Label agriculture en bretagne


Les histoires de l’île de Batz : prétexte à une balade

VRAI ou FAUX
L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC)
Un village est enseveli à l’est de l’île
L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre
Le phare de l’île se visite
Enez Vaz veut dire l’île au dragon
Les algues ont remplacé les arbres sur l'île
Les Brittaniques ont laissé des traces sur l'île
L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques
A vélo ou à pied, allez chercher les réponses...

L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC).
Oui, on pouvait s’y rendre à marée basse. Au siècle dernier, une trentaine de tombes qui ont 4000 ans ont été découvertes par Georges Delaselle, le fondateur du jardin colonial. Ce dernier a creusé une cuvette dans l’extrémité est de l’île (où est actuellement le jardin) pour abriter ses plantes exotiques. Il a protégé l'espace par une haie de cyprès et de pins.

Batz la sauvage


Un village est enseveli à l’est de l’île.
Oui, l’actuel village est récent. Jusqu’au XVII è siècle, le village se trouvait à l' est de l’île, où sont les tombes du néolithique. Cet endroit a peut être même été habité en continu depuis l’âge du fer, car on y a trouvé d’autres traces de présence humaine. En tout cas, l’ancien village est recouvert par 6 mètres de dunes.

On le comprend bien quand on va à la chapelle Sainte Anne. Cette église romane est cachée pour moitié dans les dunes. Ses piliers carrés ont remplacés le monastère édifié par Pol Aurélien, ce Gallois arrivé au Vè siècle en Bretagne pour la convertir. Vers 530, il y crée un monastère qui sera détruit par les Vikings en 878. Ce n’est qu’à la fin du XI è siècle, quand le calme est revenu que les moines réédifient une église. Quand les sables menacent, elle est peu à peu délaissée pour l’édifice du centre ville actuel.

Ses ruines auront tout de même servi de dépôt d’artillerie un peu avant et après la Révolution. Aujourd’hui une messe en plein air est célébrée pour la Sainte Anne fin juillet.
La chapelle est classée depuis 1980 ainsi que le cimetière.

Chapelle deu Pénity ou chapelle Saint Anne


L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre.
C’est comme cela que le guide Joanne présente l’île en 1884 : Dans cette île, tous les hommes sont marins. Le sol est exclusivement cultivé par les femmes.

Et il y en eut des célèbres, des hommes. Un natif, Yves Trémintin, un marin de commerce qui bientôt se met au service de l’Etat comme pilote côtier. Il se distingue par son courage en luttant contre les pirates et perd une jambe. Il s’est retiré sur son île claudiquant…
Il y a aussi un corsaire portugais... Balidar, qui hait l’Anglais et vient aider les Français pendant la Révolution… Il se cache dans le chenal et attend l’ennemi … Les Batziens lui font signe du corps de garde, la maison du corsaire, et il attaque.

Dans le fond, on distingue la maison du corsaire


Le phare de l’île se visite.
Oui, il a été construit entre 1836 et 1852. Il faut monter ses 210 marches par contre…

Phare de l'île


Enez Vaz veut dire l’île au dragon.
Non, l’île de Batz en breton. Par contre, on l'appelle aussi parfois l'île au bâton… et je ne sais pas pourquoi !
J'ai envoyé des mails de ci de
Mais de réponse il n'y a
Si, si, la réponse, la voi
Baton en breton se dit bazh

Par contre, c’est bien un dragon qui habitait l’île il y a quelques siècles.
La légende affirme qu'il y eut jadis ... un dragon qui exerçait des ravages terribles. Aux premiers siècles de l'ère chrétienne, Pol Aurélien, ... arriva à Batz pour y exercer son ministère. Le gouverneur de l'île supplia le saint de délivrer le pays de ce monstre...
Avec un gentilhomme ... de Cléder, il se dirigea, ... vers l'antre de la bête. Arrivé là, il lui ordonna de sortir. Le dragon ... avança vers les deux téméraires...
Sans se laisser intimider par ... l'animal, Pol* lui entoura le cou de son étole**... Mené par cette laisse improvisée, il suivit docilement le saint ... jusqu'à disparaître dans la mer.
On montre encore au nord de l'île, à l'endroit qui porte le nom de " Toul ar sarpent ", le Trou du Serpent, la griffe du dragon dans la pierre.
Les deux héros furent récompensés. Le gentilhomme reçut le privilège ... d'aller à l'église l'épée au côté ... Quant à Pol, il reçut de nombreux présents dont un palais qu'il transforma en monastère. Mais il ne se borna pas à ce premier miracle ; c'est lui qui fit jaillir une source dans l'île,... guérit trois aveugles, deux muets et un paralytique. Après sa mort, vers l'an 600***, il fut enterré à Saint-Pol-de-Léon.
* Confiant dans l’Evangile qui donnait aux apôtres le pouvoir de vaincre les serpents
** L'étole est conservée dans la nouvelle église de Batz.
***On dit que Pol Aurélien a vécu 102 ans… Ca conserve les dragons !

et c’est pour cela que ça s'appelle le trou du serpent ! Où est caché le dragon, c’est logique, non ?

Non ! Parfois, dans les légendes bretonnes, les serpents se substituent aux dragons (car le dragon a fréquemment un lien avec une fée et il n'y a pas de fée partout). Le serpent est aussi plus familier donc plus assimilable. Ces figures légendaires sont en tout cas souvent le symbole des religions païennes dont il faut se débarrasser...

Le trou du dragon


Les algues ont remplacé les arbres sur l'île…
Il y avait très peu d'arbres sur l'île... Et ça posait problème...

Quelques arbres


Les îliens suppléent à l’absence de combustible par du goémon sec et des galettes composées de fiente de vache et de paille hachée qu’ils font sécher au soleil contre les murs extérieurs de leurs maisons. (Guide Joanne 1884). On s’en servait alors pour se chauffer ou cuire des aliments.
Par contre il fallait les récolter : à marée basse ou dans l’eau froide jusqu’au genou, quand c’est la saison, les femmes tiraient le goémon hors de la mer… Pas toujours facile… d'être une femme à Batz !

Aujourd’hui la récolte se fait en tracteur ou avec des scoubidous, ces drôles de bateaux armés d’un long bras qui font cueillir les laminaires au fond de la mer.

Ramassage des algues


Les Britanniques ont laissé des traces sur l'île.
Si on veut... C'est plutôt le contraire... C'est pour défendre la baie de Morlaix contre les Anglais... Il y a plusieurs vestiges de fortification. Certaines du XVIIIè siècle : 4 batteries : celle de Penn Ar C'hleguer qu'on voit encore se situe après le jardin exotique, la batterie du Bilvidic, sur la pointe opposée et les deux autres sur les pointes restantes.
Il y a aussi des restes du Mur de l'atlantique (système défensif allemand de la seconde guerre mondiale) avec des blockhaus... Mais la végétation les a bien cachés....

L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques.
La moitié de l’île est cultivée en agriculture bio. Les terres de l’île de Batz sont des terres de primeurs. Les parcelles sont protégées par des petits murets ou des haies et à l’abri et fertilisées par les algues. Les pommes de terre, le fenouil, la rhubarbe… poussent avec quelques semaines d’avance sur le continent.
On y fait jusqu’à 3 récoltes par an, parfois le ramassage se fait à la main. L’île a bien mérité son label.



Lisez cet article en anglais : History of the island of Batz :pretext for a walk

Sources notamment Daniel Hillion et Daniel Mingat, l’île de Batz (édition Ouest France, 1996).

Pourquoi ne pas lire aussi :


Le chapon de Janzé : la foire du dernier week end avant Noel entre terroir et tradition

Noël est proche et on pense tous à ce qu’on va manger pendant toute cette semaine d’abondance gastronomique… Depuis quelques années, le chapon redevient une volaille de fêtes. Retour sur ce curieux volatile.

Qu’est qu‘un chapon ?
Ces points communs avec le poulet : C’est un poulet, qui tout comme ses frères, a une alimentation composée de 75% de céréales et a 2 m2 par individu pour gambader (ce sont certains des critères des Label Rouge).
Les différences : c’est un jeune coq de 6 semaines à qui on a retiré les testicules et couper la crête.


le coq de Martine et ses attributs


Ce volatile est élevé pendant 6 mois (depuis le mois de juillet précédent), en plein air



et aux céréales (contre presque 3 mois -81 jours- pour son cousin). Il est fini au lait entier et enfermé pendant les 3 semaines précédant son abattage. Il pèse donc 4 à 4,5 kg à l’abattage contre 2 kg pour un poulet adulte.

Tradition et spécificité du chaponnage
Le chaponnage daterait des Romains : pour éviter les nuisances du chant du coq en ville –et oui, déjà-, ils auraient pensé à les châtrer. En Ille et Vilaine, la tradition du chaponnage remonte au XIXè siècle, mais a été abandonnée au début du XXè (due à la forte mortalité des coqs après la castration). C’est en 1988 que les éleveurs du poulet de Janzé relancent la production.



La castration des poulets se fait pendant une semaine sur quelques dizaines de milliers d’individus. Mais comme l’opération est délicate, il y a une 2e sélection après 12 semaines (si le coq se met à chanter, c’est que l’opération a raté, il ne sera pas chapon) puis une 3è. N'est pas chapon qui veut... (à peu près la moitié des premiers sélectionnés aura la qualification).
Cette modification des attributs du coq provoque une absence d’hormones mâles et modifie le métabolisme du chapon. La viande est persillée… (-c’est quoi persillée ?- c’est une viande moelleuse et fondante parce qu'elle est parsemée d’infiltrations de graisse …).

Et Janzé ?
Le poulet de Janzé fait partie de l’histoire de la gastronomie française. Déjà au 19ème siècle, les poulets, poussins ou poulardes de Janzé étaient mentionnés dans différents ouvrages, notamment sur les menus du prestigieux paquebot “ France ” (ndlr Le paquebot, c'est pas plus tard ?). En 1900, le marché hebdomadaire de Janzé était réputé pour ses volailles et représentait le site marchand le plus important du département d’Ille et Vilaine.
Depuis les années 80, les éleveurs de la région se sont regroupés pour créer l’association du poulet de Janzé.



Ils sont aussi défenseur d’une qualité Label Rouge (alimentation à 75% de céréales, élevage en plein air, nombre précis de jours de vie des volailles, proximité de l’abattoir (pas plus de 100kms) pour éviter le stress de l’animal…).

Vous pouvez aller à la foire aux chapons – elle existe depuis 2002-

Foire aux chapons de Janzé


et a toujours lieu le dernier week-end avant Noël à Janzé et l’on peut acheter les produits de terroirs de qualité et notamment toutes les volailles produites dans le pays. Il y a plein d’animations pendant ces 3 jours de foire… notamment des chefs qui initient à la cuisine du chapon.
Sinon, vous en trouvez du 15 décembre au 15 janvier...

Depuis les problèmes de grippe aviaire, l'association Le Poulet de Janzé a amélioré sa traçabilité et a personnalisé ses volailles : les noms et téléphones des éleveurs sont sur les emballages.

La Bretagne et les volailles
La France est le cinquième pays producteur de volaille, le premier en Europe, et la Bretagne en produit plus de 40 %. Et près de 50% des œufs.

COCORICO!!!!

Lisez cet article en anglais : Capons made in Brittany

Salon bio en Bretagne : le salon Ille et Bio à Guichen (Ille et Vilaine)

La bio n’existait pas que ce salon existait déjà. Si, si ! Né en 1991, le salon Ille et Bio n’a fait que prendre de l’ampleur et s’est même couplé d’une autre manifestation, une foire de professionnels du bio, la terre est notre métier.

Le programme se déroule sur un week end début octobre. Le salon ouvre dès le vendredi soir, souvent avec un petit spectacle.

Le samedi et le dimanche, de multiples conférences se disputent la vedette autour de tous les thèmes à travailler de notre époque.

On parlera santé (vaccination, cancer, vieillesse) habitat (réhabilitation écologique, maison durable), transport (comment vivre sans voiture !), éducation (enfants, ado et environnement), agriculture et jardin (OGM, engrais, désherbants, jardin bio…), territoires (politiques environnementales), solidarité (avec nos lointains voisins), décroissance … Ai-je oublié un thème ?

A côté de ce vaste programme, vous avez des exposants (presque 300) qui se réjouissent de vous présenter leurs produits, leur savoir-faire ou leurs trouvailles.

Et là aussi le choix est immense : l’alimentation (miel, pain, biscuits, sel, fromage brebis et produits laitiers, viandes…) est très bien représentée. Mais le bien être et la beauté ne sont pas en reste (huiles essentielles, savons, cosmétiques bio), les associations font de la prévention santé ou de l’info sur les systèmes d’échange local, les écoles alternatives … Les pro du textile défileront avec leurs couches bio (Doujan vous vous rappelez), leurs vêtements en coton, en chanvre, en laine, leurs chaussures, leurs écharpes de portage…
Si vous voulez construire ou rénover écolo, des professionnels du secteur seront aussi là pour vous renseigner. Les jardineurs et jardineuses pourront trouver les semences qu’ils recherchent…
Les libraires, les petits journaux thématiques, les animateurs et associations de sensibilisation, les artistes et les artisans... Tout le monde est là. Bref, de quoi refaire toute la planète !!! En bieau ! (je sais, c'était facile !)

Et si on y allait juste pour profiter, se reposer, rêver et manger… C’est possible ? Toute la restauration sur place est évidemment assurée par des producteurs bio… A nous la bonne galette sauc’ !!!.

Et à ce petit salon s'ajoute un autre des professionnels de la bio. La terre est notre métier est plus jeune. Né en 2001, les pro du bio du grand ouest veulent, devant le succès de la filière, continuer à défendre des valeurs humaines, l’accessibilité de tous aux produits qu’ils fabriquent, et la volonté de continuer une agriculture durable et responsable. Qui dit mieux ?

Bref, le programme est bien rempli… et l’organisation pratique du salon en accord avec le thème : des navettes partent de Rennes pour vous y emmener, un système de covoiturage est aussi possible. Enfin les parents qui veulent écouter une conférence tranquille n’ont qu’à laisser leur progéniture à la halte garderie ... Elle est pas belle la vie...

Horaires du salon : le vendredi à partir de 12h et les samedi et dimanche à 10h. Les portes ferment à 19h.
Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Documentaire sur les éleveurs laitiers en Bretagne : HERBE de Olivier Porte et Matthieu Levain

Ce film présente deux systèmes d’élevage laitier : le premier avec des vaches qui mangent … de l’herbe (et oui, les vaches ont depuis les années 70 changé de régime alimentaire!) et le second où les ruminants reçoivent, grâce à leur carte de cantine (puce électronique dans l’oreille), une ration d’aliments correspondant à leurs performances laitières.



On découvre deux mondes qui s’affrontent : le système herbager, les vaches vont paître dans la prairie (c'est gratuit), les éleveurs ont de petites exploitations, ne touchent pas d’aides et ont pourtant de bons rendements laitiers et de bons revenus.
L’autre système, beaucoup plus fréquent, même très majoritaire, élève des vaches qui mangent le maïs cultivé sur la ferme (c'est cher -semences, engrais, pecticides,matériel agricole, stockage... et demande beaucoup de travail) et le soja (OGM, importé du Brésil, qui n'est pas non plus gratuit). Ces éleveurs ont de grosses exploitations, beaucoup d'animaux, beaucoup d'hectares, beaucoup de matériel, beaucoup de produits phytosanitaires, beaucoup de conseils... et beaucoup d'aides de la PAC (Politique Agricole Commune).

Pendant 76 minutes, chaque partie a la parole et explique son mode de fonctionnement. Les premiers suivent les principes du Centre d’Etudes pour un Developpement Agricole Plus Autonome (CEDAPA). Le fondateur André Pochon et différents adhérents rappellent qu’une vache mange de l’herbe et que l’élevage intensif actuel l’en a privé. Ces fermiers ont fait le pari « insensé » (selon les seconds éleveurs) de nourrir leurs vaches à l’herbe. A.Pochon et son exploitation 100% écolo a même convaincu l'INRA,
Pour faire des bénéfices, mieux vaut revenir à une alimentation à base d’herbe pâturée et de bon foin. Le système maïs-soja est une gabegie économique et écologique : il en coûte cinq fois plus pour nourrir une vache.


Dans l’autre ferme, plus grosse, plus grande et plus peuplée (plus de vaches), on assiste à une course à l’agrandissement, à l’achat de matériel, de céréales, aux emprunts… Avec des conseillers qui favorisent cette course…

Les premiers paraissent heureux tant de leur vie que de leurs revenus. Les autres semblent angoissés par l’avenir (prêts, matériel agricole à changer, parcelles à acheter pour pouvoir tenir, vaches à acquérir pour augmenter les rendements… qu’ils doivent financer).

Face à ces paroles, on a COOPAGRI qui donne son avis, un producteur bio et des petites phrases écrites sur l’écran qui distillent des informations tout au long du film.

Ce road movie donne la part belle à l’agriculture durable (les CEDAPA) et explique le tournant pris dans les années 70. Avec un titre pareil : HERBE, on imagine bien de quel côté penche la balance. Et on (ou plutôt je) ne comprend pas bien pourquoi la profession n’est pas convaincue par le système herbager ??? Ou alors je n'ai vraiment rien compris.
En sortant, j'avais envie d'avoir encore plus d'info... C’est quand même de notre alimentation qu’on parle… Les fermes CEDAPA peuvent se visiter... Je vais bientôt aller y faire un tour...

Balade au pays du fromage et des pâtes de fruits des moines de l'abbaye de Timadeuc (Morbihan)

Objectif de la journée : n'est il pas meilleure mise en appétit que de se balader le long du canal de Nantes à Brest pour aller manger le fromage des moines de Timadeuc (Abbaye Notre Dame de Timadeuc 56 580 Rohan).
L'abbaye se situe au centre d’un triangle entre Pontivy, Loudéac et Ploërmel.

Arrêtez vous au village de Rohan. Et garez vous le long du canal. Il y a un parking rive droite quand on se place dans le sens du courant. Traversez le pont et vous apercevez la chapelle de Bonne Encontre, sur la rive gauche de l’Oust, qui remplace l’ancienne chapelle du château de Rohan de 1104. Du château, il ne reste que des ruines. La chapelle date de 1510, comme l’indique une inscription gravée sur son mur. C’est la seule chose que l‘on peut vraiment voir car, en ruine depuis longtemps, elle commence juste à être restaurée et on ne peut visiter l’intérieur pour le moment.

Chapelle de Notre Dame de Bonne Encontre à Rohan


Vous voilà donc à droite devant l'écluse Rohan, la numéro 52 et parti pour 30 à 45 minutes de marche. En avril, mai tout est en fleurs et ça sent bon le miel et les peupliers en fleurs. Vous passez bientôt devant la pancarte indiquant le manoir de Quengo (gîte et BB avec piscine), situé à quelques centaines de mètres au dessus du canal (3 minutes à pied) et très connu des Anglais. Vous croisez peu après l'écluse 51 Quenguo.

Vous allez continuer à découvrir la campagne vallonnée autour du canal, des champs de pommiers rive droite et bientôt la 3è écluse, celle de Timadeuc. Là, une allée à gauche et une croix avec une plaque commémorative à la mémoire du Père Guénaël, déporté au camp de concentration de Buchenwald.

Croix à la mémoire du Père Guénaël


Commencez votre ascension et vous apercevez un grand mur, début du domaine de Timadeuc. Si ça sent la vache, c'est que vous êtes sur le bon chemin!!!
Le domaine est immense et on arrive bientôt face au bâtiment.L’abbaye de Timadeuc a été fondée à l’emplacement du manoir des seigneurs de Timadeuc, dont ils ont repris la devise « espoir en Dieu » en 1841. Le bâtiment actuel a été plusieurs fois remanié. C’est une fondation de l'abbaye de la Trappe en Normandie. Les moines suivent le rythme de vie proposé par la règle de Saint Benoit (prières et travail). Aujourd’hui l’abbaye reçoit des adultes pour des séjours et propose de partager la vie des frères de la communauté. Si le monastère n’est pas ouvert à la visite, vous pouvez assister aux offices. Devant l'accueil, une photo aérienne présente le domaine.

Abbaye de Timadeuc dans le Morbihan


L'accueil s'ouvre sur un magasin qui propose pleins de nourritures. Spirituelles d'abord : des CD (musique classique, religieuse, du monde), une librairie d'ouvrages religieux (à noter un certain éclectisme et une certaine ouverture en cette matière), les derniers romans sortis, des livres pour enfants et des guides et écrits sur la Bretagne. Terrestres ensuite, produits du cru ou fabriqués par d'autres abbayes : savons et huiles essentielles. Enfin de quoi manger : des confitures d'Afrique, des spécialités de moines d’ailleurs en France et celles de Timadeuc.

Vous aurez vu que l’exploitation agricole que l’on longe pour accéder à l’abbaye est imposante et permet donc aux moines d’élever des vaches pour fabriquer du fromage et de s’occuper de vergers pour les pâtes de fruits. Ces productions leur assurent ainsi des revenus.

Fromage et pates de fruits de Timadeuc dans le Morbihan


Parmi leurs produits locaux, il y a un premier fromage le Trappe de Timadeuc (1,7 kg vendu 12,57 euros le kg). Sa pâte au lait cru est moelleuse, et ressemble en bien meilleur au Port Salut et au Chaussée aux Moines. Sa croûte est jaune. (Le site de l’abbaye de Chambarand en propose à la vente par internet. Tout le monde s’adapte !!!). Le second, le Timanoix, 300g est affiné à la liqueur de noix (5,90 euros). Sa croûte est marron et sa recette inspirée – je cite l’emballage – par la recette des moniales de l’abbaye d’Echourgnac (Dordogne). Il a un fort goût de noix.

Les pâtes de fruits (3,15 euros les 250g) sont faites à base de gelée de pommes et d'arômes naturels. Evidemment ça n ‘a pas autant de goût que nos pâtes de fruits super « aromatisées », mais c’est pas mal du tout quand on prête attention à leurs saveurs discrètes.
Les fromages et pâtes de fruits de Timadeuc portent le label Monastic, qui correspond à un regroupement d’abbayes produisant des produits à déguster. Le retour se fait par le même chemin le long du canal, jusqu'à Rohan.

Lire cet article en anglais : Have a nice walk along the canal de Nantes à Brest to discover the cheese and the crystallised fruits of the Abbey of Timadeuc (Brittany, France)



Les marais salants (salines) de Guérande

La région autour de Guérande (gué=gwen : blanc en breton et rann=rande pays) est connue, depuis la nuit des temps, pour le sel. Pendant très longtemps, le sel a été le moyen de conservation des aliments.

Les marais salants sur la presqu'île de Guérande

- Depuis quand ?
- Où ?
- Comment ça marche ?
- Processus naturel ?
- Pourquoi y-a-t-il des couleurs dans les marais ?
- La récolte
- Fleur de sel et gros sel
- Visiter les marais salants
Depuis quand ?

Bien avant la construction des marais salants, ..., une autre technique de production de sel marin existait depuis l'âge de Fer.
Cette technique consistait à récolter du sable ou de l'argile salé durant l'été et à opérer un lessivage pour extraire une saumure* très concentrée. Cette dernière était ensuite versée dans des récipients en terre et chauffée dans des fourneaux d'argile jusqu'à cristallisation du sel.
La technique ignigène (c'est-à-dire par le feu) était répandue sur toute la côte armoricaine, elle a engendré une déforestation.

La technique actuelle d'exploitation des marais salants est antérieure au 9è siècle. La création des salines s'est étendue sur plusieurs siècles. Vers l'an 1500, les marais atteignaient 80 % de la surface actuelle.
Entre 1560 et 1660, grâce au développement du commerce maritime, 2500 œillets ** seront construits. Les dernières salines ont été construites vers 1800. Mais un abandon progressif commence dès le milieu du 19e siècle face à la concurrence du sel de mine, à la baisse de consommation du sel alimentaire comme produit de conservation et à l'amélioration des transports par voie terrestre.
*mélange d'eau et de sel
**bassin réservoir

Le sel de Guérande circulait dans toute la Bretagne, sans impôt. Jusqu'à ce que Napoléon ne le taxe et c'est le début du déclin des salines. L’activité dégringole… Dans les années 70, les salines sont à l’abandon. Et le réfrigérateur trône dans les cuisines...

Mais peu à peu, avec énergie et enthousiasme, le sel va renaître. Après les années 80 : une formation professionnelle redynamise l’activité, une coopérative permet aux producteurs de se regrouper et bientôt de promouvoir la qualité avec un label rouge. 250 sauniers travaillent aujourd’hui sur les marais salants.

Les paludiers et leurs rables (rateau)


Où ?

Jusqu'à peu, toute la région limitrophe des marais exploitait les salines. Mais, Le Pouliguen et La Baule ont préfèré au sel, la pierre… Les terrains ont été construits. Il en reste encore 2000 hectares (autour du Traict du Croisic, pour la plus grande partie et une autre de 350 hectares autour d'Assérac, Mesquer et Saint-Molf).

Comment ça marche ?

La saliculture est une activité pleine de mots savants… mais le principe est simple.
Des étiers (canal qui alimente les réservoirs) amènent l’eau de mer dans les bassins des marais salants. L’eau est acheminée dans plusieurs retenues d’eau : des vasières pour commencer où elle va décanter -je vous passe les différentes étapes- pour finir dans la dernière,l'œillet (bassin de 7 mètres sur 10), qui correspond à son dernier voyage.
Là, il ne reste que plus quelques centimètres d’eau. L’évaporation continue, accélérée par le paludier qui attire le sel sur une partie de l’oeillet. C’est là que le sel se cristallise, que se récoltent la fleur de sel et le gros sel.

Processus naturel ?

Oui, c’est le soleil, le vent et quand même ! le savoir faire du paludier ! qui permet la récolte du sel.

Statue d'une paludière devant le musée des marais salants de Batz sur Mer


C'est même un produit 100% naturel issu d'un site classé ! explique Ronan Loison, directeur de Terre de Sel. Contrairement aux sels raffinés, notamment du Midi, le sel de Guérande ne subit aucun lavage, aucun traitement chimique ou adjonction. Après récolte, il est juste tamisé, broyé et conditionné.

Pourquoi y a-t-il des couleurs dans les marais ?

Vous verrez des micro organismes rouges, des algues qui s'installent dans l'eau de mer.

eau de mer qui deviendra du sel


La récolte ?

La récolte (12000 t de sel par an) a lieu de juin à septembre. Ce sont des greniers à sel d'hier

Greniers à sel d'hier à Batz sur Mer


et d'aujourd'hui...

Greniers à sel nouvelle génération


Le reste du temps, il faut entretenir les salines...

Fleur de sel et gros sel

Le gros sel, c’est le très gros de la récolte. S’il est gris, c’est qu’il contient encore un brin de fond terreux. Le nec plus ultra des cuisiniers, la fleur de sel. Ces quelques kilo sont récoltés et recueillis à part. Un œillet produit autour de 12000 kg de sel gris et 80 kg de nec plus ultra !

Oeillets et bossis (muret entre les oeillets)


Visiter les marais salants ?

Oui. D’abord parce que c’est un patrimoine exceptionnel (classés depuis 1996). Ensuite c’est vraiment joli (c’est mièvre de le dire mais c’est vrai). Aussi parce qu’on y voit une faune et une flore particulière. Enfin pour mieux comprendre le fonctionnement des salines.

Dans le village de Saillé, ancien village paludier, la maison des paludiers propose un visite de l’écomusée.
A Batz sur Mer, il y a aussi un musée des marais salants.
A Guérande, Terre de Sel, la coopérative, propose des visites guidées dans les marais. Et, on peut faire des visites en calèche. C'est très sympa.

Visite en calèche des marais salants


Lisez cet article en anglais : Tourism on salt marshes at Guérande in Brittany, France

Randonnée sur une des îles du Ponant : l’Ile de Batz

5 bonnes raisons pour aller à l'île de Batz !

Se dépayser
Pouvoir la parcourir en une journée
S'y rendre presque toute l'année (fin mars à la Toussaint)
Pour admirer des fleurs
Et enfin avec un peu de chance, saluer un phoque !
Ouest de l'ile de Batz


L’île de Batz est à 15 minutes du continent, bien protégée par des courants et des récifs qui sont des épreuves pour les bons marins ! Vous verrez à marée basse...

Il y a des bateaux hors saison plusieurs fois par jour et en saison toutes les 30 minutes. Donc on peut y arriver à toute heure, sans se presser...

Horaires hors saison


Le tour de Batz doit faire une quinzaine de kilomètres – l’île mesure un peu plus de 3 kms de long sur 1,5 de large à marée haute. Parce qu'à marée basse... la rando est plus longue...

Batz à marée basse


Le paysage est très différent entre le côté continent, le côté océan, l’est ou l’ouest de l'île. Vous avez le choix entre des rochers, des dunes, des galets ou des plages paradisiaques de sable extrêmement fin presque blanc…
C'est pas tout, selon la hauteur de la mer, le paysage varie encore …
Et malgré tout, l'’île n'est pas que tourisme… Avec ses presque 600 habitants, elle vit aussi de l’agriculture… A donc une vraie vie...

Pour aller au jardin, passez par ce petit chemin


Des fleurs poussent partout : fleurs des champs (oeillets sauvages, ajoncs, coquelicots, camomilles...)

Camomilles et chardons


ou fleurs de dunes (panicauts, ponpons...)… ou fleurs de jardins (hortensias, géraniums...) ou même des fleurs exotiques puisque à la fin du siècle dernier Georges Delaselle y a installé un jardin « colonial ». Son fondateur y a fait pousser des plantes tropicales (le climat est très doux à Batz)… Après la décolonisation, le jardin a pris le nom de son fondateur.


Le parc a été abandonné pendant plusieurs années mais depuis 1986, il a été remis en état, accueille plantes et arbres tropicaux à la pointe ouest. Et que du coup il y a des thuyas, des eucalyptus, des dracénas (palmiers de Nouvelle Zélande), des agaves (cactus du Mexique servant à faire le Mezcal) et des échiums,

Echiums


des agapanthes dans tous les recoins de l'île.

Si vous poussez vers la face océanique, vous découvrirez des plages de sable blanc… des oiseaux qu’on dérange et même parfois – avec un peu de chance – des phoques

Phoque à Batz côté océan


Plus loin encore, on arrive à l’extrême ouest et là c’est un chaos de pierres qui nous attend : Toul ar Sarpant, le trou au serpent ou au dragon plutôt.

Le trou du serpent


Et ce côté là abrite aussi un marais avec sa faune et sa flore.

La dernière facette de l’île, c’est le côté abrité, qui fait face à Roscoff. Là, c’est le réconfort après la balade : resto, bars, le port, la ville quoi…

Le port et le phare de l'île


On peut visiter l'île presque toute l'année... Y a le Gulf Stream qui adoucit les températures l'hiver...
A vos vélos, vtt, trottinettes et autres ...



Lisez cet article en anglais : Hiking on a french island : Batz (Brittany, France)

Visite au pays de la Roche aux Fées (suite) : déguster du pain paysan bio en Bretagne

A l’heure où on restaure de nombreux fours à pain dans les campagnes bretonnes, essayez le pain de fagots et froment. En continuant vers Essé , vous trouverez un panneau vers le Theil (D99) et un indiquant Fagots et Froment ( Le Rozay 35150 Essé - 02 99 47 04 26).
Ils font un très excellent pain bio au feu de bois...


C’est une ferme convertie à l’agriculture biologique. En arrivant devant la ferme il y a un petit parking,

fagots et froment


on voit les fagots alignés contre la haie du champ. A l’accueil vous voyez les chariots remplis de pain et entendez les fours qui crépitent.

l'accueil de fagots et froments


C’est une histoire familiale qui se joue ici. Les enfants, qui ont repris la ferme, expliquent qu’ils ont repris le savoir-faire paysan de leurs parents, qui faisaient comme dans toute ferme, eux mêmes leur pain dans le four.

Les fours sont alimentés par les fagots des haies environnantes. Vous connaissez les drôles de paysage de bocage breton avec leurs haies d’arbres moignons. Eh bien ici l’histoire des paysans expliquent le paysage. Le paysan locataire n’avait pas la jouissance des troncs d’arbres. Il était uniquement autorisé à couper les branches en hiver, ce qui les rendait impropre à tout travail de menuiserie par la densité de nœuds qu’ils avaient. Et vous en voyez encore des traces aujourd’hui dans ces rares haies d’arbres vilainement étêtés, qui demeurent après les remembrements successifs.


haies bretonnes



Le pain est fait avec de la farine bio de froment (le blé c’est du froment) produite notamment sur leurs terres. Les exploitants de la ferme essayent de réintroduire ces blés cultivées depuis des siècles. Ils expliquent dans leur site que leur farine a un gluten plus digeste et que d’après certaines études, les molécules de gluten des variétés anciennes étaient mieux tolérées. Intéressant pour les allergiques au gluten, non ! En plus, la farine est obtenue grâce à une meule de pierre. Le pain est pétri à la main , repose et est cuit au feu de bois dans l’un des trois fours de la ferme. Bref de la culture à la réalisation, presque tout est fait sur place. Vous avez dit développement durable



pain paysan


Le seul problème (si c'en est un!), ce sont des pains d’un kilo, (4 € le kilo ce qui ne fait pas cher pour un pain bio, ça fait la baguette à 80cts). Même s’il vieillit bien, ça fait quand même une bonne quantité de pain à manger. Il y en a en farine blanche et d’autres, en semi complète. Tout chaud et légèrement fariné, il est excellent.

C’est ouvert tous les jours de semaine de 10h à 18h et le samedi matin de 10 à 12. Ils vendent aussi sur des marchés de la région (de Nantes à Saint Malo) et dans les magasins bio. Allez voir leur site http://www.fagotsetfroment.com/Points-de-vente.

Vous pouvez aussi commander de la viande, qui elle aussi est bio. L’un des fils élève des vaches de race Parthenaise et en propose en vente directe une fois par mois. La viande est vendu en caisses de 6, 8 et 12 kg, de 12 € le kg pour le bœuf, à 14 pour le veau. Les caisses de 6 kg sont des petites caisses qui tiennent sans problème dans un petit congélateur.
Si vous voulez vous marier dans l'année, continuez vers le Theil et arrêtez vous dans la petite chapelle Notre Dame de Beauvais à la sortie du village direction Sainte Colombe.

chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


Notre Dame de Beauvais ou Notre Dame de la Charité est pleine d’ex-voto, possède de beaux vitraux et a une architecture toute en rondeur. Un beau calvaire sculpté d’une Vierge à l’enfant (XVème siècle) est situé à sa droite. Et ceux qui baisent le pied du calvaire se marient dans l'année !


calvaire de la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


et sur son portail une inscription rappelle sa date de création 1481.


l'inscription sur la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


C’était alors une chapelle frairienne (célébration de la fête patronale du village), elle a été reconstruite fin XIXè s. On y vient encore en pèlerinage pendant la Visitation. Elle devait faire partie d’un pèlerinage qui donnait 100 jours d’indulgence (cf Chapelle Sainte Anne de La Selle Guerchaise) à ceux qui le faisaient.
Si vous voulez finir votre balade par du néolithique, continuez vers Sainte Colombe et cherchez le menhir de Rumfort que les fées de le Roche aux Fées ont laissé tombé dans leur précipitation…

Lisez cet article en anglais : Visiting the surroundings of La Roche aux Fées (Brittany) : taste a local bio bread

Algues, thalasso, homards et exotisme à Roscoff

La légende autour de la voie express de Roscoff continue...

5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute.
6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !
7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !
8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute
9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!
10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express


Port de Roscoff


5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute!

Les viviers à langouste existaient déjà au XIXè (le Guide Joanne de 1884 en parle). Aujourd’hui les viviers contiennent coquillages et crustacés grâce aux renouvellement d’eau à chaque marée.
Le port de pêche près de l’embarcadère pour Batz abrite des bateaux caseyeurs. Ces embarcations déposent les casiers en mer et les remontent… pleins de homards et de langoustes…

Bateaux et casiers, en arrière plan Sainte Barbe


6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !

Les algues, c’est un des autres vies de Roscoff. Comme on l’a déjà dit, cette côte bénéficie d’un climat particulier grâce au Gulf Stream (ça va peut être changer avec le réchauffement climatique – le courant risque de se déplacer ou de disparaître mais c’est une autre histoire) et est le foyer unique de plusieurs centaines d’algues. Même les Japonais s’intéressent à nos plantes maritimes…

La région est consciente de cette richesse depuis fort longtemps… Elles ont et servent encore d’engrais pour l’agriculture locale …

Depuis la fin du XIXè siècle, on leur a trouvé d’autres utilités : grâce au Docteur Bagot, le premier centre de thalassothérapie (soins par la mer) en France est crée. L’institut RockRoum, qui existe toujours (site au bord de mer) se sert des algues pour soigner (notamment les rhumatismes, les maladies osseuses)… Louison Bobet y séjourna.

Un intérêt ne vient jamais seul : l’existence d’un centre d’études biologiques, qui date de 1872, on l’appelait alors le laboratoire de zoologie expérimentale et qui continue comme laboratoire international de recherche maritime (CNRS) prouve la spécificité de la zone.

Aujourd’hui, l’été, des bateaux armés d’un long bras vont cueillir les algues dans les profondeurs… et ce long bras, on l'appelle le …. scoubidou

7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !



Roscoff existait déjà à l’époque romaine. Au Moyen Age mais il dépendait de Saint Pol de Léon. Alors comme le hameau était riche, il souhaitait se libérer de la tutelle de son voisin, au moins pour les questions de vie ou de mort. Financée par les armateurs et marchands de la ville, qui voulaient baptiser, se marier et mourir sans avoir recours à Saint Pol, ils ont réussi à construire Notre Dame de Kroas Baz.

Cet ensemble architectural (XVI et XVII) avec son église gothique flamboyant, son enclos et ses ossuaires est doté de symboles maritimes des corsaires et des marchands : canons, caravelles sculptées en ex voto…

Caravelles et canons sur l'église


Des maisons du XVIè avec des sculptures et des gargouilles, vous en verrez dans d’autres parties de la ville.

Notre Dame de Kroas Baz (clocher de granit à balcons, tourelles et lanternons de 1550) a été restaurée et est toute colorée et décorée : voûte bleue lambrisée, poutres, frises… allez y faire un tour.



Dans l’enclos : deux chapelles-ossuaires. L’une transformée en chapelle Sainte Brigitte lieu de célébration des fiançailles et l’autre, qui n’avait pas de porte à l’origine, mais deux étages de baies où l’on jetait les os.

Ossuaire


Une plaque commémorative à Mme Silburne une anglaise qui aida les prêtres réfractaires (ceux qui ne voulaient pas abandonner la religion) pendant la Révolution.

8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute

Le jardin exotique de Roscoff possède des espèces subtropicales (c’est encore un coup du climat). Organisé autour du rocher de Roch Hievec, cette petite hauteur à 18 mètres offre un beau panorama sur la baie de Morlaix.
Du jardin vous pouvez faire une belle rando sur le sentier des douaniers vers Saint Pol (vous passerez devant l’ilôt sainte Anne et le Château de Kernevez, ca vaut le coup d’oeil).

9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!


La Chapelle Sainte Barbe date du XVIIè siècle. Construite pour se protéger des ennemis de l’église et des invasions de pirates, elle est rarement ouverte mais sert encore pour le pardon. Situé sur un tertre rocheux, elle domine l’entrée de la baie et ses murs blancs servent d'amer (repères pour les bateaux).

10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express

Le port en eau profonde accueille les car ferries de Plymouth et de Cork . Dans le centre ville, vous verrez l’autre port plus modeste et dépendant des marées. C’est d’ici que part la navette pour l’île de Batz. L’estacade (500 m de long) permet à marée basse d’attraper le bateau. Et il y en a beaucoup…

Estacade pour le bateau pour Batz


Lisez cet article en anglais : Seaweed, thalasso, lobsters and exotism at Roscoff France

Visite au pays de la Roche aux Fées, Ille et Vilaine, Bretagne

On sait tous que ce qui fait l’image d’Epinal de la Bretagne, ce sont les menhirs (juste d'Epinal, car les Bretons et autres Celtes ont des alibis bétons: ils ne sont arrivés que quelques siècles plus tard). Et bien, je vous propose une variante : plusieurs menhirs, ou plutôt un dolmen car c’est du dolmen de la Roche aux Fées dont je vais vous parler.





Situé à une bonne vingtaine de kilomètres à l’est de Rennes, il est caché sous les chênes à quelques kilomètres à l’est de la commune d’Essé (Ille et Vilaine). Du centre d’Essé, c’est simple il suffit de suivre les indications. Le lieu est ouvert toute l’année puisqu’il est en plein air et gratuit.

Le dolmen de la Roche aux Fées est un monument à visiter car c'est certainement un des plus impressionnants qui puissent exister en Bretagne, en France, en Europe et dans le monde!!! Formé d’une quarantaine de pierres, dont certaines pèsent plus de 40 tonnes, il mesure près de 20 mètres de long sur 4 mètres de large et vous tenez debout à l’intérieur!!

le dolmen de la Roche aux Fées


Ce dolmen (table de pierres en breton) est aussi appelé allée couverte, (autrement dit une allée dont les murs et la couverture sont faites de pierres). C’est un long couloir qui commence par un portique imposant

portique de la Roche aux Fees


dont les pierres sont soigneusement taillées, un long couloir et une chambre rectangulaire pour finir. Il est caractéristique d’un type d’architecture de la région voisine (pour les spécialistes Dolmens Angevins à Portique) parce qu’on trouve ce type d’architecture entre Angers et Saumur. Il date de la première moitié du IIIè millénaire avant notre ère (il y a 4500 ans!!).

Il a une longue réputation de patrimoine remarquable puisqu’il est classé monument historique depuis 1840. Les premiers croquis datant du XVIIIe le représentent déjà sous sa forme actuelle . Pourtant pendant sa période d’occupation, le néolithique, ce dolmen n’avait sûrement pas le même aspect puisqu’il devait être recouvert d’un tumulus de terre.

D’après le dictionnaire du patrimoine breton (ouvrage de référence s’il en faut d’Alain Croix), on ne sait pas à quoi il servait : les spécialistes de la préhistoire hésitent entre une fonction de temple ou de sépulture.

On ne peut douter de la haute technicité des hommes de l’époque quand on sait que les petits cailloux rouges de quelques dizaines de tonnes (c’est du schiste pourpré) proviennent de la région de la forêt du Theil à quelques kilomètres au sud. Le néolithique en Bretagne s’étend de – 3500 à – 1800 ans avant JC et correspond au début de l’agriculture et de l’élevage. La domestication des plantes et des animaux permettent un nouveau type d’organisation sociale : des communautés voient le jour avec une spécialisation des hommes et des tâches qui permettent à certains d'avoir de drôles d'idées (moins drôles pour ceux qui trimballent les cailloux!!) et d’ériger de tels monuments. Les détails pour transporter et élever le dolmen sont hypothétiques, on suppose que c’est à l’aide de rondins de bois qu’on faisait rouler les pierres et qu’il fallait un grand nombre de bonshommes pour effectuer le travail.

des pierres de quelques dizaines de tonnes


Le monument est complexe et nous suggère que, déjà, des astronomes en peau de bêtes faisaient la pluie et le beau temps. En effet l’orientation Nord-Ouest Sud-sud-est n’est pas lié au hasard, il reçoit les rayons du soleil qui éclaire son centre au solstice d’hiver. Quelle prouesse technique pour des hommes de la préhistoire !!! Et ça marche encore aujourd’hui… Je vous invite à y aller le 21 décembre et vous verrez…

Ou bien, comme on l'dit dans le coin - et d'ailleurs d'où son nom - ce sont les fées qui ont transporté les pierres de la forêt du Theil à la Roche (version que nous conseillons aux parents qui ont des gamins qui posent trop de questions!).

travail des fees


Elles en ont d'ailleurs laissé tomber un peu partout dans le secteur: la Pierre de Richebourg à Retiers, ou la Pierre des Fées à Janzé. Je vous raconterai la légende un autre jour. Allez d’abord le voir.

En tout cas, vous pouvez le visiter pour trois raisons :
Satisfaire votre curiosité,
Faire la même chose que les indigènes du coin, il y a 4500 ans, le 21 décembre
Pour être sûr d'avoir rencontré l'âme sœur, bien plus fiable et poétique que les critères de meetic, courez un soir de pleine lune avec votre moitié au Dolmen de le Roche aux Fées, aussi appelé Oracle des Amoureux, car c'est ici de tout temps que les hommes ont su s'ils pouvaient se fier à leur cœur. Pour cela, faites le tour du dolmen et comptez les pierres. Si vous trouvez tous les deux le même nombre, mariez-vous (ou pacsez vous ou restez ensemble suivant votre intérêt fiscal !) ça va marcher! Sinon on vous déconseille de penser à des projets communs sur le long terme…
Un dernier détail: le site est libre d'accès ce qui ne veut pas dire que l'on soit libre d'y faire de la varappe!! A cause des indélicats, l'accès à l'intérieur est obturé depuis quelques semaines...

Tous les ans, les journées du patrimoine se déroulent le troisième week-end de septembre, et proposent évidemment des manifestations autour du dolmen. Des visites du mégalithe auront lieu le dimanche et d’autres manifestations des bourgs (Theil de Bretagne, Martigné-Ferchaud Marcillé-Robert Piré-sur-Seiche…) alentour sont prévues avec production et dégustation des produits locaux ( pain, cidre…fest noz). (www.paysdechateaubriant.fr/-Les-journees-du-patrimoine-au-Pays-de-la-Roche-aux-Fees_a4204.html - 38k) En sortant du site, vous pouvez aussi déguster des produits locaux, rendez vous dans le prochain billet…

Lisez cet article en anglais : Visit an old megalithic monument in La Roche aux Fées (Essé, Brittany, France)

Roscoff : porte vers l’Angleterre et l’Irlande

Il était une fois une voie express à Roscoff, qui menait à la 4 voies Paris-Brest. Mais par quel heureux hasard Rosko, comme disent les Bretons, posséde-t-il pareille route ?

1 – Cette 4 voies a-t-elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?
2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !
3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?
4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !




1 – Cette 4 voies a-t- elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?

Si vous êtes un habitué de Roscoff, vous l’avez prise cette voie rapide qui longe la baie de Morlaix. Par quel miracle, Roscoff (3 à 4 000 habitants) a –t-elle ce privilège ?
Certes, Roscoff, c’est le ferry vers Plymouth et Cork. Et pour les Anglais et les Irlandais, c’est le début des vacances… en France.

C’est un début de réponse mais pourquoi Roscoff plutôt qu’un autre port de la côte bretonne ?

Et bien pour des raisons économiques… qui s’explique par des raisons climatiques

Toute la région autour de Roscoff bénéficie de deux atouts majeurs :
- un climat très régulier avec une amplitude thermique faible (différence entre les températures les plus hautes et les plus basses) due au Gulf Stream (courant d’eau chaude qui passe devant Roscoff)
- l’excellence de ses terres (qui se vendent 12 000 à 16 000 fr l’hectare, en 1884 dans le guide Joanne).

Oui, et alors…
Alors cela crée les conditions uniques pour une agriculture exceptionnelle.
On récolte presque sans interruption même en hiver … Les produits agricoles de Roscoff sont expédiées à Paris, à Brest, dans les ports de Hollande et d’Angleterre et surtout sur les côtes anglaises de Cornouaille : en 1875, il a été expédié de 7 803 055 tonnes de pommes de terre, 2 millions de kg d’artichauts… la jetée du port est pleine de charrettes qui apportent les légumes pour les bateaux. (Guide Joanne de 1884)
Pas étonnant que cette partie du littoral soit appelée la Ceinture dorée. Les primeurs y poussent avec un bon temps d’avance sur le reste de la baie (3 semaines) et la douceur de la côte permet une succession de cultures rapides. Plus de 70 % des choux fleurs et artichauts français sont produits ici.

Si vous vous baladez sur les sentiers des douaniers du coin, vous verrez pousser la richesse agricole. Toutes les parcelles sont cultivées.

Et cette production, il faut bien l’écouler. Sans s’inquiéter des marées qui vident le vieux port et gênent le traffic commercial. Roscoff a besoin d’un port en eau profonde et de l’énergie d’un homme, Alexis Gourvennec qui crée avec les capitaux des agriculteurs (et l’aide de l’état qui veut désenclaver le Finistère) une ligne avec l’Angleterre pour écouler les légumes de la région (1972). Et les touristes … C'est comme ça que la Brittany Ferries a commencé les liaisons transmanche.


Ferry en partance de Roscoff



2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !

Cette liaison avec l’Outre Manche ne date pas d’hier, ni de Johnny.

Les oignons de Roscoff avaient déjà crée le passage. Oui, en 1828, un des premiers Johnnies part en Angleterre exporter ses oignons rosés. On appelait ainsi ses marchands car, à l’époque, ils emmenaient avec eux leurs jeunes enfants. Les Britanniques les surnommaient Johnnies (petit Jean car tous les Bretons s’appelaient Yann (Jean) à l’époque !!!). De la mi juillet, pour 5 à 9 mois, les vélos couverts de tresses d’oignons, ces hommes faisaient du porte à porte. Plus de 1200 Johnnies ont fait la traversée avant la 2e Guerre Mondiale.
Cette race d’oignon rosé a été rapportée du Portugal par un moine (mi XVIè) et s’est peu à peu imposé dans la région. En effet, pour les marins toujours en lutte contre le scorbut (maladie due à un manque de vitamines), l’oignon était pratique pour les navires ; il pouvait être emmené à bord et conservé retardant ainsi les effets de la maladie sur les équipages. Le commerce s’est arrêté après la guerre. Un petit musée à Roscoff retrace cet épisode roscovite.

3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?

Les liens avec l’Angleterre existaient bien avant cette histoire d’oignon… Marie Stuart, la reine d’Ecosse… La légende dit qu’elle aurait résidé ici.
La future femme de François II accosta à Roscoff en 1548 pour aller rejoindre la Cour de France, y poursuivre son éducation avant d’épouser 10 ans plus tard en 1558 le roi. Mais c’est une légende, car les maisons où elle aurait résidé n’existaient pas à l’époque!!! La chapelle Saint Ninien

Marie Stuart et la chapelle Saint Ninien


ou plutôt ce qu’il en reste (tout prêt de la tour de guet, vestige des anciens remparts de la ville) commémore l’épisode écossais.

4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !

Les relations avec l’ennemi héréditaire –je parle des Anglais- sont aujourd’hui, non seulement apaisées, mais fort nombreuses, il n’en a pas toujours été ainsi. Au Moyen Age et même après, Roscoff a été à maintes reprises attaqué et détruit par les Anglais. L'honneur est sauf car l’inverse est aussi vrai. Egalité alors…

Maison roscovite sur le port


C’est un « trou de flibustiers, vieux nid à corsaires » (Tristan Corbière poète breton du XIXè) et un port qui commerce avec les Flandres, l’Espagne ou le Portugal (lin, toiles, sel…) jusqu’à la Révolution où il devient un lieu de contrebande d’eau de vie, de thé et de genièvre avec les Anglais … Les Wines and Beer sont les dignes successeurs de cette époque !!!

Cette richesse des armateurs a laissé des traces : lucarnes et autres sculptures dans le granit décorent les maisons roscovites.

Dragon de l'île de Batz sculpté sur une des maisons roscovites


Une petite carte pour vous repérer...



Lisez cet article en anglais : Roscoff gateway to Britain and Ireland

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