Idées pour une étape originale en Bretagne


C'est mon dernier billet avant les vacances... Je fais une large pause au mois d'août. En attendant, j'ai glané à droite, à gauche des idées de moments ou de séjours un peu originaux, voire insolites. Je ne les ai pas testés... mais si vous le faites, n'hésitez à venir partager vos commentaires pour nous le conseiller... ou nous le déconseiller !!!

Pour ceux qui aiment manger... j'ai entendu parler d'un restaurant... pas comme les autres ! C'est dans le Morbihan que ça se passe, à quelques kilomètres au nord de Lorient, à Guidel, pour être précis, place de l'église ....
Si le resto s'appelle Al pizza, vous n'y mangez pas que des pizzas mais des vrais cocktails d'entomologiste.... Il faut juste penser à réserver une semaine à l'avance (02 97 02 91 86) ... le temps que le patron concocte le menu : friture de grillons en apéro (ils ont un bon goût de noisettes et sont craquants à souhait, parait-il), pizza aux vers (de farine, le ténébrion pour les spécialistes !) pour le plat principal et phasmes ou criquets au chocolat ! Vous êtes devenu « insectophage »... comme de nombreux gastronomes en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie...
Prenez votre tour et le patron vous racontera comment il tombé dans la « fourmilière »... Vous repartez ravi, le ventre plein et enrichi d'une nouvelle expérience ! Bon appétit !

Nature dans le pays de Brocéliande


Une autre idée.... Vous êtes un joueur fanatique... Non, ce ne sont pas les casinos qui vous font vibrer mais les jeux de pistes grandeur nature... Oui, l'auberge des voyageurs, des voyajoueurs est une des étapes de la recherche du dragon, un jeu de piste « vivant ».... (les habitants et les offices de tourisme se plient au ... jeu).
Vous devez, à l'aide d'un GPS et d'un carnet de route partir en quête du dragon et l'apprivoiser. 88 étapes dans le patrimoine du Pays de Brocéliande... Ce pays au carrefour du Morbihan, des Côtes d'Armor et de l'Ille et Vilaine... Si vous en redemandez, sachez que l'auberge est située en face de l’étang du Chaperon Rouge (ça ne s'invente pas !), dans un cadre enchanteur, en lisière de la forêt des chevaliers de la Table Ronde, où les légendes du roi Arthur, de la fée Morgane et de Merlin l'enchanteur se sont passées !

Et surtout... ce lieu mythique regorge de jeux : d'abord l'auberge possède une bibliludithèque (une bibliothèque de jeux) : vous pouvez aussi vous amuser avec des grands jeux en bois, des jeux d'ambiance ou encore profitez des aires de jeux en extérieur... Vous pouvez vous détendre avec des billes, miser avec des jeux de cartes, lancer des dés, tenter les jeux de mots et de pions, testez votre dextérité avec les jeux de palets, les quilles et les toupies ou encore les semailles...
Non, vous préférez les jeux de plateaux ou la Wii... Pas d'inquiétude, tout est prévu...
Y en a pour tout le monde, petits et grands, de 7 à 77 ans, amateurs de jeux d'aujourd'hui et d'hier, d'extérieur ou d'intérieur... des jeux pour deux personnes jusqu'à ....
Bonnes vacances et n'oubliez pas de nous refaire une petite visite pour nous dire comment c'était !

Lire cet article en anglais : Book an unusual restaurant and original inn in Brittany (France)

Pélerinage à Sainte Anne d'Auray : le pardon de juillet

Sainte Anne d'Auray est à l'écart des grands mouvements touristiques de l'été. Et pourtant. Elle a eu ses heures de gloire pendant plusieurs siècles et même maintenant... Sainte Anne a été et est encore un grand lieu de pèlerinage chrétien. C'est un peu le Lourdes local.

Basilique de Sainte Anne d'Auray


La preuve, la basilique, construite au XIXè siècle, à l'époque où les pèlerins étaient trop nombreux pour se tenir dans la chapelle d'Yves Nicolazic.
Confirmée aujourd'hui encore par les quelques 800 000 visiteurs qui se rendent en moyenne tous les ans à Sainte Anne d'Auray (c'est le 3e lieu de pèlerinage en France après Lourdes et Lisieux).
En témoigne encore le parc hôtelier de cette commune de 2000 habitants (qui a la capacité en hôtels et en lits pour accueillir de multiples cars touristiques). Sainte Anne d'Auray saura vous héberger quand la côte morbihannaise toute proche affiche complet (les week ends de printemps quand les gites et autres hébergements sont pris d'assaut... j'ai vécu !).

Revenons au lieu du culte. Tout a débuté en 1622 quand, dans le hameau de Ker Anna, un pieu laboureur, Yves Nicolazic a des "visions"... Ce n'est qu'un an plus tard, dans la nuit du 25 au 26 juillet, que l'énigme est levée... Sainte Anne, la grand mère de Jésus (et des Bretons) se présente... Et plus tard encore, quand la mère de Marie mène le laboureur avec quelques autres croyants à la statue de Sainte Anne... cachée à l'endroit où jadis se dressait une chapelle. La Sainte demande aux fidèles de la reconstruire... 924 ans après.

Voilà la légende qui commence... Sainte Anne, mère de la Vierge et grand mère de Jésus a choisi Yves Nicolazic pour se manifester. Les miracles se poursuivent et la ferveur populaire gagne : le laboureur marié depuis de nombreuses années mais sans enfant, en aura bientôt 4. Pierre de Keriolet, un contemporain de Nicolazic, enfant du pays, bandit de grand chemin, voyou de la pire espèce et libertin se convertira lui aussi...
Les fidèles affluent, qui pour se soigner, qui avec son ex-voto, pour obtenir des faveurs, qui par ses prières, pour avoir une descendance...

Si le lieu était vénéré dès le Vè siècle, au début de l'évangélisation de la Bretagne, la chapelle des origines n'existe plus depuis plusieurs siècles. Et l'édifice qui est construit pour le remplacer est devenu très vite trop petit devant la foule de pèlerins. S'ajouteront à la chapelle, le cloître, la Scala Sancta et la fontaine miraculeuse.

Plan-du-site


La chapelle du XVIIe siècle sera remplacée en 1865 par la basilique actuelle. Elle accueille encore aujourd'hui des milliers de fidèles lors du grand pardon du mois de juillet, jour de la fête de Anne (les 25 et 26 juillet). Son rendu architectural est imposant certes, mais dégage une ambiance triste, grise... C'est une période bien pauvre en terme de création d'architecture religieuse.
Les cinéphiles auront sûrement reconnu la Scala Sancta, l'"échelle sainte" que les pélerins gravissaient et que que l'on voit dans certains films... les Bretonnes à genou, en coiffe récitant des prières parcouraient les escaliers... Un autre monde...

Scala sancta


Sur le site, tout près de la basilique, se trouve un espace dédié à Jean Paul II, seul pape à être venu en Bretagne. Plus de 150 000 personnes étaient venues le voir en 1996.
Vous pouvez aussi visiter la maison d'Yves Nicolazic, qui se situe tout près de la basilique (entrée libre).

Maison d'Yves Nicolazic


Et enfin, tous les ans, à Sainte Anne d'Auray, et pour ceux qui n'auraient pas obtenu les faveurs de Saint Guirec, les célibataires peuvent se retrouver, lors d'un week end organisé en mai, et chercher trouver l'âme soeur !!!!

Lire cet article en anglais : Pilgrimage in France: Sainte Anne d'Auray in july

Patrimoine païen breton : la Vénus de Quinipily près de Baud (Morbihan, Bretagne)

Le mystère de la Vénus de Quinipily fait beaucoup parler … Mais qui est-elle ? J'ai mené l'enquête...

En granit et haute de plus de 2 mètres, elle se trouve dans l'enceinte de Quinipily, tout près de Baud. Pour la trouver, rendez vous à Baud et suivez les panneaux.



Quand vous êtes sur la petite route, longez les enceintes de l’ancien château de Quinipily (aujourd'hui détruit, seuls les communs ont été restaurés),

 l'


et arrêtez vous devant la grille. On vous accueillera avec un petit fascicule trilingue expliquant l’histoire de la statue, vous acquitterez un droit de visite (3 euros pour les adultes) pour pouvoir vous promener dans l’enceinte jusqu’à la Vénus, les bruyères

Bruyère


et plus haut la fontaine Saint Michel.

Premier indice : le guide Joanne de 1883 :
"...les ruines du château de Quinipily et les enceintes étaient recouverts en partie de pierre et de ronces… on aperçoit la statue, placée sur un édicule au dessus d’une grande cuve en granit…. barbare échantillon de l’art antique ( Pas mal le commentaire !!!). Tout ce que l’on peut affirmer c’est qu’au hameau de la Gouarde où elle s’élevait d’abord, cette statue portait le nom de Groarc’h er Gouard (la sorcière de la Garde) et qu’elle y fut jusqu’à la fin du XVIIè l’objet d’un culte grossier que lui rendaient les paysans. On lui apportait des offrandes, les malades allaient la toucher pour se guérir, les femmes relevant de couches se baignaient dans une vaste cuve placée à ses pieds ; enfin les jeunes gens et les jeunes filles qui désiraient se marier se permettaient devant la déesse certains actes répréhensibles.

Vénus sur son piedestal et la cuve de 3600 litres


Transportée en 1696 avec son auge au château de Quinipily par les soins de M. de Lannion, cette figure haute de 2 m ne trahit en aucune manière le culte lubrique dont elle a été l’objet ; on ne peut être plus modeste sans vêtement que cette Vénus hottentote *. On ne sait s’il faut attribuer à M. de Lannion les inscriptions IIT ou LIT … inscrites sur la bandelette qui lui ceint le front.
L’interprétation de ces trois lettres a mis aux abois les archéologues et donné lieu à des discussions sans résultat…"
(* La Vénus hottentote est un type de femme bochimane et non hottentote -pasteurs nomades de l'Afrique du Sud Ouest-. La nudité n'était pas de bon goût à l'époque...)

On comprend mieux après ces commentaires acerbes que le clergé breton n'ait pas toujours eu en odeur de sainteté la statue ...

La notice explicative donnée sur le site affine mes investigations : cette statue serait de provenance très ancienne égyptienne ou romaine … Le clergé de Vannes était très embarrassé par le culte populaire qui lui était voué. Située auparavant sur la montagne de Castennec, les ecclésiastiques voulurent faire cesser les superstitions qui l’entouraient. Elle fut plusieurs fois renversée mais à chaque fois les paysans la relevaient et continuaient leurs rituels. Bien embêtés, les religieux passèrent à l'étape supérieure : la noyade dans la rivière.
"En 1661 et 1690, l'évêque de Vannes la fit jeter dans le Blavet. Sa récupération, en 1698, par le comte de Lannion en son château de Quinipily provoqua un retentissant procès avec le duc de Rohan."
C’est à la suite d’un jugement en 1701 (C'est Lannion qui gagne) qu’elle est finalement installée sur le site où elle est actuellement.

L'enquête progresse... et les informations officielles sur les dossiers électroniques de l’inventaire général du patrimoine culturel vont boucler la boucle de son origine :
"La déesse est représentée nue, les mains sur la poitrine ; une sorte d'étole qui passe autour du cou lui descend jusque sur le ventre."


Vénus égyptienne, romaine ou gauloise ?

Cette statue de plus de 2 m en granit est posé sur un piédestal et a à ses pieds une grande cuve en granit (d’une capacité de 3600 litres) qui était avant alimenté par la source au dessus.
Jusque là pas de scoop, mais est-elle égyptienne, gauloise ou romaine ???
"L'histoire de cette oeuvre remonte à l'Antiquité, elle commence dans la commune voisine de Bieuzy sur la butte de Castennec près du prieuré de la Couarde : une cuve associée à une statue antique représentant une femme, probablement une Vénus, appelée "Notre-Dame de la Couarde", y était vénérée par le peuple depuis des temps immémoriaux…"

"En 1698, Pierre de Lannion sort la statue du Blavet et la fait transporter avec la cuve au château de Quinipily. Lorsqu'il veut la faire retailler pour lui redonner "figure humaine", la pierre éclate en morceaux. Il fait alors sculpter la statue actuelle et la pose sur un piédestal neuf au bas duquel est placée la cuve. L'eau y est amenée au moyen de tuyaux, à partir des sources voisines, notamment celle de la fontaine Saint-Michel située au nord."

Site de la chapelle et fontaine de saint Michel à Quinipily


La statue n'est donc pas antique mais beaucoup plus récente. Pourtant, une incohérence est encore pointée :
"La date de 1696, gravée sur la quatrième face du piédestal est vraisemblablement fausse puisque la statue de la Couarde n'a été tirée des eaux du Blavet qu'en 1698, après son achat par le comte de Lannion. De plus, la fabrication du monument n'a eu lieu qu'après le procès engagé au sujet de la statue entre le duc de Rohan et le comte de Lannion en 1701."

Continuez la balade et vous verrez les traces de l’ancienne chapelle Saint Michel.
Et ce n'est vraisemblablement pas une coincidence que Saint Michel terrasse ici le dragon. Vous savez qui représente le dragon ???

Saint Michel


Et bien le dragon représente les croyances populaires, cultes paiens et autres déviances qu'il faut éliminer ...

Y a pas de hasard...

Horaires de visite de la Vénus de Quinipily


Profitez d'être près du Blavet pour aller visiter Poul Fétan ou Melrand (le village de l'an Mil). Pour vous y rendre, longez le Blavet et perdez vous dans le coin, c'est magnifique...



Lisez cet article en anglais : Venus of Quinipily pagan statue in Brittany (France)

Balade au pays du fromage et des pâtes de fruits des moines de l'abbaye de Timadeuc (Morbihan)

Objectif de la journée : n'est il pas meilleure mise en appétit que de se balader le long du canal de Nantes à Brest pour aller manger le fromage des moines de Timadeuc (Abbaye Notre Dame de Timadeuc 56 580 Rohan).
L'abbaye se situe au centre d’un triangle entre Pontivy, Loudéac et Ploërmel.

Arrêtez vous au village de Rohan. Et garez vous le long du canal. Il y a un parking rive droite quand on se place dans le sens du courant. Traversez le pont et vous apercevez la chapelle de Bonne Encontre, sur la rive gauche de l’Oust, qui remplace l’ancienne chapelle du château de Rohan de 1104. Du château, il ne reste que des ruines. La chapelle date de 1510, comme l’indique une inscription gravée sur son mur. C’est la seule chose que l‘on peut vraiment voir car, en ruine depuis longtemps, elle commence juste à être restaurée et on ne peut visiter l’intérieur pour le moment.

Chapelle de Notre Dame de Bonne Encontre à Rohan


Vous voilà donc à droite devant l'écluse Rohan, la numéro 52 et parti pour 30 à 45 minutes de marche. En avril, mai tout est en fleurs et ça sent bon le miel et les peupliers en fleurs. Vous passez bientôt devant la pancarte indiquant le manoir de Quengo (gîte et BB avec piscine), situé à quelques centaines de mètres au dessus du canal (3 minutes à pied) et très connu des Anglais. Vous croisez peu après l'écluse 51 Quenguo.

Vous allez continuer à découvrir la campagne vallonnée autour du canal, des champs de pommiers rive droite et bientôt la 3è écluse, celle de Timadeuc. Là, une allée à gauche et une croix avec une plaque commémorative à la mémoire du Père Guénaël, déporté au camp de concentration de Buchenwald.

Croix à la mémoire du Père Guénaël


Commencez votre ascension et vous apercevez un grand mur, début du domaine de Timadeuc. Si ça sent la vache, c'est que vous êtes sur le bon chemin!!!
Le domaine est immense et on arrive bientôt face au bâtiment.L’abbaye de Timadeuc a été fondée à l’emplacement du manoir des seigneurs de Timadeuc, dont ils ont repris la devise « espoir en Dieu » en 1841. Le bâtiment actuel a été plusieurs fois remanié. C’est une fondation de l'abbaye de la Trappe en Normandie. Les moines suivent le rythme de vie proposé par la règle de Saint Benoit (prières et travail). Aujourd’hui l’abbaye reçoit des adultes pour des séjours et propose de partager la vie des frères de la communauté. Si le monastère n’est pas ouvert à la visite, vous pouvez assister aux offices. Devant l'accueil, une photo aérienne présente le domaine.

Abbaye de Timadeuc dans le Morbihan


L'accueil s'ouvre sur un magasin qui propose pleins de nourritures. Spirituelles d'abord : des CD (musique classique, religieuse, du monde), une librairie d'ouvrages religieux (à noter un certain éclectisme et une certaine ouverture en cette matière), les derniers romans sortis, des livres pour enfants et des guides et écrits sur la Bretagne. Terrestres ensuite, produits du cru ou fabriqués par d'autres abbayes : savons et huiles essentielles. Enfin de quoi manger : des confitures d'Afrique, des spécialités de moines d’ailleurs en France et celles de Timadeuc.

Vous aurez vu que l’exploitation agricole que l’on longe pour accéder à l’abbaye est imposante et permet donc aux moines d’élever des vaches pour fabriquer du fromage et de s’occuper de vergers pour les pâtes de fruits. Ces productions leur assurent ainsi des revenus.

Fromage et pates de fruits de Timadeuc dans le Morbihan


Parmi leurs produits locaux, il y a un premier fromage le Trappe de Timadeuc (1,7 kg vendu 12,57 euros le kg). Sa pâte au lait cru est moelleuse, et ressemble en bien meilleur au Port Salut et au Chaussée aux Moines. Sa croûte est jaune. (Le site de l’abbaye de Chambarand en propose à la vente par internet. Tout le monde s’adapte !!!). Le second, le Timanoix, 300g est affiné à la liqueur de noix (5,90 euros). Sa croûte est marron et sa recette inspirée – je cite l’emballage – par la recette des moniales de l’abbaye d’Echourgnac (Dordogne). Il a un fort goût de noix.

Les pâtes de fruits (3,15 euros les 250g) sont faites à base de gelée de pommes et d'arômes naturels. Evidemment ça n ‘a pas autant de goût que nos pâtes de fruits super « aromatisées », mais c’est pas mal du tout quand on prête attention à leurs saveurs discrètes.
Les fromages et pâtes de fruits de Timadeuc portent le label Monastic, qui correspond à un regroupement d’abbayes produisant des produits à déguster. Le retour se fait par le même chemin le long du canal, jusqu'à Rohan.

Lire cet article en anglais : Have a nice walk along the canal de Nantes à Brest to discover the cheese and the crystallised fruits of the Abbey of Timadeuc (Brittany, France)