Besoin d'une visite guidée à Barnenez ? Faisons le point ensemble :
- Barnenez est une construction qui date du néolithique ?
- Obélix s'en est servi comme carrière de pierres ?
- Il y avait plusieurs cairns sur le site actuel ?
- Le tumulus fait plus de 100 mètres de long ?
- C'est l'ancêtre de la voute en pierre ?
- Barnenez est la tombe d'une femme préhistorique ?
Vous voulez les réponses ?
Le cairn de
Barnenez est sur un des bouts du monde de la Bretagne, une presqu’île du Finistère, à
Plouezoc'h… Ce
Parthénon de la préhistoire (comme l'a appelé Malraux) revient de loin, de très loin même… puisqu’il a failli être arasé en
1954. On n'en admire plus qu'un unique exemplaire aujourd'hui parce que cette énorme construction néolithique de plus de
72 mètres de long n’était pas seule, mais accompagné d’un autre monument.
Qui a disparu. Il a servi de
carrière de pierres et celui que l'on peut encore voir aujourd’hui, devait subir le même sort quand, in extremis, les représentants de la culture de l’époque (le ministère de la culture n’existe pas) l’ont protégé et sauvé du démantèlement.
Pourtant la butte est signalée dès le
XVIIIè siècle sur les cartes et bientôt sur les guides mais on ne devine pas encore
l’importance du site…
En 1807 le tumulus est cité dans le cadastre napoléonien, puis en 1850 lors d'une réunion scientifique par le maire de la commune de Plouezoc'h. Ces signalements ne suffiront pas à protéger le monument, qui sera la proie d'un entrepreneur au cours du XXe siècle. Se servant d'un premier cairn comme de carrière de pierre, il sera stoppé de justesse en 1955 par les autorités au moment de se servir du second. À ce moment, et en urgence, le cairn restant sera classé à la demande de Pierre-Roland Giot (Directeur des antiquités historiques de Bretagne). Ce sera aussi le déclenchement des premières fouilles sur le site.
En arrivant le site, on découvre l'importance du
tumulus (structure qui recouvre une tombe).
Le grand
cairn (amoncellement de pierres) est constitué de
deux parties d’époques différentes et abrite
11 chambres funéraires (
dolmens à couloir) donnant toutes sur le côté
sud est.
Construit entre
5000 et 4000 ans avant JC, avec quelques siècles de différences entre l’édification du premier et du second cairn, il a été fréquenté pendant plusieurs dizaines de siècles, même après le Néolithique : certains objets retrouvés dateraient du Moyen Age.
Le
premier cairn (le plus vieux et le plus proche de l’entrée) est constitué des pierres affleurant autour du site :
2000 mètres cubes soit
quelque 4000 tonnes de matériaux. .. On a pu estimer que les rassembler à la main nécessiterait 10 000 à 12 000 journées de travail (… une dizaine d’ouvriers durant 3 ou 4 ans). Subvenir à la nourriture d’une telle équipe –ou de son équivalent à temps partiel travaillant, par exemple, en morte saison agricole – devait malgré tout rester à la portée d’un groupe de quelques centaines de personnes… (*)
L’ensemble du cairn est constitué d’un amoncellement de
pierres sèches (pierres qui sont empilées les unes sur les autres sans mortier) jusqu’à une hauteur de
plus de 8 mètres …
Le
second cairn (qui est collé au premier, mais il faut être un spécialiste pour trouver le début ou la fin du premier ou du second !) est encore plus monumental :
deux fois plus important en volume (*). Et les pierres utilisées ont été transportées de sites alentour (1 km de distance). On estime le travail nécessaire
4 à 5 fois supérieur (*).
A ces pierres sont associées, pour certains éléments de la structure, des dalles de plusieurs dizaines de tonnes qu’il fallait transporter aussi jusqu’en haut de la colline…
C’est sur ce deuxième cairn que l’on peut découvrir les
chambres funéraires du monument. Au bout du tumulus, un trou (le début de la fameuse carrière) permet de découvrir les constructions de l’intérieur. Quel outil pédagogique! Surtout que chacune des chambres "
ouvertes" a sa spécificité :
L’une d’elles est une
salle mégalithique (*) (en pierres) : des dalles de pierres de plusieurs tonnes constituent les murs et le toit.
Une autre est une chambre avec,
en coupe, une
fausse coupole :
c'est une voute constituée d’un empilement de pierres où chacune d’entre elles est décalée jusqu’à la fermeture de la voute, le tout maintenu et caché par la structure.
Une autre mélange les deux architectures : dalles de pierres et coupole.
Peu de dalles sont utilisées : peut être parce que les
dalles étaient difficiles à transporter… ou encore qu’elles étaient rares ou encore parce qu’avec l’expérience, les bâtisseurs du néolithique s’étaient rendu compte qu’elles se brisaient sous le poids du tumulus. Certaines dalles de plusieurs tonnes sont "
fendues" dans le cairn.
Cette salle était fermée mais il y avait un "
hublot" qui permettait peut être d’apporter des offrandes dans la chambre.
Toutes ces chambres étaient des
tombes, individuelles (hommes ou femmes importants nous a expliqué le guide) ou collectives, auxquelles on accédait par un
couloir... (un passage symbolique entre deux mondes…).
Cette incroyable structure en pierre, ce
mausolée néolithique (*), est construit dans une presqu’île, sur une hauteur naturelle…
Le
paysage à l'époque était différent et même si le
niveau de la mer à l’époque était plus bas, le lieu n’a pas été choisi au hasard.
Les
architectes préhistoriques cherchaient sûrement à admirer la mer... ou à être vu de loin... et à dominer leur espace.
Il reste encore bien des choses à découvrir … Allez y pendant les vacances, passez un petit week end dans le Finistère et surtout profitez des 3
visites guidées par jour pour tout apprendre sur ce lieu insolite, sur les recherches de l'archéologie en Bretagne . Et sur l'architecture de la préhistoire...
Sources : *
Le grand cairn de Barnenez, Mausolée néolithique de
Charles Tanguy Le Roux et Yannick Lecerf
Lire cet article en anglais :
Neolithic tourism in Brittany (France) : 11 passage graves in the cairn of Barnenez