Les fraises de Plougastel : tourisme ou patrimoine gastronomique ?


Manger 5 fruits et légumes par jour qu'on nous dit...

Certes, mais entre la tomate sans goût, la pêche pas mûre et la fraise insipide... C'est pas toujours facile !
Sauf... Sauf si, dans la famille des fraises, vous choisissez celles de PlougastelLes gariguettes….

Des petits fruits longs et très « goutés » comme on dit en Bretagne...

Plougastel est depuis longtemps connue comme une terre de fraises. Là encore, c’est une histoire de climat… comme souvent pour la culture des primeurs en Bretagne. La mer régule les écarts de température et la saison dure d’avril à novembre.

Gariguettes de Plougastel


Les champs de fraises sont situés loin du bourg de Plougastel Daoulas. Au siècle dernier, les fraisiers étaient protégés par des murets. Aujourd’hui les plants se cachent sous des tunnels ou dans des serres.

C’est au XIXè siècle que la fraisiculture devient très importante, remplaçant la culture du lin qui faisait alors la fortune bretonne. Le lin servait à faire des toiles (daoulas) qui étaient exportées dans le monde entier. Mais la concurrence américaine et anglaise obligent les producteurs de cette fibre végétale à évoluer. C’est notamment la fraise sur la presqu’île qui remplacera le lin.

Les producteurs produisent à l'époque jusqu’à 25 % de la production française et cherchent des débouchés. Ils se regroupent et tentent … l’Angleterre. Ou Paris quand le chemin de fer Brest Paris s’ouvre en 1865.

Depuis la culture oscille entre des périodes fastes et moins bonnes… La concurrence est rude et il s’agit de se distinguer sur le grand marché international de la fraise.

C’est vrai que la gariguette se mérite… Elle n’est pas la moins chère des fraises mais cueillie à la main, à point et disposée délicatement dans des barquettes, elle est pleine d’odeurs et extrêmement savoureuse. Pas besoin d’y rajouter du sucre, comme elle est récoltée à maturité… Et puis si vous êtes pro développement durable, voilà une fraise produite dans le coin et qui ne voyage pas beaucoup…

Et si vous achetez des fraises bio, vous verrez peut être des fraises avec de drôles de formes : ce sont des fleurs qui ont été mal butinées par les abeilles et qui poussent « déformées »…

Fraise déformée car mal butinée


Et si l’histoire de la fraise vous passionne, sachez que dans nos contrées, la fraise des bois existe depuis toujours (au moins les Romains). C’est Amédée François Frézier qui nous a ramené une variété sud américaine et qu’il est à l’origine de sa culture importante à Plougastel.

Le site du musée de la fraise à Plougastel est plein de recettes. Un producteur de fraises propose aussi de visiter son exploitation.

Alors la fraise bretonne : une tradition ? Un patrimoine gastronomique ? Une spécialité bretonne ?

Lisez cet article en anglais : Gastronomy or heritage : the strawberries of Plougastel

L’artichaut de Bretagne

C’est la pleine saison des artichauts. Le calendrier pour les manger va de mai à novembre, la plante va donner plusieurs capitules (c’est le nom savant de ce que l’on mange).

L’artichaut est un chardon domestiqué… Si vous l’avez vu en fleur,

Fleur d'artichaut


elle ressemble à celle du chardon toute bleue violette et elle sent très bon… La plante est presque un buisson, qui peut atteindre 2 mètres de haut et qui fournit plusieurs artichauts.

Cinq têtes sur un pied


Plante bisannuelle ou même trisannuelle (elle donne 2 à 3 ans), sa reproduction se fait le plus souvent par œilleton… Un petit artichaut, un rejet, qui pousse à côté du grand et qu’il faut replanter en lui coupant les feuilles.

Rejet d'artichaut replanté


Son nom vient de l’italien qui l’a lui même repris de l’arabe. On l’a dit la plante est méditerranéenne. Connue en Italie dès le IX è siècle, c’est le mariage du roi Henri II avec une Italienne Catherine de Médicis (1533) qui va le populariser en France.
Ca a du bon les mariages, ou les rois… ou les deux…

L’artichaut est pourtant une plante méditerranéenne à l’origine mais elle se plait en Bretagne, sur la côte nord, la fameuse ceinture dorée autour de Roscoff … Pas étonnant car la zone est une zone de primeurs et connaît peu de variations de températures.

Champ d'artichauts à Roscoff


C’est une culture récente en Bretagne, début du XIXè introduite par un agronome parisien… Le camus de Bretagne est très vite devenu l’artichaut préféré des Français (le petit violet, l’artichaut du sud a moins de succès). La région Bretagne en produit plus des trois quart en France. C’est l’espèce la plus grosse (2 à 3 têtes par kilo), celle que l’on mange épluché.

D’ailleurs, depuis 2000, Prince de Bretagne, le grand producteur de primeurs bretons s’affiche au gré des champs et propose une route touristique des légumes. On voit les panneaux sur la route… et puis rien…

En Italie ou en Espagne, on mange des variétés plus petites souvent entières, conservées dans l’huile.
Le Pérou a fait une entrée remarquée dans la production d’artichauts puisqu’il est devenu en quelques années l’un des grands exportateurs de la variété conservée dans l’huile.

L'artichaut sert à faire une liqueur le Cynar dans la péninsule italienne et au Viet Nam ce sont ses feuilles qu’on utilise en thé. Le foin que l’on trouve dans les cœurs peut servir à cailler le lait.
Et pour finir, vous connaissez le fameux : avoir un coeur d'artichaut...

Lisez cet article en anglais : Artichoke : a French speciality from Brittany