Journal et témoignages de la vie rurale


Mémoires d'un paysan bas breton : le journal de Jean Marie Déguignet

Pour qui veut connaitre la Bretagne du XIXè siècle, ses mentalités, ses habitudes, la lecture de ce livre Mémoires d'un paysan bas-breton de Jean Marie Déguignet (1834-1905) apporte de nombreuses informations.



Cet homme d'origine très modeste est un autodidacte avec un parcours et un destin très particulier pour l'époque. Son journal est reproduit presque en intégralité de sa naissance à presque sa mort. Il y raconte tout : comment bretonnant, il appris à parler et à écrire français, ses lectures, les différents pays qu'il a pu visiter quand il était soldat (Malte, Jérusalem, Italie ou Mexique), son retour en Bretagne, près de Quimper et sa nouvelle vie de paysan... où sa curiosité intellectuelle lui permet de s'essayer à des nouveautés agricoles et de critiquer ses voisins. De prendre de la distance avec les croyances et les superstitions de l'époque. La fin est un peu triste car il part dans des délires où visiblement il a perdu la tête.

On peut presque parler d'autobiographie d'un homme conscient de sa singularité :
"J'ai lu ... beaucoup de vies ... d'hommes qui ont joué en ce monde des rôles importants, mais jamais... je n'ai lu de mémoires... de pauvres artisans, d'ouvriers, d'hommes de peine... Je sais qu'[ils] sont dans l'impossibilité d'écrire leur vie, n'ayant ni l'instruction ni le temps nécessaires. Quoique appartenant à cette classe, au sein de laquelle j'ai passé toute ma vie, je vais essayer d'écrire, sinon avec talent, du moins avec sincérité et franchise ... comment j'ai vécu, pensé et réfléchi dans ce milieu misérable, comment j'y ai engagé et soutenu la terrible lutte pour l'existence."
Bref, cet homme original du siècle dernier n'appartenait pas à son siècle... C'est un témoignage avec un regard très moderne tant sur les moeurs des Bretons du XIXè siècle que sur la vie quotidienne dans le Finistère. De la littérature bretonne avant l'heure !!!

Pourquoi ne pas lire aussi :


Visite d'un village rural du XIXè siècle avec des enfants : Poul Fétan (Morbihan, Bretagne)

La visite de Poul Fétan (56310 Quistinic, Tel: 02-97-39-51-74) permet de se transporter dans la vie rurale du XIXè siècle.

village de Poul Fétan


Poul Fétan (en breton lavoir et source) est un petit hameau restauré par la commune de Quistinnic, il y a plus de 20 ans (de 1979 à 1994). Il propose, par différentes animations, de faire revivre la vie des paysans du siècle dernier.

Poul Fétan


Les maisons sont antérieures (XVIè siècle). Elles sont caractéristiques de l’architecture de l’époque : les toits de chaume, les escaliers extérieurs…
Le garage,

La grange de Poul Fétan


la buvette (euh non le pressoir),

Le pressoir de Poul Fétan


les animaux ou le potager (légumes et céréales d’époque) offrent un cadre historique parfait pour un spectacle vivant autour d’activités d’époque : boulanger, potier … montrent leur savoir faire (beurre, pains ou gâteaux) ou proposent de goûter leurs produits (lait ou bouillie). Les enfants pourront aussi voir les "acteurs" en costumes. La taverne cuisine des plats typiques (kig ha fars par exemple). Tout est là.

Poul Fétan se veut être un conservatoire des gestes et des traditions en centre Bretagne, dans un village rural.

Je n’ai pas vu le site « occupé » puisque j’y suis allée hors saison. Mais l’ambiance est là… Le site ressemble un peu à un écomusée… C'est un cadre parfait pour du tourisme vert et les nostalgiques y trouveront une campagne mythifiée telle qu'elle apparaissait dans les images d'Epinal qui peuplaient nos livres scolaires il y a encore 30 ans. Pour ceux qui ont connu la vie rurale, ça manque un peu de boue, d'odeurs, d'inconfort... Les habitations comme "avant", le ruisseau qui alimente le village, les petits champs entourés de murets en pierre (on peut comparer les effets du remembrement avec la colline en face avec ses énormes champs ouverts)... bref, c'est parfait.

Campagne de Poul Fétan


La balade dans le hameau est très sympa. J'imagine qu'avec les animateurs, on s'y croit...

Ouvert toutes les après midi d’avril à septembre, les enfants de moins de 6 ans ne payent pas. Les tarifs varient selon la saison. Reportez vous au site du village.

Si vous êtes dans le coin, flanez dans la région (ça vaut le coup) et allez faire un bond dans l’an Mil à Melrand ou admirez la Vénus de Quinipily près de Baud.
Bonne visite.



Lisez cet article en anglais : Visit a 19th century village with kids at Poul Fétan, Brittany France

Le vinaigre : une solution naturelle contre la grippe

Des infos de dernière minute :

Quelle prétention ! Quelle faute de goût ! Dans un blog d'actualités bretonnes, de loisirs, osez parler de la grippe !!!

Oui, mais même dans la presse nationale, le très sérieux Le Monde Magazine de ce week end, le journal explique les différences entre les grippes A, B et C.
La première est très dangereuse, les deux autres bénignes.
A ces lettres, il faut en ajouter 2 : le H et le N.
Le premier se décline en 16 variantes, le second en 9. Faites le calcul ! 144 possibilités différentes. Une vie ne suffirait à les faire tous, ces virus !

Et pourtant...j'avais envie... de raconter mon anecdote. Et de la partager bien modestement et sans garantie aucune de résultat !

J'ai un ami qui est médecin acupuncteur et chinois. On parlait "grippe".

Il me dit :
En Chine, tu sais, le virus a muté. Et on s'est rendu compte que les gens qui travaillaient dans les usines de vinaigre n'étaient pas malades.
Et il continue :
Je te conseille d'inhaler une fois par jour pendant 2 minutes du vinaigre (1 cuillère à soupe pour un verre d'eau) que tu auras fait bouillir.
Quel type de vinaigre ?
je demande un peu incrédule.
N'importe lequel. Ils ont les mêmes propriétés.
Ça m'a évidemment intéressée : je suis dans la tranche à risque : 30 / 45 ans. Et comme j'ai de jeunes enfants : je mets la potion magique sur un brûle parfum une fois par jour.

Je sais, c'est un faux scoop, on utilisait déjà le vinaigre contre la peste... Oui, et alors. Ce que je ne sais pas, c'est si ça marchera mais ça ne coûte rien ou presque d'essayer. Juste une régularité quotidienne !

Que cela ne vous empêche pas de prendre les précautions d'usage contre la prolifération du virus, pour ne pas finir chez le médecin ou mieux ou au pire dans les hôpitaux...
Se laver les mains et éviter de partager vos mouchoirs avec tout le monde !
Ne pas postillonner sur vos collègues et éviter de viser votre voisin (que vous n'aimez guère) en éternuant !
Ou finalement vous vacciner... Même si, avec tout ce qu'on entend, -la France est la patrie de Pasteur quand même- on ne sait plus quoi en penser de la vaccination...

Site archéologique en Bretagne : le village de l’an Mil à Melrand (Morbihan)

Ou petite excursion « culturelle » pour enfants et jeunes ado pendant les vacances de février.

- Le Morbihan ? Tu connais ?
- Oui, c’est un département au sud de la Bretagne.
- Et le Moyen Age ?
- Evidemment, c’est une période historique d’une dizaine de siècles qui va de 476 (chute de l’Empire Romain d'Occident) à 1453 (prise de Constantinople par les Ottomans).
- Et l’archéologie ?
- C’est quand on fouille le passé lointain ou plus proche ... Mais quel est le rapport entre tout ça ?
- Facile, dans le Morbihan, à Melrand plus exactement, se trouve le village de l’an Mil, un site archéologique du Moyen Age qui reconstitue un village aux alentours de l’an … 1000, au beau milieu de la période médiévale.

Village de l'an Mil


Le parc de Melrand se divise en deux parties : l’une où sont situés les vestiges du village abandonné au Moyen Age,

Réserve archéologique


l’autre avec des bâtiments reconstitués, un jardin botanique et des animaux.


Maquette du site à l'accueil


Le contexte historique est rappelé à l’aide d’un petit fascicule qu’on vous donne à l’accueil et de panneaux jalonnant le site.

Lann Gouh cet ancien petit hameau breton a eu une existence éphémère. Au milieu du Moyen Age, la population augmente. De nombreux villages, comme celui ci, furent crées en Occident médiéval sur des terrains qui, jusque là, n'intéressaient guère (parce qu'ils étaient plus difficiles à exploiter et moins riches (forêts, terrains en pente, terrains granitiques ou marécageux...). Souvent le seigneur mettait un peu de temps à réagir et la "fiscalité" y était plus lâche ... A tout avantage, son inconvénient...

Le village a été abandonné après la Peste Noire (1347) (un habitant sur trois en meurt) et les rares survivants se regroupent, recherchent des lieux moins difficiles à exploiter et retournent dans les premiers villages. Les habitants ont donc transporté leurs maigres biens et possessions ailleurs, plus bas dans la vallée et laissé le site. On n’a pas retrouvé d’objets usuels sur les lieux.

Maison sur pilotis


Avant son abandon, le village dépendait du seigneur de Porhoet, seigneur de Castennec où se situait son château.

Seules deux habitations sur les 17 (je crois) maisons ont été fouillées. Les recherches dans d’autres villages bretons comme Brennilis, Guidel ou Berrien ont permis de mieux comprendre la vie médiévale paysanne et de reconstituer celle-ci dans ce village… Même s’il est très difficile de connaître la vie quotidienne des plus humbles… On a tellement peu de traces ou de témoignages.

Le village était construit en hauteur et entouré d’une palissade – on vous rappelle notamment les différents clôtures qui existaient à l’époque – les maisons s’organisent autour d’une place (déjà !!!) et d’un four à pain.

Four collectif


Les maisons sont basses, en toit de chaume très épais (étanchéité oblige). Le visiteur peut rentrer à l’intérieur d’une des habitations et imaginer...

Maison d'habitation pour hommes et bêtes


Les hommes vivaient tous ensemble avec les animaux (c’était leur chauffage central !), les ouvertures étaient petites pour que la chaleur ne s'en aille pas... La fumée non plus d'ailleurs (il n'y avait pas de "trou" pour qu'elle s'échappe...).... Mais par contre, ils avaient pensé un sol en pente (les animaux étaient en contrebas pour que leurs déjections ne viennent pas inonder le sol des hommes !!! ). On sent aussi les odeurs, le feu au milieu de la pièce et les aliments stockés en l’air pour qu’ils ne soient pas dévorés… Le mobilier (on ne trouve pas grand chose en Bretagne à cause des sols acides qui mangent les objets) était très succinct : des lits bas (pour ne pas respirer la fumée qui -comme chacun sait- monte), des assiettes en bois...

Vous verrez la reconstitution d’un four à pain collectif, le poulailler et le piège à loup (Bouh, il y avait des loups en Bretagne à l’époque !!!) …

Piège à loup


Les animaux du village sont les dignes descendants de races bretonnes rustiques (– races très résistantes et demandant peu de soins -) de l’époque : vous y verrez des pies noires (ce ne sont pas des volatiles mais des vaches laitières !),

Pie noire


des moutons d’Ouessant,

des chèvres des fossés

Chèvre des fossés


Une vraie ferme… pédagogique.



Le site ne propose rien de spectaculaire, une vie rurale modeste du Moyen Age... La balade est sympa, (on a eu le site pour nous tout seul !) mais on a la vague impression que le village, en ce mois de février, est en attente. Le jardin botanique, avec une petite centaine de plantes du Moyen Age, est en « hibernation ». Les animateurs binent, taillent et brûlent dans le parc, on sent le lieu un peu à l’abandon. L’ambiance doit être complètement différente dès que la nature renaît. Ca n’a pas empêché nos têtes blondes de se documenter et de « sentir » le passé. Et de se représenter ce que cette vie pouvait être.

Melrand est ouvert presque toute l’année (des vacances de février au vacances de la Toussaint). L’hiver le site est ouvert l’après midi à partir de 13.30 et l’été à partir de 10h. 4 euros pour les plus de 6 ans et 5 pour les adultes.

Tout autour, le circuit de la vallée du Blavet propose des détours dans une région très vallonnée (on se croirait en montagne tellement ça tourne, non je ne plaisante pas) qui vaut le ... détour... pour vous rendre à la Vénus de Quinipily ou à Poul Fétan.

Maison




Lisez cet article en anglais : Visit an archaeological site in Brittany (France) : a medieval village at Melrand (Morbihan)



Les paysans bretons des années 1960-70 : souvenirs d’une Bretagne rurale

Rougir d’être paysan (éditions OUEST-FRANCE) est un livre de souvenirs de deux fils de paysans du Morbihan. Chaque chapitre rappelle le quotidien dans les campagnes bretonnes des années 60.

rougir d'etre paysan


C’est la fin du monde rural breton, le début de la modernité et l’on partage les sentiments ambiguës de ces deux enfants, les frères Gicquel,

Joseph Gicquel

Michel Gicquel


tiraillés entre la honte d’appartenir au monde paysan de leurs parents et l’envie de partager la vie citadine des copains d’école.

On y découvre un monde qui n’est pas si vieux (une petite cinquantaine d’années) : les moments autour du verre Duralex, le couteau qui « signe » par une croix le pain avant de le couper, l’ennui des enfants le dimanche, l’onglée et la résistance au mal des paysans, la mort… De nombreux épisodes du quotidien dans une ferme bretonne sont évoqués dans ce livre qui font ainsi revivre la dure vie d’un monde rural disparu.

Et puis il y a aussi le passage sur la nourriture de la ferme qui, aujourd’hui à l’ère du bio et de la recherche du produit authentique, semble un clin d’œil.
« L’ordinaire alimentaire paysan était aussi source de honte. … Nous tranchions les tartines dans d’opulentes miches rondes de 6 livres (3 kilos) de farine grise cuites dans le rustique four du paysan voisin quand ils [les copains citadins] mâchaient la mie blanche et moelleuse de longs pains blancs sortis du fournil du boulanger. Les pommes du verger, abondantes, parfois talées ou flétries, composaient le dessert de tous les repas , quand les « villotiers » dégustaient poires, oranges, bananes ou les pommes à peau lisse et immaculée, les goldens qui ouvraient l’ère de l’industrialisation fruitière. Mes jeunes dents avaient du mal à croquer le chocolat à cuire quand ils se délectaient de plaquettes de chocolat au lait. »

Le dernier chapitre est surprenant et sympathique. Pour moi, quadragénaire qui ne suis pas issue d’une famille paysanne, j’ai revécu des moments que j’avais oubliés par la lecture de ces écrits.

Les Bretons et la première guerre mondiale

Le 11 novembre, c’est la fin de la Grande Guerre. Et la Bretagne, c’est la région qui a payé le plus lourd tribut : un mort pour 19 habitants, la France un mort pour 29 habitants entre 1914 et 1918.

monument aux morts en Bretagne


Si le mémorial de Sainte Anne d’Auray commémore 240 000 morts – il a été fait entre 1922 et 1932-, on parle plutôt aujourd’hui de 110 à 130 000 soldats tués. La France compte alors 1,4 millions de morts ou disparus pour près de 41 millions d'habitants (la Bretagne a 2,5 millions d'habitants).

La Bretagne de 1914 est une terre de paysans et de marins. Et on dit qu'elle a payé un lourd tribut parce que sa population était essentiellement rurale : "cette surmortalité s'explique par l'envoi prioritaire des ruraux en première ligne, comme pour les Corses ou les paysans du Limousin" (Bretagne est univers, catalogue du Musée de Bretagne).

noms des soldats morts de 1914 et 15 dans une petite commune bretonne

soldats morts de 1916, 17 et 18  dans une petite commune bretonne


La Bretagne d’alors ne parle pas toujours français. Et dans certains régiments, les ordres sont même donnés en breton. En effet, pendant cette guerre les régiments étaient basés sur un recrutement géographique : régiment de Bretons, de Normands…

Si les hommes sont sur le front, les femmes bretonnes ne chôment pas. La Bretagne est une région agricole, les femmes doivent gérer les terres car il faut ravitailler les armées et nourrir la province. Toutes les parcelles de terrain sont bonnes à cultiver : ainsi le jardin du Thabor, à Rennes deviendra potager. Les femmes doivent aussi fournir la main d’œuvre dans les usines.

La première guerre mondiale nous est notamment connu par un auteur breton Roger Vercel (1894-1957), qui raconte dans certains de ses romans ses souvenirs de la Grande Guerre. Le plus connu encore aujourd’hui -puisqu’il a été adapté à l’écran en 1996 par B.Tavernier- est Capitaine Conan qui a reçu le prix Concourt en 1934.

Lisez cet article en anglais : Brittany and the First World War

Exposition aux Champs Libres (Rennes) : Boat people, bateaux de l'exil.

En regardant l'affiche de l'exposition Boat people, les bateaux de l'exil, on réfléchit aux mots : boat people, voilà un terme qu'on n'emploie plus, me suis-je dit... C'est de l'histoire ancienne... (milieu 70). Et non ! Le phénomène n'a pas cessé... et a même toujours existé.... Seul le vocabulaire change...

Boat people aux Champs Libres


Boat people, bateaux de l'exil est une des expositions du programme de l'année 2010 aux Champs Libres. Elle a déjà été présentée à Douarnenez ("Voyages au bout de la mer - Boat people, hier, aujourd'hui") et est reprise à Rennes sous un autre nom.
Alain Le Doaré, le commissaire de cet événement, expose, après de nombreuses recherches, la vie de ces milliers de Vietnamiens qui ont tenté de fuir leur pays par la mer.... Des films, des photographies, des témoignages écrits et sonores rappellent cet exode... La parole est donnée à différents témoins de l'époque : réfugiés, journalistes, marins, médecins...

Boat people, bateaux de l'exil présente donc, salle Anita Conti, cette dure réalité.... matérialisée par un bateau de l'exil, un sampan vietnamien qui a « servi » : 86 personnes l'ont utilisé avant que Médecins du Monde ne les sauvent et ramènent en France l'embarcation. Elle est habituellement conservée au port musée de Douarnenez.
C'est un « vrai » boat people....   Le terme a été vulgarisé en 1976, après la réunification du Viêt Nam par le régime communiste d'Hanoï... Plusieurs centaines de milliers d'opposants, principalement originaires du sud (ancienne République du Viêt Nam), ont alors fui leur pays par voie de mer en utilisant ces fameuses embarcations.

Cette expo, c'est un bond dans le passé... qui pousse à des parallèles avec l'histoire d'hier et d'aujourd'hui...
Depuis des siècles, les hommes cherchent ailleurs des conditions de vie meilleures et migrent pour tenter de les trouver. Hier les Bretons, chassés par la guerre, quittaient en catastrophe la grande Bretagne pour la petite. Aujourd'hui ce sont des raisons économiques ou politiques qui les poussent à l'exil et demain peut être des conditions climatiques. Bref le phénomène n'est pas nouveau et risque encore de durer...

L'exposition montre bien cette réalité hors temps ... et le bateau .... matérialise cette fuite obligatoire par des moyens de fortune très aléatoires.... Imaginez 86 personnes sur ce rafiot....On est un peu, beaucoup serré. Mais ça tombe bien car la croisière est souvent écourtée par un bon bain. Heureusement l'eau est chaude... Boat people montre des faits et des évidences. On ne fait pas ce genre de voyage par plaisir...

Entre 3 et 4 euros l'entrée. Les horaires : fermé le lundi et ouvert toutes les autres après midis.
Jusqu'au 2 mai 2010.

L’expo de Yann Arthus Bertrand : 6 milliards d’autres à Rennes (Champs Libres).

Yann Arthus Bertrand, pas besoin de le présenter, le photographe écolo à la moustache… Avec un prénom pareil, il pouvait presque faire parti du patrimoine breton. Mais non, c’est un bon Parisien.

Bon, commençons par le plus de l'exposition :

Le thème, on l’a compris, ce sont les hommes. Après la terre vue du ciel, ce sont 6 milliards d’individus qui se regardent. 5000 interviews dans 75 pays et 40 réponses à 40 questions. Et chacun y va de sa singularité.

6 milliards d'Autres


C’est banal à dire mais c’est parfois très étonnant de comparer les réactions des gens à des thèmes tels que la violence, l’amour, les croyances, le bonheur

Pour l’un, c’est la naissance de son fils qui est l’Evènement de sa vie, pour l’autre l’espoir du procès de Pol pot, pour une troisième le bonheur (bonne heur comme dit une Allemande) se résume à plein de choses, à une mangue par exemple. Un autre ne supporte pas les gens qui se répètent. Ou que sa femme fasse mal la cuisine. Une survivante d'un crash aérien qui aime la vie…
Vous pouvez aussi laisser votre témoignage, le but étant d’en récolter …. 6 milliards d’autres… L’humanité quoi !!!

L’expo a d’abord été présentée au Grand Palais à Paris et, comme la salle d’exposition des Champs Libres est plus modeste, il a fallu s’adapter… La solution a été de changer les thèmes exposés dans les 3 yourtes tous les 10 jours.
Bref, l’expo se renouvelle et on peut y aller plusieurs fois à condition d’attendre 10 jours entre les visites… Et puis il faut en profiter car, après Paris et Rennes, l’expo quitte la France pour New York. On est des privilégiés quand même…

Et le moins !
On ne sait pas qui ou comment on a choisi les 40 questions.... et leurs thèmes. Ni comment s'est fait le "recrutement" des interviewés. Spontané ou trié ? Et pour quoi faire ? C'est un peu gênant de voir une expo qui manque de transparence... Bref, n'importe quel sociologue un peu sérieux s'arracherait les cheveux.

Dommage aussi qu'on est à payer 4 euros (ça ne les vaut pas) même si c'est sympathique... La gratuité aurait été plus en adéquation avec la philosophie du projet. Surtout que, comme le montre cet extrait du journal Le Monde :
... le projet phare de GoodPlanet (association de Y.A. Bertrand) depuis deux ans est "6 milliards d'autres" : filmer à travers le monde 5 000 personnes qui parlent de leur vie et de leurs espoirs. Là encore, les télévisions ont refusé. Yann Arthus-Bertrand a rebondi : "Il a convaincu la BNP [...] La banque a donné 5 millions d'euros : 2 millions pour les tournages dans 70 pays ; 3 millions pour monter l'exposition, en janvier, au Grand Palais. Elle est jusqu'en août à Rennes, en version allégée - la ville a payé 200 000 euros. "Nous sommes en contact avec toutes les métropoles régionales [...] Toujours la même recette : expositions gratuites, financées par des sponsors ou des villes, et un livre, déjà vendu à 50 000 exemplaires.
C'est quand même un bon coup marketing ... pour Yann, avec un message sympa, certes, mais pas très lisible...



Ouvert tous les jours sauf le lundi et le dimanche jusqu’à fin août.

Lisez cet article en anglais : The exhibition of Yann Arthus Bertrand : 6 billion others

Balade dans Saint Servan (Saint Malo, Bretagne)

Ras le bol de Saint Malo, ses clichés et ses deux millions de visiteurs ? Envie d'embruns sans prendre la voiture ?

J'ai quelque chose pour vous : une balade à Saint Servan. D'abord parce que Saint Malo est accessible par le train. Ensuite parce que Saint Servan (c'est un quartier de Saint Malo depuis 1967) est à un quart d'heure d'intra muros, sur le bord de mer et au début de l'estuaire de la Rance... Et qu'enfin, c'est fort sympathique... et délaissé par la foule malouine !!!

Si vous avez longé la corniche qui borde la cité d’Aleth pour admirer l'estuaire, vous avez fait le bon choix. Vous arrivez devant les vestiges de la cathédrale d’Aleth.

vestiges de la cathédrale de Saint Servan vestiges de la cathédrale d'Aleth


Saint Servan est l'ancêtre de St Malo, je m'explique, c'est d'abord ici qu'a été crée un évéché au VIè siècle. Le futur évèque Malo est arrivé de Grande Bretagne à Aleth au milieu du VIè siècle pour convertir la région. Aleth est attaqué à maintes reprises par les Normands d’abord, les Francs ensuite (VIIIè), à nouveau les Normands (Xè). Ses successeurs, en 1144, transfèrent le siège épiscopal sur le site qui abrite le tombeau de Malo, (d'ou le nom de Saint Malo), et qui est surtout plus facile à défendre.

En 1972, des fouilles permettent de mettre en valeur les fondations des premières traces de l'évéché. Comme l’indique le panneau explicatif,



Aleth était déjà habité bien avant les Romains. Avec l’évangélisation au VIè siècle, un établissement religieux remplace des bâtiments païens, mais il a été, à son tour, maintes fois détruit. La dernière construction de la cathédrale Saint Pierre dateraient de la fin du Xè jusqu'au XIIIè siècle et la ferveur du Moyen Age se voient encore dans les vestiges, qui sont bien imposants (43m de long).

La ville est bientôt supplantée par Saint Malo, qui devient un port commercial important et Saint Servan perd de sa superbe. Surtout que le sable devant Saint Servan décide aussi de lui faire faux bond : en bougeant, l’accès à Saint Malo est plus facile pour décharger les marchandises, Saint Servan a moins d'intérêt.

En rejoignant la mer, vous apercevez la tour Solidor,

les courtines de la tour Solidor


autre construction qui a été bâtie sur des restes de fortifications gallo-romaines. Il y a eu un château avant cette tour, qui a été rasé quand la cité d’Aleth s’esr rebellée contre Saint Malo et ses taxes… au XIIIè siècle.

porche menant à la tour Solidor


Le donjon est composé de trois tours reliées par des courtines (murs qui relient les fortifications),

Solidor


il daterait du XIVè siècle et a été construit pour contrôler l’estuaire.
Comme souvent avec les forteresses, la tour, quand elle n’a plus été utile pour le contrôle de la Rance, est devenue prison. Et maintenant musée. Musée des Cap-Horniers, témoignages de la vie des marins qui franchissaient le Cap Horn (pointe sud de l’Amérique du Sud) : cartes, maquettes, marins célébres…

Saint Servan, à la fin du XIXè siècle, vivait des armements de pêche à la morue (70 navires vers 1880-85). C’était la grande époque !!! Et en 1890, un pont roulant reliait déjà la ville de St Servan à celle de Saint Malo.

La cale devant la tour (à droite)

vue sur la rance de la cale de Solidor


servait pour la liaison en bateau avec Dinard (en face). Elle a cessé avec l’installation de l’usine marémotrice et du barrage de la Rance (années 60).

Actuellement, le véritable port de St Servan se situe entre St Malo et St Servan, dans l’anse des Sablons.

Baladez vous dans Saint Servan. La ville conserve des maisons

maisons à St Servan détails de maisons à St Servan


qui n’ont pas été détruites comme dans la cité corsaire.

Saint Servan


Les parcs sont nombreux et la balade vers le barrage le long de la Rance superbe.

tour Solidor vue du long de la Rance


Lisez cet article en anglais : Visit another saint Malo : the district of Saint Servan

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