balade insolite au chêne de la Vierge en Ille et Vilaine en Bretagne


Le marché de la Guerche comme départ pour une excursion au chêne de la Vierge (10 kms) et jusqu’à la chapelle Sainte Anne à la Selle Guerchaise (15 kms) un mardi de juin (Ille et Vilaine)

Si vous voulez visiter une ville des Marches de Bretagne et que ce jour est un mardi, allez à la Guerche de Bretagne, car c’est le jour du marché. Et c’est un gros marché de campagne qui vous attend, avant d’aller visiter deux endroits insolites des environs : le chêne de la Vierge et une pagode chinoise dédiée à Sainte Anne, unique en France.

Situé à l’extrémité sud de l’Ille et Vilaine et au carrefour de plusieurs autres départements : la Mayenne, le Maine et Loire et la Loire Atlantique, la localisation de la Guerche a eu une influence sur toute son histoire. La Guerche est une des étapes du circuit des Marches de Bretagne. Les Marches de Bretagne ( les villes de Vitre et Fougères en sont les emblèmes les plus connus) correspondent à une zone frontalière entre les Francs et les Bretons.
Cette petite ville va passer d’une influence à l’autre, tantôt pour se protéger des Francs, tantôt pour lutter contre les Bretons - quand le célèbre Du Guesclin, le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc - achète la seigneurie en 1379, elle passe aux Francs pour revenir ensuite dans le giron breton. Ses environs verront de nombreuses batailles contre les Anglais notamment. La Guerche a donc été une ville fortifiée, a eu un château dès le XIIè siècle, matérialisant le pouvoir du seigneur sur sa seigneurie. Quand la Bretagne devient province française, le château est délaissé, tombe peu à peu en ruine et est détruit au XVIIIè siècle.



La Guerche a donc eu une position stratégique pendant toute son histoire bretonne et elle est un carrefour commercial important avec le commerce des toiles. Au XVIè siècle, on cultive du chanvre et du lin dans la région. Les toiles sont fabriquées dans les fermes alentour, toiles qui sont revendues ensuite au marché à des marchands spécialisés notamment de Saint Malo. Ce commerce prospère a laissé des traces par des maisons à pan de bois et à porche du XVIè et XVIIè siècle. Il en reste de nombreux exemples dans le centre ville. Les maisons à porche servaient de galeries commerçantes, on y exposait les toiles.

Maison à porche dans La Guerche de Bretagne


Le marché de La Guerche est connu depuis 1121, par un acte où il est fait mention d’un marché implanté dans un faubourg, bourg où des moines s’étaient installés. Cette longévité historique explique notamment sa réputation. Il y avait des Halles, en face de la Basilique actuelle, jusqu’au début du siècle où comme dans de nombreuses villes bretonnes importantes on faisait du commerce et l’on rendait la justice. S'il y a quelques années encore, on trouvait le marché aux porcelets ou aux volailles place du Champ de Foire, les commerçants aujourd’hui proposent des produits plus communs.
Le marché se situe autour de la basilique et est ceinturé par deux énormes parkings… qui sont pleins, pleins d’acheteurs des départements limitrophes. On y trouve du textile, des plantes, des volailles et les spécialités des producteurs locaux et des départements limitrophes : miel, pain, farine de blé noir, viande et fromage.

La Basilique Notre-Dame, Monument Historique au centre de la ville, est devenue basilique en 1951 (le titre de basilique s’obtient par décision du pape). L’édifice qui est construit sur la chapelle du château date de 1206, il a été remanié maintes et maintes fois depuis. Son clocher rappelle les clochers du Finistère (pour le visiter, s’adresser à l’Office du Tourisme) et à l’intérieur, – des vitraux du XVI è siècle, à droite en entrant et des stalles Renaissance très travaillées dans le chœur de l’église, et un gisant en tuffeau, tombeau de Guillaume II.

Une fois la ville visitée, les produits du terroir achetés, en route pour le Chêne de la Vierge.

Pour démarrer la balade, vous devez trouver l’indication pour Fontaine Couverte, commune à quelques kilomètres de là. Suivez la rue d’Anjou qui longe la basilique et continuez par le faubourg d’Anjou. Là, sur votre gauche, une indication pour Fontaine couverte, V3 à 8 kms. Prenez cette direction, vous vous promenez dans un lotissement, vous croisez une croix, vous longez le côté droit de la croix. C’est la petite route communale que vous allez fouler pendant toute cette promenade. Vous traversez différents hameaux : Hairie, la Périnelle,…
J’en oublie mais continuez toujours tout droit pendant 2 à 2,5 kms. Vous allez croiser une croix à gauche, vous êtes sur le bon chemin.

la croix pour aller au chêne de la Vierge


Continuez jusqu’au croisement Route de rondes. Là, prenez à droite pendant un km jusqu’au prochain carrefour (Gaumonerie) et commencez à suivre les indications de chêne à la Vierge sur la gauche. Vous arrivez bientôt à un nouveau panneau de chêne de la Vierge. Vous quittez le goudron et prenez un chemin de terre. Vous êtes à quelques centaines de mètres de la forêt et du chêne à la Vierge.

Le chêne de la Vierge


L’histoire de ce chêne est liée à la Révolution et à ses suites : en 1792, une jeune fille fut fusillée au pied de l’arbre pour ne pas avoir voulu dévoiler la cachette d’un prêtre réfractaire à des soldats républicains, les Bleus. Depuis, ce lieu est un lieu de dévotion, comme en témoignent les très nombreuses statues, Vierges et fleurs le long du chêne ; un petit panneau rappelle l’histoire du lieu. Des cérémonies ont lieu le 15 août.

De là, deux possibilités une fois que vous avez retrouvé la route communale : soit vous revenez vers la Guerche, soit vous allez vers la Selle Guerchaise pour découvrir la chapelle du Pâtis. Là, encore elle vaut le détour : une pagode chinoise abritant une statue de Sainte Anne.
Pour rentrer à la Guerche directement, récupérer la route principale et continuer vers la Selle jusqu’ à un croisement indiquant La Guerche. Au bout d’1,5 km, vous tombez sur la bifurcation que vous avez prise route des rondes mais là vous continuez tout droit et récupérez le chemin que vous connaissez vers la Guerche.

Si la chapelle vous intéresse, suivre la direction de La Selle, donc toujours tout droit pendant 2,5 kms jusqu’à une croix. Laissez là derrière vous et continuez quelques mètres vers la gauche et après le tournant, la bifurcation pour la chapelle est indiquée. Elle se situe au milieu d’un hameau de maisons.

Pagode chinoise dédiée à Sainte Anne


La chapelle du Pâtis ou chapelle Sainte Anne est une pagode en bois, octogonale unique en France : elle a été fondée en 1875 par le recteur de la Selle Guerchaise, Francois Lizé. L’abbé Lizé avait été missionnaire en Chine et a ramené la plus grande partie de la pagode à la fin du XIX è siècle. Elle est dédiée à la Vierge et à Sainte Anne . Elle est ouverte et vous y découvrirez l’épitaphe de l’abbé dans la chapelle, des fresques de couleurs vives datant de 1875,76 (rénovées en 1990-91), des saints (Saint Joseph et Saint Joachim).

Statue des saints de la pagode chinoise


Joachim était l’époux de Sainte Anne et donc le père de la Vierge Marie. Sainte Anne, la Patronne des Bretons, est la mère de Marie et la statue en bois qui la représente date du XVIè siècle, elle a la particularité d’avoir les yeux bridés. Elle porte Marie dans ses bras qui porte elle même l’enfant Jésus. Elle provient d’une autre chapelle de la commune, la chapelle du Poncel qui a disparu.

En sortant de la chapelle, continuez vers la Selle et très vite à quelques mètres, vous verrez une nouvelle croix, dont la visite conférait, d’après l’inscription qu’elle porte, 40 jours d’indulgence pour le pêcheur en quête de rémission. Les jours d’indulgence servaient à racheter les péchés et étaient obtenus quand le croyant faisait un pèlerinage, des prières, des dons. Cette croix devait être sur un parcours de pèlerinage et permettait donc une rémission.
Vous voilà sur le chemin de La Guerche, qui est à un peu plus de 4 kms. Une fois dans le village, ne pas prendre la rue du point du jour mais l’autre, qui n’a pas de nom, à gauche qui vous ramène au boulevard d’Anjou.

Lire cet article en anglais : Walk an unusual inland la Guerche and its market a breton oak with a virgin and a chinese pagoda

Pourquoi ne pas lire aussi :


Balade dans Saint Servan (Saint Malo, Bretagne)

Ras le bol de Saint Malo, ses clichés et ses deux millions de visiteurs ? Envie d'embruns sans prendre la voiture ?

J'ai quelque chose pour vous : une balade à Saint Servan. D'abord parce que Saint Malo est accessible par le train. Ensuite parce que Saint Servan (c'est un quartier de Saint Malo depuis 1967) est à un quart d'heure d'intra muros, sur le bord de mer et au début de l'estuaire de la Rance... Et qu'enfin, c'est fort sympathique... et délaissé par la foule malouine !!!

Si vous avez longé la corniche qui borde la cité d’Aleth pour admirer l'estuaire, vous avez fait le bon choix. Vous arrivez devant les vestiges de la cathédrale d’Aleth.

vestiges de la cathédrale de Saint Servan vestiges de la cathédrale d'Aleth


Saint Servan est l'ancêtre de St Malo, je m'explique, c'est d'abord ici qu'a été crée un évéché au VIè siècle. Le futur évèque Malo est arrivé de Grande Bretagne à Aleth au milieu du VIè siècle pour convertir la région. Aleth est attaqué à maintes reprises par les Normands d’abord, les Francs ensuite (VIIIè), à nouveau les Normands (Xè). Ses successeurs, en 1144, transfèrent le siège épiscopal sur le site qui abrite le tombeau de Malo, (d'ou le nom de Saint Malo), et qui est surtout plus facile à défendre.

En 1972, des fouilles permettent de mettre en valeur les fondations des premières traces de l'évéché. Comme l’indique le panneau explicatif,



Aleth était déjà habité bien avant les Romains. Avec l’évangélisation au VIè siècle, un établissement religieux remplace des bâtiments païens, mais il a été, à son tour, maintes fois détruit. La dernière construction de la cathédrale Saint Pierre dateraient de la fin du Xè jusqu'au XIIIè siècle et la ferveur du Moyen Age se voient encore dans les vestiges, qui sont bien imposants (43m de long).

La ville est bientôt supplantée par Saint Malo, qui devient un port commercial important et Saint Servan perd de sa superbe. Surtout que le sable devant Saint Servan décide aussi de lui faire faux bond : en bougeant, l’accès à Saint Malo est plus facile pour décharger les marchandises, Saint Servan a moins d'intérêt.

En rejoignant la mer, vous apercevez la tour Solidor,

les courtines de la tour Solidor


autre construction qui a été bâtie sur des restes de fortifications gallo-romaines. Il y a eu un château avant cette tour, qui a été rasé quand la cité d’Aleth s’esr rebellée contre Saint Malo et ses taxes… au XIIIè siècle.

porche menant à la tour Solidor


Le donjon est composé de trois tours reliées par des courtines (murs qui relient les fortifications),

Solidor


il daterait du XIVè siècle et a été construit pour contrôler l’estuaire.
Comme souvent avec les forteresses, la tour, quand elle n’a plus été utile pour le contrôle de la Rance, est devenue prison. Et maintenant musée. Musée des Cap-Horniers, témoignages de la vie des marins qui franchissaient le Cap Horn (pointe sud de l’Amérique du Sud) : cartes, maquettes, marins célébres…

Saint Servan, à la fin du XIXè siècle, vivait des armements de pêche à la morue (70 navires vers 1880-85). C’était la grande époque !!! Et en 1890, un pont roulant reliait déjà la ville de St Servan à celle de Saint Malo.

La cale devant la tour (à droite)

vue sur la rance de la cale de Solidor


servait pour la liaison en bateau avec Dinard (en face). Elle a cessé avec l’installation de l’usine marémotrice et du barrage de la Rance (années 60).

Actuellement, le véritable port de St Servan se situe entre St Malo et St Servan, dans l’anse des Sablons.

Baladez vous dans Saint Servan. La ville conserve des maisons

maisons à St Servan détails de maisons à St Servan


qui n’ont pas été détruites comme dans la cité corsaire.

Saint Servan


Les parcs sont nombreux et la balade vers le barrage le long de la Rance superbe.

tour Solidor vue du long de la Rance


Lisez cet article en anglais : Visit another saint Malo : the district of Saint Servan

La Bretagne vue d’avion : rendez vous à l’aéroport de Dinard

Que voilà un beau cadeau d’anniversaire !!! Offrir à sa moitié un bout de la Bretagne, c’est pas mal, surtout quand elle est vue du ciel. C’est original et en plus – les heureux passagers ont été conquis.

Vous pensez bien que j’ai interviewé ma copine après son baptême de l’air dans un quatre places.

le quatre places


Ils sont arrivés à l’aéroport - là en l’occurrence, c’est à Dinard que ça se passe, mais on peut le faire dans de nombreux aérodromes – et le pilote les attendait, habillé comme un aviateur, bomber et casque sur la tête.


ça marche comment, vous dites ?


Les pilotes qui vous emmènent font les vols bénévolement car – les heures de vol, c’est cher et pour garder son brevet de pilote, il faut pratiquer -. Ils profitent donc de ces sorties pour badger des heures qui leur permettent d’avoir suffisamment d’heures de vol pour garder leur licence. A Dinard, par exemple, il y a quatre pilotes qui assurent les sorties.

Une fois assis dans l’avion, le pilote et les trois personnes s’envolent vers ...
Et là, c'est à vous de choisir :
– soit l’est vers le cap Fréhel
- soit vers l’ouest vers le Mont Saint Michel.

... Le pilote commente le paysage, une main négligemment posé sur le manche. Ca se conduit comme une voiture m’ont-ils dit.

Mes amis ont choisi d'aller vers l’ouest, la mer et l’île de Chausey.
Ils ont aussi survolé Cancale et ses parcs à huîtres,

Cancale parcs à huîtres



Saint Malo

Saint Malo


Le pilote a prolongé le plaisir en survolant la vallée de la Rance.

le blanc là, c'est l'aile


Il faisait un temps merveilleux, c’était top !
C’est super, me direz vous, parce qu’ils ont eu du beau temps, mais en Bretagne le temps… on ne sait jamais… Alors s’il y a du crachin breton… En offrant ce petit vol d’une demi-heure, vous ne prendrez pas beaucoup de risque parce qu’ils ont pensé au climat breton. Si le temps n’est pas clément, on vous appelle pour déplacer le vol.

La demi-heure coûte 100 €, et ça peut intéresser trois personnes ça fait 35 € par tête, ça va en cette période de baisse du pouvoir d’achat…





Lisez cet article en anglais : Overview from the sky in Brittany (France)

Visite au pays de la Roche aux Fées (suite) : déguster du pain paysan bio en Bretagne

A l’heure où on restaure de nombreux fours à pain dans les campagnes bretonnes, essayez le pain de fagots et froment. En continuant vers Essé , vous trouverez un panneau vers le Theil (D99) et un indiquant Fagots et Froment ( Le Rozay 35150 Essé - 02 99 47 04 26).
Ils font un très excellent pain bio au feu de bois...


C’est une ferme convertie à l’agriculture biologique. En arrivant devant la ferme il y a un petit parking,

fagots et froment


on voit les fagots alignés contre la haie du champ. A l’accueil vous voyez les chariots remplis de pain et entendez les fours qui crépitent.

l'accueil de fagots et froments


C’est une histoire familiale qui se joue ici. Les enfants, qui ont repris la ferme, expliquent qu’ils ont repris le savoir-faire paysan de leurs parents, qui faisaient comme dans toute ferme, eux mêmes leur pain dans le four.

Les fours sont alimentés par les fagots des haies environnantes. Vous connaissez les drôles de paysage de bocage breton avec leurs haies d’arbres moignons. Eh bien ici l’histoire des paysans expliquent le paysage. Le paysan locataire n’avait pas la jouissance des troncs d’arbres. Il était uniquement autorisé à couper les branches en hiver, ce qui les rendait impropre à tout travail de menuiserie par la densité de nœuds qu’ils avaient. Et vous en voyez encore des traces aujourd’hui dans ces rares haies d’arbres vilainement étêtés, qui demeurent après les remembrements successifs.


haies bretonnes



Le pain est fait avec de la farine bio de froment (le blé c’est du froment) produite notamment sur leurs terres. Les exploitants de la ferme essayent de réintroduire ces blés cultivées depuis des siècles. Ils expliquent dans leur site que leur farine a un gluten plus digeste et que d’après certaines études, les molécules de gluten des variétés anciennes étaient mieux tolérées. Intéressant pour les allergiques au gluten, non ! En plus, la farine est obtenue grâce à une meule de pierre. Le pain est pétri à la main , repose et est cuit au feu de bois dans l’un des trois fours de la ferme. Bref de la culture à la réalisation, presque tout est fait sur place. Vous avez dit développement durable



pain paysan


Le seul problème (si c'en est un!), ce sont des pains d’un kilo, (4 € le kilo ce qui ne fait pas cher pour un pain bio, ça fait la baguette à 80cts). Même s’il vieillit bien, ça fait quand même une bonne quantité de pain à manger. Il y en a en farine blanche et d’autres, en semi complète. Tout chaud et légèrement fariné, il est excellent.

C’est ouvert tous les jours de semaine de 10h à 18h et le samedi matin de 10 à 12. Ils vendent aussi sur des marchés de la région (de Nantes à Saint Malo) et dans les magasins bio. Allez voir leur site http://www.fagotsetfroment.com/Points-de-vente.

Vous pouvez aussi commander de la viande, qui elle aussi est bio. L’un des fils élève des vaches de race Parthenaise et en propose en vente directe une fois par mois. La viande est vendu en caisses de 6, 8 et 12 kg, de 12 € le kg pour le bœuf, à 14 pour le veau. Les caisses de 6 kg sont des petites caisses qui tiennent sans problème dans un petit congélateur.
Si vous voulez vous marier dans l'année, continuez vers le Theil et arrêtez vous dans la petite chapelle Notre Dame de Beauvais à la sortie du village direction Sainte Colombe.

chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


Notre Dame de Beauvais ou Notre Dame de la Charité est pleine d’ex-voto, possède de beaux vitraux et a une architecture toute en rondeur. Un beau calvaire sculpté d’une Vierge à l’enfant (XVème siècle) est situé à sa droite. Et ceux qui baisent le pied du calvaire se marient dans l'année !


calvaire de la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


et sur son portail une inscription rappelle sa date de création 1481.


l'inscription sur la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


C’était alors une chapelle frairienne (célébration de la fête patronale du village), elle a été reconstruite fin XIXè s. On y vient encore en pèlerinage pendant la Visitation. Elle devait faire partie d’un pèlerinage qui donnait 100 jours d’indulgence (cf Chapelle Sainte Anne de La Selle Guerchaise) à ceux qui le faisaient.
Si vous voulez finir votre balade par du néolithique, continuez vers Sainte Colombe et cherchez le menhir de Rumfort que les fées de le Roche aux Fées ont laissé tombé dans leur précipitation…

Lisez cet article en anglais : Visiting the surroundings of La Roche aux Fées (Brittany) : taste a local bio bread

Balade dans un quartier de Saint Malo : la cité d’Aleth à Saint Servan (Bretagne, France)

Vous connaissez la cité fortifiée d’Aleth ? C’est la presqu’île qu’on voit des murailles de Saint Malo au bord de l’estuaire de la Rance mais où on ne va jamais. Et bien suivez le guide…

carte d'Aleth à Saint Servan


Le site de Saint Servan a été occupé bien avant celui de Saint Malo. La cité d'Aleth est devenu évéché au VIè siècle et ce n’est qu'au XIIè siècle qu'il est transféré à Saint Malo.
Depuis 1967, Saint Servan est devenu un quartier de Saint Malo (comme Paramé qui est de la côte de l’autre côté d’intra Muros). C’est la plage des Sablons

vue sur l'anse des Sablons l'été


qui sépare les deux villes et c’est juste là, près du port de plaisance (il peut accueillir jusqu’à 800 bateaux)

port dans l'anse des Sablons l'hiver


que commence le chemin de ronde qui fait le tour de la Cité.

Si vous prenez les escaliers au début du port, vous passerez devant un premier morceau d’histoire gallo-romaine : pile c’est un modeste mur romain

vestiges gallo-romains de Saint Servan


et face, ça devient une muraille.

la plus modeste muraille de Saint Servan


Comme quoi, au gré des recherches, les vestiges changent de statut.
La cité d’Aleth était habitée, avant l’arrivée des Romains, par une des tribus de l’Armorique, les Coriosolites. César a conquis l’Armorique en 56 avant JC et les Romains ont investi la Cité et commencé à construire en dur : vous en voyez les ruines…

Si vous avez longé le port jusqu’au bout et rejoint la corniche par le bout du port,

escaliers menant à la corniche par un temps d'été


vous passerez devant un monument dédié à Charcot(1867-1936).

Charcot


Qui était Jean Baptiste ? Cherchez l’intrus :

-Il est connu parce qu’il était médecin.
-Il a été champion de France de rugby à XV.
-Il a divorcé de la petite fille de Victor Hugo ?
-Il est explorateur polaire et le premier à franchir le cercle polaire arctique et à organiser une expédition française en Antarctique.
-Il est le premier président des scouts de France.
-Pendant la guerre 14-18, il a reçu la croix de guerre française et britannique pour sa chasse aux sous-marins.
-Il est mort alors qu’il devait rejoindre Saint Malo mais a été pris dans une violente tempête.
-Le Pourquoi pas ? était un bateau.
-Il adorait les mouettes.

mémorial à la mémoire de Charcot et du Pourquoi pas ? par un jour de tempête


Et bien tout ça, c’est lui. Quelques précisions : il est connu pour ses expéditions polaires : il a repéré de nouvelles côtes, établit du coup de nouvelles cartes marines, étudié les marées, le magnétisme, la faune et la flore de ces régions méconnues alors. Il a donné le nom de terre de Charcot, en hommage à son père, à une des ces îles de l’Antarctique.
Le Pourquoi pas ? était bien un bateau, il y en a eu 4.
Et pour la petite histoire, le seul survivant du naufrage qui fut fatal à Charcot raconte que le commandant sentant la destruction de son Pourquoi pas ? a libéré la mouette qui était la mascotte de son expédition.

Continuez la balade, vous croisez des cloches métalliques de 30 cm d’épaisseur

impacts de balles sur la cloche


-il y en a 8 - qui dépassent de plus d’un mètre le sol mais qui sont plantés à plusieurs mètres de profondeur. Ces casemates sont reliées entre elles par un réseau de galeries sur plus de 2 kms. Et elles symbolisent bien, avec les traces des impacts, combien la bataille a fait rage lors de la libération de Saint Malo.

En face , vous voyez Dinard et ses centaines de villas classées,

vue de Dinard de la corniche de Saint Servan


et derrière, le cap qui dépasse tout au fond, c’est le cap Fréhel.

vue sur le cap Fréhel par une bonne tempête d'hiver


Au centre de la péninsule, il y a un camping ouvert l’été . Et c'est le genre de paysage qui vous attend !

paysage de la péninsule de Saint Servan par un beau jour d'été


Le barrage qui coupe l’estuaire, c’est l’usine marémotrice de la Rance. Après avoir longé le littoral, vous vous retrouvez dans Saint Servan, qui mérite aussi un coup d’œil.



Lisez cet article en anglais : Walk on the coastal pathway of saint Malo (France) and visit the peninsula of Aleth

Visite du fort de la cité d’Aleth à Saint Servan (quartier de Saint Malo, Bretagne).

Pour accéder au fort de la cité d’Aleth, qui abrite aujourd’hui le Mémorial 39-45, il faut prendre le chemin de ronde de la péninsule. Vous arrivez devant des fortifications

Fort d'artillerie de Mazin


construites par Mazin au milieu du XVIIIè. Non, ce n’est pas du Vauban (1663-1707) comme à Saint Malo, même si ce dernier avait insisté pour fortifier l’embouchure de la Rance.

Il a fallu plusieurs incursions anglaises pour que les fortifications soient construites plus tard en 1759. En effet, le commandant anglais Marlborough, en 1758, est à Saint Servan et réfléchit à une stratégie pour prendre Saint Malo. Attaqué par les tirs de canons des Malouins qui ne lui laisse pas le temps de s’installer, il repart après avoir incendié tous les navires du port de Solidor. C'est suite à cette attaque que, un an plus tard, les travaux commencent et que Mazin construit un fort d’artillerie capable de défendre la Rance.

Fortifications de la cité d'Aleth


Ce fort a repris du galon –façon de parler– avec la 2e guerre mondiale.

Porche du fort d'Aleth de Saint Servan



La Bretagne a une position stratégique lors du conflit. Les Allemands la défendent par la construction du Mur de l’Atlantique (ce sont les fortifications côtières allemandes). C’est pour cela qu’on trouve de nombreux blockhaus sur la côte bretonne. Ils transforment aussi les ports de Saint Nazaire, Brest, Lorient et Saint Malo en forteresse.

Blockhaus du fort d'Aleth


Construit en 1759 et modernisé par l'organisation Todt -c'était un groupe de construction et d'ingénierie allemand qui a construit les fortifications, les bases sous marines, les camps...-, les fortifications allemandes de la cité d’Aleth réutilisent le fort type Vauban. Une trentaine de blockhaus

Blockhaus de Saint Servan


y a été ajoutée, blockhaus qui sont reliés pour certains par des galeries souterraines. Il y avait des fossés antichar et des cloches blindées pour abriter des canons antichars et antiaériens.

En haut des escaliers, sur la "plateforme", on y voit des restes de blockhaus, le Mémorial de la Guerre 1939-1945.

ouverture et horaires du Mémorial de Saint Servan



On visite l'intérieur d'un blockhaus restauré, une exposition sur la Seconde Guerre Mondiale dans la région et on peut visionner un documentaire.

Et à l'extérieur, la vue sur la Rance est superbe.

vue sur la Rance du fort de la cité


et sur Saint Malo.

vue sur Saint Malo du fort de la cité



Si la ville de Saint Malo a été détruite à plus de 70%; Saint Servan, en tant que QG de la zone a aussi connu les affres des bombardements. Les Allemands avaient élaboré une zone de fortification incluant Cézembre, l’île en face, la pointe de la Varde (au bout de Paramé), une station-radar au cap Fréhel et des lignes de défense dans les terres.

Blockhaus de la cité d'Aleth


Toute cette place dans la presqu'île d'Aleth était fortifiée : les Allemands avaient construit plusieurs blockhaus, des casemates, installé des mitrailleuses, des canons et creusé des galeries souterraines qui les reliaient. A sa tête, le commandant Von Aulock dirigeait la forteresse.

Quand les Alliés débarquent en juin 44, la donne change. Ils arrivent à Saint Malo début août et bloquent la zone mais ils sont peu nombreux -les Américains sont en Normandie, ils veulent prendre à revers les Allemands-. Que faire alors ? Bombarder la forteresse et les environs. Les Américains sont arrivés le 2 août et les Allemands ne se rendront que le 17. 15 jours de bombardements intenses :

Arme de la deuxième guerre mondiale


sur le fort du Grand Bé, sur Cézembre et sur Saint Servan et Saint Malo. Les Alliés entrent dans la cité corsaire le 14 alors que la ville brûle depuis le 10. Le commandant Von Aulock, positionné dans le fort de la cité d’Aleth résiste toujours, il ne capitule que le 17 août 1944.

Imaginez la bataille qui a fait rage pendant presque 15 jours dans la zone malouine. Les cloches,



sont en métal et font 30 cm d’épaisseur !!! A Saint Malo, les trois quart de la ville sont détruits. La ville sera reconstruite à l’identique quelques années plus tard et ce pendant 12 ans (1948-1960). Le tracé des rues sera repris, les immeubles reconstruits avec les matériaux restés sur place.

L’ile de Cézembre a résisté plus longtemps encore. D’après le site de l’inventaire général du patrimoine culturel, l´occupant allemand y a construit près de 80 blockhaus (batterie d´artillerie : casemates et encuvements, postes de direction de tir, batteries antiaériennes, abris etc.). Ce n’est que le 2 septembre qu’ils se rendent et c´est la zone du territoire français qui a été le plus bombardée. Les Américains y testeront notamment leurs nouvelles bombes incendiaires au napalm...

Cézembre, île interdite !!!


C’est pourquoi Cézembre, « zone rouge » est théoriquement interdite aux visiteurs
. La zone n’a pas été entièrement déminée, il y reste encore des bombes !!!

Un témoin que j'ai connu raconte qu'ils allaient voir les échanges de tir comme si c'était un feu d'artifices !!!

Lisez cet article en anglais : Visit of the fort of Aleth at saint Servan (district of Saint Malo, France) and the Memorial 39-45

Croyance populaire : Tombe à la fille

C'est en voulant faire une balade en forêt, (du tourisme vert !) que je me suis rappelée de cette histoire...

Teillay est un petit village à une dizaine de kilomètres de Bain de Bretagne. Dans sa forêt, à la limite des départements de l'Ille et Vilaine (35) et de la Loire Atlantique (44), (à la frontière administrative de la Bretagne et des Pays de la Loire), une légende qui remonte à la Révolution Française laisse encore des traces...

En sortant du village, c'est la première route sur la droite dans la forêt. En vous enfonçant quelques centaines de mètres dans le chemin, vous verrez un petit sentier fleuri qui enjambe un ruisseau. Il conduit à une tombe.

Tombe à la fille de Teillay


La légende est rapportée en plusieurs versions mais globalement le fond est le même, seul le sordide varie...

Cette tombe, d'après la légende, est celle de Sainte Pataude (le surnom de pataud était donné aux Républicains par les Chouans)... et vous allez comprendre pourquoi quand vous saurez que c'est l'histoire de Marie Martin, une jeune femme de Tresbouef, qui est à l'origine de cette vénération...
Elle a 18, 19 ans et travaille chez un marchand. Là, les histoires divergent : les Chouans la recherchent ... soit parce qu'elle aurait dénoncé des Royalistes aux Bleus ou bien parce qu'ils veulent faire payer au maître de la jeune fille son attachement à la République. En tout cas, elle résiste...

L'histoire se passe en 1795, grande époque d'amour et de fraternité entre les Monarchistes et les Républicains... Comme elle ne répond pas, les soldats l'emmènent alors dans la forêt, lui font subir toutes sortes d'atrocités (je vous passe les détails, Amnesty International n'existait pas à l'époque mais ils auraient eu de quoi faire !) et finissent par la pendre par les cheveux...
Elle est enterrée au pied du chêne qui la supportait.

Photo de la tombe à la fille


Très vite des rumeurs évoquent que les malades qui s'y rendent en reviennent guéris...
Curieusement ce sont les prêtres réfractaires, qui tentent de faire cesser les croyances en menaçant d'excommunication les "pèlerins" qui s'y rendent... pour des guérisons miraculeuses. (Ce sont quand même les Chouans qui l'ont tuée : il y avait de quoi en faire une martyre rouge !). Mais malgré tout, comme il est écrit dans le rapport de l'époque, tous aristocrates comme patriotes, y vont.

La tombe aujourd'hui est toujours visitée. Elle est couverte de fleurs, des vêtements pendent sur un fil ou sur les arbres alentour, des chaussures jonchent le sol, des lettres témoignent de l'attachement à cette sainte.

Problème de marche


On continue à prier Pataude pour que les enfants marchent (les petits souliers d'enfants en témoignent), mais aussi pour bien d'autres maux ou en espoir de guérisons. Vu le nombre d' ex-voto sur le site, Sainte Pataude a et peut aider de nombreux désespérés. Ouest France explique dans la bouche du maire que les habitants du village continuent à entretenir la tombe, de peur qu'en ne la délaissant, ils ne leur arrivent malheur.

Hommage à Sainte Pataude


Lire cet article en anglais : Popular beliefs : tombe à la fille (tomb to the daughter)

Rando en Bretagne : les dénivelés du Mont Dol

Voilà une petite balade riche en découvertes : préhistoire, chapelle, moulin, grottes... L'ascension du Mont Dol est une véritable aventure.

Le site permet un cours concret d'histoire du relief : vous savez qu'il y a encore quelques dizaines de millénaires, quand il faisait bien froid, la mer était plus proche de nous ... Le Mont Dol était une île. Du sommet, on devine bien le relief des grandes glaciations et la limite où l'océan s'est arrêté ! Aujourd'hui la mer a reculé et elle était encore plus lointaine aux temps préhistoriques... Bref, ca va, ca vient !

Mountain in France


Oui, le Mont Dol a accueilli des hommes, il y a quelques milliers d'années, dans des grottes situées au nord de la colline. Des Néandertaliens, amateurs de gros pachydermes, nous ont laissé des restes de leurs festins. Les hommes devaient guetter les mammouths du sommet du mont, les repousser vers les marécages... où les animaux s'enlisaient... et là, les chasseurs finissaient leur travail. Il fallait ensuite dépecer la bête ... et la conditionner pour pouvoir la conserver et la déguster pendant les mois suivants sa prise...

Un site préhistorique proche (à Jersey) sert de référence aux chercheurs et leur a permis d'affiner leurs recherches (vous en saurez plus en visitant l'église qui est au pied du Mont : une exposition explique l'histoire du lieu... vous y admirerez en plus de belles fresques murales restaurées polychromes... C'est rare dans les églises bretonnes, les murs étaient souvent passés à la chaux... pour désinfecter après les épidémies !).

Aujourd'hui, au sommet du site, il y a un tout petit édifice religieux, une statue monumentale posée sur une tour, des arbres centenaires, un moulin...

Tree


Le site a connu de nombreuses occupations religieuses. Aujourd'hui, il reste cette petite chapelle avec un vitrail dédié à la guerre 14-18.

Churches in France


Et surtout la tour Notre Dame de l'Espérance (1857) qui domine tout le paysage.
Par beau temps, on a une vision panoramique de la côte, le Mont Saint Michel, Cancale et toute la baie. Et par temps très clair, on peut même découvrir les îles anglo-normandes (Jersey et Guernesey) qui finalement ne sont pas si lointaines.

Religious statue


Et il y a aussi cette légende... le Malin a oeuvré par ici !
Oui après avoir terminé sa Merveille du Mont-Saint-Michel, il a défié Saint Michel en lui demandant de réaliser un pareil chef d'oeuvre aussi parfait...
Le Saint choisit l'autre colline de la baie, le Mont Dol et, en une nuit, réalisa un immense et magnifique palais de cristal. Le démon, furieux, voulut le détruire, mais l'archange Saint-Michel proposa d'échanger les monuments. Le Diable accepta et une fois dans son palais du Mont Dol, il se rendit compte de la supercherie... Le palais n'était pas cristal mais glace... et il faisait beau, ce jour là !
Le diable, de rage, voulut tuer l'archange mais Saint Michel réussit à l'envoyer dans une faille du Mont Dol qu'il avait ouverte avec son épée. Et hop, bon débarras ! Le Saint rejoignit alors le Mont-Saint-Michel d'un bond... et laissa son empreinte dans une des roches de granit du Mont-Dol. Cherchez les traces des griffes parmi les rochers ! Si, si, elles sont là !
Le moulin date de 1843 et a fonctionné jusque dans les années 50. Il est ouvert à la belle saison et peut se visiter les week-ends (de Pâques à septembre nous rappelle une affichette).

Moulin du tertre


Il y a une crêperie au sommet du site, ouverte pendant la belle saison.
Pour continuer la balade vous pouvez redescendre par l'autre côté du sommet et faire le tour du mont avant de rejoindre le parking. Choisissez le bon côté pour voir les grottes !



Lire cet article en anglais : Walks in France : the slopes of Mont Dol

Tourisme dans la forêt de Brocéliande : l'église de Tréhorenteuc

L'église de Tréhorenteuc n'est pas comme les autres. C'est grâce à l'abbé Gillard. L'autorité ecclésiastique avait décidé d'envoyer un jeune abbé un peu fantasque et contestataire – ses idées de tolérance n'étaient pas appréciées - dans la paroisse la plus "reculée" de ce diocèse morbihanais, afin que certainement la dure vie des campagnes le ramènent à des idées plus acceptables.
Il hérite d'une église en piteux état qu'il décide de rénover... à sa façon (1942-1953) et d'en faire ce qu'elle est aujourd'hui : une église originale où les croyances se croisent ... la légende arthurienne, le monde celte et le christianisme. L'abbé Gillard considérait que ces trois mondes devaient se rencontrer... Le mythe du Graal lui a permis de les rapprocher.

Les références aux chevaliers de la Table Ronde ne sont pas très étonnantes quand on sait que cette petite commune d'une centaine d'habitants est située tout prés de la forêt de Brocéliande, lieu associé à leurs épopées.

La table ronde


Le monde celte a laissé de nombreuses traces en Bretagne... (les druides, ça vous rappelle quelque chose... ils se rassemblent tous les ans dans la forêt)...
Quant au christianisme, il est partout (les croix de pierre jalonnent les chemins bretons).

Vitrail de l'église de Tréhorenteuc


Ce n'est peut être pas, non plus, un hasard .... si Henri Gillard a été chargé de la paroisse de Tréhorenteuc. En breton, Tréhorenteuc signifie... le pays de la charité... tout un programme en lien avec les idées de l'abbé, idées qu'il va mettre en images dans cet édifice.

L'abbé Gillard


L'entrée de l'église est pleine d'interrogations : la porte est en dedans (de soi, à nous de la découvrir...) est gravé sur le porche.

La porte est en dedans


L'intérieur est tout aussi truffé de symboles et d'interrogations. Aidé par deux prisonniers allemands, l'un menuisier fabrique la voute et les bancs, l'autre, peintre est à l'origine de certaines des illustrations de cette chapelle.

Vous pourrez voir la fée Morgane (qui habite tout près, dans le Val sans Retour) immortalisée dans l'église avec les chevaliers de la Table Ronde

Morgane et les chevaliers


ou la Cène (le dernier repas du Christ revisité) ...

La cène et les chevaliers de la Table Ronde


L'église, qu'on appelle aussi la chapelle du Graal, est dédiée à Sainte Onenne, la patronne de Tréhorenteuc. Vingt-deuxième enfant de Judicaël roi de la Domnonée, au VIIè siècle, (un des royaumes de l'Armorique), Onenne est née tout près d'ici, à Gaël. Elle ne veut pas d'une vie de princesse et s'engage comme servante dans une ferme. Elle est représentée sur les vitraux avec des oies. Très pieuse, elle n'a pas fait de miracles mais ses qualités (piété et bonté) l'ont élevé au rang de sainte. Une sainte bretonne...

Si vous voulez encore mieux comprendre l'édifice et tous ses secrets, rendez-vous à l'office de tourisme situé devant l'église, qui propose brochures et visites guidées pour appréhender cet univers original.
Cette petite excursion est l'occasion d'aller voir le manoir des Rues-Neuves (qu'on appelle aussi le château de Gerwan, prince breton du IXe siècle). Classé Monument Historique, le bâtiment est privé et ne se visite pas.

Manoir des rues neuves


Ou de faire du tourisme légendaire : découvrir la forêt avec le Val sans Retour (maris menteurs, amants sans scrupules, abstenez vous : la fée Morgane y emprisonne les hommes infidèles), de vous rendre devant l'Arbre d'Or, (l'arbre vestige des incendies de la forêt de Brocéliande), de vous balader dans les sites mégalithiques comme le Tombeau des druides ou le siège de Merlin..., de visiter l'abbaye de Paimpont, le chène à Guillotin ...



Lire cet article en anglais : Tourism in the French forest : visit the church of Trehorenteuc

Arbre remarquable de mille ans : le chêne à Guillotin

En vous baladant dans la région de Brocéliande, vous pouvez admirer sur cet arbre millénaire...

Chêne millénaire


Je m'appelle Eon Guillotin et j'ai mille ans. Je suis un chêne pédonculé, de plus de 20 m de haut et de près de 10 m de circonférence.
Je suis né lors d'un des passages de la comète de Halley... en 1144, mais je m'en souviens à peine, c'est si loin et j'étais si jeune..
Oui, c'est l'ermite Eon qui m'a baptisé... Il s'était réfugié dans la forêt de Brocéliande. Il a vécu dans mes jeunes branches comme un bandit de grands chemins avant de finir dans un cachot à Reims en 1148...
200 ans plus tard en 1352, j'ai vu cette bataille fratricide entre Bretons, la bataille de Mauron qui a opposé les Français aux Anglais... ou celle (du même genre) qui a eu lieu en 1364 et qui a opposé à nouveau nos compatriotes...
Jusqu'à ce combat en 1370 où le seigneur Du Guesclin assiège le château de Comper et le met à feu et à sang... Château qui sera démantelé en 1598 sur les ordres du roi Henri IV de visite en Bretagne.(Allez le visiter d'ailleurs, c'est pas loin...).

Pendant la Révolution Française... j'ai sauvé la vie d'un homme Guillotin. C'est de là que vient mon deuxième baptème ! Il ne faisait pas bon être croyant à l'époque. Le prêtre Guillotin pourchassé par les Sans Culottes se cacha dans mon tronc. Les Bleus (les soldats anti-cléricaux) arrivèrent devant mes entrailles rendues invisibles grâce au travail énorme d'une araignée qui y avait tissé sa toile. C'est Notre Dame de Paimpont qui s'était transformée en insecte pour sauver notre curé.



Si vous saviez... toutes les complaintes d'amoureux que j'ai entendues, les premiers baisers que j'ai pu voir, les chouettes que j'ai portées, les coups de tonnerre que j'ai supportés, tous les garnements qui m'ont escaladé, les vaches qui ont cherché à se protéger du soleil (la canicule de 2003, ca vous dit rien), les oiseaux que j'ai hébergés et toutes la naissances auxquelles j'ai assistées, les chiens qui se sont soulagés, les menaces des menuisiers qui me voient déjà en tables ou en parquet...
Ma vieille écorce marquée par le temps pourrait raconter encore tellement de choses...


Lire cet article en anglais : Millenium tree in France : the Guillotin oak

Patrimoine insolite : le menhir christianisé de Saint Uzec (Saint Duzec) en Bretagne

La côte de granit rose est magnifique et ses pierres bien curieuses, je sais. Mais juste un peu dans les terres, vous pouvez découvrir une autre pierre unique et insolite du patrimoine breton.

C’est évident pour tout le monde, la Bretagne est une terre de menhirs (men en breton signifie pierre et hir levée). Et même si on ne sait pas trop quelle signification leur donner, il y en eut partout. Aujourd’hui nombreux sont ceux qui ont disparu mais on en a encore quelques uns qui valent le détour.

Si vous séjournez sur la côte, près de Pleumeur Bodou, il faut vous rendre au menhir de Saint Uzec (Saint Duzec) sur la commune de Plemeur Bodou et sa chapelle qui est en face. Parce que...

Il est impressionnant
Il fait face à une chapelle qui a un clocher mur
C'est un monument classé
Il est orné de 27 arma christi
Menhir vu de la chapelle Saint Uzec


Ce menhir est impressionnant.
Sa taille d’abord, autour de 8 mètres, au sommet d’une colline, on le voit de bien loin. On ne connaît pas sa signification en tant que pierre levée du néolithique (-5000 à –4000 avant JC) mais on se doute de celle qu’on a voulu lui donner quand elle a été ornée d’une croix, de 27 sculptures et d’une peinture qui a été effacée par le temps.

Il fait face à une chapelle qui a un clocher mur
On le voit très bien de la chapelle sur la colline d’en face : la chapelle Saint Uzec.

Chapelle de Saint Uzec à  Pleumeur Bodou


Cette église gothique de granit a été construite à la fin du XVè siècle, bien avant la transformation du menhir en croix. Son clocher est original – un clocher-mur- tout rectangulaire dans lequel il pourrait y avoir 3 cloches. Elle est consacrée à Saint Uzec (aussi Josse ou Judoc), un prince breton du VIè siècle qui ne voulait pas hériter de ses terres et de son titre et a préféré devenir ermite. Un pardon le vénère le 2è dimanche de juillet.

On dit Saint Uzec ou Saint Duzec car, en breton, -nous sommes en terre bretonnante ici- est liée à la liaison de Zant à Uek qui donne Saint-Duzec.

C'est un monument classé
En face se dresse le menhir. On devait le voir de très loin et sa caractéristique chrétienne pouvait ainsi frapper les esprits.Taille imposante, entouré d’un enclos,

Menhir christiannisé de Saint Uzec dans son enclos


surmonté d’une croix et orné de scultures symboliques, tout est là pour en faire un des plus beaux menhirs christianisés de Bretagne. Il est classé Monument Historique depuis 1889.

Il est orné de 27 arma christi
Le menhir a été transformé en 1674, dit la tradition. Et c’est comme s’il rassemblait à lui seul tous les symboles du christianisme, le tout surmonté d’une croix sculptée avec un Christ en croix. Deux calices recueillent son sang.



Les 27 sculptures sont des arma christi (instruments ou objets de la Passion). Ces images évoquaient les souffrances et le supplice du Christ, avant et pendant la crucifixion (Passion du Christ). Elles étaient fréquentes au XVIIè siècle. Et comprises par la population. Aujourd'hui, ces symboles ne sont pas clairs pour tout le monde... Une petite révision s'impose !
Le soleil et la lune symbolisent la résurrection et la mort. Une lance et un bâton ou une lance et un roseau avec une éponge (qui assouvit la soif du Christ sur la croix) évoquent l’arrestation de Jésus.
Entre les deux, l’aiguière (un vase) et une main rappellent Ponce Pilate qui l’a condamné à mort. Une femme à genoux en prière (qui suivait Jésus lors de son ascension du Mont), et, sous elle, le voile de Véronique (qui a servi à essuyer le visage du Christ). Le coq du reniement de saint Pierre est juché sur la colonne de la flagellation. Une échelle évoque la descente de croix. De chaque côté on voit les deux fouets. En dessous, et de gauche à droite, l’épée de saint Pierre qui trancha l’oreille de Malchus, le serviteur du grand prêtre, une lanterne nous mène à l’arrestation, au jardins des Oliviers, puis des tenailles et un marteau sous lesquels se trouve les deniers de Judas. Sur la dernière ligne enfin, la tunique sans couture (vêtement que la Vierge a tissé pour son fils et qui a grandi avec lui), les dés (pour tirer au sort les vétements de Jésus de Nazareth les répartir entre les soldats). les trois clous. La tête de mort est celle d’Adam : une légende, en effet, rapporte que celui-ci fut enterré sur le Golgotha (lieu de la crucifixion). Sous l’échelle, deux os croisés pourraient signifier la descente aux enfers.
Un grand panneau explicatif vous expliquera le menhir côté pile et côté face. Les sillons verticaux sont le signe de l’érosion… Il pleut en Bretagne, hein !

Erosion sur le menhir christiannisé


Sur de vielles cartes postales du siècle dernier, on distingue une peinture du Christ en croix qui a malheureusement disparu depuis. Les sculptures étaient aussi peintes.
On peut faire des randonnées dans ce coin, elles sont bien indiquées. Alors, un jour de temps maussade, partez en balade, vous ne le regretterez pas. Il existe sur la commune un autre menhir sculpté d’un croix dans le lieu dit de Saint Samson. Je ne l’ai pas trouvé. Mais si vous le croisez au gré de vos balades, faites moi signe…

Lisez cet article en anglais : Unusual heritage : Christianized standing stone at Saint Uzec in France (Brittany)

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