Agriculture biologique en bretagne


Les histoires de l’île de Batz : prétexte à une balade

VRAI ou FAUX
L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC)
Un village est enseveli à l’est de l’île
L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre
Le phare de l’île se visite
Enez Vaz veut dire l’île au dragon
Les algues ont remplacé les arbres sur l'île
Les Brittaniques ont laissé des traces sur l'île
L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques
A vélo ou à pied, allez chercher les réponses...

L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC).
Oui, on pouvait s’y rendre à marée basse. Au siècle dernier, une trentaine de tombes qui ont 4000 ans ont été découvertes par Georges Delaselle, le fondateur du jardin colonial. Ce dernier a creusé une cuvette dans l’extrémité est de l’île (où est actuellement le jardin) pour abriter ses plantes exotiques. Il a protégé l'espace par une haie de cyprès et de pins.

Batz la sauvage


Un village est enseveli à l’est de l’île.
Oui, l’actuel village est récent. Jusqu’au XVII è siècle, le village se trouvait à l' est de l’île, où sont les tombes du néolithique. Cet endroit a peut être même été habité en continu depuis l’âge du fer, car on y a trouvé d’autres traces de présence humaine. En tout cas, l’ancien village est recouvert par 6 mètres de dunes.

On le comprend bien quand on va à la chapelle Sainte Anne. Cette église romane est cachée pour moitié dans les dunes. Ses piliers carrés ont remplacés le monastère édifié par Pol Aurélien, ce Gallois arrivé au Vè siècle en Bretagne pour la convertir. Vers 530, il y crée un monastère qui sera détruit par les Vikings en 878. Ce n’est qu’à la fin du XI è siècle, quand le calme est revenu que les moines réédifient une église. Quand les sables menacent, elle est peu à peu délaissée pour l’édifice du centre ville actuel.

Ses ruines auront tout de même servi de dépôt d’artillerie un peu avant et après la Révolution. Aujourd’hui une messe en plein air est célébrée pour la Sainte Anne fin juillet.
La chapelle est classée depuis 1980 ainsi que le cimetière.

Chapelle deu Pénity ou chapelle Saint Anne


L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre.
C’est comme cela que le guide Joanne présente l’île en 1884 : Dans cette île, tous les hommes sont marins. Le sol est exclusivement cultivé par les femmes.

Et il y en eut des célèbres, des hommes. Un natif, Yves Trémintin, un marin de commerce qui bientôt se met au service de l’Etat comme pilote côtier. Il se distingue par son courage en luttant contre les pirates et perd une jambe. Il s’est retiré sur son île claudiquant…
Il y a aussi un corsaire portugais... Balidar, qui hait l’Anglais et vient aider les Français pendant la Révolution… Il se cache dans le chenal et attend l’ennemi … Les Batziens lui font signe du corps de garde, la maison du corsaire, et il attaque.

Dans le fond, on distingue la maison du corsaire


Le phare de l’île se visite.
Oui, il a été construit entre 1836 et 1852. Il faut monter ses 210 marches par contre…

Phare de l'île


Enez Vaz veut dire l’île au dragon.
Non, l’île de Batz en breton. Par contre, on l'appelle aussi parfois l'île au bâton… et je ne sais pas pourquoi !
J'ai envoyé des mails de ci de
Mais de réponse il n'y a
Si, si, la réponse, la voi
Baton en breton se dit bazh

Par contre, c’est bien un dragon qui habitait l’île il y a quelques siècles.
La légende affirme qu'il y eut jadis ... un dragon qui exerçait des ravages terribles. Aux premiers siècles de l'ère chrétienne, Pol Aurélien, ... arriva à Batz pour y exercer son ministère. Le gouverneur de l'île supplia le saint de délivrer le pays de ce monstre...
Avec un gentilhomme ... de Cléder, il se dirigea, ... vers l'antre de la bête. Arrivé là, il lui ordonna de sortir. Le dragon ... avança vers les deux téméraires...
Sans se laisser intimider par ... l'animal, Pol* lui entoura le cou de son étole**... Mené par cette laisse improvisée, il suivit docilement le saint ... jusqu'à disparaître dans la mer.
On montre encore au nord de l'île, à l'endroit qui porte le nom de " Toul ar sarpent ", le Trou du Serpent, la griffe du dragon dans la pierre.
Les deux héros furent récompensés. Le gentilhomme reçut le privilège ... d'aller à l'église l'épée au côté ... Quant à Pol, il reçut de nombreux présents dont un palais qu'il transforma en monastère. Mais il ne se borna pas à ce premier miracle ; c'est lui qui fit jaillir une source dans l'île,... guérit trois aveugles, deux muets et un paralytique. Après sa mort, vers l'an 600***, il fut enterré à Saint-Pol-de-Léon.
* Confiant dans l’Evangile qui donnait aux apôtres le pouvoir de vaincre les serpents
** L'étole est conservée dans la nouvelle église de Batz.
***On dit que Pol Aurélien a vécu 102 ans… Ca conserve les dragons !

et c’est pour cela que ça s'appelle le trou du serpent ! Où est caché le dragon, c’est logique, non ?

Non ! Parfois, dans les légendes bretonnes, les serpents se substituent aux dragons (car le dragon a fréquemment un lien avec une fée et il n'y a pas de fée partout). Le serpent est aussi plus familier donc plus assimilable. Ces figures légendaires sont en tout cas souvent le symbole des religions païennes dont il faut se débarrasser...

Le trou du dragon


Les algues ont remplacé les arbres sur l'île…
Il y avait très peu d'arbres sur l'île... Et ça posait problème...

Quelques arbres


Les îliens suppléent à l’absence de combustible par du goémon sec et des galettes composées de fiente de vache et de paille hachée qu’ils font sécher au soleil contre les murs extérieurs de leurs maisons. (Guide Joanne 1884). On s’en servait alors pour se chauffer ou cuire des aliments.
Par contre il fallait les récolter : à marée basse ou dans l’eau froide jusqu’au genou, quand c’est la saison, les femmes tiraient le goémon hors de la mer… Pas toujours facile… d'être une femme à Batz !

Aujourd’hui la récolte se fait en tracteur ou avec des scoubidous, ces drôles de bateaux armés d’un long bras qui font cueillir les laminaires au fond de la mer.

Ramassage des algues


Les Britanniques ont laissé des traces sur l'île.
Si on veut... C'est plutôt le contraire... C'est pour défendre la baie de Morlaix contre les Anglais... Il y a plusieurs vestiges de fortification. Certaines du XVIIIè siècle : 4 batteries : celle de Penn Ar C'hleguer qu'on voit encore se situe après le jardin exotique, la batterie du Bilvidic, sur la pointe opposée et les deux autres sur les pointes restantes.
Il y a aussi des restes du Mur de l'atlantique (système défensif allemand de la seconde guerre mondiale) avec des blockhaus... Mais la végétation les a bien cachés....

L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques.
La moitié de l’île est cultivée en agriculture bio. Les terres de l’île de Batz sont des terres de primeurs. Les parcelles sont protégées par des petits murets ou des haies et à l’abri et fertilisées par les algues. Les pommes de terre, le fenouil, la rhubarbe… poussent avec quelques semaines d’avance sur le continent.
On y fait jusqu’à 3 récoltes par an, parfois le ramassage se fait à la main. L’île a bien mérité son label.



Lisez cet article en anglais : History of the island of Batz :pretext for a walk

Sources notamment Daniel Hillion et Daniel Mingat, l’île de Batz (édition Ouest France, 1996).

Pourquoi ne pas lire aussi :


Le salon Bio Respire est à Rennes fin février

Une fois encore, si les notions de développement durable, alimentation biologique ou habitat écologique vous intéressent, allez faire un tour à la 6è édition de ce salon bio et bien-être.

Ce salon accueille moult exposants, liés de près ou de loin, à toutes ces notions environnementales. Vous y trouverez des producteurs et des viticulteurs biologiques, des professionnels de la santé et de la relaxation ou des cosmétiques respectueux de la nature, des représentants du prêt à porter et de textiles doux pour la planète, des acteurs du commerce équitable.



Des spécialistes des nouvelles constructions écologiques, économes en énergie ou des distributeurs de matériaux innovants (Exemple de thématiques du site du salon : Architecture économe, énergies renouvelables, matériaux de construction, revêtements de sols, revêtements muraux, enduits, vernis et peintures non toxiques, chauffage, capteurs solaires, mobilier ergonomique, literie, ioniseurs, filtres à eau, économiseurs d'eau, matériel culinaire, produits d'entretien…) vous informent sur leurs produits.
Le jardinage ou le secteur de l’édition a aussi leurs stands… Bref, tous les secteurs sont représentés, il suffit d’aller y faire un tour et le consommateur avisé pourra trouver des réponses à ses questions.

Ce salon fait le tour de la France pendant toute l’année. Bio & bien-être a lieu dans 6 autres villes moyennes françaises : Angers, Chartres, Clermont Ferrand, La Rochelle, Le Mans, Poitiers et Vannes.
Rendez vous au Parc expo (Parc des Expositions de Rennes Saint Jacques) pendant 3 jours (27 Février au 1er Mars 2009). Ouvert de 10 à 19h le vendredi, samedi et dimanche, il propose même une nocturne jusqu’à 22h le vendredi. Tout ça pour 4 euros (payent les plus de 12 ans).

> Lire cet article en anglais : The ecological fair Bio Respire at Rennes Brittany France

Visite au pays de la Roche aux Fées (suite) : déguster du pain paysan bio en Bretagne

A l’heure où on restaure de nombreux fours à pain dans les campagnes bretonnes, essayez le pain de fagots et froment. En continuant vers Essé , vous trouverez un panneau vers le Theil (D99) et un indiquant Fagots et Froment ( Le Rozay 35150 Essé - 02 99 47 04 26).
Ils font un très excellent pain bio au feu de bois...


C’est une ferme convertie à l’agriculture biologique. En arrivant devant la ferme il y a un petit parking,

fagots et froment


on voit les fagots alignés contre la haie du champ. A l’accueil vous voyez les chariots remplis de pain et entendez les fours qui crépitent.

l'accueil de fagots et froments


C’est une histoire familiale qui se joue ici. Les enfants, qui ont repris la ferme, expliquent qu’ils ont repris le savoir-faire paysan de leurs parents, qui faisaient comme dans toute ferme, eux mêmes leur pain dans le four.

Les fours sont alimentés par les fagots des haies environnantes. Vous connaissez les drôles de paysage de bocage breton avec leurs haies d’arbres moignons. Eh bien ici l’histoire des paysans expliquent le paysage. Le paysan locataire n’avait pas la jouissance des troncs d’arbres. Il était uniquement autorisé à couper les branches en hiver, ce qui les rendait impropre à tout travail de menuiserie par la densité de nœuds qu’ils avaient. Et vous en voyez encore des traces aujourd’hui dans ces rares haies d’arbres vilainement étêtés, qui demeurent après les remembrements successifs.


haies bretonnes



Le pain est fait avec de la farine bio de froment (le blé c’est du froment) produite notamment sur leurs terres. Les exploitants de la ferme essayent de réintroduire ces blés cultivées depuis des siècles. Ils expliquent dans leur site que leur farine a un gluten plus digeste et que d’après certaines études, les molécules de gluten des variétés anciennes étaient mieux tolérées. Intéressant pour les allergiques au gluten, non ! En plus, la farine est obtenue grâce à une meule de pierre. Le pain est pétri à la main , repose et est cuit au feu de bois dans l’un des trois fours de la ferme. Bref de la culture à la réalisation, presque tout est fait sur place. Vous avez dit développement durable



pain paysan


Le seul problème (si c'en est un!), ce sont des pains d’un kilo, (4 € le kilo ce qui ne fait pas cher pour un pain bio, ça fait la baguette à 80cts). Même s’il vieillit bien, ça fait quand même une bonne quantité de pain à manger. Il y en a en farine blanche et d’autres, en semi complète. Tout chaud et légèrement fariné, il est excellent.

C’est ouvert tous les jours de semaine de 10h à 18h et le samedi matin de 10 à 12. Ils vendent aussi sur des marchés de la région (de Nantes à Saint Malo) et dans les magasins bio. Allez voir leur site http://www.fagotsetfroment.com/Points-de-vente.

Vous pouvez aussi commander de la viande, qui elle aussi est bio. L’un des fils élève des vaches de race Parthenaise et en propose en vente directe une fois par mois. La viande est vendu en caisses de 6, 8 et 12 kg, de 12 € le kg pour le bœuf, à 14 pour le veau. Les caisses de 6 kg sont des petites caisses qui tiennent sans problème dans un petit congélateur.
Si vous voulez vous marier dans l'année, continuez vers le Theil et arrêtez vous dans la petite chapelle Notre Dame de Beauvais à la sortie du village direction Sainte Colombe.

chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


Notre Dame de Beauvais ou Notre Dame de la Charité est pleine d’ex-voto, possède de beaux vitraux et a une architecture toute en rondeur. Un beau calvaire sculpté d’une Vierge à l’enfant (XVème siècle) est situé à sa droite. Et ceux qui baisent le pied du calvaire se marient dans l'année !


calvaire de la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


et sur son portail une inscription rappelle sa date de création 1481.


l'inscription sur la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


C’était alors une chapelle frairienne (célébration de la fête patronale du village), elle a été reconstruite fin XIXè s. On y vient encore en pèlerinage pendant la Visitation. Elle devait faire partie d’un pèlerinage qui donnait 100 jours d’indulgence (cf Chapelle Sainte Anne de La Selle Guerchaise) à ceux qui le faisaient.
Si vous voulez finir votre balade par du néolithique, continuez vers Sainte Colombe et cherchez le menhir de Rumfort que les fées de le Roche aux Fées ont laissé tombé dans leur précipitation…

Lisez cet article en anglais : Visiting the surroundings of La Roche aux Fées (Brittany) : taste a local bio bread

Salon bio en Bretagne : le salon Ille et Bio à Guichen (Ille et Vilaine)

La bio n’existait pas que ce salon existait déjà. Si, si ! Né en 1991, le salon Ille et Bio n’a fait que prendre de l’ampleur et s’est même couplé d’une autre manifestation, une foire de professionnels du bio, la terre est notre métier.

Le programme se déroule sur un week end début octobre. Le salon ouvre dès le vendredi soir, souvent avec un petit spectacle.

Le samedi et le dimanche, de multiples conférences se disputent la vedette autour de tous les thèmes à travailler de notre époque.

On parlera santé (vaccination, cancer, vieillesse) habitat (réhabilitation écologique, maison durable), transport (comment vivre sans voiture !), éducation (enfants, ado et environnement), agriculture et jardin (OGM, engrais, désherbants, jardin bio…), territoires (politiques environnementales), solidarité (avec nos lointains voisins), décroissance … Ai-je oublié un thème ?

A côté de ce vaste programme, vous avez des exposants (presque 300) qui se réjouissent de vous présenter leurs produits, leur savoir-faire ou leurs trouvailles.

Et là aussi le choix est immense : l’alimentation (miel, pain, biscuits, sel, fromage brebis et produits laitiers, viandes…) est très bien représentée. Mais le bien être et la beauté ne sont pas en reste (huiles essentielles, savons, cosmétiques bio), les associations font de la prévention santé ou de l’info sur les systèmes d’échange local, les écoles alternatives … Les pro du textile défileront avec leurs couches bio (Doujan vous vous rappelez), leurs vêtements en coton, en chanvre, en laine, leurs chaussures, leurs écharpes de portage…
Si vous voulez construire ou rénover écolo, des professionnels du secteur seront aussi là pour vous renseigner. Les jardineurs et jardineuses pourront trouver les semences qu’ils recherchent…
Les libraires, les petits journaux thématiques, les animateurs et associations de sensibilisation, les artistes et les artisans... Tout le monde est là. Bref, de quoi refaire toute la planète !!! En bieau ! (je sais, c'était facile !)

Et si on y allait juste pour profiter, se reposer, rêver et manger… C’est possible ? Toute la restauration sur place est évidemment assurée par des producteurs bio… A nous la bonne galette sauc’ !!!.

Et à ce petit salon s'ajoute un autre des professionnels de la bio. La terre est notre métier est plus jeune. Né en 2001, les pro du bio du grand ouest veulent, devant le succès de la filière, continuer à défendre des valeurs humaines, l’accessibilité de tous aux produits qu’ils fabriquent, et la volonté de continuer une agriculture durable et responsable. Qui dit mieux ?

Bref, le programme est bien rempli… et l’organisation pratique du salon en accord avec le thème : des navettes partent de Rennes pour vous y emmener, un système de covoiturage est aussi possible. Enfin les parents qui veulent écouter une conférence tranquille n’ont qu’à laisser leur progéniture à la halte garderie ... Elle est pas belle la vie...

Horaires du salon : le vendredi à partir de 12h et les samedi et dimanche à 10h. Les portes ferment à 19h.
Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Documentaire sur les éleveurs laitiers en Bretagne : HERBE de Olivier Porte et Matthieu Levain

Ce film présente deux systèmes d’élevage laitier : le premier avec des vaches qui mangent … de l’herbe (et oui, les vaches ont depuis les années 70 changé de régime alimentaire!) et le second où les ruminants reçoivent, grâce à leur carte de cantine (puce électronique dans l’oreille), une ration d’aliments correspondant à leurs performances laitières.



On découvre deux mondes qui s’affrontent : le système herbager, les vaches vont paître dans la prairie (c'est gratuit), les éleveurs ont de petites exploitations, ne touchent pas d’aides et ont pourtant de bons rendements laitiers et de bons revenus.
L’autre système, beaucoup plus fréquent, même très majoritaire, élève des vaches qui mangent le maïs cultivé sur la ferme (c'est cher -semences, engrais, pecticides,matériel agricole, stockage... et demande beaucoup de travail) et le soja (OGM, importé du Brésil, qui n'est pas non plus gratuit). Ces éleveurs ont de grosses exploitations, beaucoup d'animaux, beaucoup d'hectares, beaucoup de matériel, beaucoup de produits phytosanitaires, beaucoup de conseils... et beaucoup d'aides de la PAC (Politique Agricole Commune).

Pendant 76 minutes, chaque partie a la parole et explique son mode de fonctionnement. Les premiers suivent les principes du Centre d’Etudes pour un Developpement Agricole Plus Autonome (CEDAPA). Le fondateur André Pochon et différents adhérents rappellent qu’une vache mange de l’herbe et que l’élevage intensif actuel l’en a privé. Ces fermiers ont fait le pari « insensé » (selon les seconds éleveurs) de nourrir leurs vaches à l’herbe. A.Pochon et son exploitation 100% écolo a même convaincu l'INRA,
Pour faire des bénéfices, mieux vaut revenir à une alimentation à base d’herbe pâturée et de bon foin. Le système maïs-soja est une gabegie économique et écologique : il en coûte cinq fois plus pour nourrir une vache.


Dans l’autre ferme, plus grosse, plus grande et plus peuplée (plus de vaches), on assiste à une course à l’agrandissement, à l’achat de matériel, de céréales, aux emprunts… Avec des conseillers qui favorisent cette course…

Les premiers paraissent heureux tant de leur vie que de leurs revenus. Les autres semblent angoissés par l’avenir (prêts, matériel agricole à changer, parcelles à acheter pour pouvoir tenir, vaches à acquérir pour augmenter les rendements… qu’ils doivent financer).

Face à ces paroles, on a COOPAGRI qui donne son avis, un producteur bio et des petites phrases écrites sur l’écran qui distillent des informations tout au long du film.

Ce road movie donne la part belle à l’agriculture durable (les CEDAPA) et explique le tournant pris dans les années 70. Avec un titre pareil : HERBE, on imagine bien de quel côté penche la balance. Et on (ou plutôt je) ne comprend pas bien pourquoi la profession n’est pas convaincue par le système herbager ??? Ou alors je n'ai vraiment rien compris.
En sortant, j'avais envie d'avoir encore plus d'info... C’est quand même de notre alimentation qu’on parle… Les fermes CEDAPA peuvent se visiter... Je vais bientôt aller y faire un tour...

Randonnée sur une des îles du Ponant : l’Ile de Batz

5 bonnes raisons pour aller à l'île de Batz !

Se dépayser
Pouvoir la parcourir en une journée
S'y rendre presque toute l'année (fin mars à la Toussaint)
Pour admirer des fleurs
Et enfin avec un peu de chance, saluer un phoque !
Ouest de l'ile de Batz


L’île de Batz est à 15 minutes du continent, bien protégée par des courants et des récifs qui sont des épreuves pour les bons marins ! Vous verrez à marée basse...

Il y a des bateaux hors saison plusieurs fois par jour et en saison toutes les 30 minutes. Donc on peut y arriver à toute heure, sans se presser...

Horaires hors saison


Le tour de Batz doit faire une quinzaine de kilomètres – l’île mesure un peu plus de 3 kms de long sur 1,5 de large à marée haute. Parce qu'à marée basse... la rando est plus longue...

Batz à marée basse


Le paysage est très différent entre le côté continent, le côté océan, l’est ou l’ouest de l'île. Vous avez le choix entre des rochers, des dunes, des galets ou des plages paradisiaques de sable extrêmement fin presque blanc…
C'est pas tout, selon la hauteur de la mer, le paysage varie encore …
Et malgré tout, l'’île n'est pas que tourisme… Avec ses presque 600 habitants, elle vit aussi de l’agriculture… A donc une vraie vie...

Pour aller au jardin, passez par ce petit chemin


Des fleurs poussent partout : fleurs des champs (oeillets sauvages, ajoncs, coquelicots, camomilles...)

Camomilles et chardons


ou fleurs de dunes (panicauts, ponpons...)… ou fleurs de jardins (hortensias, géraniums...) ou même des fleurs exotiques puisque à la fin du siècle dernier Georges Delaselle y a installé un jardin « colonial ». Son fondateur y a fait pousser des plantes tropicales (le climat est très doux à Batz)… Après la décolonisation, le jardin a pris le nom de son fondateur.


Le parc a été abandonné pendant plusieurs années mais depuis 1986, il a été remis en état, accueille plantes et arbres tropicaux à la pointe ouest. Et que du coup il y a des thuyas, des eucalyptus, des dracénas (palmiers de Nouvelle Zélande), des agaves (cactus du Mexique servant à faire le Mezcal) et des échiums,

Echiums


des agapanthes dans tous les recoins de l'île.

Si vous poussez vers la face océanique, vous découvrirez des plages de sable blanc… des oiseaux qu’on dérange et même parfois – avec un peu de chance – des phoques

Phoque à Batz côté océan


Plus loin encore, on arrive à l’extrême ouest et là c’est un chaos de pierres qui nous attend : Toul ar Sarpant, le trou au serpent ou au dragon plutôt.

Le trou du serpent


Et ce côté là abrite aussi un marais avec sa faune et sa flore.

La dernière facette de l’île, c’est le côté abrité, qui fait face à Roscoff. Là, c’est le réconfort après la balade : resto, bars, le port, la ville quoi…

Le port et le phare de l'île


On peut visiter l'île presque toute l'année... Y a le Gulf Stream qui adoucit les températures l'hiver...
A vos vélos, vtt, trottinettes et autres ...



Lisez cet article en anglais : Hiking on a french island : Batz (Brittany, France)

Algues, thalasso, homards et exotisme à Roscoff

La légende autour de la voie express de Roscoff continue...

5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute.
6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !
7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !
8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute
9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!
10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express


Port de Roscoff


5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute!

Les viviers à langouste existaient déjà au XIXè (le Guide Joanne de 1884 en parle). Aujourd’hui les viviers contiennent coquillages et crustacés grâce aux renouvellement d’eau à chaque marée.
Le port de pêche près de l’embarcadère pour Batz abrite des bateaux caseyeurs. Ces embarcations déposent les casiers en mer et les remontent… pleins de homards et de langoustes…

Bateaux et casiers, en arrière plan Sainte Barbe


6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !

Les algues, c’est un des autres vies de Roscoff. Comme on l’a déjà dit, cette côte bénéficie d’un climat particulier grâce au Gulf Stream (ça va peut être changer avec le réchauffement climatique – le courant risque de se déplacer ou de disparaître mais c’est une autre histoire) et est le foyer unique de plusieurs centaines d’algues. Même les Japonais s’intéressent à nos plantes maritimes…

La région est consciente de cette richesse depuis fort longtemps… Elles ont et servent encore d’engrais pour l’agriculture locale …

Depuis la fin du XIXè siècle, on leur a trouvé d’autres utilités : grâce au Docteur Bagot, le premier centre de thalassothérapie (soins par la mer) en France est crée. L’institut RockRoum, qui existe toujours (site au bord de mer) se sert des algues pour soigner (notamment les rhumatismes, les maladies osseuses)… Louison Bobet y séjourna.

Un intérêt ne vient jamais seul : l’existence d’un centre d’études biologiques, qui date de 1872, on l’appelait alors le laboratoire de zoologie expérimentale et qui continue comme laboratoire international de recherche maritime (CNRS) prouve la spécificité de la zone.

Aujourd’hui, l’été, des bateaux armés d’un long bras vont cueillir les algues dans les profondeurs… et ce long bras, on l'appelle le …. scoubidou

7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !



Roscoff existait déjà à l’époque romaine. Au Moyen Age mais il dépendait de Saint Pol de Léon. Alors comme le hameau était riche, il souhaitait se libérer de la tutelle de son voisin, au moins pour les questions de vie ou de mort. Financée par les armateurs et marchands de la ville, qui voulaient baptiser, se marier et mourir sans avoir recours à Saint Pol, ils ont réussi à construire Notre Dame de Kroas Baz.

Cet ensemble architectural (XVI et XVII) avec son église gothique flamboyant, son enclos et ses ossuaires est doté de symboles maritimes des corsaires et des marchands : canons, caravelles sculptées en ex voto…

Caravelles et canons sur l'église


Des maisons du XVIè avec des sculptures et des gargouilles, vous en verrez dans d’autres parties de la ville.

Notre Dame de Kroas Baz (clocher de granit à balcons, tourelles et lanternons de 1550) a été restaurée et est toute colorée et décorée : voûte bleue lambrisée, poutres, frises… allez y faire un tour.



Dans l’enclos : deux chapelles-ossuaires. L’une transformée en chapelle Sainte Brigitte lieu de célébration des fiançailles et l’autre, qui n’avait pas de porte à l’origine, mais deux étages de baies où l’on jetait les os.

Ossuaire


Une plaque commémorative à Mme Silburne une anglaise qui aida les prêtres réfractaires (ceux qui ne voulaient pas abandonner la religion) pendant la Révolution.

8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute

Le jardin exotique de Roscoff possède des espèces subtropicales (c’est encore un coup du climat). Organisé autour du rocher de Roch Hievec, cette petite hauteur à 18 mètres offre un beau panorama sur la baie de Morlaix.
Du jardin vous pouvez faire une belle rando sur le sentier des douaniers vers Saint Pol (vous passerez devant l’ilôt sainte Anne et le Château de Kernevez, ca vaut le coup d’oeil).

9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!


La Chapelle Sainte Barbe date du XVIIè siècle. Construite pour se protéger des ennemis de l’église et des invasions de pirates, elle est rarement ouverte mais sert encore pour le pardon. Situé sur un tertre rocheux, elle domine l’entrée de la baie et ses murs blancs servent d'amer (repères pour les bateaux).

10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express

Le port en eau profonde accueille les car ferries de Plymouth et de Cork . Dans le centre ville, vous verrez l’autre port plus modeste et dépendant des marées. C’est d’ici que part la navette pour l’île de Batz. L’estacade (500 m de long) permet à marée basse d’attraper le bateau. Et il y en a beaucoup…

Estacade pour le bateau pour Batz


Lisez cet article en anglais : Seaweed, thalasso, lobsters and exotism at Roscoff France

Visite au pays de la Roche aux Fées, Ille et Vilaine, Bretagne

On sait tous que ce qui fait l’image d’Epinal de la Bretagne, ce sont les menhirs (juste d'Epinal, car les Bretons et autres Celtes ont des alibis bétons: ils ne sont arrivés que quelques siècles plus tard). Et bien, je vous propose une variante : plusieurs menhirs, ou plutôt un dolmen car c’est du dolmen de la Roche aux Fées dont je vais vous parler.





Situé à une bonne vingtaine de kilomètres à l’est de Rennes, il est caché sous les chênes à quelques kilomètres à l’est de la commune d’Essé (Ille et Vilaine). Du centre d’Essé, c’est simple il suffit de suivre les indications. Le lieu est ouvert toute l’année puisqu’il est en plein air et gratuit.

Le dolmen de la Roche aux Fées est un monument à visiter car c'est certainement un des plus impressionnants qui puissent exister en Bretagne, en France, en Europe et dans le monde!!! Formé d’une quarantaine de pierres, dont certaines pèsent plus de 40 tonnes, il mesure près de 20 mètres de long sur 4 mètres de large et vous tenez debout à l’intérieur!!

le dolmen de la Roche aux Fées


Ce dolmen (table de pierres en breton) est aussi appelé allée couverte, (autrement dit une allée dont les murs et la couverture sont faites de pierres). C’est un long couloir qui commence par un portique imposant

portique de la Roche aux Fees


dont les pierres sont soigneusement taillées, un long couloir et une chambre rectangulaire pour finir. Il est caractéristique d’un type d’architecture de la région voisine (pour les spécialistes Dolmens Angevins à Portique) parce qu’on trouve ce type d’architecture entre Angers et Saumur. Il date de la première moitié du IIIè millénaire avant notre ère (il y a 4500 ans!!).

Il a une longue réputation de patrimoine remarquable puisqu’il est classé monument historique depuis 1840. Les premiers croquis datant du XVIIIe le représentent déjà sous sa forme actuelle . Pourtant pendant sa période d’occupation, le néolithique, ce dolmen n’avait sûrement pas le même aspect puisqu’il devait être recouvert d’un tumulus de terre.

D’après le dictionnaire du patrimoine breton (ouvrage de référence s’il en faut d’Alain Croix), on ne sait pas à quoi il servait : les spécialistes de la préhistoire hésitent entre une fonction de temple ou de sépulture.

On ne peut douter de la haute technicité des hommes de l’époque quand on sait que les petits cailloux rouges de quelques dizaines de tonnes (c’est du schiste pourpré) proviennent de la région de la forêt du Theil à quelques kilomètres au sud. Le néolithique en Bretagne s’étend de – 3500 à – 1800 ans avant JC et correspond au début de l’agriculture et de l’élevage. La domestication des plantes et des animaux permettent un nouveau type d’organisation sociale : des communautés voient le jour avec une spécialisation des hommes et des tâches qui permettent à certains d'avoir de drôles d'idées (moins drôles pour ceux qui trimballent les cailloux!!) et d’ériger de tels monuments. Les détails pour transporter et élever le dolmen sont hypothétiques, on suppose que c’est à l’aide de rondins de bois qu’on faisait rouler les pierres et qu’il fallait un grand nombre de bonshommes pour effectuer le travail.

des pierres de quelques dizaines de tonnes


Le monument est complexe et nous suggère que, déjà, des astronomes en peau de bêtes faisaient la pluie et le beau temps. En effet l’orientation Nord-Ouest Sud-sud-est n’est pas lié au hasard, il reçoit les rayons du soleil qui éclaire son centre au solstice d’hiver. Quelle prouesse technique pour des hommes de la préhistoire !!! Et ça marche encore aujourd’hui… Je vous invite à y aller le 21 décembre et vous verrez…

Ou bien, comme on l'dit dans le coin - et d'ailleurs d'où son nom - ce sont les fées qui ont transporté les pierres de la forêt du Theil à la Roche (version que nous conseillons aux parents qui ont des gamins qui posent trop de questions!).

travail des fees


Elles en ont d'ailleurs laissé tomber un peu partout dans le secteur: la Pierre de Richebourg à Retiers, ou la Pierre des Fées à Janzé. Je vous raconterai la légende un autre jour. Allez d’abord le voir.

En tout cas, vous pouvez le visiter pour trois raisons :
Satisfaire votre curiosité,
Faire la même chose que les indigènes du coin, il y a 4500 ans, le 21 décembre
Pour être sûr d'avoir rencontré l'âme sœur, bien plus fiable et poétique que les critères de meetic, courez un soir de pleine lune avec votre moitié au Dolmen de le Roche aux Fées, aussi appelé Oracle des Amoureux, car c'est ici de tout temps que les hommes ont su s'ils pouvaient se fier à leur cœur. Pour cela, faites le tour du dolmen et comptez les pierres. Si vous trouvez tous les deux le même nombre, mariez-vous (ou pacsez vous ou restez ensemble suivant votre intérêt fiscal !) ça va marcher! Sinon on vous déconseille de penser à des projets communs sur le long terme…
Un dernier détail: le site est libre d'accès ce qui ne veut pas dire que l'on soit libre d'y faire de la varappe!! A cause des indélicats, l'accès à l'intérieur est obturé depuis quelques semaines...

Tous les ans, les journées du patrimoine se déroulent le troisième week-end de septembre, et proposent évidemment des manifestations autour du dolmen. Des visites du mégalithe auront lieu le dimanche et d’autres manifestations des bourgs (Theil de Bretagne, Martigné-Ferchaud Marcillé-Robert Piré-sur-Seiche…) alentour sont prévues avec production et dégustation des produits locaux ( pain, cidre…fest noz). (www.paysdechateaubriant.fr/-Les-journees-du-patrimoine-au-Pays-de-la-Roche-aux-Fees_a4204.html - 38k) En sortant du site, vous pouvez aussi déguster des produits locaux, rendez vous dans le prochain billet…

Lisez cet article en anglais : Visit an old megalithic monument in La Roche aux Fées (Essé, Brittany, France)

Roscoff : porte vers l’Angleterre et l’Irlande

Il était une fois une voie express à Roscoff, qui menait à la 4 voies Paris-Brest. Mais par quel heureux hasard Rosko, comme disent les Bretons, posséde-t-il pareille route ?

1 – Cette 4 voies a-t-elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?
2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !
3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?
4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !




1 – Cette 4 voies a-t- elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?

Si vous êtes un habitué de Roscoff, vous l’avez prise cette voie rapide qui longe la baie de Morlaix. Par quel miracle, Roscoff (3 à 4 000 habitants) a –t-elle ce privilège ?
Certes, Roscoff, c’est le ferry vers Plymouth et Cork. Et pour les Anglais et les Irlandais, c’est le début des vacances… en France.

C’est un début de réponse mais pourquoi Roscoff plutôt qu’un autre port de la côte bretonne ?

Et bien pour des raisons économiques… qui s’explique par des raisons climatiques

Toute la région autour de Roscoff bénéficie de deux atouts majeurs :
- un climat très régulier avec une amplitude thermique faible (différence entre les températures les plus hautes et les plus basses) due au Gulf Stream (courant d’eau chaude qui passe devant Roscoff)
- l’excellence de ses terres (qui se vendent 12 000 à 16 000 fr l’hectare, en 1884 dans le guide Joanne).

Oui, et alors…
Alors cela crée les conditions uniques pour une agriculture exceptionnelle.
On récolte presque sans interruption même en hiver … Les produits agricoles de Roscoff sont expédiées à Paris, à Brest, dans les ports de Hollande et d’Angleterre et surtout sur les côtes anglaises de Cornouaille : en 1875, il a été expédié de 7 803 055 tonnes de pommes de terre, 2 millions de kg d’artichauts… la jetée du port est pleine de charrettes qui apportent les légumes pour les bateaux. (Guide Joanne de 1884)
Pas étonnant que cette partie du littoral soit appelée la Ceinture dorée. Les primeurs y poussent avec un bon temps d’avance sur le reste de la baie (3 semaines) et la douceur de la côte permet une succession de cultures rapides. Plus de 70 % des choux fleurs et artichauts français sont produits ici.

Si vous vous baladez sur les sentiers des douaniers du coin, vous verrez pousser la richesse agricole. Toutes les parcelles sont cultivées.

Et cette production, il faut bien l’écouler. Sans s’inquiéter des marées qui vident le vieux port et gênent le traffic commercial. Roscoff a besoin d’un port en eau profonde et de l’énergie d’un homme, Alexis Gourvennec qui crée avec les capitaux des agriculteurs (et l’aide de l’état qui veut désenclaver le Finistère) une ligne avec l’Angleterre pour écouler les légumes de la région (1972). Et les touristes … C'est comme ça que la Brittany Ferries a commencé les liaisons transmanche.


Ferry en partance de Roscoff



2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !

Cette liaison avec l’Outre Manche ne date pas d’hier, ni de Johnny.

Les oignons de Roscoff avaient déjà crée le passage. Oui, en 1828, un des premiers Johnnies part en Angleterre exporter ses oignons rosés. On appelait ainsi ses marchands car, à l’époque, ils emmenaient avec eux leurs jeunes enfants. Les Britanniques les surnommaient Johnnies (petit Jean car tous les Bretons s’appelaient Yann (Jean) à l’époque !!!). De la mi juillet, pour 5 à 9 mois, les vélos couverts de tresses d’oignons, ces hommes faisaient du porte à porte. Plus de 1200 Johnnies ont fait la traversée avant la 2e Guerre Mondiale.
Cette race d’oignon rosé a été rapportée du Portugal par un moine (mi XVIè) et s’est peu à peu imposé dans la région. En effet, pour les marins toujours en lutte contre le scorbut (maladie due à un manque de vitamines), l’oignon était pratique pour les navires ; il pouvait être emmené à bord et conservé retardant ainsi les effets de la maladie sur les équipages. Le commerce s’est arrêté après la guerre. Un petit musée à Roscoff retrace cet épisode roscovite.

3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?

Les liens avec l’Angleterre existaient bien avant cette histoire d’oignon… Marie Stuart, la reine d’Ecosse… La légende dit qu’elle aurait résidé ici.
La future femme de François II accosta à Roscoff en 1548 pour aller rejoindre la Cour de France, y poursuivre son éducation avant d’épouser 10 ans plus tard en 1558 le roi. Mais c’est une légende, car les maisons où elle aurait résidé n’existaient pas à l’époque!!! La chapelle Saint Ninien

Marie Stuart et la chapelle Saint Ninien


ou plutôt ce qu’il en reste (tout prêt de la tour de guet, vestige des anciens remparts de la ville) commémore l’épisode écossais.

4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !

Les relations avec l’ennemi héréditaire –je parle des Anglais- sont aujourd’hui, non seulement apaisées, mais fort nombreuses, il n’en a pas toujours été ainsi. Au Moyen Age et même après, Roscoff a été à maintes reprises attaqué et détruit par les Anglais. L'honneur est sauf car l’inverse est aussi vrai. Egalité alors…

Maison roscovite sur le port


C’est un « trou de flibustiers, vieux nid à corsaires » (Tristan Corbière poète breton du XIXè) et un port qui commerce avec les Flandres, l’Espagne ou le Portugal (lin, toiles, sel…) jusqu’à la Révolution où il devient un lieu de contrebande d’eau de vie, de thé et de genièvre avec les Anglais … Les Wines and Beer sont les dignes successeurs de cette époque !!!

Cette richesse des armateurs a laissé des traces : lucarnes et autres sculptures dans le granit décorent les maisons roscovites.

Dragon de l'île de Batz sculpté sur une des maisons roscovites


Une petite carte pour vous repérer...



Lisez cet article en anglais : Roscoff gateway to Britain and Ireland

Menhirs, dolmens, cromlechs et autres cairns en Bretagne : testez vos connaissances

Menhirs, dolmens, cromlec'hs, vous n’y comprenez rien . Voici les réponses que vous attendiez sur tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la culture mégalithique… et en quelques minutes …

1 - Le plus gros menhir de Bretagne pèse plus de 30 tonnes ?
Oui et beaucoup plus même. Le menhir, men en Breton veut dire pierre, et hir long est une pierre unique, dressée. C’est la pierre que transporte Obélix dans son dos. Le plus imposant est à Locmariaquer (Morbihan), il est brisé mais il faisait 21 mètres et plus de 300 tonnes.


obelix et son menhir

2 - Un dolmen est un cercle constitué de différents menhirs ?
Non, c'est pas du tout ça. Le dolmen, en breton, table de pierre, est une construction de pierres : une allée couverte, c’est à dire deux rangs de pierres plantées dans le sol couverts par un toit lui aussi en pierre. Le dolmen a souvent perdu son toit… et a différentes architectures avec un couloir plus ou moins long et une à des chambres rondes, rectangles… la Roche aux Fées (Essé, Ille et Vilaine) en est un bel exemple. Il devait être à l’époque couvert par un tumulus (pierres et terre).

dolmen de la Roche aux Fées


3- Et le cromlec'h, le cairn ?
Le cromlec'h c’est un cercle fait de pierres plantés dans le sol.
Le cairn est une construction en pierre (type dolmen) recouverte d’un tumulus, c’est à dire d’une montagne de pierres qui le cache complètement et qui lui donne l’aspect d’une colline, comme à Barnenez et Gavrinis, deux exemples bretons. Ici c’est celui de Dissignac près de Pornichet, Loire Atlantique.

tumulus de Dissignac



Toutes ces constructions sont édifiées à des époques différentes et avaient vraisemblablement des buts différents. Certaines des pierres utilisées dans les constructions sont décorées (idoles gravées, hache, crosse, motifs géométriques). D’autres ont été couchées au sol ou détruites dès l’époque mégalithique, on ne sait pas pourquoi. A l’époque où le christianisme s’impose en Bretagne les pierres sont utilisées dans les rites paiens et l’église qui se méfiait de ces signes du passé les christianise en y ajoutant des croix ou en les gravant à l’image de leur religion.

menhir de Saint Uzec


4 - Les Egyptiens avaient déjà construit leurs pyramides quand nos ancêtres s’occupaient de transporter leurs menhirs.
Et bien non. Certaines des constructions bretonnes sont beaucoup plus anciennes. Ce n’est qu’en 1950 avec le carbone 14 qu’on a pu précisément les dater. On découvre que les hommes du néolithique les ont construites entre – 5000 et – 2000 avant Jésus Christ alors que les Egyptiens commencent leurs pyramides autour de - 3000 quand nos Paléo-Bretons les abandonnent. On a l’impression que toutes ses pierres sont érigées en même temps mais l’architecture des sites évolue pendant les 3000 ans concernés. Les couloirs sont longs, courts, inexistants, à une ou plusieurs chambres…


menhirs et pyramides


5 - Les menhirs , dolmens et autres constructions mégalithiques ont été construits
a - par les Celtes
b - par les druides ?

a - On les attribue à tort aux Celtes depuis le XVIIIè siècle quand les « scientifiques » de l’époque commencent à s’intéresser à ces drôles de constructions. C’est d’ailleurs de cette époque que date le terme mégalithe (1877, le Robert, monument de pierre brute de grande dimension). ils sont arrivés vers - 500.
b – César parle des druides et de leurs constructions en pierre mais on sait maintenant qu’ils les ont utilisées mais pas érigées

6 – c’est Pantagruel et ses amis les géants qui ont laissé des menhirs un peu partout ?
Oui. Pantagruel a laissé une dent à Saint Suliac (menhir de Saint Suliac, Ille et Vilaine) et un caillou qui le gênait dans sa chaussure au Fort Lalatte, au Cap Frehel ...

7 - Ce sont les Fées qui ont déplacé ces pierres de plusieurs tonnes ?
A la Roche aux Fées, oui mais pas ailleurs.

le travail des fées


Cette civilisation du néolithique n’a laissé aucune trace écrite et les archéologues supposent avec ce qu’ils découvrent au gré des sites. Ces hommes maîtrisaient l’agriculture, étaient donc sédentaires, organisés. Un chef devait les diriger et demander l’aide d’autres communautés environnantes pour bâtir ces monuments. Ces mégalithes supposent une société avec des « géologues » (les pierres ne sont pas choisies par hasard et viennent de loin, de quelques kilomètres à plusieurs centaines de kilomètres. A Stonehenge, plusieurs types de pierre sont utilisées , certaines originaires de plus de 210 km), des « ingénieurs » pour l’architecture des monuments, des « astronomes » pour l’orienter par rapport au soleil. Plusieurs expériences ont été menées pour déplacer ou lever les pierres. En 1979 à Stonehenge, une centaine d’hommes sont arrivés à tracter une pierre de 32 tonnes, posée sur des rondins de bois et tirée par des cordes végétales. Pour la lever, il fallait une soixantaine d’hommes qui la faisaient glisser dans un trou préalablement creusé et qui la calaient ainsi.
Quant à la façon dont ils extrayaient les énormes blocs des carrières, les théories disent que les hommes devaient introduire des coins de bois dans les anfractuosités des blocs de pierre, qu’ils les faisaient ensuite gonfler d’eau ce qui fissurait le bloc et détachait la pierre. Il fallait certes être patient.

8 - L’architecture mégalithique n’existe qu’en Bretagne ?
Non, mais la Bretagne avec Carnac est le spot mondial pour le nombre de pierres (près de 3000 mais on pense qu’il y en avaient beaucoup plus à l’époque , on parle de 10000). Il en existe ailleurs dans le monde. On en a trouvé en Colombie ou dans les Célèbes. Et il existe plus près, en Europe, des constructions en pierres monumentales impressionnantes en Corse, en Sardaigne, aux Baléares, à Malte…

9 - Il ne reste plus que 5 à 10% des menhirs qui existaient en Bretagne ?
Oui. Au XIX è siècle avec l’essor des sociétés savantes qui veulent étudier le passé et le mégalithisme, de nombreux sites vont être bouleversés. Les fouilles alors étaient très destructrices, on démontait les tumulus pour voir ce qu’il y avait dedans. Et on le rasait. Parallèlement et ce depuis toujours, les particuliers cherchaient des pierres pour construire leurs maisons, les constructions de routes ou de chemin de fer ne s’encombraient pas de notions patrimoniales.

10 - On ne retrouve pas d’ossements sous les pierres bretonnes parce que ce ne sont pas des tombes.
Ce sont souvent des tombes individuelles ou collectives mais on ne retrouve pas d’ossements en Bretagne car le sol est trop acide et a fait disparaître les os. Si on a rarement retrouvé des ossements, on a par contre retrouvé des pendeloques, perles, haches, flèches, lames, silex, pendentifs…

11 - Et à quoi ça servait, toutes ces pierres ?
Ben on n’en sait rien , on suppose qu’elles avaient un but religieux. Les menhirs ou les alignements sont orientés par rapport au soleil, on a pensé à des calendriers solaires, des repères temporels pour le travail des champs… Les dolmens ou les cairns étaient des tombes… Vous avez des idées…

Vous voulez en savoir plus : les mégalithes : pierres de mémoire, JP Mohen, Gallimard Jeunesse.

Lisez cet article en anglais : Menhirs, dolmens, cromlechs megaliths here is the quizz you're looking for

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