Chemin de halage du canal d'Ille et Rance


Balade de Dinan à Léhon par le canal d'Ille et Rance (Bretagne, France)

Vous voulez prendre l’air à Dinan ? Mais vous ne voulez pas vous épuiser à monter le Jerzual (la rue du Jerzual est LA rue à visiter à Dinan)… Longez le canal d’Ille et Rance, c’est pas mal non plus...

En bas du Jerzual, au port de Dinan, passez le petit pont de pierre et longez le chemin rive gauche. Après une petite demi-heure, vous apercevrez les jardins de l’abbaye de Léhon et une partie des bâtiments conventuels (religieux, quoi !).

jardins et bâtiments conventuels de Léhon


Ils savaient choisir des endroits bien agréables, ces moines…

les baies gothiques du réfectoire de Léhon


Admirez le pont en pierre de Léhon. Depuis toujours, les hommes ont cherché à traverser les rivières et pour cela il fallait des lieux propices au passage à gué. Ce gué servait déjà lorsque la voie romaine Rennes Corseul était utilisée.

Plus tard ce sont les moines, au Xè siècle, qui font évoluer les choses : un pont … en bois est construit. Mais la Rance n’est pas canalisée et elle est toujours bien sauvage. Alors vous imaginez le travail lors des crues… Adieu petit pont de bois, bonjour la reconstruction… Le pont est bien souvent dans l’eau…

Ce n’est qu’entre le XVè et le XVIè siècle que l’on pense à une construction en dur, en pierres. Mais la Rance -toujours pas maîtrisée- continue d’attaquer le pont qui l’enjambe.

pont de Léhon


Par période, le pont est en piteux état… surtout qu’on en fait sauter l’arche centrale –il en avait quatre alors- pour empêcher les armées royales d’atteindre Dinan en 1799

L’arche manquante sera remplacée par une passerelle en bois, puis au XIXè siècle en métal qui permet aux bateaux de passer.

En 1832, la Rance est canalisée et un important trafic de marchandises de Saint Malo à Rennes se met en place. Le chemin de halage (c'est le chemin par lequel vous êtes arrivé) permet aux chevaux de haler les bateaux pour les remonter jusqu'à Rennes. Dans l'autre sens, le courant les ramenaient jusqu'au port de Saint Malo.

Le pont, que l’on voit aujourd’hui, est construit en 1925. Il n’a qu’une seule arche pour laisser passer les chalands (bateau plat destiné au transport fluvial) sur le canal.

arches du pont de Léhon


Mais l’histoire du petit pont de Léhon connaît encore des rebondissements : cette fois ci, c’est pour empêcher l’avancée des Alliés, que les Allemands détruisent l’arche centrale. Elle ne sera remontée qu’en 1946.

rue piétonne de Léhon


Maintenant que vous êtes sûr de la solidité du pont, que la Rance est canalisée et qu’il n’y a pas de troupes à l’horizon, allez faire un tour sur l’autre rive… dans la petite cité de caractère de Léhon...

Lisez cet article en anglais : Walking along the canal d'Ille et Rance to a picturesque village of Léhon (Brittany, France)

Pourquoi ne pas lire aussi :


Rennes Nord canal Saint Martin : jardins ouvriers de la rive droite


La rive droite du canal Saint Martin correspond à la zone d’épandage lorsque le canal déborde et c’est là la raison des prairies Saint Martin. Il y a aussi pour cette zone de nouvelles idées d’aménagement. La Ville de Rennes souhaite en faire une zone verte.

graf du canal d'ille et rance


La rive droite ? C’est de quel côté ? Ce sont les berges où se trouvent l’auberge de jeunesse, la maison des tisserands, le parc des tanneurs ou enfin le départ des bateaux électriques sans permis, urbavag pour naviguer sur le canal.

Un peu plus loin, à quelques centaines de mètres en allant vers Saint Malo (la mer est à 85 kms d'ici), en longeant les berges qui bordent le canal, vous avez une petite route qui vous mène aux jardins ouvriers. Vous pouvez aussi vous dépayser en passant devant la maison des tanneurs et traverser un petit bois avant d'arriver sur les routes en terre des jardins.

jardin du canal


Vous allez vous retrouver devant des petits jardins ouvriers et des potagers. Il y a encore peu de temps, chaque espace était unique et marqué par l’imagination et l’ingéniosité de son occupant.

cabane du canal st martin rennes


Certains étaient tellement clos qu’on ne pouvait deviner ce qui s’y passait à l’intérieur. D’autres témoignaient du bonheur de vivre



des jardiniers du dimanche qui cherchaient là de la verdure. Il y a pleins de photos des jardins sur cette adresse qui témoignent de cette période.

un autre jardin du canal un troisième


Mais petit à petit, la Ville de Rennes les a transformés en des jardins modèles avec petites maisons multicolores et délimitation de clôtures vertes. C’est bien, parce que certains endroits de la zone faisait peur à la nuit tombée mais en même temps, le côté uniforme des espaces ainsi crées a transformé la zone en un espace répétitif nettement moins poétique.


potager du canal d'Ille et Rance


C’est dommage. Laissons le temps à leurs occupants de réinvestir la zone et de lui redonner une certaine originalité…

jardin et immeubles de la rue d'antrain



Recette végétarienne de beignets aux fleurs de sureau noir cueillies le long du canal d’Ille et Rance (Ille et Vilaine, Bretagne)

Voici une recette à faire en mai ou juin quand les sureaux sont en fleurs.




Le sureau est un arbre qu’on trouve partout en Bretagne, dans les haies, le long des chemins, en ville, sur la côte, bref il n’y a qu’à se baisser ou lever la tête pour cueillir ses fleurs. Profitez d’une balade pour aller en récolter et choisissez bien votre lieu de cueillette : en mai, explorez plutôt un bout de canal. Le long du canal d'Ille et Rance, j'en ai trouvées. En juin, promenez vous le long du sentier des douaniers, je les ai récoltées dans la baie de Lancieux (côte nord à quelques kilomètres de Dinard), les sureaux fleurissent plus tard en bord de mer.


Il existe plusieurs sureaux, mais celui qui nous intéresse, c’est le sureau noir, un arbuste de 2 à 5 mètres de haut, souvent considéré comme une plante parasite parce qu’il est très difficile de s’en débarrasser dans les jardins. Le sureau noir fleurit en mai et juin en grosses grappes de fleurs très fines blanches (quelques millimètres), qui sentent bon et dont le pollen est jaune, crème.
Comme il existe un autre sureau qui est toxique, il faut malgré tout être vigilant, mais le sureau hièble est une plante plus petite (un mètre) à fleurs blanches et roses et qui sentent mauvais.

Le sureau noir est une espèce très répandue en Europe et en Bretagne.

sureau en fleurs

Ces fleurs se transforment en baies noires avec lesquelles on fait gelées, sirops, vin et même bière aromatisés (produites en Bretagne, évidemment). Mais ça, c’est pour plus tard, quand les baies seront mûres. Donc faites votre balade et cueillez ces grappes de fleurs blanches. Prenez les avec des queues, c’est plus facile pour la cuisson, mais coupez les une fois le beignet réalisé, ce n’est pas le meilleur, cette tige verte.

Recette de beignets (salés) à la fleur de sureau pour une vingtaine de grappes de fleurs

Ingrédients

180 g de farine
1 œuf
100 ml de lait
un sachet de levure
200 ml d’eau
Un à deux bouchons de rhum

Mélanger tous les ingrédients et laisser reposer une à deux heures.

Préparer votre huile (friteuse ou casserole). Pour savoir si l’huile est prête à recevoir les beignets, laisser tomber une goutte de pâte dedans. Si la goutte remonte, l’huile est assez chaude et vous pouvez commencer. Prenez une grappe de fleurs par la queue, trempez la bien dans la pâte.

La pâte doit être bien liquide pour bien épouser les petites fleurs du sureau et ne pas faire un gros beignet qui noierait la saveur des fleurs. Mettez la grappe dans l’huile, et dès qu’elle dore, retournez-la. Quand elle est dorée des deux côtés, ça prend entre une minute et deux, égouttez-la sur du sopalin. Une fois tous les beignets cuits, couper les tiges et servez chaud. Je les mange en légumes avec une salade verte, on peut aussi les manger avec une viande.

Comme il me restait des fleurs, j'ai décidé le lendemain de tenter la version sucrée.

C'est facile, on prend la même recette, et on sucre une fois les beignets cuits. Mais je préfère les salés, le sucre masque le goût de la fleur, c’est dommage. Les beignets sont bien meilleurs si la couche de pâte recouvrant les fleurs est fine, (d’où la nécessité d’une pâte liquide). Sinon ce sont des beignets mais pas des beignets de fleurs !!!!

Bonne balade, bonne cueillette et bon appétit.

Lire cet article en anglais : French vegetarian recipe of fritters made of elders flowers

Rennes Nord canal Saint Martin : la campagne à la ville

Vous connaissez le quartier ? C’est celui qui longe le canal d’Ille et Rance. Si vous prenez le canal, vous arrivez au bout de quelques dizaines de kilomètres à Saint Malo. Et à Rennes, c’est le début de la campagne…

canal Saint Martin au nord de Rennes


C’est un quartier que vous connaissez sûrement parce qu’il bouge bien : c’est là qu’a lieu en septembre la grande braderie Saint Martin, en juin, il y a aussi le feu de la Saint Jean au milieu du canal, ou encore pour les amateurs de course à pied : les foulées Saint Martin ( 7,5 kms). Cette année, il y a du nouveau, fin octobre (21 au 25) un nouveau programme de festivités : Festival O Canal.

Mais c’est pour autre chose que j’en parle aujourd’hui. Si vous êtes un habitué de la balade le long du canal, rive gauche, vous devez connaître la Maison de la Poésie, belle villa qui est propriété de la Ville et un peu plus loin sa petite sœur Rosafolies. C’est la jolie maison rose juste avant le début du canal piéton. Et bien la maison est murée…

Rosafolies veut vivre


Il y a une dizaine d’années, il y avait encore, à l’endroit où il y a un rond point maintenant, en face de l’auberge de jeunesse, un bar bien connu des amateurs de musique les Tontons Flingueurs, une crêperie « à l’ancienne » avec des bancs en bois et des crêpes maison et une excellente boulangerie qui cuisait son pain au feu de bois. Depuis, la modernité a transformé tout ça : un spa, une banque et un magasin de robes de mariées les ont remplacés.

Et les mutations continuent. Toujours sur cette rive, tout prêt du cimetière, toutes les petites maisons qui y sont encore, comptent leurs jours de survie. Petit à petit, mais depuis de nombreuses années déjà, la Ville de Rennes rachète les terrains et les maisons du quartier pour pouvoir complètement posséder la zone et la refaire. Les petites maisons avec leurs jardins joliment entretenus sont peu à peu préemptées, murées puis rasées.

maison muree du canal Saint Martin de Rennes Rosafolies muree


Ce sont souvent des retraités, qui ont habité là toute leur vie, qui, une fois placés en maison de retraite ou quand ils ont quitté notre terre, voient leur demeure disparaître pour laisser bientôt place à de futurs immeubles. Ces petites maisons datent d’avant la guerre ou de juste après. Ce sont souvent leurs occupants actuels qui les avaient construites. Elles témoignaient d'une autre époque quand le peuple ouvrier pouvait trouver là des terrains bons marché pour échapper à l'enfermement dans les grandes cités auxquelles les politiques urbaines les destinaient (en fond d'écran les tours de Maurepas).

les tours de Maurepas vues du canal st Martin à Rennes


Il y avait encore des vaches dans le Rennes des années 60 et les berges du canal abritaient des fermes. C’est pour cela qu’il y a encore des petits champs dans le coin.



L'accroissement urbain de la Ville de Rennes a resitué ce quartier au centre de la ville. Même avec une municipalité socialiste les manants restent des manants et n'ont rien à faire au coeur de la cité. C'est pour cela que la Ville prévoit des logemens standing (plus de 400) afin de réparer cette anomalie sociologique.
Le projet de détournement du quartier est déjà ancien. Il y a une quinzaine d’années, on voulait faire une voie rapide dans la zone. Le projet d’aujourd’hui, avec les besoins croissants de la ville de Rennes en nouveaux logements, est tout autre : réaménagement des berges et constructions de plusieurs centaines d’appartements.

Alors pour ceux qui se promènent souvent le long du canal, admirez encore Rosafolies, elle n’est plus là pour longtemps. Dans le quartier, seule la Maison de la Poésie, elle aussi propriété de la Ville échappe à la destruction massive…



Dommage à quelques encablures du centre ville, le canal offrait une autre ambiance. Bref, c’est un petit brin de fantaisie qu’on va définitivement perdre.

L'autre rive et ses jardins ouvriers, c'est dans le prochain billet...

Rosafolies veut vivre

Rohan : une des familles princières du duché de Bretagne qui a donné son nom au village du Morbihan

Les Rohan sont une des trois familles princières les plus importantes du duché de Bretagne. Leur devise était : Roi ne puis, Prince ne daigne, Rohan suis. Ils ont notamment construit le château de Josselin et sont aussi connus pour avoir participé à la conquête de l’Angleterre avec Guillaume le Conquérant en 1066.
Rohan, c ’est aussi le nom d’un village du Morbihan, où a été construit un des châteaux de la famille dont il reste une chapelle : la chapelle de Bonne Encontre. Ce gros bourg est situé à une dizaine de kilomètres au sud de Loudéac et à une vingtaine à l'est de Pontivy, sur le canal de Nantes à Brest au niveau de l’écluse n° 52. Si vous cherchez bien, mais je ne l'ai pas trouvée, le long du canal, il y a une borne où l'ancien nom de Pontivy apparaît, à savoir ... Napoléonville. Si vous la trouvez... faites moi signe.
Et pourquoi Napoléonville ? En 1802 Napoléon a en effet décidé de se servir de Pontivy, ville acquise aux idées de la révolution perdue dans une campagne restée royaliste et chouanne. A mi chemin entre Rennes et Brest et au centre de la Bretagne, Pontivy avait une position stratégique rêvée pour contrôler la province. De plus, l’Empereur voulait en faire une ville militaire qui, une fois reliée au futur canal de Nantes à Brest, approvisionnerait la marine,. Elle devint en 1804 Napoléonville. Mais elle change de nom à diverses reprises : Bourbonville sous la Restauration (1814-15), à nouveau Napoléonville pendant les Cent Jours (1815), elle reprend le nom de Pontivy à la chute de Napoléon, et son oncle Napoléon III la rebaptise Napoléonville. Ce n’est qu’en 1870, qu’elle a repris le nom de Pontivy. On s’y perd, non !!!

Lire cet article en anglais : Rohan a famous family in the Duchy of Brittany that gave its name to the village of Morbihan

Un annuaire sur la Bretagne

Ca fait maintenant plus d'une bonne année que je poste régulièrement sur mon blog d'actualités, de loisirs et de tourisme en Bretagne. Un an que j'évoque des sujets divers mais toujours en lien avec notre région bretonne.

Et du coup, vous êtes nombreux à me visiter et à me demander moults renseignements sur ce coin que j'affectionne. Les messages que je reçois sont très variés : entre la crêperie à conseiller et l'expo à visiter ou les loueurs de bateaux sur le canal... tout y passe... Et que vous soyez d'ici ou que vous vouliez visiter la région, les demandes ne sont pas les mêmes !

Alors, l'idée d'un annuaire a peu à peu fait son chemin... pour pouvoir mieux répondre à vos attentes.

Ca sert à quoi un annuaire ?

A répondre de façon spécifique à vos questions. C'est un peu comme des pages jaunes régionales mais ciblées sur la Bretagne, avec des catégories très diverses mais qui peuvent répondre à vos quêtes d'infos spécifiques et spécialisées sur la Bretagne, ce qui vous intéresse localement : cela peut aller du festival d'une commune du Finistère à un stage de scrapbooking dans le Morbihan, à un producteur de lait d'Ille et Vilaine ou un gite des Côtes d'Armor.

Vous trouverez de nombreuses informations plus rapidement puisque ce sont uniquement des sites situés dans la région, des sites d'entreprises, des institutionnels ou des associations, des sites de loisirs ou d'activités, des blogs de Bretons ou ciblés sur la Bretagne...

L'annuaire permet de regrouper tout ce qui vous intéresse ou presque... localement. Il centralise des informations régionales, des idées de lieux à découvrir, des coins qui vous passionnent, des événements à ne pas manquer, des festivals que vous avez aimé ou enfin le site que vous adorez... Bref, cela vous fait gagner du temps dans des recherches qui sont bien ciblées plutôt que de vous perdre dans le web !

Pour ceux qui veulent inscrire leur site dans l'annuaire :

Les classements sont proposés par département. 4 pour l'instant. Chacun se décline ensuite en rubriques générales et en sous, sous catégories.
Choisissez la catégorie qui vous correspond le mieux et cliquez sur le lien "soumettre un site" dans la barre de navigation (vous pourrez suggérer une catégorie plus adéquate lors de votre inscription).

C'est gratuit et cela vous permet de laisser vos coordonnées : site et adresse sur un annuaire qui cible la Bretagne.

N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

Recette de la confiture au sureau, mais pas celle de Grand-mère !

Je vous ai présenté, il y a quelques semaines, les beignets à la fleur de sureau. Les fleurs se sont changées en fruits, ou en baies !!! Et la tentation était grande d’en faire de la confiture. Seul problème, je n’en ai jamais fait. De la confiture si, mais pas au sureau. Je recherche donc sur Internet la recette de grand mère qui me fera saliver. Mais, à part un site qui propose un mélange sureaux pommes, fruits que je n’avais pas sous la main, c’est la déception. J’ai l’impression que tout le monde propose la même recette. La recette d'antan, je ne la trouve pas.

Je décide quand même de tenter, mais je vais devoir faire plusieurs tentatives car mon premier essai est immangeable. Je me demande même si les cuistots, qui proposent la recette, l’ont eux mêmes testée…

Une recette économique :
des baies de sureau cueillies dans la nature (pour faire - seulement - 3 pots équivalent de 300 grammes, comptez un bon sac plastique plein de baies)
du sucre
un peu d'eau
et une orange si vous en avez.

En août, récoltez vos baies, il y en a plein sur le canal (Nantes à Brest, ou le canal d'Ille et Rance) ou sur la côte. Choisissez les fruits bien mûrs -ils ont la tête en bas- et pleins d’eau (et pas ceux picorés par les oiseaux qui sont vidés de leur liquide). Car pour réussir la confiture, il faut du jus. Cueillez les en tirant sur les tiges rouges, vous verrez, elles viennent toutes seules.



Egrenez les baies en caressant les tiges, gardez les noires et laissez les fruits pas assez mûrs.
J’ai changé la recette en mettant à la place d’un citron (j’en avais pas), une orange (que j’avais). Et finalement, c’est bien pour la suite de la recette, ça fait du jus, et ça permet de cuire les baies sans que tout le liquide ne s’évapore. Rajoutez même un verre d'eau pour que les baies aient le temps d'éclater.
J’ai pesé mes fruits avant de les cuire. Je compte un tiers de sucre à ajouter (pour un kilo de fruits, 350 g de sucre). C'est du pur fruit que je vous propose !



La cuisson des baies dégage une odeur pas agréable du tout, j’ai même cru que c’était une réaction chimique au jus d’orange, mais non, sans jus et avec de l’eau (j’ai testé) c’est pareil.

V 1 : il faut que ça bout pendant quelques minutes, j’écrase à la fourchette les baies et je passe le tout au chinois, au presse légume plutôt.
J’avais d’abord essayé en faisant cuire les baies et le sucre directement, c’était immangeable, on ne sent que les graines et la peau du sureau, (j’imagine que la recette qui propose d’y ajouter les pommes, les baies doivent se noyer dans la confiture et là on peut se permettre de ne pas les broyer).

V 2 : cette année, j'ai découvert l'étamine (étoffe de lin à larges mailles) et j'ai testé avec les baies. Il faut les faire cuire mais une fois éclatées, il suffit de tout verser dans l'étamine que vous aurez préalablement posée dans un plat creux et ensuite de faire un noeud et de suspendre le tout au dessus du plat. Je laisse "égoutter" une nuit et je récupère le jus sans effort !

Le liquide bien noir est mélangé au sucre (d’où le tiers du poids car il y a beaucoup de perte avec les peaux et pépins qu’on a donc enlevés).
Une fois le mélange fait, je laisse reposer quelques heures voire une nuit pour que le liquide et le sucre se mélangent bien. Je fais cuire quelques minutes, ça doit bouillir et faire une petite mousse. Quand le liquide nappe la cuillère en bois, mettez en pot. Pour ne pas utiliser de paraffine, je mets en pot quand c’est brûlant, je ferme et les stocke à l’envers jusqu'à consommation.

Le goût du sureau, pour qui n’a jamais mangé de bonbons ricola au sureau, est très particulier. A la maison , c’est cinquante, cinquante. La moitié de la maisonnée aime et l’autre pas. J’ai fait aussi des tests à l’extérieur : les goûteurs pensent que c’est du cassis. A vous de voir...
Attention à ne pas manger les baies crues (de toute façon elles ne sont pas bonnes), elles sont toxiques tout comme l'écorce, les feuilles ou les racines du sureau.

Lisez cet article en anglais : French elderberry jelly recipe

Noisetiers et noisettes : de la haie contre les vents au Nutella !

De l'utilité d'avoir un noisetier dans son jardin. Je n'en ai pas mais on trouve tout sur le canal d'Ille et Rance... Je vais me servir en septembre, quand les fruits sont murs.

Les noisetiers sont des arbustes bien utiles... Oui, oui... et ils servent à bien des choses...

- à occuper vos enfants pendant les dimanches de pluie
- ou encore à vous régaler de petits gâteaux allemands de Noêl,
- à vous entrainer à faire le sourcier
- à être une grande pédagogue et à montrer à vos enfants avec quoi est fait le Nutella, (non, je rigole mais Nutella en achète des tonnes -13% dans sa recette- ... pour sa pâte à tartiner...)

Petite histoire
Voyons d'abord le petit arbuste... qui devient un arbre fin et délicat... multibranches en grandissant. Il y a 8000 ans, ce sont des forêts entières de noisetiers qui couvraient l'Europe...Et puis un petit changement climatique 500 ans plus tard, et voilà les noisetiers chassés par les chênes, les ormes et autres tilleuls... bref, notre forêt préhistorique a disparu... sauf en Pologne où il en reste un bout dans le parc national de Bialowieza...

Mais je m'éloigne, je m'éloigne...

On trouve quand même aujourd'hui encore des noisetiers dans nos contrées, (on les appelait avant des coudriers).

Pourquoi planter un noisetier dans son jardin ?
- Pour récolter des noisettes
- Pour avoir une haie qui protège vos cultures des vents
- Pour savoir si vous avez les dons d'un sourcier ! (ça marche, mon homme a le « don », il faut une branche de noisetier taillée en fourche)
- Pour vous éviter la foudre quand il est planté près d'une maison (c'est ce qu'on disait avant, mais je n'ai pas testéééééé)
- Pour vous occuper le dimanche avec vos enfants

Quand donnera-t-il des noisettes ?
Ce sont les druides qui m'ont donné la réponse : le noisetier fait partie de leur alphabet des arbres. Et c'est le 9ème, 9 comme les nombres d'années pour qu'un arbuste, qu'un coudrier donne des fruits. La récolte se fait en automne.
Sinon les grands producteurs, ce sont les Turcs, ils dominent le marché de la noisette...

Comment les conserver ?
Attention à bien les conserver sinon quelques intrus iront se régaler à votre place.
Les récolter et les faire sécher sur une cagette, dans un endroit bien sec.

Lisez cet article en anglais : Hazels and hazelnuts from an hedge against the wind to the nuts used in Nutella

Voyage exotique au pays des mammifères sauvages... en Bretagne

On pense souvent aux voyages lointains, quand on parle de mammifères sauvages...
Pourtant, et pourtant, il y en a partout, partout dans le monde, en Europe et même tout près de chez nous... des animaux sauvages... oui, en Bretagne... et on vous propose de les rencontrer !

Quand ?
Cet été, du 24 juin au 25 juillet, le Groupe Mammalogique Breton (GMB) propose une expédition naturaliste à travers la Bretagne... une balade de trois semaines le long du canal de Nantes à Brest.

Où ? Suivez le chemin de Ki-Dour !
Ce sont 21 étapes le long du chemin de Ki-Dour (Ki-dour -chien d'eau- est le nom breton de la loutre), à pied, en kakak ou en bateau. La balade est ouverte au public puisque cet évènement associe la rando le long du canal (de Nantes à Brest), des inventaires itinérants des mammifères et des animations... pour rencontrer la loutre, l'hermine ou les chauve-souris...
Jeunes hérissons
Credit photographique GMB


Pourquoi ?
L'association profite de l'année 2010, année internationale de la biodiversité, pour réaliser un atlas des mammifères terrestres de la région. La biodiversité est aussi en face de chez vous...

Le programme
Vous êtes invités à suivre le chemin de Ki-dour avec l'association GMB, à participer à des animations (sur la piste de la Loutre, nuit de la chauve-souris) ou à assister aux carnets de Ki-Dour (compte-rendu quotidien en images de chaque étape). Le 10 juillet à Mottreff, le Fest Noz de Ki-Dour rassemblera les participants.
Qui participe ?
Depuis 1988, GMB (association loi 1901 de protection de la nature) s'intéresse de très près aux mammifères sauvages et à leurs habitats en Bretagne. Six salariés et un important réseau de bénévoles travaillent autour de 3 thèmes : réseau loutre, réseau chauves-souris et réseau micromammifères en assurant les recensements, les travaux d'études, de protection et de sensibilisation sur ces mammifères rares, indicateurs de la qualité de environnement.

Avis aux amateurs
Tous ceux qui aiment la nature, ceux qui se baladent dans la région, peuvent parcourir avec le Groupe Mammalogique Breton et prendre part aux animations (nuit de la chauve souris, piste de la loutre).
Le GMB a besoin de nombreux bénévoles pour réaliser leurs actions et de moyens financiers aussi (Fonds pour les Mammifères).
Pour mieux les connaitre :
Si leur 1er objectif est de réaliser un atlas des mammifères sauvages de Bretagne... le GMB a d'autres missions :
connaître la vie de certaines populations dans la nature (chauves-souris, loutre, castor).
protéger: l'asso gère 70 sites protégés (concernant ces mammifères et leur habitat).
former à la gestion des espaces naturels pour les professionnels et les bénévoles (stages).
sensibiliser le grand public, des scolaires et des professionnels, (Nuit européenne de la chauve-souris ou du printemps de l'Environnement).
Ils font aussi des études d'impact pour prendre en compte la vie de ces mammifères dans les réalisations de routes, de ponts, de projets éoliens... des diagnostics environnementaux et propose des solutions pour que l'impact sur la faune et la flore soient bien pris en compte.
Suivre l'actualité
Des bulletins d'information et d'actualités mammalogiques relaient leurs actions (Mammi'Breizh et Mammi'Web).

Balade au pays du fromage et des pâtes de fruits des moines de l'abbaye de Timadeuc (Morbihan)

Objectif de la journée : n'est il pas meilleure mise en appétit que de se balader le long du canal de Nantes à Brest pour aller manger le fromage des moines de Timadeuc (Abbaye Notre Dame de Timadeuc 56 580 Rohan).
L'abbaye se situe au centre d’un triangle entre Pontivy, Loudéac et Ploërmel.

Arrêtez vous au village de Rohan. Et garez vous le long du canal. Il y a un parking rive droite quand on se place dans le sens du courant. Traversez le pont et vous apercevez la chapelle de Bonne Encontre, sur la rive gauche de l’Oust, qui remplace l’ancienne chapelle du château de Rohan de 1104. Du château, il ne reste que des ruines. La chapelle date de 1510, comme l’indique une inscription gravée sur son mur. C’est la seule chose que l‘on peut vraiment voir car, en ruine depuis longtemps, elle commence juste à être restaurée et on ne peut visiter l’intérieur pour le moment.

Chapelle de Notre Dame de Bonne Encontre à Rohan


Vous voilà donc à droite devant l'écluse Rohan, la numéro 52 et parti pour 30 à 45 minutes de marche. En avril, mai tout est en fleurs et ça sent bon le miel et les peupliers en fleurs. Vous passez bientôt devant la pancarte indiquant le manoir de Quengo (gîte et BB avec piscine), situé à quelques centaines de mètres au dessus du canal (3 minutes à pied) et très connu des Anglais. Vous croisez peu après l'écluse 51 Quenguo.

Vous allez continuer à découvrir la campagne vallonnée autour du canal, des champs de pommiers rive droite et bientôt la 3è écluse, celle de Timadeuc. Là, une allée à gauche et une croix avec une plaque commémorative à la mémoire du Père Guénaël, déporté au camp de concentration de Buchenwald.

Croix à la mémoire du Père Guénaël


Commencez votre ascension et vous apercevez un grand mur, début du domaine de Timadeuc. Si ça sent la vache, c'est que vous êtes sur le bon chemin!!!
Le domaine est immense et on arrive bientôt face au bâtiment.L’abbaye de Timadeuc a été fondée à l’emplacement du manoir des seigneurs de Timadeuc, dont ils ont repris la devise « espoir en Dieu » en 1841. Le bâtiment actuel a été plusieurs fois remanié. C’est une fondation de l'abbaye de la Trappe en Normandie. Les moines suivent le rythme de vie proposé par la règle de Saint Benoit (prières et travail). Aujourd’hui l’abbaye reçoit des adultes pour des séjours et propose de partager la vie des frères de la communauté. Si le monastère n’est pas ouvert à la visite, vous pouvez assister aux offices. Devant l'accueil, une photo aérienne présente le domaine.

Abbaye de Timadeuc dans le Morbihan


L'accueil s'ouvre sur un magasin qui propose pleins de nourritures. Spirituelles d'abord : des CD (musique classique, religieuse, du monde), une librairie d'ouvrages religieux (à noter un certain éclectisme et une certaine ouverture en cette matière), les derniers romans sortis, des livres pour enfants et des guides et écrits sur la Bretagne. Terrestres ensuite, produits du cru ou fabriqués par d'autres abbayes : savons et huiles essentielles. Enfin de quoi manger : des confitures d'Afrique, des spécialités de moines d’ailleurs en France et celles de Timadeuc.

Vous aurez vu que l’exploitation agricole que l’on longe pour accéder à l’abbaye est imposante et permet donc aux moines d’élever des vaches pour fabriquer du fromage et de s’occuper de vergers pour les pâtes de fruits. Ces productions leur assurent ainsi des revenus.

Fromage et pates de fruits de Timadeuc dans le Morbihan


Parmi leurs produits locaux, il y a un premier fromage le Trappe de Timadeuc (1,7 kg vendu 12,57 euros le kg). Sa pâte au lait cru est moelleuse, et ressemble en bien meilleur au Port Salut et au Chaussée aux Moines. Sa croûte est jaune. (Le site de l’abbaye de Chambarand en propose à la vente par internet. Tout le monde s’adapte !!!). Le second, le Timanoix, 300g est affiné à la liqueur de noix (5,90 euros). Sa croûte est marron et sa recette inspirée – je cite l’emballage – par la recette des moniales de l’abbaye d’Echourgnac (Dordogne). Il a un fort goût de noix.

Les pâtes de fruits (3,15 euros les 250g) sont faites à base de gelée de pommes et d'arômes naturels. Evidemment ça n ‘a pas autant de goût que nos pâtes de fruits super « aromatisées », mais c’est pas mal du tout quand on prête attention à leurs saveurs discrètes.
Les fromages et pâtes de fruits de Timadeuc portent le label Monastic, qui correspond à un regroupement d’abbayes produisant des produits à déguster. Le retour se fait par le même chemin le long du canal, jusqu'à Rohan.

Lire cet article en anglais : Have a nice walk along the canal de Nantes à Brest to discover the cheese and the crystallised fruits of the Abbey of Timadeuc (Brittany, France)



Moulins à marées en Bretagne

Mais à quoi servent les marées ? A moudre de la farine, pardi !
- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
- Y en a -t-il ailleurs ?
- Depuis quand ces moulins existent ?
- Comment ça marche ?
- Où peut on en voir ?

- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
La Bretagne est une terre d'abers... d'estuaires en quelque sorte. Et celles-ci sont fort précieuses pour nos moulins. A chaque marée, la mer les envahit puis les délaisse et c'est ce mouvement de marées qui est à l'origine de l'énergie des moulins.

Moulin de Pen Castel dans la presqu'île de Rhuys, Morbihan


- Y en a-t-il ailleurs ?
Il y en a dans les pays à estuaires, le Portugal, l'Espagne, le Royaume Uni, l'Irlande, les Pays Bas et les Etats Unis.

- Depuis quand ces moulins existent ?
On les connaît, en Bretagne, dès le Moyen Age, et il y en eut jusqu’à une centaine dans la région.

- Comment ça marche ?
Le moulin à marée utilise comme énergie la force de la mer. Le principe était simple : on laissait les marées montantes remplir un bassin fermé par une digue. Une fois la marée basse, il suffisait d’ouvrir le bassin et de laisser s’échapper l’eau qui actionnait une roue.

Bassin du moulin de Pen castel


Ce type de moulin demandait un investissement de départ : une digue à construire. Le meunier, par contre, vivait à l'heure des marées et pouvait travailler la nuit.

Meunier tu dors… oui parfois pendant le jour… si j’attends la mer…

Inconvénients de ce système : comme tous les énergies liées aux éléments, elles sont variables. Avec les périodes de vive-eau (marées à forte amplitude) et de morte-eau… Marée importante, bon fonctionnement, petit coefficient de marée, faible mouvement…

Digue du moulin de la vallée de la Rance


Avantage : C'est une énergie renouvelable... La marée revient toutes les 6 heures… Ce n’est pas le cas du vent…

Les moulins pouvaient être alimentés en grains par la terre et par la mer. Les chariots et les bateaux repartaient chargés de farine…

Moulin à marée dans la vallée de la Rance


Petite précision encore. Le moulin implique une pratique artisanale des meuniers. Plus tard on parle de minoterie, ce qui suppose une destination industrielle du monument. L’utilisation des moulins de mer s’arrête avec la Seconde Guerre Mondiale.

Si vous voulez comprendre le phénomène, la maison de la Rance à Dinan explique, à l’aide d’une maquette, le fonctionnement du moulin. La Rance possédait beaucoup de moulins car l’amplitude des marées y est particulièrement importante.

- Où peut on en voir ?
En Bretagne, certains moulins ont été restaurés : dans le Sud de la Bretange, le moulin de Pen Castel dans la presqu’île de Rhuys et dans le Nord, à Bréhat le moulin du Birlot ou encore le moulin du Prat sur la Rance qu'on peut visiter tous les jours en saison et les dimanches et jous fériés sinon… .

Estuaire sans eau dans la vallée de la Rance


Lisez cet article en angalis : Tidal mills in Brittany France

Les Sites de l'Annuaire