Confessions d'un Finistérien


Mémoires d'un paysan bas breton : le journal de Jean Marie Déguignet

Pour qui veut connaitre la Bretagne du XIXè siècle, ses mentalités, ses habitudes, la lecture de ce livre Mémoires d'un paysan bas-breton de Jean Marie Déguignet (1834-1905) apporte de nombreuses informations.



Cet homme d'origine très modeste est un autodidacte avec un parcours et un destin très particulier pour l'époque. Son journal est reproduit presque en intégralité de sa naissance à presque sa mort. Il y raconte tout : comment bretonnant, il appris à parler et à écrire français, ses lectures, les différents pays qu'il a pu visiter quand il était soldat (Malte, Jérusalem, Italie ou Mexique), son retour en Bretagne, près de Quimper et sa nouvelle vie de paysan... où sa curiosité intellectuelle lui permet de s'essayer à des nouveautés agricoles et de critiquer ses voisins. De prendre de la distance avec les croyances et les superstitions de l'époque. La fin est un peu triste car il part dans des délires où visiblement il a perdu la tête.

On peut presque parler d'autobiographie d'un homme conscient de sa singularité :
"J'ai lu ... beaucoup de vies ... d'hommes qui ont joué en ce monde des rôles importants, mais jamais... je n'ai lu de mémoires... de pauvres artisans, d'ouvriers, d'hommes de peine... Je sais qu'[ils] sont dans l'impossibilité d'écrire leur vie, n'ayant ni l'instruction ni le temps nécessaires. Quoique appartenant à cette classe, au sein de laquelle j'ai passé toute ma vie, je vais essayer d'écrire, sinon avec talent, du moins avec sincérité et franchise ... comment j'ai vécu, pensé et réfléchi dans ce milieu misérable, comment j'y ai engagé et soutenu la terrible lutte pour l'existence."
Bref, cet homme original du siècle dernier n'appartenait pas à son siècle... C'est un témoignage avec un regard très moderne tant sur les moeurs des Bretons du XIXè siècle que sur la vie quotidienne dans le Finistère. De la littérature bretonne avant l'heure !!!

Pourquoi ne pas lire aussi :


Idées vacances découverte et nature dans le Finistère

Avant de partir pour ma pause estivale, je vous propose un petit séjour nature finistérien...
C'est le bouche à oreille qui m'a conduit à ces deux idées... Si vous connaissez déjà, n'hésitez surtout pas à me laisser un commentaire...

Commençons par l'hébergement...
Vous êtes Parisien et avez un folle envie de vous ressourcer au calme, dans la nature... Un Marseillais en quête de fraicheur et de longues balades sur le littoral breton, un habitant éreinté par le stress des grandes métropoles qui rêvez de profiter des terrasses pour (enfin) finir vos lectures et vous prélasser dans un spa en fin de journée ...
Ce petit coin de paradis, das le Nord Finistère risque de vous convenir : chaque bâtiment a été construit avec des matériaux naturels (en bois, en pierre, en chaux...). Vous pouvez tester les gîtes (classiques) ou tenter quelques nuits dans un espace "vert", des maisons en bois fournies en toilettes sèches !!! Le coin est grandiose... Ce petit nid d'Iroise peut être une alternative pour un week end détente ou le point de chute de vacances sportives !

découverte nature dans le Finistère


Oui sportives ! Si vous êtes amateur de sensations fortes, vous pouvez tenter l'escalade de la face ouest ... Oui, vous avez bien lu de l'escalade en Bretagne... Pas dans les Montagnes Noires, non sur les falaises de la côte finistérienne. Pas besoin de hauteur démesurée, non, juste dans un endroit bien sauvage, sur la pointe de Pen Hir... des petits rochers dans le vent !
Très impressionnants, parait-il... A ne pas tenter seul sans accompagnateur... C'est pour cela que Face Ouest, à Camaret (la petite pointe coincée entre les deux grandes sur la carte, entre Brest et Quimper !) vous propose des guides qui vous feront attaquer la descente des falaises pour pouvoir mieux la remonter ensuite. Pen Hir, c'est ça... l'escalade à l'envers...
Un moment impressionnant et inoubliable d'après ceux qui l'ont fait... et à ne pas laisser aux mains d' "escaladeurs" en herbe ou solitaires ! Même des alpinistes confirmés ont été surpris par le site ! La mer est à vos pieds ! Alors amateurs d'escalade, prenez rendez-vous pour des sensations maritimes !

Idées pour une étape originale en Bretagne

C'est mon dernier billet avant les vacances... Je fais une large pause au mois d'août. En attendant, j'ai glané à droite, à gauche des idées de moments ou de séjours un peu originaux, voire insolites. Je ne les ai pas testés... mais si vous le faites, n'hésitez à venir partager vos commentaires pour nous le conseiller... ou nous le déconseiller !!!

Pour ceux qui aiment manger... j'ai entendu parler d'un restaurant... pas comme les autres ! C'est dans le Morbihan que ça se passe, à quelques kilomètres au nord de Lorient, à Guidel, pour être précis, place de l'église ....
Si le resto s'appelle Al pizza, vous n'y mangez pas que des pizzas mais des vrais cocktails d'entomologiste.... Il faut juste penser à réserver une semaine à l'avance... le temps que le patron concocte le menu : friture de grillons en apéro (ils ont un bon goût de noisettes et sont craquants à souhait, parait-il), pizza aux vers (de farine, le ténébrion pour les spécialistes !) pour le plat principal et phasmes ou criquets au chocolat ! Vous êtes devenu « insectophage »... comme de nombreux gastronomes en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie...
Prenez votre tour et le patron vous racontera comment il tombé dans la « fourmilière »... Vous repartez ravi, le ventre plein et enrichi d'une nouvelle expérience ! Bon appétit !

Nature dans le pays de Brocéliande


Une autre idée.... Vous êtes un joueur fanatique... Non, ce ne sont pas les casinos qui vous font vibrer mais les jeux de pistes grandeur nature... Oui, l'auberge des voyageurs, des voyajoueurs vous emmène à la recherche du dragon, un jeu de piste « vivant ».... (les habitants et les offices de tourisme se plient au ... jeu).
Vous devez, à l'aide d'un GPS et d'un carnet de route partir en quête du dragon et l'apprivoiser. 88 étapes dans le patrimoine du Pays de Brocéliande... Ce pays au carrefour du Morbihan, des Côtes d'Armor et de l'Ille et Vilaine... Si vous en redemandez, sachez que l'auberge est située en face de l’étang du Chaperon Rouge (ça ne s'invente pas !), dans un cadre enchanteur, en lisière de la forêt des chevaliers de la Table Ronde, où les légendes du roi Arthur, de la fée Morgane et de Merlin l'enchanteur se sont passées !

Et surtout... ce lieu mythique regorge de jeux : d'abord l'auberge possède une bibliludithèque (une bibliothèque de jeux) : vous pouvez aussi vous amuser avec des grands jeux en bois, des jeux d'ambiance ou encore profitez des aires de jeux en extérieur... Vous pouvez vous détendre avec des billes, miser avec des jeux de cartes, lancer des dés, tenter les jeux de mots et de pions, testez votre dextérité avec les jeux de palets, les quilles et les toupies ou encore les semailles...
Non, vous préférez les jeux de plateaux ou la Wii... Pas d'inquiétude, tout est prévu...
Y en a pour tout le monde, petits et grands, de 7 à 77 ans, amateurs de jeux d'aujourd'hui et d'hier, d'extérieur ou d'intérieur... des jeux pour deux personnes jusqu'à ....
Bonnes vacances et n'oubliez pas venir nous refaire une petite visite pour nous dire comment c'était !

Stage de meubles en carton en Bretagne

Les meubles en carton, vous connaissez...

Ce sont des meubles (oui) qui, en ces temps de développement durable, sont fabriqués avec des matériaux de récup... le carton. Costauds, on peut faire des commodes, des fauteuils, rigolos on peut faire un peu tout ce qu'il nous passe par la tête, créatifs, on les habille comme on veut, et uniques on les construits de A à Z. Et j'oubliais tendance...

C'est à Pont-Scorff (une 10e de kms au nord de Lorient) que j'ai suivi le stage et plus précisément dans l'atelier de Gwenola qui propose en une journée ou deux demies de vous initier à la technique du meuble en carton.

L'ateleir de Gwenola


Une commode, un chevet, un club... Et un jour je pousse le défi encore plus haut, je fabrique à la maison un mur de séparation de 25 cm de large, 2m50 de haut et 3m20 de longueur. Ce mur fonctionnel et ludique m'a permis d'éviter une cloison fixe. Dans ce mur on trouve un passe-plat, une chatière, une lampe en trompe l'oeil, un bar, des niches, des tiroirs, c'est fantastique de voir ce que l'on peut réaliser avec le carton.
explique Gwenola.
Prête à tout, notre créatrice...

En 8 heures, on réalise une petite commode qui nous permet de faire le tour des difficultés du meuble en carton. On coupe, on colle, on assemble et, oh joie, on découvre que l'arrondi d'un meuble ou qu'un tiroir, c'est tout simple à faire. Gwénola explique, donne des conseils, nous permet d'éviter les pièges et de gagner du temps. On repart avec un meuble bien avancé, qu'il faut décorer chez soi. C'est dense, intensif, sympathique et bon pour l'égo.

En plus, les meubles sont non seulement fait avec des cartons de récupération mais Gwénola a banni les colles et utilise du papier collant écolo, du craft "bio" pour faire des meubles en accord avec notre époque.

Le prix est modique (80 €, elle souhaite que tout un chacun puisse le faire), propose des facilités de paiement. Et un SAV "service en ligne" si on a oublié un détail ou besoin d'un conseil. C'est TOP. Je vous le conseille.
Elle vend aussi ses propres créations, fait du sur mesure (intérieur de camions, étagères...), de la mosaïque et propose des stages de perfectionnement.

Si les luminaires vous intéressent, Françoise propose elle aussi des stages de création de lampes. Ou vous pouvez aussi acheter du tout fait.

Arbre remarquable de mille ans : le chêne à Guillotin

En vous baladant dans la région de Brocéliande, vous pouvez admirer sur cet arbre millénaire...

Chêne millénaire


Je m'appelle Eon Guillotin et j'ai mille ans. Je suis un chêne pédonculé, de plus de 20 m de haut et de près de 10 m de circonférence.
Je suis né lors d'un des passages de la comète de Halley... en 1144, mais je m'en souviens à peine, c'est si loin et j'étais si jeune..
Oui, c'est l'ermite Eon qui m'a baptisé... Il s'était réfugié dans la forêt de Brocéliande. Il a vécu dans mes jeunes branches comme un bandit de grands chemins avant de finir dans un cachot à Reims en 1148...
200 ans plus tard en 1352, j'ai vu cette bataille fratricide entre Bretons, la bataille de Mauron qui a opposé les Français aux Anglais... ou celle (du même genre) qui a eu lieu en 1364 et qui a opposé à nouveau nos compatriotes...
Jusqu'à ce combat en 1370 où le seigneur Du Guesclin assiège le château de Comper et le met à feu et à sang... Château qui sera démantelé en 1598 sur les ordres du roi Henri IV de visite en Bretagne.(Allez le visiter d'ailleurs, c'est pas loin...).

Pendant la Révolution Française... j'ai sauvé la vie d'un homme Guillotin. C'est de là que vient mon deuxième baptème ! Il ne faisait pas bon être croyant à l'époque. Le prêtre Guillotin pourchassé par les Sans Culottes se cacha dans mon tronc. Les Bleus (les soldats anti-cléricaux) arrivèrent devant mes entrailles rendues invisibles grâce au travail énorme d'une araignée qui y avait tissé sa toile. C'est Notre Dame de Paimpont qui s'était transformée en insecte pour sauver notre curé.



Si vous saviez... toutes les complaintes d'amoureux que j'ai entendues, les premiers baisers que j'ai pu voir, les chouettes que j'ai portées, les coups de tonnerre que j'ai supportés, tous les garnements qui m'ont escaladé, les vaches qui ont cherché à se protéger du soleil (la canicule de 2003, ca vous dit rien), les oiseaux que j'ai hébergés et toutes la naissances auxquelles j'ai assistées, les chiens qui se sont soulagés, les menaces des menuisiers qui me voient déjà en tables ou en parquet...
Ma vieille écorce marquée par le temps pourrait raconter encore tellement de choses...


Lire cet article en anglais : Millenium tree in France : the Guillotin oak

Le blog pour les nuls : un site personnel et personnalisé

Ou dis Néné, c'est quoi un blog ?

Il y a encore 10 ans les blogs n'existaient pas ou presque... puisqu'ils sont apparus à la fin du siècle dernier (en 1999) aux .... Etats Unis et ont peu à peu essaimé en France. Qui est très vite devenue une grande nation de blogueurs. Notamment parmi les adolescents !

Depuis, tous les jours, les blogs fleurissent sur le web : grande diversité de thèmes, impertinents, sérieux ou divertissants... De l'homme politique au blog familial chroniquant la vie quotidienne de son/ses auteurs, du blog collégial à plusieurs auteurs ou blog perso d'une grande couturière ou d'un artiste, du coup de gueule idéologique au blog de photographe, du journaliste, tous les aspects de la vie sont traités dans ces petits recoins...

Qu'est-ce que c'est qu'un blog, finalement...
On décline toutes sortes de mots autour des blogs : blogueur, blogueuse, blogosphère, billet, post, catégories... Et souvent on me demande (à moi la blogueuse) ce que ca peut bien vouloir dire ! C'est en effet tout un monde qui hier encore existait à peine... et que certains peinent à comprendre... on aurait presque besoin d'un dictionnaire !!!!

Voilà quelques petites pistes...

C'est quoi un blog : un site personnel, rédigé par un animateur (trice), rédacteur(trice) de blog, un blogueur ou une blogueuse ou même plusieurs. Le rédacteur évoque ce qu'il aime, ce qu'il n'aime pas, sa vie personnelle, ses passions, son avis sur tel évènement... Tout est possible.. Le blog est interactif et ses amis de la blogosphère vont réagir en laissant leur avis sur son site.

C'est quoi la blogosphère : c'est tout le réseau qui tourne autour du blog, notamment tous les ami(e)s, connaissances du blogueur(euse), qui réagissent après avoir « visité » le site en laissant des commentaires.

C'est quoi un commentaire : c'est une réjouissance pour le blogueur qui aime que son lecteur lui laisse un petit souvenir de son passage.. mais c'est surtout un commentaire, un avis sur le billet écrit ... Le blogueur, souvent, répond à son visiteur et une sorte de dialogue s'installe...

C'est quoi un billet ou un post ? C'est la même chose : un article que le blogueur a posté (publié) sur le web et qu'il a classé dans une catégorie.

C koiiiiiii une catégorie : c'est un peu comme une table des matières du blog. Chaque billet est édité dans un chapitre -une catégorie-, qui comporte plusieurs articles sur le même thème : blog de recettes de cuisine, blagues, coup de gueules, nature, photo, créations de loisirs créatifs ...

Testons sur un exemple concret : Bretagne buissonnière, nom de mon blog !

Oui. Et bretagne-tours.com, alors ? C'est quoi...
C'est l'autre nom du blog, son nom « postal », son adresse www, son URL... Bretagne buissonnière c'est son sous titre, son petit nom, son surnom.

Les catégories sont sur le côté gauche : découverte et balade, balade en Ille et Vilaine, les prénoms bretons, les dessous du blog (catégorie dans laquelle est classé ce billet)...
Mes billets sont classés dans chacune de ses rubriques.
Les commentaires sont à la fin du billet ...
Sur le côté droit, tous les sites répertoriés sont font partie du blogroll (la blogoliste en français), ce sont des blogs liés à ma blogosphère, que j'apprécie et que je visite régulièrement.

D'autres questions ?

Guides de voyage sur la Bretagne : de 1884 à nos jours

Les guides de voyages sur la Bretagne... J'en ai pléthore... Des vieux (plus d'un siècle) jusqu'à un acheté la semaine dernière dans une collection que je ne connaissais pas.

Et quand on regarde l'évolution du contenu sur plus d'un siècle...On remarque que d'abord certains sites sont toujours à la mode (genre Carnac) que d'autres ont bien changé (Saint Malo), ou qu'ils ont disparu. Ou encore qu'on en a découvert d'autres (Barnenez). Et qu'enfin les goûts ou les envies ont bien changé aussi. Les transports aussi.

Le guide Joanne propose des circuits en train puis en voiture à cheval ou à pied... Et les explications sur certains sites sont folklo...

Avant le guide du routard (si j'en parle, c'est parce que c'est un Breton qui est à l'origine de sa création), les guides étaient sérieux, pleins de notions patrimoniales et savantes. Avec ce nouveau guide, on passe à un côté plus ludique, plus économique aussi, on cherche les bons plans et coins insolites.

Les guides abordent aussi la géographie de manière différente. Avant la région Bretagne tenait dans un guide. Aujourd'hui on spécialise : la région ou le nord et le sud de la région ou encore le département voire même les villes.

Bref et en résumé, si vous voulez un guide intello, choisissez le vieux... car les textes et les explications diminuent à chaque édition même dans les guides bleus ou les guides michelin.
Pour les bons plans, un petit futé, un guide du routard ou un lonely planet sont très bien.
Pour les guides "esthétiques", c'est le gallimard qu'il faut prendre. Les autres collections sont un mélange de tout ... avec des photos en plus pour certaines éditions.

A tous ces guides s'ajoutent des publications de magazines spécialisés, qui dans la randonnée, qui dans la voile, le patrimoine breton... Bref, les médias ne sont pas en reste et apportent des informations spécifiques bien pratiques. Et parfois même loin du tourisme... Certains journaux n'hésitent pas à faire des numéros sur l'état de l'immobilier en Bretagne, les prix sur la côte bretonne ...

Bon, et enfin, c'est vrai qu'aujourd'hui avec Internet, on trouve tout ce qu'on veut... Mais un petit guide dans la poche, c'est pas mal non plus.

Chaussures tendance : le sabot revient à la mode

Ce n'est pas souvent que la Bretagne peut se faire fashion victime... Les sabots, cette année, comme les rayures, sont "tendance"... La chaussure en bois... c'est quand même l'emblème de la Bretagne... avec la coiffe... mais en moins fashion.

Le sabot sera donc mode cet été, le sabot gai et coloré, avec sa double semelle en bois et caoutchouc qui ne fait pas de bruit... et comme notre Bretagne est une terre de sabotiers... un petit billet s'impose !

La forêt de Villecartier, à côté de Fougères, a longtemps abrité des familles de fabricants de sabots... Il en reste encore un tout près, à Parigné qui officie, dans la pure tradition artisanale... mais ils ne sont plus aussi nombreux qu'à une époque... 400 personnes environ vivaient en 1840 au milieu de ces arbres. La forêt a été habitée jusqu'en 1932. Aujourd'hui ils sont une petite dizaine en France... et près de la moitié en Bretagne.

Il y a encore quelques bonnes décennies, les sabotiers oeuvraient à Villecartier... Ces familles étaient itinérantes, elles cherchaient des forêts de hêtres mais aussi des frênes, des merisiers, des bouleaux ou des peupliers pour réaliser leurs chaussures en bois.
Dans la forêt de Villecartier, on peut voir une hutte de bois qui est une reconstitution de l'habitat traditionnel des sabotiers.

Habitat traditionnel d'un sabotier dans la forêt


D'après le panneau, le sabotier s'installait avec sa famille autour d'une coupe de bois pour quelques mois pour avoir le temps de débiter l'arbre et le transformer en paires de sabots... Cela prenait un an et demi à deux ans. La loge était ensuite démontée et remontée près d'une nouvelle coupe en une huitaine de jours. Mais là, le savoir faire d'un bûcheron était nécessaire.
Ces chaussures de bois servaient pour les travaux des champs et elles étaient sculptées pour les jeunes filles à marier...

Sabots en plastique pour les filles


Aujourd'hui il y a le sabot tendance, vernis ou coloré, le sabot suédois plus classique, les sabots à double semelle (bois et caoutchouc), les crocks en plastique , les galoches (en bois et cuir sont des sabots « fermés » bien utiles pour ceux qui jardinent : ils peuvent les enfiler avec leurs chaussons et filer cueillir les légumes dans le potager voisin) ou les plagettes, ces sandales en cuir faites avec des semelles de bois... ou pas !

Et vous, vous êtes plutôt quoi ?

Lire cet article en anglais : French fashion and wooden clogs

L'expo Au temps des mammouths est à Rennes : à l'espace des Sciences aux Champs Libres

Les mammouths laineux arrivent et reviennent à Rennes. Ils arrivent ou ils reviennent, ces mammouths ???

Ils arrivent... de Paris. L'exposition a été conçue et présentée au Muséum National d'Histoire Naturelle il y a quelques années et elle est aujourd'hui adaptée à l'Espace des Sciences de Rennes.

Et ils reviennent car il y en avait beaucoup sur notre Bretagne glacée il y a quelques dizaines de milliers d'années...

Au temps des mammouths à l'espace des sciences des Champs Libres à Rennes


L'expo Au temps des mammouths est sympa... Je (on) viens (t) d'y passer une heure et demie avec mon jeune neveu (6 ans).

La visite commence par toutes les élucubrations possibles qui préexistaient à la découverte du mammouth. Je m'explique : ces os immenses que les hommes trouvaient étaient attribuées à des figures imaginaires... avant qu'on ne découvre un squelette entier et que l'on puisse imaginer cet animal disparu.

Ensuite on nous donne des dates, on nous montre le climat (j'ai enfin compris la géographie de la Bretagne pendant les périodes glaciaires), et on découvre le MAMMOUTH. On peut toucher ... des choses.... ou plutôt des morceaux de la bête (je vous laisse le suspens de la découverte...)

On plonge dans sa vie quotidienne avec les hommes qui vivaient à l'époque... Bref on devient des spécialistes du mammouth laineux.

L'expo présente aussi de l'histoire locale avec un petit film sur le Mont Dol (vous savez cette colline entre Cancale et le Mont Saint Michel) où des restes de mammouths ont été trouvés au siècle dernier.

Et on finit agréablement avec un long document sur les mammifères laineux (à la fin du parcours), qui reprend tout ce qu'on sait depuis qu'on a visité l'exposition. On révise quoi !!!

J'ai bien aimé mais j'étais seule ou presque dans l'expo. Car, comme souvent aux Champs Libres, les lieux sont petits et les bandes sonores s'entrechoquent. J'avais besoin de me concentrer pour entendre la bande son du documentaire sur le Mont Dol, (que j'ai trouvé, par ailleurs, intéressant) surtout que mon neveu écoutait le bulletin météo juste à côté.

Et les enfants alors ?

A partir de 6 ans, indique la brochure. Mon cobaye a trouvé très sympa d'essayer la trompe ou de voir un bébé mammouth, un vrai !!! (Dina, qu'il s'appelle ce petit pachyderme et il vient d'un musée belge). De toucher et de comparer les peaux d'un éléphant avec celle de notre pachyderme disparu.

Et même si mon protégé est un être attentif et passionné par le mammouth, il faut quand même pour certaines parties accompagner la visite : il y a pas mal de textes à lire. Mais pas que. Le film de la fin de l'expo résume bien tout le parcours de l'exposition et surtout, on s'y croirait !!!

Bref l'adulte ne s'est pas ennuyé et l'enfant non plus. Pas devant les mêmes choses, mais peu importe. Et puis sur certains stands de l'expo, on était ensemble.

A la sortie, un "vrai mammouth laineux" vous regarde...

4 € pour les adultes et 3 pour les 8 ans et plus.

Du mardi au dimanche (12h - 19h en semaine et 14-19 le week end), nocturne jusqu'à 21h le mardi.
Jusqu'au 7 mars 2010.

Lisez cet article en anglais : Mammoths are back in Brittany (France) for an exhibition at Les Champs Libres Rennes

Faire des échasses pour des enfants de 2 et 4 ans

C'est l'été ! Et il faut bien occuper notre jeunesse ! Les échasses, c'est sympa. On peut faire des courses avec des tout-petits (2 ans)... il suffit de les tenir... l'enfant déplace seul ses pieds. Quant à ma fille de 4 ans, après quelques jours de cours intensifs avec un tuteur (une tutrice plutôt, moi!), elle se déplace sans aide (elle adore le bruit... ca fait un peu comme les sabots!). On fait des "promenades" sonores tous ensemble ... et on rigole bien. Même le grand de 12 ans a voulu avoir les siennes (mais il est moins accro).

Comme pour bien des activités manuelles, si vous voulez la réussir, il vous faudra avoir préparer le terrain. Pour faire ces échasses, vous avez besoin d'un minimum de matériel (simple) mais auquel il va falloir avoir pensé... on mange des conserves et on les garde !

Faire les échasses soi même
Matériel :
Pour le petit de 2 ans : 2 boites de conserves (vides) d'un ex-contenu de 212 ml.
Pour les échasses de l'enfant de 4 ans : 2 boites de conserve vides mais plus grandes (contenu : 425ml )
Pour le grand (12 ans) la taille supérieure.
Une pelote de corde
De l'élastique à culotte (pour les échasses des deux plus jeunes... Je conseille d'utiliser un élastique plus large que celui de mes photos, mais je n'avais que celui-là le jour où j'ai commencé le bricolage).
Veillez à garder les doigts pour ouvrir les boites de conserve, ils ont aussi leur utilité.
Des ciseaux
Un ouvre boite pointu
Faites deux trous dans chacune des boites de conserve (sur le côté, en haut et en face). Faites bien attention à ce que les parties métalliques ne dépassent pas (qu'elles restent à l'intérieur pour que l'enfant ne puisse se blesser)
Accrochez le doigt de la boite de conserve à votre élastique et à votre corde. Faites passer la corde et l'élastique de l'intérieur de la boite vers l'extérieur. On ne voit pas le noeud, il est caché.
Posez le pied de l'enfant chaussé (l'activité se fait avec des chaussures sinon on a mal au pied) sur la boite, mesurez la quantité nécessaire d'élastique et gardez un peu de rab pour faire le noeud de l'autre coté, à l'intérieur.
Mesurez la corde, l'enfant doit pouvoir la tenir dans ses mains, il faut donc qu'elle lui arrive au niveau des fesses. Passez l'élastique et la corde dans le deuxième trou et nouez (c'est l'étape la plus difficile)... il faut que le noeud soit suffisamment volumineux pour qu'il ne passe pas par le trou. Ou vous y nouez un bouton.
Refaire les mêmes étapes pour les autres échasses.

Echasses pour les tout-petits


Le jeu est prêt.

Echasses pour les enfants


Chaussez les petits .... Coincer la chaussure dans l'élastique et donner lui la corde pour faire avancer l'échasse et très vite, les enfants comprennent comment ca marche (même à deux ans) et comment avancer.

Echasses pour les filles


Vous pouvez aussi habiller les boites mais moi j'aime le métal !

Lire cet article en anglais : Stilts for kids 2 and 4 how it works

Le mémorial de Sainte Anne d'Auray : le monument aux morts des Bretons

Sainte-Anne-d'Auray, ce n'est pas seulement le grand pardon de juillet consacré à la sainte Anne, c'est également un mémorial aux victimes de la 1ère guerre mondiale.
La guerre de 14-18 a fait autour de 10 millions de morts et 20 millions d'invalides dans le monde, plus d'un million de morts en France et on parlait de 240 000 en Bretagne. Le chiffre a été revu à la baisse : on estime plutôt les pertes humaines à 110 à 130 000 morts. N'empêche, la Bretagne a été la région de France la plus ponctionnée proportionnellement à sa population.
Cette Grande Guerre d'un autre siècle commençait le monde moderne : un nouveau matériel de guerre est apparu, les armes ont changé, les tanks, les pièces d'artillerie avec de puissants canons (la grosse Bertha tirait à plus de 9000 mètres), les armes chimiques avec les gaz dans les tranchées...
Et les soldats. Une guerre qui a vidé les campagnes françaises de ses hommes. La Bretagne a fourni de nombreux militaires.

Mémorial de Sainte Anne d'Auray


Les opinions varient pour expliquer cette "ponction" humaine. Pour certains, il s'agit d'une volonté délibérée de sacrifier les Bretons, citoyens de seconde zone, (en France les divisions étaient régionales : les bretons, les Normands...). On connait tous l'histoire de ce soldat bretonnant, non francophone, incapable de se faire comprendre de l'élite militaire et qui finit fusillé par erreur. Ou du Breton considéré comme déserteur alors qu'il revient de se faire soigner et qu'il ne peut expliquer ce qu'il faisait sur l'arrière du front. Certains de ces soldats ont été réhabilités.
Pour d'autres, la contribution de la Bretagne est liée à son caractère extrèmement rural et à son dynamisme démographique. La vérité doit être entre les deux.
Ce mémorial de Sainte Anne d'Auray est, à l'origine, dédié à toutes ces victimes bretonnes de 14-18. Situé juste à côté de la basilique, c'est une grande esplanade ceinturée de dalles gravées et avec, en son centre, un autel imposant.

Fresque à Sainte Anne


Erigé en 1923, le site porte les noms gravés de quelques 8000 soldats, de familles (père et fils !) sur les murs de béton entourant le mémorial. Et donc pas de tous ! Non, ce ne sont pas tous les disparus qui sont honorés ici, mais uniquement les morts des familles qui ont pu payer pour graver les noms de leurs enfants tombés pour la France. Les parents devaient par souscription donner les noms de leurs soldats morts pendant cette guerre. Ce sont essentiellement des milieux aisées ou catholiques qui ont souscrit. La Bretagne rouge n'est pas représentée. Il manque au moins 100 000 noms ! Cette discrimination par l'argent enlève beaucoup de portée à ce Mémorial pour être celui de tous les Bretons !

Noms des soldats disparus pendant la 1ere guerre mondiale


La vocation première du monument en mémoire des victimes bretonnes de la 1ére Guerre mondiale a évolué. Il est maintenant dédié aux disparus de toutes les guerres et lors du pardon de Sainte Anne (25-26 juillet), la messe est célébrée de son autel.

Memorial de sainte Anne


Sainte Anne d'Auray a aussi un important cimetière des victimes de la guerre (regroupant des soldats belges et les blessés morts dans les hôpitaux de l'Ouest).
Un livre de Daniel Emile Millier, un Breton, parle de cette vie de soldats et de toutes ces familles décapitées dans Les fils manqués (fils étant le masculin de filles).

Lire cet article en anglais : The memorial of Sainte Anne d'Auray : a peace monument

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