Huitres triploides : OGM ou pas ?
Par LN, mardi 20 avril 2010 à 11:23 - Fait en Bretagne - Tags
Les amateurs d'huitres laiteuses doivent se dépêcher.... il n'y en aura plus pour tout le monde.... Oui, avant d'aller sur le port de Cancale vous régalez d'huîtres, avant de les choisir sur le marché ou d'acheter votre bourriche chez votre poissonnier en ligne... renseignez-vous !
Les huîtres triploïdes, (qu'on appelle aussi d'un nom flatteur l'huître des 4 saisons), sont une nouvelle variété sur les étals... Une huître singulière, invisible, née dans les laboratoires... de recherche d'IFREMER (Institut public Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer) à la fin du 20è siècle.
Petit bon en arrière...
Les huitres sont consommées depuis toujours... Déjà à la Préhistoire, l’homme du littoral les appréciait... (elles étaient sauvages à l'époque). Les Romains installés en Bretagne en consommaient beaucoup. Plus de 10 siècles plus tard, Louis XIV les adorait toujours.
Devant cette consommation s'est vite posé le problème de la surconsommation... On craignait la disparition des bancs naturels d'huîtres... Déjà au 19è siècle, une réglementation existait n'autorisant la drague des mollusques qu'à des périodes bien définies de l'année (septembre à avril, quand elles ne se reproduisent pas).
Et puis on a pensé à l'élevage : Napoléon III a demandé à Victor Coste d'aller étudier les élevages d'huîtres en Italie. Il devient alors le fondateur de l'ostréiculture moderne et crée les premiers parcs à huîtres. Aujourd'hui l'huitre sauvage est très rare. Et en plus, on la transforme...
Les espèces originelles et les modifiées
Les huitres sont plates ou creuses... et fragiles... On connait tous l'huitre de Belon en Bretagne, qui a été fortement concurrencée à la fin du 19è siècle ... par l'huître portugaise, rejetée par un navire dans la Gironde. Elle sera élevée jusque dans les années 70 jusqu'à ce qu'une épizootie (épidémie) ne l'ait pratiquement décimée. Depuis, c'est l'huître japonaise, une creuse qui la remplace... jusqu'à la prochaine maladie... A moins que les prédateurs ne s'en chargent : les crabes et les étoiles de mer ou les bigorneaux perceur s'en délectent... l'huîtrier pie les aime bien aussi.
Ca, c'est dans la vraie vie, chez l'ostréiculteur traditionnel !. Dans les labo, depuis la fin du 20è siècle, il existe une nouvelle variété qui répond donc au doux nom d'huître des 4 saisons...
Attention à ne pas tout confondre... me dira-t-on... Elles ne sont pas des Organismes Génétiquement Modifiées (OGM) (ce n'est pas une histoire de gêne, mais de chromosome !). On la rend stérile et elle n'est plus laiteuse ! C'est aussi simple que cela !
Ces huîtres dites triploïdes ont deux avantages notables : comme elles ne se reproduisent pas, elles ont plus d'énergie et se développent plus vite. Une huître "naturelle" est consommable à 3 ans, celles ci mettent à peine un an à avoir la taille requise pour être vendue.
Le deuxième avantage est qu'elles sont stériles et donc jamais laiteuses (tant pis pour ma maman qui les aime comme ca !). Oui, vous connaissez les mois en R et les mois sans R (de mai à août) où on ne consomme pas les huitres.... Et bien la laitance correspond à la période de reproduction ... et donc les mollusques, l'été, se vendent moins bien. Celles-ci, les huîtres des 4 saisons, peuvent par contre être écoulées toute l'année.
Les défenseurs de l'huître de 4 saisons me diront que c'est la crainte d'une nouvelle épizootie (épidémie) qui a poussé la recherche à créer une variété résistante. Sûrement... Déjà l'huitre portugaise avait été anéantie dans les années 70... On a peur que la dernière qui pouvait la remplacer, l'huitre japonaise n'ait le même problême et qu'on n'ait plus d'huitres du tout...
Ils ajouteront que la triploide n'est finalement que le chapon des mollusques... Sauf qu'on ne l'a pas crée en laboratoire...
Dernier problème ! Sait-on si elles sont encore aphrodisiaques, ces huîtres d'un nouveau genre ?
Et le consommateur...
Comme d'habitude, on a oublié de lui demander son avis ! Dommage pour lui ! Et puis, on a peu de recul sur cette nouvelle espèce... sur les dangers que cela peut provoquer... Mais qu'à cela ne tienne, la recherche a fait la même chose pour les moules ! On ne change pas une équipe qui gagne !
Et pire, on ne pense surtout pas à l'informer...
Aucune mention ne permet au consommateur de les reconnaitre. Sur les 15000 à 20000 tonnes produites par an, il y en aurait 10 à 15% de la production sans qu'on ne le sache (expliquait un article de Libération).
Alors, qu'en pensez vous ?
Lire cet article en anglais : Triploid oysters : gmo or not
Les huîtres triploïdes, (qu'on appelle aussi d'un nom flatteur l'huître des 4 saisons), sont une nouvelle variété sur les étals... Une huître singulière, invisible, née dans les laboratoires... de recherche d'IFREMER (Institut public Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer) à la fin du 20è siècle.
Petit bon en arrière...
Les huitres sont consommées depuis toujours... Déjà à la Préhistoire, l’homme du littoral les appréciait... (elles étaient sauvages à l'époque). Les Romains installés en Bretagne en consommaient beaucoup. Plus de 10 siècles plus tard, Louis XIV les adorait toujours.
Devant cette consommation s'est vite posé le problème de la surconsommation... On craignait la disparition des bancs naturels d'huîtres... Déjà au 19è siècle, une réglementation existait n'autorisant la drague des mollusques qu'à des périodes bien définies de l'année (septembre à avril, quand elles ne se reproduisent pas).
Et puis on a pensé à l'élevage : Napoléon III a demandé à Victor Coste d'aller étudier les élevages d'huîtres en Italie. Il devient alors le fondateur de l'ostréiculture moderne et crée les premiers parcs à huîtres. Aujourd'hui l'huitre sauvage est très rare. Et en plus, on la transforme...
Les espèces originelles et les modifiées
Les huitres sont plates ou creuses... et fragiles... On connait tous l'huitre de Belon en Bretagne, qui a été fortement concurrencée à la fin du 19è siècle ... par l'huître portugaise, rejetée par un navire dans la Gironde. Elle sera élevée jusque dans les années 70 jusqu'à ce qu'une épizootie (épidémie) ne l'ait pratiquement décimée. Depuis, c'est l'huître japonaise, une creuse qui la remplace... jusqu'à la prochaine maladie... A moins que les prédateurs ne s'en chargent : les crabes et les étoiles de mer ou les bigorneaux perceur s'en délectent... l'huîtrier pie les aime bien aussi.
Ca, c'est dans la vraie vie, chez l'ostréiculteur traditionnel !. Dans les labo, depuis la fin du 20è siècle, il existe une nouvelle variété qui répond donc au doux nom d'huître des 4 saisons...
Attention à ne pas tout confondre... me dira-t-on... Elles ne sont pas des Organismes Génétiquement Modifiées (OGM) (ce n'est pas une histoire de gêne, mais de chromosome !). On la rend stérile et elle n'est plus laiteuse ! C'est aussi simple que cela !
Ces huîtres dites triploïdes ont deux avantages notables : comme elles ne se reproduisent pas, elles ont plus d'énergie et se développent plus vite. Une huître "naturelle" est consommable à 3 ans, celles ci mettent à peine un an à avoir la taille requise pour être vendue.
Le deuxième avantage est qu'elles sont stériles et donc jamais laiteuses (tant pis pour ma maman qui les aime comme ca !). Oui, vous connaissez les mois en R et les mois sans R (de mai à août) où on ne consomme pas les huitres.... Et bien la laitance correspond à la période de reproduction ... et donc les mollusques, l'été, se vendent moins bien. Celles-ci, les huîtres des 4 saisons, peuvent par contre être écoulées toute l'année.
Les défenseurs de l'huître de 4 saisons me diront que c'est la crainte d'une nouvelle épizootie (épidémie) qui a poussé la recherche à créer une variété résistante. Sûrement... Déjà l'huitre portugaise avait été anéantie dans les années 70... On a peur que la dernière qui pouvait la remplacer, l'huitre japonaise n'ait le même problême et qu'on n'ait plus d'huitres du tout...
Ils ajouteront que la triploide n'est finalement que le chapon des mollusques... Sauf qu'on ne l'a pas crée en laboratoire...
Dernier problème ! Sait-on si elles sont encore aphrodisiaques, ces huîtres d'un nouveau genre ?
Et le consommateur...
Comme d'habitude, on a oublié de lui demander son avis ! Dommage pour lui ! Et puis, on a peu de recul sur cette nouvelle espèce... sur les dangers que cela peut provoquer... Mais qu'à cela ne tienne, la recherche a fait la même chose pour les moules ! On ne change pas une équipe qui gagne !
Et pire, on ne pense surtout pas à l'informer...
Aucune mention ne permet au consommateur de les reconnaitre. Sur les 15000 à 20000 tonnes produites par an, il y en aurait 10 à 15% de la production sans qu'on ne le sache (expliquait un article de Libération).
Alors, qu'en pensez vous ?
Lire cet article en anglais : Triploid oysters : gmo or not














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