Les paysans bretons des années 1960-70 : souvenirs d’une Bretagne rurale
Par LN, vendredi 14 novembre 2008 à 14:44 - Films et lectures - Tags
Rougir d’être paysan (éditions OUEST-FRANCE) est un livre de souvenirs de deux fils de paysans du Morbihan. Chaque chapitre rappelle le quotidien dans les campagnes bretonnes des années 60.
C’est la fin du monde rural breton, le début de la modernité et l’on partage les sentiments ambiguës de ces deux enfants, les frères Gicquel,

tiraillés entre la honte d’appartenir au monde paysan de leurs parents et l’envie de partager la vie citadine des copains d’école.
On y découvre un monde qui n’est pas si vieux (une petite cinquantaine d’années) : les moments autour du verre Duralex, le couteau qui « signe » par une croix le pain avant de le couper, l’ennui des enfants le dimanche, l’onglée et la résistance au mal des paysans, la mort… De nombreux épisodes du quotidien dans une ferme bretonne sont évoqués dans ce livre qui font ainsi revivre la dure vie d’un monde rural disparu.
Et puis il y a aussi le passage sur la nourriture de la ferme qui, aujourd’hui à l’ère du bio et de la recherche du produit authentique, semble un clin d’œil.
« L’ordinaire alimentaire paysan était aussi source de honte. … Nous tranchions les tartines dans d’opulentes miches rondes de 6 livres (3 kilos) de farine grise cuites dans le rustique four du paysan voisin quand ils [les copains citadins] mâchaient la mie blanche et moelleuse de longs pains blancs sortis du fournil du boulanger. Les pommes du verger, abondantes, parfois talées ou flétries, composaient le dessert de tous les repas , quand les « villotiers » dégustaient poires, oranges, bananes ou les pommes à peau lisse et immaculée, les goldens qui ouvraient l’ère de l’industrialisation fruitière. Mes jeunes dents avaient du mal à croquer le chocolat à cuire quand ils se délectaient de plaquettes de chocolat au lait. »
Le dernier chapitre est surprenant et sympathique. Pour moi, quadragénaire qui ne suis pas issue d’une famille paysanne, j’ai revécu des moments que j’avais oubliés par la lecture de ces écrits.
C’est la fin du monde rural breton, le début de la modernité et l’on partage les sentiments ambiguës de ces deux enfants, les frères Gicquel,


tiraillés entre la honte d’appartenir au monde paysan de leurs parents et l’envie de partager la vie citadine des copains d’école.
On y découvre un monde qui n’est pas si vieux (une petite cinquantaine d’années) : les moments autour du verre Duralex, le couteau qui « signe » par une croix le pain avant de le couper, l’ennui des enfants le dimanche, l’onglée et la résistance au mal des paysans, la mort… De nombreux épisodes du quotidien dans une ferme bretonne sont évoqués dans ce livre qui font ainsi revivre la dure vie d’un monde rural disparu.
Et puis il y a aussi le passage sur la nourriture de la ferme qui, aujourd’hui à l’ère du bio et de la recherche du produit authentique, semble un clin d’œil.
« L’ordinaire alimentaire paysan était aussi source de honte. … Nous tranchions les tartines dans d’opulentes miches rondes de 6 livres (3 kilos) de farine grise cuites dans le rustique four du paysan voisin quand ils [les copains citadins] mâchaient la mie blanche et moelleuse de longs pains blancs sortis du fournil du boulanger. Les pommes du verger, abondantes, parfois talées ou flétries, composaient le dessert de tous les repas , quand les « villotiers » dégustaient poires, oranges, bananes ou les pommes à peau lisse et immaculée, les goldens qui ouvraient l’ère de l’industrialisation fruitière. Mes jeunes dents avaient du mal à croquer le chocolat à cuire quand ils se délectaient de plaquettes de chocolat au lait. »
Le dernier chapitre est surprenant et sympathique. Pour moi, quadragénaire qui ne suis pas issue d’une famille paysanne, j’ai revécu des moments que j’avais oubliés par la lecture de ces écrits.
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