Les paysans bretons des années 1960-70 : souvenirs d’une Bretagne rurale


Rougir d’être paysan (éditions OUEST-FRANCE) est un livre de souvenirs de deux fils de paysans du Morbihan. Chaque chapitre rappelle le quotidien dans les campagnes bretonnes des années 60.

rougir d'etre paysan


C’est la fin du monde rural breton, le début de la modernité et l’on partage les sentiments ambiguës de ces deux enfants, les frères Gicquel,

Joseph Gicquel

Michel Gicquel


tiraillés entre la honte d’appartenir au monde paysan de leurs parents et l’envie de partager la vie citadine des copains d’école.

On y découvre un monde qui n’est pas si vieux (une petite cinquantaine d’années) : les moments autour du verre Duralex, le couteau qui « signe » par une croix le pain avant de le couper, l’ennui des enfants le dimanche, l’onglée et la résistance au mal des paysans, la mort… De nombreux épisodes du quotidien dans une ferme bretonne sont évoqués dans ce livre qui font ainsi revivre la dure vie d’un monde rural disparu.

Et puis il y a aussi le passage sur la nourriture de la ferme qui, aujourd’hui à l’ère du bio et de la recherche du produit authentique, semble un clin d’œil.
« L’ordinaire alimentaire paysan était aussi source de honte. … Nous tranchions les tartines dans d’opulentes miches rondes de 6 livres (3 kilos) de farine grise cuites dans le rustique four du paysan voisin quand ils [les copains citadins] mâchaient la mie blanche et moelleuse de longs pains blancs sortis du fournil du boulanger. Les pommes du verger, abondantes, parfois talées ou flétries, composaient le dessert de tous les repas , quand les « villotiers » dégustaient poires, oranges, bananes ou les pommes à peau lisse et immaculée, les goldens qui ouvraient l’ère de l’industrialisation fruitière. Mes jeunes dents avaient du mal à croquer le chocolat à cuire quand ils se délectaient de plaquettes de chocolat au lait. »

Le dernier chapitre est surprenant et sympathique. Pour moi, quadragénaire qui ne suis pas issue d’une famille paysanne, j’ai revécu des moments que j’avais oubliés par la lecture de ces écrits.


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Pourquoi ne pas lire aussi :


Les Bretons et la première guerre mondiale

Le 11 novembre, c’est la fin de la Grande Guerre. Et la Bretagne, c’est la région qui a payé le plus lourd tribut : un mort pour 19 habitants, la France un mort pour 29 habitants entre 1914 et 1918.

monument aux morts en Bretagne


Si le mémorial de Sainte Anne d’Auray commémore 240 000 morts – il a été fait entre 1922 et 1932-, on parle plutôt aujourd’hui de 110 à 130 000 soldats tués. La France compte alors 1,4 millions de morts ou disparus pour près de 41 millions d'habitants (la Bretagne a 2,5 millions d'habitants).

La Bretagne de 1914 est une terre de paysans et de marins. Et on dit qu'elle a payé un lourd tribut parce que sa population était essentiellement rurale : "cette surmortalité s'explique par l'envoi prioritaire des ruraux en première ligne, comme pour les Corses ou les paysans du Limousin" (Bretagne est univers, catalogue du Musée de Bretagne).

noms des soldats morts de 1914 et 15 dans une petite commune bretonne

soldats morts de 1916, 17 et 18  dans une petite commune bretonne


La Bretagne d’alors ne parle pas toujours français. Et dans certains régiments, les ordres sont même donnés en breton. En effet, pendant cette guerre les régiments étaient basés sur un recrutement géographique : régiment de Bretons, de Normands…

Si les hommes sont sur le front, les femmes bretonnes ne chôment pas. La Bretagne est une région agricole, les femmes doivent gérer les terres car il faut ravitailler les armées et nourrir la province. Toutes les parcelles de terrain sont bonnes à cultiver : ainsi le jardin du Thabor, à Rennes deviendra potager. Les femmes doivent aussi fournir la main d’œuvre dans les usines.

La première guerre mondiale nous est notamment connu par un auteur breton Roger Vercel (1894-1957), qui raconte dans certains de ses romans ses souvenirs de la Grande Guerre. Le plus connu encore aujourd’hui -puisqu’il a été adapté à l’écran en 1996 par B.Tavernier- est Capitaine Conan qui a reçu le prix Concourt en 1934.

Lisez cet article en anglais : Brittany and the First World War

L’île aux trente cercueils : le film cliché de la Bretagne

Vous voulez du cliché et du bon cliché décalé, qui date des années 70… courez, oui, oui, courez louer le DVD de L’île aux trente cercueils. J’avais vu une partie de la série enfant, j’en avais un souvenir épouvanté et une grande frustration car je n’avais jamais vu la fin. J’y pensais de temps en temps, l’ambiance m’avait terrorisée. Je me rappelais d’images dans une île, au bord d’une falaise, du vide, de gens qu’on jette, bref j’avais été traumatisée.

l'Ile aux 30 cercueils


Alors en tombant dessus l’autre jour, je l’ai évidemment pris. 2 DVD de 150 minutes. Le 1er ne me rappelle rien mais me remets dans l’histoire et j’attends la fameuse scène qui m’avait traumatisée. Ça a vieilli, c’est dingue.
Et bonjour les clichés sur la Bretagne… c’est finalement à ce titre que c’est marrant à voir… . Il y a tout dans la vidéo : le pardon dans le film que voit l’héroïne et qui la décide de se rendre en Bretagne, le père qui est spécialiste à la Sorbonne du celtisme, de ses légendes.
Toute l’énigme d’ailleurs est organisée autour d’une vielle légende bretonne qui est en train de se réaliser : les menhirs, les coiffes et les folles, les druides, les sacrifices humains et les crucifixions, le nom de l’île Sarek, la mer, tout y est.…
C’est d’un caricatural, bonjour l’image qu’on avait de la Bretagne dans les années 70

les folles de Sarek


Aujourd’hui on appelle ça du local, de la tradition et on regrette le « bon temps » mais à l’époque les Bretons, c’était vraiment des ploucs… pour les Parisiens. On atteint le summum avec le 2e DVD . Je redécouvre l’unique épisode que j’avais finalement vu enfant (elle en comptait 6) et la scène qui m’avait marquée. Avec tout ce qu’on a vu depuis, je ne vis plus la même angoisse… on est vraiment plus dans le même monde…
Bref c’est loin d’être un chef d’œuvre. C’est nul, non c'est nostalgique d'une époque, faut le revoir pour les souvenirs liés à sa sortie mais c’est pire qu’un mauvais série B ou alors faut avoir beaucoup de temps, d’humour et de dérision… ou bien vouloir faire une étude sociologique de la Bretagne dans les années 70. La série a été diffusée en 1979 mais l’histoire se passe pendant la 1ère guerre mondiale en 1917.
J’ai vu qu’il y avait des fans de la série en tapant sur google… Les goûts et les couleurs… Peut être qu'une chaine de télévision bretonne va le reprogrammer bientôt !

Tee shirts marins et marinières... la mode en rayures bretonnes

La mode, cette année, est à la rayure... Qui n'aura pas son tee shirt marin ou son pull rayé sera un peu ... beaucoup... passionnément démodé... On doit tous porter des lignes... les bébés, les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes, les vieux... les Bretons et les autres...

Le pourquoi de la rayure...

Au départ, ces vêtements ont une histoire et une utilité bien précises... Les pêcheurs et les marins portent des habits rayés... Et pour cause... L'homme à la mer se repère plus facilement avec ce type de vêtements... En tout cas, c'est ce que dit la légende bretonne...
Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que de grandes marques de vêtements marins sont bretonnes : Armorlux pour ne pas le citer... propose toute la collection... manches longues, manches courtes, bleu, blanc, rouge, jaune...
Et pour faire des affaires, le plus simple est de se rendre sur le site de l'usine (Quimper)... ou dans certains des magasins en Bretagne qui revendent la collection de l'année passée à un prix réduit. Brin de mer, une autre marque de vêtements marins en ligne a aussi sur son site un coin des affaires...

D'autres vêtements, à l'origine bretons, sont devenus des classiques de la mode :... la vareuse, cette veste en coton qui s'enfile par la tête et qui par son épaisseur est un très bon coupe vent...

Et puis il y a le ciré jaune... L'emblème de la tempête en Bretagne, du week end dans les embruns et le crachin breton... J'ai trouvé la légende de son histoire sur le site de Brin de mer... L'imperméable jaune daterait des années 1960, quand las d'attendre son copain dans le crachin breton, un fabricant de vêtements marins a eu l'idée du ciré... Avant il y avait les bonnes vestes huilées... mais c'était une autre époque...

Le pull marin qui se boutonne sur l'épaule a eu sa période de gloire... Autrefois, en bonne laine vierge, il piquait un peu... on le fait aujourd'hui dans des matières moins rêches...
Bref, le tee shirt marin sera donc tendance... cet été... Ressortez donc votre bonne marinière à rayures et arborez fièrement votre vêtement marin et breton...
L'année prochaine, c'est la rayure... verticale ?

Visite d'un village rural du XIXè siècle avec des enfants : Poul Fétan (Morbihan, Bretagne)

La visite de Poul Fétan (56310 Quistinic, Tel: 02-97-39-51-74) permet de se transporter dans la vie rurale du XIXè siècle.

village de Poul Fétan


Poul Fétan (en breton lavoir et source) est un petit hameau restauré par la commune de Quistinnic, il y a plus de 20 ans (de 1979 à 1994). Il propose, par différentes animations, de faire revivre la vie des paysans du siècle dernier.

Poul Fétan


Les maisons sont antérieures (XVIè siècle). Elles sont caractéristiques de l’architecture de l’époque : les toits de chaume, les escaliers extérieurs…
Le garage,

La grange de Poul Fétan


la buvette (euh non le pressoir),

Le pressoir de Poul Fétan


les animaux ou le potager (légumes et céréales d’époque) offrent un cadre historique parfait pour un spectacle vivant autour d’activités d’époque : boulanger, potier … montrent leur savoir faire (beurre, pains ou gâteaux) ou proposent de goûter leurs produits (lait ou bouillie). Les enfants pourront aussi voir les "acteurs" en costumes. La taverne cuisine des plats typiques (kig ha fars par exemple). Tout est là.

Poul Fétan se veut être un conservatoire des gestes et des traditions en centre Bretagne, dans un village rural.

Je n’ai pas vu le site « occupé » puisque j’y suis allée hors saison. Mais l’ambiance est là… Le site ressemble un peu à un écomusée… C'est un cadre parfait pour du tourisme vert et les nostalgiques y trouveront une campagne mythifiée telle qu'elle apparaissait dans les images d'Epinal qui peuplaient nos livres scolaires il y a encore 30 ans. Pour ceux qui ont connu la vie rurale, ça manque un peu de boue, d'odeurs, d'inconfort... Les habitations comme "avant", le ruisseau qui alimente le village, les petits champs entourés de murets en pierre (on peut comparer les effets du remembrement avec la colline en face avec ses énormes champs ouverts)... bref, c'est parfait.

Campagne de Poul Fétan


La balade dans le hameau est très sympa. J'imagine qu'avec les animateurs, on s'y croit...

Ouvert toutes les après midi d’avril à septembre, les enfants de moins de 6 ans ne payent pas. Les tarifs varient selon la saison. Reportez vous au site du village.

Si vous êtes dans le coin, flanez dans la région (ça vaut le coup) et allez faire un bond dans l’an Mil à Melrand ou admirez la Vénus de Quinipily près de Baud.
Bonne visite.



Lisez cet article en anglais : Visit a 19th century village with kids at Poul Fétan, Brittany France

Paysages de landes de Bretagne : ajoncs, genêts et bruyères

Au printemps, l'Ouest se couvre de fleurs sauvages jaunes… Genêts et ajoncs ont façonné les paysages de landes bretonnes. Comme ils aiment les terres pauvres et acides, et le climat marin,

Ajoncs sur la côte bretonne


on les trouve partout… Vivaces, ces plantes ne demandent pas de soin particulier…

Mais ces arbustes ne sont pas uniquement une image d’Épinal de la Bretagne, ils ont été bien utiles jusqu'à peu.

Ce sont les ajoncs qui fleurissent d’abord.

Fleurs d'ajonc


Dès février, pour les premières fleurs du printemps. Les fleurs sont d’un jaune proche de l’orange. Avec ces épines, l'arbuste sert à des haies denses qui permettent le pacage des ruminants. En Angleterre, on les utilisait contre les lapins… Comme il pousse très facilement sous nos climats et nos terres pauvres, les paysans les utilisaient comme fourrage.

Fourrage ! mais les épines… On écrasait la plante entre des rouleaux pour que les épines éclatent et ne blessent pas les animaux qui mangeaient leur maigre pâture … C'est d'ailleurs un agronome des environs de Lannion, Gabriel Calloet de Querbrat, qui a inventé la machine à broyer les ajoncs au XVIIè siècle. La pratique va se répandre les années suivantes.

Les genêts fleurissent plus tard, les fleurs sont jaune citron et surtout les arbustes n’ont pas d’épines…

Fleurs du genêt


Il existe de nombreuses variétés de couleurs différentes (jaune, blanc, rouge et rose).

Genets blancs


Les fleurs pouvaient être utilisées comme teinture.

Arbuste de genêt


Il ne manque plus au paysage que la bruyère qui aime aussi les terres pauvres et la lande bretonne…

Week-end de randonnées dans les montagnes de Bretagne : escapade dans le Trégor

Le Menez-Bré, vous connaissez ? C'est l'un de nos monts les plus élevés avec le Menez Hom.... Le premier appartient au Trégor (Côtes d'Armor), le second se situe bien plus à l'Ouest, dans le Finistère.

Et c'est du premier que je reviens ! Tentez donc l'ascension du Menez-Bré et vous verrez qu'il se mérite... 18%... rien que ça...

Le Ménez-Bré vu d'en bas


Menez-Bré (on prononce ou non le z selon le coin de Bretagne qu'on habite) est une magnifique colline de 302 mètres, sur laquelle est construite la chapelle Saint Hervé.

Il est entouré par trois communes Louargat, Pédernec et Tréglamus. On peut l'aborder de tous les côtés et redescendre par la face opposée puisqu'une fois en bas, une route en fait aussi le tour et permet de revenir à votre point de départ.

Tout en haut, la chapelle Saint Hervé domine le paysage et l'on peut, grâce à une table d'orientation, deviner les différents points du paysage... des Monts d'Arrée à la côte de granit rose..

C’est au Mené Bré que Conomor *aurait été jugé. C’est là également que Gwench’lan*, barde et prophète du Vème siècle, ennemi des chrétiens et ami des oiseaux aurait été enterré, après le combat qui l’opposa à saint Hervé.
(Conomor est un "barbe bleue" breton...
Gwench'lan est un barde qui refusant de se convertir au catholicisme, a eu les yeux crevés)

D'où la chapelle Saint Hervé sur le Mont menez-Bré (dont certains éléments datent du XVI, XVII et XVIIIIè siècle - elle a souvent été rebatie).
.. Elle a été un lieu de pèlerinage très fréquenté - mais elle est aujourd'hui, malheureusement fermée la plupart du temps.

Chapelle Saint Hervé


Laissez moi vous conter ... l'histoire de Saint Hervé.... et de sa chapelle.

C'est un des rares saints bretons à être né ici, en Bretagne au VIè siècle. Son père était un barde de Grande Bretagne et sa mère une bretonne. Aveugle de naissance, Dieu ne voulait pas qu'il voit les apparences trompeuses du monde, il devint ermite et se déplaçait, accompagné d'un loup. Confesseur, il est très populaire dans toute l'Armorique. Ce saint est aussi barde et exorciste

Un barde... Il est le patron des musiciens et des chanteurs bretons. C'est pour cela que les bardes bretons se réunissaient ici, une nuit entière pour prier...

Et exorciste... Les démons n'avaient qu'à bien se tenir... En effet, au XVIIIè siècle, des séances d'exorcisme avaient lieu ici sur la montagne sacrée (traduction de Menez-Bré en breton).
Un épisode connu rapporte qu'un abbé, Guillermic pour ne pas le nommer, grimpait pieds nus la colline en récitant à l'envers ses prières et en lançant du lin aux démons qui désiraient être payés.
Avant lui, de nombreux exorcistes venaient ici célébrer une messe à minuit pour faire fuir les mauvais esprits.

Saint Hervé est invoqué pour guérir des angoisses, des peurs ou encore pour les dépressions.

Ce saint patron a aussi fait jaillir une source près de la chapelle (300m à l'est) où l'on plongeait les enfants malades pour qu'ils guérissent. De nombreux fidèles souffrant demaladies des yeux ou du cuir chevelu y venaient aussi en pélerinage...

C'est enfin lui qui aurait composé un cantique breton très connu Le Paradis (Ar Baradoz). C'était un barde...

Saint Hervé est fété le 17 juin.



A côté de cette figure bretonne subsistent des interrogations autour du Ménez-Bré ...
On affirme que Gwench’lan a caché un trésor dans les entrailles du mont, après l’avoir fait transporté par un charretier dont il avait bandé les yeux. Peut-être le retrouverez vous ? …

Le Ménez-Bré est aussi, depuis le Moyen Age, renommé pour ses foires du cheval qui ont cessé dans les années 1960.

Mais il n'y a pas que le Menez-Bré à apprécier ici.

Randonnez à Louargat, le village qui est au pied du Mont.

D'abord parce que le village de maisons en pierre est plaisant. Et puis parce que vous y trouverez d'autres prétextes pour vous balader : le ou plutôt les menhirs de Pergat à quelques kilomètres du bourg, au bout d'un chemin. Le plus haut, de 7 à 10 mètres selon les sources, est un des plus hauts d'Europe. Et un autre plus modeste de deux mètres de haut. Si on met le dos contre le grand menhir (ne pas porter de nylon) en regardant le petit menhir, il y création autour de soi d’un champ de lignes de force. En conséquence, les cheveux ont tendance à se dresser sur la tête.
Le tumulus (pas facile à trouver..., je n'ai pas trouvé d'info le concernant) est dans la direction opposée.
Les nombreuses églises et chapelles (Saint Eloi, Notre Dame des neiges, Saint-Jean, Saint-Fiacre, Saint-Paul, Saint-Sylvestre...) qui peuplent la commune.

Pourquoi ne pas y passer un week-end... Vous aurez le choix entre un hébergement dans un gite à quelques pas de la chapelle Saint Hervé, au pied du Ménez-Bré ou bien vous pourrez planter votre tente dans un camping original, le parc du Manoir du Cleuziou (XVe siècle - XVIIe). Vous pourrez même agrémenter vos plats ou salades par des herbes aromatiques à aller cueillir dans leur jardin... Sympa, non !



Lire cet article en anglais : Weekend hiking in the mountains of small Britain(Brittany France)

Hope et l'art contemporain à Dinard

C'est en me baladant surfant sur le blog Dinard un je ne sais quoi qui nous charme que j'ai découvert en "prime time" (merci à Kougibo) l'exposition alors inédite que Dinard nous propose cette année : un grand plongeon dans l'art contemporain.

Depuis le 12 juin et comme tous les ans, la ville de Dinard expose au Palais des Arts et du Festival (tout près du casino). Après Picasso il y a quelques années, et le succès de l'année dernière Qui a peur des artistes (l'exposition a dépassé les 73000 visiteurs en deux mois et demi, merci à notre self made man local et sa Francois Pinault Foundation !), le programme de cette année est plein d'espoir (d'atteindre le même nombre de visiteurs!) avec HOPE.

Ashok Adicéam, le commissaire de l’exposition, veut nous remonter le moral en ces temps de catastrophisme ... Il est même un peu devin, cet homme ... Il savait qu'un cauchemar bleu "très foncé" allait s'abattre sur la France lors de la Coupe du Monde, que la crise allait dépasser les prévisions de réchauffement climatique ou que les scandales allaient se multiplier et éclabousser les retraités ! Non, il ne pouvait pas savoir... Mais il avait déjà pourtant choisi de nous raconter HOPE, l'espoir ...autour de 4 moments phares : La Genèse – l’Exode – l’Apocalypse – la Grâce... grâce à une cinquantaine d'oeuvres, oeuvres qui vont de la photo à la vidéo, des sculptures aux peintures ou à d'autres créations spectaculaires... et toutes nouvelles puisque les plus vieilles datent de 1960...

Vous pourrez voir un portrait géant d'Obama (Yan Pei-Ming), des photos de Wim Wenders ou découvrir "en vrai" une sculpture évaluée à plus de 75 millions d'euros...... (j'ai nommé l'homme qui marche de Giacometti)... ou de vous réjouir avec d'autres artistes internationaux majeurs (classés par ordre alphabétique !!! pas de jaloux !) : Alighiero e Boetti, Allora & Calzadilla, Bill Viola, Charly Nijensohn, Claude Levêque, Damien Hirst, Do Ho Suh, Ed Ruscha, Fahrad Moshiri, Farideh Lashai, François Morellet, Gabriel Orozco, Jean-Michel Othoniel, Jin Meyerson Lucio Fontana, Mark Wallinger, Martial Raysse, Matthew Day Jackson, Mona Hatoum, Paola Pivi, Pierre&Gilles, Rashid Johnson, Reza Aramesh, Reza Derakshani, Richard Serra, Rokni Haerizadeh, Roni Horn, Sara Rahbar, Shirazeh Houshiary, Takashi Murakami, Ugo Rondinone, Zhang Huan.

Si vous voulez un petit avant-goût en images et en musique, allez voir la vidéo de Kougibo.

Et pour vous, c'est quoi le bonheur... Donnez moi votre sélection... Moi, j'aime l'extase de l'âne, le bienheureux marchant voguant béatement sur les eaux... Alors, quelle oeuvre vous promet le plus d'espoir ?

Jusqu'au 12 septembre. Tous les jours de 11h à 19h avec une nocturne le vendredi jusqu'à 21h. Entrées payantes (3 à 5 euros).

Les rencontres du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en Bretagne aux Champs Libres à Rennes

Je sais que c’est un peu tard – les rencontres du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en Bretagne – ont lieu le 12 et le 13 décembre mais je ne peux pas ne pas parler de ces rencontres concernant la culture locale dans un blog sur la Bretagne, ses habitudes, ses clichés…

Qu’est ce que le PCI (patrimoine culturel immatériel) ?

L’ Unesco en 2003 par la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a validé l’idée que le patrimoine, ce n’est pas uniquement du « matériel ». Mais soyons didactique et rappelons d'abord ce qu’est le patrimoine matériel.
L’UNESCO est à l’origine de la convention de 1972 pour la sauvegarde du patrimoine matériel (cela rassemble le patrimoine culturel cad les monuments, notamment les … sculpture[s] ou … peintures monumentales, éléments ou structures de caractères archéologiques, inscriptions, grottes […] qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science ; les ensembles : de constructions, …, les sites… qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique.
Et le patrimoine naturelformations physiques et biologiques… qui ont une valeur universelle exceptionnelles du point de vue esthétique ou scientifique, … les formations géologiques et physiographiques … constituant l’habitat d’espèces animales et végétales menacées, qui ont une valeur universelle exceptionnelle… Les sites naturels ou les zones naturelles. En bref, le patrimoine matériel, c'est tout ce qui est solide (construction de l'homme ou de la nature)... mais qui menace un jour de s'écrouler et qu'il faut sauvegarder pour nos descendants !!!

En 2003, l’UNESCO a rapproché le patrimoine de l’immatériel. Je m’explique à nouveau en citant la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel : les traditions et expressions orales, y compris la langue […], … les arts du spectacle, … les pratiques sociales, rituels, et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ; les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.
En résumé, le PCI, ce sont les manifestations de la culture dite traditionnelle et ses savoir faire.
L’objectif de ces rencontres, je crois, est de faire connaître cette convention, de penser à son application concrète en Bretagne -la convention a été ratifiée en 2006 en France-. Et de s'interroger sur ce qu'on doit sauvegarder ?
Est ce du collectage de musique, de contes, de souvenirs liés à des événements marquants de la région ou des savoir faire pour le cidre, la fabrication des fagots, la galette saucisse...

Pour plus d’infos, je vous renvoie au programme ou à ses possibles applications.

C'est quoi être breton ?

Un petit clin d'oeil à l'actualité...
Qu'est ce que ca veut dire pour vous "être breton" ? Apparemment, c'est une question récurrente puisque Facebook a lancé un défi en janvier : inscrire 150 000 Bretons en 48 heures sur une même page. Et ... il y a eu rush et réussite...
Le magazine BRETONS de février rappelle le livre de Morvan Lebesque "Comment peut-on être Breton ?", qui date déjà de quelques années...
Je sais que le Conseil Régional prépare aussi une grande étude sur le sujet... Bref, peut être une définition de l'identité bretonne en devenir... car l'identité régionale, comme l'identité tout court, est une question d'époque.

Faites donc ce petit jeu.

Quand vous vous sentez Breton ...

Dans les clichés d'hier et d'aujourd'hui !
- Vous ne dansez que dans les Fest Noz !!!
- Vous pestez contre l'abandon des phares par leurs gardiens (c'est la tradition qui s'en va!)
- Vous admirez les prouesses de vos ancêtres en contemplant les menhirs !
- Vous jurez que votre grand mère portait une coiffe au siècle dernier !
- Vous ponctuez toutes vos phrases d'un Kenavo !
- Vous arborez un autocollant "A l'aise Breizh" sur la voiture
- Vous ne ratez jamais le festival des vieilles charrues, la route du rock...
Dans la gastronomie bretonne
- Vous ne vous régalez que dans une crêperie
- Vous achetez uniquement des choux fleurs "Prince de bretagne" (et produits en bretagne!)
- Vous dégustez vos huitres sur le port de Cancale (et pendant les bons mois...)
- Vous ne jurez que par les fraises de Plougastel...
Le patrimoine sportif, culturel ou naturel breton
- La thalasso, c'est dans la ville corsaire de Saint Malo
- Le chemin des douaniers ou le Tro Breizh, c'est quand même mieux que Compostelle !
- Un gite à Brocéliande, rien de mieux pour faire le point !
- Le camping sauvage dans les Monts d'Arrée, c'est fantaaaastique !
- Les hôtels de charme sur les îles bretonnes, c'est le pied !
... Je pourrais continuer dans les clichés (LOL) .... mais je vous laisse la plume !!!! Car votre avis m'interesse !!!

Blé noir ou sarrasin en Bretagne : une farine miracle

Ses origines

On appelle blé noir une plante qui n'est pas du blé. Ce n'est pas une graminée mais une soeur de l’oseille ou de la rhubarbe (des polygonacées).

Blé noir


On l’appelle noir parce que sa farine est grise. Et sarrasin parce qu'on dit qu'il serait revenu du Moyen Orient avec les Croisés (au Moyen Age). Mais c'est la légende... Les historiens (Alain Croix) pensent qu'il a été réintroduit autour du XVè siècle. Revenu ou réintroduit car on en a trouvé trace dans des pollens préhistoriques de la région.

Il devient en tout cas populaire dès le XVIè siècle sous Anne de Bretagne et est alors cultivé dans la Bretagne historique (Bretagne actuelle et Loire Atlantique). Sa production atteint son apogée au XIXè siècle (la Bretagne produit 50% de la production de blé noir française) et devient la base de l’alimentation de la région.

Mais à la fin du XIXe s avec l’essor de nouvelles céréales, de la pomme de terre et de l’élevage, la culture du sarrasin diminue pour atteindre un seuil minimal dans les années 80-90.

On l'importe alors de Russie, de Pologne, du Canada ou du Brésil. Puis, sous l’impulsion d’agriculteurs de Centre Bretagne -la frugalité de la plante est intéressante en ces nouveaux temps écologiques-, sa culture a repris sous des labels bio qui alimentent les crêperies régionales, les fabricants locaux ou les marchés. Les moulins bio fleurissent aussi.

Sa culture

Le blé noir est aujourd’hui semé en mai, juin et la graine peut être récoltée fin septembre. Rustique, il supporte les sols pauvres ou acides, a besoin de beaucoup d’eau. Or, ça tombe plutôt bien, les sols et le climat en Bretagne répondent à toutes ces exigences !

Pour nos paysans pauvres, il avait l’avantage de pousser vite, donc d’immobiliser la terre peu de temps et pouvait être calé entre les cultures d’hiver, après les dernières gelées et celles d’été. Il ne demandait pas un gros travail de préparation de la terre et peu de soins.

Fleur de sarrasin


C’était aussi une plante nettoyante : elle étouffait les mauvaises herbes, s'enfouissait comme engrais vert dans la terre et permettait un meilleur rendement du froment ou du seigle.

A cela s’ajoutait un autre avantage : on pouvait le moudre « gratuitement » dans des petits moulins à bras sans avoir besoin du moulin "payant".

Aujourd'hui le sarrasin a de nouveaux atouts. Sans gluten, très riche en protéines végétales, en acides aminés et en vitamines, il peut être consommé par les allergiques. On s’en sert aussi pour produire de la bière bretonne (sans gluten). Comme plante mellifère, elle permet de produire un beau miel brun très rare (un apiculteur sur le marché m'expliquait qu'il produisait 1 tonne 7 de miel par an et seulement 200 kg de miel de sarrasin!). Ce nectar, il mérite ce titre, est très cher mais très, très parfumé.

Graines de sarrasin


Elle est utilisée ailleurs dans le monde sous d'autres formes (sa région d’origine est l’Asie du Sud-est) : les Japonais, par exemple, en font des nouilles (les "soba" avec la farine) ou des oreillers (avec les graines) qui épouse bien la forme de la tête et permettent de bien se relaxer…

Lisez cet article en anglais : Organic buckwheat in Brittany : a gluten free flour

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