Rennes a, depuis toujours, les pieds dans l'eau douce... la Vilaine d'un côté, l'Ille de l'autre et des embruns maritimes, salés apportés par le vent... . Cette capitale, régionale, côtière, enfoncée dans les terres, vient de répondre à l'appel de la mer et à adopter son symbole, le phare ...

Depuis le 3 octobre 2013 (le 3-10-13... ca ne s'invente pas !), Rennes a son phare et le code qui va avec. Car tous les phares de la Terre, de la Mer sont associés à une signalisation (une signature lumineuse dit-on dans le jargon) qui les identifie. Celui de Rennes n'est pas en reste puisqu'il signe en morse...

Le phare est posé sur un des immeubles culte du patrimoine architectural moderne de la Ville : la Mabilais (du nom de l'un des nombreux traités de paix -signé en 1795- entre les Chouans et la république francaise). C'est l'architecte Louis Arretche (1905-1991) qui le construit entre 1970 et 1973, Le batiment, estampillé années 70, ressemble à un vaisseau spatial posé en terre bretonne....
C'était, à l'époque, le temple de la modernité, le siège de la direction régionale et territoriale de France Télécom (le minitel, ca vous rappelle quelque chose...). L'immeuble était grandiose et gigantesque (17000 m2) comme les promesses liées aux nouvelles technologies... Il lui fallait une très très haute antenne hertzienne et une soucoupe volante posées sur le bâtiment en étoile qu'est l'immeuble de la Mabilais. Bref une construction remarquable... de près et repérable de loin...

Crédits photographiques : presseagence.com


Le site, au bord de la Vilaine, vient d'être réhabilité par le groupe Legendre -dites le new mabilais maintenant !- qui a demandé à un artiste Bruno Peinado, un Breton d'adoption (jeune... -il est né en 1970- mais mondialement connu … Il a exposé à Paris, New York, Sao Paulo ou Istambul, en Italie, en Espagne et même en Chine.... mais il habite à ….Douarnenez...) de donner une nouvelle âme au lieu...
Le plasticien a opté pour un symbole maritime dans une ville terrestre !!! Mais a surtout voulu (c'est ce qu'on dit de l'oeuvre en tout cas), par des jeux de lumières, communiquer avec la ville et ses habitants dans ce lieu mythique de la communication !!! Et on sait bien qu'un artiste ne fait rien par hasard ... L’antenne et la partie inférieure de la soucoupe volante ont été repeintes en doré... et, en journée, la lumière et les reflets des dorures agissent sur le temps pour éclairer une après midi ensoleillée ou raviver un matin triste...

C'est, à la tombée du jour, que le phare se met en marche, veille sur la nuit rennaise et envoie des codes... en morse... lumineux (le SCOTT). Tatitati tatata tatiti ti, (c'est le titre de l’oeuvre que l'on a traduit par un code dans la ville), ne correspond pas aux signaux qui sont envoyés aléatoirement dans la nuit … et que vous pourrez chercher à traduire... Non, les ta et les ti émis par l'artiste sont des messages secrets... Bruno Peinado rappelle, en utilisant cette langue lumineuse, que si l'art peut paraître hermétique, il y a pourtant un message à déchiffrer... Qui est bienveillant et subliminal... dit-il.... A vous de jouer...

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