Poètes bretons contemporains


Exposition à l’espace culturel de Landivisiau (Finistère, Bretagne) : Monts d’Arrée regards croisés.

C’est Cécile qui me propose cette visite à l’espace culturel de Landivisiau en mars (du 6 mars au 12 avril 2009) : quatre regards croisés d’artistes sur le paysage des Monts d’Arrée.

Rodolphe Le Corre, Gilles Blazy, Daniel Kay et Alain le Beuze, quatre artistes bretons (les uns se servant des mots et l’autre de la matière) vous présentent leurs oeuvres.

Commençons par Rodolphe Le Corre. Ce plasticien breton, né à Lorient, nous donne à voir ses huiles sur toiles.
Mon travail part très souvent d'une observation du quotidien. [...] La peinture à l’huile me convient particulièrement car la lenteur de son séchage me permet de retravailler la matière… Les paysages de Bretagne et de Suisse sont pour moi autant de prétextes à la peinture.




Gilles Plazy a plusieurs cordes à son arc : il écrit (du roman, aux poèmes, aux biographies ou livres d’art, j'en oublie, déjà une quarantaine d'ouvrages...), il peint (entre abstraction libre et abstraction géométrique, je le cite) et photographie (de l’argentique au numérique en passant par les collages… dit-il ). Tout cela entre Paris et le Finistère. Il explique sa poésie :
Après avoir longtemps tâtonné et m'être copieusement nourri du surréalisme, je me sens depuis quelques années engagé dans une aventure poétique qui est celle d’une rêverie se tenant solidement au réel, adossé à la pierre et prenant le vent du large.
L’expo propose des extraits de son recueil L'amande intérieure, paru en 2008.

Daniel Kay, lui, est de Morlaix. Il enseigne à Tréguier, écrit et anime des émissions de radio… Voici un extrait de ce qu'il écrit sur Georges Perros, l’écrivain de Douarnenez :

Il écrivait dans les trous, les flaques,
il aimait coudre et découdre.
L’ardoise qu’il laissa en partant
fut magique ; en attendant sa craie
continue à distraire l’éternelle gosserie qui s’ébroue
insoucieuse dans la blanche écume


Alain le Beuze est originaire de Quimperlé. Enseignant à Brest, il écrit aussi dans des revues artistiques. Il aime associé ses mots à d'autres artistes plasticiens.

L’entrée est libre de 14h à 17h30 les lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche.

Le jour du vernissage (vendredi 6 mars à 18h), venez rencontrer les artistes !!!

Pour les manifestations autour de l’exposition (conférences sur la poésie, visites guidées ou pour les jeunes publics), allez voir le site de l’espace culturel de Landivisiau.

Dites bonjour de ma part à Cécile. Et revenez faire un commentaire sur l'expo !!!

Pourquoi ne pas lire aussi :


Thalasso et gastronomie en Bretagne : Domaine de la Rochevilaine à Billiers (Morbihan)

J’ai un pool de collaborateurs qui bat la campagne bretonne pour me fait part de ses découvertes ! C’est à Billiers qu’ils se sont arrêtés cette fois-ci pour essayer la thalassothérapie de Rochevilaine (au sud de Vannes, près de Muzillac).

Les thalassothérapies en Bretagne existent depuis la fin du XIXè siècle, c’est à Roscoff (côte nord de la Bretagne) que ça a commencé et depuis il y en a partout. Avec chacune sa spécialité : anti âge, minceur, relaxation, diététique…

Celle de Rochevilaine (Spa Vannes - Domaine de Rochevilaine,Pointe de Pen Lan, 56190 – Billiers 02 97 41 61 61) propose dans un cadre très agréable, associé aux soins, un programme gastronomique.

Situé sur une petite presqu’île, le Domaine de Rochevilaine est un Relais & Châteaux. Pour rentrer dans le domaine, il faut passer sous un porche du XIIIè siècle, et l’on pénètre dans le jardin. Sculptures du Moyen Age et tableaux de peintres contemporains se côtoient dans le domaine.

Relais&château de Rochevilaine


Rochevilaine

Vous êtes sur une petite pointe bordée par la mer, un environnement vraiment marin !!! Ca tombe bien pour une thalasso, non.

Les soins sont dispensés dans le centre et il y a deux piscines, chauffées évidemment et d’eau de mer. L’une d’entre elles est en extérieur à même les rochers, vous respirez les embruns en vous baignant ! Sympa, non.
Il y a bien sûr toutes les facilités de la thalasso : spa, sauna, hammam, salle de fitness

La gastronomie maintenant dans le restaurant de la mer. Les grandes baies vitrées au dessus de la roche vous donnent l’impression de manger sur la mer, et le menu c’est les plaisirs de l'équilibre… et c’est, paraît-il, rudement bon (je cite une de mes collaboratrices), on y retourne quand tu veux, a-t-elle ajouté. Les produits de la mer sont majoritaires : bar, huîtres, homard sont associés aux produits de la région. Pas de surprise pour les prix, ce sont ceux d’un gastro.

vue du restaurant de la Rochevilaine à Billiers


Entre deux soins ou deux menus, vous vous baladez dans Billiers. La commune promeut son patrimoine, il y a pleins de choses à découvrir : sur les chemins côtiers, vous croiserez le dolmen du crapaud, le port et le phare automatisé de Pen Lan,

Phare de Pen Lan à Billiers


l'église Saint Maixent de Billiers qui est un amer (les amers, ce sont les repères peints en blanc -mur, pierre..- pour que les bateaux les voient du large). Il faut aller voir l’abbaye de Prières avec sa pierre à soles qui servait de gabarit pour les soles ramenées par les pécheurs…

Bref, vous pouvez sur ce site en faisant votre thalasso allier bonnes bouffes et balade digestive culturelle, après un soin du corps et un moment de détente près de la piscine… Pas mal pour un petit week end.




Lisez cet article en anglais : Thalassotherapy and gastronomy in France : domaine de la Roche Vilaine at Billiers (Brittany, France)

Exposition d'art contemporain (Pinault) au Palais des Arts de Dinard

Cette année, Dinard a encore frappé fort… Le Palais des Arts fête ses 20 ans d’expo… et pour cet évènement, c’est une partie des collections privées de la François Pinault Foundation qui est exposée.

Vous connaissez François Pinault ? ou PPR (Pinault Printemps Redoute) le groupement d’entreprises crée par notre célèbre milliardaire breton. Autodidacte en plus et amateur d’art…. et de foot… le Stade Rennais, c’est lui.

Bon, pour ces 20 ans, Dinard a décidé de se servir dans les œuvres du costarmoricain qui sont exposées à Venise, oui, oui, on ne plaisante pas avec l'art
à Din ard !

Une expo d’une 60 è d’œuvres d’une trentaine d’artistes *…

Qui a peur des artistes à Dinard


Qui a peur des artistes ? Pas moi même si, quand je regarde l’affiche, mon sang ne fait qu’un tour… Ca me rappelle Verdun, le soldat enterré debout (et vivant ?) dont ne voit que le bout du fusil…
Mais chacun y voit ce qu’il veut : je croyais que c'était une pub pour Action contre la faim, m'a-t-on dit par exemple …

Dérangeant l’affiche ? Et le titre ?

A quoi sert l’art finalement ?
- à faire peur ? (3 points)
- à se divertir ? (123 points)
- à se poser des questions ? (54321 points)
- à donner une lecture du monde ? (393 points)
- ou une critique ? (3131 points)
- à être beau (333 points)
- à déranger ? (731 points)
- à ne rien comprendre ? (34536 points)
- à rire et s’amuser (0,333333333333)
- à être moral ? (321 points)
- à être écolo ? (369 points)
- à quoi encore ?
- à partager (4,50 Euros en tarif plein, les expo du Palais étaient l’année dernière gratuites)

Si votre score atteint 3 points ou plus, allez y !

L’expo s’organise autour de plusieurs thématiques :
- Où l’oeuvre découle du concept avec le courant minimaliste qui met en lumière la primauté de la pensée sur l’expression
- Où l’histoire de l’art est revisitée et réinterprétée par les artistes contemporains
- Où les icônes et les objets de la culture populaire entrent dans l’art
- Où les artistes offrent une lecture originale du monde qui nous entoure depuis la société de consommation jusqu’à la recherche des utopies en passant par les conflits
Le point d’orgue étant l’oeuvre de Paul Mc Carthy qui rappelle la nécessité de garder l’humour et l’humilité en toutes circonstances.
Bon, pas facile de donner son avis. Portraits, peinture, photo, photo-collages, dessins, vidéo, sculptures… Toutes les formes d’art sont représentées… Chaque salle a un titre… et des rapprochements singuliers... Guerre-Consommation-Révolte.
Jeff Wall dérange avec l’embuscade en Afghanistan. Plus loin c’est encore plus dérangeant (enfants s’abstenir avec la vidéo…). Et pourtant, le même artiste Adel Abdessemed fait des photos marrantes sur le mur en face !
Je vous laisse faire les commentaires pour la plus célèbre la nona hora (la neuvième heure qui doit son nom à une prière qui est récitée à la neuvième heure du jour, habituellement vers 15 heures pour commémorer l'instant où le Christ est mort sur la Croix) de Maurizio Cattelan, où plutôt celle qui a fait le plus de bruit. Et juste à côté, Damien Hirst n’a pas fait hurler les écolo ? Mais je n’y connais rien en insectes…

Bref, chacun y va de sa lecture et de son interprétation… Je vous laisse faire… car comme dit François Pinault : L’art m’a conduit à m'interroger davantage. Il m’empêche de me refermer sur les certitudes, m’amène à être plus attentif aux évolutions du monde…

Mais si vous n’avez pas le temps de vous rendre dans ses musées au Palazzo Grazzi ou à Punta della dogana (Venise,Italie) où sont les autres collections, ou que vous avez raté l'exposition temporaire de Moscou (un certain état du monde), allez à Dinard… du 14 juin au 13 septembre de 11h à 19h et une nocturne (21h) le vendredi.
On ne peut faire de photos …

* Josef Albers, Dan Flavin, Agnes Martin, Lucio Fontana, Piero Manzoni, Lee Ufan, Pierre Soulages, Charles Matton, Takashi Murakami, Paul McCarthy, Yan Pei-Ming, Martial Raysse, Ed Ruscha, Adel Abdessemed, Andreas Gursky, Barbara Kruger, Cindy Sherman, Jeff Wall, Yang Jiechang, Chen Zhen. Subodh Gupta, Mike Kelley, Bharti Kher, Takashi Murakami, Julie Mehretu, Luc Tuymans, Maurizio Cattelan, Paul Fryer, Damien Hirst, Claude Lêvêque, Yan Pei-Ming, Andres Serrano.

Les Bretons et la première guerre mondiale

Le 11 novembre, c’est la fin de la Grande Guerre. Et la Bretagne, c’est la région qui a payé le plus lourd tribut : un mort pour 19 habitants, la France un mort pour 29 habitants entre 1914 et 1918.

monument aux morts en Bretagne


Si le mémorial de Sainte Anne d’Auray commémore 240 000 morts – il a été fait entre 1922 et 1932-, on parle plutôt aujourd’hui de 110 à 130 000 soldats tués. La France compte alors 1,4 millions de morts ou disparus pour près de 41 millions d'habitants (la Bretagne a 2,5 millions d'habitants).

La Bretagne de 1914 est une terre de paysans et de marins. Et on dit qu'elle a payé un lourd tribut parce que sa population était essentiellement rurale : "cette surmortalité s'explique par l'envoi prioritaire des ruraux en première ligne, comme pour les Corses ou les paysans du Limousin" (Bretagne est univers, catalogue du Musée de Bretagne).

noms des soldats morts de 1914 et 15 dans une petite commune bretonne

soldats morts de 1916, 17 et 18  dans une petite commune bretonne


La Bretagne d’alors ne parle pas toujours français. Et dans certains régiments, les ordres sont même donnés en breton. En effet, pendant cette guerre les régiments étaient basés sur un recrutement géographique : régiment de Bretons, de Normands…

Si les hommes sont sur le front, les femmes bretonnes ne chôment pas. La Bretagne est une région agricole, les femmes doivent gérer les terres car il faut ravitailler les armées et nourrir la province. Toutes les parcelles de terrain sont bonnes à cultiver : ainsi le jardin du Thabor, à Rennes deviendra potager. Les femmes doivent aussi fournir la main d’œuvre dans les usines.

La première guerre mondiale nous est notamment connu par un auteur breton Roger Vercel (1894-1957), qui raconte dans certains de ses romans ses souvenirs de la Grande Guerre. Le plus connu encore aujourd’hui -puisqu’il a été adapté à l’écran en 1996 par B.Tavernier- est Capitaine Conan qui a reçu le prix Concourt en 1934.

Lisez cet article en anglais : Brittany and the First World War

C'est quoi être breton ?

Un petit clin d'oeil à l'actualité...
Qu'est ce que ca veut dire pour vous "être breton" ? Apparemment, c'est une question récurrente puisque Facebook a lancé un défi en janvier : inscrire 150 000 Bretons en 48 heures sur une même page. Et ... il y a eu rush et réussite...
Le magazine BRETONS de février rappelle le livre de Morvan Lebesque "Comment peut-on être Breton ?", qui date déjà de quelques années...
Je sais que le Conseil Régional prépare aussi une grande étude sur le sujet... Bref, peut être une définition de l'identité bretonne en devenir... car l'identité régionale, comme l'identité tout court, est une question d'époque.

Faites donc ce petit jeu.

Quand vous vous sentez Breton ...

Dans les clichés d'hier et d'aujourd'hui !
- Vous ne dansez que dans les Fest Noz !!!
- Vous pestez contre l'abandon des phares par leurs gardiens (c'est la tradition qui s'en va!)
- Vous admirez les prouesses de vos ancêtres en contemplant les menhirs !
- Vous jurez que votre grand mère portait une coiffe au siècle dernier !
- Vous ponctuez toutes vos phrases d'un Kenavo !
- Vous arborez un autocollant "A l'aise Breizh" sur la voiture
- Vous ne ratez jamais le festival des vieilles charrues, la route du rock...
Dans la gastronomie bretonne
- Vous ne vous régalez que dans une crêperie
- Vous achetez uniquement des choux fleurs "Prince de bretagne" (et produits en bretagne!)
- Vous dégustez vos huitres sur le port de Cancale (et pendant les bons mois...)
- Vous ne jurez que par les fraises de Plougastel...
Le patrimoine sportif, culturel ou naturel breton
- La thalasso, c'est dans la ville corsaire de Saint Malo
- Le chemin des douaniers ou le Tro Breizh, c'est quand même mieux que Compostelle !
- Un gite à Brocéliande, rien de mieux pour faire le point !
- Le camping sauvage dans les Monts d'Arrée, c'est fantaaaastique !
- Les hôtels de charme sur les îles bretonnes, c'est le pied !
... Je pourrais continuer dans les clichés (LOL) .... mais je vous laisse la plume !!!! Car votre avis m'interesse !!!

Histoire d'un prénom celte : Corentin

Suivez le guide... le guide des prénoms bretons... et leurs statues dans la vallée des saints en Côtes d'Armor...

Ces évangélisateurs de l'Armorique ne sont pas nombreux pour l'instant à Carnoët mais ce sont les plus prestigieux... puisqu'ils sont tous des saints fondateurs de la Bretagne. La région a été évangélisée entre le Vè et le VIè siècle de notre ère et ce grâce à ces 7 saints qui sont à l'origine des diocèses bretons : Dol, Quimper, Saint Brieuc, Saint Malo, Saint Pol de Léon, Tréguier et Vannes. Ces sept villes étaient les étapes du Tro Breizh (tour de Bretagne en breton), un pèlerinage très important du Moyen Age que chaque Breton devait réaliser une fois dans sa vie.

Corentin est le prochain à se faire tailler le portrait, en breton Kaourantin. Fêté le jour de sa mort (comme de nombreux saints d'ailleurs) qui est un 12 décembre, il se décline au féminin, Corentine (c'est un prénom que j'aime bien,c'est le deuxième prénom de ma soeur...).

Corentin a une originalité remarquable puisque, parmi les 7 saints emblématiques, il est le seul à être né en Bretagne, en Cornouailles, pour être précis ... en 375. C'est donc un Armoricain (même si le mot Armorique est un nom breton !!! Et c'est comme cela qu'on appelle les habitants d'avant l'arrivée des Grands Bretons !!! Vous vous y retrouvez !!!). Tous les autres saints fondateurs viennent d'Outre Manche.
Très pieux, il multiplie les miracles près de son ermitage. Il est surtout connu car il possède un poisson qui fait des merveilles : dès qu'on en coupe une tranche, il repousse... Pas étonnant que les sculpteurs de la Vallée l'ait représenté avec un poisson...presque aussi grand que lui...

Photographie de Saint Corentin


La légende veut qu'un jour, le roi Gradlon, (celui de la légende de la cité d'Ys) parte à la chasse et se perde avec sa cour... Il arrive finalement à l'ermitage de Corentin qui nourrit tous les affamés grâce à son poisson miracle...
Plus tard, quand Gradlon désire fonder le diocèse de Quimper, il se souvient de l'ermite et lui demande d'en devenir le premier évêque. Il meurt en 401, à 26 ans. Corentin, le saint patron de Quimper, serait enterré dans la cathédrale.
Et Corentine c'est la variante féminine... et ses dérivés : Cora, Coralie ou Coralise.

Lire cet article en anglais : Celtic name and meaning in France : Corentin

Un prénom breton original : Patern, le saint fondateur de l'évêché de Vannes

C'est le 15 avril, le jour de la saint Patern !
Si vous cherchez un prénom breton masculin original, en voilà un... Si vous aimez la pluie, les fêtes de printemps, vous serez comblé !
Fêté donc le 15 avril (au printemps!), Paterne ou Paterne est le saint patron de Vannes, dont il a été le premier évêque. Il a été vénéré pendant le Moyen Age, quand Vannes était une des étapes du pèlerinage, le Tro Breizh, pélerinage qui fait le tour de Bretagne. Les pèlerins devaient, une fois dans leur vie sur terre, effectuer ce tour de l'Armorique qui reliaient les 7 diocèses de Bretagne (Dol, Quimper, Saint Brieuc, Saint Malo, Saint Pol de Léon, Tréguier et Vannes) crées par les 7 saints fondateurs. Rennes et Nantes ont été ajoutés ensuite.

Patern est un des sept saints fondateurs de la Bretagne, un Grand breton originaire du Pays de Galles. Il émigre vers l' Armorique au Vè siècle. Comme de nombreux Grands Bretons qui ont fui la grande île pour se réfugier dans la petite Bretagne.
D'après le site de la paroisse de saint Patern à Vannes, ce Breton semble avoir été mal accepté des populations locales (c'est un étranger mais un Breton pourtant!).
Il est néammoins à l'origine du diocèse et a été le premier évêque de Vannes (vers 465). Contraint rapidement de démissionner, il s'exile dans un ermitage de la région. Il meurt oublié un 15 avril en 475.
C'est finalement ce jour qui a été choisi pour la fête de Saint Patern (et non plus le 21 mai, jour de la translation (transfert) de ses reliques).

Mal aimé, il était promis aux oubliettes quand, un siècle plus tard, la région de Vannes a souffert d'une grave sécheresse. Les paroissiens se crurent punis d'avoir maltraité leur évêque et le prièrent. La pluie revenue (voilà la deuxième raison), ils construisirent une église en son nom, qui, bien que modifiée, est à l'emplacement de l'actuelle église paroissiale de Saint Pattern. Le tombeau de ce saint n'est pas dans la cathédrale mais dans cette petite église (2 place saint Catherine à Vannes).

Voilà l'histoire de Patern, dont la renommée continue puisqu'il est un des premiers saints à avoir sa statue dans la vallée des Saints de Carnoët (mais j'ai oublié de le prendre en photo).
Signée par Olivier Leveque, elle est accompagnée par les autres sculptures contemporaines des saints fondateurs bretons.

Le prénom de Patern ne vous plaît pas... Allez consulter mes autres billets sur les prénoms bretons ou un guide des prénoms celtes originaux et leur signification...

Lire cet artcile en anglais : A French original name Patern the holy founder of the bishopric of Vannes

Le mémorial de Sainte Anne d'Auray : le monument aux morts des Bretons

Sainte-Anne-d'Auray, ce n'est pas seulement le grand pardon de juillet consacré à la sainte Anne, c'est également un mémorial aux victimes de la 1ère guerre mondiale.
La guerre de 14-18 a fait autour de 10 millions de morts et 20 millions d'invalides dans le monde, plus d'un million de morts en France et on parlait de 240 000 en Bretagne. Le chiffre a été revu à la baisse : on estime plutôt les pertes humaines à 110 à 130 000 morts. N'empêche, la Bretagne a été la région de France la plus ponctionnée proportionnellement à sa population.
Cette Grande Guerre d'un autre siècle commençait le monde moderne : un nouveau matériel de guerre est apparu, les armes ont changé, les tanks, les pièces d'artillerie avec de puissants canons (la grosse Bertha tirait à plus de 9000 mètres), les armes chimiques avec les gaz dans les tranchées...
Et les soldats. Une guerre qui a vidé les campagnes françaises de ses hommes. La Bretagne a fourni de nombreux militaires.

Mémorial de Sainte Anne d'Auray


Les opinions varient pour expliquer cette "ponction" humaine. Pour certains, il s'agit d'une volonté délibérée de sacrifier les Bretons, citoyens de seconde zone, (en France les divisions étaient régionales : les bretons, les Normands...). On connait tous l'histoire de ce soldat bretonnant, non francophone, incapable de se faire comprendre de l'élite militaire et qui finit fusillé par erreur. Ou du Breton considéré comme déserteur alors qu'il revient de se faire soigner et qu'il ne peut expliquer ce qu'il faisait sur l'arrière du front. Certains de ces soldats ont été réhabilités.
Pour d'autres, la contribution de la Bretagne est liée à son caractère extrèmement rural et à son dynamisme démographique. La vérité doit être entre les deux.
Ce mémorial de Sainte Anne d'Auray est, à l'origine, dédié à toutes ces victimes bretonnes de 14-18. Situé juste à côté de la basilique, c'est une grande esplanade ceinturée de dalles gravées et avec, en son centre, un autel imposant.

Fresque à Sainte Anne


Erigé en 1923, le site porte les noms gravés de quelques 8000 soldats, de familles (père et fils !) sur les murs de béton entourant le mémorial. Et donc pas de tous ! Non, ce ne sont pas tous les disparus qui sont honorés ici, mais uniquement les morts des familles qui ont pu payer pour graver les noms de leurs enfants tombés pour la France. Les parents devaient par souscription donner les noms de leurs soldats morts pendant cette guerre. Ce sont essentiellement des milieux aisées ou catholiques qui ont souscrit. La Bretagne rouge n'est pas représentée. Il manque au moins 100 000 noms ! Cette discrimination par l'argent enlève beaucoup de portée à ce Mémorial pour être celui de tous les Bretons !

Noms des soldats disparus pendant la 1ere guerre mondiale


La vocation première du monument en mémoire des victimes bretonnes de la 1ére Guerre mondiale a évolué. Il est maintenant dédié aux disparus de toutes les guerres et lors du pardon de Sainte Anne (25-26 juillet), la messe est célébrée de son autel.

Memorial de sainte Anne


Sainte Anne d'Auray a aussi un important cimetière des victimes de la guerre (regroupant des soldats belges et les blessés morts dans les hôpitaux de l'Ouest).
Un livre de Daniel Emile Millier, un Breton, parle de cette vie de soldats et de toutes ces familles décapitées dans Les fils manqués (fils étant le masculin de filles).

Lire cet article en anglais : The memorial of Sainte Anne d'Auray : a peace monument

Prénoms bretons courts : Malo et Brieuc

Vous aimez les prénoms courts... c'est vrai, c'est pratique... Ils peuvent s'inscrire sur la gourmette du petit ou facilement être gravé sur un médaillon au bout d'une chaine en or... Non, vous n'êtes pas bijou... Par contre, les lettres majuscules en bois qui décorent la porte de la chambre de vos enfants... Ca vous tente...
Revenons à nos prénoms de quelques lettres... Ce sont peut être les plus connus des prénoms bretons... Ils ont leurs deux statues à Carnoët qui parlent de leurs histoires : Malo avec son bateau et Brieuc avec son loup !

Je vous rappelle leurs légendes... que vous avez peut être un peu oubliées...

Malo est né au Pays de Galles, comme tous les autres saints fondateurs, d'ailleurs (sauf Corentin). Fêté le 15 novembre, il a été le premier évêque d'Aleth, (la presqu'île de la commune de Saint Malo). Où les âmes, à l'époque, avaient bien besoin d'être rappelées à l'ordre et purifiées... dit la légende.
Il est représenté avec un bateau par Patrice Le Guen dans la Valléée des Saints car on dit qu'il aurait mis 7 ans à traverser la Manche avant d'accoster sur Cézembre (l'île qui est en face de Saint Malo).. On l'appelle aussi Saint Maclou (mais personne n'a envie de s'appeler comme la moquette ! Et je n'ai pas trouvé si le nom de ce vendeur de revêtement de sols est lié de près ou de loin à notre évêque malouin !).

Photo de la statue de Malo


Brieuc, moine, est devenu le premier évêque de Saint Brieuc et le fondateur du diocèse. Né en 409, Outre Manche (dans ce qu'on appelle maintenant le Pays de Galles), il y passe sa vie en convertissant ses semblables quand, vieillard, un ange lui demande d'aller évangéliser l'Armorique. Il part avec 168 disciples et fonde un monastère à Tréguier que son neveu Tugdual va administrer...
Comme la peste sévit dans son pays d'origine, il repart, calme l'épidémie et revient avec de nouveaux moines. Il a toute sa vie tenté de convertir les pécheurs (qui sont symbolisés par des loups qui veulent le dévorer mais qu'il arrive à dompter). Brieuc est représenté à Carnoët avec cet animal à ses pieds...

Photographie de la statue de Saint Brieuc


Plus tard, Brieuc reçoit des terres d'un parent comte et y fonde la ville de Saint Brieuc.
La légende continue après sa mort : comme de nombreux miracles se produiront sur son tombeau, il deviendra ainsi un des 7 saints fondateurs. Mort en 502, il est fêté le 2 mai. Brieuc en breton se dit Brieg, il existe d'autres variantes comme Briec ou Brioc.

Qui sont ces Saints fondateurs d'Outre Manche ?

A l'origine, vers le IVè siècle, le christianisme s'impose en Grande Bretagne comme religion dominante. Le titre de saint est honorifique et réservé au clergé. Quand ces religieux viennent évangéliser l'Armorique, les grands bretons importent aussi leur façon de voir le monde... Ils encadrent les populations, leurs noms baptisent le lieu où ils prêchent. Et ils essaiment... dans la toponymie bretonne... C'est ainsi que d'après le dictionnaire du patrimoine breton, « on dénombre environ 800 saints bretons dont beaucoup ne sont connus que par les lann ou les plous auxquels ils ont associés leur nom ».

Lire cet article en anglais : French short names : Malo and Brieuc

Tee shirts marins et marinières... la mode en rayures bretonnes

La mode, cette année, est à la rayure... Qui n'aura pas son tee shirt marin ou son pull rayé sera un peu ... beaucoup... passionnément démodé... On doit tous porter des lignes... les bébés, les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes, les vieux... les Bretons et les autres...

Le pourquoi de la rayure...

Au départ, ces vêtements ont une histoire et une utilité bien précises... Les pêcheurs et les marins portent des habits rayés... Et pour cause... L'homme à la mer se repère plus facilement avec ce type de vêtements... En tout cas, c'est ce que dit la légende bretonne...
Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que de grandes marques de vêtements marins sont bretonnes : Armorlux pour ne pas le citer... propose toute la collection... manches longues, manches courtes, bleu, blanc, rouge, jaune...
Et pour faire des affaires, le plus simple est de se rendre sur le site de l'usine (Quimper)... ou dans certains des magasins en Bretagne qui revendent la collection de l'année passée à un prix réduit. Brin de mer, une autre marque de vêtements marins en ligne a aussi sur son site un coin des affaires...

D'autres vêtements, à l'origine bretons, sont devenus des classiques de la mode :... la vareuse, cette veste en coton qui s'enfile par la tête et qui par son épaisseur est un très bon coupe vent...

Et puis il y a le ciré jaune... L'emblème de la tempête en Bretagne, du week end dans les embruns et le crachin breton... J'ai trouvé la légende de son histoire sur le site de Brin de mer... L'imperméable jaune daterait des années 1960, quand las d'attendre son copain dans le crachin breton, un fabricant de vêtements marins a eu l'idée du ciré... Avant il y avait les bonnes vestes huilées... mais c'était une autre époque...

Le pull marin qui se boutonne sur l'épaule a eu sa période de gloire... Autrefois, en bonne laine vierge, il piquait un peu... on le fait aujourd'hui dans des matières moins rêches...
Bref, le tee shirt marin sera donc tendance... cet été... Ressortez donc votre bonne marinière à rayures et arborez fièrement votre vêtement marin et breton...
L'année prochaine, c'est la rayure... verticale ?

Pape breton et évèque de Tréguier : Saint Tugdual et sa colombe

La visite de la vallée des saints m'a donné des envies d'hagiographe (raconter des histoires de saint et de prénom finalement, c'est sympa, on apprend plein de choses !).... On connait tous sainte Anne ou Saint Yves, mais les autres... Ils sont là bas, pourtant à Carnoët, dans leur vallée, les saints fondateurs de la Bretagne à attendre qu'on vienne les voir.

Alors je vais rebooster un peu leur notoriété en leur consacrant des petits billets...
Je commence par un saint prestigieux... Tugdual, un prénom masculin original dont vous voulez connaître l'histoire, je présume... Avant de nommer son enfant, on se renseigne, non ?

Bon, d'accord, ça ne commence pas très bien car ce jeune homme n'est pas né en Bretagne mais dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Pays de Galles. Il a, comme de nombreux autres Grands Bretons, immigré de l'autre côté de la Manche pour évangéliser l'Armorique.
Revenons sur son histoire : il est donc Gallois, né à la fin du Vè siècle (vers 490) et est éduqué dans un monastère. Rien de bien original pour l'époque !
A 25 ans, il émigre avec sa famille, d'autres religieux et compatriotes dans le Léon (au Nord de la Bretagne) où il fonde un monastère d'abord puis un ermitage. Comme la région est peu à peu gagnée par la foi, très vite les deux établissements connaissent un grand succès et un afflux de croyants.
Il élargit bien vite sa mission à toute la région où accomplissant des miracles, il multiplie les conversions. Le monastère de Tréguier est fondé et on le réclame comme évêque en 532. Les princes convertis le remercient en domaines et revenus qui lui servent à fonder d'autres établissements religieux. Bref, tout va bien.

La légende veut qu'en 548, Tugdual se rende à Rome alors qu'on est en train d'enterrer le pape. Après les obsèques, alors que le clergé se rassemble pour élire le nouveau pontife, une colombe blanche, symbole de la blancheur de l'âme, se pose sur la tête de Tugdual. Et voilà comment son destin bascule : on y voit un présage divin et le Breton est élu pape Leo V Papa Britigenus (Léon de Bretagne).
La fin de son pontificat est annoncé par un nouveau signe deux ans plus tard lorsqu'un cheval blanc le ramène par les airs à son siège de Tréguier. Le sculpteur François Breton l'a représenté avec sa colombe dans la vallée des saints où on l'attend. (Il n'était pas là lors de ma visite, je n'ai pas de photo à vous présenter ! Mais où est donc la statue de Tugdual !)

Il meurt à Tréguier, un 30 novembre, à 73 ans (si mes calculs sont bons) en 563.

Fêté ce jour là, son prénom connait de nombreuses variantes : Tual, Tudal, Tugal, Tudwal, Tuzval, Tutuarn ou encore Pabu ou Papu en breton.

En résumé, si Tugdual est le prénom garçon de vos rêves, un prénom original qui vous ravit, voilà ce que vous devez retenir : Saint Tugdual est donc l'un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Il a été le premier évêque de Tréguier (une des étapes du Tro Breizh, ce pèlerinage médiéval qui reliait les capitales des 7 diocèses bretons). Il est souvent associé à une colombe, puisque c'est, grâce à elle, que la Bretagne compte son seul et unique pape.

Oui, votre fils en Nobel de la paix.... C'est pas mal ?

Lire cet article en anglais: History of the Breton forename Tugdual

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