous avez envie de quitter notre Bretagne, il y a bien évidemment des professionnels du tourisme français ou étranger. Comme tous les ans il y a une région et un pays invités : cette année, la région est celle de Saumur et le pays est Chypre. Le salon est ouvert de 10h à 18 heures du vendredi au dimanche.

Si vous ratez celui de Rennes, il y a le salon du tourisme de Nantes d'habitude en février, mais cette année du 22 au 24 janvier 2010, au parc de la Beaujoire. C’est le même principe : 3 jours un week end avec des professionnels du tourisme… Ici les pays de Loire sont plus représentés. Mais paradoxalement, même si Nantes est une ville plus importante, le nombre de visiteurs et d’exposants sont à peu près les mêmes. Mêmes horaires : 10h 18h du vendredi au dimanche. Et même pays invité : Chypre. Par contre la région, c'est la Dordogne.

Le tombeau de Saint Lénard (Léonard) à Andouillé Neuville (RN 175) sur la route de Rennes au Mont Saint Michel

En Bretagne, les Saints ont une importance particulière. De nombreux saints sont « bretons », je m'explique : ils sont connus dans la région parce que ce sont des personnes qui sont soit originaires de Bretagne, ou qui ont fait quelque chose de remarquable en Bretagne et sont vénérés comme tels par la population.

Par contre, leur réputation ne dépasse pas forcément la Bretagne et souvent l’église ne les reconnaît pas.

Saint Lénard ou Léonard du pays d’Aubigné est l’un d’eux. Son tombeau est situé sur la commune d’Andouillé Neuville, en bord de route (sur l’ancienne route menant de Rennes au Mont Saint Michel RN 175) et est encore très fréquenté.

Allée d'arbres menant au tombeau de Saint Lénard


L'ensemble votif (qui commémore l'accomplissement d'un voeu) du tombeau de saint Lénard est constitué par une allée plantée d'arbres menant à une croix de granite placée au-dessus de deux marches. Celle-ci porte l'inscription : "CROIX / DE / St LEONARD / AVRIL 1867". Le site est orné de multiples ex-voto (un ex-voto est un objet déposé dans un lieu saint portant une formule de reconnaissance en remerciement d'un voeu ou d'une grâce obtenue). (site de l’inventaire général du patrimoine culturel)

Arbre à d'ex-voto


La légende rappelée dans l’allée menant au tombeau l'a fait dater d’au moins de 1580 puisqu’alors une chapelle dans le bois de Borne (commune de Gahard) lui était dédiée. Elle n’existe plus aujourd’hui mais le tombeau du Saint, aujourd’hui en bord de route, est toujours visité.


la légende du saint


Le site du pays d’Aubigné rappelle la légende plus précisément mais la situe au XIXè siècle : avant la construction du tombeau.

Au milieu du siècle dernier, vivait dans une petite maison entre Sens et St Aubin, un homme qui s'appelait Léonard.C'était un mauvais garçon qui ne se plaisait qu'à imaginer de méchants tours qu'il faisait endurer à ses voisins.
Il se plaisait surtout à faire jurer les charretiers qui, à cette époque, y étaient encore plus disposés qu'aujourd'hui; les plus belles voies de ces temps reculés ressemblaient assez à nos chemins de traverse, et le moindre charroi exigeait un grand nombre de chevaux. Léonard mettait de grosses pierres sur les routes pour faire buter les attelages, et il creusait de profondes ornières dont on ne retirait les charrettes qu'au prix des plus grands efforts.


Tombeau de Saint Léonard


Quand les charretiers juraient en fouettant leurs chevaux, et qu'ils mouillaient leur chemise en s'efforçant de relever les voitures versées ou de faire avancer celles qui étaient embourbées, ils entendaient rire dans le champ voisin : c'était Léonard qui s'était caché derrière les arbres pour voir la déconvenue de ses victimes et jouir du succès de ses méchantes ruses.
Aussi, il était craint et haï de tous; sa méchanceté était devenue proverbiale, et les routiers qui parcouraient la Bretagne avaient coutume de frapper leurs chevaux rétifs en leur adressant le nom de Léonard comme une suprême injure.
Un jour qu'il se promenait dans le bois de Borne, il prit une pomme dans un pommier sauvage, et bien qu'il eut soif, il la trouva si amère qu'il la rejeta loin de lui; puis il en cueillit une autre qu'il plaça entre les branches d'un chêne pour voir si elle deviendrait meilleure en mûrissant.
Quelque temps après, il repassa auprès du chêne et goûta la pomme qu'il trouva juteuse et agréable.
- Ah ! mon Dieu, dit-il, tout s'amende dans la nature, il n'y a que moi qui ne deviens pas meilleur...Désormais, je ne veux plus faire que du bien.
Comme il prenait cette résolution, il aperçut des charretiers dont le chariot était embourbé, et il alla de leur côté pour les aider. Mais, un des charretiers qui avait eu à souffrir des malices de Léonard et ignorait sa conversion, crut qu'il venait encore pour jouer quelque mauvais tour et il dit :
- Ah ! voici ce méchant Léonard, mais il va payer aujourd'hui tout le mal qu'il m'a fait !
Et, saisissant un gros morceau de bois qui était dans sa charrette, il frappa Léonard à la tête et le tua raide.


details-de-dons-a-st-lenard.jpg


Ensuite, il l'enterra sur la lande où il était tombé et mit sur la fosse une grosse pierre.

Cependant, au bout de quelques temps, le bruit se répandit que Léonard était mort en odeur de sainteté et qu'il faisait des miracles.
Ce fut le peuple qui, sans aucune assistance de Rome, se chargea de la canonisation de Saint Léonard et son tombeau devint un lieu de pèlerinage où l'on venait implorer la guérison des malades.

Toutefois, il y a des gens qui sont sceptiques à l'endroit de la béatification de Léonard, et l'on raconte qu'un cantonnier, passant devant le champ où Léonard avait été inhumé, prononça ces paroles peu respectueuses :
Saint Léonard,Si tu as du pouvoir, Fais-le voir, Fais-moi tortillard !
Dès la nuit suivante, il fut pris de douleurs rhumatismales et devint boiteux. Il fit alors le voeu; s'il obtenait sa guérison, de bâtir un tombeau au saint dont il avait mis la puissance en doute; et son rhumatisme ayant cessé peu après, il accomplit sa promesse.
Ce fait, connu dans le pays, contribua à affermir la réputation de Saint Léonard, et, bien que l'église ne l'eût pas béatifié, il allait plus de monde à son tombeau qu'à la chapelle de Saint Pair, à la Bouexière, et qu'à tous les endroits miraculants des environs.

Tous les ans, malgré l'opposition des prêtres qui défendent d'aller en pèlerinage à la tombe de ce saint non estampillé, une assemblée a lieu le vendredi saint sur la lande près de laquelle Léonard est enterré.


Le tombeau actuel a été construit en 1867 si l’on en croit la date gravée sur la croix du tombeau. Le site du pays d’Aubigné précise qu’il existait un pèlerinage jusque dans les années 70 le Vendredi Saint. Les dons récoltés servaient à acheter du pain pour les pauvres. Aujourd’hui le site est encore très fréquenté. De nombreux ex-voto liés aux maladies semblent faire de Saint Léonard un Saint guérisseur.

Un nounours comme offrande


Saint Léonard est un saint connu en Bretagne et il est le patron de la ville de Fougères.




Lisez cet article en anglais : The grave of Saint Lénard

Bande dessinée en Bretagne : l'épervier de Patrice Pellerin

Vous passez vos vacances en Bretagne. Dans certains lieux d'hébergement, on vous propose des livres et notamment des bandes dessinées se passant dans votre lieu de villégiature. Relaxez-vous et détendez-vous en lisant une bonne BD dessinée par un Brestois et se passant dans le Finistère...

L'intégrale de Pellerin


L'intégrale de l'épervier rassemble 6 tomes des aventures de la vie de Yann de Kermeur, chevalier breton vivant il y a près de 3 siècles.

Le corsaire du roi


L'intrigue est classique : le chevalier est accusé, à tort, de meurtre et doit prouver son innocence. Le corsaire du roi nous balade en Bretagne - dans des lieux connus (Brest, Camaret...), et en Guyane où une partie de l'histoire se déroule. Et puis ça sent la mer, les marins et les aventures liés à la Marine du Roi.

L'auteur Patrice Pellerin est breton, il est né à Brest. Il est notamment illustrateur de livres historiques et ça se voit !!!

Dessins de Pellerin


Dans cette BD, Pellerin se documente précisément pour illustrer son histoire - il travaille par exemple avec des spécialistes : archéologue, archéologue marin et maquettiste marin pour dessiner ses bateaux. Les dessins sont réalistes et l'histoire palpitante...

Couverture de l'épervier


Bonne lecture.

Et si vous voulez faire un cadeau... c'est pas mal non plus...

Recette de poisson au four sauce moutarde aux algues

Voilà une recette simple et rapide... avec de la moutarde aux algues ... bretonnes...

Ingrédients :

Filets de poisson

Pour la sauce:

- moutarde aux algues (ou simple si vous n'avez pas de moutarde bretonne sous la main !!!)
- crème fraîche (la crème allégée marche aussi mais il faut qu'elle soit épaisse)
- sel, poivre

Un four

Temps de préparation : 5 minutes
Temps de cuisson : 20 minutes , four à 7

Mélanger à dose égale votre moutarde aux algues et la crème fraiche épaisse. Beurrez généreusement vos filets avec votre sauce. Salez, poivrez. C'est tout... 20 minutes au four et c'est prêt.

Lisez cet article en anglais : Recipe of fish fillets and algae mustard sauce

Promenade dans les ruines du château de Léhon (Côtes d’Armor, Bretagne)

Si vous avez décidé de passer le week end à Dinan, poussez jusqu'à Léhon, vous ne le regretterez pas. D'abord pour une visite gratuite du patrimoine local et ensuite parce que vous pouvez aussi profiter d'une piscine en plein air (02.96.39.21.00), ouverte toute l'année dans un site merveilleux.

Depuis l’été 2006, le château féodal de Léhon vous accueille toute l’année le week-end de 10h à 19h, (même hors saison).

Situé sur un promontoire rocheux, il a été restauré, il y a quelques années, par les Monuments Historiques et permet de découvrir un beau panorama sur Dinan, la vallée de la Rance et la campagne environnante.

Vue sur le village de Léhon


Vue du château de Léhon



Les ruines, que l’on voit aujourd’hui, datent pour certaines du XIIIè siècle. Mais laissons parler ces vestiges…

Il y a quelques années encore, le château était caché par les ronces… La butte a été débroussaillée, un chemin a été aménagé, les ruines ont été consolidées. Des travaux de restauration ont été réalisés entre 2004 et 2006. Ils n’ont pas cherché à reconstituer un état antérieur inconnu mais à consolider les ruines afin d’éviter la dégradation totale des maçonneries par la végétation. Le site constitue une réserve archéologique pour l’avenir explique un des panneaux sur le site. A terme, les archéologues vont pouvoir y mettre leur nez, ou plutôt leurs pioches et leurs petits balais.

Revenons sur l’histoire du château-fort.

Plan du château


Comme on l’a déjà vu, l’installation à Léhon n’est pas du au hasard. Le gué sur la Rance, le monastère bénédictin et bientôt les seigneurs de Dinan installent un château et tout près une foire. Ce château situé sur une motte sert à défendre un espace, la vallée de la Rance et participe aux épisodes guerriers du Duché de Bretagne : conflits avec les Anglais, les Français ou au sein même de la succession bretonne.


château de Léhon


L’architecture de la forteresse a évolué au cours des siècles et s’est adaptée à l’évolution des techniques de guerre et à la transformation des armes.

Ce château passe donc d’un édifice en bois à une construction en pierres qui évolue encore avec l’arrivée des armes à feu et des canons. Il y aurait eu un château en bois autour de l’an Mil. L'évêché d’Aleth (Saint Malo) est divisé en plusieurs seigneuries et le vicomte de Dol hérite de celle de Léhon où il installe sa capitale. La forteresse est détruite à plusieurs reprises au XIè siècle lors de conflits entre rivaux du Duché de Bretagne. Et le site est rasé fin XIIè suite au traité de paix entre la France et l’Angleterre.
Le plan que l’on voit aujourd’hui date du XIIIe : une enceinte avec des tours qui épouse le promontoire rocheux. Les tours sont rondes ou en fer à cheval -l'ovale du fer à cheval permet de mieux défendre l'espace-.

Tour en fer à cheval du château de Léhon


Un donjon contrôle la partie la plus exposée aux machines de guerre.
L’architecture évolue avec la Guerre de succession du Duché de Bretagne (1341-1381). Le château est assiégé et lors des affrontements, des courtines (les murs qui relient les tours) sont détruites.
Les postes de tirs de l’époque sont des archères – on n’a pas encore prévu les armes à feu. Les meurtrières … sont des ouvertures qui s’évasent vers l’intérieur pour permettre à l’archer de viser l’ennemi sans s’exposer. La disposition en quinconce sur plusieurs étages permettait de surveiller la totalité des abords de chaque tour. D'autres éclaircissements sont à lire sur le site.

archère du chateau


Les armes à feu apparaissent au XVè siècle et l’architecture s’adapte aux coups de canon destructifs. Le château consolide et remonte ses murs (la base est solidifiée pour mieux résister aux canons), les meurtrières sont agrandies pour pouvoir de l’intérieur répondre en utilisant les nouvelles armes, les canons.

tours et enceintes de Léhon


Mais il ne servira plus beaucoup parce que … le duché est en paix, il fait partie de la France et on ne se bat plus contre les Anglais dans l’intérieur de la Bretagne. Les sites sont fortifiés, par contre, sur les côtes et sur les frontières du royaume de France.

La forteresse tombe en ruine dès la fin du XVè siècle et elle servira bientôt de carrière de pierres aux moines pour agrandir l’abbaye de Léhon au XVIIè siècle.

A l'intérieur, une chapelle est dédiée à Saint Joseph.

Panneau explicatif du site de Léhon


Chapelle Saint Joseph


Des panneaux expliquent l’histoire du château et des fortifications.

Nominoë rencontre les moines de Léhon

Explications sur le site du château


Finissez la balade en errant dans Léhon, ce sympathique petit village de granit au pied du château.

Maison du village de Léhon


Petite cité d'Art et d'Histoire


Lisez cet article en anglais : Touring through the remains of Léhon

Balade à l’abbaye de Léhon dans une petite cité de caractère des Côtes d’Armor (Bretagne)

A Léhon, vous allez faire un saut dans le temps (en arrière le saut) et vous voilà devant un prieuré bénédictin avec l’abbaye Saint Magloire, le cloître, le réfectoire et le dortoir des moines.

Prieuré de Lehon


La première abbaye Saint Magloire daterait de 850. Nominoë , premier roi de Bretagne, aurait offert la terre et l‘argent aux moines pour qu’ils s’y installent. L’emplacement du prieuré n’est pas le fruit du hasard. Il se situe le long de la rance, près d'un passage de gué, qui date de l’époque romaine.

Comme souvent à l’époque, c’est en bois qu’est construit le premier édifice - il n’en reste rien …

Le bâtiment est dédié à Saint Magloire, saint breton d’Outre Manche de la fin du VIè siècle. Il a été évêque de Dol, l’un des neuf évêchés bretons et s’est retiré à Sark (Ile anglo-normande) pour mener une vie monastique, après la révélation d’un Ange.
Les reliques du saint sont ramenées pour fonder l’abbaye qui, cette fois, est construite en pierre. L’abbaye est détruite pendant les invasions normandes (Xè) et les moines fuient à Paris. Ce n’est qu’au XIè siècle que les religieux reviennent.

porche de Léhon


L’église actuelle est constituée de bâtis de différentes époques.
Voyons un peu : des pierres du XIè siècle, "récupérées de Corseul à quelques dizaines de kilomètres" (Petite parenthèse : on récupérait beaucoup à l'époque parce que cela coûtait cher de construire en pierres !). Et pourquoi à Corseul ? (j’ouvre une autre parenthèse : Corseul était un centre administratif et religieux très important sous les Romains et abritait entre 5000 et 8000 habitants… (3e parenthèse et c'est la dernière, l'importance des vestiges du temple de Mars -édifice religieux gallo-romain- en attestent encore aujourd’hui). Il y avait des pierres à foison dans cette cité qui a servi de carrière à la région.

Les fondations datent du XIIè et XIIIè -la façade romane de la fin du XIIè siècle-

façade romane de l'abbaye de Léhon


.

L’abbaye est un rectangle et on y ajoute au XIVè et XVè la chapelle Beaumanoir. Chaque siècle y ajoute sa marque. Bref, comme toute construction ancienne, c’est un beau mélange de morceaux d’histoire.

A l’intérieur, une chapelle sépulcrale abrite les tombeaux des seigneurs de Dinan, les Beaumanoir.

gisant de Beaumanoir


Les chapelles pouvaient appartenir à des familles illustres et recevoir leurs sépultures. Ce sont les fameux gisants qui, par une statue, représente la personne défunte.

tombeau des seigneurs de Dinan


Les gisants de la chapelle datent du XIV et XVè siècle.

Le bénitier orné de têtes sculptées date du XIIIè et XIVè. Il servait pour les fonts baptismaux : le bassin était plein d’eau bénite et on y plongeait les bébés pour les baptêmes.

fonts baptismaux de Léhon



Accolé à l’église, un portail du XVè siècle

portail de Léhon


mène au cloître à piliers carrés du XVIIè siècle.

cloître de Léhon


Ce déambulatoire servait de passage pour aller d’un bâtiment à un autre. La galerie de colonnes s’ouvre sur une cour jardin.

piliers carrés du cloître de Léhon


Au nord du cloître se trouve le réfectoire de Léhon, datant du XIIIè siècle. Il est le seul réfectoire médiéval bien conservé en Bretagne avec celui du monastère de Beauport à Paimpol. C’est un bel exemple de gothique flamboyant représenté par ses grandes ouvertures à vitraux qui donnent sur la Rance. Le bâtiment a été remanié au XVIIè et restauré entre 1987 et 1991.

réfectoire de Léhon et ses grandes baies gothiques


Les dortoirs datent aussi du XVIIè.

Mais la période faste touche à sa fin. Louis XV (XVIIIè siècle) demande aux moines de quitter l’abbaye. Peu après, pendant la Révolution Française, le monastère est vendu comme bien d’état. Des particuliers l’achètent en 1792 et y habitent pendant une trentaine d’années. L’abbaye deviendra tour à tour brasserie, manufacture de toiles, filature… et salle de classe pour jeunes filles.

prieuré de Léhon


L’édifice menaçait ruine au XIXè siècle et bientôt la mairie de Léhon souhaite restaurer le batiment pour en faire l’église du village. A la fin du XIXè, les travaux commencent. Le culte a été rétabli en 1897. Les bâtiments conventuels appartiennent aujourd’hui à la commune et sont inscrits comme Monument Historique.

Un musée permet de voir les chapiteaux du cloître du XIIè, une cellule de moine reconstituée et des expositions.

Comme pour la plupart des monastères, ce sont les Bénédictins qui géraient le prieuré. La vie monastique mêlait travail (agricole, manuel, copie de manuscrits…) et prière (étude et méditation des textes religieux). Le premier couvent bénédictin est établi par Benoît de Nursie en 529 en Italie. C’est par un livre de 73 chapitres que les règles de Saint Benoit vont être diffusées rapidement en Europe. L’ordre bénédictin est né et ensuite de nombreuses variantes et d’autres congrégations vont se succéder. En Bretagne, c’est Landevennec qui est le premier établissement bénédictin et qui essaime ensuite dans la région.

Chaque prieuré bénédictin est autonome. L’abbaye où les moines vivent en communauté – on en a ici une idée avec la taille du réféctoire ou des dortoirs -à l'étage-,

dortoir de Léhon


est dirigée par un abbé, élu à vie par les moines et assisté par un conseil de moines consulté pour les affaires importantes. L’abbé a une autorité absolue sur les moines, une grande liberté d’action au sein de son monastère mais doit respecter la règle.

Au XIIè siècle, le monastère de Léhon est prospère grâce à de nombreuses possessions dans les régions de Saint-Malo, Dol, Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Pol, Avranches et jusqu´en Angleterre.
Ces moines ont le crâne rasé et portent le scapulaire (grand pan d’étoffe passé par la tête et descendant jusqu’aux pieds, avec, parfois, pour les hommes, un capuchon).

Comme le site est ouvert toute l’année, on peut faire la balade à n’importe quelle saison… Des panneaux explicatifs jalonnent les bâtiments .

plan du site de Léhon


Par contre, pour visiter les dortoirs, le réfectoire et le musée, consultez les horaires

Lisez cet article en anglais : Wandering through the priory of Léhon in a small historic town of Brittany (France)

Sources : Dictionnaire guide du Patrimoine, Monum, Editions du patrimoine, Encyclopédie universalis, http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp

Balade de Dinan à Léhon par le canal d'Ille et Rance (Bretagne, France)

Vous voulez prendre l’air à Dinan ? Mais vous ne voulez pas vous épuiser à monter le Jerzual (la rue du Jerzual est LA rue à visiter à Dinan)… Longez le canal d’Ille et Rance, c’est pas mal non plus...

En bas du Jerzual, au port de Dinan, passez le petit pont de pierre et longez le chemin rive gauche. Après une petite demi-heure, vous apercevrez les jardins de l’abbaye de Léhon et une partie des bâtiments conventuels (religieux, quoi !).

jardins et bâtiments conventuels de Léhon


Ils savaient choisir des endroits bien agréables, ces moines…

les baies gothiques du réfectoire de Léhon


Admirez le pont en pierre de Léhon. Depuis toujours, les hommes ont cherché à traverser les rivières et pour cela il fallait des lieux propices au passage à gué. Ce gué servait déjà lorsque la voie romaine Rennes Corseul était utilisée.

Plus tard ce sont les moines, au Xè siècle, qui font évoluer les choses : un pont … en bois est construit. Mais la Rance n’est pas canalisée et elle est toujours bien sauvage. Alors vous imaginez le travail lors des crues… Adieu petit pont de bois, bonjour la reconstruction… Le pont est bien souvent dans l’eau…

Ce n’est qu’entre le XVè et le XVIè siècle que l’on pense à une construction en dur, en pierres. Mais la Rance -toujours pas maîtrisée- continue d’attaquer le pont qui l’enjambe.

pont de Léhon


Par période, le pont est en piteux état… surtout qu’on en fait sauter l’arche centrale –il en avait quatre alors- pour empêcher les armées royales d’atteindre Dinan en 1799

L’arche manquante sera remplacée par une passerelle en bois, puis au XIXè siècle en métal qui permet aux bateaux de passer.

En 1832, la Rance est canalisée et un important trafic de marchandises de Saint Malo à Rennes se met en place. Le chemin de halage (c'est le chemin par lequel vous êtes arrivé) permet aux chevaux de haler les bateaux pour les remonter jusqu'à Rennes. Dans l'autre sens, le courant les ramenaient jusqu'au port de Saint Malo.

Le pont, que l’on voit aujourd’hui, est construit en 1925. Il n’a qu’une seule arche pour laisser passer les chalands (bateau plat destiné au transport fluvial) sur le canal.

arches du pont de Léhon


Mais l’histoire du petit pont de Léhon connaît encore des rebondissements : cette fois ci, c’est pour empêcher l’avancée des Alliés, que les Allemands détruisent l’arche centrale. Elle ne sera remontée qu’en 1946.

rue piétonne de Léhon


Maintenant que vous êtes sûr de la solidité du pont, que la Rance est canalisée et qu’il n’y a pas de troupes à l’horizon, allez faire un tour sur l’autre rive… dans la petite cité de caractère de Léhon...

Lisez cet article en anglais : Walking along the canal d'Ille et Rance to a picturesque village of Léhon (Brittany, France)