Energie renouvelable avec une eolienne


Eoliennes et développement durable : pour ou contre

Ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les éoliennes.

C’est quoi une éolienne ?
Il était une fois Eole dieu du vent… Non, j’arrête. Les éoliennes sont les remplaçantes de nos vieux moulins à vent, ceux qui servaient à moudre de la farine ou à faire de l'huile. Ou encore à extraire de l'eau, avec des roues à godets, pour irriguer. Sauf que nos moulins modernes produisent de l’électricité.
Qui a inventé les éoliennes et pourquoi ?
C'est un Danois (fin XIX è) qui est à l’origine de l’idée.
Mais on ne s'y intéresse pas plus que ça, pendant tout un siècle. Jusqu'à l'arrivée des crises de l'énergie : le pétrole dans les années 70 et maintenant la volonté de diversifier les approvisionnements énergétiques, la lutte contre le changement climatique et les gaz à effets de serre... C'est très tendance.
Et les pays les plus équipés sont l’Allemagne (22.000 MW), l’Espagne et les Etats-Unis (12.000 MW), l’Inde (6000 MW).





Et la France alors ?
La France a un très bon potentiel (le second en Europe), et pourtant… l’objectif est l’installation de 17.000 MW d'éolien en 2015. Fin 2007, la puissance éolienne installée était de 2500 MW…

Le Grenelle de l’Environnement a été l’occasion pour le gouvernement français de réaffirmer la nécessité du développement des énergies renouvelables pour atteindre 20% de la consommation finale d’énergie en 2020.

On a encore une sacrée marge devant nous...
La Bretagne ?
La production électrique bretonne ne couvre que 5 % des besoins. 17 000 GWh de consommation pour une production de 610 GWh de production avec le barrage de la Rance en tête 540 GWH et 50 pour l’éolien. Le barrage produit l'équivalent d'un an de consommation d'une ville comme Rennes.
La Bretagne serait une terre d’accueil idéale mais… avec son habitat mité, il est difficile de trouver des lieux ou il n’y ait pas d’habitation à un périmètre suffisant (300 mètres minimum).
Pourquoi c'est si haut une éolienne ?
Parce qu’il y a plus de vent loin du sol. Les pâles peuvent faire 15 mètres et les mats jusqu’à 100.
On peut en mettre partout ?
Non... il y a plein de conditions nécessaires pour installer une éolienne : un sol stable, un réseau accessible pour que le coût de raccordement au réseau ne soit pas trop onéreux, un site avec un vent fréquent et régulier, qui souffle souvent dans le même sens (le matériel est conservateur, il n’aime pas les changements, ni les vents trop puissants). Tout est une question de dosage bien précis.
Il ne faut pas non plus être dans une zone protégé ou que des habitations soient trop proches.
Il faut aussi que le site soit accessible : pas facile de monter des mats de plusieurs dizaines de mètres, la grue et les pales doivent aussi passées !!!
Et la puissance
Il y a 4 types d'éoliennes :
- le grand éolien : puissance > 350 kW
- le moyen éolien : puissance entre 36 kW et 350 kW

Les deux autres sont pour les particuliers ou les entreprises, les exploitations agricoles : le petit éolien à une puissance qui varie entre 1 kW et 36 kW et le très petit (1 kW) sert sur les bateaux de plaisance.
Un exemple de consommation : une ampoule de 100 W allumée pendant 1 heure par jour va consommer en une année 36 kWh.
Plus concrètement, une éolienne fournit l'électricité d'environ 2000 personnes (chauffage non compris).

Pour la maintenance ?
Dans les nouvelles générations d'éoliennes, il y a des ascenseurs… mais quand elle ne fonctionne pas, on monte à pied… et on oublie pas les outils en bas!!!
Pâles d'éolienne


Pourquoi est on contre ?

Il y a tout plein de raisons :
L’irrégularité de l’énergie : pas très fiable comme énergie, ça va ça vient donc on ne peut pas compter uniquement sur elle !!! Elles ne peut qu’être associée à d’autres…

Son stockage : Que fait-on quand trop d’énergie est produite… On ne sait pas encore bien stocker sa surproduction.

Les ondes … peuvent perturber la réception de la télévision.

Et elles seraient dangereuses pour les chauve-souris
Le pour parce qu’il y en a quand même…

Contrairement aux idées reçues, on fait attention aux oiseaux : les projets évitent les couloirs de migration et les études (même la Ligue de Protection des Oiseaux le dit) montrent que ça n'est pas pire que les lumières des villes et autres nuisances…
Le bruit : les premières générations étaient bruyantes et aujourd’hui les éoliennes installées répondent à des normes bien précises quant aux décibels qu’elles émettent. Et c’est un critère qui décide de son implantation. Le niveau sonore d’une éolienne à 500 m est de 35 décibels, c’est à dire l’équivalent d’une conversation à voix basse.

L'électricité est produite sans dégrader la qualité de l’air (pas de rejet de gaz à effet de serre, ni de polluants atmosphériques), sans polluer les eaux ni les sols et sans déchets radioactifs.

Le Grenelle de l’Environnement devrait accélérer le développement de l’éolien : d’ici 2020, 25.000 MW devraient être installés, produisant l’équivalent de 10% de la consommation électrique française, soit 55 térawattheures. Ce chiffre correspond à la production de 7 réacteurs nucléaires ou à la production des centrales thermiques françaises en 2007.

Une éolienne dure environ 20 ans. on peut alors installée un nouveau spécimen ou démantelé le site.
Quant à la santé, les diverses études effectuées ne font état d’aucun impact sur la santé.
Une électricité verte quoi…

Et économiquement
Le secteur éolien, c'est du travail... Il est estimé que, pour une puissance installée de 10 000 MW en 2010, plus de 20 000 emplois seraient créés en France.

Au niveau national, l'énergie éolienne contribue à la diversification et à l'indépendance énergétique du pays.
Pour ceux qui veulent investir, on peut louer ses terres pour recevoir une éolienne.

L'éolienne pour les particuliers

Une petite dans votre jardin ?
Elle fournit de l’électricité pour le foyer mais à quelque conditions :

- sa taille (12m) sans permis de construire (plus haut, il faut un permis et l’autorisation des voisins).
- un jardin (on déconseille de la fixer contre une maison car elle vibre beaucoup) mais vous ne devez pas la fixer à plus de 15 m de votre habitation pour éviter les pertes d’électricité.
Et enfin elles ne sont pas très performantes… pour l’instant. Mais sont parfaites pour des exploitations agricoles, des entreprises qui veulent valoriser leur image par un projet d’avenir ou des particuliers qui souhaitent une énergie respectueuse de l'environnement et diversifier leurs approvisionnements d’ énergie.

Lisez cet article en anglais :
Wind turbines and sustainable development for or against it

Pourquoi ne pas lire aussi :


Moulins à marées en Bretagne

Mais à quoi servent les marées ? A moudre de la farine, pardi !
- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
- Y en a -t-il ailleurs ?
- Depuis quand ces moulins existent ?
- Comment ça marche ?
- Où peut on en voir ?

- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
La Bretagne est une terre d'abers... d'estuaires en quelque sorte. Et celles-ci sont fort précieuses pour nos moulins. A chaque marée, la mer les envahit puis les délaisse et c'est ce mouvement de marées qui est à l'origine de l'énergie des moulins.

Moulin de Pen Castel dans la presqu'île de Rhuys, Morbihan


- Y en a-t-il ailleurs ?
Il y en a dans les pays à estuaires, le Portugal, l'Espagne, le Royaume Uni, l'Irlande, les Pays Bas et les Etats Unis.

- Depuis quand ces moulins existent ?
On les connaît, en Bretagne, dès le Moyen Age, et il y en eut jusqu’à une centaine dans la région.

- Comment ça marche ?
Le moulin à marée utilise comme énergie la force de la mer. Le principe était simple : on laissait les marées montantes remplir un bassin fermé par une digue. Une fois la marée basse, il suffisait d’ouvrir le bassin et de laisser s’échapper l’eau qui actionnait une roue.

Bassin du moulin de Pen castel


Ce type de moulin demandait un investissement de départ : une digue à construire. Le meunier, par contre, vivait à l'heure des marées et pouvait travailler la nuit.

Meunier tu dors… oui parfois pendant le jour… si j’attends la mer…

Inconvénients de ce système : comme tous les énergies liées aux éléments, elles sont variables. Avec les périodes de vive-eau (marées à forte amplitude) et de morte-eau… Marée importante, bon fonctionnement, petit coefficient de marée, faible mouvement…

Digue du moulin de la vallée de la Rance


Avantage : C'est une énergie renouvelable... La marée revient toutes les 6 heures… Ce n’est pas le cas du vent…

Les moulins pouvaient être alimentés en grains par la terre et par la mer. Les chariots et les bateaux repartaient chargés de farine…

Moulin à marée dans la vallée de la Rance


Petite précision encore. Le moulin implique une pratique artisanale des meuniers. Plus tard on parle de minoterie, ce qui suppose une destination industrielle du monument. L’utilisation des moulins de mer s’arrête avec la Seconde Guerre Mondiale.

Si vous voulez comprendre le phénomène, la maison de la Rance à Dinan explique, à l’aide d’une maquette, le fonctionnement du moulin. La Rance possédait beaucoup de moulins car l’amplitude des marées y est particulièrement importante.

- Où peut on en voir ?
En Bretagne, certains moulins ont été restaurés : dans le Sud de la Bretange, le moulin de Pen Castel dans la presqu’île de Rhuys et dans le Nord, à Bréhat le moulin du Birlot ou encore le moulin du Prat sur la Rance qu'on peut visiter tous les jours en saison et les dimanches et jous fériés sinon… .

Estuaire sans eau dans la vallée de la Rance


Lisez cet article en angalis : Tidal mills in Brittany France

Ouest eco watt ou comment gérer les coupures électriques en Bretagne

En ces temps de froid polaire, où neige, glace et verglas sont les rois, il est de bon ton de se réfugier dans son lit douillet et bien chauffé. Et pourtant ! Ces températures en dessous de 0 menacent la Bretagne !
Oui ! Les pics de consommation EDF galopent, explosent et les coupures catastrophiques menacent !!! Le problème est de bien gérer la demande en électricité et sa production. Car, car, la Bretagne ne produit que 8 % de l’électricité qu’elle consomme et pose donc des problèmes de ravitaillement en énergie.

Canal Saint Martin sous la neige


Je laisse un blogueur, plus expert que moi, vous rappeler le blackout qui a eu lieu pendant l'hiver 2006 (ce qui pourrait arriver chez nous) : 10 millions d'Européens n'avaient pas eu d'électricité pendant plusieurs heures. L’arrêt de deux lignes de 400 000 volts (pour laisser passer un bateau sur le fleuve Allemand l’Ems) avait entrainé un effet domino sans précédent.  Résultat : des lignes à hautes tensions avaient été arrétées automatiquement en Allemagne et dans d'autres pays. Le même phénomène arrive presque chaque hiver aux Etats-Unis.

Pourquoi la Bretagne ?
Parce qu'on est en bout de ligne électrique ! Non, ce n'est pas tout à fait ça ! EDF (pour ne pas le nommer) ne produit pas assez en Bretagne. On a besoin des centrales des régions voisines. En cas de surchauffe, l'effet domino sur le réseau français est à craindre. C'est Effet à relativiser tout de même puisque les ingénieurs d’EDF sont capables de gérer les flux d’électricité en jouant sur le maillage relativement fin des lignes hautes tensions.  Heureusement !

Tout ca pour expliquer la raison de ce site ouest-ecowatt.com... qui propose, à qui veut bien s'inscrire (c'est gratuit) de signaler (via sms ou mail) les pics de demande en électricité et d'éviter ainsi la coupure catastrophique.

C’est une initiative de Reseau de Transport Electrique, la Préfecture de la région Bretagne, le Conseil régional de Bretagne, ERDF et l’ADEME qui ont décidé de se mobiliser, en lançant, en partenariat, « EcoWatt en Bretagne, le bon Geste Energie » : nouvelle campagne de mobilisation pour une modération de la consommation d’électricité.  Il s'agit de modérer la consommation bretonne en énergie, surtout pendant les périodes de pointe, entre 17h et 20 h, pendant les vagues de froid.
En 2008, plus de 9000 personnes s'étaient inscrites (majoritairement des Bretons). Le site donne le timing : alerte orange, rouge... Les pics de consommation sont indiqués et si vous vous êtes inscrit, vous recevez un sms ou un mail vous rappelant d'être raisonnable tel ou tel jour.

Des conseils pratiques sont donnés aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités pour bien « agir » pendant ces pics.

Rien de nouveau sous le soleil me direz vous, mais comme les heures de pointe sont dangereuses pour la Bretagne, et par extension, le reste du territoire, l'objectif est d'éviter ainsi un bug dans la distribution qui engendrerait une coupure, qui bloquerait tout le réseau français qui .... Avec les conditionnels, qu'est qu'on peut faire !!!

Le salon Bio Respire est à Rennes fin février

Une fois encore, si les notions de développement durable, alimentation biologique ou habitat écologique vous intéressent, allez faire un tour à la 6è édition de ce salon bio et bien-être.

Ce salon accueille moult exposants, liés de près ou de loin, à toutes ces notions environnementales. Vous y trouverez des producteurs et des viticulteurs biologiques, des professionnels de la santé et de la relaxation ou des cosmétiques respectueux de la nature, des représentants du prêt à porter et de textiles doux pour la planète, des acteurs du commerce équitable.



Des spécialistes des nouvelles constructions écologiques, économes en énergie ou des distributeurs de matériaux innovants (Exemple de thématiques du site du salon : Architecture économe, énergies renouvelables, matériaux de construction, revêtements de sols, revêtements muraux, enduits, vernis et peintures non toxiques, chauffage, capteurs solaires, mobilier ergonomique, literie, ioniseurs, filtres à eau, économiseurs d'eau, matériel culinaire, produits d'entretien…) vous informent sur leurs produits.
Le jardinage ou le secteur de l’édition a aussi leurs stands… Bref, tous les secteurs sont représentés, il suffit d’aller y faire un tour et le consommateur avisé pourra trouver des réponses à ses questions.

Ce salon fait le tour de la France pendant toute l’année. Bio & bien-être a lieu dans 6 autres villes moyennes françaises : Angers, Chartres, Clermont Ferrand, La Rochelle, Le Mans, Poitiers et Vannes.
Rendez vous au Parc expo (Parc des Expositions de Rennes Saint Jacques) pendant 3 jours (27 Février au 1er Mars 2009). Ouvert de 10 à 19h le vendredi, samedi et dimanche, il propose même une nocturne jusqu’à 22h le vendredi. Tout ça pour 4 euros (payent les plus de 12 ans).

> Lire cet article en anglais : The ecological fair Bio Respire at Rennes Brittany France

Consommation de tonnes de carbone, de C02 ou de gaz carbonique...

Polémiquons... Oui en ces temps instables, climatiquement changeants et inquiétants, comment trouver le ecologically correct ?

Avec le sommet de Copenhague, on est bien obligé (e) (s) de se poser des questions et de se regarder en face, en dessous, par dessus et sur les côtés ! Et qu'est ce qu'on voit ?!

Vous êtes vous déjà demandé quelle était votre empreinte écologique en CO 2, vos tonnes de carbone consommées ? En d'autres termes, êtes vous plutôt méthane ? Ou gaz carbonique ? Ou carbone ?

Selon vous, qui remporte la palme (la tonne de carbone) parmi ces différents concurrents ?

1 – Notre premier volontaire est un cadre français, un bon vivant qui se chauffe au bois, utilise des lampes basse consommation et prend tous les matins son vélo (10 kms aller et 10 retour) pour se rendre sur son lieu de travail. Il prend 4 fois par an un vol Paris New York... pour son boulot !
2 - Notre deuxième recrue est un Canadien, conducteur de 4x4. Il habite sur la côte. Il va à la chasse tous les weekends (quand elle est ouverte) dans une forêt à 30 kilomètres de chez lui. Il a une éolienne dans son jardin. Et l'été, il n'a pas besoin de partir en vacances puisqu'il profite de la mer en face de chez lui.
3- Notre troisième concurrent est une concurrente : une randonneuse devant l'éternel, à la retraite, qui a abandonné sa voiture et n'utilise plus que les transports en commun pour se déplacer. Végétarienne, elle a aussi cessé de manger du poisson et ne consomme que des produits locaux (elle se fait livrer son panier paysan toutes les semaines). Elle habite une maison passive. Son grand bonheur randonner au loin, dans l'atlas marocain, dans les Andes sud américaines...
4 - Notre quatrième participant est un jeune étudiant américain. Il a depuis bien longtemps oublié les documents papier et traite tous ses courriers, factures et autres par internet. Il n'a pas de voiture, se déplace en bus ou en vélo, c'est selon. Fini les voyages, il préfère surfer sur le net... et faire pipi (sic) sous la douche. Seul petit plaisir : la viande rouge et saignante... une fois par jour....
5 – Cinquième candidat : un jeune couple qui vit dans une maison individuelle des années 70, sans isolation ni double vitrages. Loin d'une grande ville, ils s'organisent avec les voisins en faisant du covoiturage pour aller travailler. Un petit potager pour les légumes, des meubles en matériaux recyclés, un bébé avec des couches lavables... Ils ne supportent pas le froid et vivent dans un appartement bien chauffé... 25°...

Les résultats de la compétition sont les suivants : une tonne équivalent de consommation de tonne carbone équivaut à :
- 250 kg de bœuf , 100 kg de veau (candidat n°4)
- 12 000 kilomètres de voiture en ville ou 8500 kilomètres en 4x4 par an (candidat n°2)
- Un an de chauffage au fuel, 3 ans de chauffage électrique (candidat n°5)
- Un vol Paris New York (candidat n° 1 et n°3)
(source : Le Monde)

Bilan : ils sont tous bons pour le peloton...

J'ai fait le test... de l'empreinte écologique pour moi et pour la famille... C'est facile à faire, intéressant et ça ne prend que quelques minutes.
Actuellement l'empreinte moyenne d'un Français est de 4,9 hectares, de 9,2 hectares pour un Américain et de 1,4 hectare pour un Africain. L'empreinte soutenable pour qu'on vive tous correctement sur cette terre est de 2,1 hectares.

Lisez cet article en anglais : The global threat of climate change : 5 candidates did the test

Les marais salants (salines) de Guérande

La région autour de Guérande (gué=gwen : blanc en breton et rann=rande pays) est connue, depuis la nuit des temps, pour le sel. Pendant très longtemps, le sel a été le moyen de conservation des aliments.

Les marais salants sur la presqu'île de Guérande

- Depuis quand ?
- Où ?
- Comment ça marche ?
- Processus naturel ?
- Pourquoi y-a-t-il des couleurs dans les marais ?
- La récolte
- Fleur de sel et gros sel
- Visiter les marais salants
Depuis quand ?

Bien avant la construction des marais salants, ..., une autre technique de production de sel marin existait depuis l'âge de Fer.
Cette technique consistait à récolter du sable ou de l'argile salé durant l'été et à opérer un lessivage pour extraire une saumure* très concentrée. Cette dernière était ensuite versée dans des récipients en terre et chauffée dans des fourneaux d'argile jusqu'à cristallisation du sel.
La technique ignigène (c'est-à-dire par le feu) était répandue sur toute la côte armoricaine, elle a engendré une déforestation.

La technique actuelle d'exploitation des marais salants est antérieure au 9è siècle. La création des salines s'est étendue sur plusieurs siècles. Vers l'an 1500, les marais atteignaient 80 % de la surface actuelle.
Entre 1560 et 1660, grâce au développement du commerce maritime, 2500 œillets ** seront construits. Les dernières salines ont été construites vers 1800. Mais un abandon progressif commence dès le milieu du 19e siècle face à la concurrence du sel de mine, à la baisse de consommation du sel alimentaire comme produit de conservation et à l'amélioration des transports par voie terrestre.
*mélange d'eau et de sel
**bassin réservoir

Le sel de Guérande circulait dans toute la Bretagne, sans impôt. Jusqu'à ce que Napoléon ne le taxe et c'est le début du déclin des salines. L’activité dégringole… Dans les années 70, les salines sont à l’abandon. Et le réfrigérateur trône dans les cuisines...

Mais peu à peu, avec énergie et enthousiasme, le sel va renaître. Après les années 80 : une formation professionnelle redynamise l’activité, une coopérative permet aux producteurs de se regrouper et bientôt de promouvoir la qualité avec un label rouge. 250 sauniers travaillent aujourd’hui sur les marais salants.

Les paludiers et leurs rables (rateau)


Où ?

Jusqu'à peu, toute la région limitrophe des marais exploitait les salines. Mais, Le Pouliguen et La Baule ont préfèré au sel, la pierre… Les terrains ont été construits. Il en reste encore 2000 hectares (autour du Traict du Croisic, pour la plus grande partie et une autre de 350 hectares autour d'Assérac, Mesquer et Saint-Molf).

Comment ça marche ?

La saliculture est une activité pleine de mots savants… mais le principe est simple.
Des étiers (canal qui alimente les réservoirs) amènent l’eau de mer dans les bassins des marais salants. L’eau est acheminée dans plusieurs retenues d’eau : des vasières pour commencer où elle va décanter -je vous passe les différentes étapes- pour finir dans la dernière,l'œillet (bassin de 7 mètres sur 10), qui correspond à son dernier voyage.
Là, il ne reste que plus quelques centimètres d’eau. L’évaporation continue, accélérée par le paludier qui attire le sel sur une partie de l’oeillet. C’est là que le sel se cristallise, que se récoltent la fleur de sel et le gros sel.

Processus naturel ?

Oui, c’est le soleil, le vent et quand même ! le savoir faire du paludier ! qui permet la récolte du sel.

Statue d'une paludière devant le musée des marais salants de Batz sur Mer


C'est même un produit 100% naturel issu d'un site classé ! explique Ronan Loison, directeur de Terre de Sel. Contrairement aux sels raffinés, notamment du Midi, le sel de Guérande ne subit aucun lavage, aucun traitement chimique ou adjonction. Après récolte, il est juste tamisé, broyé et conditionné.

Pourquoi y a-t-il des couleurs dans les marais ?

Vous verrez des micro organismes rouges, des algues qui s'installent dans l'eau de mer.

eau de mer qui deviendra du sel


La récolte ?

La récolte (12000 t de sel par an) a lieu de juin à septembre. Ce sont des greniers à sel d'hier

Greniers à sel d'hier à Batz sur Mer


et d'aujourd'hui...

Greniers à sel nouvelle génération


Le reste du temps, il faut entretenir les salines...

Fleur de sel et gros sel

Le gros sel, c’est le très gros de la récolte. S’il est gris, c’est qu’il contient encore un brin de fond terreux. Le nec plus ultra des cuisiniers, la fleur de sel. Ces quelques kilo sont récoltés et recueillis à part. Un œillet produit autour de 12000 kg de sel gris et 80 kg de nec plus ultra !

Oeillets et bossis (muret entre les oeillets)


Visiter les marais salants ?

Oui. D’abord parce que c’est un patrimoine exceptionnel (classés depuis 1996). Ensuite c’est vraiment joli (c’est mièvre de le dire mais c’est vrai). Aussi parce qu’on y voit une faune et une flore particulière. Enfin pour mieux comprendre le fonctionnement des salines.

Dans le village de Saillé, ancien village paludier, la maison des paludiers propose un visite de l’écomusée.
A Batz sur Mer, il y a aussi un musée des marais salants.
A Guérande, Terre de Sel, la coopérative, propose des visites guidées dans les marais. Et, on peut faire des visites en calèche. C'est très sympa.

Visite en calèche des marais salants


Lisez cet article en anglais : Tourism on salt marshes at Guérande in Brittany, France

Roscoff : porte vers l’Angleterre et l’Irlande

Il était une fois une voie express à Roscoff, qui menait à la 4 voies Paris-Brest. Mais par quel heureux hasard Rosko, comme disent les Bretons, posséde-t-il pareille route ?

1 – Cette 4 voies a-t-elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?
2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !
3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?
4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !




1 – Cette 4 voies a-t- elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?

Si vous êtes un habitué de Roscoff, vous l’avez prise cette voie rapide qui longe la baie de Morlaix. Par quel miracle, Roscoff (3 à 4 000 habitants) a –t-elle ce privilège ?
Certes, Roscoff, c’est le ferry vers Plymouth et Cork. Et pour les Anglais et les Irlandais, c’est le début des vacances… en France.

C’est un début de réponse mais pourquoi Roscoff plutôt qu’un autre port de la côte bretonne ?

Et bien pour des raisons économiques… qui s’explique par des raisons climatiques

Toute la région autour de Roscoff bénéficie de deux atouts majeurs :
- un climat très régulier avec une amplitude thermique faible (différence entre les températures les plus hautes et les plus basses) due au Gulf Stream (courant d’eau chaude qui passe devant Roscoff)
- l’excellence de ses terres (qui se vendent 12 000 à 16 000 fr l’hectare, en 1884 dans le guide Joanne).

Oui, et alors…
Alors cela crée les conditions uniques pour une agriculture exceptionnelle.
On récolte presque sans interruption même en hiver … Les produits agricoles de Roscoff sont expédiées à Paris, à Brest, dans les ports de Hollande et d’Angleterre et surtout sur les côtes anglaises de Cornouaille : en 1875, il a été expédié de 7 803 055 tonnes de pommes de terre, 2 millions de kg d’artichauts… la jetée du port est pleine de charrettes qui apportent les légumes pour les bateaux. (Guide Joanne de 1884)
Pas étonnant que cette partie du littoral soit appelée la Ceinture dorée. Les primeurs y poussent avec un bon temps d’avance sur le reste de la baie (3 semaines) et la douceur de la côte permet une succession de cultures rapides. Plus de 70 % des choux fleurs et artichauts français sont produits ici.

Si vous vous baladez sur les sentiers des douaniers du coin, vous verrez pousser la richesse agricole. Toutes les parcelles sont cultivées.

Et cette production, il faut bien l’écouler. Sans s’inquiéter des marées qui vident le vieux port et gênent le traffic commercial. Roscoff a besoin d’un port en eau profonde et de l’énergie d’un homme, Alexis Gourvennec qui crée avec les capitaux des agriculteurs (et l’aide de l’état qui veut désenclaver le Finistère) une ligne avec l’Angleterre pour écouler les légumes de la région (1972). Et les touristes … C'est comme ça que la Brittany Ferries a commencé les liaisons transmanche.


Ferry en partance de Roscoff



2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !

Cette liaison avec l’Outre Manche ne date pas d’hier, ni de Johnny.

Les oignons de Roscoff avaient déjà crée le passage. Oui, en 1828, un des premiers Johnnies part en Angleterre exporter ses oignons rosés. On appelait ainsi ses marchands car, à l’époque, ils emmenaient avec eux leurs jeunes enfants. Les Britanniques les surnommaient Johnnies (petit Jean car tous les Bretons s’appelaient Yann (Jean) à l’époque !!!). De la mi juillet, pour 5 à 9 mois, les vélos couverts de tresses d’oignons, ces hommes faisaient du porte à porte. Plus de 1200 Johnnies ont fait la traversée avant la 2e Guerre Mondiale.
Cette race d’oignon rosé a été rapportée du Portugal par un moine (mi XVIè) et s’est peu à peu imposé dans la région. En effet, pour les marins toujours en lutte contre le scorbut (maladie due à un manque de vitamines), l’oignon était pratique pour les navires ; il pouvait être emmené à bord et conservé retardant ainsi les effets de la maladie sur les équipages. Le commerce s’est arrêté après la guerre. Un petit musée à Roscoff retrace cet épisode roscovite.

3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?

Les liens avec l’Angleterre existaient bien avant cette histoire d’oignon… Marie Stuart, la reine d’Ecosse… La légende dit qu’elle aurait résidé ici.
La future femme de François II accosta à Roscoff en 1548 pour aller rejoindre la Cour de France, y poursuivre son éducation avant d’épouser 10 ans plus tard en 1558 le roi. Mais c’est une légende, car les maisons où elle aurait résidé n’existaient pas à l’époque!!! La chapelle Saint Ninien

Marie Stuart et la chapelle Saint Ninien


ou plutôt ce qu’il en reste (tout prêt de la tour de guet, vestige des anciens remparts de la ville) commémore l’épisode écossais.

4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !

Les relations avec l’ennemi héréditaire –je parle des Anglais- sont aujourd’hui, non seulement apaisées, mais fort nombreuses, il n’en a pas toujours été ainsi. Au Moyen Age et même après, Roscoff a été à maintes reprises attaqué et détruit par les Anglais. L'honneur est sauf car l’inverse est aussi vrai. Egalité alors…

Maison roscovite sur le port


C’est un « trou de flibustiers, vieux nid à corsaires » (Tristan Corbière poète breton du XIXè) et un port qui commerce avec les Flandres, l’Espagne ou le Portugal (lin, toiles, sel…) jusqu’à la Révolution où il devient un lieu de contrebande d’eau de vie, de thé et de genièvre avec les Anglais … Les Wines and Beer sont les dignes successeurs de cette époque !!!

Cette richesse des armateurs a laissé des traces : lucarnes et autres sculptures dans le granit décorent les maisons roscovites.

Dragon de l'île de Batz sculpté sur une des maisons roscovites


Une petite carte pour vous repérer...



Lisez cet article en anglais : Roscoff gateway to Britain and Ireland

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