Oiseaux sauvages des côtes bretonnes


Oiseaux migrateurs en Bretagne : les oies bernaches sont sur la côte

Les oies bernaches se donnent rendez vous en Bretagne pendant quelques mois d’hiver (de novembre à mars).

Oie bernache


Ces oiseaux migrateurs quittent la Sibérie en novembre et y repartent fin mars pour se reproduire et nicher (mai à juin). Pour ce long voyage, elles ont fait le plein en se nourrissant d’algues, de laitues de mer, de coquillages et de petits poissons sur les bords de mer et en eaux peu profondes.

5 légumes par jour !


Il semble même que, depuis quelques décennies, elles commencent à manger des céréales. Peut être à cause d’une surpopulation des estuaires, l'animal n'est pas en danger d'extinction !!!

La nuit, leur instinct grégaire les poussent à se regrouper en mer.

Le jour aussi, elles sont en groupe


Ce sont des Anatidés (famille d’oiseaux aux pieds palmés). Ces oies sauvages effectuent leurs vols migratoires en altitude et s’organisent pour voler en V.

Il existe des légendes concernant l’oie bernache en Bretagne : un ouvrage de Julien Costantin en 1898 Les végétaux et les milieux cosmiques rappelle que :
D’après cette légende, longtemps tenue comme suspecte par l’Eglise, il y aurait sous la mer un arbre sur lequel se trouveraient des coquillages produisant des Oiseaux quand ils sont rejetés sur le rivage. L’oie Bernache ne serait autre que cet animal fabuleux : le mot bernache (barnagh) voulant dire en breton coquillage.
En fait, on le confondait avec un crustacé l’anatife.




L’oie Bernache aurait été introduite d'Amérique du Nord en Europe vers le XVIII è siècle… en Angleterre d'abord...



Pourquoi ne pas lire aussi :


Festival Natur'Armor à Dinan (Côtes d'Armor, Bretagne)

Le programme du festival Natur'Armor 2010 est en ligne....

Si vous voulez avoir une idée de l'ambiance... Lisez la suite...

Ce week end, vous pouvez aller à ce nouveau festival à Dinan. Enfin, nouveau, façon de parler car il existe depuis 2004.
Natur'Armor est un festival pour les amoureux de la nature ou les inquiets pour la planète. Il propose des conférences, des soirées débat, des ateliers pour les enfants, des balades… Des acteurs pour la préservation de la biodiversité en Bretagne (associations , organismes ou collectivités) animeront cette fête de la nature.




Le vendredi soir, d’abord, avec le film "Nos enfants nous accuseront" qui est programmé avec une soirée débat.
Le samedi et le dimanche, vous pourrez tout apprendre sur les mammifères marins bretons , les algues ou les dunes des Côtes d’Armor. Les enfants pourront se frotter à la cuisine … pour oiseaux ou à la construction d’un refuge pour les insectes. (Oui, oui, les insectes ont aussi besoin d’être protégés). Les adultes, eux pourront s’instruire, (Oui le week end, on ne fait pas relâche), avec des conférences sur la faune et la flore des Côtes d’Armor (exemple de titre alléchant : animaux et plantes extraordinaires des Côtes d’Armor). Ou plus sérieux une conférence sur la biodiversité qui met l’accent sur la disparition des animaux communs (hannetons, moineaux…) de nos régions. Vous pourrez aussi découvrir, lors de balades organisées par le festival, les oiseaux de la Rance ou le monde la forêt…

Le festival a lieu à Dinan, à la salle omnisports et au cinéma Vers le large les 30, 31 janvier et 1er février. Tout est gratuit ou presque (2 € pour certains programmes).

On aurait tort de se priver…



Voyage exotique au pays des mammifères sauvages... en Bretagne

On pense souvent aux voyages lointains, quand on parle de mammifères sauvages...
Pourtant, et pourtant, il y en a partout, partout dans le monde, en Europe et même tout près de chez nous... des animaux sauvages... oui, en Bretagne... et on vous propose de les rencontrer !

Quand ?
Cet été, du 24 juin au 25 juillet, le Groupe Mammalogique Breton (GMB) propose une expédition naturaliste à travers la Bretagne... une balade de trois semaines le long du canal de Nantes à Brest.

Où ? Suivez le chemin de Ki-Dour !
Ce sont 21 étapes le long du chemin de Ki-Dour (Ki-dour -chien d'eau- est le nom breton de la loutre), à pied, en kakak ou en bateau. La balade est ouverte au public puisque cet évènement associe la rando le long du canal (de Nantes à Brest), des inventaires itinérants des mammifères et des animations... pour rencontrer la loutre, l'hermine ou les chauve-souris...
Jeunes hérissons
Credit photographique GMB


Pourquoi ?
L'association profite de l'année 2010, année internationale de la biodiversité, pour réaliser un atlas des mammifères terrestres de la région. La biodiversité est aussi en face de chez vous...

Le programme
Vous êtes invités à suivre le chemin de Ki-dour avec l'association GMB, à participer à des animations (sur la piste de la Loutre, nuit de la chauve-souris) ou à assister aux carnets de Ki-Dour (compte-rendu quotidien en images de chaque étape). Le 10 juillet à Mottreff, le Fest Noz de Ki-Dour rassemblera les participants.
Qui participe ?
Depuis 1988, GMB (association loi 1901 de protection de la nature) s'intéresse de très près aux mammifères sauvages et à leurs habitats en Bretagne. Six salariés et un important réseau de bénévoles travaillent autour de 3 thèmes : réseau loutre, réseau chauves-souris et réseau micromammifères en assurant les recensements, les travaux d'études, de protection et de sensibilisation sur ces mammifères rares, indicateurs de la qualité de environnement.

Avis aux amateurs
Tous ceux qui aiment la nature, ceux qui se baladent dans la région, peuvent parcourir avec le Groupe Mammalogique Breton et prendre part aux animations (nuit de la chauve souris, piste de la loutre).
Le GMB a besoin de nombreux bénévoles pour réaliser leurs actions et de moyens financiers aussi (Fonds pour les Mammifères).
Pour mieux les connaitre :
Si leur 1er objectif est de réaliser un atlas des mammifères sauvages de Bretagne... le GMB a d'autres missions :
connaître la vie de certaines populations dans la nature (chauves-souris, loutre, castor).
protéger: l'asso gère 70 sites protégés (concernant ces mammifères et leur habitat).
former à la gestion des espaces naturels pour les professionnels et les bénévoles (stages).
sensibiliser le grand public, des scolaires et des professionnels, (Nuit européenne de la chauve-souris ou du printemps de l'Environnement).
Ils font aussi des études d'impact pour prendre en compte la vie de ces mammifères dans les réalisations de routes, de ponts, de projets éoliens... des diagnostics environnementaux et propose des solutions pour que l'impact sur la faune et la flore soient bien pris en compte.
Suivre l'actualité
Des bulletins d'information et d'actualités mammalogiques relaient leurs actions (Mammi'Breizh et Mammi'Web).

Le prunellier : un arbuste aux propriétés multiples

Les prunelliers sont ces petits arbustes qui peuplent les haies bretonnes … Il y en a partout… pour notre plus grand bonheur car ce prunellier est bien utile.

L’arbre est connu dès le néolithique (d’après l'historien Jean Delumeau, le nouvel âge de pierre dure, en Bretagne, de 3500 à 1800 avant JC). On a trouvé des noyaux dans les habitations de nos ancêtres.

Le prunellier fleurit entre mars et avril chez nous. A l'abri des épines, les fleurs sont toutes fragiles et délicates. C'est un parfum très doux qu'elles exhalent, une très légère fragrance d'une parfumerie de luxe. De très minces pétales blancs pour le bonheur des oiseaux et des insectes. Car l'arbre est dense et nos petits animaux peuvent s'y cacher facilement, y couver sans crainte et ce à l'abri des prédateurs.



L’arbuste est doté de maintes qualités : son écorce, par exemple, est un colorant naturel : elle servait à teindre en rouge la laine ou le lin.

Ses fleurs permettent de faire des infusions qui, dit on, purifient reins et vessie ou des huiles de massage qui aident à la digestion et au transit quand on se masse le ventre avec.



Mais en Bretagne, il est surtout connu et utilisé pour ses fruits : les prunelles qu'on peut cueillir à la fin de l'été dans les terres bretonnes et au début de l'automne sur la côte (le Cap Frehel est très bien achalandé!), servent à faire un alcool savoureux. Les Basques le vendent sous le nom de Patxaran, mais nous, les bretons, en faisons une boisson maison, presque traditionnelle...

On a domestiqué l'arbuste pour en faire un arbre à fruits, le prunier, qui lui aussi se décline en plusieurs types de prunes...

Lisez cet article en anglais : Prunus spinosa :a nice hedge tree

Randonnée sur une des îles du Ponant : l’Ile de Batz

5 bonnes raisons pour aller à l'île de Batz !

Se dépayser
Pouvoir la parcourir en une journée
S'y rendre presque toute l'année (fin mars à la Toussaint)
Pour admirer des fleurs
Et enfin avec un peu de chance, saluer un phoque !
Ouest de l'ile de Batz


L’île de Batz est à 15 minutes du continent, bien protégée par des courants et des récifs qui sont des épreuves pour les bons marins ! Vous verrez à marée basse...

Il y a des bateaux hors saison plusieurs fois par jour et en saison toutes les 30 minutes. Donc on peut y arriver à toute heure, sans se presser...

Horaires hors saison


Le tour de Batz doit faire une quinzaine de kilomètres – l’île mesure un peu plus de 3 kms de long sur 1,5 de large à marée haute. Parce qu'à marée basse... la rando est plus longue...

Batz à marée basse


Le paysage est très différent entre le côté continent, le côté océan, l’est ou l’ouest de l'île. Vous avez le choix entre des rochers, des dunes, des galets ou des plages paradisiaques de sable extrêmement fin presque blanc…
C'est pas tout, selon la hauteur de la mer, le paysage varie encore …
Et malgré tout, l'’île n'est pas que tourisme… Avec ses presque 600 habitants, elle vit aussi de l’agriculture… A donc une vraie vie...

Pour aller au jardin, passez par ce petit chemin


Des fleurs poussent partout : fleurs des champs (oeillets sauvages, ajoncs, coquelicots, camomilles...)

Camomilles et chardons


ou fleurs de dunes (panicauts, ponpons...)… ou fleurs de jardins (hortensias, géraniums...) ou même des fleurs exotiques puisque à la fin du siècle dernier Georges Delaselle y a installé un jardin « colonial ». Son fondateur y a fait pousser des plantes tropicales (le climat est très doux à Batz)… Après la décolonisation, le jardin a pris le nom de son fondateur.


Le parc a été abandonné pendant plusieurs années mais depuis 1986, il a été remis en état, accueille plantes et arbres tropicaux à la pointe ouest. Et que du coup il y a des thuyas, des eucalyptus, des dracénas (palmiers de Nouvelle Zélande), des agaves (cactus du Mexique servant à faire le Mezcal) et des échiums,

Echiums


des agapanthes dans tous les recoins de l'île.

Si vous poussez vers la face océanique, vous découvrirez des plages de sable blanc… des oiseaux qu’on dérange et même parfois – avec un peu de chance – des phoques

Phoque à Batz côté océan


Plus loin encore, on arrive à l’extrême ouest et là c’est un chaos de pierres qui nous attend : Toul ar Sarpant, le trou au serpent ou au dragon plutôt.

Le trou du serpent


Et ce côté là abrite aussi un marais avec sa faune et sa flore.

La dernière facette de l’île, c’est le côté abrité, qui fait face à Roscoff. Là, c’est le réconfort après la balade : resto, bars, le port, la ville quoi…

Le port et le phare de l'île


On peut visiter l'île presque toute l'année... Y a le Gulf Stream qui adoucit les températures l'hiver...
A vos vélos, vtt, trottinettes et autres ...



Lisez cet article en anglais : Hiking on a french island : Batz (Brittany, France)

Paysages de landes de Bretagne : ajoncs, genêts et bruyères

Au printemps, l'Ouest se couvre de fleurs sauvages jaunes… Genêts et ajoncs ont façonné les paysages de landes bretonnes. Comme ils aiment les terres pauvres et acides, et le climat marin,

Ajoncs sur la côte bretonne


on les trouve partout… Vivaces, ces plantes ne demandent pas de soin particulier…

Mais ces arbustes ne sont pas uniquement une image d’Épinal de la Bretagne, ils ont été bien utiles jusqu'à peu.

Ce sont les ajoncs qui fleurissent d’abord.

Fleurs d'ajonc


Dès février, pour les premières fleurs du printemps. Les fleurs sont d’un jaune proche de l’orange. Avec ces épines, l'arbuste sert à des haies denses qui permettent le pacage des ruminants. En Angleterre, on les utilisait contre les lapins… Comme il pousse très facilement sous nos climats et nos terres pauvres, les paysans les utilisaient comme fourrage.

Fourrage ! mais les épines… On écrasait la plante entre des rouleaux pour que les épines éclatent et ne blessent pas les animaux qui mangeaient leur maigre pâture … C'est d'ailleurs un agronome des environs de Lannion, Gabriel Calloet de Querbrat, qui a inventé la machine à broyer les ajoncs au XVIIè siècle. La pratique va se répandre les années suivantes.

Les genêts fleurissent plus tard, les fleurs sont jaune citron et surtout les arbustes n’ont pas d’épines…

Fleurs du genêt


Il existe de nombreuses variétés de couleurs différentes (jaune, blanc, rouge et rose).

Genets blancs


Les fleurs pouvaient être utilisées comme teinture.

Arbuste de genêt


Il ne manque plus au paysage que la bruyère qui aime aussi les terres pauvres et la lande bretonne…

Les algues en Bretagne : de l'engrais de nos grands-pères aux compléments alimentaires et produits cosmétiques

En Bretagne, on n’a pas de corail mais on a des idées (aussi) et surtout des algues.



Et une réputation qui dépasse largement les côtes bretonnes… Les Japonais se les arrachent, nos algues …

Et c'est à Roscoff que ça se passe. Pourquoi Roscoff ?

Le Gulf Stream permet une température stable de l'eau de mer. Le courant favorise un brassage et donne une eau transparente et d’une bonne qualité (le rail d’Ouessant n’est pas loin pourtant !). Et du coup, on a un foyer avec une diversité très importante (800 sur les 1500 algues bretonnes - chiffres de 2000, depuis on a du en découvrir bien d’autres !)… Et les savants se sont installés dans le coin...

Mais en Bretagne, on n'a pas attendu que les chercheurs se creusent la tête pour se servir des algues. Depuis toujours (ou presque) les paysans des côtes utilisent le varech pour amender leurs terres.




Si vous êtes un brin observateur, vous avez du repérer que les algues ont différentes couleurs : vertes, rouges et brunes. Chaque couleur correspondant à une place précise sur le littoral : les brunes restent sous la mer, la verte aime le bord de mer. Je vous laisse deviner ce que font les rouges.



Les vertes ont malheureusement fait notre réputation à Saint Brieuc puisqu’elles sont à l’origine de ces fameuses marées vertes qui envahissaient nos plages l’été (elles proliféraient "grâce" aux nitrates (dus aux déjections porcines : quand les cochons font pipi,ils produisent des nitrates, j'utilise l'imparfait parce que ça va un peu mieux).



Si les Japonais (encore eux !) les consomment depuis toujours (eux aussi), nous, on commence juste à s’y intéresser. On les utilise comme compléments alimentaires notamment comme gélifiants (E407). Si les tartes aux pommes que vous achetez ont de si beaux quartiers, c’est qu’à la compote de pomme utilisée a été rajoutée du gélifiant pour faire ces beaux fruits si présentables !!!

Vous pouvez aussi les utiliser comme compléments alimentaires, elles regorgent de calcium, de fer ou de protéines. Saupoudrez les sur vos salades ou utilisez-les en gélatine.

Elles servent aussi dans les centres de thalassothérapie pour tous les soins, crèmes et autres bienfaits pour le corps. Comme les algues ne peuvent se dissoudre dans l’eau (c'est une évidence mais on n'y pense pas forcément!), on est obligé de les broyer pour en extraire toutes leurs propriétés.
A nous les crèmes hydratantes, onguents drainants, pommades régénérantes… Les algues sont si riches en toutes sortes d’oligo-éléments et de vitamines qu'il existe pléthore de produits cosmétiques : soins du visage, soins du corps, des cheveux, des dents (il y a même des dentifrices). Même les produits pour hommes s'y mettent … Crèmes anti-rides aux algues, oui messieurs !!


Si vous allez à Roscoff, allez faire un tour à l'algopole, vous en apprendrez encore plus...

Lisez cet article en anglais : Algae in Brittany : soil conditioner, food products and cosmetics

Promenade dans les ruines du château de Léhon (Côtes d’Armor, Bretagne)

Si vous avez décidé de passer le week end à Dinan, poussez jusqu'à Léhon, vous ne le regretterez pas. D'abord pour une visite gratuite du patrimoine local et ensuite parce que vous pouvez aussi profiter d'une piscine en plein air (02.96.39.21.00), ouverte toute l'année dans un site merveilleux.

Depuis l’été 2006, le château féodal de Léhon vous accueille toute l’année le week-end de 10h à 19h, (même hors saison).

Situé sur un promontoire rocheux, il a été restauré, il y a quelques années, par les Monuments Historiques et permet de découvrir un beau panorama sur Dinan, la vallée de la Rance et la campagne environnante.

Vue sur le village de Léhon


Vue du château de Léhon



Les ruines, que l’on voit aujourd’hui, datent pour certaines du XIIIè siècle. Mais laissons parler ces vestiges…

Il y a quelques années encore, le château était caché par les ronces… La butte a été débroussaillée, un chemin a été aménagé, les ruines ont été consolidées. Des travaux de restauration ont été réalisés entre 2004 et 2006. Ils n’ont pas cherché à reconstituer un état antérieur inconnu mais à consolider les ruines afin d’éviter la dégradation totale des maçonneries par la végétation. Le site constitue une réserve archéologique pour l’avenir explique un des panneaux sur le site. A terme, les archéologues vont pouvoir y mettre leur nez, ou plutôt leurs pioches et leurs petits balais.

Revenons sur l’histoire du château-fort.

Plan du château


Comme on l’a déjà vu, l’installation à Léhon n’est pas du au hasard. Le gué sur la Rance, le monastère bénédictin et bientôt les seigneurs de Dinan installent un château et tout près une foire. Ce château situé sur une motte sert à défendre un espace, la vallée de la Rance et participe aux épisodes guerriers du Duché de Bretagne : conflits avec les Anglais, les Français ou au sein même de la succession bretonne.


château de Léhon


L’architecture de la forteresse a évolué au cours des siècles et s’est adaptée à l’évolution des techniques de guerre et à la transformation des armes.

Ce château passe donc d’un édifice en bois à une construction en pierres qui évolue encore avec l’arrivée des armes à feu et des canons. Il y aurait eu un château en bois autour de l’an Mil. L'évêché d’Aleth (Saint Malo) est divisé en plusieurs seigneuries et le vicomte de Dol hérite de celle de Léhon où il installe sa capitale. La forteresse est détruite à plusieurs reprises au XIè siècle lors de conflits entre rivaux du Duché de Bretagne. Et le site est rasé fin XIIè suite au traité de paix entre la France et l’Angleterre.
Le plan que l’on voit aujourd’hui date du XIIIe : une enceinte avec des tours qui épouse le promontoire rocheux. Les tours sont rondes ou en fer à cheval -l'ovale du fer à cheval permet de mieux défendre l'espace-.

Tour en fer à cheval du château de Léhon


Un donjon contrôle la partie la plus exposée aux machines de guerre.
L’architecture évolue avec la Guerre de succession du Duché de Bretagne (1341-1381). Le château est assiégé et lors des affrontements, des courtines (les murs qui relient les tours) sont détruites.
Les postes de tirs de l’époque sont des archères – on n’a pas encore prévu les armes à feu. Les meurtrières … sont des ouvertures qui s’évasent vers l’intérieur pour permettre à l’archer de viser l’ennemi sans s’exposer. La disposition en quinconce sur plusieurs étages permettait de surveiller la totalité des abords de chaque tour. D'autres éclaircissements sont à lire sur le site.

archère du chateau


Les armes à feu apparaissent au XVè siècle et l’architecture s’adapte aux coups de canon destructifs. Le château consolide et remonte ses murs (la base est solidifiée pour mieux résister aux canons), les meurtrières sont agrandies pour pouvoir de l’intérieur répondre en utilisant les nouvelles armes, les canons.

tours et enceintes de Léhon


Mais il ne servira plus beaucoup parce que … le duché est en paix, il fait partie de la France et on ne se bat plus contre les Anglais dans l’intérieur de la Bretagne. Les sites sont fortifiés, par contre, sur les côtes et sur les frontières du royaume de France.

La forteresse tombe en ruine dès la fin du XVè siècle et elle servira bientôt de carrière de pierres aux moines pour agrandir l’abbaye de Léhon au XVIIè siècle.

A l'intérieur, une chapelle est dédiée à Saint Joseph.

Panneau explicatif du site de Léhon


Chapelle Saint Joseph


Des panneaux expliquent l’histoire du château et des fortifications.

Nominoë rencontre les moines de Léhon

Explications sur le site du château


Finissez la balade en errant dans Léhon, ce sympathique petit village de granit au pied du château.

Maison du village de Léhon


Petite cité d'Art et d'Histoire


Lisez cet article en anglais : Touring through the remains of Léhon

Balade de Dinan à Léhon par le canal d'Ille et Rance (Bretagne, France)

Vous voulez prendre l’air à Dinan ? Mais vous ne voulez pas vous épuiser à monter le Jerzual (la rue du Jerzual est LA rue à visiter à Dinan)… Longez le canal d’Ille et Rance, c’est pas mal non plus...

En bas du Jerzual, au port de Dinan, passez le petit pont de pierre et longez le chemin rive gauche. Après une petite demi-heure, vous apercevrez les jardins de l’abbaye de Léhon et une partie des bâtiments conventuels (religieux, quoi !).

jardins et bâtiments conventuels de Léhon


Ils savaient choisir des endroits bien agréables, ces moines…

les baies gothiques du réfectoire de Léhon


Admirez le pont en pierre de Léhon. Depuis toujours, les hommes ont cherché à traverser les rivières et pour cela il fallait des lieux propices au passage à gué. Ce gué servait déjà lorsque la voie romaine Rennes Corseul était utilisée.

Plus tard ce sont les moines, au Xè siècle, qui font évoluer les choses : un pont … en bois est construit. Mais la Rance n’est pas canalisée et elle est toujours bien sauvage. Alors vous imaginez le travail lors des crues… Adieu petit pont de bois, bonjour la reconstruction… Le pont est bien souvent dans l’eau…

Ce n’est qu’entre le XVè et le XVIè siècle que l’on pense à une construction en dur, en pierres. Mais la Rance -toujours pas maîtrisée- continue d’attaquer le pont qui l’enjambe.

pont de Léhon


Par période, le pont est en piteux état… surtout qu’on en fait sauter l’arche centrale –il en avait quatre alors- pour empêcher les armées royales d’atteindre Dinan en 1799

L’arche manquante sera remplacée par une passerelle en bois, puis au XIXè siècle en métal qui permet aux bateaux de passer.

En 1832, la Rance est canalisée et un important trafic de marchandises de Saint Malo à Rennes se met en place. Le chemin de halage (c'est le chemin par lequel vous êtes arrivé) permet aux chevaux de haler les bateaux pour les remonter jusqu'à Rennes. Dans l'autre sens, le courant les ramenaient jusqu'au port de Saint Malo.

Le pont, que l’on voit aujourd’hui, est construit en 1925. Il n’a qu’une seule arche pour laisser passer les chalands (bateau plat destiné au transport fluvial) sur le canal.

arches du pont de Léhon


Mais l’histoire du petit pont de Léhon connaît encore des rebondissements : cette fois ci, c’est pour empêcher l’avancée des Alliés, que les Allemands détruisent l’arche centrale. Elle ne sera remontée qu’en 1946.

rue piétonne de Léhon


Maintenant que vous êtes sûr de la solidité du pont, que la Rance est canalisée et qu’il n’y a pas de troupes à l’horizon, allez faire un tour sur l’autre rive… dans la petite cité de caractère de Léhon...

Lisez cet article en anglais : Walking along the canal d'Ille et Rance to a picturesque village of Léhon (Brittany, France)

Week-end de randonnées dans les montagnes de Bretagne : escapade dans le Trégor

Le Menez-Bré, vous connaissez ? C'est l'un de nos monts les plus élevés avec le Menez Hom.... Le premier appartient au Trégor (Côtes d'Armor), le second se situe bien plus à l'Ouest, dans le Finistère.

Et c'est du premier que je reviens ! Tentez donc l'ascension du Menez-Bré et vous verrez qu'il se mérite... 18%... rien que ça...

Le Ménez-Bré vu d'en bas


Menez-Bré (on prononce ou non le z selon le coin de Bretagne qu'on habite) est une magnifique colline de 302 mètres, sur laquelle est construite la chapelle Saint Hervé.

Il est entouré par trois communes Louargat, Pédernec et Tréglamus. On peut l'aborder de tous les côtés et redescendre par la face opposée puisqu'une fois en bas, une route en fait aussi le tour et permet de revenir à votre point de départ.

Tout en haut, la chapelle Saint Hervé domine le paysage et l'on peut, grâce à une table d'orientation, deviner les différents points du paysage... des Monts d'Arrée à la côte de granit rose..

C’est au Mené Bré que Conomor *aurait été jugé. C’est là également que Gwench’lan*, barde et prophète du Vème siècle, ennemi des chrétiens et ami des oiseaux aurait été enterré, après le combat qui l’opposa à saint Hervé.
(Conomor est un "barbe bleue" breton...
Gwench'lan est un barde qui refusant de se convertir au catholicisme, a eu les yeux crevés)

D'où la chapelle Saint Hervé sur le Mont menez-Bré (dont certains éléments datent du XVI, XVII et XVIIIIè siècle - elle a souvent été rebatie).
.. Elle a été un lieu de pèlerinage très fréquenté - mais elle est aujourd'hui, malheureusement fermée la plupart du temps.

Chapelle Saint Hervé


Laissez moi vous conter ... l'histoire de Saint Hervé.... et de sa chapelle.

C'est un des rares saints bretons à être né ici, en Bretagne au VIè siècle. Son père était un barde de Grande Bretagne et sa mère une bretonne. Aveugle de naissance, Dieu ne voulait pas qu'il voit les apparences trompeuses du monde, il devint ermite et se déplaçait, accompagné d'un loup. Confesseur, il est très populaire dans toute l'Armorique. Ce saint est aussi barde et exorciste

Un barde... Il est le patron des musiciens et des chanteurs bretons. C'est pour cela que les bardes bretons se réunissaient ici, une nuit entière pour prier...

Et exorciste... Les démons n'avaient qu'à bien se tenir... En effet, au XVIIIè siècle, des séances d'exorcisme avaient lieu ici sur la montagne sacrée (traduction de Menez-Bré en breton).
Un épisode connu rapporte qu'un abbé, Guillermic pour ne pas le nommer, grimpait pieds nus la colline en récitant à l'envers ses prières et en lançant du lin aux démons qui désiraient être payés.
Avant lui, de nombreux exorcistes venaient ici célébrer une messe à minuit pour faire fuir les mauvais esprits.

Saint Hervé est invoqué pour guérir des angoisses, des peurs ou encore pour les dépressions.

Ce saint patron a aussi fait jaillir une source près de la chapelle (300m à l'est) où l'on plongeait les enfants malades pour qu'ils guérissent. De nombreux fidèles souffrant demaladies des yeux ou du cuir chevelu y venaient aussi en pélerinage...

C'est enfin lui qui aurait composé un cantique breton très connu Le Paradis (Ar Baradoz). C'était un barde...

Saint Hervé est fété le 17 juin.



A côté de cette figure bretonne subsistent des interrogations autour du Ménez-Bré ...
On affirme que Gwench’lan a caché un trésor dans les entrailles du mont, après l’avoir fait transporté par un charretier dont il avait bandé les yeux. Peut-être le retrouverez vous ? …

Le Ménez-Bré est aussi, depuis le Moyen Age, renommé pour ses foires du cheval qui ont cessé dans les années 1960.

Mais il n'y a pas que le Menez-Bré à apprécier ici.

Randonnez à Louargat, le village qui est au pied du Mont.

D'abord parce que le village de maisons en pierre est plaisant. Et puis parce que vous y trouverez d'autres prétextes pour vous balader : le ou plutôt les menhirs de Pergat à quelques kilomètres du bourg, au bout d'un chemin. Le plus haut, de 7 à 10 mètres selon les sources, est un des plus hauts d'Europe. Et un autre plus modeste de deux mètres de haut. Si on met le dos contre le grand menhir (ne pas porter de nylon) en regardant le petit menhir, il y création autour de soi d’un champ de lignes de force. En conséquence, les cheveux ont tendance à se dresser sur la tête.
Le tumulus (pas facile à trouver..., je n'ai pas trouvé d'info le concernant) est dans la direction opposée.
Les nombreuses églises et chapelles (Saint Eloi, Notre Dame des neiges, Saint-Jean, Saint-Fiacre, Saint-Paul, Saint-Sylvestre...) qui peuplent la commune.

Pourquoi ne pas y passer un week-end... Vous aurez le choix entre un hébergement dans un gite à quelques pas de la chapelle Saint Hervé, au pied du Ménez-Bré ou bien vous pourrez planter votre tente dans un camping original, le parc du Manoir du Cleuziou (XVe siècle - XVIIe). Vous pourrez même agrémenter vos plats ou salades par des herbes aromatiques à aller cueillir dans leur jardin... Sympa, non !



Lire cet article en anglais : Weekend hiking in the mountains of small Britain(Brittany France)

Comment rencontrer l'âme soeur en Bretagne sur la côte de granite rose

Le 30 avril, c'est le jour du pardon de Saint Guirec, le saint des célibataires !...

Et alors, me direz vous, je cherche une étape de vacances, une idée pour les ponts de mai (le 30 avril est la veille du 1er mai!), un coin sympa pour un petit week end, un séjour dans un coin magnifique... Mais le hic, c'est que je suis seul (e)... célibataire...
Vous êtes solo, les vacances sont devenues un cauchemar... Partir ... vous fait peur... Sauf que, ce petit séjour sur la côte de granite rose, dans le bourg de Ploumanach, peut être quelque chose pour vous !

Côte de granite rose en Côtes d'Armor en Bretagne


Oui, ce bourg qui dépend de Perros Guirec doit son nom à Guirec, un moine gallois, qui a débarqué à Ploumanach dans une auge en pierre au Ve siècle pour évangéliser la Bretagne. Il a aussi un nez "magique"...

Revenons au but de ce séjour... en finir avec ces vacances de célibataire, rencontrer l'âme soeur !

Le village est bordé du chemin de douaniers qui vous emmène sur les 30 kilomètres de granit rose (le granit (e) est ici rose car cette roche est un mélange de 3 minéraux le feldspath (le rose), le mica (le noir), et le quartz...) et vous y croiserez des drôles de rochers érodés par le climat.

Si vous êtes vigilant(e), au gré de votre balade, vous ferez bientôt face à une île où les marins faisaient sécher leurs poissons...(En fait, les seules traces qu'ils restent de cette pêcherie sont figés dans le nom du château de Costaeres, (Coz-Seherez signifie "vieille sècherie"). Le manoir est une célébrité du coin, il trône sur tous les dépliants, les guides touristiques, les cartes postales illustrant la côte des Côtes d'Armor...

Littoral de côte de granite rose


Dans cette baie qui fait face à cette construction mythique de la côte bretonne, vous allez croiser un petit monument accessible à marée basse... l'oratoire de Saint-Guirec (XIIè siecle). Oui, il a longtemps accueilli les femmes de marins qui venaient prier pour que leurs hommes reviennent sains et saufs des campagnes de pêche. Il a servi aux jeunes filles et sert sûrement encore aux touristes célibataires (ou à tous ceux/celles qui cherchent femme, mari... ou âme soeur !).

Oratoire de saint Guirec pour trouver l'âme soeur


La légende dit que si ces dames arrivaient à planter une aiguille dans le nez de saint Guirec, (et surtout si l'aiguille y restait jusqu'à la marée suivante) elles trouveraient mari dans l'année... La statue de Saint Guirec était alors en bois et tellement utilisée que les pointes avaient complètement abimées le nez de Saint Guirec. La paroisse la remplaca par une copie en bon granit. L'originale est dans la chapelle qui domine la baie.

Non, Messieurs, je ne vous ai pas oubliés, s'il est vrai que l'histoire se raconte au féminin, l'égalité des sexes vous permet de tenter l'expérience...

Si jamais votre aiguille n'a pas tenu le temps d'une marée, consolez vous en vous disant que :
- Perros (comme on dit par ici) est un lieu touristique... que sa population est multipliée par 8 l'été (soit 7500 par 8 = 59000 personnes)... que, parmi tous ces amoureux de la côte de granite rose, il y a sûrement une chaussure pour votre pied !
- Ou que, pour vous redonner le sourire, rappelez vous qu'un maitre de l'humour, Thierry Le Luron, est originaire de Ploumanac'h et qu'il repose ici, dans le cimetière du bourg de La Clarté. Allez lui faire un petit bonjour, il vous remontera le moral !
- Ou enfin, que la ville de Perros peut être une étape de la course en solitaire du Figaro... et que les visiteurs sont nombreux...
- Qu'un festival de la BD a lieu tous les ans... et qu'il y a du beau monde...
- Ou que la côte de granit rose, ca valait, de toute façon, le déplacement .... (il n'en existe que 3 dans le monde, une ici, une en Corse et une autre en Chine...). Mais les deux autres n'ont pas de Saint Guirec...
Saint Guirec le saint des célibataires


Lire cet article en anglais : Idea to find a soul mate in France on the pink granite coast

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