Cliches sur les Bretons


C'est quoi être breton ?

Un petit clin d'oeil à l'actualité...
Qu'est ce que ca veut dire pour vous "être breton" ? Apparemment, c'est une question récurrente puisque Facebook a lancé un défi en janvier : inscrire 150 000 Bretons en 48 heures sur une même page. Et ... il y a eu rush et réussite...
Le magazine BRETONS de février rappelle le livre de Morvan Lebesque "Comment peut-on être Breton ?", qui date déjà de quelques années...
Je sais que le Conseil Régional prépare aussi une grande étude sur le sujet... Bref, peut être une définition de l'identité bretonne en devenir... car l'identité régionale, comme l'identité tout court, est une question d'époque.

Faites donc ce petit jeu.

Quand vous vous sentez Breton ...

Dans les clichés d'hier et d'aujourd'hui !
- Vous ne dansez que dans les Fest Noz !!!
- Vous pestez contre l'abandon des phares par leurs gardiens (c'est la tradition qui s'en va!)
- Vous admirez les prouesses de vos ancêtres en contemplant les menhirs !
- Vous jurez que votre grand mère portait une coiffe au siècle dernier !
- Vous ponctuez toutes vos phrases d'un Kenavo !
- Vous arborez un autocollant "A l'aise Breizh" sur la voiture
- Vous ne ratez jamais le festival des vieilles charrues, la route du rock...
Dans la gastronomie bretonne
- Vous ne vous régalez que dans une crêperie
- Vous achetez uniquement des choux fleurs "Prince de bretagne" (et produits en bretagne!)
- Vous dégustez vos huitres sur le port de Cancale (et pendant les bons mois...)
- Vous ne jurez que par les fraises de Plougastel...
Le patrimoine sportif, culturel ou naturel breton
- La thalasso, c'est dans la ville corsaire de Saint Malo
- Le chemin des douaniers ou le Tro Breizh, c'est quand même mieux que Compostelle !
- Un gite à Brocéliande, rien de mieux pour faire le point !
- Le camping sauvage dans les Monts d'Arrée, c'est fantaaaastique !
- Les hôtels de charme sur les îles bretonnes, c'est le pied !
... Je pourrais continuer dans les clichés (LOL) .... mais je vous laisse la plume !!!! Car votre avis m'interesse !!!

Pourquoi ne pas lire aussi :


Clichés de la Bretagne à Paris au musée Albert Kahn

Pour les Bretons nostalgiques, les Parisiens amoureux de la Bretagne, les mélancoliques du passé ou pour simplement se rendre compte du temps qui passe... l'exposition Bretagne, voyager en couleurs (1907-1929) expose 140 photos couleurs (des autochromes) et plusieurs films sur la région Bretagne au début du siècle.

L'exposition vous explique d'abord ce qu'est un autochrome (inventé par les frères Lumière, c'est le 1er procédé industriel sur plaque de verre de photographie couleur),... et comment les Parisiens autochromistes de l'époque sont allés s'adonner à leur art en Bretagne. Il est vrai que les guides touristiques de l'époque peignent la région comme une région "authentique", qu'on visite pour son folklore, comme un pays étranger.... et c'est un loisir, même un régal pour les photographes de réaliser des bons "clichés" d'une Bretagne folklorique à souhait...

Les autochromes qu'ils tirent, en couleur, représentent le côté pittoresque des Bretons : des hommes en costume folklorique, des femmes en coiffe traditionnelle, des villages typiques avec des enfants en sabots, bref des autochtones en actions... Les plaques présentent aussi des paysages mythiques - les côtes bretonnes sont déjà touristiques-, des ports, des couchers de soleil , des tirages de sites connus ou encore des images de cérémonies religieuses... la troménie de Locronan (une procession emblématique),... Bref des bons clichés de la Bretagne... qui sont même encore utilisés aujourd'hui... et qui perdurent ...

L'expo vous permet de mieux comprendre la technique de l'autochrome et de découvrir le portrait de certains autochromistes... Mais aussi de découvrir ces ancêtres de la photographie couleur. Il y a aussi des vidéos significatives de l'époque. Les oeuvres présentées sont notamment issues des collections du musée Albert-Kahn ou du Musée de Bretagne.

En effet, le musée baptisé du nom de ce banquier philanthrope et pacifiste (1860-1940) possède la plus importante collection au monde plaques autochromes couleur (plus de 72000). Des expositions temporaires les mettent régulièrement en valeur...

Qui était Albert Kahn (1860-1940)?

Un homme original, un visionnaire : il avait perçu que le monde était en train de changer et que les modes de vie traditionnels allaient disparaitre. Pendant une vingtaine d'années (1909 à 1931), il a recruté des photographes pour aller immortaliser la mémoire du monde dans une cinquantaine de pays, la future fondation les Archives de la planète. Nous pouvons d'un seul geste à présent fixer le souvenir... rappelle l'exposition. La majeure partie du fonds du musée correspond au travail de ces témoins...
Son activité ne s'arrête pas là...Le lieu possède 4 hectares de jardins... Albert Kahn était aussi un idéaliste et un utopiste (il doit pourtant sa fortune à des "spéculations audacieuses") qui adorait les jardins. Il en a crée pour réconcilier les hommes et symboliser la paix universelle : en réunissant les styles de chaque pays en un même espace un jardin anglais, un jardin français et un jardin japonais (il connait bien le Japon), une forêt vosgienne (lieu de ses origines),une forêt "aux arbres bleus", une forêt dorée et une prairie... Tous les jardins sont ouverts au public.

Le musée (www.albert-kahn.fr/) est à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine (métro Boulogne Pont de Saint-Cloud (ligne 10).
Et l'expo dure jusqu'au 4 juillet 2010. 11h-18h.

Lire cet article en anglais : Old pictures from Britain at the Albert Kahn museum in Paris (France)

L’île aux trente cercueils : le film cliché de la Bretagne

Vous voulez du cliché et du bon cliché décalé, qui date des années 70… courez, oui, oui, courez louer le DVD de L’île aux trente cercueils. J’avais vu une partie de la série enfant, j’en avais un souvenir épouvanté et une grande frustration car je n’avais jamais vu la fin. J’y pensais de temps en temps, l’ambiance m’avait terrorisée. Je me rappelais d’images dans une île, au bord d’une falaise, du vide, de gens qu’on jette, bref j’avais été traumatisée.

l'Ile aux 30 cercueils


Alors en tombant dessus l’autre jour, je l’ai évidemment pris. 2 DVD de 150 minutes. Le 1er ne me rappelle rien mais me remets dans l’histoire et j’attends la fameuse scène qui m’avait traumatisée. Ça a vieilli, c’est dingue.
Et bonjour les clichés sur la Bretagne… c’est finalement à ce titre que c’est marrant à voir… . Il y a tout dans la vidéo : le pardon dans le film que voit l’héroïne et qui la décide de se rendre en Bretagne, le père qui est spécialiste à la Sorbonne du celtisme, de ses légendes.
Toute l’énigme d’ailleurs est organisée autour d’une vielle légende bretonne qui est en train de se réaliser : les menhirs, les coiffes et les folles, les druides, les sacrifices humains et les crucifixions, le nom de l’île Sarek, la mer, tout y est.…
C’est d’un caricatural, bonjour l’image qu’on avait de la Bretagne dans les années 70

les folles de Sarek


Aujourd’hui on appelle ça du local, de la tradition et on regrette le « bon temps » mais à l’époque les Bretons, c’était vraiment des ploucs… pour les Parisiens. On atteint le summum avec le 2e DVD . Je redécouvre l’unique épisode que j’avais finalement vu enfant (elle en comptait 6) et la scène qui m’avait marquée. Avec tout ce qu’on a vu depuis, je ne vis plus la même angoisse… on est vraiment plus dans le même monde…
Bref c’est loin d’être un chef d’œuvre. C’est nul, non c'est nostalgique d'une époque, faut le revoir pour les souvenirs liés à sa sortie mais c’est pire qu’un mauvais série B ou alors faut avoir beaucoup de temps, d’humour et de dérision… ou bien vouloir faire une étude sociologique de la Bretagne dans les années 70. La série a été diffusée en 1979 mais l’histoire se passe pendant la 1ère guerre mondiale en 1917.
J’ai vu qu’il y avait des fans de la série en tapant sur google… Les goûts et les couleurs… Peut être qu'une chaine de télévision bretonne va le reprogrammer bientôt !

Les rencontres du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en Bretagne aux Champs Libres à Rennes

Je sais que c’est un peu tard – les rencontres du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) en Bretagne – ont lieu le 12 et le 13 décembre mais je ne peux pas ne pas parler de ces rencontres concernant la culture locale dans un blog sur la Bretagne, ses habitudes, ses clichés…

Qu’est ce que le PCI (patrimoine culturel immatériel) ?

L’ Unesco en 2003 par la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a validé l’idée que le patrimoine, ce n’est pas uniquement du « matériel ». Mais soyons didactique et rappelons d'abord ce qu’est le patrimoine matériel.
L’UNESCO est à l’origine de la convention de 1972 pour la sauvegarde du patrimoine matériel (cela rassemble le patrimoine culturel cad les monuments, notamment les … sculpture[s] ou … peintures monumentales, éléments ou structures de caractères archéologiques, inscriptions, grottes […] qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science ; les ensembles : de constructions, …, les sites… qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique.
Et le patrimoine naturelformations physiques et biologiques… qui ont une valeur universelle exceptionnelles du point de vue esthétique ou scientifique, … les formations géologiques et physiographiques … constituant l’habitat d’espèces animales et végétales menacées, qui ont une valeur universelle exceptionnelle… Les sites naturels ou les zones naturelles. En bref, le patrimoine matériel, c'est tout ce qui est solide (construction de l'homme ou de la nature)... mais qui menace un jour de s'écrouler et qu'il faut sauvegarder pour nos descendants !!!

En 2003, l’UNESCO a rapproché le patrimoine de l’immatériel. Je m’explique à nouveau en citant la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel : les traditions et expressions orales, y compris la langue […], … les arts du spectacle, … les pratiques sociales, rituels, et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ; les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.
En résumé, le PCI, ce sont les manifestations de la culture dite traditionnelle et ses savoir faire.
L’objectif de ces rencontres, je crois, est de faire connaître cette convention, de penser à son application concrète en Bretagne -la convention a été ratifiée en 2006 en France-. Et de s'interroger sur ce qu'on doit sauvegarder ?
Est ce du collectage de musique, de contes, de souvenirs liés à des événements marquants de la région ou des savoir faire pour le cidre, la fabrication des fagots, la galette saucisse...

Pour plus d’infos, je vous renvoie au programme ou à ses possibles applications.

Les Bretons et la première guerre mondiale

Le 11 novembre, c’est la fin de la Grande Guerre. Et la Bretagne, c’est la région qui a payé le plus lourd tribut : un mort pour 19 habitants, la France un mort pour 29 habitants entre 1914 et 1918.

monument aux morts en Bretagne


Si le mémorial de Sainte Anne d’Auray commémore 240 000 morts – il a été fait entre 1922 et 1932-, on parle plutôt aujourd’hui de 110 à 130 000 soldats tués. La France compte alors 1,4 millions de morts ou disparus pour près de 41 millions d'habitants (la Bretagne a 2,5 millions d'habitants).

La Bretagne de 1914 est une terre de paysans et de marins. Et on dit qu'elle a payé un lourd tribut parce que sa population était essentiellement rurale : "cette surmortalité s'explique par l'envoi prioritaire des ruraux en première ligne, comme pour les Corses ou les paysans du Limousin" (Bretagne est univers, catalogue du Musée de Bretagne).

noms des soldats morts de 1914 et 15 dans une petite commune bretonne

soldats morts de 1916, 17 et 18  dans une petite commune bretonne


La Bretagne d’alors ne parle pas toujours français. Et dans certains régiments, les ordres sont même donnés en breton. En effet, pendant cette guerre les régiments étaient basés sur un recrutement géographique : régiment de Bretons, de Normands…

Si les hommes sont sur le front, les femmes bretonnes ne chôment pas. La Bretagne est une région agricole, les femmes doivent gérer les terres car il faut ravitailler les armées et nourrir la province. Toutes les parcelles de terrain sont bonnes à cultiver : ainsi le jardin du Thabor, à Rennes deviendra potager. Les femmes doivent aussi fournir la main d’œuvre dans les usines.

La première guerre mondiale nous est notamment connu par un auteur breton Roger Vercel (1894-1957), qui raconte dans certains de ses romans ses souvenirs de la Grande Guerre. Le plus connu encore aujourd’hui -puisqu’il a été adapté à l’écran en 1996 par B.Tavernier- est Capitaine Conan qui a reçu le prix Concourt en 1934.

Lisez cet article en anglais : Brittany and the First World War

Histoire d'un prénom celte : Corentin

Suivez le guide... le guide des prénoms bretons... et leurs statues dans la vallée des saints en Côtes d'Armor...

Ces évangélisateurs de l'Armorique ne sont pas nombreux pour l'instant à Carnoët mais ce sont les plus prestigieux... puisqu'ils sont tous des saints fondateurs de la Bretagne. La région a été évangélisée entre le Vè et le VIè siècle de notre ère et ce grâce à ces 7 saints qui sont à l'origine des diocèses bretons : Dol, Quimper, Saint Brieuc, Saint Malo, Saint Pol de Léon, Tréguier et Vannes. Ces sept villes étaient les étapes du Tro Breizh (tour de Bretagne en breton), un pèlerinage très important du Moyen Age que chaque Breton devait réaliser une fois dans sa vie.

Corentin est le prochain à se faire tailler le portrait, en breton Kaourantin. Fêté le jour de sa mort (comme de nombreux saints d'ailleurs) qui est un 12 décembre, il se décline au féminin, Corentine (c'est un prénom que j'aime bien,c'est le deuxième prénom de ma soeur...).

Corentin a une originalité remarquable puisque, parmi les 7 saints emblématiques, il est le seul à être né en Bretagne, en Cornouailles, pour être précis ... en 375. C'est donc un Armoricain (même si le mot Armorique est un nom breton !!! Et c'est comme cela qu'on appelle les habitants d'avant l'arrivée des Grands Bretons !!! Vous vous y retrouvez !!!). Tous les autres saints fondateurs viennent d'Outre Manche.
Très pieux, il multiplie les miracles près de son ermitage. Il est surtout connu car il possède un poisson qui fait des merveilles : dès qu'on en coupe une tranche, il repousse... Pas étonnant que les sculpteurs de la Vallée l'ait représenté avec un poisson...presque aussi grand que lui...

Photographie de Saint Corentin


La légende veut qu'un jour, le roi Gradlon, (celui de la légende de la cité d'Ys) parte à la chasse et se perde avec sa cour... Il arrive finalement à l'ermitage de Corentin qui nourrit tous les affamés grâce à son poisson miracle...
Plus tard, quand Gradlon désire fonder le diocèse de Quimper, il se souvient de l'ermite et lui demande d'en devenir le premier évêque. Il meurt en 401, à 26 ans. Corentin, le saint patron de Quimper, serait enterré dans la cathédrale.
Et Corentine c'est la variante féminine... et ses dérivés : Cora, Coralie ou Coralise.

Lire cet article en anglais : Celtic name and meaning in France : Corentin

Balade dans Saint Servan (Saint Malo, Bretagne)

Ras le bol de Saint Malo, ses clichés et ses deux millions de visiteurs ? Envie d'embruns sans prendre la voiture ?

J'ai quelque chose pour vous : une balade à Saint Servan. D'abord parce que Saint Malo est accessible par le train. Ensuite parce que Saint Servan (c'est un quartier de Saint Malo depuis 1967) est à un quart d'heure d'intra muros, sur le bord de mer et au début de l'estuaire de la Rance... Et qu'enfin, c'est fort sympathique... et délaissé par la foule malouine !!!

Si vous avez longé la corniche qui borde la cité d’Aleth pour admirer l'estuaire, vous avez fait le bon choix. Vous arrivez devant les vestiges de la cathédrale d’Aleth.

vestiges de la cathédrale de Saint Servan vestiges de la cathédrale d'Aleth


Saint Servan est l'ancêtre de St Malo, je m'explique, c'est d'abord ici qu'a été crée un évéché au VIè siècle. Le futur évèque Malo est arrivé de Grande Bretagne à Aleth au milieu du VIè siècle pour convertir la région. Aleth est attaqué à maintes reprises par les Normands d’abord, les Francs ensuite (VIIIè), à nouveau les Normands (Xè). Ses successeurs, en 1144, transfèrent le siège épiscopal sur le site qui abrite le tombeau de Malo, (d'ou le nom de Saint Malo), et qui est surtout plus facile à défendre.

En 1972, des fouilles permettent de mettre en valeur les fondations des premières traces de l'évéché. Comme l’indique le panneau explicatif,



Aleth était déjà habité bien avant les Romains. Avec l’évangélisation au VIè siècle, un établissement religieux remplace des bâtiments païens, mais il a été, à son tour, maintes fois détruit. La dernière construction de la cathédrale Saint Pierre dateraient de la fin du Xè jusqu'au XIIIè siècle et la ferveur du Moyen Age se voient encore dans les vestiges, qui sont bien imposants (43m de long).

La ville est bientôt supplantée par Saint Malo, qui devient un port commercial important et Saint Servan perd de sa superbe. Surtout que le sable devant Saint Servan décide aussi de lui faire faux bond : en bougeant, l’accès à Saint Malo est plus facile pour décharger les marchandises, Saint Servan a moins d'intérêt.

En rejoignant la mer, vous apercevez la tour Solidor,

les courtines de la tour Solidor


autre construction qui a été bâtie sur des restes de fortifications gallo-romaines. Il y a eu un château avant cette tour, qui a été rasé quand la cité d’Aleth s’esr rebellée contre Saint Malo et ses taxes… au XIIIè siècle.

porche menant à la tour Solidor


Le donjon est composé de trois tours reliées par des courtines (murs qui relient les fortifications),

Solidor


il daterait du XIVè siècle et a été construit pour contrôler l’estuaire.
Comme souvent avec les forteresses, la tour, quand elle n’a plus été utile pour le contrôle de la Rance, est devenue prison. Et maintenant musée. Musée des Cap-Horniers, témoignages de la vie des marins qui franchissaient le Cap Horn (pointe sud de l’Amérique du Sud) : cartes, maquettes, marins célébres…

Saint Servan, à la fin du XIXè siècle, vivait des armements de pêche à la morue (70 navires vers 1880-85). C’était la grande époque !!! Et en 1890, un pont roulant reliait déjà la ville de St Servan à celle de Saint Malo.

La cale devant la tour (à droite)

vue sur la rance de la cale de Solidor


servait pour la liaison en bateau avec Dinard (en face). Elle a cessé avec l’installation de l’usine marémotrice et du barrage de la Rance (années 60).

Actuellement, le véritable port de St Servan se situe entre St Malo et St Servan, dans l’anse des Sablons.

Baladez vous dans Saint Servan. La ville conserve des maisons

maisons à St Servan détails de maisons à St Servan


qui n’ont pas été détruites comme dans la cité corsaire.

Saint Servan


Les parcs sont nombreux et la balade vers le barrage le long de la Rance superbe.

tour Solidor vue du long de la Rance


Lisez cet article en anglais : Visit another saint Malo : the district of Saint Servan

Un prénom breton original : Patern, le saint fondateur de l'évêché de Vannes

C'est le 15 avril, le jour de la saint Patern !
Si vous cherchez un prénom breton masculin original, en voilà un... Si vous aimez la pluie, les fêtes de printemps, vous serez comblé !
Fêté donc le 15 avril (au printemps!), Paterne ou Paterne est le saint patron de Vannes, dont il a été le premier évêque. Il a été vénéré pendant le Moyen Age, quand Vannes était une des étapes du pèlerinage, le Tro Breizh, pélerinage qui fait le tour de Bretagne. Les pèlerins devaient, une fois dans leur vie sur terre, effectuer ce tour de l'Armorique qui reliaient les 7 diocèses de Bretagne (Dol, Quimper, Saint Brieuc, Saint Malo, Saint Pol de Léon, Tréguier et Vannes) crées par les 7 saints fondateurs. Rennes et Nantes ont été ajoutés ensuite.

Patern est un des sept saints fondateurs de la Bretagne, un Grand breton originaire du Pays de Galles. Il émigre vers l' Armorique au Vè siècle. Comme de nombreux Grands Bretons qui ont fui la grande île pour se réfugier dans la petite Bretagne.
D'après le site de la paroisse de saint Patern à Vannes, ce Breton semble avoir été mal accepté des populations locales (c'est un étranger mais un Breton pourtant!).
Il est néammoins à l'origine du diocèse et a été le premier évêque de Vannes (vers 465). Contraint rapidement de démissionner, il s'exile dans un ermitage de la région. Il meurt oublié un 15 avril en 475.
C'est finalement ce jour qui a été choisi pour la fête de Saint Patern (et non plus le 21 mai, jour de la translation (transfert) de ses reliques).

Mal aimé, il était promis aux oubliettes quand, un siècle plus tard, la région de Vannes a souffert d'une grave sécheresse. Les paroissiens se crurent punis d'avoir maltraité leur évêque et le prièrent. La pluie revenue (voilà la deuxième raison), ils construisirent une église en son nom, qui, bien que modifiée, est à l'emplacement de l'actuelle église paroissiale de Saint Pattern. Le tombeau de ce saint n'est pas dans la cathédrale mais dans cette petite église (2 place saint Catherine à Vannes).

Voilà l'histoire de Patern, dont la renommée continue puisqu'il est un des premiers saints à avoir sa statue dans la vallée des Saints de Carnoët (mais j'ai oublié de le prendre en photo).
Signée par Olivier Leveque, elle est accompagnée par les autres sculptures contemporaines des saints fondateurs bretons.

Le prénom de Patern ne vous plaît pas... Allez consulter mes autres billets sur les prénoms bretons ou un guide des prénoms celtes originaux et leur signification...

Lire cet artcile en anglais : A French original name Patern the holy founder of the bishopric of Vannes

Le mémorial de Sainte Anne d'Auray : le monument aux morts des Bretons

Sainte-Anne-d'Auray, ce n'est pas seulement le grand pardon de juillet consacré à la sainte Anne, c'est également un mémorial aux victimes de la 1ère guerre mondiale.
La guerre de 14-18 a fait autour de 10 millions de morts et 20 millions d'invalides dans le monde, plus d'un million de morts en France et on parlait de 240 000 en Bretagne. Le chiffre a été revu à la baisse : on estime plutôt les pertes humaines à 110 à 130 000 morts. N'empêche, la Bretagne a été la région de France la plus ponctionnée proportionnellement à sa population.
Cette Grande Guerre d'un autre siècle commençait le monde moderne : un nouveau matériel de guerre est apparu, les armes ont changé, les tanks, les pièces d'artillerie avec de puissants canons (la grosse Bertha tirait à plus de 9000 mètres), les armes chimiques avec les gaz dans les tranchées...
Et les soldats. Une guerre qui a vidé les campagnes françaises de ses hommes. La Bretagne a fourni de nombreux militaires.

Mémorial de Sainte Anne d'Auray


Les opinions varient pour expliquer cette "ponction" humaine. Pour certains, il s'agit d'une volonté délibérée de sacrifier les Bretons, citoyens de seconde zone, (en France les divisions étaient régionales : les bretons, les Normands...). On connait tous l'histoire de ce soldat bretonnant, non francophone, incapable de se faire comprendre de l'élite militaire et qui finit fusillé par erreur. Ou du Breton considéré comme déserteur alors qu'il revient de se faire soigner et qu'il ne peut expliquer ce qu'il faisait sur l'arrière du front. Certains de ces soldats ont été réhabilités.
Pour d'autres, la contribution de la Bretagne est liée à son caractère extrèmement rural et à son dynamisme démographique. La vérité doit être entre les deux.
Ce mémorial de Sainte Anne d'Auray est, à l'origine, dédié à toutes ces victimes bretonnes de 14-18. Situé juste à côté de la basilique, c'est une grande esplanade ceinturée de dalles gravées et avec, en son centre, un autel imposant.

Fresque à Sainte Anne


Erigé en 1923, le site porte les noms gravés de quelques 8000 soldats, de familles (père et fils !) sur les murs de béton entourant le mémorial. Et donc pas de tous ! Non, ce ne sont pas tous les disparus qui sont honorés ici, mais uniquement les morts des familles qui ont pu payer pour graver les noms de leurs enfants tombés pour la France. Les parents devaient par souscription donner les noms de leurs soldats morts pendant cette guerre. Ce sont essentiellement des milieux aisées ou catholiques qui ont souscrit. La Bretagne rouge n'est pas représentée. Il manque au moins 100 000 noms ! Cette discrimination par l'argent enlève beaucoup de portée à ce Mémorial pour être celui de tous les Bretons !

Noms des soldats disparus pendant la 1ere guerre mondiale


La vocation première du monument en mémoire des victimes bretonnes de la 1ére Guerre mondiale a évolué. Il est maintenant dédié aux disparus de toutes les guerres et lors du pardon de Sainte Anne (25-26 juillet), la messe est célébrée de son autel.

Memorial de sainte Anne


Sainte Anne d'Auray a aussi un important cimetière des victimes de la guerre (regroupant des soldats belges et les blessés morts dans les hôpitaux de l'Ouest).
Un livre de Daniel Emile Millier, un Breton, parle de cette vie de soldats et de toutes ces familles décapitées dans Les fils manqués (fils étant le masculin de filles).

Lire cet article en anglais : The memorial of Sainte Anne d'Auray : a peace monument

Prénoms bretons courts : Malo et Brieuc

Vous aimez les prénoms courts... c'est vrai, c'est pratique... Ils peuvent s'inscrire sur la gourmette du petit ou facilement être gravé sur un médaillon au bout d'une chaine en or... Non, vous n'êtes pas bijou... Par contre, les lettres majuscules en bois qui décorent la porte de la chambre de vos enfants... Ca vous tente...
Revenons à nos prénoms de quelques lettres... Ce sont peut être les plus connus des prénoms bretons... Ils ont leurs deux statues à Carnoët qui parlent de leurs histoires : Malo avec son bateau et Brieuc avec son loup !

Je vous rappelle leurs légendes... que vous avez peut être un peu oubliées...

Malo est né au Pays de Galles, comme tous les autres saints fondateurs, d'ailleurs (sauf Corentin). Fêté le 15 novembre, il a été le premier évêque d'Aleth, (la presqu'île de la commune de Saint Malo). Où les âmes, à l'époque, avaient bien besoin d'être rappelées à l'ordre et purifiées... dit la légende.
Il est représenté avec un bateau par Patrice Le Guen dans la Valléée des Saints car on dit qu'il aurait mis 7 ans à traverser la Manche avant d'accoster sur Cézembre (l'île qui est en face de Saint Malo).. On l'appelle aussi Saint Maclou (mais personne n'a envie de s'appeler comme la moquette ! Et je n'ai pas trouvé si le nom de ce vendeur de revêtement de sols est lié de près ou de loin à notre évêque malouin !).

Photo de la statue de Malo


Brieuc, moine, est devenu le premier évêque de Saint Brieuc et le fondateur du diocèse. Né en 409, Outre Manche (dans ce qu'on appelle maintenant le Pays de Galles), il y passe sa vie en convertissant ses semblables quand, vieillard, un ange lui demande d'aller évangéliser l'Armorique. Il part avec 168 disciples et fonde un monastère à Tréguier que son neveu Tugdual va administrer...
Comme la peste sévit dans son pays d'origine, il repart, calme l'épidémie et revient avec de nouveaux moines. Il a toute sa vie tenté de convertir les pécheurs (qui sont symbolisés par des loups qui veulent le dévorer mais qu'il arrive à dompter). Brieuc est représenté à Carnoët avec cet animal à ses pieds...

Photographie de la statue de Saint Brieuc


Plus tard, Brieuc reçoit des terres d'un parent comte et y fonde la ville de Saint Brieuc.
La légende continue après sa mort : comme de nombreux miracles se produiront sur son tombeau, il deviendra ainsi un des 7 saints fondateurs. Mort en 502, il est fêté le 2 mai. Brieuc en breton se dit Brieg, il existe d'autres variantes comme Briec ou Brioc.

Qui sont ces Saints fondateurs d'Outre Manche ?

A l'origine, vers le IVè siècle, le christianisme s'impose en Grande Bretagne comme religion dominante. Le titre de saint est honorifique et réservé au clergé. Quand ces religieux viennent évangéliser l'Armorique, les grands bretons importent aussi leur façon de voir le monde... Ils encadrent les populations, leurs noms baptisent le lieu où ils prêchent. Et ils essaiment... dans la toponymie bretonne... C'est ainsi que d'après le dictionnaire du patrimoine breton, « on dénombre environ 800 saints bretons dont beaucoup ne sont connus que par les lann ou les plous auxquels ils ont associés leur nom ».

Lire cet article en anglais : French short names : Malo and Brieuc

Tee shirts marins et marinières... la mode en rayures bretonnes

La mode, cette année, est à la rayure... Qui n'aura pas son tee shirt marin ou son pull rayé sera un peu ... beaucoup... passionnément démodé... On doit tous porter des lignes... les bébés, les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes, les vieux... les Bretons et les autres...

Le pourquoi de la rayure...

Au départ, ces vêtements ont une histoire et une utilité bien précises... Les pêcheurs et les marins portent des habits rayés... Et pour cause... L'homme à la mer se repère plus facilement avec ce type de vêtements... En tout cas, c'est ce que dit la légende bretonne...
Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que de grandes marques de vêtements marins sont bretonnes : Armorlux pour ne pas le citer... propose toute la collection... manches longues, manches courtes, bleu, blanc, rouge, jaune...
Et pour faire des affaires, le plus simple est de se rendre sur le site de l'usine (Quimper)... ou dans certains des magasins en Bretagne qui revendent la collection de l'année passée à un prix réduit. Brin de mer, une autre marque de vêtements marins en ligne a aussi sur son site un coin des affaires...

D'autres vêtements, à l'origine bretons, sont devenus des classiques de la mode :... la vareuse, cette veste en coton qui s'enfile par la tête et qui par son épaisseur est un très bon coupe vent...

Et puis il y a le ciré jaune... L'emblème de la tempête en Bretagne, du week end dans les embruns et le crachin breton... J'ai trouvé la légende de son histoire sur le site de Brin de mer... L'imperméable jaune daterait des années 1960, quand las d'attendre son copain dans le crachin breton, un fabricant de vêtements marins a eu l'idée du ciré... Avant il y avait les bonnes vestes huilées... mais c'était une autre époque...

Le pull marin qui se boutonne sur l'épaule a eu sa période de gloire... Autrefois, en bonne laine vierge, il piquait un peu... on le fait aujourd'hui dans des matières moins rêches...
Bref, le tee shirt marin sera donc tendance... cet été... Ressortez donc votre bonne marinière à rayures et arborez fièrement votre vêtement marin et breton...
L'année prochaine, c'est la rayure... verticale ?

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