Légende et dragon en bretagne


Les histoires de l’île de Batz : prétexte à une balade

VRAI ou FAUX
L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC)
Un village est enseveli à l’est de l’île
L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre
Le phare de l’île se visite
Enez Vaz veut dire l’île au dragon
Les algues ont remplacé les arbres sur l'île
Les Brittaniques ont laissé des traces sur l'île
L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques
A vélo ou à pied, allez chercher les réponses...

L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC).
Oui, on pouvait s’y rendre à marée basse. Au siècle dernier, une trentaine de tombes qui ont 4000 ans ont été découvertes par Georges Delaselle, le fondateur du jardin colonial. Ce dernier a creusé une cuvette dans l’extrémité est de l’île (où est actuellement le jardin) pour abriter ses plantes exotiques. Il a protégé l'espace par une haie de cyprès et de pins.

Batz la sauvage


Un village est enseveli à l’est de l’île.
Oui, l’actuel village est récent. Jusqu’au XVII è siècle, le village se trouvait à l' est de l’île, où sont les tombes du néolithique. Cet endroit a peut être même été habité en continu depuis l’âge du fer, car on y a trouvé d’autres traces de présence humaine. En tout cas, l’ancien village est recouvert par 6 mètres de dunes.

On le comprend bien quand on va à la chapelle Sainte Anne. Cette église romane est cachée pour moitié dans les dunes. Ses piliers carrés ont remplacés le monastère édifié par Pol Aurélien, ce Gallois arrivé au Vè siècle en Bretagne pour la convertir. Vers 530, il y crée un monastère qui sera détruit par les Vikings en 878. Ce n’est qu’à la fin du XI è siècle, quand le calme est revenu que les moines réédifient une église. Quand les sables menacent, elle est peu à peu délaissée pour l’édifice du centre ville actuel.

Ses ruines auront tout de même servi de dépôt d’artillerie un peu avant et après la Révolution. Aujourd’hui une messe en plein air est célébrée pour la Sainte Anne fin juillet.
La chapelle est classée depuis 1980 ainsi que le cimetière.

Chapelle deu Pénity ou chapelle Saint Anne


L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre.
C’est comme cela que le guide Joanne présente l’île en 1884 : Dans cette île, tous les hommes sont marins. Le sol est exclusivement cultivé par les femmes.

Et il y en eut des célèbres, des hommes. Un natif, Yves Trémintin, un marin de commerce qui bientôt se met au service de l’Etat comme pilote côtier. Il se distingue par son courage en luttant contre les pirates et perd une jambe. Il s’est retiré sur son île claudiquant…
Il y a aussi un corsaire portugais... Balidar, qui hait l’Anglais et vient aider les Français pendant la Révolution… Il se cache dans le chenal et attend l’ennemi … Les Batziens lui font signe du corps de garde, la maison du corsaire, et il attaque.

Dans le fond, on distingue la maison du corsaire


Le phare de l’île se visite.
Oui, il a été construit entre 1836 et 1852. Il faut monter ses 210 marches par contre…

Phare de l'île


Enez Vaz veut dire l’île au dragon.
Non, l’île de Batz en breton. Par contre, on l'appelle aussi parfois l'île au bâton… et je ne sais pas pourquoi !
J'ai envoyé des mails de ci de
Mais de réponse il n'y a
Si, si, la réponse, la voi
Baton en breton se dit bazh

Par contre, c’est bien un dragon qui habitait l’île il y a quelques siècles.
La légende affirme qu'il y eut jadis ... un dragon qui exerçait des ravages terribles. Aux premiers siècles de l'ère chrétienne, Pol Aurélien, ... arriva à Batz pour y exercer son ministère. Le gouverneur de l'île supplia le saint de délivrer le pays de ce monstre...
Avec un gentilhomme ... de Cléder, il se dirigea, ... vers l'antre de la bête. Arrivé là, il lui ordonna de sortir. Le dragon ... avança vers les deux téméraires...
Sans se laisser intimider par ... l'animal, Pol* lui entoura le cou de son étole**... Mené par cette laisse improvisée, il suivit docilement le saint ... jusqu'à disparaître dans la mer.
On montre encore au nord de l'île, à l'endroit qui porte le nom de " Toul ar sarpent ", le Trou du Serpent, la griffe du dragon dans la pierre.
Les deux héros furent récompensés. Le gentilhomme reçut le privilège ... d'aller à l'église l'épée au côté ... Quant à Pol, il reçut de nombreux présents dont un palais qu'il transforma en monastère. Mais il ne se borna pas à ce premier miracle ; c'est lui qui fit jaillir une source dans l'île,... guérit trois aveugles, deux muets et un paralytique. Après sa mort, vers l'an 600***, il fut enterré à Saint-Pol-de-Léon.
* Confiant dans l’Evangile qui donnait aux apôtres le pouvoir de vaincre les serpents
** L'étole est conservée dans la nouvelle église de Batz.
***On dit que Pol Aurélien a vécu 102 ans… Ca conserve les dragons !

et c’est pour cela que ça s'appelle le trou du serpent ! Où est caché le dragon, c’est logique, non ?

Non ! Parfois, dans les légendes bretonnes, les serpents se substituent aux dragons (car le dragon a fréquemment un lien avec une fée et il n'y a pas de fée partout). Le serpent est aussi plus familier donc plus assimilable. Ces figures légendaires sont en tout cas souvent le symbole des religions païennes dont il faut se débarrasser...

Le trou du dragon


Les algues ont remplacé les arbres sur l'île…
Il y avait très peu d'arbres sur l'île... Et ça posait problème...

Quelques arbres


Les îliens suppléent à l’absence de combustible par du goémon sec et des galettes composées de fiente de vache et de paille hachée qu’ils font sécher au soleil contre les murs extérieurs de leurs maisons. (Guide Joanne 1884). On s’en servait alors pour se chauffer ou cuire des aliments.
Par contre il fallait les récolter : à marée basse ou dans l’eau froide jusqu’au genou, quand c’est la saison, les femmes tiraient le goémon hors de la mer… Pas toujours facile… d'être une femme à Batz !

Aujourd’hui la récolte se fait en tracteur ou avec des scoubidous, ces drôles de bateaux armés d’un long bras qui font cueillir les laminaires au fond de la mer.

Ramassage des algues


Les Britanniques ont laissé des traces sur l'île.
Si on veut... C'est plutôt le contraire... C'est pour défendre la baie de Morlaix contre les Anglais... Il y a plusieurs vestiges de fortification. Certaines du XVIIIè siècle : 4 batteries : celle de Penn Ar C'hleguer qu'on voit encore se situe après le jardin exotique, la batterie du Bilvidic, sur la pointe opposée et les deux autres sur les pointes restantes.
Il y a aussi des restes du Mur de l'atlantique (système défensif allemand de la seconde guerre mondiale) avec des blockhaus... Mais la végétation les a bien cachés....

L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques.
La moitié de l’île est cultivée en agriculture bio. Les terres de l’île de Batz sont des terres de primeurs. Les parcelles sont protégées par des petits murets ou des haies et à l’abri et fertilisées par les algues. Les pommes de terre, le fenouil, la rhubarbe… poussent avec quelques semaines d’avance sur le continent.
On y fait jusqu’à 3 récoltes par an, parfois le ramassage se fait à la main. L’île a bien mérité son label.



Lisez cet article en anglais : History of the island of Batz :pretext for a walk

Sources notamment Daniel Hillion et Daniel Mingat, l’île de Batz (édition Ouest France, 1996).

Pourquoi ne pas lire aussi :


Roscoff : porte vers l’Angleterre et l’Irlande

Il était une fois une voie express à Roscoff, qui menait à la 4 voies Paris-Brest. Mais par quel heureux hasard Rosko, comme disent les Bretons, posséde-t-il pareille route ?

1 – Cette 4 voies a-t-elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?
2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !
3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?
4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !




1 – Cette 4 voies a-t- elle été construite parce que Roscoff est le port des ferrys vers l’Angleterre ou l’Irlande ?

Si vous êtes un habitué de Roscoff, vous l’avez prise cette voie rapide qui longe la baie de Morlaix. Par quel miracle, Roscoff (3 à 4 000 habitants) a –t-elle ce privilège ?
Certes, Roscoff, c’est le ferry vers Plymouth et Cork. Et pour les Anglais et les Irlandais, c’est le début des vacances… en France.

C’est un début de réponse mais pourquoi Roscoff plutôt qu’un autre port de la côte bretonne ?

Et bien pour des raisons économiques… qui s’explique par des raisons climatiques

Toute la région autour de Roscoff bénéficie de deux atouts majeurs :
- un climat très régulier avec une amplitude thermique faible (différence entre les températures les plus hautes et les plus basses) due au Gulf Stream (courant d’eau chaude qui passe devant Roscoff)
- l’excellence de ses terres (qui se vendent 12 000 à 16 000 fr l’hectare, en 1884 dans le guide Joanne).

Oui, et alors…
Alors cela crée les conditions uniques pour une agriculture exceptionnelle.
On récolte presque sans interruption même en hiver … Les produits agricoles de Roscoff sont expédiées à Paris, à Brest, dans les ports de Hollande et d’Angleterre et surtout sur les côtes anglaises de Cornouaille : en 1875, il a été expédié de 7 803 055 tonnes de pommes de terre, 2 millions de kg d’artichauts… la jetée du port est pleine de charrettes qui apportent les légumes pour les bateaux. (Guide Joanne de 1884)
Pas étonnant que cette partie du littoral soit appelée la Ceinture dorée. Les primeurs y poussent avec un bon temps d’avance sur le reste de la baie (3 semaines) et la douceur de la côte permet une succession de cultures rapides. Plus de 70 % des choux fleurs et artichauts français sont produits ici.

Si vous vous baladez sur les sentiers des douaniers du coin, vous verrez pousser la richesse agricole. Toutes les parcelles sont cultivées.

Et cette production, il faut bien l’écouler. Sans s’inquiéter des marées qui vident le vieux port et gênent le traffic commercial. Roscoff a besoin d’un port en eau profonde et de l’énergie d’un homme, Alexis Gourvennec qui crée avec les capitaux des agriculteurs (et l’aide de l’état qui veut désenclaver le Finistère) une ligne avec l’Angleterre pour écouler les légumes de la région (1972). Et les touristes … C'est comme ça que la Brittany Ferries a commencé les liaisons transmanche.


Ferry en partance de Roscoff



2 – Ou parce que Johnny est à l’origine de cette amitié anglo-française !

Cette liaison avec l’Outre Manche ne date pas d’hier, ni de Johnny.

Les oignons de Roscoff avaient déjà crée le passage. Oui, en 1828, un des premiers Johnnies part en Angleterre exporter ses oignons rosés. On appelait ainsi ses marchands car, à l’époque, ils emmenaient avec eux leurs jeunes enfants. Les Britanniques les surnommaient Johnnies (petit Jean car tous les Bretons s’appelaient Yann (Jean) à l’époque !!!). De la mi juillet, pour 5 à 9 mois, les vélos couverts de tresses d’oignons, ces hommes faisaient du porte à porte. Plus de 1200 Johnnies ont fait la traversée avant la 2e Guerre Mondiale.
Cette race d’oignon rosé a été rapportée du Portugal par un moine (mi XVIè) et s’est peu à peu imposé dans la région. En effet, pour les marins toujours en lutte contre le scorbut (maladie due à un manque de vitamines), l’oignon était pratique pour les navires ; il pouvait être emmené à bord et conservé retardant ainsi les effets de la maladie sur les équipages. Le commerce s’est arrêté après la guerre. Un petit musée à Roscoff retrace cet épisode roscovite.

3- Ou est-ce due à une certaine histoire d’amour entre une reine d’Ecosse et un roi français ?

Les liens avec l’Angleterre existaient bien avant cette histoire d’oignon… Marie Stuart, la reine d’Ecosse… La légende dit qu’elle aurait résidé ici.
La future femme de François II accosta à Roscoff en 1548 pour aller rejoindre la Cour de France, y poursuivre son éducation avant d’épouser 10 ans plus tard en 1558 le roi. Mais c’est une légende, car les maisons où elle aurait résidé n’existaient pas à l’époque!!! La chapelle Saint Ninien

Marie Stuart et la chapelle Saint Ninien


ou plutôt ce qu’il en reste (tout prêt de la tour de guet, vestige des anciens remparts de la ville) commémore l’épisode écossais.

4 – Ou plutôt à une histoire d’armateurs, de corsaires et de pirates !

Les relations avec l’ennemi héréditaire –je parle des Anglais- sont aujourd’hui, non seulement apaisées, mais fort nombreuses, il n’en a pas toujours été ainsi. Au Moyen Age et même après, Roscoff a été à maintes reprises attaqué et détruit par les Anglais. L'honneur est sauf car l’inverse est aussi vrai. Egalité alors…

Maison roscovite sur le port


C’est un « trou de flibustiers, vieux nid à corsaires » (Tristan Corbière poète breton du XIXè) et un port qui commerce avec les Flandres, l’Espagne ou le Portugal (lin, toiles, sel…) jusqu’à la Révolution où il devient un lieu de contrebande d’eau de vie, de thé et de genièvre avec les Anglais … Les Wines and Beer sont les dignes successeurs de cette époque !!!

Cette richesse des armateurs a laissé des traces : lucarnes et autres sculptures dans le granit décorent les maisons roscovites.

Dragon de l'île de Batz sculpté sur une des maisons roscovites


Une petite carte pour vous repérer...



Lisez cet article en anglais : Roscoff gateway to Britain and Ireland

Gastronomie et randonnée au Mont Saint Michel : un vrai marathon !

Vous recherchez une escapade originale et insolite dans l'Ouest... Hors saison pour être tranquille... Le Mont Saint Michel !
Vous aimez les pierres, la rando et les spécialités locales... le Mont Saint Michel
Vous êtes un adepte des marathons de l'extrême... le Mont Saint Michel
Ou recherchez à faire une retraite dans un site hors du commun... le Mont Saint Michel, vous dis-je!
Un brin de tourisme entre Bretagne et Normandie...

Le Mont Saint Michel vu de Normandie


On commence par quoi ?

La gastronomie et les spécialités locales, histoire de vous faire saliver... On peut dire qu'il y a quatre raisons de s'arrêter dans le coin.

La baie est célèbre pour ses élevages de moules, la mytiliculture comme on l'appelle quand on est savant ! Si vous scrutez la baie, vous verrez des parcs de bouchots, pieux de chêne plantés dans le sable, couvert de cordes où les moules s'accrochent. Les poteaux sont couverts par les marées. Les moules sauvages poussent aussi de façon naturelle sur les rochers. La baie assure près d'un quart de la production française.

Pour rester dans les mollusques, vous pouvez aussi faire un arrêt huitres à Cancale. L'ostréiculture y est une vieille tradition puisque déjà la renommée des huitres cancalaises s'étendait jusquà Versailles au XVIIIè siècle. Vous pouvez déguster ces mollusques sur le port de Cancale (on vous propose différents types d'huitres), en plein air, assis sur la digue, devant la mer... C'est top !!!


Moins maritime et encore, l'agneau de pré-salé est une spécialité de la baie. Ce jeune mouton a un goût très particulier : il pâture les prés où la végétation est salée et iodée, puisqu'ils sont régulièrement recouverts par les marées. La viande a ainsi une saveur très particulière et est très recherchée car on n'en trouve que dans le coin...

Je peux finir ce parcours gastronomique par une légende, celle de Madame Poulard et de sa fameuse omelette... A déguster sur le Mont... Cette dame a fait la renommée de son restaurant au XIXè siècle, avec une omelette originale cuite au feu de bois. Déjà à l'époque, les pèlerins aimaient s'y arrêter et aujourd'hui, la fameuse préparation est toujours une spécialité du rocher.

Et les balades

Il existe des balades superbes à faire dans le Mont...ou plutôt dans la baie du Mont Saint Michel... Et ce entre Normandie et Bretagne puisque la baie abrite les deux régions...Mais ce ne sont pas des balades à faire non accompagnées. La baie du Mont Saint Michel est depuis toujours réputée pour sa dangerosité... et ce pour diverses raisons :
Les marées ont une très grande amplitude. La baie étant extrêmement plate, la marée remonte très vite sur le sable et surprend le visiteur. Surtout que ce sable est traitre : il est constitué de tangue (un sédiment de calcaire, de limons et d'argile qui servait d'engrais avant... on ne le prélève plus et cela contribue à l'ensablement de la baie) qui se solidifie à marée basse et qui "devient sable mouvant" quand il est à nouveau gorgé d'eau (mon explication n'est pas très scientifique mais c'est le danger de ce sable que je désire pointer). On peut donc à marée basse s'y promener mais bien guidé.
Juste à côté, les herbages qui servent de prairies aux pré-salés sont un site d'hivernage pour les échassiers et est classé site d'intérêt national depuis 1982.

La légende : la baie était, il y a fort longtemps (2000 ans), couverte de bois : la forêt de Scissy... je m'arrête là car c'est un mythe... revenons plutôt sur terre avec un peu de géophysique. La baie fait plus de 500 m2 et deux rochers s'y trouvent : le Mont Saint Michel et Tombelaine. Le premier, un rocher inégal de granit, fait 900 mètres de diamètres de 80 mètres de hauteur. Il abrite la Merveille, son clocher, fait par Frémiet en 1897 et rénové en 1987, représente Saint Michel terrassant le dragon et donne au Mont ses 157 mètres de haut.
Le second a été occupé par les Anglais au XVè siècle mais offre surtout aujourd'hui un beau prétexte à balade.

Pour ceux qui aiment la vitesse... le marathon du Mont Saint Michel est une belle manière de parcourir la région... C'est une course difficile mais qui rassemble des milliers de joggers tous les ans depuis 1997 pendant un week end (8 mai). On dit que c'est une épreuve car on voit l'arrivée pendant des kilomètres...

Pour ceux qui ne souhaite que le repos et le recueillement, le Mont Saint Michel organise des retraites dans l'abbaye. Un site magnifique à découvrir de l'intérieur.

Lisez cet article en anglais : Gastronomy, walks and marathon in the bay of Mont Saint Michel (Normandy- France)

Patrimoine païen breton : la Vénus de Quinipily près de Baud (Morbihan, Bretagne)

Le mystère de la Vénus de Quinipily fait beaucoup parler … Mais qui est-elle ? J'ai mené l'enquête...

En granit et haute de plus de 2 mètres, elle se trouve dans l'enceinte de Quinipily, tout près de Baud. Pour la trouver, rendez vous à Baud et suivez les panneaux.



Quand vous êtes sur la petite route, longez les enceintes de l’ancien château de Quinipily (aujourd'hui détruit, seuls les communs ont été restaurés),

 l'


et arrêtez vous devant la grille. On vous accueillera avec un petit fascicule trilingue expliquant l’histoire de la statue, vous acquitterez un droit de visite (3 euros pour les adultes) pour pouvoir vous promener dans l’enceinte jusqu’à la Vénus, les bruyères

Bruyère


et plus haut la fontaine Saint Michel.

Premier indice : le guide Joanne de 1883 :
"...les ruines du château de Quinipily et les enceintes étaient recouverts en partie de pierre et de ronces… on aperçoit la statue, placée sur un édicule au dessus d’une grande cuve en granit…. barbare échantillon de l’art antique ( Pas mal le commentaire !!!). Tout ce que l’on peut affirmer c’est qu’au hameau de la Gouarde où elle s’élevait d’abord, cette statue portait le nom de Groarc’h er Gouard (la sorcière de la Garde) et qu’elle y fut jusqu’à la fin du XVIIè l’objet d’un culte grossier que lui rendaient les paysans. On lui apportait des offrandes, les malades allaient la toucher pour se guérir, les femmes relevant de couches se baignaient dans une vaste cuve placée à ses pieds ; enfin les jeunes gens et les jeunes filles qui désiraient se marier se permettaient devant la déesse certains actes répréhensibles.

Vénus sur son piedestal et la cuve de 3600 litres


Transportée en 1696 avec son auge au château de Quinipily par les soins de M. de Lannion, cette figure haute de 2 m ne trahit en aucune manière le culte lubrique dont elle a été l’objet ; on ne peut être plus modeste sans vêtement que cette Vénus hottentote *. On ne sait s’il faut attribuer à M. de Lannion les inscriptions IIT ou LIT … inscrites sur la bandelette qui lui ceint le front.
L’interprétation de ces trois lettres a mis aux abois les archéologues et donné lieu à des discussions sans résultat…"
(* La Vénus hottentote est un type de femme bochimane et non hottentote -pasteurs nomades de l'Afrique du Sud Ouest-. La nudité n'était pas de bon goût à l'époque...)

On comprend mieux après ces commentaires acerbes que le clergé breton n'ait pas toujours eu en odeur de sainteté la statue ...

La notice explicative donnée sur le site affine mes investigations : cette statue serait de provenance très ancienne égyptienne ou romaine … Le clergé de Vannes était très embarrassé par le culte populaire qui lui était voué. Située auparavant sur la montagne de Castennec, les ecclésiastiques voulurent faire cesser les superstitions qui l’entouraient. Elle fut plusieurs fois renversée mais à chaque fois les paysans la relevaient et continuaient leurs rituels. Bien embêtés, les religieux passèrent à l'étape supérieure : la noyade dans la rivière.
"En 1661 et 1690, l'évêque de Vannes la fit jeter dans le Blavet. Sa récupération, en 1698, par le comte de Lannion en son château de Quinipily provoqua un retentissant procès avec le duc de Rohan."
C’est à la suite d’un jugement en 1701 (C'est Lannion qui gagne) qu’elle est finalement installée sur le site où elle est actuellement.

L'enquête progresse... et les informations officielles sur les dossiers électroniques de l’inventaire général du patrimoine culturel vont boucler la boucle de son origine :
"La déesse est représentée nue, les mains sur la poitrine ; une sorte d'étole qui passe autour du cou lui descend jusque sur le ventre."


Vénus égyptienne, romaine ou gauloise ?

Cette statue de plus de 2 m en granit est posé sur un piédestal et a à ses pieds une grande cuve en granit (d’une capacité de 3600 litres) qui était avant alimenté par la source au dessus.
Jusque là pas de scoop, mais est-elle égyptienne, gauloise ou romaine ???
"L'histoire de cette oeuvre remonte à l'Antiquité, elle commence dans la commune voisine de Bieuzy sur la butte de Castennec près du prieuré de la Couarde : une cuve associée à une statue antique représentant une femme, probablement une Vénus, appelée "Notre-Dame de la Couarde", y était vénérée par le peuple depuis des temps immémoriaux…"

"En 1698, Pierre de Lannion sort la statue du Blavet et la fait transporter avec la cuve au château de Quinipily. Lorsqu'il veut la faire retailler pour lui redonner "figure humaine", la pierre éclate en morceaux. Il fait alors sculpter la statue actuelle et la pose sur un piédestal neuf au bas duquel est placée la cuve. L'eau y est amenée au moyen de tuyaux, à partir des sources voisines, notamment celle de la fontaine Saint-Michel située au nord."

Site de la chapelle et fontaine de saint Michel à Quinipily


La statue n'est donc pas antique mais beaucoup plus récente. Pourtant, une incohérence est encore pointée :
"La date de 1696, gravée sur la quatrième face du piédestal est vraisemblablement fausse puisque la statue de la Couarde n'a été tirée des eaux du Blavet qu'en 1698, après son achat par le comte de Lannion. De plus, la fabrication du monument n'a eu lieu qu'après le procès engagé au sujet de la statue entre le duc de Rohan et le comte de Lannion en 1701."

Continuez la balade et vous verrez les traces de l’ancienne chapelle Saint Michel.
Et ce n'est vraisemblablement pas une coincidence que Saint Michel terrasse ici le dragon. Vous savez qui représente le dragon ???

Saint Michel


Et bien le dragon représente les croyances populaires, cultes paiens et autres déviances qu'il faut éliminer ...

Y a pas de hasard...

Horaires de visite de la Vénus de Quinipily


Profitez d'être près du Blavet pour aller visiter Poul Fétan ou Melrand (le village de l'an Mil). Pour vous y rendre, longez le Blavet et perdez vous dans le coin, c'est magnifique...



Lisez cet article en anglais : Venus of Quinipily pagan statue in Brittany (France)

Oiseaux migrateurs en Bretagne : les oies bernaches sont sur la côte

Les oies bernaches se donnent rendez vous en Bretagne pendant quelques mois d’hiver (de novembre à mars).

Oie bernache


Ces oiseaux migrateurs quittent la Sibérie en novembre et y repartent fin mars pour se reproduire et nicher (mai à juin). Pour ce long voyage, elles ont fait le plein en se nourrissant d’algues, de laitues de mer, de coquillages et de petits poissons sur les bords de mer et en eaux peu profondes.

5 légumes par jour !


Il semble même que, depuis quelques décennies, elles commencent à manger des céréales. Peut être à cause d’une surpopulation des estuaires, l'animal n'est pas en danger d'extinction !!!

La nuit, leur instinct grégaire les poussent à se regrouper en mer.

Le jour aussi, elles sont en groupe


Ce sont des Anatidés (famille d’oiseaux aux pieds palmés). Ces oies sauvages effectuent leurs vols migratoires en altitude et s’organisent pour voler en V.

Il existe des légendes concernant l’oie bernache en Bretagne : un ouvrage de Julien Costantin en 1898 Les végétaux et les milieux cosmiques rappelle que :
D’après cette légende, longtemps tenue comme suspecte par l’Eglise, il y aurait sous la mer un arbre sur lequel se trouveraient des coquillages produisant des Oiseaux quand ils sont rejetés sur le rivage. L’oie Bernache ne serait autre que cet animal fabuleux : le mot bernache (barnagh) voulant dire en breton coquillage.
En fait, on le confondait avec un crustacé l’anatife.




L’oie Bernache aurait été introduite d'Amérique du Nord en Europe vers le XVIII è siècle… en Angleterre d'abord...



Tee shirts marins et marinières... la mode en rayures bretonnes

La mode, cette année, est à la rayure... Qui n'aura pas son tee shirt marin ou son pull rayé sera un peu ... beaucoup... passionnément démodé... On doit tous porter des lignes... les bébés, les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes, les vieux... les Bretons et les autres...

Le pourquoi de la rayure...

Au départ, ces vêtements ont une histoire et une utilité bien précises... Les pêcheurs et les marins portent des habits rayés... Et pour cause... L'homme à la mer se repère plus facilement avec ce type de vêtements... En tout cas, c'est ce que dit la légende bretonne...
Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que de grandes marques de vêtements marins sont bretonnes : Armorlux pour ne pas le citer... propose toute la collection... manches longues, manches courtes, bleu, blanc, rouge, jaune...
Et pour faire des affaires, le plus simple est de se rendre sur le site de l'usine (Quimper)... ou dans certains des magasins en Bretagne qui revendent la collection de l'année passée à un prix réduit. Brin de mer, une autre marque de vêtements marins en ligne a aussi sur son site un coin des affaires...

D'autres vêtements, à l'origine bretons, sont devenus des classiques de la mode :... la vareuse, cette veste en coton qui s'enfile par la tête et qui par son épaisseur est un très bon coupe vent...

Et puis il y a le ciré jaune... L'emblème de la tempête en Bretagne, du week end dans les embruns et le crachin breton... J'ai trouvé la légende de son histoire sur le site de Brin de mer... L'imperméable jaune daterait des années 1960, quand las d'attendre son copain dans le crachin breton, un fabricant de vêtements marins a eu l'idée du ciré... Avant il y avait les bonnes vestes huilées... mais c'était une autre époque...

Le pull marin qui se boutonne sur l'épaule a eu sa période de gloire... Autrefois, en bonne laine vierge, il piquait un peu... on le fait aujourd'hui dans des matières moins rêches...
Bref, le tee shirt marin sera donc tendance... cet été... Ressortez donc votre bonne marinière à rayures et arborez fièrement votre vêtement marin et breton...
L'année prochaine, c'est la rayure... verticale ?

Histoire d'un prénom celte : Corentin

Suivez le guide... le guide des prénoms bretons... et leurs statues dans la vallée des saints en Côtes d'Armor...

Ces évangélisateurs de l'Armorique ne sont pas nombreux pour l'instant à Carnoët mais ce sont les plus prestigieux... puisqu'ils sont tous des saints fondateurs de la Bretagne. La région a été évangélisée entre le Vè et le VIè siècle de notre ère et ce grâce à ces 7 saints qui sont à l'origine des diocèses bretons : Dol, Quimper, Saint Brieuc, Saint Malo, Saint Pol de Léon, Tréguier et Vannes. Ces sept villes étaient les étapes du Tro Breizh (tour de Bretagne en breton), un pèlerinage très important du Moyen Age que chaque Breton devait réaliser une fois dans sa vie.

Corentin est le prochain à se faire tailler le portrait, en breton Kaourantin. Fêté le jour de sa mort (comme de nombreux saints d'ailleurs) qui est un 12 décembre, il se décline au féminin, Corentine (c'est un prénom que j'aime bien,c'est le deuxième prénom de ma soeur...).

Corentin a une originalité remarquable puisque, parmi les 7 saints emblématiques, il est le seul à être né en Bretagne, en Cornouailles, pour être précis ... en 375. C'est donc un Armoricain (même si le mot Armorique est un nom breton !!! Et c'est comme cela qu'on appelle les habitants d'avant l'arrivée des Grands Bretons !!! Vous vous y retrouvez !!!). Tous les autres saints fondateurs viennent d'Outre Manche.
Très pieux, il multiplie les miracles près de son ermitage. Il est surtout connu car il possède un poisson qui fait des merveilles : dès qu'on en coupe une tranche, il repousse... Pas étonnant que les sculpteurs de la Vallée l'ait représenté avec un poisson...presque aussi grand que lui...

Photographie de Saint Corentin


La légende veut qu'un jour, le roi Gradlon, (celui de la légende de la cité d'Ys) parte à la chasse et se perde avec sa cour... Il arrive finalement à l'ermitage de Corentin qui nourrit tous les affamés grâce à son poisson miracle...
Plus tard, quand Gradlon désire fonder le diocèse de Quimper, il se souvient de l'ermite et lui demande d'en devenir le premier évêque. Il meurt en 401, à 26 ans. Corentin, le saint patron de Quimper, serait enterré dans la cathédrale.
Et Corentine c'est la variante féminine... et ses dérivés : Cora, Coralie ou Coralise.

Lire cet article en anglais : Celtic name and meaning in France : Corentin

Le Roi Arthur est aux Champs Libres à Rennes

J’ai une copine, Suzanne -pour ne pas la nommer- qui habite en Brocéliande ( le pays de Merlin, le précepteur du Roi Arthur). Elle m’a proposé d’aller voir aux Champs Libres l’expo le Roi Arthur, une légende en devenir.



J’ai évidemment dit oui. Et ce pour deux raisons : Arthur, elle connaît bien en étant à deux pas des lieux mythiques de la légende (et moi, dois-je l’avouer… je suis pas tout à fait au point sur la geste arthurienne). La seconde, c’est qu’elle vient d’obtenir un master de médiation du Patrimoine. Alors visiter une expo avec une spécialiste à l’œil professionnel et critique, ça ne se refuse pas.

Rendez vous dans le hall des Champs Libres où un guide commence la visite devant deux énormes statues qui introduisent le thème (Morgane et le géant vert)…




et ce sont les seules photos de l’expo que vous verrez, car les pièces exposées étant très rares (tableaux, miniatures, manuscrits enluminés –La bibliothèque de Rennes Métropole possède l’un des plus anciens romans de la Table Ronde du XIIIè siècle-, pièces des musées londoniens, jeux d'échecs en ivoire miniature …) on ne peut les photographier.

C ‘est à l’étage que commence l’exposition. Très vite, on se rend compte que sans guide, on est perdues… Le côté esthétique de l’expo ne fait pas de doute mais le côté didactique est resté dans les limbes… La guide, heureusement, connaît bien son sujet mais elle doit jongler entre des explications d’œuvres ou jouer au conteur de légendes… Elle explique pourtant que l’expo a eu un franc succès, certains visiteurs venant même de Paris ou d’Outre Manche pour la voir… Elle continue en précisant que les visiteurs ont rapidement demandé à avoir des médiateurs pour visiter l’exposition. Et je les comprends !!!
Ce sont les spécialistes des légendes arthuriennes de l’Université de Rennes II qui sont à l’origine de l’expo. Ca se sent. Je sais que Arthur, c’est un monde de légendes, de brume et de brouillard, et bien c’est réussi. !!!



Alors, un conseil, visitez accompagné par un bon passeur… au risque d’être déçu par un thème si attrayant.
Pendant les vacances scolaires, des animations pour les 5-7 ans et les 8-12 ans sont proposées autour des petits chevaliers de la Table Ronde. Plein tarif : 5 € et 3 € pour le tarif réduit. Fermé le lundi et les matins.Jusqu'au 4 janvier.

La Butte de César : légende historique ou site préhistorique du Golfe du Morbihan ?

Si vous êtes en vacances dans le Morbihan, faites un tour sur la presqu’île de Rhuys. D’abord, parce que c’est le golfe et ses atours, ça vaut le détour (!!!) mais surtout parce que vous ferez une rencontre avec une légende bretonne : la butte de César.

Oui, oui, de Jules. L’empereur romain est venu en Bretagne pour la conquérir. Et c’est, dit la légende, de cette butte (sur la route de Sarzeau à Arzon sur la presqu’île) qu’il aurait suivi la bataille navale fatale (pour les Bretons) entre sa flotte et la flotte venète (une des cinq populations armoricaines de l'époque).

C'est ça, la butte de César...


Tout a commencé une année plus tôt en 57 avant Jésus Christ. Les Romains pensent avoir conquis l ‘Armorique après avoir ramené quelques otages lors d 'une promenade pacifique dans les cités maritimes de l’Ouest. Et quand l’année suivante, l’armée romaine revient pour réquisitionner des vivres, ce sont les Venètes, qui demandent, en échange des officiers, le retour de leurs otages.
César, devant cette résistance, décide de construire une flotte pour conquérir la région. Les Venètes, eux, forment une ligue avec les autres peuples d’Armorique et demandent même de l’aide aux Bretons insulaires.

En -56, César attaque l’Armorique. Au Nord, pas de résistance – les hommes fuient en emmenant leurs trésors qu’on retrouvera pour certains à Jersey et d'autres, dans la Manche.

L'affaire est plus difficile dans le Sud : les Venètes, sur terre, se réfugient sur les promontoires protégés par des levées de terre et quand le danger est trop menaçant, ils fuient en mer. César décide d’utiliser sa flotte pour en finir avec ces Astérix bretons !!!

Vue de la butte : le Golfe


220 gros navires venètes en chêne vont face à une flotte romaine plus nombreuse, constituée de bateaux plus petits et plus maniables. Et surtout armés d’une faux qui, au bout d’un long manche, coupent les attaches des voiles armoricaines. Les Romains, une fois le navire immobilisé, l’abordent. Très vite, les Venètes cessent la bataille et l’Armorique devient romaine… Il n'y avait pas de vent ce jour là, il y avait peut être un temps comme sur les photos...

La mer ou l'océan !


Ca, c'est pour la légende romaine mais il y a autre chose... Cette butte avait déjà eu une vie avant César… en tant que tombe d’un haut dignitaire du Néolithique et ce n’est plus la butte de César que vous admirez mais le tumulus de Tumiac (Vè millénaire).

On accède à la butte qui abrite le tombeau par un petit chemin qui démarre de la route nationale. Un sentier un peu raide et glissant, surtout s'il a plu, mène au sommet et un autre permet de redescendre de l'autre côté. On ne peut plus visiter les entrailles du tumulus.



86 m de haut, 20 mètres de diamètre, il n’est pas constitué de pierres sèches mais d’argile. Il abrite dans un coffre de plus de 4 m de long et plus de 2 m de large, couvert par 3 dalles de pierre, la tombe d’un homme – sûrement très important- du Néolithique. Des fouilles, en 1853, ont révélé des objets, une hache et surtout de restes d’ossements humains, chose très rare dans les sols acides de Bretagne.

Coupe du coffre


Bref la colline vaut son pesant d’histoire… et de légendes... si vous êtes en week end découverte du Golfe du Morbihan.



Source : Histoire de la Bretagne, sous la Direction de Jean Delumeau

Lisez cet article en anglais : Tourism in Brittany (france) : Stone Age heritage

Randonnée sur une des îles du Ponant : l’Ile de Batz

5 bonnes raisons pour aller à l'île de Batz !

Se dépayser
Pouvoir la parcourir en une journée
S'y rendre presque toute l'année (fin mars à la Toussaint)
Pour admirer des fleurs
Et enfin avec un peu de chance, saluer un phoque !
Ouest de l'ile de Batz


L’île de Batz est à 15 minutes du continent, bien protégée par des courants et des récifs qui sont des épreuves pour les bons marins ! Vous verrez à marée basse...

Il y a des bateaux hors saison plusieurs fois par jour et en saison toutes les 30 minutes. Donc on peut y arriver à toute heure, sans se presser...

Horaires hors saison


Le tour de Batz doit faire une quinzaine de kilomètres – l’île mesure un peu plus de 3 kms de long sur 1,5 de large à marée haute. Parce qu'à marée basse... la rando est plus longue...

Batz à marée basse


Le paysage est très différent entre le côté continent, le côté océan, l’est ou l’ouest de l'île. Vous avez le choix entre des rochers, des dunes, des galets ou des plages paradisiaques de sable extrêmement fin presque blanc…
C'est pas tout, selon la hauteur de la mer, le paysage varie encore …
Et malgré tout, l'’île n'est pas que tourisme… Avec ses presque 600 habitants, elle vit aussi de l’agriculture… A donc une vraie vie...

Pour aller au jardin, passez par ce petit chemin


Des fleurs poussent partout : fleurs des champs (oeillets sauvages, ajoncs, coquelicots, camomilles...)

Camomilles et chardons


ou fleurs de dunes (panicauts, ponpons...)… ou fleurs de jardins (hortensias, géraniums...) ou même des fleurs exotiques puisque à la fin du siècle dernier Georges Delaselle y a installé un jardin « colonial ». Son fondateur y a fait pousser des plantes tropicales (le climat est très doux à Batz)… Après la décolonisation, le jardin a pris le nom de son fondateur.


Le parc a été abandonné pendant plusieurs années mais depuis 1986, il a été remis en état, accueille plantes et arbres tropicaux à la pointe ouest. Et que du coup il y a des thuyas, des eucalyptus, des dracénas (palmiers de Nouvelle Zélande), des agaves (cactus du Mexique servant à faire le Mezcal) et des échiums,

Echiums


des agapanthes dans tous les recoins de l'île.

Si vous poussez vers la face océanique, vous découvrirez des plages de sable blanc… des oiseaux qu’on dérange et même parfois – avec un peu de chance – des phoques

Phoque à Batz côté océan


Plus loin encore, on arrive à l’extrême ouest et là c’est un chaos de pierres qui nous attend : Toul ar Sarpant, le trou au serpent ou au dragon plutôt.

Le trou du serpent


Et ce côté là abrite aussi un marais avec sa faune et sa flore.

La dernière facette de l’île, c’est le côté abrité, qui fait face à Roscoff. Là, c’est le réconfort après la balade : resto, bars, le port, la ville quoi…

Le port et le phare de l'île


On peut visiter l'île presque toute l'année... Y a le Gulf Stream qui adoucit les températures l'hiver...
A vos vélos, vtt, trottinettes et autres ...



Lisez cet article en anglais : Hiking on a french island : Batz (Brittany, France)

Le tombeau de Saint Lénard (Léonard) à Andouillé Neuville (RN 175) sur la route de Rennes au Mont Saint Michel

En Bretagne, les Saints ont une importance particulière. De nombreux saints sont « bretons », je m'explique : ils sont connus dans la région parce que ce sont des personnes qui sont soit originaires de Bretagne, ou qui ont fait quelque chose de remarquable en Bretagne et sont vénérés comme tels par la population.

Par contre, leur réputation ne dépasse pas forcément la Bretagne et souvent l’église ne les reconnaît pas.

Saint Lénard ou Léonard du pays d’Aubigné est l’un d’eux. Son tombeau est situé sur la commune d’Andouillé Neuville, en bord de route (sur l’ancienne route menant de Rennes au Mont Saint Michel RN 175) et est encore très fréquenté.

Allée d'arbres menant au tombeau de Saint Lénard


L'ensemble votif (qui commémore l'accomplissement d'un voeu) du tombeau de saint Lénard est constitué par une allée plantée d'arbres menant à une croix de granite placée au-dessus de deux marches. Celle-ci porte l'inscription : "CROIX / DE / St LEONARD / AVRIL 1867". Le site est orné de multiples ex-voto (un ex-voto est un objet déposé dans un lieu saint portant une formule de reconnaissance en remerciement d'un voeu ou d'une grâce obtenue). (site de l’inventaire général du patrimoine culturel)

Arbre à d'ex-voto


La légende rappelée dans l’allée menant au tombeau l'a fait dater d’au moins de 1580 puisqu’alors une chapelle dans le bois de Borne (commune de Gahard) lui était dédiée. Elle n’existe plus aujourd’hui mais le tombeau du Saint, aujourd’hui en bord de route, est toujours visité.


la légende du saint


Le site du pays d’Aubigné rappelle la légende plus précisément mais la situe au XIXè siècle : avant la construction du tombeau.

Au milieu du siècle dernier, vivait dans une petite maison entre Sens et St Aubin, un homme qui s'appelait Léonard.C'était un mauvais garçon qui ne se plaisait qu'à imaginer de méchants tours qu'il faisait endurer à ses voisins.
Il se plaisait surtout à faire jurer les charretiers qui, à cette époque, y étaient encore plus disposés qu'aujourd'hui; les plus belles voies de ces temps reculés ressemblaient assez à nos chemins de traverse, et le moindre charroi exigeait un grand nombre de chevaux. Léonard mettait de grosses pierres sur les routes pour faire buter les attelages, et il creusait de profondes ornières dont on ne retirait les charrettes qu'au prix des plus grands efforts.


Tombeau de Saint Léonard


Quand les charretiers juraient en fouettant leurs chevaux, et qu'ils mouillaient leur chemise en s'efforçant de relever les voitures versées ou de faire avancer celles qui étaient embourbées, ils entendaient rire dans le champ voisin : c'était Léonard qui s'était caché derrière les arbres pour voir la déconvenue de ses victimes et jouir du succès de ses méchantes ruses.
Aussi, il était craint et haï de tous; sa méchanceté était devenue proverbiale, et les routiers qui parcouraient la Bretagne avaient coutume de frapper leurs chevaux rétifs en leur adressant le nom de Léonard comme une suprême injure.
Un jour qu'il se promenait dans le bois de Borne, il prit une pomme dans un pommier sauvage, et bien qu'il eut soif, il la trouva si amère qu'il la rejeta loin de lui; puis il en cueillit une autre qu'il plaça entre les branches d'un chêne pour voir si elle deviendrait meilleure en mûrissant.
Quelque temps après, il repassa auprès du chêne et goûta la pomme qu'il trouva juteuse et agréable.
- Ah ! mon Dieu, dit-il, tout s'amende dans la nature, il n'y a que moi qui ne deviens pas meilleur...Désormais, je ne veux plus faire que du bien.
Comme il prenait cette résolution, il aperçut des charretiers dont le chariot était embourbé, et il alla de leur côté pour les aider. Mais, un des charretiers qui avait eu à souffrir des malices de Léonard et ignorait sa conversion, crut qu'il venait encore pour jouer quelque mauvais tour et il dit :
- Ah ! voici ce méchant Léonard, mais il va payer aujourd'hui tout le mal qu'il m'a fait !
Et, saisissant un gros morceau de bois qui était dans sa charrette, il frappa Léonard à la tête et le tua raide.


details-de-dons-a-st-lenard.jpg


Ensuite, il l'enterra sur la lande où il était tombé et mit sur la fosse une grosse pierre.

Cependant, au bout de quelques temps, le bruit se répandit que Léonard était mort en odeur de sainteté et qu'il faisait des miracles.
Ce fut le peuple qui, sans aucune assistance de Rome, se chargea de la canonisation de Saint Léonard et son tombeau devint un lieu de pèlerinage où l'on venait implorer la guérison des malades.

Toutefois, il y a des gens qui sont sceptiques à l'endroit de la béatification de Léonard, et l'on raconte qu'un cantonnier, passant devant le champ où Léonard avait été inhumé, prononça ces paroles peu respectueuses :
Saint Léonard,Si tu as du pouvoir, Fais-le voir, Fais-moi tortillard !
Dès la nuit suivante, il fut pris de douleurs rhumatismales et devint boiteux. Il fit alors le voeu; s'il obtenait sa guérison, de bâtir un tombeau au saint dont il avait mis la puissance en doute; et son rhumatisme ayant cessé peu après, il accomplit sa promesse.
Ce fait, connu dans le pays, contribua à affermir la réputation de Saint Léonard, et, bien que l'église ne l'eût pas béatifié, il allait plus de monde à son tombeau qu'à la chapelle de Saint Pair, à la Bouexière, et qu'à tous les endroits miraculants des environs.

Tous les ans, malgré l'opposition des prêtres qui défendent d'aller en pèlerinage à la tombe de ce saint non estampillé, une assemblée a lieu le vendredi saint sur la lande près de laquelle Léonard est enterré.


Le tombeau actuel a été construit en 1867 si l’on en croit la date gravée sur la croix du tombeau. Le site du pays d’Aubigné précise qu’il existait un pèlerinage jusque dans les années 70 le Vendredi Saint. Les dons récoltés servaient à acheter du pain pour les pauvres. Aujourd’hui le site est encore très fréquenté. De nombreux ex-voto liés aux maladies semblent faire de Saint Léonard un Saint guérisseur.

Un nounours comme offrande


Saint Léonard est un saint connu en Bretagne et il est le patron de la ville de Fougères.




Lisez cet article en anglais : The grave of Saint Lénard

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