Le mémorial de Sainte Anne d'Auray : le monument aux morts des Bretons


Sainte-Anne-d'Auray, ce n'est pas seulement le grand pardon de juillet consacré à la sainte Anne, c'est également un mémorial aux victimes de la 1ère guerre mondiale.
La guerre de 14-18 a fait autour de 10 millions de morts et 20 millions d'invalides dans le monde, plus d'un million de morts en France et on parlait de 240 000 en Bretagne. Le chiffre a été revu à la baisse : on estime plutôt les pertes humaines à 110 à 130 000 morts. N'empêche, la Bretagne a été la région de France la plus ponctionnée proportionnellement à sa population.
Cette Grande Guerre d'un autre siècle commençait le monde moderne : un nouveau matériel de guerre est apparu, les armes ont changé, les tanks, les pièces d'artillerie avec de puissants canons (la grosse Bertha tirait à plus de 9000 mètres), les armes chimiques avec les gaz dans les tranchées...
Et les soldats. Une guerre qui a vidé les campagnes françaises de ses hommes. La Bretagne a fourni de nombreux militaires.

Mémorial de Sainte Anne d'Auray


Les opinions varient pour expliquer cette "ponction" humaine. Pour certains, il s'agit d'une volonté délibérée de sacrifier les Bretons, citoyens de seconde zone, (en France les divisions étaient régionales : les bretons, les Normands...). On connait tous l'histoire de ce soldat bretonnant, non francophone, incapable de se faire comprendre de l'élite militaire et qui finit fusillé par erreur. Ou du Breton considéré comme déserteur alors qu'il revient de se faire soigner et qu'il ne peut expliquer ce qu'il faisait sur l'arrière du front. Certains de ces soldats ont été réhabilités.
Pour d'autres, la contribution de la Bretagne est liée à son caractère extrèmement rural et à son dynamisme démographique. La vérité doit être entre les deux.
Ce mémorial de Sainte Anne d'Auray est, à l'origine, dédié à toutes ces victimes bretonnes de 14-18. Situé juste à côté de la basilique, c'est une grande esplanade ceinturée de dalles gravées et avec, en son centre, un autel imposant.

Fresque à Sainte Anne


Erigé en 1923, le site porte les noms gravés de quelques 8000 soldats, de familles (père et fils !) sur les murs de béton entourant le mémorial. Et donc pas de tous ! Non, ce ne sont pas tous les disparus qui sont honorés ici, mais uniquement les morts des familles qui ont pu payer pour graver les noms de leurs enfants tombés pour la France. Les parents devaient par souscription donner les noms de leurs soldats morts pendant cette guerre. Ce sont essentiellement des milieux aisées ou catholiques qui ont souscrit. La Bretagne rouge n'est pas représentée. Il manque au moins 100 000 noms ! Cette discrimination par l'argent enlève beaucoup de portée à ce Mémorial pour être celui de tous les Bretons !

Noms des soldats disparus pendant la 1ere guerre mondiale


La vocation première du monument en mémoire des victimes bretonnes de la 1ére Guerre mondiale a évolué. Il est maintenant dédié aux disparus de toutes les guerres et lors du pardon de Sainte Anne (25-26 juillet), la messe est célébrée de son autel.

Memorial de sainte Anne


Sainte Anne d'Auray a aussi un important cimetière des victimes de la guerre (regroupant des soldats belges et les blessés morts dans les hôpitaux de l'Ouest).
Un livre de Daniel Emile Millier, un Breton, parle de cette vie de soldats et de toutes ces familles décapitées dans Les fils manqués (fils étant le masculin de filles).

Lire cet article en anglais : The memorial of Sainte Anne d'Auray : a peace monument

C'est quoi être breton ?

Un petit clin d'oeil à l'actualité...
Qu'est ce que ca veut dire pour vous "être breton" ? Apparemment, c'est une question récurrente puisque Facebook a lancé un défi en janvier : inscrire 150 000 Bretons en 48 heures sur une même page. Et ... il y a eu rush et réussite...
Le magazine BRETONS de février rappelle le livre de Morvan Lebesque "Comment peut-on être Breton ?", qui date déjà de quelques années...
Je sais que le Conseil Régional prépare aussi une grande étude sur le sujet... Bref, peut être une définition de l'identité bretonne en devenir... car l'identité régionale, comme l'identité tout court, est une question d'époque.

Faites donc ce petit jeu.

Quand vous vous sentez Breton ...

Dans les clichés d'hier et d'aujourd'hui !
- Vous ne dansez que dans les Fest Noz !!!
- Vous pestez contre l'abandon des phares par leurs gardiens (c'est la tradition qui s'en va!)
- Vous admirez les prouesses de vos ancêtres en contemplant les menhirs !
- Vous jurez que votre grand mère portait une coiffe au siècle dernier !
- Vous ponctuez toutes vos phrases d'un Kenavo !
- Vous arborez un autocollant "A l'aise Breizh" sur la voiture
- Vous ne ratez jamais le festival des vieilles charrues, la route du rock...
Dans la gastronomie bretonne
- Vous ne vous régalez que dans une crêperie
- Vous achetez uniquement des choux fleurs "Prince de bretagne" (et produits en bretagne!)
- Vous dégustez vos huitres sur le port de Cancale (et pendant les bons mois...)
- Vous ne jurez que par les fraises de Plougastel...
Le patrimoine sportif, culturel ou naturel breton
- La thalasso, c'est dans la ville corsaire de Saint Malo
- Le chemin des douaniers ou le Tro Breizh, c'est quand même mieux que Compostelle !
- Un gite à Brocéliande, rien de mieux pour faire le point !
- Le camping sauvage dans les Monts d'Arrée, c'est fantaaaastique !
- Les hôtels de charme sur les îles bretonnes, c'est le pied !
... Je pourrais continuer dans les clichés (LOL) .... mais je vous laisse la plume !!!! Car votre avis m'interesse !!!

Entre Bretagne et Normandie, week end insolite au Mont Saint Michel

Le Mont Saint Michel, une idée de cadeau pour un week end... Car il mérite une visite approfondie...
Avant de vous y rendre, tentez ce petit quizzzzz de questions réponses.... pour savoir ce qu'on ne vous dit jamais sur le rocher... des infos pratiques et des petites anecdotes sympas, un Mont Saint Michel insolite... Vous êtes joueur... Allez-y !

1 - Les habitants du Mont sont :
- des Michelins
- des Montois
- des Miquelots
Les habitants du Mont sont des Montois


2 - Les touristes au Mont Saint Michel, ce sont :
- 30 000 visiteurs par an
- 300 000
- 3 000 000
Plus de 3 millions de visiteurs par an (soit une moyenne de plus de 8000 par jour !) et le chiffre augmente tous les ans. C'est un des sites les plus visités de France après Paris.

Mais cette renommée date d'avant avant hier... Dès le Moyen Age (XIIè), les pèlerins arrivent en foule au Mont et y séjournent plusieurs jours. Les anciennes maisons du XVè et XVIè sont des anciennes hôtelleries ou des boutiques de "marchands d'images". L'aumônerie accueille les indigents. En souvenir, les croyants repartent avec des souvenirs, des ampoules de plomb pleines de sable.

3 - Le Mont Saint Michel et sa vie quotidienne :
Trois familles se partagent le Mont
Il y a une trentaine de résidents
100 commerces animent l'île
Effectivement 3 familles se partagent tant l'administration de la commune (à tour de rôle) que les commerces (autour de 300). Une 40e de personnes y réside. 3 familles, 300 commerces et 3 millions de visiteurs au moins... Décidément le Mont aime le 3.


Le Mont saint Michel en hiver


4 - Le Mont Saint Michel : ses titres et ses récompenses
A votre avis, il est
- classé Monument historique
- inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO
- appartenant à la catégorie "commune touristique"
- est une des sept merveilles du monde
Le Mont est classé monument historique depuis 1874. En effet depuis de nombreuses années, le Mont n'est plus aux mains des religieux, n'était plus entretenu et se délabrait.

Presque 100 ans plus tard, en 1979, il est inscrit à l'Unesco.

En 2009, il vient d'être désigné comme commune touristique c'est à dire qu'il bénéficie d'une capacité d'hébergement certaine pour accueillir des touristes et surtout un régime juridique particulier dans différents domaines (repos des salariés ou vente de boissons par exemple).

C'est une site merveilleux mais il n'est pas dans les 7 merveilles du monde.


5 - Les origines du culte du Mont Saint Michel
- Ce sont les druides qui ont commencé
- C'est un ange qui l'a voulu
- C'est un roi de France qui le construit
"Asile mystérieux des druides ou tombeau consacré à la vénération populaire", c'est comme cela que le guide Joanne le présente dans son édition de 1884.

Ce n'est pas un ange mais un archange... dit la légende. Un archange est un ange supérieur, il est au dessus des anges et il a l'autorisation d'agir sans la permission de Dieu. L'archange Saint Michel demande plusieurs fois à l'évêque d'Avranches de fonder un couvent sur le Mont. "Et lorsque en 709, il y conduisit une colonie de religieux, une empreinte merveilleuse indiqua le lieu où l'abbaye devait s'élever. Des signes célestes déterminèrent l'enceinte et une source jaillit pour fournir l'eau refusée à ces rochers arides".

Le Mont a été attaqué et détruit plusieurs fois au Moyen Age. Philippe Auguste tente de conquérir la Normandie et a demandé à ses hommes de l'assiéger, ils le brûlent. Le roi fit reconstruire l'abbaye et une forteresse à Tombelaine. Il est à l'origine de la Merveille.


6 - Qu'est ce que la Merveille ?
- Le Mont dans son intégralité : village et bâtiments religieux
- les 3 étages du monastère
- une partie de l'édifice religieux
C'est uniquement la partie nord du monastère qui date du XIIIè siècle. Cela comprend quand même 6 espaces différents sur 3 étages : une salle à manger par étage l'aumônerie tout en bas pour les plus pauvres, au dessus la salle des hôtes pour les personnes de prestige type roi... et au dernier le réfectoire des moines.
L'autre aile comprend le cellier, la salle des chevaliers et le cloitre.

L'ensemble des bâtiments religieux est un mélange de styles architecturaux : préroman, roman et gothique se disputent la vedette.


7 - Le Mont Saint Michel et ses surnoms ?
- on l'appelait Tombelaine
- Saint Michel au péril de la Mer
- la Merveille
Non, Tombelaine, c'est un autre rocher de la baie, qui a été fortifié et qui a aussi été l'objet de nombreuses batailles et conquêtes. Par contre, on l'appelle aussi le mont Tombe.

Avec la renommée du pèlerinage qui a un succès international dès le Moyen Age, les fidèles pour se rendre sur le rocher doivent traverser la baie qui est très dangereuse : noyades, enlisements (sables mouvants) sont très fréquents... encore aujourd'hui, il y a des morts... il faut un guide pour se promener dans sa baie. On comprend le Saint Michel au péril de la Mer.


8 - Le Mont et ses nationalités :
- indépendant ?
- Anglais
- Normand
- Breton
Indépendant ! Même si, depuis qu'une digne (1877) relie l'île du Mont Saint Michel à la terre, la baie s'ensable, il ne reste pas moins que ce rocher redevient une île lors des grandes marées. Et doit le rester puisque il y a des grands travaux de transformation de la digue pour permettre à la mer de circuler dans la baie (qui devrait moins s'ensabler) et redonner ainsi au Mont son indépendance d'origine.

Anglais... Oui, pendant la guerre de 100 ans, en 1427, les Anglais après un long siège prennent le site. Les pèlerins, fidèles, continuaient à affluer, grâce à des sauf-conduits qu'ils payaient à l'ennemi.

Alors Breton... En 1204, les Bretons assiègent le rocher, le brûlent et finissent par le prendre... mais pour très peu de temps. Duguesclin, le fameux acolyte de Jeanne d'Arc était breton. Il est capitaine du Mont et a fait construire un logis (1366) pour sa femme Tiphaine (qu'on peut visiter encore aujourd'hui).

ou Normand... Et bien, oui, le Mont est Normand. Cest le Couesnon, la rivière qui se jette dans la baie qui fait la frontière entre les deux régions... et le proverbe bien connu dans le coin :
Le Couesnon dans sa folie
A mis le Mont en Normandie
Quand le Couesnon aura retrouvé la raison
Le Mont redeviendra Breton.

Tout n'est pas perdu !


9 - Le Mont et ses fonctions.
- un lieu religieux très fréquenté du Moyen Age
- une forteresse
- une prison
Le Mont a été un lieu religieux de renommée internationale au Moyen Age. Mais quand l'ordre Saint Michel est crée, en 1469, par Louis XI, c'est le début d'un tournant. Les chevaliers de l'Ordre multiplient les fêtes, les religieux sont nommés par les rois, oublient de s'occuper du Mont et ne font qu'en toucher les bénéfices. C'est la décadence. A tel point que la vie monastique cesse après la Révolution Française et les moines n'y reviendront qu'en 1969.

En parallèle de sa vie religieuse, le rocher a été une forteresse dès sa création (VIIIè siècle) ou presque... Les habitants venaient se réfugier sur le Mont pour échapper aux attaques des Normands (comprenez Vikings) et ont crée ainsi la ville actuelle. Plus tard, ce sont contre les Bretons qu'on se défend ou contre les Anglais. Vous pourrez parcourir le chemin de ronde du Mont et admirer ainsi les remparts et ses nombreuses tours de défense.

Le lieu a servi de prison dès la Révolution française. Si vous visitez le monastère, vous verrez une énorme roue en bois où 5 à 6 prisonniers œuvraient pour monter les cargaisons de vivres en haut du Mont.
10 - Le mont et ses particularités
- il n'y a qu'une seule entrée pour aller dans le village
- il y a une église hors les murs
- il n'y a qu'une rue qui fait le tour de l'île
- Il n'y a pas d'eau potable sur le Mont
- Le chemin de fer arrivait jusqu'au rocher - il y avait des moulins à vent sur le Mont Saint Michel
- le granit utilisé pour les bâtiments vient des îles anglo-normandes
Il n'y a effectivement qu'une seule entrée barrée de 3 portes... La tour Gabriel donne sur un quai qui mène à la chapelle Saint Aubert qui est sur le rocher mais hors les murs.N'oublions pas que l'île a été aussi une forteresse.

Il n'y a qu'une rue qui monte effectivement à l'abbaye.

Pas d'eau potable dans les murs. La fontaine de Saint Aubert est due, dit la légende, à la volonté de l'archange , elle est située sur le rocher mais hors les murs. Elle a été pendant des siècles l'unique source d'eau.

Le chemin de fer est arrivé jusqu'au Mont en 1901 et ce pour une trentaine d'années.

- Il y a eu des moulins à vent sur le Mont. Alors des éoliennes dans la baie...

Oui, oui, ils sont fous ces Normands... Une partie du granit utilisé vient de Chausey... en face certes mais quand même...


Et pour finir, visitez le Mont hors saison... Sinon dans l'unique rue, vous connaitrez les embouteillages piétonniers (c'est vraiment ça, je l'ai vécu plusieurs fois), les queues pour la billeterie... le discours du guide perdu entre les commentaires des touristes japonais (très nombreux) et ceux des Italiens en extase...

Lire cet article en anglais : Between Brittany and Normandy a weekend break at Mont Saint Michel France

Eoliennes et développement durable : pour ou contre

Ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les éoliennes.

C’est quoi une éolienne ?
Il était une fois Eole dieu du vent… Non, j’arrête. Les éoliennes sont les remplaçantes de nos vieux moulins à vent, ceux qui servaient à moudre de la farine ou à faire de l'huile. Ou encore à extraire de l'eau, avec des roues à godets, pour irriguer. Sauf que nos moulins modernes produisent de l’électricité.
Qui a inventé les éoliennes et pourquoi ?
C'est un Danois (fin XIX è) qui est à l’origine de l’idée.
Mais on ne s'y intéresse pas plus que ça, pendant tout un siècle. Jusqu'à l'arrivée des crises de l'énergie : le pétrole dans les années 70 et maintenant la volonté de diversifier les approvisionnements énergétiques, la lutte contre le changement climatique et les gaz à effets de serre... C'est très tendance.
Et les pays les plus équipés sont l’Allemagne (22.000 MW), l’Espagne et les Etats-Unis (12.000 MW), l’Inde (6000 MW).





Et la France alors ?
La France a un très bon potentiel (le second en Europe), et pourtant… l’objectif est l’installation de 17.000 MW d'éolien en 2015. Fin 2007, la puissance éolienne installée était de 2500 MW…

Le Grenelle de l’Environnement a été l’occasion pour le gouvernement français de réaffirmer la nécessité du développement des énergies renouvelables pour atteindre 20% de la consommation finale d’énergie en 2020.

On a encore une sacrée marge devant nous...
La Bretagne ?
La production électrique bretonne ne couvre que 5 % des besoins. 17 000 GWh de consommation pour une production de 610 GWh de production avec le barrage de la Rance en tête 540 GWH et 50 pour l’éolien. Le barrage produit l'équivalent d'un an de consommation d'une ville comme Rennes.
La Bretagne serait une terre d’accueil idéale mais… avec son habitat mité, il est difficile de trouver des lieux ou il n’y ait pas d’habitation à un périmètre suffisant (300 mètres minimum).
Pourquoi c'est si haut une éolienne ?
Parce qu’il y a plus de vent loin du sol. Les pâles peuvent faire 15 mètres et les mats jusqu’à 100.
On peut en mettre partout ?
Non... il y a plein de conditions nécessaires pour installer une éolienne : un sol stable, un réseau accessible pour que le coût de raccordement au réseau ne soit pas trop onéreux, un site avec un vent fréquent et régulier, qui souffle souvent dans le même sens (le matériel est conservateur, il n’aime pas les changements, ni les vents trop puissants). Tout est une question de dosage bien précis.
Il ne faut pas non plus être dans une zone protégé ou que des habitations soient trop proches.
Il faut aussi que le site soit accessible : pas facile de monter des mats de plusieurs dizaines de mètres, la grue et les pales doivent aussi passées !!!
Et la puissance
Il y a 4 types d'éoliennes :
- le grand éolien : puissance > 350 kW
- le moyen éolien : puissance entre 36 kW et 350 kW

Les deux autres sont pour les particuliers ou les entreprises, les exploitations agricoles : le petit éolien à une puissance qui varie entre 1 kW et 36 kW et le très petit (1 kW) sert sur les bateaux de plaisance.
Un exemple de consommation : une ampoule de 100 W allumée pendant 1 heure par jour va consommer en une année 36 kWh.
Plus concrètement, une éolienne fournit l'électricité d'environ 2000 personnes (chauffage non compris).

Pour la maintenance ?
Dans les nouvelles générations d'éoliennes, il y a des ascenseurs… mais quand elle ne fonctionne pas, on monte à pied… et on oublie pas les outils en bas!!!
Pâles d'éolienne


Pourquoi est on contre ?

Il y a tout plein de raisons :
L’irrégularité de l’énergie : pas très fiable comme énergie, ça va ça vient donc on ne peut pas compter uniquement sur elle !!! Elles ne peut qu’être associée à d’autres…

Son stockage : Que fait-on quand trop d’énergie est produite… On ne sait pas encore bien stocker sa surproduction.

Les ondes … peuvent perturber la réception de la télévision.

Et elles seraient dangereuses pour les chauve-souris
Le pour parce qu’il y en a quand même…

Contrairement aux idées reçues, on fait attention aux oiseaux : les projets évitent les couloirs de migration et les études (même la Ligue de Protection des Oiseaux le dit) montrent que ça n'est pas pire que les lumières des villes et autres nuisances…
Le bruit : les premières générations étaient bruyantes et aujourd’hui les éoliennes installées répondent à des normes bien précises quant aux décibels qu’elles émettent. Et c’est un critère qui décide de son implantation. Le niveau sonore d’une éolienne à 500 m est de 35 décibels, c’est à dire l’équivalent d’une conversation à voix basse.

L'électricité est produite sans dégrader la qualité de l’air (pas de rejet de gaz à effet de serre, ni de polluants atmosphériques), sans polluer les eaux ni les sols et sans déchets radioactifs.

Le Grenelle de l’Environnement devrait accélérer le développement de l’éolien : d’ici 2020, 25.000 MW devraient être installés, produisant l’équivalent de 10% de la consommation électrique française, soit 55 térawattheures. Ce chiffre correspond à la production de 7 réacteurs nucléaires ou à la production des centrales thermiques françaises en 2007.

Une éolienne dure environ 20 ans. on peut alors installée un nouveau spécimen ou démantelé le site.
Quant à la santé, les diverses études effectuées ne font état d’aucun impact sur la santé.
Une électricité verte quoi…

Et économiquement
Le secteur éolien, c'est du travail... Il est estimé que, pour une puissance installée de 10 000 MW en 2010, plus de 20 000 emplois seraient créés en France.

Au niveau national, l'énergie éolienne contribue à la diversification et à l'indépendance énergétique du pays.
Pour ceux qui veulent investir, on peut louer ses terres pour recevoir une éolienne.

L'éolienne pour les particuliers

Une petite dans votre jardin ?
Elle fournit de l’électricité pour le foyer mais à quelque conditions :

- sa taille (12m) sans permis de construire (plus haut, il faut un permis et l’autorisation des voisins).
- un jardin (on déconseille de la fixer contre une maison car elle vibre beaucoup) mais vous ne devez pas la fixer à plus de 15 m de votre habitation pour éviter les pertes d’électricité.
Et enfin elles ne sont pas très performantes… pour l’instant. Mais sont parfaites pour des exploitations agricoles, des entreprises qui veulent valoriser leur image par un projet d’avenir ou des particuliers qui souhaitent une énergie respectueuse de l'environnement et diversifier leurs approvisionnements d’ énergie.

Lisez cet article en anglais :
Wind turbines and sustainable development for or against it

La fête de Saint Yves, le saint patron des Bretons

Non, ce n’est pas Yves Saint Laurent et ses parfums qui sont fêtés le 19 mai mais un vrai saint Bernard, un saint religieux, juste et généreux. Saint Yves est, avec Sainte Anne, l’un des saints emblématiques de la Bretagne. Et pour cause, Saint Yves était un Saint. Et voilà qu’on veut le transformer en Saint Patrick et lui consacrer des manifestations culturelles…

Voyons voir…

Saint Yves est fêté le 19 mai dans notre calendrier mais le pardon de Tréguier toujours très célébré, a lieu le 3è dimanche de mai. Une procession menée par l’Archevêque de Rennes rassemble autour des reliques du saint des milliers de personnes.

Yves Héloury est né à Kermartin (Minihy-Tréguier - 1253) et y est mort 50 ans plus tard en 1303.
Issu de la petite noblesse bretonne, il part faire ses études de théologie à Paris et de droit à Orléans avant de revenir en Bretagne comme official (juge ecclésiastique).

Très vite il rompt avec son milieu d’origine et adopte un mode de vie refusant richesse et luxe. D’abord par ses vêtements (un drap écru sur le corps et de simples chaussures), son mode de vie (un repas par jour). Ensuite parce qu’il prêche en breton… langue des pauvres. Il rend aussi la justice équitablement en ne privilégiant pas le riche sur le miséreux.

Il soigne les malades de l’Hôtel Dieu de Tréguier, nourrit les indigents, donne ses vêtements aux nécessiteux et forme les prêtres à la théologie.

Il meurt le 19 mai (jour de la Saint Yves/Gouel Erwan) dans le manoir familial de Kermartin.

Très vite, l’évêque et le duc entreprennent des démarches auprès du Saint Siège pour le canoniser. Elles aboutissent 44 ans plus tard en 1347.

Depuis Saint Yves est vénéré comme patron breton, mais aussi comme patron des professions de justice et de droit, des avocats. Peut être même des notaires...

Il est représenté avec une bourse à la main (ses dons aux pauvres) et un parchemin dans l’autre (comme homme de loi).

Pour le programme des festivités, allez voir le site de la Saint Yves

Le cynorrhodon en Bretagne : fruit du rosier ou de l’églantier ?

Les deux, très chère lectrice et cher lecteur !!! (Je bichonne mes lectrices, je pense que vous êtes plus nombreuses !!!). Le cynorrhodon est le nom donné au fruit des rosiers et des églantiers. Par contre, selon la plante, il n’a pas la même forme et n’a pas, non plus, les mêmes propriétés.

rosier ou églantier ?


Le cynorrhodon, celui auquel je m’intéresse, est utilisé pour les confitures, les sirops, les liqueurs ou les tisanes. Il est très intéressant pour sa teneur exceptionnelle en vitamine C (il en contient nettement plus que les agrumes : 20 fois plus que les citrons !). Une vraie bombe naturelle de vitamines

églantier


Et ce cynorrhodon là, c’est celui de l’églantier -aussi appelé rosier sauvage-, qui est orange rouge et a une forme longue comme une olive. Celui du rosier est rond. Il peut se récolter dès octobre, novembre mais plus on attend, plus les fruits sont sucrés. On trouve l’églantier dans les haies, sur le canal, chez mon voisin...

Si vous attendez les gelées, les cynorrhodons sont plus faciles à éplucher… Car c’est une des singularités de cette petite boule rouge… Et son plus gros problème…

C’est dans sa chair rouge et tendre que sont les vitamines. Mais l’intérieur du fruit est plein de petits poils à gratter (d’où son nom poétique de gratte cul !) qui, s’ils ne sont pas méticuleusement ôtés, rendent les préparations culinaires … très désagréables (démangeaisons au postérieur…).

cynorrhodons d'églantier


Pendant la deuxième guerre mondiale, les Anglais utilisaient les cynorrhodons pour faire des sirops à la vitamine C pour les enfants. En effet, les sous marins allemands coulant les bateaux venant des colonies, les fruits tropicaux étaient bien rares

La recette dès que j’ai un peu de temps, c’est long à éplucher… En attendant, les cynorrhodons se conservent très bien dans le congélateur.

Lisez cet article en anglais : Harvesting rose hips in Brittany, a nautrally high vitamin C program

Les rencontres du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en Bretagne aux Champs Libres à Rennes

Je sais que c’est un peu tard – les rencontres du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en Bretagne – ont lieu le 12 et le 13 décembre mais je ne peux pas ne pas parler de ces rencontres concernant la culture locale dans un blog sur la Bretagne, ses habitudes, ses clichés…

Qu’est ce que le PCI (patrimoine culturel immatériel) ?

L’ Unesco en 2003 par la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a validé l’idée que le patrimoine, ce n’est pas uniquement du « matériel ». Mais soyons didactique et rappelons d'abord ce qu’est le patrimoine matériel.
L’UNESCO est à l’origine de la convention de 1972 pour la sauvegarde du patrimoine matériel (cela rassemble le patrimoine culturel cad les monuments, notamment les … sculpture[s] ou … peintures monumentales, éléments ou structures de caractères archéologiques, inscriptions, grottes […] qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science ; les ensembles : de constructions, …, les sites… qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique.
Et le patrimoine naturelformations physiques et biologiques… qui ont une valeur universelle exceptionnelles du point de vue esthétique ou scientifique, … les formations géologiques et physiographiques … constituant l’habitat d’espèces animales et végétales menacées, qui ont une valeur universelle exceptionnelle… Les sites naturels ou les zones naturelles. En bref, le patrimoine matériel, c'est tout ce qui est solide (construction de l'homme ou de la nature)... mais qui menace un jour de s'écrouler et qu'il faut sauvegarder pour nos descendants !!!

En 2003, l’UNESCO a rapproché le patrimoine de l’immatériel. Je m’explique à nouveau en citant la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel : les traditions et expressions orales, y compris la langue […], … les arts du spectacle, … les pratiques sociales, rituels, et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ; les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.
En résumé, le PCI, ce sont les manifestations de la culture dite traditionnelle et ses savoir faire.
L’objectif de ces rencontres, je crois, est de faire connaître cette convention, de penser à son application concrète en Bretagne -la convention a été ratifiée en 2006 en France-. Et de s'interroger sur ce qu'on doit sauvegarder ?
Est ce du collectage de musique, de contes, de souvenirs liés à des événements marquants de la région ou des savoir faire pour le cidre, la fabrication des fagots, la galette saucisse...

Pour plus d’infos, je vous renvoie au programme ou à ses possibles applications.

Les Bretons et la première guerre mondiale

Le 11 novembre, c’est la fin de la Grande Guerre. Et la Bretagne, c’est la région qui a payé le plus lourd tribut : un mort pour 19 habitants, la France un mort pour 29 habitants entre 1914 et 1918.

monument aux morts en Bretagne


Si le mémorial de Sainte Anne d’Auray commémore 240 000 morts – il a été fait entre 1922 et 1932-, on parle plutôt aujourd’hui de 110 à 130 000 soldats tués. La France compte alors 1,4 millions de morts ou disparus pour près de 41 millions d'habitants (la Bretagne a 2,5 millions d'habitants).

La Bretagne de 1914 est une terre de paysans et de marins. Et on dit qu'elle a payé un lourd tribut parce que sa population était essentiellement rurale : "cette surmortalité s'explique par l'envoi prioritaire des ruraux en première ligne, comme pour les Corses ou les paysans du Limousin" (Bretagne est univers, catalogue du Musée de Bretagne).

noms des soldats morts de 1914 et 15 dans une petite commune bretonne

soldats morts de 1916, 17 et 18  dans une petite commune bretonne


La Bretagne d’alors ne parle pas toujours français. Et dans certains régiments, les ordres sont même donnés en breton. En effet, pendant cette guerre les régiments étaient basés sur un recrutement géographique : régiment de Bretons, de Normands…

Si les hommes sont sur le front, les femmes bretonnes ne chôment pas. La Bretagne est une région agricole, les femmes doivent gérer les terres car il faut ravitailler les armées et nourrir la province. Toutes les parcelles de terrain sont bonnes à cultiver : ainsi le jardin du Thabor, à Rennes deviendra potager. Les femmes doivent aussi fournir la main d’œuvre dans les usines.

La première guerre mondiale nous est notamment connu par un auteur breton Roger Vercel (1894-1957), qui raconte dans certains de ses romans ses souvenirs de la Grande Guerre. Le plus connu encore aujourd’hui -puisqu’il a été adapté à l’écran en 1996 par B.Tavernier- est Capitaine Conan qui a reçu le prix Concourt en 1934.

Lisez cet article en anglais : Brittany and the First World War

Châtaignes ou marrons : quels fruits pour un gâteau ?

Vous savez maintenant que j’habite près d’un canal qui m’inspire dans mes sorties et dans mes billets. L’automne, c’est l’époque des feuilles qui tombent, des champignons, mais aussi des marrons. Et qui dit marrons dit cueillette et donc dégustation. Alors dans vos promenades, comment reconnaître les marrons des châtaignes et lequel peut on manger ? Les marrons grillés, la crème de marrons ? Ce sont des châtaignes. Alors ??? Je m'y retrouve comment ?

chataignier


Les châtaignes et les marrons ne se ressemblent pas.

marron à gauche et châtaigne à droite


1- Le marron
Le marron est seul dans sa bogue, il est plus rond et plus gros et a une tache beige (qu'on ne voit pas sur cette photo mais que vous allez découvrir sur une photo ci-dessous !).

2 - La châtaigne
Par contre, dans la bogue de la châtaigne, on se bouscule à deux ou trois. Le fruit a plus une forme de poire et un petit plumeau sur la tête.

chataignes et bogues


Quand les fruits sont nombreux, c’est pas terrible pour le récolteur parce que tassés, les fruits sont tout petits et ne se mangent pas… En plus, c’est dangereux parce que la bogue est pleine de piquants vraiment agressifs. La châtaigne est mûre quand la bogue n’est plus verte, facile non !!!

Les fruits du marronnier sont les "Marrons d'Inde" et eux ne sont pas comestibles. Même pour les animaux. Il est par contre utilisé pour des préparations médicinales. On l’utilisait pendant les deux guerres pour faire de l’acétone pour les usines d’armements. Ou pour autre chose !!! ( la voilà, la tache blanche !!!).

les marrons et leurs taches beiges


Ce sont les Romains qui nous ont amené les châtaignes d’Asie mineure et c’était bien pratique pour caler les estomacs vides avant l’arrivée des patates !!! (Ca vient d'Amérique, la patate).

La farine n’est pas panifiable – la pâte ne lève pas - mais elle servait quand même, mélangée à du blé, même si le pain restait plat. Bref, c’était pas flatteur tout ça pour la châtaigne, c’était la nourriture des pauvres.

piquantes les chataignes !


Mais heureusement, les temps changent. Aujourd’hui la châtaigne a une AOC en Ardèche, on se l’arrache en Corse pour faire la traditionnelle polenta et elle a une nouvelle vie avec les allergiques au gluten.

Rendez vous pour la recette du gâteau au chocolat et aux marrons dans le prochain billet.

Lisez cet article en anglais : Conkers and chestnuts : which one do I eat ?


Menhirs, dolmens, cromlechs et autres cairns en Bretagne : testez vos connaissances

Menhirs, dolmens, cromlec'hs, vous n’y comprenez rien . Voici les réponses que vous attendiez sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la culture mégalithique… et en quelques minutes …

1 - Le plus gros menhir de Bretagne pèse plus de 30 tonnes ?
Oui et beaucoup plus même. Le menhir, men en Breton veut dire pierre, et hir long est une pierre unique, dressée. C’est la pierre que transporte Obélix dans son dos. Le plus imposant est à Locmariaquer (Morbihan), il est brisé mais il faisait 21 mètres et plus de 300 tonnes.


obelix et son menhir

2 - Un dolmen est un cercle constitué de différents menhirs ?
Non, c'est pas du tout ça. Le dolmen, en breton, table de pierre, est une construction de pierres : une allée couverte, c’est à dire deux rangs de pierres plantées dans le sol couverts par un toit lui aussi en pierre. Le dolmen a souvent perdu son toit… et a différentes architectures avec un couloir plus ou moins long et une à des chambres rondes, rectangles… la Roche aux Fées (Essé, Ille et Vilaine) en est un bel exemple. Il devait être à l’époque couvert par un tumulus (pierres et terre).

dolmen de la Roche aux Fées


3- Et le cromlec'h, le cairn ?
Le cromlec'h c’est un cercle fait de pierres plantés dans le sol.
Le cairn est une construction en pierre (type dolmen) recouverte d’un tumulus, c’est à dire d’une montagne de pierres qui le cache complètement et qui lui donne l’aspect d’une colline, comme à Barnenez et Gavrinis, deux exemples bretons. Ici c’est celui de Dissignac près de Pornichet, Loire Atlantique.

tumulus de Dissignac



Toutes ces constructions sont édifiées à des époques différentes et avaient vraisemblablement des buts différents. Certaines des pierres utilisées dans les constructions sont décorées (idoles gravées, hache, crosse, motifs géométriques). D’autres ont été couchées au sol ou détruites dès l’époque mégalithique, on ne sait pas pourquoi. A l’époque où le christianisme s’impose en Bretagne les pierres sont utilisées dans les rites paiens et l’église qui se méfiait de ces signes du passé les christianise en y ajoutant des croix ou en les gravant à l’image de leur religion.

menhir de Saint Uzec


4 - Les Egyptiens avaient déjà construit leurs pyramides quand nos ancêtres s’occupaient de transporter leurs menhirs.
Et bien non. Certaines des constructions bretonnes sont beaucoup plus anciennes. Ce n’est qu’en 1950 avec le carbone 14 qu’on a pu précisément les dater. On découvre que les hommes du néolithique les ont construites entre – 5000 et – 2000 avant Jésus Christ alors que les Egyptiens commencent leurs pyramides autour de - 3000 quand nos Paléo-Bretons les abandonnent. On a l’impression que toutes ses pierres sont érigées en même temps mais l’architecture des sites évolue pendant les 3000 ans concernés. Les couloirs sont longs, courts, inexistants, à une ou plusieurs chambres…


menhirs et pyramides


5 - Les menhirs , dolmens et autres constructions mégalithiques ont été construits
a - par les Celtes
b - par les druides ?

a - On les attribue à tort aux Celtes depuis le XVIIIè siècle quand les « scientifiques » de l’époque commencent à s’intéresser à ces drôles de constructions. C’est d’ailleurs de cette époque que date le terme mégalithe (1877, le Robert, monument de pierre brute de grande dimension). ils sont arrivés vers - 500.
b – César parle des druides et de leurs constructions en pierre mais on sait maintenant qu’ils les ont utilisées mais pas érigées

6 – c’est Pantagruel et ses amis les géants qui ont laissé des menhirs un peu partout ?
Oui. Pantagruel a laissé une dent à Saint Suliac (menhir de Saint Suliac, Ille et Vilaine) et un caillou qui le gênait dans sa chaussure au Fort Lalatte, au Cap Frehel ...

7 - Ce sont les Fées qui ont déplacé ces pierres de plusieurs tonnes ?
A la Roche aux Fées, oui mais pas ailleurs.

le travail des fées


Cette civilisation du néolithique n’a laissé aucune trace écrite et les archéologues supposent avec ce qu’ils découvrent au gré des sites. Ces hommes maîtrisaient l’agriculture, étaient donc sédentaires, organisés. Un chef devait les diriger et demander l’aide d’autres communautés environnantes pour bâtir ces monuments. Ces mégalithes supposent une société avec des « géologues » (les pierres ne sont pas choisies par hasard et viennent de loin, de quelques kilomètres à plusieurs centaines de kilomètres. A Stonehenge, plusieurs types de pierre sont utilisées , certaines originaires de plus de 210 km), des « ingénieurs » pour l’architecture des monuments, des « astronomes » pour l’orienter par rapport au soleil. Plusieurs expériences ont été menées pour déplacer ou lever les pierres. En 1979 à Stonehenge, une centaine d’hommes sont arrivés à tracter une pierre de 32 tonnes, posée sur des rondins de bois et tirée par des cordes végétales. Pour la lever, il fallait une soixantaine d’hommes qui la faisaient glisser dans un trou préalablement creusé et qui la calaient ainsi.
Quant à la façon dont ils extrayaient les énormes blocs des carrières, les théories disent que les hommes devaient introduire des coins de bois dans les anfractuosités des blocs de pierre, qu’ils les faisaient ensuite gonfler d’eau ce qui fissurait le bloc et détachait la pierre. Il fallait certes être patient.

8 - L’architecture mégalithique n’existe qu’en Bretagne ?
Non, mais la Bretagne avec Carnac est le spot mondial pour le nombre de pierres (près de 3000 mais on pense qu’il y en avaient beaucoup plus à l’époque , on parle de 10000). Il en existe ailleurs dans le monde. On en a trouvé en Colombie ou dans les Célèbes. Et il existe plus près, en Europe, des constructions en pierres monumentales impressionnantes en Corse, en Sardaigne, aux Baléares, à Malte…

9 - Il ne reste plus que 5 à 10% des menhirs qui existaient en Bretagne ?
Oui. Au XIX è siècle avec l’essor des sociétés savantes qui veulent étudier le passé et le mégalithisme, de nombreux sites vont être bouleversés. Les fouilles alors étaient très destructrices, on démontait les tumulus pour voir ce qu’il y avait dedans. Et on le rasait. Parallèlement et ce depuis toujours, les particuliers cherchaient des pierres pour construire leurs maisons, les constructions de routes ou de chemin de fer ne s’encombraient pas de notions patrimoniales.

10 - On ne retrouve pas d’ossements sous les pierres bretonnes parce que ce ne sont pas des tombes.
Ce sont souvent des tombes individuelles ou collectives mais on ne retrouve pas d’ossements en Bretagne car le sol est trop acide et a fait disparaître les os. Si on a rarement retrouvé des ossements, on a par contre retrouvé des pendeloques, perles, haches, flèches, lames, silex, pendentifs…

11 - Et à quoi ça servait, toutes ces pierres ?
Ben on n’en sait rien , on suppose qu’elles avaient un but religieux. Les menhirs ou les alignements sont orientés par rapport au soleil, on a pensé à des calendriers solaires, des repères temporels pour le travail des champs… Les dolmens ou les cairns étaient des tombes… Vous avez des idées…

Vous voulez en savoir plus : les mégalithes : pierres de mémoire, JP Mohen, Gallimard Jeunesse.

Lisez cet article en anglais : Menhirs, dolmens, cromlechs megaliths here is the quizz you're looking for

Rohan : une des familles princières du duché de Bretagne qui a donné son nom au village du Morbihan

Les Rohan sont une des trois familles princières les plus importantes du duché de Bretagne. Leur devise était : Roi ne puis, Prince ne daigne, Rohan suis. Ils ont notamment construit le château de Josselin et sont aussi connus pour avoir participé à la conquête de l’Angleterre avec Guillaume le Conquérant en 1066.
Rohan, c ’est aussi le nom d’un village du Morbihan, où a été construit un des châteaux de la famille dont il reste une chapelle : la chapelle de Bonne Encontre. Ce gros bourg est situé à une dizaine de kilomètres au sud de Loudéac et à une vingtaine à l'est de Pontivy, sur le canal de Nantes à Brest au niveau de l’écluse n° 52. Si vous cherchez bien, mais je ne l'ai pas trouvée, le long du canal, il y a une borne où l'ancien nom de Pontivy apparaît, à savoir ... Napoléonville. Si vous la trouvez... faites moi signe.
Et pourquoi Napoléonville ? En 1802 Napoléon a en effet décidé de se servir de Pontivy, ville acquise aux idées de la révolution perdue dans une campagne restée royaliste et chouanne. A mi chemin entre Rennes et Brest et au centre de la Bretagne, Pontivy avait une position stratégique rêvée pour contrôler la province. De plus, l’Empereur voulait en faire une ville militaire qui, une fois reliée au futur canal de Nantes à Brest, approvisionnerait la marine,. Elle devint en 1804 Napoléonville. Mais elle change de nom à diverses reprises : Bourbonville sous la Restauration (1814-15), à nouveau Napoléonville pendant les Cent Jours (1815), elle reprend le nom de Pontivy à la chute de Napoléon, et son oncle neveu (comme m'a corrigé un internaute, !merci) Napoléon III la rebaptise Napoléonville. Ce n’est qu’en 1870, qu’elle a repris le nom de Pontivy. On s’y perd, non !!!

Lire cet article en anglais : Rohan a famous family in the Duchy of Brittany that gave its name to the village of Morbihan