Le dragon de Saint Michel


Patrimoine païen breton : la Vénus de Quinipily près de Baud (Morbihan, Bretagne)

Le mystère de la Vénus de Quinipily fait beaucoup parler … Mais qui est-elle ? J'ai mené l'enquête...

En granit et haute de plus de 2 mètres, elle se trouve dans l'enceinte de Quinipily, tout près de Baud. Pour la trouver, rendez vous à Baud et suivez les panneaux.



Quand vous êtes sur la petite route, longez les enceintes de l’ancien château de Quinipily (aujourd'hui détruit, seuls les communs ont été restaurés),

 l'


et arrêtez vous devant la grille. On vous accueillera avec un petit fascicule trilingue expliquant l’histoire de la statue, vous acquitterez un droit de visite (3 euros pour les adultes) pour pouvoir vous promener dans l’enceinte jusqu’à la Vénus, les bruyères

Bruyère


et plus haut la fontaine Saint Michel.

Premier indice : le guide Joanne de 1883 :
"...les ruines du château de Quinipily et les enceintes étaient recouverts en partie de pierre et de ronces… on aperçoit la statue, placée sur un édicule au dessus d’une grande cuve en granit…. barbare échantillon de l’art antique ( Pas mal le commentaire !!!). Tout ce que l’on peut affirmer c’est qu’au hameau de la Gouarde où elle s’élevait d’abord, cette statue portait le nom de Groarc’h er Gouard (la sorcière de la Garde) et qu’elle y fut jusqu’à la fin du XVIIè l’objet d’un culte grossier que lui rendaient les paysans. On lui apportait des offrandes, les malades allaient la toucher pour se guérir, les femmes relevant de couches se baignaient dans une vaste cuve placée à ses pieds ; enfin les jeunes gens et les jeunes filles qui désiraient se marier se permettaient devant la déesse certains actes répréhensibles.

Vénus sur son piedestal et la cuve de 3600 litres


Transportée en 1696 avec son auge au château de Quinipily par les soins de M. de Lannion, cette figure haute de 2 m ne trahit en aucune manière le culte lubrique dont elle a été l’objet ; on ne peut être plus modeste sans vêtement que cette Vénus hottentote *. On ne sait s’il faut attribuer à M. de Lannion les inscriptions IIT ou LIT … inscrites sur la bandelette qui lui ceint le front.
L’interprétation de ces trois lettres a mis aux abois les archéologues et donné lieu à des discussions sans résultat…"
(* La Vénus hottentote est un type de femme bochimane et non hottentote -pasteurs nomades de l'Afrique du Sud Ouest-. La nudité n'était pas de bon goût à l'époque...)

On comprend mieux après ces commentaires acerbes que le clergé breton n'ait pas toujours eu en odeur de sainteté la statue ...

La notice explicative donnée sur le site affine mes investigations : cette statue serait de provenance très ancienne égyptienne ou romaine … Le clergé de Vannes était très embarrassé par le culte populaire qui lui était voué. Située auparavant sur la montagne de Castennec, les ecclésiastiques voulurent faire cesser les superstitions qui l’entouraient. Elle fut plusieurs fois renversée mais à chaque fois les paysans la relevaient et continuaient leurs rituels. Bien embêtés, les religieux passèrent à l'étape supérieure : la noyade dans la rivière.
"En 1661 et 1690, l'évêque de Vannes la fit jeter dans le Blavet. Sa récupération, en 1698, par le comte de Lannion en son château de Quinipily provoqua un retentissant procès avec le duc de Rohan."
C’est à la suite d’un jugement en 1701 (C'est Lannion qui gagne) qu’elle est finalement installée sur le site où elle est actuellement.

L'enquête progresse... et les informations officielles sur les dossiers électroniques de l’inventaire général du patrimoine culturel vont boucler la boucle de son origine :
"La déesse est représentée nue, les mains sur la poitrine ; une sorte d'étole qui passe autour du cou lui descend jusque sur le ventre."


Vénus égyptienne, romaine ou gauloise ?

Cette statue de plus de 2 m en granit est posé sur un piédestal et a à ses pieds une grande cuve en granit (d’une capacité de 3600 litres) qui était avant alimenté par la source au dessus.
Jusque là pas de scoop, mais est-elle égyptienne, gauloise ou romaine ???
"L'histoire de cette oeuvre remonte à l'Antiquité, elle commence dans la commune voisine de Bieuzy sur la butte de Castennec près du prieuré de la Couarde : une cuve associée à une statue antique représentant une femme, probablement une Vénus, appelée "Notre-Dame de la Couarde", y était vénérée par le peuple depuis des temps immémoriaux…"

"En 1698, Pierre de Lannion sort la statue du Blavet et la fait transporter avec la cuve au château de Quinipily. Lorsqu'il veut la faire retailler pour lui redonner "figure humaine", la pierre éclate en morceaux. Il fait alors sculpter la statue actuelle et la pose sur un piédestal neuf au bas duquel est placée la cuve. L'eau y est amenée au moyen de tuyaux, à partir des sources voisines, notamment celle de la fontaine Saint-Michel située au nord."

Site de la chapelle et fontaine de saint Michel à Quinipily


La statue n'est donc pas antique mais beaucoup plus récente. Pourtant, une incohérence est encore pointée :
"La date de 1696, gravée sur la quatrième face du piédestal est vraisemblablement fausse puisque la statue de la Couarde n'a été tirée des eaux du Blavet qu'en 1698, après son achat par le comte de Lannion. De plus, la fabrication du monument n'a eu lieu qu'après le procès engagé au sujet de la statue entre le duc de Rohan et le comte de Lannion en 1701."

Continuez la balade et vous verrez les traces de l’ancienne chapelle Saint Michel.
Et ce n'est vraisemblablement pas une coincidence que Saint Michel terrasse ici le dragon. Vous savez qui représente le dragon ???

Saint Michel


Et bien le dragon représente les croyances populaires, cultes paiens et autres déviances qu'il faut éliminer ...

Y a pas de hasard...

Horaires de visite de la Vénus de Quinipily


Profitez d'être près du Blavet pour aller visiter Poul Fétan ou Melrand (le village de l'an Mil). Pour vous y rendre, longez le Blavet et perdez vous dans le coin, c'est magnifique...



Lisez cet article en anglais : Venus of Quinipily pagan statue in Brittany (France)

Pourquoi ne pas lire aussi :


Gastronomie et randonnée au Mont Saint Michel : un vrai marathon !

Vous recherchez une escapade originale et insolite dans l'Ouest... Hors saison pour être tranquille... Le Mont Saint Michel !
Vous aimez les pierres, la rando et les spécialités locales... le Mont Saint Michel
Vous êtes un adepte des marathons de l'extrême... le Mont Saint Michel
Ou recherchez à faire une retraite dans un site hors du commun... le Mont Saint Michel, vous dis-je!
Un brin de tourisme entre Bretagne et Normandie...

Le Mont Saint Michel vu de Normandie


On commence par quoi ?

La gastronomie et les spécialités locales, histoire de vous faire saliver... On peut dire qu'il y a quatre raisons de s'arrêter dans le coin.

La baie est célèbre pour ses élevages de moules, la mytiliculture comme on l'appelle quand on est savant ! Si vous scrutez la baie, vous verrez des parcs de bouchots, pieux de chêne plantés dans le sable, couvert de cordes où les moules s'accrochent. Les poteaux sont couverts par les marées. Les moules sauvages poussent aussi de façon naturelle sur les rochers. La baie assure près d'un quart de la production française.

Pour rester dans les mollusques, vous pouvez aussi faire un arrêt huitres à Cancale. L'ostréiculture y est une vieille tradition puisque déjà la renommée des huitres cancalaises s'étendait jusquà Versailles au XVIIIè siècle. Vous pouvez déguster ces mollusques sur le port de Cancale (on vous propose différents types d'huitres), en plein air, assis sur la digue, devant la mer... C'est top !!!


Moins maritime et encore, l'agneau de pré-salé est une spécialité de la baie. Ce jeune mouton a un goût très particulier : il pâture les prés où la végétation est salée et iodée, puisqu'ils sont régulièrement recouverts par les marées. La viande a ainsi une saveur très particulière et est très recherchée car on n'en trouve que dans le coin...

Je peux finir ce parcours gastronomique par une légende, celle de Madame Poulard et de sa fameuse omelette... A déguster sur le Mont... Cette dame a fait la renommée de son restaurant au XIXè siècle, avec une omelette originale cuite au feu de bois. Déjà à l'époque, les pèlerins aimaient s'y arrêter et aujourd'hui, la fameuse préparation est toujours une spécialité du rocher.

Et les balades

Il existe des balades superbes à faire dans le Mont...ou plutôt dans la baie du Mont Saint Michel... Et ce entre Normandie et Bretagne puisque la baie abrite les deux régions...Mais ce ne sont pas des balades à faire non accompagnées. La baie du Mont Saint Michel est depuis toujours réputée pour sa dangerosité... et ce pour diverses raisons :
Les marées ont une très grande amplitude. La baie étant extrêmement plate, la marée remonte très vite sur le sable et surprend le visiteur. Surtout que ce sable est traitre : il est constitué de tangue (un sédiment de calcaire, de limons et d'argile qui servait d'engrais avant... on ne le prélève plus et cela contribue à l'ensablement de la baie) qui se solidifie à marée basse et qui "devient sable mouvant" quand il est à nouveau gorgé d'eau (mon explication n'est pas très scientifique mais c'est le danger de ce sable que je désire pointer). On peut donc à marée basse s'y promener mais bien guidé.
Juste à côté, les herbages qui servent de prairies aux pré-salés sont un site d'hivernage pour les échassiers et est classé site d'intérêt national depuis 1982.

La légende : la baie était, il y a fort longtemps (2000 ans), couverte de bois : la forêt de Scissy... je m'arrête là car c'est un mythe... revenons plutôt sur terre avec un peu de géophysique. La baie fait plus de 500 m2 et deux rochers s'y trouvent : le Mont Saint Michel et Tombelaine. Le premier, un rocher inégal de granit, fait 900 mètres de diamètres de 80 mètres de hauteur. Il abrite la Merveille, son clocher, fait par Frémiet en 1897 et rénové en 1987, représente Saint Michel terrassant le dragon et donne au Mont ses 157 mètres de haut.
Le second a été occupé par les Anglais au XVè siècle mais offre surtout aujourd'hui un beau prétexte à balade.

Pour ceux qui aiment la vitesse... le marathon du Mont Saint Michel est une belle manière de parcourir la région... C'est une course difficile mais qui rassemble des milliers de joggers tous les ans depuis 1997 pendant un week end (8 mai). On dit que c'est une épreuve car on voit l'arrivée pendant des kilomètres...

Pour ceux qui ne souhaite que le repos et le recueillement, le Mont Saint Michel organise des retraites dans l'abbaye. Un site magnifique à découvrir de l'intérieur.

Lisez cet article en anglais : Gastronomy, walks and marathon in the bay of Mont Saint Michel (Normandy- France)

Exposition à l'Espace Culturel de Landivisiau (Bretagne)

Landivisiau, ville du cheval... oui mais pas uniquement. La mairie et l'espace culturel Lucien Prigent apprécient les artistes de la région.

L'espace culturel est un lieu magique... Le parc de Kréac'h Kellen et une grande batisse accueillent des expo de sculpture permanentes et temporaires toute l'année.

Cet été, ce sont les CERAMISTES qui sont à l'honneur. Une femme Gaëlle Haubtmann et un homme Jean-Michel Kerdilès se partagent l'espace.



Jean-Michel Kerdilès expose ses bols en grès ou en porcelaine. Il investit aussi l'espace avec des plaques en porcelaine noires et blanches inspirées par les Monts d'Arrée (pour les novices, cest la chaîne de montagne en Bretagne) ainsi que des morceaux de grès armoricains des mêmes monts.

Gaëlle Haubtmann travaille la céramique en s'inspirant de la nature et des éléments. Même si elle laisse aussi le four (5 jours et 5 nuits) laisser son empreinte sur l'oeuvre. Certaines pièces sont réalistes (gouttes d'eau), d'autres laissent les éléments parler : tempête, mer et vent...

L'expo permet de découvrir l'art sculptural contemporain mais aussi propose de voir l'artiste travailler... et même de ramener une oeuvre chez soi... L'expo pense aux jeunes : visite guidée ou pour les solitaires livret découverte...

Horaires : lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche 14-18H, jusqu'au 27 septembre.
Tel 02.98.68.00.30 ou 02.98.68.30.27.

Rando en Bretagne : les dénivelés du Mont Dol

Voilà une petite balade riche en découvertes : préhistoire, chapelle, moulin, grottes... L'ascension du Mont Dol est une véritable aventure.

Le site permet un cours concret d'histoire du relief : vous savez qu'il y a encore quelques dizaines de millénaires, quand il faisait bien froid, la mer était plus proche de nous ... Le Mont Dol était une île. Du sommet, on devine bien le relief des grandes glaciations et la limite où l'océan s'est arrêté ! Aujourd'hui la mer a reculé et elle était encore plus lointaine aux temps préhistoriques... Bref, ca va, ca vient !

Mountain in France


Oui, le Mont Dol a accueilli des hommes, il y a quelques milliers d'années, dans des grottes situées au nord de la colline. Des Néandertaliens, amateurs de gros pachydermes, nous ont laissé des restes de leurs festins. Les hommes devaient guetter les mammouths du sommet du mont, les repousser vers les marécages... où les animaux s'enlisaient... et là, les chasseurs finissaient leur travail. Il fallait ensuite dépecer la bête ... et la conditionner pour pouvoir la conserver et la déguster pendant les mois suivants sa prise...

Un site préhistorique proche (à Jersey) sert de référence aux chercheurs et leur a permis d'affiner leurs recherches (vous en saurez plus en visitant l'église qui est au pied du Mont : une exposition explique l'histoire du lieu... vous y admirerez en plus de belles fresques murales restaurées polychromes... C'est rare dans les églises bretonnes, les murs étaient souvent passés à la chaux... pour désinfecter après les épidémies !).

Aujourd'hui, au sommet du site, il y a un tout petit édifice religieux, une statue monumentale posée sur une tour, des arbres centenaires, un moulin...

Tree


Le site a connu de nombreuses occupations religieuses. Aujourd'hui, il reste cette petite chapelle avec un vitrail dédié à la guerre 14-18.

Churches in France


Et surtout la tour Notre Dame de l'Espérance (1857) qui domine tout le paysage.
Par beau temps, on a une vision panoramique de la côte, le Mont Saint Michel, Cancale et toute la baie. Et par temps très clair, on peut même découvrir les îles anglo-normandes (Jersey et Guernesey) qui finalement ne sont pas si lointaines.

Religious statue


Et il y a aussi cette légende... le Malin a oeuvré par ici !
Oui après avoir terminé sa Merveille du Mont-Saint-Michel, il a défié Saint Michel en lui demandant de réaliser un pareil chef d'oeuvre aussi parfait...
Le Saint choisit l'autre colline de la baie, le Mont Dol et, en une nuit, réalisa un immense et magnifique palais de cristal. Le démon, furieux, voulut le détruire, mais l'archange Saint-Michel proposa d'échanger les monuments. Le Diable accepta et une fois dans son palais du Mont Dol, il se rendit compte de la supercherie... Le palais n'était pas cristal mais glace... et il faisait beau, ce jour là !
Le diable, de rage, voulut tuer l'archange mais Saint Michel réussit à l'envoyer dans une faille du Mont Dol qu'il avait ouverte avec son épée. Et hop, bon débarras ! Le Saint rejoignit alors le Mont-Saint-Michel d'un bond... et laissa son empreinte dans une des roches de granit du Mont-Dol. Cherchez les traces des griffes parmi les rochers ! Si, si, elles sont là !
Le moulin date de 1843 et a fonctionné jusque dans les années 50. Il est ouvert à la belle saison et peut se visiter les week-ends (de Pâques à septembre nous rappelle une affichette).

Moulin du tertre


Il y a une crêperie au sommet du site, ouverte pendant la belle saison.
Pour continuer la balade vous pouvez redescendre par l'autre côté du sommet et faire le tour du mont avant de rejoindre le parking. Choisissez le bon côté pour voir les grottes !



Lire cet article en anglais : Walks in France : the slopes of Mont Dol

Entre Bretagne et Normandie, week end insolite au Mont Saint Michel

Le Mont Saint Michel, une idée de cadeau pour un week end... Car il mérite une visite approfondie...
Avant de vous y rendre, tentez ce petit quizzzzz de questions réponses.... pour savoir ce qu'on ne vous dit jamais sur le rocher... des infos pratiques et des petites anecdotes sympas, un Mont Saint Michel insolite... Vous êtes joueur... Allez-y !

1 - Les habitants du Mont sont :
- des Michelins
- des Montois
- des Miquelots
Les habitants du Mont sont des Montois


2 - Les touristes au Mont Saint Michel, ce sont :
- 30 000 visiteurs par an
- 300 000
- 3 000 000
Plus de 3 millions de visiteurs par an (soit une moyenne de plus de 8000 par jour !) et le chiffre augmente tous les ans. C'est un des sites les plus visités de France après Paris.

Mais cette renommée date d'avant avant hier... Dès le Moyen Age (XIIè), les pèlerins arrivent en foule au Mont et y séjournent plusieurs jours. Les anciennes maisons du XVè et XVIè sont des anciennes hôtelleries ou des boutiques de "marchands d'images". L'aumônerie accueille les indigents. En souvenir, les croyants repartent avec des souvenirs, des ampoules de plomb pleines de sable.

3 - Le Mont Saint Michel et sa vie quotidienne :
Trois familles se partagent le Mont
Il y a une trentaine de résidents
100 commerces animent l'île
Effectivement 3 familles se partagent tant l'administration de la commune (à tour de rôle) que les commerces (autour de 300). Une 40e de personnes y réside. 3 familles, 300 commerces et 3 millions de visiteurs au moins... Décidément le Mont aime le 3.


Le Mont saint Michel en hiver


4 - Le Mont Saint Michel : ses titres et ses récompenses
A votre avis, il est
- classé Monument historique
- inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO
- appartenant à la catégorie "commune touristique"
- est une des sept merveilles du monde
Le Mont est classé monument historique depuis 1874. En effet depuis de nombreuses années, le Mont n'est plus aux mains des religieux, n'était plus entretenu et se délabrait.

Presque 100 ans plus tard, en 1979, il est inscrit à l'Unesco.

En 2009, il vient d'être désigné comme commune touristique c'est à dire qu'il bénéficie d'une capacité d'hébergement certaine pour accueillir des touristes et surtout un régime juridique particulier dans différents domaines (repos des salariés ou vente de boissons par exemple).

C'est une site merveilleux mais il n'est pas dans les 7 merveilles du monde.


5 - Les origines du culte du Mont Saint Michel
- Ce sont les druides qui ont commencé
- C'est un ange qui l'a voulu
- C'est un roi de France qui le construit
"Asile mystérieux des druides ou tombeau consacré à la vénération populaire", c'est comme cela que le guide Joanne le présente dans son édition de 1884.

Ce n'est pas un ange mais un archange... dit la légende. Un archange est un ange supérieur, il est au dessus des anges et il a l'autorisation d'agir sans la permission de Dieu. L'archange Saint Michel demande plusieurs fois à l'évêque d'Avranches de fonder un couvent sur le Mont. "Et lorsque en 709, il y conduisit une colonie de religieux, une empreinte merveilleuse indiqua le lieu où l'abbaye devait s'élever. Des signes célestes déterminèrent l'enceinte et une source jaillit pour fournir l'eau refusée à ces rochers arides".

Le Mont a été attaqué et détruit plusieurs fois au Moyen Age. Philippe Auguste tente de conquérir la Normandie et a demandé à ses hommes de l'assiéger, ils le brûlent. Le roi fit reconstruire l'abbaye et une forteresse à Tombelaine. Il est à l'origine de la Merveille.


6 - Qu'est ce que la Merveille ?
- Le Mont dans son intégralité : village et bâtiments religieux
- les 3 étages du monastère
- une partie de l'édifice religieux
C'est uniquement la partie nord du monastère qui date du XIIIè siècle. Cela comprend quand même 6 espaces différents sur 3 étages : une salle à manger par étage l'aumônerie tout en bas pour les plus pauvres, au dessus la salle des hôtes pour les personnes de prestige type roi... et au dernier le réfectoire des moines.
L'autre aile comprend le cellier, la salle des chevaliers et le cloitre.

L'ensemble des bâtiments religieux est un mélange de styles architecturaux : préroman, roman et gothique se disputent la vedette.


7 - Le Mont Saint Michel et ses surnoms ?
- on l'appelait Tombelaine
- Saint Michel au péril de la Mer
- la Merveille
Non, Tombelaine, c'est un autre rocher de la baie, qui a été fortifié et qui a aussi été l'objet de nombreuses batailles et conquêtes. Par contre, on l'appelle aussi le mont Tombe.

Avec la renommée du pèlerinage qui a un succès international dès le Moyen Age, les fidèles pour se rendre sur le rocher doivent traverser la baie qui est très dangereuse : noyades, enlisements (sables mouvants) sont très fréquents... encore aujourd'hui, il y a des morts... il faut un guide pour se promener dans sa baie. On comprend le Saint Michel au péril de la Mer.


8 - Le Mont et ses nationalités :
- indépendant ?
- Anglais
- Normand
- Breton
Indépendant ! Même si, depuis qu'une digne (1877) relie l'île du Mont Saint Michel à la terre, la baie s'ensable, il ne reste pas moins que ce rocher redevient une île lors des grandes marées. Et doit le rester puisque il y a des grands travaux de transformation de la digue pour permettre à la mer de circuler dans la baie (qui devrait moins s'ensabler) et redonner ainsi au Mont son indépendance d'origine.

Anglais... Oui, pendant la guerre de 100 ans, en 1427, les Anglais après un long siège prennent le site. Les pèlerins, fidèles, continuaient à affluer, grâce à des sauf-conduits qu'ils payaient à l'ennemi.

Alors Breton... En 1204, les Bretons assiègent le rocher, le brûlent et finissent par le prendre... mais pour très peu de temps. Duguesclin, le fameux acolyte de Jeanne d'Arc était breton. Il est capitaine du Mont et a fait construire un logis (1366) pour sa femme Tiphaine (qu'on peut visiter encore aujourd'hui).

ou Normand... Et bien, oui, le Mont est Normand. Cest le Couesnon, la rivière qui se jette dans la baie qui fait la frontière entre les deux régions... et le proverbe bien connu dans le coin :
Le Couesnon dans sa folie
A mis le Mont en Normandie
Quand le Couesnon aura retrouvé la raison
Le Mont redeviendra Breton.

Tout n'est pas perdu !


9 - Le Mont et ses fonctions.
- un lieu religieux très fréquenté du Moyen Age
- une forteresse
- une prison
Le Mont a été un lieu religieux de renommée internationale au Moyen Age. Mais quand l'ordre Saint Michel est crée, en 1469, par Louis XI, c'est le début d'un tournant. Les chevaliers de l'Ordre multiplient les fêtes, les religieux sont nommés par les rois, oublient de s'occuper du Mont et ne font qu'en toucher les bénéfices. C'est la décadence. A tel point que la vie monastique cesse après la Révolution Française et les moines n'y reviendront qu'en 1969.

En parallèle de sa vie religieuse, le rocher a été une forteresse dès sa création (VIIIè siècle) ou presque... Les habitants venaient se réfugier sur le Mont pour échapper aux attaques des Normands (comprenez Vikings) et ont crée ainsi la ville actuelle. Plus tard, ce sont contre les Bretons qu'on se défend ou contre les Anglais. Vous pourrez parcourir le chemin de ronde du Mont et admirer ainsi les remparts et ses nombreuses tours de défense.

Le lieu a servi de prison dès la Révolution française. Si vous visitez le monastère, vous verrez une énorme roue en bois où 5 à 6 prisonniers œuvraient pour monter les cargaisons de vivres en haut du Mont.
10 - Le mont et ses particularités
- il n'y a qu'une seule entrée pour aller dans le village
- il y a une église hors les murs
- il n'y a qu'une rue qui fait le tour de l'île
- Il n'y a pas d'eau potable sur le Mont
- Le chemin de fer arrivait jusqu'au rocher - il y avait des moulins à vent sur le Mont Saint Michel
- le granit utilisé pour les bâtiments vient des îles anglo-normandes
Il n'y a effectivement qu'une seule entrée barrée de 3 portes... La tour Gabriel donne sur un quai qui mène à la chapelle Saint Aubert qui est sur le rocher mais hors les murs.N'oublions pas que l'île a été aussi une forteresse.

Il n'y a qu'une rue qui monte effectivement à l'abbaye.

Pas d'eau potable dans les murs. La fontaine de Saint Aubert est due, dit la légende, à la volonté de l'archange , elle est située sur le rocher mais hors les murs. Elle a été pendant des siècles l'unique source d'eau.

Le chemin de fer est arrivé jusqu'au Mont en 1901 et ce pour une trentaine d'années.

- Il y a eu des moulins à vent sur le Mont. Alors des éoliennes dans la baie...

Oui, oui, ils sont fous ces Normands... Une partie du granit utilisé vient de Chausey... en face certes mais quand même...


Et pour finir, visitez le Mont hors saison... Sinon dans l'unique rue, vous connaitrez les embouteillages piétonniers (c'est vraiment ça, je l'ai vécu plusieurs fois), les queues pour la billeterie... le discours du guide perdu entre les commentaires des touristes japonais (très nombreux) et ceux des Italiens en extase...

Lire cet article en anglais : Between Brittany and Normandy a weekend break at Mont Saint Michel France

Les histoires de l’île de Batz : prétexte à une balade

VRAI ou FAUX
L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC)
Un village est enseveli à l’est de l’île
L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre
Le phare de l’île se visite
Enez Vaz veut dire l’île au dragon
Les algues ont remplacé les arbres sur l'île
Les Brittaniques ont laissé des traces sur l'île
L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques
A vélo ou à pied, allez chercher les réponses...

L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC).
Oui, on pouvait s’y rendre à marée basse. Au siècle dernier, une trentaine de tombes qui ont 4000 ans ont été découvertes par Georges Delaselle, le fondateur du jardin colonial. Ce dernier a creusé une cuvette dans l’extrémité est de l’île (où est actuellement le jardin) pour abriter ses plantes exotiques. Il a protégé l'espace par une haie de cyprès et de pins.

Batz la sauvage


Un village est enseveli à l’est de l’île.
Oui, l’actuel village est récent. Jusqu’au XVII è siècle, le village se trouvait à l' est de l’île, où sont les tombes du néolithique. Cet endroit a peut être même été habité en continu depuis l’âge du fer, car on y a trouvé d’autres traces de présence humaine. En tout cas, l’ancien village est recouvert par 6 mètres de dunes.

On le comprend bien quand on va à la chapelle Sainte Anne. Cette église romane est cachée pour moitié dans les dunes. Ses piliers carrés ont remplacés le monastère édifié par Pol Aurélien, ce Gallois arrivé au Vè siècle en Bretagne pour la convertir. Vers 530, il y crée un monastère qui sera détruit par les Vikings en 878. Ce n’est qu’à la fin du XI è siècle, quand le calme est revenu que les moines réédifient une église. Quand les sables menacent, elle est peu à peu délaissée pour l’édifice du centre ville actuel.

Ses ruines auront tout de même servi de dépôt d’artillerie un peu avant et après la Révolution. Aujourd’hui une messe en plein air est célébrée pour la Sainte Anne fin juillet.
La chapelle est classée depuis 1980 ainsi que le cimetière.

Chapelle deu Pénity ou chapelle Saint Anne


L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre.
C’est comme cela que le guide Joanne présente l’île en 1884 : Dans cette île, tous les hommes sont marins. Le sol est exclusivement cultivé par les femmes.

Et il y en eut des célèbres, des hommes. Un natif, Yves Trémintin, un marin de commerce qui bientôt se met au service de l’Etat comme pilote côtier. Il se distingue par son courage en luttant contre les pirates et perd une jambe. Il s’est retiré sur son île claudiquant…
Il y a aussi un corsaire portugais... Balidar, qui hait l’Anglais et vient aider les Français pendant la Révolution… Il se cache dans le chenal et attend l’ennemi … Les Batziens lui font signe du corps de garde, la maison du corsaire, et il attaque.

Dans le fond, on distingue la maison du corsaire


Le phare de l’île se visite.
Oui, il a été construit entre 1836 et 1852. Il faut monter ses 210 marches par contre…

Phare de l'île


Enez Vaz veut dire l’île au dragon.
Non, l’île de Batz en breton. Par contre, on l'appelle aussi parfois l'île au bâton… et je ne sais pas pourquoi !
J'ai envoyé des mails de ci de
Mais de réponse il n'y a
Si, si, la réponse, la voi
Baton en breton se dit bazh

Par contre, c’est bien un dragon qui habitait l’île il y a quelques siècles.
La légende affirme qu'il y eut jadis ... un dragon qui exerçait des ravages terribles. Aux premiers siècles de l'ère chrétienne, Pol Aurélien, ... arriva à Batz pour y exercer son ministère. Le gouverneur de l'île supplia le saint de délivrer le pays de ce monstre...
Avec un gentilhomme ... de Cléder, il se dirigea, ... vers l'antre de la bête. Arrivé là, il lui ordonna de sortir. Le dragon ... avança vers les deux téméraires...
Sans se laisser intimider par ... l'animal, Pol* lui entoura le cou de son étole**... Mené par cette laisse improvisée, il suivit docilement le saint ... jusqu'à disparaître dans la mer.
On montre encore au nord de l'île, à l'endroit qui porte le nom de " Toul ar sarpent ", le Trou du Serpent, la griffe du dragon dans la pierre.
Les deux héros furent récompensés. Le gentilhomme reçut le privilège ... d'aller à l'église l'épée au côté ... Quant à Pol, il reçut de nombreux présents dont un palais qu'il transforma en monastère. Mais il ne se borna pas à ce premier miracle ; c'est lui qui fit jaillir une source dans l'île,... guérit trois aveugles, deux muets et un paralytique. Après sa mort, vers l'an 600***, il fut enterré à Saint-Pol-de-Léon.
* Confiant dans l’Evangile qui donnait aux apôtres le pouvoir de vaincre les serpents
** L'étole est conservée dans la nouvelle église de Batz.
***On dit que Pol Aurélien a vécu 102 ans… Ca conserve les dragons !

et c’est pour cela que ça s'appelle le trou du serpent ! Où est caché le dragon, c’est logique, non ?

Non ! Parfois, dans les légendes bretonnes, les serpents se substituent aux dragons (car le dragon a fréquemment un lien avec une fée et il n'y a pas de fée partout). Le serpent est aussi plus familier donc plus assimilable. Ces figures légendaires sont en tout cas souvent le symbole des religions païennes dont il faut se débarrasser...

Le trou du dragon


Les algues ont remplacé les arbres sur l'île…
Il y avait très peu d'arbres sur l'île... Et ça posait problème...

Quelques arbres


Les îliens suppléent à l’absence de combustible par du goémon sec et des galettes composées de fiente de vache et de paille hachée qu’ils font sécher au soleil contre les murs extérieurs de leurs maisons. (Guide Joanne 1884). On s’en servait alors pour se chauffer ou cuire des aliments.
Par contre il fallait les récolter : à marée basse ou dans l’eau froide jusqu’au genou, quand c’est la saison, les femmes tiraient le goémon hors de la mer… Pas toujours facile… d'être une femme à Batz !

Aujourd’hui la récolte se fait en tracteur ou avec des scoubidous, ces drôles de bateaux armés d’un long bras qui font cueillir les laminaires au fond de la mer.

Ramassage des algues


Les Britanniques ont laissé des traces sur l'île.
Si on veut... C'est plutôt le contraire... C'est pour défendre la baie de Morlaix contre les Anglais... Il y a plusieurs vestiges de fortification. Certaines du XVIIIè siècle : 4 batteries : celle de Penn Ar C'hleguer qu'on voit encore se situe après le jardin exotique, la batterie du Bilvidic, sur la pointe opposée et les deux autres sur les pointes restantes.
Il y a aussi des restes du Mur de l'atlantique (système défensif allemand de la seconde guerre mondiale) avec des blockhaus... Mais la végétation les a bien cachés....

L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques.
La moitié de l’île est cultivée en agriculture bio. Les terres de l’île de Batz sont des terres de primeurs. Les parcelles sont protégées par des petits murets ou des haies et à l’abri et fertilisées par les algues. Les pommes de terre, le fenouil, la rhubarbe… poussent avec quelques semaines d’avance sur le continent.
On y fait jusqu’à 3 récoltes par an, parfois le ramassage se fait à la main. L’île a bien mérité son label.



Lisez cet article en anglais : History of the island of Batz :pretext for a walk

Sources notamment Daniel Hillion et Daniel Mingat, l’île de Batz (édition Ouest France, 1996).

Idées pour une étape originale en Bretagne

C'est mon dernier billet avant les vacances... Je fais une large pause au mois d'août. En attendant, j'ai glané à droite, à gauche des idées de moments ou de séjours un peu originaux, voire insolites. Je ne les ai pas testés... mais si vous le faites, n'hésitez à venir partager vos commentaires pour nous le conseiller... ou nous le déconseiller !!!

Pour ceux qui aiment manger... j'ai entendu parler d'un restaurant... pas comme les autres ! C'est dans le Morbihan que ça se passe, à quelques kilomètres au nord de Lorient, à Guidel, pour être précis, place de l'église ....
Si le resto s'appelle Al pizza, vous n'y mangez pas que des pizzas mais des vrais cocktails d'entomologiste.... Il faut juste penser à réserver une semaine à l'avance... le temps que le patron concocte le menu : friture de grillons en apéro (ils ont un bon goût de noisettes et sont craquants à souhait, parait-il), pizza aux vers (de farine, le ténébrion pour les spécialistes !) pour le plat principal et phasmes ou criquets au chocolat ! Vous êtes devenu « insectophage »... comme de nombreux gastronomes en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie...
Prenez votre tour et le patron vous racontera comment il tombé dans la « fourmilière »... Vous repartez ravi, le ventre plein et enrichi d'une nouvelle expérience ! Bon appétit !

Nature dans le pays de Brocéliande


Une autre idée.... Vous êtes un joueur fanatique... Non, ce ne sont pas les casinos qui vous font vibrer mais les jeux de pistes grandeur nature... Oui, l'auberge des voyageurs, des voyajoueurs vous emmène à la recherche du dragon, un jeu de piste « vivant ».... (les habitants et les offices de tourisme se plient au ... jeu).
Vous devez, à l'aide d'un GPS et d'un carnet de route partir en quête du dragon et l'apprivoiser. 88 étapes dans le patrimoine du Pays de Brocéliande... Ce pays au carrefour du Morbihan, des Côtes d'Armor et de l'Ille et Vilaine... Si vous en redemandez, sachez que l'auberge est située en face de l’étang du Chaperon Rouge (ça ne s'invente pas !), dans un cadre enchanteur, en lisière de la forêt des chevaliers de la Table Ronde, où les légendes du roi Arthur, de la fée Morgane et de Merlin l'enchanteur se sont passées !

Et surtout... ce lieu mythique regorge de jeux : d'abord l'auberge possède une bibliludithèque (une bibliothèque de jeux) : vous pouvez aussi vous amuser avec des grands jeux en bois, des jeux d'ambiance ou encore profitez des aires de jeux en extérieur... Vous pouvez vous détendre avec des billes, miser avec des jeux de cartes, lancer des dés, tenter les jeux de mots et de pions, testez votre dextérité avec les jeux de palets, les quilles et les toupies ou encore les semailles...
Non, vous préférez les jeux de plateaux ou la Wii... Pas d'inquiétude, tout est prévu...
Y en a pour tout le monde, petits et grands, de 7 à 77 ans, amateurs de jeux d'aujourd'hui et d'hier, d'extérieur ou d'intérieur... des jeux pour deux personnes jusqu'à ....
Bonnes vacances et n'oubliez pas venir nous refaire une petite visite pour nous dire comment c'était !

Les menhirs de Pleslin-Trigavou (Côtes d’Armor, Bretagne) : prétexte à une fête

Pleslin-Trigavou, oui, ces deux paroisses se sont unies, il y a quelques décennies et, en dot chacune avait un beau patrimoine : A Pleslin se trouve le 3è site mégalithique de Bretagne (il a 4000 ans) et à Trigavou, on a trouvé au siècle dernier une centaine de haches de bronze, qui ont 3000 ans….
Une union riche en histoire, donc… et je ne vous ai parlé du reste !

Est ce pour célébrer cette union qu’a lieu la fête des mégalithes fin juillet ?
Ou pour honorer les fées ?
Ou commémorer les druides ?
Ou pour perpétuer une tradition du XIXè siècle ?
Le site mégalithique, classé depuis 1887, est sûrement bien différent de l’époque néolithique. S’il reste encore 65 menhirs, disposés en 5 rangs et orientés comme à Carnac, Est – Ouest, on peut supposer que le paysage était autre il y a quelques millénaires… oui car aujourd’hui les pierres sont toutes couchées,

Pierres couchées de Pleslin Trigavou


elles devaient être levées à l’époque. Du coup, le site ressemble bien à un Champ de Roches, c’est son nom, et est moins impressionnant que si toutes ces tonnes étaient debout…

Comment sont-elles arrivées là ces pierres ?

C’est l’éternelle question, le suspense du néolithique… mais j’ai un indice : le Mont Saint Michel…

Ah bon, il existait déjà ?!

Voilà l’histoire complète : Des fées devaient transporter des pierres pour bâtir le Mont-Saint-Michel. Fatiguées –c’est lourd-, elles s’en débarrassèrent ici, au Champ des Roches.

Juste à côté, une collection de chênes (pleins d’essences différentes) rappellent que les menhirs sont aussi le domaine des druides

Plus tard vers 300 ans av. notre ère, les Celtes vont réutiliser les édifices mégalithiques issus des peuples néolithiques : Le Champ des Roches va être le théâtre de nouvelles croyances, qui vont donner naissance à certaines légendes et mythes qui ont subsisté jusqu'à encore voilà quelques décennies. Les druides, prêtres tout-puissants y officiaient. En ce lieu, se célèbrèrent sans doute des cérémonies rituelles qui pourraient aujourd'hui nous paraître étranges voire cruelles. Par ces rites les Celtes cherchaient à communiquer avec le surnaturel et l'Autre Monde.

Chênes et menhirs


En face, il y a une grande aire pour perpétuer la tradition ?

Vers 1850, une tradition très ancienne, conduisait les habitants de Pleslin à rendre hommage au Champ des Roches, le jour de la Saint Jean et de la Saint Pierre. Aux gens de la commune se joignaient des visiteurs venus de plus loin.Ces fêtes se traduisaient par des banquets et des feux de joie allumés le soir : elles devaient prendre une forme relativement païenne, car les prêtres de la paroisse s'efforçaient vainement de faire cesser ces rites.


Bon, alors la fête des mégalithes, c’est pour quoi selon vous ?

Lisez cet article en anglais : The menhirs of Pleslin-Trigavou, Brittany, France



Le tombeau de Saint Lénard (Léonard) à Andouillé Neuville (RN 175) sur la route de Rennes au Mont Saint Michel

En Bretagne, les Saints ont une importance particulière. De nombreux saints sont « bretons », je m'explique : ils sont connus dans la région parce que ce sont des personnes qui sont soit originaires de Bretagne, ou qui ont fait quelque chose de remarquable en Bretagne et sont vénérés comme tels par la population.

Par contre, leur réputation ne dépasse pas forcément la Bretagne et souvent l’église ne les reconnaît pas.

Saint Lénard ou Léonard du pays d’Aubigné est l’un d’eux. Son tombeau est situé sur la commune d’Andouillé Neuville, en bord de route (sur l’ancienne route menant de Rennes au Mont Saint Michel RN 175) et est encore très fréquenté.

Allée d'arbres menant au tombeau de Saint Lénard


L'ensemble votif (qui commémore l'accomplissement d'un voeu) du tombeau de saint Lénard est constitué par une allée plantée d'arbres menant à une croix de granite placée au-dessus de deux marches. Celle-ci porte l'inscription : "CROIX / DE / St LEONARD / AVRIL 1867". Le site est orné de multiples ex-voto (un ex-voto est un objet déposé dans un lieu saint portant une formule de reconnaissance en remerciement d'un voeu ou d'une grâce obtenue). (site de l’inventaire général du patrimoine culturel)

Arbre à d'ex-voto


La légende rappelée dans l’allée menant au tombeau l'a fait dater d’au moins de 1580 puisqu’alors une chapelle dans le bois de Borne (commune de Gahard) lui était dédiée. Elle n’existe plus aujourd’hui mais le tombeau du Saint, aujourd’hui en bord de route, est toujours visité.


la légende du saint


Le site du pays d’Aubigné rappelle la légende plus précisément mais la situe au XIXè siècle : avant la construction du tombeau.

Au milieu du siècle dernier, vivait dans une petite maison entre Sens et St Aubin, un homme qui s'appelait Léonard.C'était un mauvais garçon qui ne se plaisait qu'à imaginer de méchants tours qu'il faisait endurer à ses voisins.
Il se plaisait surtout à faire jurer les charretiers qui, à cette époque, y étaient encore plus disposés qu'aujourd'hui; les plus belles voies de ces temps reculés ressemblaient assez à nos chemins de traverse, et le moindre charroi exigeait un grand nombre de chevaux. Léonard mettait de grosses pierres sur les routes pour faire buter les attelages, et il creusait de profondes ornières dont on ne retirait les charrettes qu'au prix des plus grands efforts.


Tombeau de Saint Léonard


Quand les charretiers juraient en fouettant leurs chevaux, et qu'ils mouillaient leur chemise en s'efforçant de relever les voitures versées ou de faire avancer celles qui étaient embourbées, ils entendaient rire dans le champ voisin : c'était Léonard qui s'était caché derrière les arbres pour voir la déconvenue de ses victimes et jouir du succès de ses méchantes ruses.
Aussi, il était craint et haï de tous; sa méchanceté était devenue proverbiale, et les routiers qui parcouraient la Bretagne avaient coutume de frapper leurs chevaux rétifs en leur adressant le nom de Léonard comme une suprême injure.
Un jour qu'il se promenait dans le bois de Borne, il prit une pomme dans un pommier sauvage, et bien qu'il eut soif, il la trouva si amère qu'il la rejeta loin de lui; puis il en cueillit une autre qu'il plaça entre les branches d'un chêne pour voir si elle deviendrait meilleure en mûrissant.
Quelque temps après, il repassa auprès du chêne et goûta la pomme qu'il trouva juteuse et agréable.
- Ah ! mon Dieu, dit-il, tout s'amende dans la nature, il n'y a que moi qui ne deviens pas meilleur...Désormais, je ne veux plus faire que du bien.
Comme il prenait cette résolution, il aperçut des charretiers dont le chariot était embourbé, et il alla de leur côté pour les aider. Mais, un des charretiers qui avait eu à souffrir des malices de Léonard et ignorait sa conversion, crut qu'il venait encore pour jouer quelque mauvais tour et il dit :
- Ah ! voici ce méchant Léonard, mais il va payer aujourd'hui tout le mal qu'il m'a fait !
Et, saisissant un gros morceau de bois qui était dans sa charrette, il frappa Léonard à la tête et le tua raide.


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Ensuite, il l'enterra sur la lande où il était tombé et mit sur la fosse une grosse pierre.

Cependant, au bout de quelques temps, le bruit se répandit que Léonard était mort en odeur de sainteté et qu'il faisait des miracles.
Ce fut le peuple qui, sans aucune assistance de Rome, se chargea de la canonisation de Saint Léonard et son tombeau devint un lieu de pèlerinage où l'on venait implorer la guérison des malades.

Toutefois, il y a des gens qui sont sceptiques à l'endroit de la béatification de Léonard, et l'on raconte qu'un cantonnier, passant devant le champ où Léonard avait été inhumé, prononça ces paroles peu respectueuses :
Saint Léonard,Si tu as du pouvoir, Fais-le voir, Fais-moi tortillard !
Dès la nuit suivante, il fut pris de douleurs rhumatismales et devint boiteux. Il fit alors le voeu; s'il obtenait sa guérison, de bâtir un tombeau au saint dont il avait mis la puissance en doute; et son rhumatisme ayant cessé peu après, il accomplit sa promesse.
Ce fait, connu dans le pays, contribua à affermir la réputation de Saint Léonard, et, bien que l'église ne l'eût pas béatifié, il allait plus de monde à son tombeau qu'à la chapelle de Saint Pair, à la Bouexière, et qu'à tous les endroits miraculants des environs.

Tous les ans, malgré l'opposition des prêtres qui défendent d'aller en pèlerinage à la tombe de ce saint non estampillé, une assemblée a lieu le vendredi saint sur la lande près de laquelle Léonard est enterré.


Le tombeau actuel a été construit en 1867 si l’on en croit la date gravée sur la croix du tombeau. Le site du pays d’Aubigné précise qu’il existait un pèlerinage jusque dans les années 70 le Vendredi Saint. Les dons récoltés servaient à acheter du pain pour les pauvres. Aujourd’hui le site est encore très fréquenté. De nombreux ex-voto liés aux maladies semblent faire de Saint Léonard un Saint guérisseur.

Un nounours comme offrande


Saint Léonard est un saint connu en Bretagne et il est le patron de la ville de Fougères.




Lisez cet article en anglais : The grave of Saint Lénard

Roscoff : porte vers l’Angleterre et l’Irlande

Il était une fois une voie express à Roscoff, qui menait à la 4 voies Paris-Brest. Mais par quel heureux hasard Rosko, comme disent les Bretons, posséde-t-il pareille route ?

1 – Cette 4 voies a-t-elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?
2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !
3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?
4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !




1 – Cette 4 voies a-t- elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?

Si vous êtes un habitué de Roscoff, vous l’avez prise cette voie rapide qui longe la baie de Morlaix. Par quel miracle, Roscoff (3 à 4 000 habitants) a –t-elle ce privilège ?
Certes, Roscoff, c’est le ferry vers Plymouth et Cork. Et pour les Anglais et les Irlandais, c’est le début des vacances… en France.

C’est un début de réponse mais pourquoi Roscoff plutôt qu’un autre port de la côte bretonne ?

Et bien pour des raisons économiques… qui s’explique par des raisons climatiques

Toute la région autour de Roscoff bénéficie de deux atouts majeurs :
- un climat très régulier avec une amplitude thermique faible (différence entre les températures les plus hautes et les plus basses) due au Gulf Stream (courant d’eau chaude qui passe devant Roscoff)
- l’excellence de ses terres (qui se vendent 12 000 à 16 000 fr l’hectare, en 1884 dans le guide Joanne).

Oui, et alors…
Alors cela crée les conditions uniques pour une agriculture exceptionnelle.
On récolte presque sans interruption même en hiver … Les produits agricoles de Roscoff sont expédiées à Paris, à Brest, dans les ports de Hollande et d’Angleterre et surtout sur les côtes anglaises de Cornouaille : en 1875, il a été expédié de 7 803 055 tonnes de pommes de terre, 2 millions de kg d’artichauts… la jetée du port est pleine de charrettes qui apportent les légumes pour les bateaux. (Guide Joanne de 1884)
Pas étonnant que cette partie du littoral soit appelée la Ceinture dorée. Les primeurs y poussent avec un bon temps d’avance sur le reste de la baie (3 semaines) et la douceur de la côte permet une succession de cultures rapides. Plus de 70 % des choux fleurs et artichauts français sont produits ici.

Si vous vous baladez sur les sentiers des douaniers du coin, vous verrez pousser la richesse agricole. Toutes les parcelles sont cultivées.

Et cette production, il faut bien l’écouler. Sans s’inquiéter des marées qui vident le vieux port et gênent le traffic commercial. Roscoff a besoin d’un port en eau profonde et de l’énergie d’un homme, Alexis Gourvennec qui crée avec les capitaux des agriculteurs (et l’aide de l’état qui veut désenclaver le Finistère) une ligne avec l’Angleterre pour écouler les légumes de la région (1972). Et les touristes … C'est comme ça que la Brittany Ferries a commencé les liaisons transmanche.


Ferry en partance de Roscoff



2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !

Cette liaison avec l’Outre Manche ne date pas d’hier, ni de Johnny.

Les oignons de Roscoff avaient déjà crée le passage. Oui, en 1828, un des premiers Johnnies part en Angleterre exporter ses oignons rosés. On appelait ainsi ses marchands car, à l’époque, ils emmenaient avec eux leurs jeunes enfants. Les Britanniques les surnommaient Johnnies (petit Jean car tous les Bretons s’appelaient Yann (Jean) à l’époque !!!). De la mi juillet, pour 5 à 9 mois, les vélos couverts de tresses d’oignons, ces hommes faisaient du porte à porte. Plus de 1200 Johnnies ont fait la traversée avant la 2e Guerre Mondiale.
Cette race d’oignon rosé a été rapportée du Portugal par un moine (mi XVIè) et s’est peu à peu imposé dans la région. En effet, pour les marins toujours en lutte contre le scorbut (maladie due à un manque de vitamines), l’oignon était pratique pour les navires ; il pouvait être emmené à bord et conservé retardant ainsi les effets de la maladie sur les équipages. Le commerce s’est arrêté après la guerre. Un petit musée à Roscoff retrace cet épisode roscovite.

3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?

Les liens avec l’Angleterre existaient bien avant cette histoire d’oignon… Marie Stuart, la reine d’Ecosse… La légende dit qu’elle aurait résidé ici.
La future femme de François II accosta à Roscoff en 1548 pour aller rejoindre la Cour de France, y poursuivre son éducation avant d’épouser 10 ans plus tard en 1558 le roi. Mais c’est une légende, car les maisons où elle aurait résidé n’existaient pas à l’époque!!! La chapelle Saint Ninien

Marie Stuart et la chapelle Saint Ninien


ou plutôt ce qu’il en reste (tout prêt de la tour de guet, vestige des anciens remparts de la ville) commémore l’épisode écossais.

4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !

Les relations avec l’ennemi héréditaire –je parle des Anglais- sont aujourd’hui, non seulement apaisées, mais fort nombreuses, il n’en a pas toujours été ainsi. Au Moyen Age et même après, Roscoff a été à maintes reprises attaqué et détruit par les Anglais. L'honneur est sauf car l’inverse est aussi vrai. Egalité alors…

Maison roscovite sur le port


C’est un « trou de flibustiers, vieux nid à corsaires » (Tristan Corbière poète breton du XIXè) et un port qui commerce avec les Flandres, l’Espagne ou le Portugal (lin, toiles, sel…) jusqu’à la Révolution où il devient un lieu de contrebande d’eau de vie, de thé et de genièvre avec les Anglais … Les Wines and Beer sont les dignes successeurs de cette époque !!!

Cette richesse des armateurs a laissé des traces : lucarnes et autres sculptures dans le granit décorent les maisons roscovites.

Dragon de l'île de Batz sculpté sur une des maisons roscovites


Une petite carte pour vous repérer...



Lisez cet article en anglais : Roscoff gateway to Britain and Ireland

La Bretagne vue d’avion : rendez vous à l’aéroport de Dinard

Que voilà un beau cadeau d’anniversaire !!! Offrir à sa moitié un bout de la Bretagne, c’est pas mal, surtout quand elle est vue du ciel. C’est original et en plus – les heureux passagers ont été conquis.

Vous pensez bien que j’ai interviewé ma copine après son baptême de l’air dans un quatre places.

le quatre places


Ils sont arrivés à l’aéroport - là en l’occurrence, c’est à Dinard que ça se passe, mais on peut le faire dans de nombreux aérodromes – et le pilote les attendait, habillé comme un aviateur, bomber et casque sur la tête.


ça marche comment, vous dites ?


Les pilotes qui vous emmènent font les vols bénévolement car – les heures de vol, c’est cher et pour garder son brevet de pilote, il faut pratiquer -. Ils profitent donc de ces sorties pour badger des heures qui leur permettent d’avoir suffisamment d’heures de vol pour garder leur licence. A Dinard, par exemple, il y a quatre pilotes qui assurent les sorties.

Une fois assis dans l’avion, le pilote et les trois personnes s’envolent vers ...
Et là, c'est à vous de choisir :
– soit l’est vers le cap Fréhel
- soit vers l’ouest vers le Mont Saint Michel.

... Le pilote commente le paysage, une main négligemment posé sur le manche. Ca se conduit comme une voiture m’ont-ils dit.

Mes amis ont choisi d'aller vers l’ouest, la mer et l’île de Chausey.
Ils ont aussi survolé Cancale et ses parcs à huîtres,

Cancale parcs à huîtres



Saint Malo

Saint Malo


Le pilote a prolongé le plaisir en survolant la vallée de la Rance.

le blanc là, c'est l'aile


Il faisait un temps merveilleux, c’était top !
C’est super, me direz vous, parce qu’ils ont eu du beau temps, mais en Bretagne le temps… on ne sait jamais… Alors s’il y a du crachin breton… En offrant ce petit vol d’une demi-heure, vous ne prendrez pas beaucoup de risque parce qu’ils ont pensé au climat breton. Si le temps n’est pas clément, on vous appelle pour déplacer le vol.

La demi-heure coûte 100 €, et ça peut intéresser trois personnes ça fait 35 € par tête, ça va en cette période de baisse du pouvoir d’achat…





Lisez cet article en anglais : Overview from the sky in Brittany (France)

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