Comment rencontrer l'âme soeur en Bretagne sur la côte de granite rose


Le 30 avril, c'est le jour du pardon de Saint Guirec, le saint des célibataires !...

Et alors, me direz vous, je cherche une étape de vacances, une idée pour les ponts de mai (le 30 avril est la veille du 1er mai!), un coin sympa pour un petit week end, un séjour dans un coin magnifique... Mais le hic, c'est que je suis seul (e)... célibataire...
Vous êtes solo, les vacances sont devenues un cauchemar... Partir ... vous fait peur... Sauf que, ce petit séjour sur la côte de granite rose, dans le bourg de Ploumanach, peut être quelque chose pour vous !

Côte de granite rose en Côtes d'Armor en Bretagne


Oui, ce bourg qui dépend de Perros Guirec doit son nom à Guirec, un moine gallois, qui a débarqué à Ploumanach dans une auge en pierre au Ve siècle pour évangéliser la Bretagne. Il a aussi un nez "magique"...

Revenons au but de ce séjour... en finir avec ces vacances de célibataire, rencontrer l'âme soeur !

Le village est bordé du chemin de douaniers qui vous emmène sur les 30 kilomètres de granit rose (le granit (e) est ici rose car cette roche est un mélange de 3 minéraux le feldspath (le rose), le mica (le noir), et le quartz...) et vous y croiserez des drôles de rochers érodés par le climat.

Si vous êtes vigilant(e), au gré de votre balade, vous ferez bientôt face à une île où les marins faisaient sécher leurs poissons...(En fait, les seules traces qu'ils restent de cette pêcherie sont figés dans le nom du château de Costaeres, (Coz-Seherez signifie "vieille sècherie"). Le manoir est une célébrité du coin, il trône sur tous les dépliants, les guides touristiques, les cartes postales illustrant la côte des Côtes d'Armor...

Littoral de côte de granite rose


Dans cette baie qui fait face à cette construction mythique de la côte bretonne, vous allez croiser un petit monument accessible à marée basse... l'oratoire de Saint-Guirec (XIIè siecle). Oui, il a longtemps accueilli les femmes de marins qui venaient prier pour que leurs hommes reviennent sains et saufs des campagnes de pêche. Il a servi aux jeunes filles et sert sûrement encore aux touristes célibataires (ou à tous ceux/celles qui cherchent femme, mari... ou âme soeur !).

Oratoire de saint Guirec pour trouver l'âme soeur


La légende dit que si ces dames arrivaient à planter une aiguille dans le nez de saint Guirec, (et surtout si l'aiguille y restait jusqu'à la marée suivante) elles trouveraient mari dans l'année... La statue de Saint Guirec était alors en bois et tellement utilisée que les pointes avaient complètement abimées le nez de Saint Guirec. La paroisse la remplaca par une copie en bon granit. L'originale est dans la chapelle qui domine la baie.

Non, Messieurs, je ne vous ai pas oubliés, s'il est vrai que l'histoire se raconte au féminin, l'égalité des sexes vous permet de tenter l'expérience...

Si jamais votre aiguille n'a pas tenu le temps d'une marée, consolez vous en vous disant que :
- Perros (comme on dit par ici) est un lieu touristique... que sa population est multipliée par 8 l'été (soit 7500 par 8 = 59000 personnes)... que, parmi tous ces amoureux de la côte de granite rose, il y a sûrement une chaussure pour votre pied !
- Ou que, pour vous redonner le sourire, rappelez vous qu'un maitre de l'humour, Thierry Le Luron, est originaire de Ploumanac'h et qu'il repose ici, dans le cimetière du bourg de La Clarté. Allez lui faire un petit bonjour, il vous remontera le moral !
- Ou enfin, que la ville de Perros peut être une étape de la course en solitaire du Figaro... et que les visiteurs sont nombreux...
- Qu'un festival de la BD a lieu tous les ans... et qu'il y a du beau monde...
- Ou que la côte de granit rose, ca valait, de toute façon, le déplacement .... (il n'en existe que 3 dans le monde, une ici, une en Corse et une autre en Chine...). Mais les deux autres n'ont pas de Saint Guirec...
Saint Guirec le saint des célibataires


Lire cet article en anglais : Idea to find a soul mate in France on the pink granite coast

Huitres triploides : OGM ou pas ?

Les amateurs d'huitres laiteuses doivent se dépêcher.... il n'y en aura plus pour tout le monde.... Oui, avant d'aller sur le port de Cancale vous régalez d'huîtres, avant de les choisir sur le marché ou d'acheter votre bourriche chez votre poissonnier en ligne... renseignez-vous !

Les huîtres triploïdes, (qu'on appelle aussi d'un nom flatteur l'huître des 4 saisons), sont une nouvelle variété sur les étals... Une huître singulière, invisible, née dans les laboratoires... de recherche d'IFREMER (Institut public Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer) à la fin du 20è siècle.

Petit bon en arrière...
Les huitres sont consommées depuis toujours... Déjà à la Préhistoire, l’homme du littoral les appréciait... (elles étaient sauvages à l'époque). Les Romains installés en Bretagne en consommaient beaucoup. Plus de 10 siècles plus tard, Louis XIV les adorait toujours.
Devant cette consommation s'est vite posé le problème de la surconsommation... On craignait la disparition des bancs naturels d'huîtres... Déjà au 19è siècle, une réglementation existait n'autorisant la drague des mollusques qu'à des périodes bien définies de l'année (septembre à avril, quand elles ne se reproduisent pas).
Et puis on a pensé à l'élevage : Napoléon III a demandé à Victor Coste d'aller étudier les élevages d'huîtres en Italie. Il devient alors le fondateur de l'ostréiculture moderne et crée les premiers parcs à huîtres. Aujourd'hui l'huitre sauvage est très rare. Et en plus, on la transforme...

Les espèces originelles et les modifiées

Les huitres sont plates ou creuses... et fragiles... On connait tous l'huitre de Belon en Bretagne, qui a été fortement concurrencée à la fin du 19è siècle ... par l'huître portugaise, rejetée par un navire dans la Gironde. Elle sera élevée jusque dans les années 70 jusqu'à ce qu'une épizootie (épidémie) ne l'ait pratiquement décimée. Depuis, c'est l'huître japonaise, une creuse qui la remplace... jusqu'à la prochaine maladie... A moins que les prédateurs ne s'en chargent : les crabes et les étoiles de mer ou les bigorneaux perceur s'en délectent... l'huîtrier pie les aime bien aussi.

Ca, c'est dans la vraie vie, chez l'ostréiculteur traditionnel !. Dans les labo, depuis la fin du 20è siècle, il existe une nouvelle variété qui répond donc au doux nom d'huître des 4 saisons...

Attention à ne pas tout confondre... me dira-t-on... Elles ne sont pas des Organismes Génétiquement Modifiées (OGM) (ce n'est pas une histoire de gêne, mais de chromosome !). On la rend stérile et elle n'est plus laiteuse ! C'est aussi simple que cela !

Ces huîtres dites triploïdes ont deux avantages notables : comme elles ne se reproduisent pas, elles ont plus d'énergie et se développent plus vite. Une huître "naturelle" est consommable à 3 ans, celles ci mettent à peine un an à avoir la taille requise pour être vendue.
Le deuxième avantage est qu'elles sont stériles et donc jamais laiteuses (tant pis pour ma maman qui les aime comme ca !). Oui, vous connaissez les mois en R et les mois sans R (de mai à août) où on ne consomme pas les huitres.... Et bien la laitance correspond à la période de reproduction ... et donc les mollusques, l'été, se vendent moins bien. Celles-ci, les huîtres des 4 saisons, peuvent par contre être écoulées toute l'année.

Les défenseurs de l'huître de 4 saisons me diront que c'est la crainte d'une nouvelle épizootie (épidémie) qui a poussé la recherche à créer une variété résistante. Sûrement... Déjà l'huitre portugaise avait été anéantie dans les années 70... On a peur que la dernière qui pouvait la remplacer, l'huitre japonaise n'ait le même problême et qu'on n'ait plus d'huitres du tout...
Ils ajouteront que la triploide n'est finalement que le chapon des mollusques... Sauf qu'on ne l'a pas crée en laboratoire...
Dernier problème ! Sait-on si elles sont encore aphrodisiaques, ces huîtres d'un nouveau genre ?

Et le consommateur...
Comme d'habitude, on a oublié de lui demander son avis ! Dommage pour lui ! Et puis, on a peu de recul sur cette nouvelle espèce... sur les dangers que cela peut provoquer... Mais qu'à cela ne tienne, la recherche a fait la même chose pour les moules ! On ne change pas une équipe qui gagne !

Et pire, on ne pense surtout pas à l'informer...
Aucune mention ne permet au consommateur de les reconnaitre. Sur les 15000 à 20000 tonnes produites par an, il y en aurait 10 à 15% de la production sans qu'on ne le sache (expliquait un article de Libération).

Alors, qu'en pensez vous ?

Lire cet article en anglais : Triploid oysters : gmo or not

Les huîtres : les choisir, les conserver et les ouvrir

Où vivent-elles ?
Les huîtres sont élevées partout dans le monde. Et évidemment en Bretagne sur les côtes Nord et Sud. Elles aiment les zones abritées... et que l'eau soit salée, mais pas trop (il y a souvent une rivière à proximité).
Il y a celles qui vivent dans le fond des océans et qui, jamais, ne voient le ciel sans eau - les huitres de pleine mer ont une coquille plus ronde... Il y a les autres qui sont élevées sur le rivage et qui sont bercées par les marées. On trouve différentes espèces dans l'Ouest (qui souvent naissent ailleurs mais qui sont ensuite élevées en Bretagne)...

Comment les choisir ?
Les huitres ont des numéros (de 0 à 5 pour les creuses et jusqu'à 6 pour les plates)... qui correspondent au calibre... dans l'ordre inverse...
Plus le chiffre est élevé, plus le mollusque sera petit... Par exemple, les huitres numéro 2 sont plus grosses que les numéro 5. Une huitre creuse numéro 0 fera 150 g, un numéro 5 entre 30 et 45).

Consommer des huitres


Comment les conserver et savoir si elles sont encore vivantes et donc consommables !
Une huitre peut être consommée jusqu'à 10 jours après sa sortie de l'eau si elle a été conservée correctement... au frais dans le goémon...
Mais pour être encore plus sûr, il vaut mieux ouvrir vos huîtres et attendre que le mollusque rejette sa première eau, la jeter et la consommer quand elle aura produite sa deuxième eau (si elle n'en produit pas, ce n'est pas bon signe).

Les ouvrir
Avec un couteau à huitres... Ce couteau a une forme spéciale adapté à l'ouverture des huîtres. Avant de l'utiliser on vous conseille aussi les gants ou un torchon pour saisir la bête. Ou bien cette petite poignée en plastique...

Couteau à huitre et gant de protection


Composition et consommation
L'huitre est pleine de bonnes choses : de vitamines, de minéraux et surtout de l'iode ... On boit la mer quand on en mange .... (75 calories au 100g). Et puis il y a les vertus aphrodisiaques...
Elles peuvent être porteuses de métaux lourds. Ou de micro-organismes toxiques (les services sanitaires sont là !).
C'est un mollusque qui ne mange que du plancton. Les huîtres peuvent être dégustées crues ou cuisinées. Dans les plateaux de fruits de mer, l'huitre est consommée avec du citron ou avec un vinaigre à l'échalote ou encore avec du pain beurre..... salé.

Vie d'un mollusque hermaphrodite
Si les huitres sont aphrodisiaques, c'est peut être du à leur particularité : elles changent de sexe plusieurs fois dans leur vies (elles sont hermaphrodites). A partir de la 2è année, elle libère entre 20 et 100 millions d'ovules et plus encore de spermatozoïdes. C'est en été que cela se passe quand les huitres sont laiteuses (en pleine période de reproduction). Elles sont tout a fait comestibles pendant cette période mais le proverbe rappelle de ne pas les manger dans les mois sans R... pour qu'elle se reproduisent...
Sur les milliards de larves, seules 10% de larves deviendront adulte. Au bout de quelques semaines, commence le travail de l'ostréiculteur : il fournit les supports... sur lequel le naissain (les oeufs) vont se fixer : coquilles d’huîtres ou de Saint-Jacques, ardoises, fers, tuiles, tube plastique ou corde... Il faudra plus tard séparer les huitres des supports et leur permettre de grandir. Elles pourront être stockées à plat sur le sol ou en casier.
Une fois adultes, elles séjournent en bassins d'affinage (des claires) pour qu'elles expulsent la vase et le sable. Leur qualité gustative, leur taille et leur couleur vont aussi se modifier. Elles sont ensuite sorties, lavées et calibrées, conditionnées en bourriches avant de finir dans votre assiette.

Les huîtres perlières
Les grands consommateurs auront sûrement, un jour, trouvé une perle dans leur huître (c'est un petit corps étranger qui vient se glisser dans la coquille et qui se couvre de couches de "nacre" qui finissent par faire une perle). Par contre, si vous en avez trouvé dans votre coquille ... mais il est peu vraisemblable qu'elle ait la rondeur adéquate. Toutes les huîtres peuvent en produire mais les perles sont souvent liées à des espèces de pays chauds. Et le travail d'un professionnel permet d'obtenir une jolie rondeur.

Lire cet article en anglais : French oysters of Belon in Brittany

Un prénom breton original : Patern, le saint fondateur de l'évêché de Vannes

C'est le 15 avril, le jour de la saint Patern !
Si vous cherchez un prénom breton masculin original, en voilà un... Si vous aimez la pluie, les fêtes de printemps, vous serez comblé !
Fêté donc le 15 avril (au printemps!), Paterne ou Paterne est le saint patron de Vannes, dont il a été le premier évêque. Il a été vénéré pendant le Moyen Age, quand Vannes était une des étapes du pèlerinage, le Tro Breizh, pélerinage qui fait le tour de Bretagne. Les pèlerins devaient, une fois dans leur vie sur terre, effectuer ce tour de l'Armorique qui reliaient les 7 diocèses de Bretagne (Dol, Quimper, Saint Brieuc, Saint Malo, Saint Pol de Léon, Tréguier et Vannes) crées par les 7 saints fondateurs. Rennes et Nantes ont été ajoutés ensuite.

Patern est un des sept saints fondateurs de la Bretagne, un Grand breton originaire du Pays de Galles. Il émigre vers l' Armorique au Vè siècle. Comme de nombreux Grands Bretons qui ont fui la grande île pour se réfugier dans la petite Bretagne.
D'après le site de la paroisse de saint Patern à Vannes, ce Breton semble avoir été mal accepté des populations locales (c'est un étranger mais un Breton pourtant!).
Il est néammoins à l'origine du diocèse et a été le premier évêque de Vannes (vers 465). Contraint rapidement de démissionner, il s'exile dans un ermitage de la région. Il meurt oublié un 15 avril en 475.
C'est finalement ce jour qui a été choisi pour la fête de Saint Patern (et non plus le 21 mai, jour de la translation (transfert) de ses reliques).

Mal aimé, il était promis aux oubliettes quand, un siècle plus tard, la région de Vannes a souffert d'une grave sécheresse. Les paroissiens se crurent punis d'avoir maltraité leur évêque et le prièrent. La pluie revenue (voilà la deuxième raison), ils construisirent une église en son nom, qui, bien que modifiée, est à l'emplacement de l'actuelle église paroissiale de Saint Pattern. Le tombeau de ce saint n'est pas dans la cathédrale mais dans cette petite église (2 place saint Catherine à Vannes).

Voilà l'histoire de Patern, dont la renommée continue puisqu'il est un des premiers saints à avoir sa statue dans la vallée des Saints de Carnoët (mais j'ai oublié de le prendre en photo).
Signée par Olivier Leveque, elle est accompagnée par les autres sculptures contemporaines des saints fondateurs bretons.

Le prénom de Patern ne vous plaît pas... Allez consulter mes autres billets sur les prénoms bretons ou un guide des prénoms celtes originaux et leur signification...

Lire cet artcile en anglais : A French original name Patern the holy founder of the bishopric of Vannes

Croyance populaire : Tombe à la fille

C'est en voulant faire une balade en forêt, (du tourisme vert !) que je me suis rappelée de cette histoire...

Teillay est un petit village à une dizaine de kilomètres de Bain de Bretagne. Dans sa forêt, à la limite des départements de l'Ille et Vilaine (35) et de la Loire Atlantique (44), (à la frontière administrative de la Bretagne et des Pays de la Loire), une légende qui remonte à la Révolution Française laisse encore des traces...

En sortant du village, c'est la première route sur la droite dans la forêt. En vous enfonçant quelques centaines de mètres dans le chemin, vous verrez un petit sentier fleuri qui enjambe un ruisseau. Il conduit à une tombe.

Tombe à la fille de Teillay


La légende est rapportée en plusieurs versions mais globalement le fond est le même, seul le sordide varie...

Cette tombe, d'après la légende, est celle de Sainte Pataude (le surnom de pataud était donné aux Républicains par les Chouans)... et vous allez comprendre pourquoi quand vous saurez que c'est l'histoire de Marie Martin, une jeune femme de Tresbouef, qui est à l'origine de cette vénération...
Elle a 18, 19 ans et travaille chez un marchand. Là, les histoires divergent : les Chouans la recherchent ... soit parce qu'elle aurait dénoncé des Royalistes aux Bleus ou bien parce qu'ils veulent faire payer au maître de la jeune fille son attachement à la République. En tout cas, elle résiste...

L'histoire se passe en 1795, grande époque d'amour et de fraternité entre les Monarchistes et les Républicains... Comme elle ne répond pas, les soldats l'emmènent alors dans la forêt, lui font subir toutes sortes d'atrocités (je vous passe les détails, Amnesty International n'existait pas à l'époque mais ils auraient eu de quoi faire !) et finissent par la pendre par les cheveux...
Elle est enterrée au pied du chêne qui la supportait.

Photo de la tombe à la fille


Très vite des rumeurs évoquent que les malades qui s'y rendent en reviennent guéris...
Curieusement ce sont les prêtres réfractaires, qui tentent de faire cesser les croyances en menaçant d'excommunication les "pèlerins" qui s'y rendent... pour des guérisons miraculeuses. (Ce sont quand même les Chouans qui l'ont tuée : il y avait de quoi en faire une martyre rouge !). Mais malgré tout, comme il est écrit dans le rapport de l'époque, tous aristocrates comme patriotes, y vont.

La tombe aujourd'hui est toujours visitée. Elle est couverte de fleurs, des vêtements pendent sur un fil ou sur les arbres alentour, des chaussures jonchent le sol, des lettres témoignent de l'attachement à cette sainte.

Problème de marche


On continue à prier Pataude pour que les enfants marchent (les petits souliers d'enfants en témoignent), mais aussi pour bien d'autres maux ou en espoir de guérisons. Vu le nombre d' ex-voto sur le site, Sainte Pataude a et peut aider de nombreux désespérés. Ouest France explique dans la bouche du maire que les habitants du village continuent à entretenir la tombe, de peur qu'en ne la délaissant, ils ne leur arrivent malheur.

Hommage à Sainte Pataude


Lire cet article en anglais : Popular beliefs : tombe à la fille (tomb to the daughter)

Clichés de la Bretagne à Paris au musée Albert Kahn

Pour les Bretons nostalgiques, les Parisiens amoureux de la Bretagne, les mélancoliques du passé ou pour simplement se rendre compte du temps qui passe... l'exposition Bretagne, voyager en couleurs (1907-1929) expose 140 photos couleurs (des autochromes) et plusieurs films sur la région Bretagne au début du siècle.

L'exposition vous explique d'abord ce qu'est un autochrome (inventé par les frères Lumière, c'est le 1er procédé industriel sur plaque de verre de photographie couleur),... et comment les Parisiens autochromistes de l'époque sont allés s'adonner à leur art en Bretagne. Il est vrai que les guides touristiques de l'époque peignent la région comme une région "authentique", qu'on visite pour son folklore, comme un pays étranger.... et c'est un loisir, même un régal pour les photographes de réaliser des bons "clichés" d'une Bretagne folklorique à souhait...

Les autochromes qu'ils tirent, en couleur, représentent le côté pittoresque des Bretons : des hommes en costume folklorique, des femmes en coiffe traditionnelle, des villages typiques avec des enfants en sabots, bref des autochtones en actions... Les plaques présentent aussi des paysages mythiques - les côtes bretonnes sont déjà touristiques-, des ports, des couchers de soleil , des tirages de sites connus ou encore des images de cérémonies religieuses... la troménie de Locronan (une procession emblématique),... Bref des bons clichés de la Bretagne... qui sont même encore utilisés aujourd'hui... et qui perdurent ...

L'expo vous permet de mieux comprendre la technique de l'autochrome et de découvrir le portrait de certains autochromistes... Mais aussi de découvrir ces ancêtres de la photographie couleur. Il y a aussi des vidéos significatives de l'époque. Les oeuvres présentées sont notamment issues des collections du musée Albert-Kahn ou du Musée de Bretagne.

En effet, le musée baptisé du nom de ce banquier philanthrope et pacifiste (1860-1940) possède la plus importante collection au monde plaques autochromes couleur (plus de 72000). Des expositions temporaires les mettent régulièrement en valeur...

Qui était Albert Kahn (1860-1940)?

Un homme original, un visionnaire : il avait perçu que le monde était en train de changer et que les modes de vie traditionnels allaient disparaitre. Pendant une vingtaine d'années (1909 à 1931), il a recruté des photographes pour aller immortaliser la mémoire du monde dans une cinquantaine de pays, la future fondation les Archives de la planète. Nous pouvons d'un seul geste à présent fixer le souvenir... rappelle l'exposition. La majeure partie du fonds du musée correspond au travail de ces témoins...
Son activité ne s'arrête pas là...Le lieu possède 4 hectares de jardins... Albert Kahn était aussi un idéaliste et un utopiste (il doit pourtant sa fortune à des "spéculations audacieuses") qui adorait les jardins. Il en a crée pour réconcilier les hommes et symboliser la paix universelle : en réunissant les styles de chaque pays en un même espace un jardin anglais, un jardin français et un jardin japonais (il connait bien le Japon), une forêt vosgienne (lieu de ses origines),une forêt "aux arbres bleus", une forêt dorée et une prairie... Tous les jardins sont ouverts au public.

Le musée (www.albert-kahn.fr/) est à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine (métro Boulogne Pont de Saint-Cloud (ligne 10).
Et l'expo dure jusqu'au 4 juillet 2010. 11h-18h.

Lire cet article en anglais : Old pictures from Britain at the Albert Kahn museum in Paris (France)

Randonner à pied ou à vélo : les 10 conseils

Une randonnée, ça se prépare... même en Bretagne... (Dans une autre vie, j'étais guide accompagnatrice pour les marcheurs et les cyclistes... J'ai des petits trucs...)

1 - Une carte, ça peut toujours servir, même quand on connait le coin... Les chemins coupés... ou une pluie battante qui provoque un repli forcé (je connais... j'ai eu à le faire, avec un groupe à Jersey...) C'est mieux de se repérer et de pouvoir se réfugier quelque part si besoin...
2 - A deux, c'est mieux... On ne sait jamais... Une petite entorse (là aussi, c'est du vécu)... ça arrive et on est bien content d'être avec un randonneur qui va vous trouver une solution... pour vous rapatrier...
3 - Un minimum de "restauration rapide"... de l'eau en quantité suffisante et un peu de nourriture... selon la longueur de la balade... Les classiques barres de céréales (je ne suis pas fan), des fruits secs, un paquet de gâteaux ou du chocolat... (à éviter l'été, ça fond...). Si c'est une rando à la journée, pensez pique nique avec glucides (pain) et protéines (viande, poisson, fromage...), quelques fruits... Partez léger quand même...
4 - Le minimum santé... des pansements contre les ampoules... ca sert les premiers jours du périple (là aussi, j'en ai fourni très souvent), le désinfectant, ... et un conseil -peut-être dépassé à l'heure du portable- ... un oignon... Ma tante, ancienne scout, était en charge de plusieurs jeunes filles... Elles chantaient en randonnant.... et elle (ma tante) avale une guêpe ou abeille qui la pique dans la gorge... Panique à bord... Un agriculteur dans le champ d'à côté lui donne un oignon à mâcher lentement... La piqure a dégonflé... Elle vit encore...
5 - Vêtements. Des habits légers pour l'été, chauds pour l'hiver et surtout le vêtement de pluie quelque soit la saison. Casquette l'été, bonnet l'hiver... Les lunettes de soleil...
6 - Rando vélo... Le minimum : la pompe, les rustines et les outils ou même la bombe (peu appréciée, il est vrai... mais parfois ça aide bien...). Le casque aussi... ça devient obligatoire dans les rando organisées...
7 - Rando à pied : de bonnes chaussures... (imperméables si possible), qu'on n'étrenne pas ce jour là...
8 - S'inquiéter des conditions météo : c'est mieux... et évitez le sentier des douaniers et les falaises les jours de grands vents... On en a déjà vu s'envoler...
9 - Indiquer à quelqu'un ce que vous faites... C'est plus facile si on vous cherche et que vous avez été mangé par un loup... Ajoutez dans votre répertoire ce que les services de secours recommandent : sous le nom ICE (in case of emergency) le téléphone de celui/celle que vous voudriez qu'on prévienne).
10 - Vous amuser... C'est quand même le but... A vous le Tro Breizh, nos chemins de Compostelle bretons...
Lire cet article en anglais : Tips for trekking holidays in France