Les roches du diable : canoë–kayac et pêche sur l’Ellé


Les Roches du Diable sont :

- Un site naturel où le diable est enfermé ?
- Un lieu de compétitions internationales de canoë-kayak ?
- Un site où l’on pêche truites et saumons ?
- Un lieu où il vaut mieux pique niquer que plonger une tête ?
- Un beau site de randonnées ?

Oui, lesite des Roches du Diable, c’est tout ça… Un amoncellement de pierres gigantesques jetées le long de l’Ellé.

L'Ellé


La légende du site veut que Saint Guénolé (le moine qui a crée Landevennec, monastère à l’origine de l’évangélisation de la Bretagne au Vè siècle) multiplie les conversions dans la région. Et cela ne plait guère à Paolic (le diable en breton) qui lui jette des pierres quand il se promène le long de l'Ellé. Mais Saint Guénolé les écarte d’un signe de croix. Las, le saint finit par se battre avec Paolic. Le combat est tel que le diable laisse ses griffes sur un bloc de pierre.

Les griffes du diable


Mais l’évangélisateur réussit à précipiter Satan dans un trou sans fond où il est encore…

Trou du diable


C’est sûrement quand le diable se déchaîne que la rivière Ellé peut accueillir des compétitions internationales de canoë-kayak. Elles ont lieu l’hiver quand la rivière est haute. Le site est libre pour les amateurs de descente en canoë... ou de randonnées en kayak l’été.

La rivière permet aussi aux pêcheurs de truites et de saumons de s’adonner à leur passion. Si ces deux poissons étaient rares dans les rivières bretonnes il y a encore quelques années, ils sont de retour. L’influence de la marée se fait sentir jusqu’au site des Roches.

Si vous n'avez ni canoë, ni kayak, si vous n’êtes pas non plus un pêcheur, sachez qu’il ne fait pas bon être baigneur dans le coin. Le trou du diable cache des tourbillons qui vous engloutiraient. Vous pouvez par contre être randonneur ou pique-niqueur car le site enchanteur (!) s’y prête très bien…

L'ellé l'été




Lisez cet article en anglais : Rocks of the devil (Les roches du diable) : go canoeing kayaking and fishing on its river

L’Art, chemin faisant, parcours d’art contemporain à Pont-Scorff (Bretagne)

Quand on évoque Pont-Scorff, on pense tout de suite au zoo. Et pourtant… Pont-Scorff est aussi une ville d’art et culture… et elle le prouve tous les étés en mettant en place un parcours d’art contemporain.

L'art chemin faisant à Pont-Scorff


Cette petite bourgade du Morbihan propose une exposition originale d’art plastique puisque les œuvres sont disséminées dans différents sites remarquables de la commune et de sa campagne… atelier d’Estienne, combles de la maison des Princes, chaumière et ferme de Saint Urchaut, chapelles….

On se balade en découvrant le travail des artistes. Certains lieux sont très excentrés, voilà le prétexte d’une belle randonnée insolite (le circuit pédestre est fléché en vert)… et culturelle !

Balade sur le parcours d'art contemporain


On comprend mieux le titre de l’expo L’Art, chemin faisant….

Cette année, le thème Ressources Humaines se décline dans différentes œuvres d’art plastique. La brochure présente ainsi son exposition :
Que faire en temps de crise et de désillusion ? Fêter l’humain. Créer de nouvelles valeurs matérielles et immatérielles, se questionner sur le sens du laborieux et œuvrer ensemble à ce que l’individu garde une place d’honneur. La 11è édition du parcours d’art contemporain « Ressources Humaines » intégré dans un village de caractère et sa campagne environnante, invite 13 plasticiens * à approfondir le champ de l’humain tout comme celui des rapports entre art, travail et pouvoir. S’il aborde la quête d’un nouvel humanisme ou la question des ressources qui s’épuisent, … ce parcours interroge également la place et la mission de l’artiste « travailleur-rêveur » dans notre société.
*Sandra Aubry et Sébastien Bourg, Clifford Charles, Sophie Hutin, Serge Le Squer, Pedro Pereira, Julien Prévieux, Vinca Schiffmann, Véronique Ricci, Isabelle Vaillant, Sonia Winter, Oscar Yana et Gaële Flao

Certaines œuvres sont drôles : les lettres de non motivation par exemple, d’autres beaucoup moins…

Avec 17000 visiteurs l’année dernière, l’Art chemin faisant est une belle réussite. Vous êtes en vacances en Bretagne Sud… Vous savez ce qu’il vous reste à faire… Surtout que la ville héberge aussi des galeries d’art… et un zoo...



Les fraises de Plougastel : tourisme ou patrimoine gastronomique ?

Manger 5 fruits et légumes par jour qu'on nous dit...

Certes, mais entre la tomate sans goût, la pêche pas mûre et la fraise insipide... C'est pas toujours facile !
Sauf... Sauf si, dans la famille des fraises, vous choisissez celles de PlougastelLes gariguettes….

Des petits fruits longs et très « goutés » comme on dit en Bretagne...

Plougastel est depuis longtemps connue comme une terre de fraises. Là encore, c’est une histoire de climat… comme souvent pour la culture des primeurs en Bretagne. La mer régule les écarts de température et la saison dure d’avril à novembre.

Gariguettes de Plougastel


Les champs de fraises sont situés loin du bourg de Plougastel Daoulas. Au siècle dernier, les fraisiers étaient protégés par des murets. Aujourd’hui les plants se cachent sous des tunnels ou dans des serres.

C’est au XIXè siècle que la fraisiculture devient très importante, remplaçant la culture du lin qui faisait alors la fortune bretonne. Le lin servait à faire des toiles (daoulas) qui étaient exportées dans le monde entier. Mais la concurrence américaine et anglaise obligent les producteurs de cette fibre végétale à évoluer. C’est notamment la fraise sur la presqu’île qui remplacera le lin.

Les producteurs produisent à l'époque jusqu’à 25 % de la production française et cherchent des débouchés. Ils se regroupent et tentent … l’Angleterre. Ou Paris quand le chemin de fer Brest Paris s’ouvre en 1865.

Depuis la culture oscille entre des périodes fastes et moins bonnes… La concurrence est rude et il s’agit de se distinguer sur le grand marché international de la fraise.

C’est vrai que la gariguette se mérite… Elle n’est pas la moins chère des fraises mais cueillie à la main, à point et disposée délicatement dans des barquettes, elle est pleine d’odeurs et extrêmement savoureuse. Pas besoin d’y rajouter du sucre, comme elle est récoltée à maturité… Et puis si vous êtes pro développement durable, voilà une fraise produite dans le coin et qui ne voyage pas beaucoup…

Et si vous achetez des fraises bio, vous verrez peut être des fraises avec de drôles de formes : ce sont des fleurs qui ont été mal butinées par les abeilles et qui poussent « déformées »…

Fraise déformée car mal butinée


Et si l’histoire de la fraise vous passionne, sachez que dans nos contrées, la fraise des bois existe depuis toujours (au moins les Romains). C’est Amédée François Frézier qui nous a ramené une variété sud américaine et qu’il est à l’origine de sa culture importante à Plougastel.

Le site du musée de la fraise à Plougastel est plein de recettes. Un producteur de fraises propose aussi de visiter son exploitation.

Alors la fraise bretonne : une tradition ? Un patrimoine gastronomique ? Une spécialité bretonne ?

Lisez cet article en anglais : Gastronomy or heritage : the strawberries of Plougastel

Patrimoine insolite : le menhir christianisé de Saint Uzec (Saint Duzec) en Bretagne

La côte de granit rose est magnifique et ses pierres bien curieuses, je sais. Mais juste un peu dans les terres, vous pouvez découvrir une autre pierre unique et insolite du patrimoine breton.

C’est évident pour tout le monde, la Bretagne est une terre de menhirs (men en breton signifie pierre et hir levée). Et même si on ne sait pas trop quelle signification leur donner, il y en eut partout. Aujourd’hui nombreux sont ceux qui ont disparu mais on en a encore quelques uns qui valent le détour.

Si vous séjournez sur la côte, près de Pleumeur Bodou, il faut vous rendre au menhir de Saint Uzec (Saint Duzec) sur la commune de Plemeur Bodou et sa chapelle qui est en face. Parce que...

Il est impressionnant
Il fait face à une chapelle qui a un clocher mur
C'est un monument classé
Il est orné de 27 arma christi
Menhir vu de la chapelle Saint Uzec


Ce menhir est impressionnant.
Sa taille d’abord, autour de 8 mètres, au sommet d’une colline, on le voit de bien loin. On ne connaît pas sa signification en tant que pierre levée du néolithique (-5000 à –4000 avant JC) mais on se doute de celle qu’on a voulu lui donner quand elle a été ornée d’une croix, de 27 sculptures et d’une peinture qui a été effacée par le temps.

Il fait face à une chapelle qui a un clocher mur
On le voit très bien de la chapelle sur la colline d’en face : la chapelle Saint Uzec.

Chapelle de Saint Uzec à  Pleumeur Bodou


Cette église gothique de granit a été construite à la fin du XVè siècle, bien avant la transformation du menhir en croix. Son clocher est original – un clocher-mur- tout rectangulaire dans lequel il pourrait y avoir 3 cloches. Elle est consacrée à Saint Uzec (aussi Josse ou Judoc), un prince breton du VIè siècle qui ne voulait pas hériter de ses terres et de son titre et a préféré devenir ermite. Un pardon le vénère le 2è dimanche de juillet.

On dit Saint Uzec ou Saint Duzec car, en breton, -nous sommes en terre bretonnante ici- est liée à la liaison de Zant à Uek qui donne Saint-Duzec.

C'est un monument classé
En face se dresse le menhir. On devait le voir de très loin et sa caractéristique chrétienne pouvait ainsi frapper les esprits.Taille imposante, entouré d’un enclos,

Menhir christiannisé de Saint Uzec dans son enclos


surmonté d’une croix et orné de scultures symboliques, tout est là pour en faire un des plus beaux menhirs christianisés de Bretagne. Il est classé Monument Historique depuis 1889.

Il est orné de 27 arma christi
Le menhir a été transformé en 1674, dit la tradition. Et c’est comme s’il rassemblait à lui seul tous les symboles du christianisme, le tout surmonté d’une croix sculptée avec un Christ en croix. Deux calices recueillent son sang.



Les 27 sculptures sont des arma christi (instruments ou objets de la Passion). Ces images évoquaient les souffrances et le supplice du Christ, avant et pendant la crucifixion (Passion du Christ). Elles étaient fréquentes au XVIIè siècle. Et comprises par la population. Aujourd'hui, ces symboles ne sont pas clairs pour tout le monde... Une petite révision s'impose !
Le soleil et la lune symbolisent la résurrection et la mort. Une lance et un bâton ou une lance et un roseau avec une éponge (qui assouvit la soif du Christ sur la croix) évoquent l’arrestation de Jésus.
Entre les deux, l’aiguière (un vase) et une main rappellent Ponce Pilate qui l’a condamné à mort. Une femme à genoux en prière (qui suivait Jésus lors de son ascension du Mont), et, sous elle, le voile de Véronique (qui a servi à essuyer le visage du Christ). Le coq du reniement de saint Pierre est juché sur la colonne de la flagellation. Une échelle évoque la descente de croix. De chaque côté on voit les deux fouets. En dessous, et de gauche à droite, l’épée de saint Pierre qui trancha l’oreille de Malchus, le serviteur du grand prêtre, une lanterne nous mène à l’arrestation, au jardins des Oliviers, puis des tenailles et un marteau sous lesquels se trouve les deniers de Judas. Sur la dernière ligne enfin, la tunique sans couture (vêtement que la Vierge a tissé pour son fils et qui a grandi avec lui), les dés (pour tirer au sort les vétements de Jésus de Nazareth les répartir entre les soldats). les trois clous. La tête de mort est celle d’Adam : une légende, en effet, rapporte que celui-ci fut enterré sur le Golgotha (lieu de la crucifixion). Sous l’échelle, deux os croisés pourraient signifier la descente aux enfers.
Un grand panneau explicatif vous expliquera le menhir côté pile et côté face. Les sillons verticaux sont le signe de l’érosion… Il pleut en Bretagne, hein !

Erosion sur le menhir christiannisé


Sur de vielles cartes postales du siècle dernier, on distingue une peinture du Christ en croix qui a malheureusement disparu depuis. Les sculptures étaient aussi peintes.
On peut faire des randonnées dans ce coin, elles sont bien indiquées. Alors, un jour de temps maussade, partez en balade, vous ne le regretterez pas. Il existe sur la commune un autre menhir sculpté d’un croix dans le lieu dit de Saint Samson. Je ne l’ai pas trouvé. Mais si vous le croisez au gré de vos balades, faites moi signe…

Lisez cet article en anglais : Unusual heritage : Christianized standing stone at Saint Uzec in France (Brittany)

Ceux de 14 spectacle vivant et fresque historique cet été en Bretagne

Cet été, pendant le mois de juillet, les Carrefours Culturels du Couesnon organisent un spectacle vivant, Ceux de 14.
Comme toujours - ça fait plusieurs années que ça dure -, il s’agit de mettre en valeur le patrimoine local, un bout d’histoire du coin et ses habitants, tout ça à la sueur des bénévoles (un petit clin d'oeil à Jannick que je ne vois plus tellement elle est débordée...). 180 acteurs et figurants locaux participent à cette fresque historique, très réaliste (explosions, et tout et tout…).

L’association Les Carrefours Culturels du Couesnon produit, à peu près tous les 3 ans, un spectacle gigantesque - c'est un peu un Puy du Fou breton - qui prouve que le bénévolat a encore de beaux jours devant lui. Et le concept est intéressant car, à chaque nouvelle version, c’est une nouvelle commune qui organise la manifestation culturelle.

Cette année, c’est à Chauvigné qu’ont lieu les réjouissances (sur le canton d’Antrain , entre Rennes et le Mont Saint Michel). Comptez 10 € pour les enfants de 5 à 12 ans et 14 € pour les grands. Il faut réserver au 02 99 95 03 38 à partir du 1er juin de 17 à 20h.
Des conférences auront lieu avant le spectacle.
Rendez vous en juillet à 22h30 (les 10,11,12,13,17,18,23,24 et 25).

Avant d’y aller, faites donc ce petit jeuen 8 questions autour du vocabulaire de 14-18

1 - Pourquoi parle –t-on de la Grande Guerre ?
C’est un des noms qu’on a donné à la guerre de 1914-1918. C’est une grande guerre car c’est la première guerre mondiale : elle implique des nations des différents continents : les Etats Unis, le Japon, la France et ces colonies, le Commonwealth…

2 – Qu’est ce que la der des der ?
On a toujours l’impression d’être moderne et d'aller vers le progrès. Et, en 14, on le pensait aussi. Les soldats croyaient, en allant sur le front, que cette guerre serait la dernière des dernières. Et qu'elle serait courte….

3 - Pourquoi appelait-on les soldats français les poilus ?
Si Balzac (1833) utilisait le mot poilu comme une caractéristique des hommes courageux ou virils, le terme est passé dans le langage des civils pour désigner les soldats de la première guerre mondiale.
Une version populaire de la signification prétend que le surnom fut donné pendant la Grande Guerre, du fait des conditions de vie des soldats dans les tranchées. Ils laissaient pousser barbe et moustache et, de retour à l'arrière, paraissaient tous « poilus ». Cette version ne peut trouver de fondements que dans les débuts de la guerre, car dès lors que les gaz firent leur apparition, les masques à gaz bannirent la barbe des visages des soldats ainsi que du règlement militaire.
4 – On les appelait aussi les bleuets !
Nom poétique, certes mais très dangereux… Je m’explique : les soldats français étaient, au début de la guerre, habillés de chapeaux et de pantalons rouges. Or, ces couleurs, vous imaginez bien, se repéraient de loin et étaient idéales pour abattre les soldats à la mitrailleuse. L’armée française changea donc les couleurs pour un gris bleu plus discret. Le kaki sera choisi plus tard bien après la fin de la première guerre mondiale.

5 – La grosse Bertha, c’est qui ?
C’est quoi, plutôt ! C’est un canon allemand de très gros calibre qui devait être capable de percer 3 mètres de béton armé et de briser des tourelles en acier.
Et c’est qui ?
Le prénom de la fille du constructeur de canons allemands Friedrich-Alfred Krupp.

6 – Les Boches : un terme bien péjoratif mais passé dans le langage courant !
Mot très utilisé pendant la première guerre mondiale pour désigner les Allemands. Il apparaît pourtant, au milieu du XIXè siècle, et est un mélange entre caboche (tête dure) et de alboche qui voulait dire allemand.
En Bretagne, on était encore plus mesquin quand on disait : encore une que les boches n’auront pas. On parlait évidement des bouteilles de vin…

7 – Et les gueules cassées, vous connaissez ?
Ce sont les survivants mutilés de la première guerre mondiale, blessés au visage, souvent très gravement et qui n’ont pas forcément pu reprendre une vie normale après la guerre.
Marc Dugain dans son roman La chambre des officiers parle du destin et des souffrances de ces gazés de 14-18.



On en a tiré un film.
Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo évoque aussi ces atrocités.

8 – Limoger est un terme qui date de 14-18 !
C’est à Limoges que Joffre (général puis maréchal) envoyait les généraux qu’il considérait comme incapables, ville française éloignée du front.

Recette de l’artichaut à la vinaigrette

Le calendrier pour consommer ce légume va de mai à novembre.
Choisissez un bel artichaut (un camus de Bretagne) cueilli depuis peu. C’est la variété qui a les grosses têtes… Le bout de la tige doit être fraîche (et non sèche).

Camus de Bretagne


Faire cuire dans deux eaux.
Une première fois avec le couvercle ouvert pour que l’acidité s’en aille ainsi que les futures flatulences liées à ce légume. L’eau doit bouillir et recouvrir le fruit pendant 5 minutes. L’eau de cuisson sera bien verte.
Jetez la et refaites cuire dans une deuxième eau 15 à 30 minutes selon la grosseur de la tête. Pour savoir s’il est cuit, détachez une feuille et essayez de manger la chair. Si elle est tendre, c’est bon.

Effeuillez la tête jusqu’au cœur et la déguster. Si la tige était fraîche, vous pouvez aussi la consommer après l’avoir épluchée. Egouttez et laissez refroidir.

Faire votre vinaigrette : 3 cuillères à soupe d’huile, 1 de vinaigre et une cuillère à café très généreuse de moutarde.

Quand l’artichaut est froid, dégustez avec votre vinaigrette.
Attention l’artichaut s’oxyde rapidement, une fois cuit, il faut le manger dans la journée.

Lisez cet article en anglais : Recipe for a french kitchen : artichoke with vinaigrette


L’artichaut de Bretagne

C’est la pleine saison des artichauts. Le calendrier pour les manger va de mai à novembre, la plante va donner plusieurs capitules (c’est le nom savant de ce que l’on mange).

L’artichaut est un chardon domestiqué… Si vous l’avez vu en fleur,

Fleur d'artichaut


elle ressemble à celle du chardon toute bleue violette et elle sent très bon… La plante est presque un buisson, qui peut atteindre 2 mètres de haut et qui fournit plusieurs artichauts.

Cinq têtes sur un pied


Plante bisannuelle ou même trisannuelle (elle donne 2 à 3 ans), sa reproduction se fait le plus souvent par œilleton… Un petit artichaut, un rejet, qui pousse à côté du grand et qu’il faut replanter en lui coupant les feuilles.

Rejet d'artichaut replanté


Son nom vient de l’italien qui l’a lui même repris de l’arabe. On l’a dit la plante est méditerranéenne. Connue en Italie dès le IX è siècle, c’est le mariage du roi Henri II avec une Italienne Catherine de Médicis (1533) qui va le populariser en France.
Ca a du bon les mariages, ou les rois… ou les deux…

L’artichaut est pourtant une plante méditerranéenne à l’origine mais elle se plait en Bretagne, sur la côte nord, la fameuse ceinture dorée autour de Roscoff … Pas étonnant car la zone est une zone de primeurs et connaît peu de variations de températures.

Champ d'artichauts à Roscoff


C’est une culture récente en Bretagne, début du XIXè introduite par un agronome parisien… Le camus de Bretagne est très vite devenu l’artichaut préféré des Français (le petit violet, l’artichaut du sud a moins de succès). La région Bretagne en produit plus des trois quart en France. C’est l’espèce la plus grosse (2 à 3 têtes par kilo), celle que l’on mange épluché.

D’ailleurs, depuis 2000, Prince de Bretagne, le grand producteur de primeurs bretons s’affiche au gré des champs et propose une route touristique des légumes. On voit les panneaux sur la route… et puis rien…

En Italie ou en Espagne, on mange des variétés plus petites souvent entières, conservées dans l’huile.
Le Pérou a fait une entrée remarquée dans la production d’artichauts puisqu’il est devenu en quelques années l’un des grands exportateurs de la variété conservée dans l’huile.

L'artichaut sert à faire une liqueur le Cynar dans la péninsule italienne et au Viet Nam ce sont ses feuilles qu’on utilise en thé. Le foin que l’on trouve dans les cœurs peut servir à cailler le lait.
Et pour finir, vous connaissez le fameux : avoir un coeur d'artichaut...

Lisez cet article en anglais : Artichoke : a French speciality from Brittany

Recette de crêpes à la fleur de sureau

Une petite connotation printanière… La fleur de sureau donne un très léger goût sucré aux crêpes. La saison des fleurs de sureau passe vite (un gros mois de mai) alors dépêchons…

Il vous faut deux à trois grosses grappes de fleurs que vous allez égrener dans la pâte.

Ingrédients

250 g de farine
500 ml de lait (soit la double de farine)
250 ml de bière (soit la même quantité de farine)
6 œufs
Une pincée de sel
Un bouchon de l’alcool de votre choix

Une petite poêle (c'est meilleur dans une taille blinis...) Un petit temps de repos

Une fois la pâte reposée, égrenez les fleurs dans la pâte.
Faites chauffer votre poêle. Avec un sopalin huilé, graissez la poêle et réutilisez à chaque nouvelle crêpe. Versez une louche de pâte. Quand les bords noircissent et se décollent, retournez la. Laissez cuire une petite minute.
Déposez dans une assiette, saupoudrez de sucre (qui va fondre avec la chaleur) et rajouter ainsi de suite vos crêpes.

Lire cet article en anglais :Recipe for pancakes with elderberry flowers

L’expo de Yann Arthus Bertrand : 6 milliards d’autres à Rennes (Champs Libres).

Yann Arthus Bertrand, pas besoin de le présenter, le photographe écolo à la moustache… Avec un prénom pareil, il pouvait presque faire parti du patrimoine breton. Mais non, c’est un bon Parisien.

Bon, commençons par le plus de l'exposition :

Le thème, on l’a compris, ce sont les hommes. Après la terre vue du ciel, ce sont 6 milliards d’individus qui se regardent. 5000 interviews dans 75 pays et 40 réponses à 40 questions. Et chacun y va de sa singularité.

6 milliards d'Autres


C’est banal à dire mais c’est parfois très étonnant de comparer les réactions des gens à des thèmes tels que la violence, l’amour, les croyances, le bonheur

Pour l’un, c’est la naissance de son fils qui est l’Evènement de sa vie, pour l’autre l’espoir du procès de Pol pot, pour une troisième le bonheur (bonne heur comme dit une Allemande) se résume à plein de choses, à une mangue par exemple. Un autre ne supporte pas les gens qui se répètent. Ou que sa femme fasse mal la cuisine. Une survivante d'un crash aérien qui aime la vie…
Vous pouvez aussi laisser votre témoignage, le but étant d’en récolter …. 6 milliards d’autres… L’humanité quoi !!!

L’expo a d’abord été présentée au Grand Palais à Paris et, comme la salle d’exposition des Champs Libres est plus modeste, il a fallu s’adapter… La solution a été de changer les thèmes exposés dans les 3 yourtes tous les 10 jours.
Bref, l’expo se renouvelle et on peut y aller plusieurs fois à condition d’attendre 10 jours entre les visites… Et puis il faut en profiter car, après Paris et Rennes, l’expo quitte la France pour New York. On est des privilégiés quand même…

Et le moins !
On ne sait pas qui ou comment on a choisi les 40 questions.... et leurs thèmes. Ni comment s'est fait le "recrutement" des interviewés. Spontané ou trié ? Et pour quoi faire ? C'est un peu gênant de voir une expo qui manque de transparence... Bref, n'importe quel sociologue un peu sérieux s'arracherait les cheveux.

Dommage aussi qu'on est à payer 4 euros (ça ne les vaut pas) même si c'est sympathique... La gratuité aurait été plus en adéquation avec la philosophie du projet. Surtout que, comme le montre cet extrait du journal Le Monde :
... le projet phare de GoodPlanet (association de Y.A. Bertrand) depuis deux ans est "6 milliards d'autres" : filmer à travers le monde 5 000 personnes qui parlent de leur vie et de leurs espoirs. Là encore, les télévisions ont refusé. Yann Arthus-Bertrand a rebondi : "Il a convaincu la BNP [...] La banque a donné 5 millions d'euros : 2 millions pour les tournages dans 70 pays ; 3 millions pour monter l'exposition, en janvier, au Grand Palais. Elle est jusqu'en août à Rennes, en version allégée - la ville a payé 200 000 euros. "Nous sommes en contact avec toutes les métropoles régionales [...] Toujours la même recette : expositions gratuites, financées par des sponsors ou des villes, et un livre, déjà vendu à 50 000 exemplaires.
C'est quand même un bon coup marketing ... pour Yann, avec un message sympa, certes, mais pas très lisible...



Ouvert tous les jours sauf le lundi et le dimanche jusqu’à fin août.

Lisez cet article en anglais : The exhibition of Yann Arthus Bertrand : 6 billion others

Les fleurs de l’églantier : les cynorrhodons du futur

L’églantier, c’est ce petit arbuste à épines (2 à 3 mètres quand même) qu’on trouve dans nos vieilles haies, le long des routes, à la campagne et parfois même dans nos jardins. Il peuple d'un peu de couleur, notre nature si triste, l'hiver.

Si j’en parle, c’est parce que si vous voulez, cet hiver, faire des confitures de cynorrhodons (une bombe en vitamines C, vous vous rappelez !), apprenez déjà à reconnaître son « géniteur » en repérant ses fleurs…5 pétales blanc rosé …toutes fines et délicates.

Fleur d'égantier


L'églantier est aussi appelé rosier sauvage. Ca d'accord. Mais encore rosier des chiens, là c'est plus compliqué. Ce la vient de sa réputation : on dit que sa racine pouvait soigner la rage. Et c’est aussi cela qui explique le nom si « facile » à retenir de ses baies : le cynorhodon

Rosa canina


facile à écrire, car il peut aussi supporter 2 r cynorrhodon ou un seul selon votre envie,
facile à retenir, non…

C'est un nom grec, qui est la traduction de ses propriétés « canines »... en grec !!!
D’ou le nom latin rosa canina ! L’églantier, c’est le frère du rosier, il est d’ailleurs souvent utilisé comme porte greffe pour améliorer nos variétés de roses !!!

Rosa canina


Les fruits, les fameux cynorhodons, servent pour les confitures

Cynorrhodons ou fruits de l'eglantier


ou pour faire de la liqueur.

Les pétales des fleurs ne sont pas sans utilité : en cosmétique, on s’en sert pour faire des lotions visage.
En Chine les pétales sont utilisés pour aromatiser le thé.
Et, j'ose, pendant la guerre du Viet Nam les pétales mélangés au tabac servaient à tout autre chose …