Visiter un jardin en Bretagne : le parc floral et ses chambres d'hôtes


Vous aimez les fleurs, vous aimez les arbres, les parcs floraux et les jardins aménagés. Le Parc Floral de Haute Bretagne, que j'ai visité au milieu du printemps, va vous plaire. Si son nom n'est pas très poétique, les 20 jardins thématiques du parc le sont beaucoup plus.
Situé à une dizaine de kilomètres de Fougères , ce parc crée à la fin du XIXè siècle vous accueille de mars à novembre (Parc Floral de Haute Bretagne, La Foltière - 35133 Le Châtellier tél : 02 99 95 48 32).

Fleurs oranges du pommier du japon



L'avantage de ce type d'excursion, c'est que le paysage change tout le temps. Selon la saison, vous visiterez un jardin aux couleurs différentes...
- Le printemps correspond aux floraisons des camélias, des narcisses. A la fin de la saison, en mai, les amateurs de rhododendrons seront ravis par les 800 pieds plantés dans le jardin.
- L' été , ce sont les rosiers, les hortensias, les lotus ou les lis qui colorent le parc.
A l' automne , les asters et les cyclamens, les liquidambars ou les feuilles orangées des érables finissent la saison.
Amateurs et jardiniers, choisissez votre mois !. Ou prenez un abonnement.
Bien évidemment, de nombreuses autres variétés de plantes, fleurs et arbres (dont j'ignore le nom) poussent dans ce jardin et enchantent les visiteurs.

Magnolias


En une bonne heure et demie, on parcoure les 25 hectares de verdure... J'ai traversé des forêts de bambous (de toutes les couleurs), des allées de roses ou côtoyé des magnolias... Chacun des jardins a sa spécialité : gentianes, pommiers du japon ou camélias... Et chacun y trouvera son bonheur.

Les enfants (3 ans et demi et 4) sont un peu petits pour en profiter... même s'ils ont aimé se perdre dans le labyrinthe. Ou adoré testé l'équilibre du pont suspendu. Par contre, il était trop tôt dans la saison pour profiter des plantes carnivores ... Dommage. Une serre propose d'acheter des plants des plantes que vous avez vues...

Rhododendrons rouges


Le parc propose aussi des locations de salles pour entreprise ou pour les mariages...

le manoir de la Foltière


Ou des chambres dans le Manoir de la Foltière ... Elles sont au nombre de 5 et baptisées avec des noms d'artistes... Renoir, Degas, Monet...
Tout est sur leur site... et si vous réservez tôt, c'est moins cher...

Avis aux organisés !!!



Lire cet article en anglais : Visit a garden in Britain : le parc floral de Haute Bretagne

Ferme pédagogique, mini-golf ou balançoires... Les loisirs de plein air au parc des Gayeulles à Rennes (Bretagne)

Ce parc est situé au nord-est de Rennes. On l'appelait jadis le Parc des bois, ce n'est pourtant pas la fin de la forêt de Rennes mais une création. En 1967, la ville de Rennes décide de créer un parc qui n'ouvrira qu'une dizaine d'années plus tard quand les arbres auront un peu grandi.

La forêt à rennes


Très vite le parc prend de l'ampleur, on y ajoute d'autres terrains et une ferme, les Basses-Gayeulles qui finalement baptisera le lieu. Ce parc fait 100 hectares (c'est le plus grand parc de Rennes). On a l'impression, par endroits, d'être à la campagne...

Paquerettes sauvages


Et par moment, d'être en ville... on peut y faire tout plein de choses... Des terrains de football, des terrains de tennis (02 99 36 59 71) et de squash sont prévus pour les passionnés de petites et grosses balles. Les golfeurs amateurs peuvent s'essayer au mini-golf (tarifs très raisonnables : ça tourne autour de 2 euros). Les amoureux de glisse ne sont pas en reste : chaussez vos patins et testez la patinoire... Les férus de grande bleue pourront, toute l'année, profiter de la piscine ou plutôt de l'espace aquatique ludique.
Dans le parc, rien ne vous empêche de faire de la balançoire ou du toboggan ou encore votre traditionnel jogging dans la nature...

cerisier en fleurs au parc des gayeulles


Et il y a aussi une ferme pédagogique, où les enfants font des activités « comme à la ferme » avec les animaux qui vont avec ! Des lapins, des poneys, des chèvres, des poules et des canards...
Ouverte depuis 1978, les enfants y viennent avec l'école ou le centre de loisirs : ils peuvent jouer à la ferme, participer aux activités quotidiennes : changer la paille des litières, donner à manger aux bêtes ou quand c'est la saison presser les pommes pour en tirer un jus précieux.... Vous pouvez venir avec la famille pour une visite libre : le mardi, le jeudi et le vendredi de 16h30 à 18 heures et faire un petit tour dans la ferme pédagogique : les portes sont ouvertes ! (Ferme pédagogique des basses Gayeulles, rue du professeur Maurice Audin, dans le parc des Gayeulles, Tel : 02 99 36 71 73).

S'il y a un endroit pour camper à Rennes, c'est ici, le camping des Gayeulles : un 3 étoiles ouvert toute l'année (Rue Maurice Audin, 35700 RENNES, Tél : 02 99 36 91 22).

Camping de Rennes


Lire cet article en anglais : Camping with children in France in the capital of Brittany

Le chevalier Du Guesclin et la guerre : épisode de la tour du Grand Fougeray

Il était une fois... il était une fois... une guerre... une guerre de succession entre les membres d'une même famille...pour une couronne ducale... et cela il y a quelques temps... au Moyen Age, au XIVè siècle...

Le duc breton d'alors (Jean III pour ne pas le nommer) meurt sans avoir choisi de successeur... Du coup, les prétendants au trône sont au nombre de deux : le mari de sa fille (Charles de Blois, un neveu du roi de France) ou son frère cadet (Jean de Montfort) soutenu par les Anglais...

Pour départager nos héros, nos rivaux plutôt, il faudra plus de 20 ans... 2 bonnes décennies de batailles entre Bretons... mais aussi entre Français et Anglais. Cette guerre de succession (1341-1364) se passe pendant la Guerre de Cent Ans (c'est la guerre qui oppose les Français aux Anglais, et qui se termine par la mort de Jeanne d'Arc). La Bretagne devient aussi la terre des affrontements franco-anglais...



Bref, de nombreuses aventures vont ponctuer cette période de luttes bretonnes... et cette tour correspond à un épisode de cette histoire : son protagoniste principal est une star du Moyen Age : le seigneur Du Guesclin.

Qui est Du Guesclin ?
Un Breton né à Broons en 1380 ... Il a pris une part active à l'affrontement franco-anglais, cette guerre de Cent Ans qui dure... (1337-1453).
Il a livré moult batailles et été prisonnier bien des fois... Ce Breton, connu pour être le contemporain de Jeanne d'Arc mais mal aimé en Bretagne car soutenant le camp français... (il est même enterré à Saint Denis à Paris)
C'est peut être pour cela que la légende le dit petit et pas très beau, cupide, prétentieux... mais courageux, il l'était.
Duguesclin, non, Du Guesclin veut reprendre le château que les Anglais ont conquis... Le bâtiment que l'on voit aujourd'hui est le reste d'une forteresse du XIIè siècle situé dans le village du Grand Fougeray. Ce village est aux Marches de la Bretagne, cette zone frontière entre la France et la Bretagne, terre de bien des batailles...

L'édifice est donc aux mains des Anglais... En 1354 le chevalier Du Guesclin va la reconquérir par une bonne ruse. Avec quelques soldats, ayant appris qu'une livraison de fagots était prévue, ils se déguisent en bucherons et entrent ainsi dans la bâtisse... Un épisode breton du cheval de Troie...Les Anglais sont possédés et perdent leur conquête....
Vous comprenez maintenant pourquoi le connétable Du Guesclin a donné son nom à ce donjon...où il a joué un tour pendable aux ennemis héréditaires de l'époque... nos amis les Anglais...

Le chateau sera rasé au XVIIIè siècle, seul le donjon sera épargné... Il a été classé monument historique en 1913.

La tour du Grand Fougeray abrite aujourd'hui un restaurant et est entouré d'un grand parc de plusieurs hectares. Et rappelle un épisode de la petite histoire bretonne... Pour les amateurs de vélo, une rando est proposée reliant plusieurs villages du coin... Vive le tourisme vert !

Lire cet article en anglais : Episode of the Hundred Years War with the knight Du Guesclin

Gastronomie et randonnée au Mont Saint Michel : un vrai marathon !

Vous recherchez une escapade originale et insolite dans l'Ouest... Hors saison pour être tranquille... Le Mont Saint Michel !
Vous aimez les pierres, la rando et les spécialités locales... le Mont Saint Michel
Vous êtes un adepte des marathons de l'extrême... le Mont Saint Michel
Ou recherchez à faire une retraite dans un site hors du commun... le Mont Saint Michel, vous dis-je!
Un brin de tourisme entre Bretagne et Normandie...

Le Mont Saint Michel vu de Normandie


On commence par quoi ?

La gastronomie et les spécialités locales, histoire de vous faire saliver... On peut dire qu'il y a quatre raisons de s'arrêter dans le coin.

La baie est célèbre pour ses élevages de moules, la mytiliculture comme on l'appelle quand on est savant ! Si vous scrutez la baie, vous verrez des parcs de bouchots, pieux de chêne plantés dans le sable, couvert de cordes où les moules s'accrochent. Les poteaux sont couverts par les marées. Les moules sauvages poussent aussi de façon naturelle sur les rochers. La baie assure près d'un quart de la production française.

Pour rester dans les mollusques, vous pouvez aussi faire un arrêt huitres à Cancale. L'ostréiculture y est une vieille tradition puisque déjà la renommée des huitres cancalaises s'étendait jusquà Versailles au XVIIIè siècle. Vous pouvez déguster ces mollusques sur le port de Cancale (on vous propose différents types d'huitres), en plein air, assis sur la digue, devant la mer... C'est top !!!


Moins maritime et encore, l'agneau de pré-salé est une spécialité de la baie. Ce jeune mouton a un goût très particulier : il pâture les prés où la végétation est salée et iodée, puisqu'ils sont régulièrement recouverts par les marées. La viande a ainsi une saveur très particulière et est très recherchée car on n'en trouve que dans le coin...

Je peux finir ce parcours gastronomique par une légende, celle de Madame Poulard et de sa fameuse omelette... A déguster sur le Mont... Cette dame a fait la renommée de son restaurant au XIXè siècle, avec une omelette originale cuite au feu de bois. Déjà à l'époque, les pèlerins aimaient s'y arrêter et aujourd'hui, la fameuse préparation est toujours une spécialité du rocher.

Et les balades

Il existe des balades superbes à faire dans le Mont...ou plutôt dans la baie du Mont Saint Michel... Et ce entre Normandie et Bretagne puisque la baie abrite les deux régions...Mais ce ne sont pas des balades à faire non accompagnées. La baie du Mont Saint Michel est depuis toujours réputée pour sa dangerosité... et ce pour diverses raisons :
Les marées ont une très grande amplitude. La baie étant extrêmement plate, la marée remonte très vite sur le sable et surprend le visiteur. Surtout que ce sable est traitre : il est constitué de tangue (un sédiment de calcaire, de limons et d'argile qui servait d'engrais avant... on ne le prélève plus et cela contribue à l'ensablement de la baie) qui se solidifie à marée basse et qui "devient sable mouvant" quand il est à nouveau gorgé d'eau (mon explication n'est pas très scientifique mais c'est le danger de ce sable que je désire pointer). On peut donc à marée basse s'y promener mais bien guidé.
Juste à côté, les herbages qui servent de prairies aux pré-salés sont un site d'hivernage pour les échassiers et est classé site d'intérêt national depuis 1982.

La légende : la baie était, il y a fort longtemps (2000 ans), couverte de bois : la forêt de Scissy... je m'arrête là car c'est un mythe... revenons plutôt sur terre avec un peu de géophysique. La baie fait plus de 500 m2 et deux rochers s'y trouvent : le Mont Saint Michel et Tombelaine. Le premier, un rocher inégal de granit, fait 900 mètres de diamètres de 80 mètres de hauteur. Il abrite la Merveille, son clocher, fait par Frémiet en 1897 et rénové en 1987, représente Saint Michel terrassant le dragon et donne au Mont ses 157 mètres de haut.
Le second a été occupé par les Anglais au XVè siècle mais offre surtout aujourd'hui un beau prétexte à balade.

Pour ceux qui aiment la vitesse... le marathon du Mont Saint Michel est une belle manière de parcourir la région... C'est une course difficile mais qui rassemble des milliers de joggers tous les ans depuis 1997 pendant un week end (8 mai). On dit que c'est une épreuve car on voit l'arrivée pendant des kilomètres...

Pour ceux qui ne souhaite que le repos et le recueillement, le Mont Saint Michel organise des retraites dans l'abbaye. Un site magnifique à découvrir de l'intérieur.

Lisez cet article en anglais : Gastronomy, walks and marathon in the bay of Mont Saint Michel (Normandy- France)

Balade dans Saint Servan (Saint Malo, Bretagne)

Ras le bol de Saint Malo, ses clichés et ses deux millions de visiteurs ? Envie d'embruns sans prendre la voiture ?

J'ai quelque chose pour vous : une balade à Saint Servan. D'abord parce que Saint Malo est accessible par le train. Ensuite parce que Saint Servan (c'est un quartier de Saint Malo depuis 1967) est à un quart d'heure d'intra muros, sur le bord de mer et au début de l'estuaire de la Rance... Et qu'enfin, c'est fort sympathique... et délaissé par la foule malouine !!!

Si vous avez longé la corniche qui borde la cité d’Aleth pour admirer l'estuaire, vous avez fait le bon choix. Vous arrivez devant les vestiges de la cathédrale d’Aleth.

vestiges de la cathédrale de Saint Servan vestiges de la cathédrale d'Aleth


Saint Servan est l'ancêtre de St Malo, je m'explique, c'est d'abord ici qu'a été crée un évéché au VIè siècle. Le futur évèque Malo est arrivé de Grande Bretagne à Aleth au milieu du VIè siècle pour convertir la région. Aleth est attaqué à maintes reprises par les Normands d’abord, les Francs ensuite (VIIIè), à nouveau les Normands (Xè). Ses successeurs, en 1144, transfèrent le siège épiscopal sur le site qui abrite le tombeau de Malo, (d'ou le nom de Saint Malo), et qui est surtout plus facile à défendre.

En 1972, des fouilles permettent de mettre en valeur les fondations des premières traces de l'évéché. Comme l’indique le panneau explicatif,



Aleth était déjà habité bien avant les Romains. Avec l’évangélisation au VIè siècle, un établissement religieux remplace des bâtiments païens, mais il a été, à son tour, maintes fois détruit. La dernière construction de la cathédrale Saint Pierre dateraient de la fin du Xè jusqu'au XIIIè siècle et la ferveur du Moyen Age se voient encore dans les vestiges, qui sont bien imposants (43m de long).

La ville est bientôt supplantée par Saint Malo, qui devient un port commercial important et Saint Servan perd de sa superbe. Surtout que le sable devant Saint Servan décide aussi de lui faire faux bond : en bougeant, l’accès à Saint Malo est plus facile pour décharger les marchandises, Saint Servan a moins d'intérêt.

En rejoignant la mer, vous apercevez la tour Solidor,

les courtines de la tour Solidor


autre construction qui a été bâtie sur des restes de fortifications gallo-romaines. Il y a eu un château avant cette tour, qui a été rasé quand la cité d’Aleth s’esr rebellée contre Saint Malo et ses taxes… au XIIIè siècle.

porche menant à la tour Solidor


Le donjon est composé de trois tours reliées par des courtines (murs qui relient les fortifications),

Solidor


il daterait du XIVè siècle et a été construit pour contrôler l’estuaire.
Comme souvent avec les forteresses, la tour, quand elle n’a plus été utile pour le contrôle de la Rance, est devenue prison. Et maintenant musée. Musée des Cap-Horniers, témoignages de la vie des marins qui franchissaient le Cap Horn (pointe sud de l’Amérique du Sud) : cartes, maquettes, marins célébres…

Saint Servan, à la fin du XIXè siècle, vivait des armements de pêche à la morue (70 navires vers 1880-85). C’était la grande époque !!! Et en 1890, un pont roulant reliait déjà la ville de St Servan à celle de Saint Malo.

La cale devant la tour (à droite)

vue sur la rance de la cale de Solidor


servait pour la liaison en bateau avec Dinard (en face). Elle a cessé avec l’installation de l’usine marémotrice et du barrage de la Rance (années 60).

Actuellement, le véritable port de St Servan se situe entre St Malo et St Servan, dans l’anse des Sablons.

Baladez vous dans Saint Servan. La ville conserve des maisons

maisons à St Servan détails de maisons à St Servan


qui n’ont pas été détruites comme dans la cité corsaire.

Saint Servan


Les parcs sont nombreux et la balade vers le barrage le long de la Rance superbe.

tour Solidor vue du long de la Rance


Lisez cet article en anglais : Visit another saint Malo : the district of Saint Servan

Balade dans un quartier de Saint Malo : la cité d’Aleth à Saint Servan (Bretagne, France)

Vous connaissez la cité fortifiée d’Aleth ? C’est la presqu’île qu’on voit des murailles de Saint Malo au bord de l’estuaire de la Rance mais où on ne va jamais. Et bien suivez le guide…

carte d'Aleth à Saint Servan


Le site de Saint Servan a été occupé bien avant celui de Saint Malo. La cité d'Aleth est devenu évéché au VIè siècle et ce n’est qu'au XIIè siècle qu'il est transféré à Saint Malo.
Depuis 1967, Saint Servan est devenu un quartier de Saint Malo (comme Paramé qui est de la côte de l’autre côté d’intra Muros). C’est la plage des Sablons

vue sur l'anse des Sablons l'été


qui sépare les deux villes et c’est juste là, près du port de plaisance (il peut accueillir jusqu’à 800 bateaux)

port dans l'anse des Sablons l'hiver


que commence le chemin de ronde qui fait le tour de la Cité.

Si vous prenez les escaliers au début du port, vous passerez devant un premier morceau d’histoire gallo-romaine : pile c’est un modeste mur romain

vestiges gallo-romains de Saint Servan


et face, ça devient une muraille.

la plus modeste muraille de Saint Servan


Comme quoi, au gré des recherches, les vestiges changent de statut.
La cité d’Aleth était habitée, avant l’arrivée des Romains, par une des tribus de l’Armorique, les Coriosolites. César a conquis l’Armorique en 56 avant JC et les Romains ont investi la Cité et commencé à construire en dur : vous en voyez les ruines…

Si vous avez longé le port jusqu’au bout et rejoint la corniche par le bout du port,

escaliers menant à la corniche par un temps d'été


vous passerez devant un monument dédié à Charcot(1867-1936).

Charcot


Qui était Jean Baptiste ? Cherchez l’intrus :

-Il est connu parce qu’il était médecin.
-Il a été champion de France de rugby à XV.
-Il a divorcé de la petite fille de Victor Hugo ?
-Il est explorateur polaire et le premier à franchir le cercle polaire arctique et à organiser une expédition française en Antarctique.
-Il est le premier président des scouts de France.
-Pendant la guerre 14-18, il a reçu la croix de guerre française et britannique pour sa chasse aux sous-marins.
-Il est mort alors qu’il devait rejoindre Saint Malo mais a été pris dans une violente tempête.
-Le Pourquoi pas ? était un bateau.
-Il adorait les mouettes.

mémorial à la mémoire de Charcot et du Pourquoi pas ? par un jour de tempête


Et bien tout ça, c’est lui. Quelques précisions : il est connu pour ses expéditions polaires : il a repéré de nouvelles côtes, établit du coup de nouvelles cartes marines, étudié les marées, le magnétisme, la faune et la flore de ces régions méconnues alors. Il a donné le nom de terre de Charcot, en hommage à son père, à une des ces îles de l’Antarctique.
Le Pourquoi pas ? était bien un bateau, il y en a eu 4.
Et pour la petite histoire, le seul survivant du naufrage qui fut fatal à Charcot raconte que le commandant sentant la destruction de son Pourquoi pas ? a libéré la mouette qui était la mascotte de son expédition.

Continuez la balade, vous croisez des cloches métalliques de 30 cm d’épaisseur

impacts de balles sur la cloche


-il y en a 8 - qui dépassent de plus d’un mètre le sol mais qui sont plantés à plusieurs mètres de profondeur. Ces casemates sont reliées entre elles par un réseau de galeries sur plus de 2 kms. Et elles symbolisent bien, avec les traces des impacts, combien la bataille a fait rage lors de la libération de Saint Malo.

En face , vous voyez Dinard et ses centaines de villas classées,

vue de Dinard de la corniche de Saint Servan


et derrière, le cap qui dépasse tout au fond, c’est le cap Fréhel.

vue sur le cap Fréhel par une bonne tempête d'hiver


Au centre de la péninsule, il y a un camping ouvert l’été . Et c'est le genre de paysage qui vous attend !

paysage de la péninsule de Saint Servan par un beau jour d'été


Le barrage qui coupe l’estuaire, c’est l’usine marémotrice de la Rance. Après avoir longé le littoral, vous vous retrouvez dans Saint Servan, qui mérite aussi un coup d’œil.



Lisez cet article en anglais : Walk on the coastal pathway of saint Malo (France) and visit the peninsula of Aleth

Visite du fort de la cité d’Aleth à Saint Servan (quartier de Saint Malo, Bretagne).

Pour accéder au fort de la cité d’Aleth, qui abrite aujourd’hui le Mémorial 39-45, il faut prendre le chemin de ronde de la péninsule. Vous arrivez devant des fortifications

Fort d'artillerie de Mazin


construites par Mazin au milieu du XVIIIè. Non, ce n’est pas du Vauban (1663-1707) comme à Saint Malo, même si ce dernier avait insisté pour fortifier l’embouchure de la Rance.

Il a fallu plusieurs incursions anglaises pour que les fortifications soient construites plus tard en 1759. En effet, le commandant anglais Marlborough, en 1758, est à Saint Servan et réfléchit à une stratégie pour prendre Saint Malo. Attaqué par les tirs de canons des Malouins qui ne lui laisse pas le temps de s’installer, il repart après avoir incendié tous les navires du port de Solidor. C'est suite à cette attaque que, un an plus tard, les travaux commencent et que Mazin construit un fort d’artillerie capable de défendre la Rance.

Fortifications de la cité d'Aleth


Ce fort a repris du galon –façon de parler– avec la 2e guerre mondiale.

Porche du fort d'Aleth de Saint Servan



La Bretagne a une position stratégique lors du conflit. Les Allemands la défendent par la construction du Mur de l’Atlantique (ce sont les fortifications côtières allemandes). C’est pour cela qu’on trouve de nombreux blockhaus sur la côte bretonne. Ils transforment aussi les ports de Saint Nazaire, Brest, Lorient et Saint Malo en forteresse.

Blockhaus du fort d'Aleth


Construit en 1759 et modernisé par l'organisation Todt -c'était un groupe de construction et d'ingénierie allemand qui a construit les fortifications, les bases sous marines, les camps...-, les fortifications allemandes de la cité d’Aleth réutilisent le fort type Vauban. Une trentaine de blockhaus

Blockhaus de Saint Servan


y a été ajoutée, blockhaus qui sont reliés pour certains par des galeries souterraines. Il y avait des fossés antichar et des cloches blindées pour abriter des canons antichars et antiaériens.

En haut des escaliers, sur la "plateforme", on y voit des restes de blockhaus, le Mémorial de la Guerre 1939-1945.

ouverture et horaires du Mémorial de Saint Servan



On visite l'intérieur d'un blockhaus restauré, une exposition sur la Seconde Guerre Mondiale dans la région et on peut visionner un documentaire.

Et à l'extérieur, la vue sur la Rance est superbe.

vue sur la Rance du fort de la cité


et sur Saint Malo.

vue sur Saint Malo du fort de la cité



Si la ville de Saint Malo a été détruite à plus de 70%; Saint Servan, en tant que QG de la zone a aussi connu les affres des bombardements. Les Allemands avaient élaboré une zone de fortification incluant Cézembre, l’île en face, la pointe de la Varde (au bout de Paramé), une station-radar au cap Fréhel et des lignes de défense dans les terres.

Blockhaus de la cité d'Aleth


Toute cette place dans la presqu'île d'Aleth était fortifiée : les Allemands avaient construit plusieurs blockhaus, des casemates, installé des mitrailleuses, des canons et creusé des galeries souterraines qui les reliaient. A sa tête, le commandant Von Aulock dirigeait la forteresse.

Quand les Alliés débarquent en juin 44, la donne change. Ils arrivent à Saint Malo début août et bloquent la zone mais ils sont peu nombreux -les Américains sont en Normandie, ils veulent prendre à revers les Allemands-. Que faire alors ? Bombarder la forteresse et les environs. Les Américains sont arrivés le 2 août et les Allemands ne se rendront que le 17. 15 jours de bombardements intenses :

Arme de la deuxième guerre mondiale


sur le fort du Grand Bé, sur Cézembre et sur Saint Servan et Saint Malo. Les Alliés entrent dans la cité corsaire le 14 alors que la ville brûle depuis le 10. Le commandant Von Aulock, positionné dans le fort de la cité d’Aleth résiste toujours, il ne capitule que le 17 août 1944.

Imaginez la bataille qui a fait rage pendant presque 15 jours dans la zone malouine. Les cloches,



sont en métal et font 30 cm d’épaisseur !!! A Saint Malo, les trois quart de la ville sont détruits. La ville sera reconstruite à l’identique quelques années plus tard et ce pendant 12 ans (1948-1960). Le tracé des rues sera repris, les immeubles reconstruits avec les matériaux restés sur place.

L’ile de Cézembre a résisté plus longtemps encore. D’après le site de l’inventaire général du patrimoine culturel, l´occupant allemand y a construit près de 80 blockhaus (batterie d´artillerie : casemates et encuvements, postes de direction de tir, batteries antiaériennes, abris etc.). Ce n’est que le 2 septembre qu’ils se rendent et c´est la zone du territoire français qui a été le plus bombardée. Les Américains y testeront notamment leurs nouvelles bombes incendiaires au napalm...

Cézembre, île interdite !!!


C’est pourquoi Cézembre, « zone rouge » est théoriquement interdite aux visiteurs
. La zone n’a pas été entièrement déminée, il y reste encore des bombes !!!

Un témoin que j'ai connu raconte qu'ils allaient voir les échanges de tir comme si c'était un feu d'artifices !!!

Lisez cet article en anglais : Visit of the fort of Aleth at saint Servan (district of Saint Malo, France) and the Memorial 39-45

Visite au pays de la Roche aux Fées (suite) : déguster du pain paysan bio en Bretagne

A l’heure où on restaure de nombreux fours à pain dans les campagnes bretonnes, essayez le pain de fagots et froment. En continuant vers Essé , vous trouverez un panneau vers le Theil (D99) et un indiquant Fagots et Froment ( Le Rozay 35150 Essé - 02 99 47 04 26).
Ils font un très excellent pain bio au feu de bois...


C’est une ferme convertie à l’agriculture biologique. En arrivant devant la ferme il y a un petit parking,

fagots et froment


on voit les fagots alignés contre la haie du champ. A l’accueil vous voyez les chariots remplis de pain et entendez les fours qui crépitent.

l'accueil de fagots et froments


C’est une histoire familiale qui se joue ici. Les enfants, qui ont repris la ferme, expliquent qu’ils ont repris le savoir-faire paysan de leurs parents, qui faisaient comme dans toute ferme, eux mêmes leur pain dans le four.

Les fours sont alimentés par les fagots des haies environnantes. Vous connaissez les drôles de paysage de bocage breton avec leurs haies d’arbres moignons. Eh bien ici l’histoire des paysans expliquent le paysage. Le paysan locataire n’avait pas la jouissance des troncs d’arbres. Il était uniquement autorisé à couper les branches en hiver, ce qui les rendait impropre à tout travail de menuiserie par la densité de nœuds qu’ils avaient. Et vous en voyez encore des traces aujourd’hui dans ces rares haies d’arbres vilainement étêtés, qui demeurent après les remembrements successifs.


haies bretonnes



Le pain est fait avec de la farine bio de froment (le blé c’est du froment) produite notamment sur leurs terres. Les exploitants de la ferme essayent de réintroduire ces blés cultivées depuis des siècles. Ils expliquent dans leur site que leur farine a un gluten plus digeste et que d’après certaines études, les molécules de gluten des variétés anciennes étaient mieux tolérées. Intéressant pour les allergiques au gluten, non ! En plus, la farine est obtenue grâce à une meule de pierre. Le pain est pétri à la main , repose et est cuit au feu de bois dans l’un des trois fours de la ferme. Bref de la culture à la réalisation, presque tout est fait sur place. Vous avez dit développement durable



pain paysan


Le seul problème (si c'en est un!), ce sont des pains d’un kilo, (4 € le kilo ce qui ne fait pas cher pour un pain bio, ça fait la baguette à 80cts). Même s’il vieillit bien, ça fait quand même une bonne quantité de pain à manger. Il y en a en farine blanche et d’autres, en semi complète. Tout chaud et légèrement fariné, il est excellent.

C’est ouvert tous les jours de semaine de 10h à 18h et le samedi matin de 10 à 12. Ils vendent aussi sur des marchés de la région (de Nantes à Saint Malo) et dans les magasins bio. Allez voir leur site http://www.fagotsetfroment.com/Points-de-vente.

Vous pouvez aussi commander de la viande, qui elle aussi est bio. L’un des fils élève des vaches de race Parthenaise et en propose en vente directe une fois par mois. La viande est vendu en caisses de 6, 8 et 12 kg, de 12 € le kg pour le bœuf, à 14 pour le veau. Les caisses de 6 kg sont des petites caisses qui tiennent sans problème dans un petit congélateur.
Si vous voulez vous marier dans l'année, continuez vers le Theil et arrêtez vous dans la petite chapelle Notre Dame de Beauvais à la sortie du village direction Sainte Colombe.

chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


Notre Dame de Beauvais ou Notre Dame de la Charité est pleine d’ex-voto, possède de beaux vitraux et a une architecture toute en rondeur. Un beau calvaire sculpté d’une Vierge à l’enfant (XVème siècle) est situé à sa droite. Et ceux qui baisent le pied du calvaire se marient dans l'année !


calvaire de la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


et sur son portail une inscription rappelle sa date de création 1481.


l'inscription sur la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


C’était alors une chapelle frairienne (célébration de la fête patronale du village), elle a été reconstruite fin XIXè s. On y vient encore en pèlerinage pendant la Visitation. Elle devait faire partie d’un pèlerinage qui donnait 100 jours d’indulgence (cf Chapelle Sainte Anne de La Selle Guerchaise) à ceux qui le faisaient.
Si vous voulez finir votre balade par du néolithique, continuez vers Sainte Colombe et cherchez le menhir de Rumfort que les fées de le Roche aux Fées ont laissé tombé dans leur précipitation…

Lisez cet article en anglais : Visiting the surroundings of La Roche aux Fées (Brittany) : taste a local bio bread

Visite au pays de la Roche aux Fées, Ille et Vilaine, Bretagne

On sait tous que ce qui fait l’image d’Epinal de la Bretagne, ce sont les menhirs (juste d'Epinal, car les Bretons et autres Celtes ont des alibis bétons: ils ne sont arrivés que quelques siècles plus tard). Et bien, je vous propose une variante : plusieurs menhirs, ou plutôt un dolmen car c’est du dolmen de la Roche aux Fées dont je vais vous parler.





Situé à une bonne vingtaine de kilomètres à l’est de Rennes, il est caché sous les chênes à quelques kilomètres à l’est de la commune d’Essé (Ille et Vilaine). Du centre d’Essé, c’est simple il suffit de suivre les indications. Le lieu est ouvert toute l’année puisqu’il est en plein air et gratuit.

Le dolmen de la Roche aux Fées est un monument à visiter car c'est certainement un des plus impressionnants qui puissent exister en Bretagne, en France, en Europe et dans le monde!!! Formé d’une quarantaine de pierres, dont certaines pèsent plus de 40 tonnes, il mesure près de 20 mètres de long sur 4 mètres de large et vous tenez debout à l’intérieur!!

le dolmen de la Roche aux Fées


Ce dolmen (table de pierres en breton) est aussi appelé allée couverte, (autrement dit une allée dont les murs et la couverture sont faites de pierres). C’est un long couloir qui commence par un portique imposant

portique de la Roche aux Fees


dont les pierres sont soigneusement taillées, un long couloir et une chambre rectangulaire pour finir. Il est caractéristique d’un type d’architecture de la région voisine (pour les spécialistes Dolmens Angevins à Portique) parce qu’on trouve ce type d’architecture entre Angers et Saumur. Il date de la première moitié du IIIè millénaire avant notre ère (il y a 4500 ans!!).

Il a une longue réputation de patrimoine remarquable puisqu’il est classé monument historique depuis 1840. Les premiers croquis datant du XVIIIe le représentent déjà sous sa forme actuelle . Pourtant pendant sa période d’occupation, le néolithique, ce dolmen n’avait sûrement pas le même aspect puisqu’il devait être recouvert d’un tumulus de terre.

D’après le dictionnaire du patrimoine breton (ouvrage de référence s’il en faut d’Alain Croix), on ne sait pas à quoi il servait : les spécialistes de la préhistoire hésitent entre une fonction de temple ou de sépulture.

On ne peut douter de la haute technicité des hommes de l’époque quand on sait que les petits cailloux rouges de quelques dizaines de tonnes (c’est du schiste pourpré) proviennent de la région de la forêt du Theil à quelques kilomètres au sud. Le néolithique en Bretagne s’étend de – 3500 à – 1800 ans avant JC et correspond au début de l’agriculture et de l’élevage. La domestication des plantes et des animaux permettent un nouveau type d’organisation sociale : des communautés voient le jour avec une spécialisation des hommes et des tâches qui permettent à certains d'avoir de drôles d'idées (moins drôles pour ceux qui trimballent les cailloux!!) et d’ériger de tels monuments. Les détails pour transporter et élever le dolmen sont hypothétiques, on suppose que c’est à l’aide de rondins de bois qu’on faisait rouler les pierres et qu’il fallait un grand nombre de bonshommes pour effectuer le travail.

des pierres de quelques dizaines de tonnes


Le monument est complexe et nous suggère que, déjà, des astronomes en peau de bêtes faisaient la pluie et le beau temps. En effet l’orientation Nord-Ouest Sud-sud-est n’est pas lié au hasard, il reçoit les rayons du soleil qui éclaire son centre au solstice d’hiver. Quelle prouesse technique pour des hommes de la préhistoire !!! Et ça marche encore aujourd’hui… Je vous invite à y aller le 21 décembre et vous verrez…

Ou bien, comme on l'dit dans le coin - et d'ailleurs d'où son nom - ce sont les fées qui ont transporté les pierres de la forêt du Theil à la Roche (version que nous conseillons aux parents qui ont des gamins qui posent trop de questions!).

travail des fees


Elles en ont d'ailleurs laissé tomber un peu partout dans le secteur: la Pierre de Richebourg à Retiers, ou la Pierre des Fées à Janzé. Je vous raconterai la légende un autre jour. Allez d’abord le voir.

En tout cas, vous pouvez le visiter pour trois raisons :
Satisfaire votre curiosité,
Faire la même chose que les indigènes du coin, il y a 4500 ans, le 21 décembre
Pour être sûr d'avoir rencontré l'âme sœur, bien plus fiable et poétique que les critères de meetic, courez un soir de pleine lune avec votre moitié au Dolmen de le Roche aux Fées, aussi appelé Oracle des Amoureux, car c'est ici de tout temps que les hommes ont su s'ils pouvaient se fier à leur cœur. Pour cela, faites le tour du dolmen et comptez les pierres. Si vous trouvez tous les deux le même nombre, mariez-vous (ou pacsez vous ou restez ensemble suivant votre intérêt fiscal !) ça va marcher! Sinon on vous déconseille de penser à des projets communs sur le long terme…
Un dernier détail: le site est libre d'accès ce qui ne veut pas dire que l'on soit libre d'y faire de la varappe!! A cause des indélicats, l'accès à l'intérieur est obturé depuis quelques semaines...

Tous les ans, les journées du patrimoine se déroulent le troisième week-end de septembre, et proposent évidemment des manifestations autour du dolmen. Des visites du mégalithe auront lieu le dimanche et d’autres manifestations des bourgs (Theil de Bretagne, Martigné-Ferchaud Marcillé-Robert Piré-sur-Seiche…) alentour sont prévues avec production et dégustation des produits locaux ( pain, cidre…fest noz). (www.paysdechateaubriant.fr/-Les-journees-du-patrimoine-au-Pays-de-la-Roche-aux-Fees_a4204.html - 38k) En sortant du site, vous pouvez aussi déguster des produits locaux, rendez vous dans le prochain billet…

Lisez cet article en anglais : Visit an old megalithic monument in La Roche aux Fées (Essé, Brittany, France)

Le marché de la Guerche comme départ pour une excursion au chêne de la Vierge (10 kms) et jusqu’à la chapelle Sainte Anne à la Selle Guerchaise (15 kms) un mardi de juin (Ille et Vilaine)

Si vous voulez visiter une ville des Marches de Bretagne et que ce jour est un mardi, allez à la Guerche de Bretagne, car c’est le jour du marché. Et c’est un gros marché de campagne qui vous attend, avant d’aller visiter deux endroits insolites des environs : le chêne de la Vierge et une pagode chinoise dédiée à Sainte Anne, unique en France.

Situé à l’extrémité sud de l’Ille et Vilaine et au carrefour de plusieurs autres départements : la Mayenne, le Maine et Loire et la Loire Atlantique, la localisation de la Guerche a eu une influence sur toute son histoire. La Guerche est une des étapes du circuit des Marches de Bretagne. Les Marches de Bretagne ( les villes de Vitre et Fougères en sont les emblèmes les plus connus) correspondent à une zone frontalière entre les Francs et les Bretons.
Cette petite ville va passer d’une influence à l’autre, tantôt pour se protéger des Francs, tantôt pour lutter contre les Bretons - quand le célèbre Du Guesclin, le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc - achète la seigneurie en 1379, elle passe aux Francs pour revenir ensuite dans le giron breton. Ses environs verront de nombreuses batailles contre les Anglais notamment. La Guerche a donc été une ville fortifiée, a eu un château dès le XIIè siècle, matérialisant le pouvoir du seigneur sur sa seigneurie. Quand la Bretagne devient province française, le château est délaissé, tombe peu à peu en ruine et est détruit au XVIIIè siècle.



La Guerche a donc eu une position stratégique pendant toute son histoire bretonne et elle est un carrefour commercial important avec le commerce des toiles. Au XVIè siècle, on cultive du chanvre et du lin dans la région. Les toiles sont fabriquées dans les fermes alentour, toiles qui sont revendues ensuite au marché à des marchands spécialisés notamment de Saint Malo. Ce commerce prospère a laissé des traces par des maisons à pan de bois et à porche du XVIè et XVIIè siècle. Il en reste de nombreux exemples dans le centre ville. Les maisons à porche servaient de galeries commerçantes, on y exposait les toiles.

Maison à porche dans La Guerche de Bretagne


Le marché de La Guerche est connu depuis 1121, par un acte où il est fait mention d’un marché implanté dans un faubourg, bourg où des moines s’étaient installés. Cette longévité historique explique notamment sa réputation. Il y avait des Halles, en face de la Basilique actuelle, jusqu’au début du siècle où comme dans de nombreuses villes bretonnes importantes on faisait du commerce et l’on rendait la justice. S'il y a quelques années encore, on trouvait le marché aux porcelets ou aux volailles place du Champ de Foire, les commerçants aujourd’hui proposent des produits plus communs.
Le marché se situe autour de la basilique et est ceinturé par deux énormes parkings… qui sont pleins, pleins d’acheteurs des départements limitrophes. On y trouve du textile, des plantes, des volailles et les spécialités des producteurs locaux et des départements limitrophes : miel, pain, farine de blé noir, viande et fromage.

La Basilique Notre-Dame, Monument Historique au centre de la ville, est devenue basilique en 1951 (le titre de basilique s’obtient par décision du pape). L’édifice qui est construit sur la chapelle du château date de 1206, il a été remanié maintes et maintes fois depuis. Son clocher rappelle les clochers du Finistère (pour le visiter, s’adresser à l’Office du Tourisme) et à l’intérieur, – des vitraux du XVI è siècle, à droite en entrant et des stalles Renaissance très travaillées dans le chœur de l’église, et un gisant en tuffeau, tombeau de Guillaume II.

Une fois la ville visitée, les produits du terroir achetés, en route pour le Chêne de la Vierge.

Pour démarrer la balade, vous devez trouver l’indication pour Fontaine Couverte, commune à quelques kilomètres de là. Suivez la rue d’Anjou qui longe la basilique et continuez par le faubourg d’Anjou. Là, sur votre gauche, une indication pour Fontaine couverte, V3 à 8 kms. Prenez cette direction, vous vous promenez dans un lotissement, vous croisez une croix, vous longez le côté droit de la croix. C’est la petite route communale que vous allez fouler pendant toute cette promenade. Vous traversez différents hameaux : Hairie, la Périnelle,…
J’en oublie mais continuez toujours tout droit pendant 2 à 2,5 kms. Vous allez croiser une croix à gauche, vous êtes sur le bon chemin.

la croix pour aller au chêne de la Vierge


Continuez jusqu’au croisement Route de rondes. Là, prenez à droite pendant un km jusqu’au prochain carrefour (Gaumonerie) et commencez à suivre les indications de chêne à la Vierge sur la gauche. Vous arrivez bientôt à un nouveau panneau de chêne de la Vierge. Vous quittez le goudron et prenez un chemin de terre. Vous êtes à quelques centaines de mètres de la forêt et du chêne à la Vierge.

Le chêne de la Vierge


L’histoire de ce chêne est liée à la Révolution et à ses suites : en 1792, une jeune fille fut fusillée au pied de l’arbre pour ne pas avoir voulu dévoiler la cachette d’un prêtre réfractaire à des soldats républicains, les Bleus. Depuis, ce lieu est un lieu de dévotion, comme en témoignent les très nombreuses statues, Vierges et fleurs le long du chêne ; un petit panneau rappelle l’histoire du lieu. Des cérémonies ont lieu le 15 août.

De là, deux possibilités une fois que vous avez retrouvé la route communale : soit vous revenez vers la Guerche, soit vous allez vers la Selle Guerchaise pour découvrir la chapelle du Pâtis. Là, encore elle vaut le détour : une pagode chinoise abritant une statue de Sainte Anne.
Pour rentrer à la Guerche directement, récupérer la route principale et continuer vers la Selle jusqu’ à un croisement indiquant La Guerche. Au bout d’1,5 km, vous tombez sur la bifurcation que vous avez prise route des rondes mais là vous continuez tout droit et récupérez le chemin que vous connaissez vers la Guerche.

Si la chapelle vous intéresse, suivre la direction de La Selle, donc toujours tout droit pendant 2,5 kms jusqu’à une croix. Laissez là derrière vous et continuez quelques mètres vers la gauche et après le tournant, la bifurcation pour la chapelle est indiquée. Elle se situe au milieu d’un hameau de maisons.

Pagode chinoise dédiée à Sainte Anne


La chapelle du Pâtis ou chapelle Sainte Anne est une pagode en bois, octogonale unique en France : elle a été fondée en 1875 par le recteur de la Selle Guerchaise, Francois Lizé. L’abbé Lizé avait été missionnaire en Chine et a ramené la plus grande partie de la pagode à la fin du XIX è siècle. Elle est dédiée à la Vierge et à Sainte Anne . Elle est ouverte et vous y découvrirez l’épitaphe de l’abbé dans la chapelle, des fresques de couleurs vives datant de 1875,76 (rénovées en 1990-91), des saints (Saint Joseph et Saint Joachim).

Statue des saints de la pagode chinoise


Joachim était l’époux de Sainte Anne et donc le père de la Vierge Marie. Sainte Anne, la Patronne des Bretons, est la mère de Marie et la statue en bois qui la représente date du XVIè siècle, elle a la particularité d’avoir les yeux bridés. Elle porte Marie dans ses bras qui porte elle même l’enfant Jésus. Elle provient d’une autre chapelle de la commune, la chapelle du Poncel qui a disparu.

En sortant de la chapelle, continuez vers la Selle et très vite à quelques mètres, vous verrez une nouvelle croix, dont la visite conférait, d’après l’inscription qu’elle porte, 40 jours d’indulgence pour le pêcheur en quête de rémission. Les jours d’indulgence servaient à racheter les péchés et étaient obtenus quand le croyant faisait un pèlerinage, des prières, des dons. Cette croix devait être sur un parcours de pèlerinage et permettait donc une rémission.
Vous voilà sur le chemin de La Guerche, qui est à un peu plus de 4 kms. Une fois dans le village, ne pas prendre la rue du point du jour mais l’autre, qui n’a pas de nom, à gauche qui vous ramène au boulevard d’Anjou.

Lire cet article en anglais : Walk an unusual inland la Guerche and its market a breton oak with a virgin and a chinese pagoda