Les produits cosmétiques et les produits du visage à base d’algues


Les algues en Bretagne : de l'engrais de nos grands-pères aux compléments alimentaires et produits cosmétiques

En Bretagne, on n’a pas de corail mais on a des idées (aussi) et surtout des algues.



Et une réputation qui dépasse largement les côtes bretonnes… Les Japonais se les arrachent, nos algues …

Et c'est à Roscoff que ça se passe. Pourquoi Roscoff ?

Le Gulf Stream permet une température stable de l'eau de mer. Le courant favorise un brassage et donne une eau transparente et d’une bonne qualité (le rail d’Ouessant n’est pas loin pourtant !). Et du coup, on a un foyer avec une diversité très importante (800 sur les 1500 algues bretonnes - chiffres de 2000, depuis on a du en découvrir bien d’autres !)… Et les savants se sont installés dans le coin...

Mais en Bretagne, on n'a pas attendu que les chercheurs se creusent la tête pour se servir des algues. Depuis toujours (ou presque) les paysans des côtes utilisent le varech pour amender leurs terres.




Si vous êtes un brin observateur, vous avez du repérer que les algues ont différentes couleurs : vertes, rouges et brunes. Chaque couleur correspondant à une place précise sur le littoral : les brunes restent sous la mer, la verte aime le bord de mer. Je vous laisse deviner ce que font les rouges.



Les vertes ont malheureusement fait notre réputation à Saint Brieuc puisqu’elles sont à l’origine de ces fameuses marées vertes qui envahissaient nos plages l’été (elles proliféraient "grâce" aux nitrates (dus aux déjections porcines : quand les cochons font pipi,ils produisent des nitrates, j'utilise l'imparfait parce que ça va un peu mieux).



Si les Japonais (encore eux !) les consomment depuis toujours (eux aussi), nous, on commence juste à s’y intéresser. On les utilise comme compléments alimentaires notamment comme gélifiants (E407). Si les tartes aux pommes que vous achetez ont de si beaux quartiers, c’est qu’à la compote de pomme utilisée a été rajoutée du gélifiant pour faire ces beaux fruits si présentables !!!

Vous pouvez aussi les utiliser comme compléments alimentaires, elles regorgent de calcium, de fer ou de protéines. Saupoudrez les sur vos salades ou utilisez-les en gélatine.

Elles servent aussi dans les centres de thalassothérapie pour tous les soins, crèmes et autres bienfaits pour le corps. Comme les algues ne peuvent se dissoudre dans l’eau (c'est une évidence mais on n'y pense pas forcément!), on est obligé de les broyer pour en extraire toutes leurs propriétés.
A nous les crèmes hydratantes, onguents drainants, pommades régénérantes… Les algues sont si riches en toutes sortes d’oligo-éléments et de vitamines qu'il existe pléthore de produits cosmétiques : soins du visage, soins du corps, des cheveux, des dents (il y a même des dentifrices). Même les produits pour hommes s'y mettent … Crèmes anti-rides aux algues, oui messieurs !!


Si vous allez à Roscoff, allez faire un tour à l'algopole, vous en apprendrez encore plus...

Lisez cet article en anglais : Algae in Brittany : soil conditioner, food products and cosmetics

Pourquoi ne pas lire aussi :


Recette de poisson au four sauce moutarde aux algues

Voilà une recette simple et rapide... avec de la moutarde aux algues ... bretonnes...

Ingrédients :

Filets de poisson

Pour la sauce:

- moutarde aux algues (ou simple si vous n'avez pas de moutarde bretonne sous la main !!!)
- crème fraîche (la crème allégée marche aussi mais il faut qu'elle soit épaisse)
- sel, poivre

Un four

Temps de préparation : 5 minutes
Temps de cuisson : 20 minutes , four à 7

Mélanger à dose égale votre moutarde aux algues et la crème fraiche épaisse. Beurrez généreusement vos filets avec votre sauce. Salez, poivrez. C'est tout... 20 minutes au four et c'est prêt.

Lisez cet article en anglais : Recipe of fish fillets and algae mustard sauce

Le salon Bio Respire est à Rennes fin février

Une fois encore, si les notions de développement durable, alimentation biologique ou habitat écologique vous intéressent, allez faire un tour à la 6è édition de ce salon bio et bien-être.

Ce salon accueille moult exposants, liés de près ou de loin, à toutes ces notions environnementales. Vous y trouverez des producteurs et des viticulteurs biologiques, des professionnels de la santé et de la relaxation ou des cosmétiques respectueux de la nature, des représentants du prêt à porter et de textiles doux pour la planète, des acteurs du commerce équitable.



Des spécialistes des nouvelles constructions écologiques, économes en énergie ou des distributeurs de matériaux innovants (Exemple de thématiques du site du salon : Architecture économe, énergies renouvelables, matériaux de construction, revêtements de sols, revêtements muraux, enduits, vernis et peintures non toxiques, chauffage, capteurs solaires, mobilier ergonomique, literie, ioniseurs, filtres à eau, économiseurs d'eau, matériel culinaire, produits d'entretien…) vous informent sur leurs produits.
Le jardinage ou le secteur de l’édition a aussi leurs stands… Bref, tous les secteurs sont représentés, il suffit d’aller y faire un tour et le consommateur avisé pourra trouver des réponses à ses questions.

Ce salon fait le tour de la France pendant toute l’année. Bio & bien-être a lieu dans 6 autres villes moyennes françaises : Angers, Chartres, Clermont Ferrand, La Rochelle, Le Mans, Poitiers et Vannes.
Rendez vous au Parc expo (Parc des Expositions de Rennes Saint Jacques) pendant 3 jours (27 Février au 1er Mars 2009). Ouvert de 10 à 19h le vendredi, samedi et dimanche, il propose même une nocturne jusqu’à 22h le vendredi. Tout ça pour 4 euros (payent les plus de 12 ans).

> Lire cet article en anglais : The ecological fair Bio Respire at Rennes Brittany France

Salon bio en Bretagne : le salon Ille et Bio à Guichen (Ille et Vilaine)

La bio n’existait pas que ce salon existait déjà. Si, si ! Né en 1991, le salon Ille et Bio n’a fait que prendre de l’ampleur et s’est même couplé d’une autre manifestation, une foire de professionnels du bio, la terre est notre métier.

Le programme se déroule sur un week end début octobre. Le salon ouvre dès le vendredi soir, souvent avec un petit spectacle.

Le samedi et le dimanche, de multiples conférences se disputent la vedette autour de tous les thèmes à travailler de notre époque.

On parlera santé (vaccination, cancer, vieillesse) habitat (réhabilitation écologique, maison durable), transport (comment vivre sans voiture !), éducation (enfants, ado et environnement), agriculture et jardin (OGM, engrais, désherbants, jardin bio…), territoires (politiques environnementales), solidarité (avec nos lointains voisins), décroissance … Ai-je oublié un thème ?

A côté de ce vaste programme, vous avez des exposants (presque 300) qui se réjouissent de vous présenter leurs produits, leur savoir-faire ou leurs trouvailles.

Et là aussi le choix est immense : l’alimentation (miel, pain, biscuits, sel, fromage brebis et produits laitiers, viandes…) est très bien représentée. Mais le bien être et la beauté ne sont pas en reste (huiles essentielles, savons, cosmétiques bio), les associations font de la prévention santé ou de l’info sur les systèmes d’échange local, les écoles alternatives … Les pro du textile défileront avec leurs couches bio (Doujan vous vous rappelez), leurs vêtements en coton, en chanvre, en laine, leurs chaussures, leurs écharpes de portage…
Si vous voulez construire ou rénover écolo, des professionnels du secteur seront aussi là pour vous renseigner. Les jardineurs et jardineuses pourront trouver les semences qu’ils recherchent…
Les libraires, les petits journaux thématiques, les animateurs et associations de sensibilisation, les artistes et les artisans... Tout le monde est là. Bref, de quoi refaire toute la planète !!! En bieau ! (je sais, c'était facile !)

Et si on y allait juste pour profiter, se reposer, rêver et manger… C’est possible ? Toute la restauration sur place est évidemment assurée par des producteurs bio… A nous la bonne galette sauc’ !!!.

Et à ce petit salon s'ajoute un autre des professionnels de la bio. La terre est notre métier est plus jeune. Né en 2001, les pro du bio du grand ouest veulent, devant le succès de la filière, continuer à défendre des valeurs humaines, l’accessibilité de tous aux produits qu’ils fabriquent, et la volonté de continuer une agriculture durable et responsable. Qui dit mieux ?

Bref, le programme est bien rempli… et l’organisation pratique du salon en accord avec le thème : des navettes partent de Rennes pour vous y emmener, un système de covoiturage est aussi possible. Enfin les parents qui veulent écouter une conférence tranquille n’ont qu’à laisser leur progéniture à la halte garderie ... Elle est pas belle la vie...

Horaires du salon : le vendredi à partir de 12h et les samedi et dimanche à 10h. Les portes ferment à 19h.
Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Balade au pays du fromage et des pâtes de fruits des moines de l'abbaye de Timadeuc (Morbihan)

Objectif de la journée : n'est il pas meilleure mise en appétit que de se balader le long du canal de Nantes à Brest pour aller manger le fromage des moines de Timadeuc (Abbaye Notre Dame de Timadeuc 56 580 Rohan).
L'abbaye se situe au centre d’un triangle entre Pontivy, Loudéac et Ploërmel.

Arrêtez vous au village de Rohan. Et garez vous le long du canal. Il y a un parking rive droite quand on se place dans le sens du courant. Traversez le pont et vous apercevez la chapelle de Bonne Encontre, sur la rive gauche de l’Oust, qui remplace l’ancienne chapelle du château de Rohan de 1104. Du château, il ne reste que des ruines. La chapelle date de 1510, comme l’indique une inscription gravée sur son mur. C’est la seule chose que l‘on peut vraiment voir car, en ruine depuis longtemps, elle commence juste à être restaurée et on ne peut visiter l’intérieur pour le moment.

Chapelle de Notre Dame de Bonne Encontre à Rohan


Vous voilà donc à droite devant l'écluse Rohan, la numéro 52 et parti pour 30 à 45 minutes de marche. En avril, mai tout est en fleurs et ça sent bon le miel et les peupliers en fleurs. Vous passez bientôt devant la pancarte indiquant le manoir de Quengo (gîte et BB avec piscine), situé à quelques centaines de mètres au dessus du canal (3 minutes à pied) et très connu des Anglais. Vous croisez peu après l'écluse 51 Quenguo.

Vous allez continuer à découvrir la campagne vallonnée autour du canal, des champs de pommiers rive droite et bientôt la 3è écluse, celle de Timadeuc. Là, une allée à gauche et une croix avec une plaque commémorative à la mémoire du Père Guénaël, déporté au camp de concentration de Buchenwald.

Croix à la mémoire du Père Guénaël


Commencez votre ascension et vous apercevez un grand mur, début du domaine de Timadeuc. Si ça sent la vache, c'est que vous êtes sur le bon chemin!!!
Le domaine est immense et on arrive bientôt face au bâtiment.L’abbaye de Timadeuc a été fondée à l’emplacement du manoir des seigneurs de Timadeuc, dont ils ont repris la devise « espoir en Dieu » en 1841. Le bâtiment actuel a été plusieurs fois remanié. C’est une fondation de l'abbaye de la Trappe en Normandie. Les moines suivent le rythme de vie proposé par la règle de Saint Benoit (prières et travail). Aujourd’hui l’abbaye reçoit des adultes pour des séjours et propose de partager la vie des frères de la communauté. Si le monastère n’est pas ouvert à la visite, vous pouvez assister aux offices. Devant l'accueil, une photo aérienne présente le domaine.

Abbaye de Timadeuc dans le Morbihan


L'accueil s'ouvre sur un magasin qui propose pleins de nourritures. Spirituelles d'abord : des CD (musique classique, religieuse, du monde), une librairie d'ouvrages religieux (à noter un certain éclectisme et une certaine ouverture en cette matière), les derniers romans sortis, des livres pour enfants et des guides et écrits sur la Bretagne. Terrestres ensuite, produits du cru ou fabriqués par d'autres abbayes : savons et huiles essentielles. Enfin de quoi manger : des confitures d'Afrique, des spécialités de moines d’ailleurs en France et celles de Timadeuc.

Vous aurez vu que l’exploitation agricole que l’on longe pour accéder à l’abbaye est imposante et permet donc aux moines d’élever des vaches pour fabriquer du fromage et de s’occuper de vergers pour les pâtes de fruits. Ces productions leur assurent ainsi des revenus.

Fromage et pates de fruits de Timadeuc dans le Morbihan


Parmi leurs produits locaux, il y a un premier fromage le Trappe de Timadeuc (1,7 kg vendu 12,57 euros le kg). Sa pâte au lait cru est moelleuse, et ressemble en bien meilleur au Port Salut et au Chaussée aux Moines. Sa croûte est jaune. (Le site de l’abbaye de Chambarand en propose à la vente par internet. Tout le monde s’adapte !!!). Le second, le Timanoix, 300g est affiné à la liqueur de noix (5,90 euros). Sa croûte est marron et sa recette inspirée – je cite l’emballage – par la recette des moniales de l’abbaye d’Echourgnac (Dordogne). Il a un fort goût de noix.

Les pâtes de fruits (3,15 euros les 250g) sont faites à base de gelée de pommes et d'arômes naturels. Evidemment ça n ‘a pas autant de goût que nos pâtes de fruits super « aromatisées », mais c’est pas mal du tout quand on prête attention à leurs saveurs discrètes.
Les fromages et pâtes de fruits de Timadeuc portent le label Monastic, qui correspond à un regroupement d’abbayes produisant des produits à déguster. Le retour se fait par le même chemin le long du canal, jusqu'à Rohan.

Lire cet article en anglais : Have a nice walk along the canal de Nantes à Brest to discover the cheese and the crystallised fruits of the Abbey of Timadeuc (Brittany, France)



Des couches lavables (bio) pour bébés faites en Bretagne

On ne parle plus que d’environnement, de développement durable, de consommation de proximité… Parmi mon pool de collaborateurs, j’ai des amoureux de la terre et surtout une jeune maman, Jeanne, qui a adopté les couches lavables. Celles de Doujan sont fabriquées en Bretagne et répondent à tous ces critères.

Réponses de Jeanne à quelques questions :

- Quels sont les avantages pour l’environnement ?
- Sais tu qu’un enfant jusqu’à deux ans et demi (âge moyen de la propreté) va utiliser une tonne de couches !!! En volume, tu peux remplir un appartement de 100 m2… en couches, tu vois un peu !!!

- Et la consommation d'eau, les lessives ?
- Comparons la consommation de la couche jetable et de la lavable. Les industriels utilisent plus d’eau pour fabriquer une couche jetable que celle que tu utiliseras toi pour tes lessives !!!

- Le coût des couches ?
- Ca revient à nettement moins cher que des couches jetables … Pas au début, d’accord ! Il faut acheter le lot de couches lavables, ça coûte entre 100 et 300 euros soit quelques mois de couches jetables. Mais après c’est fini. Les mêmes couches servent jusqu’à la propreté et elles peuvent servir pour plusieurs enfants… Et les modèles sont sympas...

Couche à pressions de la naissance à la propreté


Couche à nouer


- C’est facile à utiliser ?
- Bon c’est un peu contraignant, il faut avoir un seau qui ferme (ça sent fort l’ammoniaque des couches salies), du savon au fiel pour détacher si besoin, et un rouleau de lingettes pour mettre dans la couche. Mais sinon c’est simple. Il faut une couche en tissu et une surcouche imperméable (que l’on garde pour la journée).

Surcouche


- Combien de lessives par semaine ?
- Il faut faire des lessives deux à trois fois par semaine selon que tu es une puriste (tu n’utilises que des couches lavables) ou si tu utilises aussi les autres (quand tu vas dans un lieu reculé… sans eau courante !!!), tu en fais moins.

- Autre chose pour que je les adopte?
- Les couches jetables, c’est mieux pour la santé de ton enfant, surtout les petits garçons : dans les couches jetables, il y a des produits peu recommandés pour la peau, voire pour les testicules de nos futurs mâles…



Couche lavable pour nos bébés


Elle vous a convaincu (e) (Ne faisons pas de sexisme !!!) ???
Si vous voulez, en plus, faire du commerce de proximité, allez voir le site de Doujan, qui fabrique des couches lavables dans le Finistère. Le coton est bio … Le site explique plein de petites choses très intéressantes : l’historique de la boutique, le choix de leurs matières premières, le mode d’emploi pour l’utilisation des couches, surcouches et autres subtilités, les raisons des produits bio…
Et en plus vous pouvez commander en ligne

Recette d’huile de massage et recette d’infusion à base de fleurs de prunelliers

Le prunellier est un petit arbuste à épines qu'on trouve dans les haies en Bretagne. Il fleurit entre mars et avril, ces délicates fleurs blanches à cinq pétales ont un parfum très doux. Elles ont des propriétés digestives et laxatives. Quoi d'étonnant puisque le prunellier est le lointain frère du prunier...

Voici deux recettes à faire avec ces fleurs de prunelliers, l’une avec des fleurs fraîches et l’autre avec des fleurs séchées.

Huile de massage corporelle à base de fleurs fraîches pour favoriser la digestion et le transit

Ingrédients :

Un tiers de fleurs de prunellier
2/3 d’huile d’amande douce ou d’olive -plus odorante mais aussi plus hydratante- (bio tant qu'à faire)
3 semaines

Après avoir cueilli les fleurs, mettez les dans l'huile.

Fermez avec un couvercle et ouvrez le, tous les jours, pour que l'humidité puisse s’échapper et que vos fleurs ne moisissent pas. Secouez tous les jours pendant trois semaines. Filtrez. Vous pouvez l’utiliser en massage sur votre ventre ou celui de vos enfants lors de douleurs digestives ou d’un transit paresseux.

Fleurs de prunellier



Recette de tisane laxative aux fleurs de prunelliers

Faites bien sécher vos fleurs à plat.
Pour votre infusion : 2 cuillères à café de fleurs dans de l’eau frémissante. Faire infuser 10 minutes. A prendre 3 fois par jour en cure d’une semaine.

Lire cet article en anglais : Home made recipe with flowers of Sloe or Blackthorn : oil massage and herbal tea

Documentaire sur les éleveurs laitiers en Bretagne : HERBE de Olivier Porte et Matthieu Levain

Ce film présente deux systèmes d’élevage laitier : le premier avec des vaches qui mangent … de l’herbe (et oui, les vaches ont depuis les années 70 changé de régime alimentaire!) et le second où les ruminants reçoivent, grâce à leur carte de cantine (puce électronique dans l’oreille), une ration d’aliments correspondant à leurs performances laitières.



On découvre deux mondes qui s’affrontent : le système herbager, les vaches vont paître dans la prairie (c'est gratuit), les éleveurs ont de petites exploitations, ne touchent pas d’aides et ont pourtant de bons rendements laitiers et de bons revenus.
L’autre système, beaucoup plus fréquent, même très majoritaire, élève des vaches qui mangent le maïs cultivé sur la ferme (c'est cher -semences, engrais, pecticides,matériel agricole, stockage... et demande beaucoup de travail) et le soja (OGM, importé du Brésil, qui n'est pas non plus gratuit). Ces éleveurs ont de grosses exploitations, beaucoup d'animaux, beaucoup d'hectares, beaucoup de matériel, beaucoup de produits phytosanitaires, beaucoup de conseils... et beaucoup d'aides de la PAC (Politique Agricole Commune).

Pendant 76 minutes, chaque partie a la parole et explique son mode de fonctionnement. Les premiers suivent les principes du Centre d’Etudes pour un Developpement Agricole Plus Autonome (CEDAPA). Le fondateur André Pochon et différents adhérents rappellent qu’une vache mange de l’herbe et que l’élevage intensif actuel l’en a privé. Ces fermiers ont fait le pari « insensé » (selon les seconds éleveurs) de nourrir leurs vaches à l’herbe. A.Pochon et son exploitation 100% écolo a même convaincu l'INRA,
Pour faire des bénéfices, mieux vaut revenir à une alimentation à base d’herbe pâturée et de bon foin. Le système maïs-soja est une gabegie économique et écologique : il en coûte cinq fois plus pour nourrir une vache.


Dans l’autre ferme, plus grosse, plus grande et plus peuplée (plus de vaches), on assiste à une course à l’agrandissement, à l’achat de matériel, de céréales, aux emprunts… Avec des conseillers qui favorisent cette course…

Les premiers paraissent heureux tant de leur vie que de leurs revenus. Les autres semblent angoissés par l’avenir (prêts, matériel agricole à changer, parcelles à acheter pour pouvoir tenir, vaches à acquérir pour augmenter les rendements… qu’ils doivent financer).

Face à ces paroles, on a COOPAGRI qui donne son avis, un producteur bio et des petites phrases écrites sur l’écran qui distillent des informations tout au long du film.

Ce road movie donne la part belle à l’agriculture durable (les CEDAPA) et explique le tournant pris dans les années 70. Avec un titre pareil : HERBE, on imagine bien de quel côté penche la balance. Et on (ou plutôt je) ne comprend pas bien pourquoi la profession n’est pas convaincue par le système herbager ??? Ou alors je n'ai vraiment rien compris.
En sortant, j'avais envie d'avoir encore plus d'info... C’est quand même de notre alimentation qu’on parle… Les fermes CEDAPA peuvent se visiter... Je vais bientôt aller y faire un tour...

Thalasso et gastronomie en Bretagne : Domaine de la Rochevilaine à Billiers (Morbihan)

J’ai un pool de collaborateurs qui bat la campagne bretonne pour me fait part de ses découvertes ! C’est à Billiers qu’ils se sont arrêtés cette fois-ci pour essayer la thalassothérapie de Rochevilaine (au sud de Vannes, près de Muzillac).

Les thalassothérapies en Bretagne existent depuis la fin du XIXè siècle, c’est à Roscoff (côte nord de la Bretagne) que ça a commencé et depuis il y en a partout. Avec chacune sa spécialité : anti âge, minceur, relaxation, diététique…

Celle de Rochevilaine (Spa Vannes - Domaine de Rochevilaine,Pointe de Pen Lan, 56190 – Billiers 02 97 41 61 61) propose dans un cadre très agréable, associé aux soins, un programme gastronomique.

Situé sur une petite presqu’île, le Domaine de Rochevilaine est un Relais & Châteaux. Pour rentrer dans le domaine, il faut passer sous un porche du XIIIè siècle, et l’on pénètre dans le jardin. Sculptures du Moyen Age et tableaux de peintres contemporains se côtoient dans le domaine.

Relais&château de Rochevilaine


Rochevilaine

Vous êtes sur une petite pointe bordée par la mer, un environnement vraiment marin !!! Ca tombe bien pour une thalasso, non.

Les soins sont dispensés dans le centre et il y a deux piscines, chauffées évidemment et d’eau de mer. L’une d’entre elles est en extérieur à même les rochers, vous respirez les embruns en vous baignant ! Sympa, non.
Il y a bien sûr toutes les facilités de la thalasso : spa, sauna, hammam, salle de fitness

La gastronomie maintenant dans le restaurant de la mer. Les grandes baies vitrées au dessus de la roche vous donnent l’impression de manger sur la mer, et le menu c’est les plaisirs de l'équilibre… et c’est, paraît-il, rudement bon (je cite une de mes collaboratrices), on y retourne quand tu veux, a-t-elle ajouté. Les produits de la mer sont majoritaires : bar, huîtres, homard sont associés aux produits de la région. Pas de surprise pour les prix, ce sont ceux d’un gastro.

vue du restaurant de la Rochevilaine à Billiers


Entre deux soins ou deux menus, vous vous baladez dans Billiers. La commune promeut son patrimoine, il y a pleins de choses à découvrir : sur les chemins côtiers, vous croiserez le dolmen du crapaud, le port et le phare automatisé de Pen Lan,

Phare de Pen Lan à Billiers


l'église Saint Maixent de Billiers qui est un amer (les amers, ce sont les repères peints en blanc -mur, pierre..- pour que les bateaux les voient du large). Il faut aller voir l’abbaye de Prières avec sa pierre à soles qui servait de gabarit pour les soles ramenées par les pécheurs…

Bref, vous pouvez sur ce site en faisant votre thalasso allier bonnes bouffes et balade digestive culturelle, après un soin du corps et un moment de détente près de la piscine… Pas mal pour un petit week end.




Lisez cet article en anglais : Thalassotherapy and gastronomy in France : domaine de la Roche Vilaine at Billiers (Brittany, France)

Algues, thalasso, homards et exotisme à Roscoff

La légende autour de la voie express de Roscoff continue...

5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute.
6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !
7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !
8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute
9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!
10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express


Port de Roscoff


5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute!

Les viviers à langouste existaient déjà au XIXè (le Guide Joanne de 1884 en parle). Aujourd’hui les viviers contiennent coquillages et crustacés grâce aux renouvellement d’eau à chaque marée.
Le port de pêche près de l’embarcadère pour Batz abrite des bateaux caseyeurs. Ces embarcations déposent les casiers en mer et les remontent… pleins de homards et de langoustes…

Bateaux et casiers, en arrière plan Sainte Barbe


6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !

Les algues, c’est un des autres vies de Roscoff. Comme on l’a déjà dit, cette côte bénéficie d’un climat particulier grâce au Gulf Stream (ça va peut être changer avec le réchauffement climatique – le courant risque de se déplacer ou de disparaître mais c’est une autre histoire) et est le foyer unique de plusieurs centaines d’algues. Même les Japonais s’intéressent à nos plantes maritimes…

La région est consciente de cette richesse depuis fort longtemps… Elles ont et servent encore d’engrais pour l’agriculture locale …

Depuis la fin du XIXè siècle, on leur a trouvé d’autres utilités : grâce au Docteur Bagot, le premier centre de thalassothérapie (soins par la mer) en France est crée. L’institut RockRoum, qui existe toujours (site au bord de mer) se sert des algues pour soigner (notamment les rhumatismes, les maladies osseuses)… Louison Bobet y séjourna.

Un intérêt ne vient jamais seul : l’existence d’un centre d’études biologiques, qui date de 1872, on l’appelait alors le laboratoire de zoologie expérimentale et qui continue comme laboratoire international de recherche maritime (CNRS) prouve la spécificité de la zone.

Aujourd’hui, l’été, des bateaux armés d’un long bras vont cueillir les algues dans les profondeurs… et ce long bras, on l'appelle le …. scoubidou

7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !



Roscoff existait déjà à l’époque romaine. Au Moyen Age mais il dépendait de Saint Pol de Léon. Alors comme le hameau était riche, il souhaitait se libérer de la tutelle de son voisin, au moins pour les questions de vie ou de mort. Financée par les armateurs et marchands de la ville, qui voulaient baptiser, se marier et mourir sans avoir recours à Saint Pol, ils ont réussi à construire Notre Dame de Kroas Baz.

Cet ensemble architectural (XVI et XVII) avec son église gothique flamboyant, son enclos et ses ossuaires est doté de symboles maritimes des corsaires et des marchands : canons, caravelles sculptées en ex voto…

Caravelles et canons sur l'église


Des maisons du XVIè avec des sculptures et des gargouilles, vous en verrez dans d’autres parties de la ville.

Notre Dame de Kroas Baz (clocher de granit à balcons, tourelles et lanternons de 1550) a été restaurée et est toute colorée et décorée : voûte bleue lambrisée, poutres, frises… allez y faire un tour.



Dans l’enclos : deux chapelles-ossuaires. L’une transformée en chapelle Sainte Brigitte lieu de célébration des fiançailles et l’autre, qui n’avait pas de porte à l’origine, mais deux étages de baies où l’on jetait les os.

Ossuaire


Une plaque commémorative à Mme Silburne une anglaise qui aida les prêtres réfractaires (ceux qui ne voulaient pas abandonner la religion) pendant la Révolution.

8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute

Le jardin exotique de Roscoff possède des espèces subtropicales (c’est encore un coup du climat). Organisé autour du rocher de Roch Hievec, cette petite hauteur à 18 mètres offre un beau panorama sur la baie de Morlaix.
Du jardin vous pouvez faire une belle rando sur le sentier des douaniers vers Saint Pol (vous passerez devant l’ilôt sainte Anne et le Château de Kernevez, ca vaut le coup d’oeil).

9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!


La Chapelle Sainte Barbe date du XVIIè siècle. Construite pour se protéger des ennemis de l’église et des invasions de pirates, elle est rarement ouverte mais sert encore pour le pardon. Situé sur un tertre rocheux, elle domine l’entrée de la baie et ses murs blancs servent d'amer (repères pour les bateaux).

10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express

Le port en eau profonde accueille les car ferries de Plymouth et de Cork . Dans le centre ville, vous verrez l’autre port plus modeste et dépendant des marées. C’est d’ici que part la navette pour l’île de Batz. L’estacade (500 m de long) permet à marée basse d’attraper le bateau. Et il y en a beaucoup…

Estacade pour le bateau pour Batz


Lisez cet article en anglais : Seaweed, thalasso, lobsters and exotism at Roscoff France

Le prunellier : un arbuste aux propriétés multiples

Les prunelliers sont ces petits arbustes qui peuplent les haies bretonnes … Il y en a partout… pour notre plus grand bonheur car ce prunellier est bien utile.

L’arbre est connu dès le néolithique (d’après l'historien Jean Delumeau, le nouvel âge de pierre dure, en Bretagne, de 3500 à 1800 avant JC). On a trouvé des noyaux dans les habitations de nos ancêtres.

Le prunellier fleurit entre mars et avril chez nous. A l'abri des épines, les fleurs sont toutes fragiles et délicates. C'est un parfum très doux qu'elles exhalent, une très légère fragrance d'une parfumerie de luxe. De très minces pétales blancs pour le bonheur des oiseaux et des insectes. Car l'arbre est dense et nos petits animaux peuvent s'y cacher facilement, y couver sans crainte et ce à l'abri des prédateurs.



L’arbuste est doté de maintes qualités : son écorce, par exemple, est un colorant naturel : elle servait à teindre en rouge la laine ou le lin.

Ses fleurs permettent de faire des infusions qui, dit on, purifient reins et vessie ou des huiles de massage qui aident à la digestion et au transit quand on se masse le ventre avec.



Mais en Bretagne, il est surtout connu et utilisé pour ses fruits : les prunelles qu'on peut cueillir à la fin de l'été dans les terres bretonnes et au début de l'automne sur la côte (le Cap Frehel est très bien achalandé!), servent à faire un alcool savoureux. Les Basques le vendent sous le nom de Patxaran, mais nous, les bretons, en faisons une boisson maison, presque traditionnelle...

On a domestiqué l'arbuste pour en faire un arbre à fruits, le prunier, qui lui aussi se décline en plusieurs types de prunes...

Lisez cet article en anglais : Prunus spinosa :a nice hedge tree

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