Comment peut on etre breton aujourd'hui


C'est quoi être breton ?

Un petit clin d'oeil à l'actualité...
Qu'est ce que ca veut dire pour vous "être breton" ? Apparemment, c'est une question récurrente puisque Facebook a lancé un défi en janvier : inscrire 150 000 Bretons en 48 heures sur une même page. Et ... il y a eu rush et réussite...
Le magazine BRETONS de février rappelle le livre de Morvan Lebesque "Comment peut-on être Breton ?", qui date déjà de quelques années...
Je sais que le Conseil Régional prépare aussi une grande étude sur le sujet... Bref, peut être une définition de l'identité bretonne en devenir... car l'identité régionale, comme l'identité tout court, est une question d'époque.

Faites donc ce petit jeu.

Quand vous vous sentez Breton ...

Dans les clichés d'hier et d'aujourd'hui !
- Vous ne dansez que dans les Fest Noz !!!
- Vous pestez contre l'abandon des phares par leurs gardiens (c'est la tradition qui s'en va!)
- Vous admirez les prouesses de vos ancêtres en contemplant les menhirs !
- Vous jurez que votre grand mère portait une coiffe au siècle dernier !
- Vous ponctuez toutes vos phrases d'un Kenavo !
- Vous arborez un autocollant "A l'aise Breizh" sur la voiture
- Vous ne ratez jamais le festival des vieilles charrues, la route du rock...
Dans la gastronomie bretonne
- Vous ne vous régalez que dans une crêperie
- Vous achetez uniquement des choux fleurs "Prince de bretagne" (et produits en bretagne!)
- Vous dégustez vos huitres sur le port de Cancale (et pendant les bons mois...)
- Vous ne jurez que par les fraises de Plougastel...
Le patrimoine sportif, culturel ou naturel breton
- La thalasso, c'est dans la ville corsaire de Saint Malo
- Le chemin des douaniers ou le Tro Breizh, c'est quand même mieux que Compostelle !
- Un gite à Brocéliande, rien de mieux pour faire le point !
- Le camping sauvage dans les Monts d'Arrée, c'est fantaaaastique !
- Les hôtels de charme sur les îles bretonnes, c'est le pied !
... Je pourrais continuer dans les clichés (LOL) .... mais je vous laisse la plume !!!! Car votre avis m'interesse !!!

Pourquoi ne pas lire aussi :


Mémoires d'un paysan bas breton : le journal de Jean Marie Déguignet

Pour qui veut connaitre la Bretagne du XIXè siècle, ses mentalités, ses habitudes, la lecture de ce livre Mémoires d'un paysan bas-breton de Jean Marie Déguignet (1834-1905) apporte de nombreuses informations.



Cet homme d'origine très modeste est un autodidacte avec un parcours et un destin très particulier pour l'époque. Son journal est reproduit presque en intégralité de sa naissance à presque sa mort. Il y raconte tout : comment bretonnant, il appris à parler et à écrire français, ses lectures, les différents pays qu'il a pu visiter quand il était soldat (Malte, Jérusalem, Italie ou Mexique), son retour en Bretagne, près de Quimper et sa nouvelle vie de paysan... où sa curiosité intellectuelle lui permet de s'essayer à des nouveautés agricoles et de critiquer ses voisins. De prendre de la distance avec les croyances et les superstitions de l'époque. La fin est un peu triste car il part dans des délires où visiblement il a perdu la tête.

On peut presque parler d'autobiographie d'un homme conscient de sa singularité :
"J'ai lu ... beaucoup de vies ... d'hommes qui ont joué en ce monde des rôles importants, mais jamais... je n'ai lu de mémoires... de pauvres artisans, d'ouvriers, d'hommes de peine... Je sais qu'[ils] sont dans l'impossibilité d'écrire leur vie, n'ayant ni l'instruction ni le temps nécessaires. Quoique appartenant à cette classe, au sein de laquelle j'ai passé toute ma vie, je vais essayer d'écrire, sinon avec talent, du moins avec sincérité et franchise ... comment j'ai vécu, pensé et réfléchi dans ce milieu misérable, comment j'y ai engagé et soutenu la terrible lutte pour l'existence."
Bref, cet homme original du siècle dernier n'appartenait pas à son siècle... C'est un témoignage avec un regard très moderne tant sur les moeurs des Bretons du XIXè siècle que sur la vie quotidienne dans le Finistère. De la littérature bretonne avant l'heure !!!

Pape breton et évèque de Tréguier : Saint Tugdual et sa colombe

La visite de la vallée des saints m'a donné des envies d'hagiographe (raconter des histoires de saint et de prénom finalement, c'est sympa, on apprend plein de choses !).... On connait tous sainte Anne ou Saint Yves, mais les autres... Ils sont là bas, pourtant à Carnoët, dans leur vallée, les saints fondateurs de la Bretagne à attendre qu'on vienne les voir.

Alors je vais rebooster un peu leur notoriété en leur consacrant des petits billets...
Je commence par un saint prestigieux... Tugdual, un prénom masculin original dont vous voulez connaître l'histoire, je présume... Avant de nommer son enfant, on se renseigne, non ?

Bon, d'accord, ça ne commence pas très bien car ce jeune homme n'est pas né en Bretagne mais dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Pays de Galles. Il a, comme de nombreux autres Grands Bretons, immigré de l'autre côté de la Manche pour évangéliser l'Armorique.
Revenons sur son histoire : il est donc Gallois, né à la fin du Vè siècle (vers 490) et est éduqué dans un monastère. Rien de bien original pour l'époque !
A 25 ans, il émigre avec sa famille, d'autres religieux et compatriotes dans le Léon (au Nord de la Bretagne) où il fonde un monastère d'abord puis un ermitage. Comme la région est peu à peu gagnée par la foi, très vite les deux établissements connaissent un grand succès et un afflux de croyants.
Il élargit bien vite sa mission à toute la région où accomplissant des miracles, il multiplie les conversions. Le monastère de Tréguier est fondé et on le réclame comme évêque en 532. Les princes convertis le remercient en domaines et revenus qui lui servent à fonder d'autres établissements religieux. Bref, tout va bien.

La légende veut qu'en 548, Tugdual se rende à Rome alors qu'on est en train d'enterrer le pape. Après les obsèques, alors que le clergé se rassemble pour élire le nouveau pontife, une colombe blanche, symbole de la blancheur de l'âme, se pose sur la tête de Tugdual. Et voilà comment son destin bascule : on y voit un présage divin et le Breton est élu pape Leo V Papa Britigenus (Léon de Bretagne).
La fin de son pontificat est annoncé par un nouveau signe deux ans plus tard lorsqu'un cheval blanc le ramène par les airs à son siège de Tréguier. Le sculpteur François Breton l'a représenté avec sa colombe dans la vallée des saints où on l'attend. (Il n'était pas là lors de ma visite, je n'ai pas de photo à vous présenter ! Mais où est donc la statue de Tugdual !)

Il meurt à Tréguier, un 30 novembre, à 73 ans (si mes calculs sont bons) en 563.

Fêté ce jour là, son prénom connait de nombreuses variantes : Tual, Tudal, Tugal, Tudwal, Tuzval, Tutuarn ou encore Pabu ou Papu en breton.

En résumé, si Tugdual est le prénom garçon de vos rêves, un prénom original qui vous ravit, voilà ce que vous devez retenir : Saint Tugdual est donc l'un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Il a été le premier évêque de Tréguier (une des étapes du Tro Breizh, ce pèlerinage médiéval qui reliait les capitales des 7 diocèses bretons). Il est souvent associé à une colombe, puisque c'est, grâce à elle, que la Bretagne compte son seul et unique pape.

Oui, votre fils en Nobel de la paix.... C'est pas mal ?

Lire cet article en anglais: History of the Breton forename Tugdual

Le chevalier Du Guesclin et la guerre : épisode de la tour du Grand Fougeray

Il était une fois... il était une fois... une guerre... une guerre de succession entre les membres d'une même famille...pour une couronne ducale... et cela il y a quelques temps... au Moyen Age, au XIVè siècle...

Le duc breton d'alors (Jean III pour ne pas le nommer) meurt sans avoir choisi de successeur... Du coup, les prétendants au trône sont au nombre de deux : le mari de sa fille (Charles de Blois, un neveu du roi de France) ou son frère cadet (Jean de Montfort) soutenu par les Anglais...

Pour départager nos héros, nos rivaux plutôt, il faudra plus de 20 ans... 2 bonnes décennies de batailles entre Bretons... mais aussi entre Français et Anglais. Cette guerre de succession (1341-1364) se passe pendant la Guerre de Cent Ans (c'est la guerre qui oppose les Français aux Anglais, et qui se termine par la mort de Jeanne d'Arc). La Bretagne devient aussi la terre des affrontements franco-anglais...



Bref, de nombreuses aventures vont ponctuer cette période de luttes bretonnes... et cette tour correspond à un épisode de cette histoire : son protagoniste principal est une star du Moyen Age : le seigneur Du Guesclin.

Qui est Du Guesclin ?
Un Breton né à Broons en 1380 ... Il a pris une part active à l'affrontement franco-anglais, cette guerre de Cent Ans qui dure... (1337-1453).
Il a livré moult batailles et été prisonnier bien des fois... Ce Breton, connu pour être le contemporain de Jeanne d'Arc mais mal aimé en Bretagne car soutenant le camp français... (il est même enterré à Saint Denis à Paris)
C'est peut être pour cela que la légende le dit petit et pas très beau, cupide, prétentieux... mais courageux, il l'était.
Duguesclin, non, Du Guesclin veut reprendre le château que les Anglais ont conquis... Le bâtiment que l'on voit aujourd'hui est le reste d'une forteresse du XIIè siècle situé dans le village du Grand Fougeray. Ce village est aux Marches de la Bretagne, cette zone frontière entre la France et la Bretagne, terre de bien des batailles...

L'édifice est donc aux mains des Anglais... En 1354 le chevalier Du Guesclin va la reconquérir par une bonne ruse. Avec quelques soldats, ayant appris qu'une livraison de fagots était prévue, ils se déguisent en bucherons et entrent ainsi dans la bâtisse... Un épisode breton du cheval de Troie...Les Anglais sont possédés et perdent leur conquête....
Vous comprenez maintenant pourquoi le connétable Du Guesclin a donné son nom à ce donjon...où il a joué un tour pendable aux ennemis héréditaires de l'époque... nos amis les Anglais...

Le chateau sera rasé au XVIIIè siècle, seul le donjon sera épargné... Il a été classé monument historique en 1913.

La tour du Grand Fougeray abrite aujourd'hui un restaurant et est entouré d'un grand parc de plusieurs hectares. Et rappelle un épisode de la petite histoire bretonne... Pour les amateurs de vélo, une rando est proposée reliant plusieurs villages du coin... Vive le tourisme vert !

Lire cet article en anglais : Episode of the Hundred Years War with the knight Du Guesclin

La galette saucisse, une spécialité bretonne à Rennes au marché des Lices le samedi matin

J’aime la galette saucisse, savez vous comment ? Quand elle est bien faite avec du sarrasin dedans.

Les Bretons et leurs galettes ! C’est tout un programme. La galette, oui mais laquelle ? Au froment ou au blé noir ? Sucrée ou salée ?

Les crêpes et les galettes ne sont pas les mêmes en Bretagne selon l’endroit où on se trouve. A l’Ouest, dans le Finistère elles sont au froment, (au blé quoi !) et on utilise la même pâte selon qu’on la mange sucrée ou salée. Et elles sont extrêmement fines.

En avançant vers l’est, elles changent de texture et de composition. En Haute Bretagne, autour de Rennes, on la mange au blé noir, à la farine de sarrasin pour la galette salée et au froment pour le sucré. Mais quelle est cette spécialité de Haute Bretagne qu’est la galette saucisse. On ne la trouve effectivement aujourd’hui qu’aux environs de Rennes. La galette saucisse est une saucisse entourée de galette de blé noir. On la déguste nature, entourée d’une double galette, à la moutarde, au fromage râpé fondu …

galettes sur bilig


Toute kermesse reconnue, tout festival qui se respecte, toute manifestation sportive réussie a son stand de galette saucisse.

On la trouve évidemment aussi sur les marchés, et notamment le plus connu celui des Lices le samedi matin à Rennes. Les Rennais peuvent faire la queue pendant une demie heure – l’heure de pointe se situant autour de midi - pour manger leur galette sauc’.

Une bonne galette sauc’ se compose d’une bonne saucisse légèrement grillée et d’une bonne galette tiède, souple, un peu épaisse, à la consistance aérée.

Galette saucisse nature ou moutarde


Vous pouvez aussi manger la classique « complète » jambon, œuf, fromage, avec du beurre, et une petite crêpe de … froment pour le dessert : une beurre sucre évidemment !!!

Lire cet article en anglais :Breton pancakes made of buckwheat, a breton speciality

Tee shirts marins et marinières... la mode en rayures bretonnes

La mode, cette année, est à la rayure... Qui n'aura pas son tee shirt marin ou son pull rayé sera un peu ... beaucoup... passionnément démodé... On doit tous porter des lignes... les bébés, les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes, les vieux... les Bretons et les autres...

Le pourquoi de la rayure...

Au départ, ces vêtements ont une histoire et une utilité bien précises... Les pêcheurs et les marins portent des habits rayés... Et pour cause... L'homme à la mer se repère plus facilement avec ce type de vêtements... En tout cas, c'est ce que dit la légende bretonne...
Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que de grandes marques de vêtements marins sont bretonnes : Armorlux pour ne pas le citer... propose toute la collection... manches longues, manches courtes, bleu, blanc, rouge, jaune...
Et pour faire des affaires, le plus simple est de se rendre sur le site de l'usine (Quimper)... ou dans certains des magasins en Bretagne qui revendent la collection de l'année passée à un prix réduit. Brin de mer, une autre marque de vêtements marins en ligne a aussi sur son site un coin des affaires...

D'autres vêtements, à l'origine bretons, sont devenus des classiques de la mode :... la vareuse, cette veste en coton qui s'enfile par la tête et qui par son épaisseur est un très bon coupe vent...

Et puis il y a le ciré jaune... L'emblème de la tempête en Bretagne, du week end dans les embruns et le crachin breton... J'ai trouvé la légende de son histoire sur le site de Brin de mer... L'imperméable jaune daterait des années 1960, quand las d'attendre son copain dans le crachin breton, un fabricant de vêtements marins a eu l'idée du ciré... Avant il y avait les bonnes vestes huilées... mais c'était une autre époque...

Le pull marin qui se boutonne sur l'épaule a eu sa période de gloire... Autrefois, en bonne laine vierge, il piquait un peu... on le fait aujourd'hui dans des matières moins rêches...
Bref, le tee shirt marin sera donc tendance... cet été... Ressortez donc votre bonne marinière à rayures et arborez fièrement votre vêtement marin et breton...
L'année prochaine, c'est la rayure... verticale ?

Noisetiers et noisettes : de la haie contre les vents au Nutella !

De l'utilité d'avoir un noisetier dans son jardin. Je n'en ai pas mais on trouve tout sur le canal d'Ille et Rance... Je vais me servir en septembre, quand les fruits sont murs.

Les noisetiers sont des arbustes bien utiles... Oui, oui... et ils servent à bien des choses...

- à occuper vos enfants pendant les dimanches de pluie
- ou encore à vous régaler de petits gâteaux allemands de Noêl,
- à vous entrainer à faire le sourcier
- à être une grande pédagogue et à montrer à vos enfants avec quoi est fait le Nutella, (non, je rigole mais Nutella en achète des tonnes -13% dans sa recette- ... pour sa pâte à tartiner...)

Petite histoire
Voyons d'abord le petit arbuste... qui devient un arbre fin et délicat... multibranches en grandissant. Il y a 8000 ans, ce sont des forêts entières de noisetiers qui couvraient l'Europe...Et puis un petit changement climatique 500 ans plus tard, et voilà les noisetiers chassés par les chênes, les ormes et autres tilleuls... bref, notre forêt préhistorique a disparu... sauf en Pologne où il en reste un bout dans le parc national de Bialowieza...

Mais je m'éloigne, je m'éloigne...

On trouve quand même aujourd'hui encore des noisetiers dans nos contrées, (on les appelait avant des coudriers).

Pourquoi planter un noisetier dans son jardin ?
- Pour récolter des noisettes
- Pour avoir une haie qui protège vos cultures des vents
- Pour savoir si vous avez les dons d'un sourcier ! (ça marche, mon homme a le « don », il faut une branche de noisetier taillée en fourche)
- Pour vous éviter la foudre quand il est planté près d'une maison (c'est ce qu'on disait avant, mais je n'ai pas testéééééé)
- Pour vous occuper le dimanche avec vos enfants

Quand donnera-t-il des noisettes ?
Ce sont les druides qui m'ont donné la réponse : le noisetier fait partie de leur alphabet des arbres. Et c'est le 9ème, 9 comme les nombres d'années pour qu'un arbuste, qu'un coudrier donne des fruits. La récolte se fait en automne.
Sinon les grands producteurs, ce sont les Turcs, ils dominent le marché de la noisette...

Comment les conserver ?
Attention à bien les conserver sinon quelques intrus iront se régaler à votre place.
Les récolter et les faire sécher sur une cagette, dans un endroit bien sec.

Lisez cet article en anglais : Hazels and hazelnuts from an hedge against the wind to the nuts used in Nutella

Moulins à marées en Bretagne

Mais à quoi servent les marées ? A moudre de la farine, pardi !
- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
- Y en a -t-il ailleurs ?
- Depuis quand ces moulins existent ?
- Comment ça marche ?
- Où peut on en voir ?

- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
La Bretagne est une terre d'abers... d'estuaires en quelque sorte. Et celles-ci sont fort précieuses pour nos moulins. A chaque marée, la mer les envahit puis les délaisse et c'est ce mouvement de marées qui est à l'origine de l'énergie des moulins.

Moulin de Pen Castel dans la presqu'île de Rhuys, Morbihan


- Y en a-t-il ailleurs ?
Il y en a dans les pays à estuaires, le Portugal, l'Espagne, le Royaume Uni, l'Irlande, les Pays Bas et les Etats Unis.

- Depuis quand ces moulins existent ?
On les connaît, en Bretagne, dès le Moyen Age, et il y en eut jusqu’à une centaine dans la région.

- Comment ça marche ?
Le moulin à marée utilise comme énergie la force de la mer. Le principe était simple : on laissait les marées montantes remplir un bassin fermé par une digue. Une fois la marée basse, il suffisait d’ouvrir le bassin et de laisser s’échapper l’eau qui actionnait une roue.

Bassin du moulin de Pen castel


Ce type de moulin demandait un investissement de départ : une digue à construire. Le meunier, par contre, vivait à l'heure des marées et pouvait travailler la nuit.

Meunier tu dors… oui parfois pendant le jour… si j’attends la mer…

Inconvénients de ce système : comme tous les énergies liées aux éléments, elles sont variables. Avec les périodes de vive-eau (marées à forte amplitude) et de morte-eau… Marée importante, bon fonctionnement, petit coefficient de marée, faible mouvement…

Digue du moulin de la vallée de la Rance


Avantage : C'est une énergie renouvelable... La marée revient toutes les 6 heures… Ce n’est pas le cas du vent…

Les moulins pouvaient être alimentés en grains par la terre et par la mer. Les chariots et les bateaux repartaient chargés de farine…

Moulin à marée dans la vallée de la Rance


Petite précision encore. Le moulin implique une pratique artisanale des meuniers. Plus tard on parle de minoterie, ce qui suppose une destination industrielle du monument. L’utilisation des moulins de mer s’arrête avec la Seconde Guerre Mondiale.

Si vous voulez comprendre le phénomène, la maison de la Rance à Dinan explique, à l’aide d’une maquette, le fonctionnement du moulin. La Rance possédait beaucoup de moulins car l’amplitude des marées y est particulièrement importante.

- Où peut on en voir ?
En Bretagne, certains moulins ont été restaurés : dans le Sud de la Bretange, le moulin de Pen Castel dans la presqu’île de Rhuys et dans le Nord, à Bréhat le moulin du Birlot ou encore le moulin du Prat sur la Rance qu'on peut visiter tous les jours en saison et les dimanches et jous fériés sinon… .

Estuaire sans eau dans la vallée de la Rance


Lisez cet article en angalis : Tidal mills in Brittany France

Les menhirs de Pleslin-Trigavou (Côtes d’Armor, Bretagne) : prétexte à une fête

Pleslin-Trigavou, oui, ces deux paroisses se sont unies, il y a quelques décennies et, en dot chacune avait un beau patrimoine : A Pleslin se trouve le 3è site mégalithique de Bretagne (il a 4000 ans) et à Trigavou, on a trouvé au siècle dernier une centaine de haches de bronze, qui ont 3000 ans….
Une union riche en histoire, donc… et je ne vous ai parlé du reste !

Est ce pour célébrer cette union qu’a lieu la fête des mégalithes fin juillet ?
Ou pour honorer les fées ?
Ou commémorer les druides ?
Ou pour perpétuer une tradition du XIXè siècle ?
Le site mégalithique, classé depuis 1887, est sûrement bien différent de l’époque néolithique. S’il reste encore 65 menhirs, disposés en 5 rangs et orientés comme à Carnac, Est – Ouest, on peut supposer que le paysage était autre il y a quelques millénaires… oui car aujourd’hui les pierres sont toutes couchées,

Pierres couchées de Pleslin Trigavou


elles devaient être levées à l’époque. Du coup, le site ressemble bien à un Champ de Roches, c’est son nom, et est moins impressionnant que si toutes ces tonnes étaient debout…

Comment sont-elles arrivées là ces pierres ?

C’est l’éternelle question, le suspense du néolithique… mais j’ai un indice : le Mont Saint Michel…

Ah bon, il existait déjà ?!

Voilà l’histoire complète : Des fées devaient transporter des pierres pour bâtir le Mont-Saint-Michel. Fatiguées –c’est lourd-, elles s’en débarrassèrent ici, au Champ des Roches.

Juste à côté, une collection de chênes (pleins d’essences différentes) rappellent que les menhirs sont aussi le domaine des druides

Plus tard vers 300 ans av. notre ère, les Celtes vont réutiliser les édifices mégalithiques issus des peuples néolithiques : Le Champ des Roches va être le théâtre de nouvelles croyances, qui vont donner naissance à certaines légendes et mythes qui ont subsisté jusqu'à encore voilà quelques décennies. Les druides, prêtres tout-puissants y officiaient. En ce lieu, se célèbrèrent sans doute des cérémonies rituelles qui pourraient aujourd'hui nous paraître étranges voire cruelles. Par ces rites les Celtes cherchaient à communiquer avec le surnaturel et l'Autre Monde.

Chênes et menhirs


En face, il y a une grande aire pour perpétuer la tradition ?

Vers 1850, une tradition très ancienne, conduisait les habitants de Pleslin à rendre hommage au Champ des Roches, le jour de la Saint Jean et de la Saint Pierre. Aux gens de la commune se joignaient des visiteurs venus de plus loin.Ces fêtes se traduisaient par des banquets et des feux de joie allumés le soir : elles devaient prendre une forme relativement païenne, car les prêtres de la paroisse s'efforçaient vainement de faire cesser ces rites.


Bon, alors la fête des mégalithes, c’est pour quoi selon vous ?

Lisez cet article en anglais : The menhirs of Pleslin-Trigavou, Brittany, France



L’expo de Yann Arthus Bertrand : 6 milliards d’autres à Rennes (Champs Libres).

Yann Arthus Bertrand, pas besoin de le présenter, le photographe écolo à la moustache… Avec un prénom pareil, il pouvait presque faire parti du patrimoine breton. Mais non, c’est un bon Parisien.

Bon, commençons par le plus de l'exposition :

Le thème, on l’a compris, ce sont les hommes. Après la terre vue du ciel, ce sont 6 milliards d’individus qui se regardent. 5000 interviews dans 75 pays et 40 réponses à 40 questions. Et chacun y va de sa singularité.

6 milliards d'Autres


C’est banal à dire mais c’est parfois très étonnant de comparer les réactions des gens à des thèmes tels que la violence, l’amour, les croyances, le bonheur

Pour l’un, c’est la naissance de son fils qui est l’Evènement de sa vie, pour l’autre l’espoir du procès de Pol pot, pour une troisième le bonheur (bonne heur comme dit une Allemande) se résume à plein de choses, à une mangue par exemple. Un autre ne supporte pas les gens qui se répètent. Ou que sa femme fasse mal la cuisine. Une survivante d'un crash aérien qui aime la vie…
Vous pouvez aussi laisser votre témoignage, le but étant d’en récolter …. 6 milliards d’autres… L’humanité quoi !!!

L’expo a d’abord été présentée au Grand Palais à Paris et, comme la salle d’exposition des Champs Libres est plus modeste, il a fallu s’adapter… La solution a été de changer les thèmes exposés dans les 3 yourtes tous les 10 jours.
Bref, l’expo se renouvelle et on peut y aller plusieurs fois à condition d’attendre 10 jours entre les visites… Et puis il faut en profiter car, après Paris et Rennes, l’expo quitte la France pour New York. On est des privilégiés quand même…

Et le moins !
On ne sait pas qui ou comment on a choisi les 40 questions.... et leurs thèmes. Ni comment s'est fait le "recrutement" des interviewés. Spontané ou trié ? Et pour quoi faire ? C'est un peu gênant de voir une expo qui manque de transparence... Bref, n'importe quel sociologue un peu sérieux s'arracherait les cheveux.

Dommage aussi qu'on est à payer 4 euros (ça ne les vaut pas) même si c'est sympathique... La gratuité aurait été plus en adéquation avec la philosophie du projet. Surtout que, comme le montre cet extrait du journal Le Monde :
... le projet phare de GoodPlanet (association de Y.A. Bertrand) depuis deux ans est "6 milliards d'autres" : filmer à travers le monde 5 000 personnes qui parlent de leur vie et de leurs espoirs. Là encore, les télévisions ont refusé. Yann Arthus-Bertrand a rebondi : "Il a convaincu la BNP [...] La banque a donné 5 millions d'euros : 2 millions pour les tournages dans 70 pays ; 3 millions pour monter l'exposition, en janvier, au Grand Palais. Elle est jusqu'en août à Rennes, en version allégée - la ville a payé 200 000 euros. "Nous sommes en contact avec toutes les métropoles régionales [...] Toujours la même recette : expositions gratuites, financées par des sponsors ou des villes, et un livre, déjà vendu à 50 000 exemplaires.
C'est quand même un bon coup marketing ... pour Yann, avec un message sympa, certes, mais pas très lisible...



Ouvert tous les jours sauf le lundi et le dimanche jusqu’à fin août.

Lisez cet article en anglais : The exhibition of Yann Arthus Bertrand : 6 billion others

Châtaignes ou marrons : quels fruits pour un gâteau ?

Vous savez maintenant que j’habite près d’un canal qui m’inspire dans mes sorties et dans mes billets. L’automne, c’est l’époque des feuilles qui tombent, des champignons, mais aussi des marrons. Et qui dit marrons dit cueillette et donc dégustation. Alors dans vos promenades, comment reconnaître les marrons des châtaignes et lequel peut on manger ? Les marrons grillés, la crème de marrons ? Ce sont des châtaignes. Alors ??? Je m'y retrouve comment ?

chataignier


Les châtaignes et les marrons ne se ressemblent pas.

marron à gauche et châtaigne à droite


1- Le marron
Le marron est seul dans sa bogue, il est plus rond et plus gros et a une tache beige (qu'on ne voit pas sur cette photo mais que vous allez découvrir sur une photo ci-dessous !).

2 - La châtaigne
Par contre, dans la bogue de la châtaigne, on se bouscule à deux ou trois. Le fruit a plus une forme de poire et un petit plumeau sur la tête.

chataignes et bogues


Quand les fruits sont nombreux, c’est pas terrible pour le récolteur parce que tassés, les fruits sont tout petits et ne se mangent pas… En plus, c’est dangereux parce que la bogue est pleine de piquants vraiment agressifs. La châtaigne est mûre quand la bogue n’est plus verte, facile non !!!

Les fruits du marronnier sont les "Marrons d'Inde" et eux ne sont pas comestibles. Même pour les animaux. Il est par contre utilisé pour des préparations médicinales. On l’utilisait pendant les deux guerres pour faire de l’acétone pour les usines d’armements. Ou pour autre chose !!! ( la voilà, la tache blanche !!!).

les marrons et leurs taches beiges


Ce sont les Romains qui nous ont amené les châtaignes d’Asie mineure et c’était bien pratique pour caler les estomacs vides avant l’arrivée des patates !!! (Ca vient d'Amérique, la patate).

La farine n’est pas panifiable – la pâte ne lève pas - mais elle servait quand même, mélangée à du blé, même si le pain restait plat. Bref, c’était pas flatteur tout ça pour la châtaigne, c’était la nourriture des pauvres.

piquantes les chataignes !


Mais heureusement, les temps changent. Aujourd’hui la châtaigne a une AOC en Ardèche, on se l’arrache en Corse pour faire la traditionnelle polenta et elle a une nouvelle vie avec les allergiques au gluten.

Rendez vous pour la recette du gâteau au chocolat et aux marrons dans le prochain billet.

Lisez cet article en anglais : Conkers and chestnuts : which one do I eat ?


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