Saint Joachim dans la chapelle Sainte Anne de la Selle Guerchaise


Le marché de la Guerche comme départ pour une excursion au chêne de la Vierge (10 kms) et jusqu’à la chapelle Sainte Anne à la Selle Guerchaise (15 kms) un mardi de juin (Ille et Vilaine)

Si vous voulez visiter une ville des Marches de Bretagne et que ce jour est un mardi, allez à la Guerche de Bretagne, car c’est le jour du marché. Et c’est un gros marché de campagne qui vous attend, avant d’aller visiter deux endroits insolites des environs : le chêne de la Vierge et une pagode chinoise dédiée à Sainte Anne, unique en France.

Situé à l’extrémité sud de l’Ille et Vilaine et au carrefour de plusieurs autres départements : la Mayenne, le Maine et Loire et la Loire Atlantique, la localisation de la Guerche a eu une influence sur toute son histoire. La Guerche est une des étapes du circuit des Marches de Bretagne. Les Marches de Bretagne ( les villes de Vitre et Fougères en sont les emblèmes les plus connus) correspondent à une zone frontalière entre les Francs et les Bretons.
Cette petite ville va passer d’une influence à l’autre, tantôt pour se protéger des Francs, tantôt pour lutter contre les Bretons - quand le célèbre Du Guesclin, le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc - achète la seigneurie en 1379, elle passe aux Francs pour revenir ensuite dans le giron breton. Ses environs verront de nombreuses batailles contre les Anglais notamment. La Guerche a donc été une ville fortifiée, a eu un château dès le XIIè siècle, matérialisant le pouvoir du seigneur sur sa seigneurie. Quand la Bretagne devient province française, le château est délaissé, tombe peu à peu en ruine et est détruit au XVIIIè siècle.



La Guerche a donc eu une position stratégique pendant toute son histoire bretonne et elle est un carrefour commercial important avec le commerce des toiles. Au XVIè siècle, on cultive du chanvre et du lin dans la région. Les toiles sont fabriquées dans les fermes alentour, toiles qui sont revendues ensuite au marché à des marchands spécialisés notamment de Saint Malo. Ce commerce prospère a laissé des traces par des maisons à pan de bois et à porche du XVIè et XVIIè siècle. Il en reste de nombreux exemples dans le centre ville. Les maisons à porche servaient de galeries commerçantes, on y exposait les toiles.

Maison à porche dans La Guerche de Bretagne


Le marché de La Guerche est connu depuis 1121, par un acte où il est fait mention d’un marché implanté dans un faubourg, bourg où des moines s’étaient installés. Cette longévité historique explique notamment sa réputation. Il y avait des Halles, en face de la Basilique actuelle, jusqu’au début du siècle où comme dans de nombreuses villes bretonnes importantes on faisait du commerce et l’on rendait la justice. S'il y a quelques années encore, on trouvait le marché aux porcelets ou aux volailles place du Champ de Foire, les commerçants aujourd’hui proposent des produits plus communs.
Le marché se situe autour de la basilique et est ceinturé par deux énormes parkings… qui sont pleins, pleins d’acheteurs des départements limitrophes. On y trouve du textile, des plantes, des volailles et les spécialités des producteurs locaux et des départements limitrophes : miel, pain, farine de blé noir, viande et fromage.

La Basilique Notre-Dame, Monument Historique au centre de la ville, est devenue basilique en 1951 (le titre de basilique s’obtient par décision du pape). L’édifice qui est construit sur la chapelle du château date de 1206, il a été remanié maintes et maintes fois depuis. Son clocher rappelle les clochers du Finistère (pour le visiter, s’adresser à l’Office du Tourisme) et à l’intérieur, – des vitraux du XVI è siècle, à droite en entrant et des stalles Renaissance très travaillées dans le chœur de l’église, et un gisant en tuffeau, tombeau de Guillaume II.

Une fois la ville visitée, les produits du terroir achetés, en route pour le Chêne de la Vierge.

Pour démarrer la balade, vous devez trouver l’indication pour Fontaine Couverte, commune à quelques kilomètres de là. Suivez la rue d’Anjou qui longe la basilique et continuez par le faubourg d’Anjou. Là, sur votre gauche, une indication pour Fontaine couverte, V3 à 8 kms. Prenez cette direction, vous vous promenez dans un lotissement, vous croisez une croix, vous longez le côté droit de la croix. C’est la petite route communale que vous allez fouler pendant toute cette promenade. Vous traversez différents hameaux : Hairie, la Périnelle,…
J’en oublie mais continuez toujours tout droit pendant 2 à 2,5 kms. Vous allez croiser une croix à gauche, vous êtes sur le bon chemin.

la croix pour aller au chêne de la Vierge


Continuez jusqu’au croisement Route de rondes. Là, prenez à droite pendant un km jusqu’au prochain carrefour (Gaumonerie) et commencez à suivre les indications de chêne à la Vierge sur la gauche. Vous arrivez bientôt à un nouveau panneau de chêne de la Vierge. Vous quittez le goudron et prenez un chemin de terre. Vous êtes à quelques centaines de mètres de la forêt et du chêne à la Vierge.

Le chêne de la Vierge


L’histoire de ce chêne est liée à la Révolution et à ses suites : en 1792, une jeune fille fut fusillée au pied de l’arbre pour ne pas avoir voulu dévoiler la cachette d’un prêtre réfractaire à des soldats républicains, les Bleus. Depuis, ce lieu est un lieu de dévotion, comme en témoignent les très nombreuses statues, Vierges et fleurs le long du chêne ; un petit panneau rappelle l’histoire du lieu. Des cérémonies ont lieu le 15 août.

De là, deux possibilités une fois que vous avez retrouvé la route communale : soit vous revenez vers la Guerche, soit vous allez vers la Selle Guerchaise pour découvrir la chapelle du Pâtis. Là, encore elle vaut le détour : une pagode chinoise abritant une statue de Sainte Anne.
Pour rentrer à la Guerche directement, récupérer la route principale et continuer vers la Selle jusqu’ à un croisement indiquant La Guerche. Au bout d’1,5 km, vous tombez sur la bifurcation que vous avez prise route des rondes mais là vous continuez tout droit et récupérez le chemin que vous connaissez vers la Guerche.

Si la chapelle vous intéresse, suivre la direction de La Selle, donc toujours tout droit pendant 2,5 kms jusqu’à une croix. Laissez là derrière vous et continuez quelques mètres vers la gauche et après le tournant, la bifurcation pour la chapelle est indiquée. Elle se situe au milieu d’un hameau de maisons.

Pagode chinoise dédiée à Sainte Anne


La chapelle du Pâtis ou chapelle Sainte Anne est une pagode en bois, octogonale unique en France : elle a été fondée en 1875 par le recteur de la Selle Guerchaise, Francois Lizé. L’abbé Lizé avait été missionnaire en Chine et a ramené la plus grande partie de la pagode à la fin du XIX è siècle. Elle est dédiée à la Vierge et à Sainte Anne . Elle est ouverte et vous y découvrirez l’épitaphe de l’abbé dans la chapelle, des fresques de couleurs vives datant de 1875,76 (rénovées en 1990-91), des saints (Saint Joseph et Saint Joachim).

Statue des saints de la pagode chinoise


Joachim était l’époux de Sainte Anne et donc le père de la Vierge Marie. Sainte Anne, la Patronne des Bretons, est la mère de Marie et la statue en bois qui la représente date du XVIè siècle, elle a la particularité d’avoir les yeux bridés. Elle porte Marie dans ses bras qui porte elle même l’enfant Jésus. Elle provient d’une autre chapelle de la commune, la chapelle du Poncel qui a disparu.

En sortant de la chapelle, continuez vers la Selle et très vite à quelques mètres, vous verrez une nouvelle croix, dont la visite conférait, d’après l’inscription qu’elle porte, 40 jours d’indulgence pour le pêcheur en quête de rémission. Les jours d’indulgence servaient à racheter les péchés et étaient obtenus quand le croyant faisait un pèlerinage, des prières, des dons. Cette croix devait être sur un parcours de pèlerinage et permettait donc une rémission.
Vous voilà sur le chemin de La Guerche, qui est à un peu plus de 4 kms. Une fois dans le village, ne pas prendre la rue du point du jour mais l’autre, qui n’a pas de nom, à gauche qui vous ramène au boulevard d’Anjou.

Lire cet article en anglais : Walk an unusual inland la Guerche and its market a breton oak with a virgin and a chinese pagoda

Pourquoi ne pas lire aussi :


Pélerinage à Sainte Anne d'Auray : le pardon de juillet

Sainte Anne d'Auray est à l'écart des grands mouvements touristiques de l'été. Et pourtant. Elle a eu ses heures de gloire pendant plusieurs siècles et même maintenant... Sainte Anne a été et est encore un grand lieu de pèlerinage chrétien. C'est un peu le Lourdes local.

Basilique de Sainte Anne d'Auray


La preuve, la basilique, construite au XIXè siècle, à l'époque où les pèlerins étaient trop nombreux pour se tenir dans la chapelle d'Yves Nicolazic.
Confirmée aujourd'hui encore par les quelques 800 000 visiteurs qui se rendent en moyenne tous les ans à Sainte Anne d'Auray (c'est le 3e lieu de pèlerinage en France après Lourdes et Lisieux).
En témoigne encore le parc hôtelier de cette commune de 2000 habitants (qui a la capacité en hôtels et en lits pour accueillir de multiples cars touristiques). Sainte Anne d'Auray saura vous héberger quand la côte morbihannaise toute proche affiche complet (les week ends de printemps quand les gites et autres hébergements sont pris d'assaut... j'ai vécu !).

Revenons au lieu du culte. Tout a débuté en 1622 quand, dans le hameau de Ker Anna, un pieu laboureur, Yves Nicolazic a des "visions"... Ce n'est qu'un an plus tard, dans la nuit du 25 au 26 juillet, que l'énigme est levée... Sainte Anne, la grand mère de Jésus (et des Bretons) se présente... Et plus tard encore, quand la mère de Marie mène le laboureur avec quelques autres croyants à la statue de Sainte Anne... cachée à l'endroit où jadis se dressait une chapelle. La Sainte demande aux fidèles de la reconstruire... 924 ans après.

Voilà la légende qui commence... Sainte Anne, mère de la Vierge et grand mère de Jésus a choisi Yves Nicolazic pour se manifester. Les miracles se poursuivent et la ferveur populaire gagne : le laboureur marié depuis de nombreuses années mais sans enfant, en aura bientôt 4. Pierre de Keriolet, un contemporain de Nicolazic, enfant du pays, bandit de grand chemin, voyou de la pire espèce et libertin se convertira lui aussi...
Les fidèles affluent, qui pour se soigner, qui avec son ex-voto, pour obtenir des faveurs, qui par ses prières, pour avoir une descendance...

Si le lieu était vénéré dès le Vè siècle, au début de l'évangélisation de la Bretagne, la chapelle des origines n'existe plus depuis plusieurs siècles. Et l'édifice qui est construit pour le remplacer est devenu très vite trop petit devant la foule de pèlerins. S'ajouteront à la chapelle, le cloître, la Scala Sancta et la fontaine miraculeuse.

Plan-du-site


La chapelle du XVIIe siècle sera remplacée en 1865 par la basilique actuelle. Elle accueille encore aujourd'hui des milliers de fidèles lors du grand pardon du mois de juillet, jour de la fête de Anne (les 25 et 26 juillet). Son rendu architectural est imposant certes, mais dégage une ambiance triste, grise... C'est une période bien pauvre en terme de création d'architecture religieuse.
Les cinéphiles auront sûrement reconnu la Scala Sancta, l'"échelle sainte" que les pélerins gravissaient et que que l'on voit dans certains films... les Bretonnes à genou, en coiffe récitant des prières parcouraient les escaliers... Un autre monde...

Scala sancta


Sur le site, tout près de la basilique, se trouve un espace dédié à Jean Paul II, seul pape à être venu en Bretagne. Plus de 150 000 personnes étaient venues le voir en 1996.
Vous pouvez aussi visiter la maison d'Yves Nicolazic, qui se situe tout près de la basilique (entrée libre).

Maison d'Yves Nicolazic


Et enfin, tous les ans, à Sainte Anne d'Auray, et pour ceux qui n'auraient pas obtenu les faveurs de Saint Guirec, les célibataires peuvent se retrouver, lors d'un week end organisé en mai, et chercher trouver l'âme soeur !!!!

Lire cet article en anglais : Pilgrimage in France: Sainte Anne d'Auray in july

Le mémorial de Sainte Anne d'Auray : le monument aux morts des Bretons

Sainte-Anne-d'Auray, ce n'est pas seulement le grand pardon de juillet consacré à la sainte Anne, c'est également un mémorial aux victimes de la 1ère guerre mondiale.
La guerre de 14-18 a fait autour de 10 millions de morts et 20 millions d'invalides dans le monde, plus d'un million de morts en France et on parlait de 240 000 en Bretagne. Le chiffre a été revu à la baisse : on estime plutôt les pertes humaines à 110 à 130 000 morts. N'empêche, la Bretagne a été la région de France la plus ponctionnée proportionnellement à sa population.
Cette Grande Guerre d'un autre siècle commençait le monde moderne : un nouveau matériel de guerre est apparu, les armes ont changé, les tanks, les pièces d'artillerie avec de puissants canons (la grosse Bertha tirait à plus de 9000 mètres), les armes chimiques avec les gaz dans les tranchées...
Et les soldats. Une guerre qui a vidé les campagnes françaises de ses hommes. La Bretagne a fourni de nombreux militaires.

Mémorial de Sainte Anne d'Auray


Les opinions varient pour expliquer cette "ponction" humaine. Pour certains, il s'agit d'une volonté délibérée de sacrifier les Bretons, citoyens de seconde zone, (en France les divisions étaient régionales : les bretons, les Normands...). On connait tous l'histoire de ce soldat bretonnant, non francophone, incapable de se faire comprendre de l'élite militaire et qui finit fusillé par erreur. Ou du Breton considéré comme déserteur alors qu'il revient de se faire soigner et qu'il ne peut expliquer ce qu'il faisait sur l'arrière du front. Certains de ces soldats ont été réhabilités.
Pour d'autres, la contribution de la Bretagne est liée à son caractère extrèmement rural et à son dynamisme démographique. La vérité doit être entre les deux.
Ce mémorial de Sainte Anne d'Auray est, à l'origine, dédié à toutes ces victimes bretonnes de 14-18. Situé juste à côté de la basilique, c'est une grande esplanade ceinturée de dalles gravées et avec, en son centre, un autel imposant.

Fresque à Sainte Anne


Erigé en 1923, le site porte les noms gravés de quelques 8000 soldats, de familles (père et fils !) sur les murs de béton entourant le mémorial. Et donc pas de tous ! Non, ce ne sont pas tous les disparus qui sont honorés ici, mais uniquement les morts des familles qui ont pu payer pour graver les noms de leurs enfants tombés pour la France. Les parents devaient par souscription donner les noms de leurs soldats morts pendant cette guerre. Ce sont essentiellement des milieux aisées ou catholiques qui ont souscrit. La Bretagne rouge n'est pas représentée. Il manque au moins 100 000 noms ! Cette discrimination par l'argent enlève beaucoup de portée à ce Mémorial pour être celui de tous les Bretons !

Noms des soldats disparus pendant la 1ere guerre mondiale


La vocation première du monument en mémoire des victimes bretonnes de la 1ére Guerre mondiale a évolué. Il est maintenant dédié aux disparus de toutes les guerres et lors du pardon de Sainte Anne (25-26 juillet), la messe est célébrée de son autel.

Memorial de sainte Anne


Sainte Anne d'Auray a aussi un important cimetière des victimes de la guerre (regroupant des soldats belges et les blessés morts dans les hôpitaux de l'Ouest).
Un livre de Daniel Emile Millier, un Breton, parle de cette vie de soldats et de toutes ces familles décapitées dans Les fils manqués (fils étant le masculin de filles).

Lire cet article en anglais : The memorial of Sainte Anne d'Auray : a peace monument

Visite au pays de la Roche aux Fées (suite) : déguster du pain paysan bio en Bretagne

A l’heure où on restaure de nombreux fours à pain dans les campagnes bretonnes, essayez le pain de fagots et froment. En continuant vers Essé , vous trouverez un panneau vers le Theil (D99) et un indiquant Fagots et Froment ( Le Rozay 35150 Essé - 02 99 47 04 26).
Ils font un très excellent pain bio au feu de bois...


C’est une ferme convertie à l’agriculture biologique. En arrivant devant la ferme il y a un petit parking,

fagots et froment


on voit les fagots alignés contre la haie du champ. A l’accueil vous voyez les chariots remplis de pain et entendez les fours qui crépitent.

l'accueil de fagots et froments


C’est une histoire familiale qui se joue ici. Les enfants, qui ont repris la ferme, expliquent qu’ils ont repris le savoir-faire paysan de leurs parents, qui faisaient comme dans toute ferme, eux mêmes leur pain dans le four.

Les fours sont alimentés par les fagots des haies environnantes. Vous connaissez les drôles de paysage de bocage breton avec leurs haies d’arbres moignons. Eh bien ici l’histoire des paysans expliquent le paysage. Le paysan locataire n’avait pas la jouissance des troncs d’arbres. Il était uniquement autorisé à couper les branches en hiver, ce qui les rendait impropre à tout travail de menuiserie par la densité de nœuds qu’ils avaient. Et vous en voyez encore des traces aujourd’hui dans ces rares haies d’arbres vilainement étêtés, qui demeurent après les remembrements successifs.


haies bretonnes



Le pain est fait avec de la farine bio de froment (le blé c’est du froment) produite notamment sur leurs terres. Les exploitants de la ferme essayent de réintroduire ces blés cultivées depuis des siècles. Ils expliquent dans leur site que leur farine a un gluten plus digeste et que d’après certaines études, les molécules de gluten des variétés anciennes étaient mieux tolérées. Intéressant pour les allergiques au gluten, non ! En plus, la farine est obtenue grâce à une meule de pierre. Le pain est pétri à la main , repose et est cuit au feu de bois dans l’un des trois fours de la ferme. Bref de la culture à la réalisation, presque tout est fait sur place. Vous avez dit développement durable



pain paysan


Le seul problème (si c'en est un!), ce sont des pains d’un kilo, (4 € le kilo ce qui ne fait pas cher pour un pain bio, ça fait la baguette à 80cts). Même s’il vieillit bien, ça fait quand même une bonne quantité de pain à manger. Il y en a en farine blanche et d’autres, en semi complète. Tout chaud et légèrement fariné, il est excellent.

C’est ouvert tous les jours de semaine de 10h à 18h et le samedi matin de 10 à 12. Ils vendent aussi sur des marchés de la région (de Nantes à Saint Malo) et dans les magasins bio. Allez voir leur site http://www.fagotsetfroment.com/Points-de-vente.

Vous pouvez aussi commander de la viande, qui elle aussi est bio. L’un des fils élève des vaches de race Parthenaise et en propose en vente directe une fois par mois. La viande est vendu en caisses de 6, 8 et 12 kg, de 12 € le kg pour le bœuf, à 14 pour le veau. Les caisses de 6 kg sont des petites caisses qui tiennent sans problème dans un petit congélateur.
Si vous voulez vous marier dans l'année, continuez vers le Theil et arrêtez vous dans la petite chapelle Notre Dame de Beauvais à la sortie du village direction Sainte Colombe.

chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


Notre Dame de Beauvais ou Notre Dame de la Charité est pleine d’ex-voto, possède de beaux vitraux et a une architecture toute en rondeur. Un beau calvaire sculpté d’une Vierge à l’enfant (XVème siècle) est situé à sa droite. Et ceux qui baisent le pied du calvaire se marient dans l'année !


calvaire de la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


et sur son portail une inscription rappelle sa date de création 1481.


l'inscription sur la chapelle Notre Dame de Beauvais au Theil de Bretagne


C’était alors une chapelle frairienne (célébration de la fête patronale du village), elle a été reconstruite fin XIXè s. On y vient encore en pèlerinage pendant la Visitation. Elle devait faire partie d’un pèlerinage qui donnait 100 jours d’indulgence (cf Chapelle Sainte Anne de La Selle Guerchaise) à ceux qui le faisaient.
Si vous voulez finir votre balade par du néolithique, continuez vers Sainte Colombe et cherchez le menhir de Rumfort que les fées de le Roche aux Fées ont laissé tombé dans leur précipitation…

Lisez cet article en anglais : Visiting the surroundings of La Roche aux Fées (Brittany) : taste a local bio bread

Algues, thalasso, homards et exotisme à Roscoff

La légende autour de la voie express de Roscoff continue...

5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute.
6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !
7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !
8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute
9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!
10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express


Port de Roscoff


5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute!

Les viviers à langouste existaient déjà au XIXè (le Guide Joanne de 1884 en parle). Aujourd’hui les viviers contiennent coquillages et crustacés grâce aux renouvellement d’eau à chaque marée.
Le port de pêche près de l’embarcadère pour Batz abrite des bateaux caseyeurs. Ces embarcations déposent les casiers en mer et les remontent… pleins de homards et de langoustes…

Bateaux et casiers, en arrière plan Sainte Barbe


6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !

Les algues, c’est un des autres vies de Roscoff. Comme on l’a déjà dit, cette côte bénéficie d’un climat particulier grâce au Gulf Stream (ça va peut être changer avec le réchauffement climatique – le courant risque de se déplacer ou de disparaître mais c’est une autre histoire) et est le foyer unique de plusieurs centaines d’algues. Même les Japonais s’intéressent à nos plantes maritimes…

La région est consciente de cette richesse depuis fort longtemps… Elles ont et servent encore d’engrais pour l’agriculture locale …

Depuis la fin du XIXè siècle, on leur a trouvé d’autres utilités : grâce au Docteur Bagot, le premier centre de thalassothérapie (soins par la mer) en France est crée. L’institut RockRoum, qui existe toujours (site au bord de mer) se sert des algues pour soigner (notamment les rhumatismes, les maladies osseuses)… Louison Bobet y séjourna.

Un intérêt ne vient jamais seul : l’existence d’un centre d’études biologiques, qui date de 1872, on l’appelait alors le laboratoire de zoologie expérimentale et qui continue comme laboratoire international de recherche maritime (CNRS) prouve la spécificité de la zone.

Aujourd’hui, l’été, des bateaux armés d’un long bras vont cueillir les algues dans les profondeurs… et ce long bras, on l'appelle le …. scoubidou

7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !



Roscoff existait déjà à l’époque romaine. Au Moyen Age mais il dépendait de Saint Pol de Léon. Alors comme le hameau était riche, il souhaitait se libérer de la tutelle de son voisin, au moins pour les questions de vie ou de mort. Financée par les armateurs et marchands de la ville, qui voulaient baptiser, se marier et mourir sans avoir recours à Saint Pol, ils ont réussi à construire Notre Dame de Kroas Baz.

Cet ensemble architectural (XVI et XVII) avec son église gothique flamboyant, son enclos et ses ossuaires est doté de symboles maritimes des corsaires et des marchands : canons, caravelles sculptées en ex voto…

Caravelles et canons sur l'église


Des maisons du XVIè avec des sculptures et des gargouilles, vous en verrez dans d’autres parties de la ville.

Notre Dame de Kroas Baz (clocher de granit à balcons, tourelles et lanternons de 1550) a été restaurée et est toute colorée et décorée : voûte bleue lambrisée, poutres, frises… allez y faire un tour.



Dans l’enclos : deux chapelles-ossuaires. L’une transformée en chapelle Sainte Brigitte lieu de célébration des fiançailles et l’autre, qui n’avait pas de porte à l’origine, mais deux étages de baies où l’on jetait les os.

Ossuaire


Une plaque commémorative à Mme Silburne une anglaise qui aida les prêtres réfractaires (ceux qui ne voulaient pas abandonner la religion) pendant la Révolution.

8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute

Le jardin exotique de Roscoff possède des espèces subtropicales (c’est encore un coup du climat). Organisé autour du rocher de Roch Hievec, cette petite hauteur à 18 mètres offre un beau panorama sur la baie de Morlaix.
Du jardin vous pouvez faire une belle rando sur le sentier des douaniers vers Saint Pol (vous passerez devant l’ilôt sainte Anne et le Château de Kernevez, ca vaut le coup d’oeil).

9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!


La Chapelle Sainte Barbe date du XVIIè siècle. Construite pour se protéger des ennemis de l’église et des invasions de pirates, elle est rarement ouverte mais sert encore pour le pardon. Situé sur un tertre rocheux, elle domine l’entrée de la baie et ses murs blancs servent d'amer (repères pour les bateaux).

10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express

Le port en eau profonde accueille les car ferries de Plymouth et de Cork . Dans le centre ville, vous verrez l’autre port plus modeste et dépendant des marées. C’est d’ici que part la navette pour l’île de Batz. L’estacade (500 m de long) permet à marée basse d’attraper le bateau. Et il y en a beaucoup…

Estacade pour le bateau pour Batz


Lisez cet article en anglais : Seaweed, thalasso, lobsters and exotism at Roscoff France

La fête de Saint Yves, le saint patron des Bretons

Non, ce n’est pas Yves Saint Laurent et ses parfums qui sont fêtés le 19 mai mais un vrai saint Bernard, un saint religieux, juste et généreux. Saint Yves est, avec Sainte Anne, l’un des saints emblématiques de la Bretagne. Et pour cause, Saint Yves était un Saint. Et voilà qu’on veut le transformer en Saint Patrick et lui consacrer des manifestations culturelles…

Voyons voir…

Saint Yves est fêté le 19 mai dans notre calendrier mais le pardon de Tréguier toujours très célébré, a lieu le 3è dimanche de mai. Une procession menée par l’Archevêque de Rennes rassemble autour des reliques du saint des milliers de personnes.

Yves Héloury est né à Kermartin (Minihy-Tréguier - 1253) et y est mort 50 ans plus tard en 1303.
Issu de la petite noblesse bretonne, il part faire ses études de théologie à Paris et de droit à Orléans avant de revenir en Bretagne comme official (juge ecclésiastique).

Très vite il rompt avec son milieu d’origine et adopte un mode de vie refusant richesse et luxe. D’abord par ses vêtements (un drap écru sur le corps et de simples chaussures), son mode de vie (un repas par jour). Ensuite parce qu’il prêche en breton… langue des pauvres. Il rend aussi la justice équitablement en ne privilégiant pas le riche sur le miséreux.

Il soigne les malades de l’Hôtel Dieu de Tréguier, nourrit les indigents, donne ses vêtements aux nécessiteux et forme les prêtres à la théologie.

Il meurt le 19 mai (jour de la Saint Yves/Gouel Erwan) dans le manoir familial de Kermartin.

Très vite, l’évêque et le duc entreprennent des démarches auprès du Saint Siège pour le canoniser. Elles aboutissent 44 ans plus tard en 1347.

Depuis Saint Yves est vénéré comme patron breton, mais aussi comme patron des professions de justice et de droit, des avocats. Peut être même des notaires...

Il est représenté avec une bourse à la main (ses dons aux pauvres) et un parchemin dans l’autre (comme homme de loi).

Pour le programme des festivités, allez voir le site de la Saint Yves

Les histoires de l’île de Batz : prétexte à une balade

VRAI ou FAUX
L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC)
Un village est enseveli à l’est de l’île
L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre
Le phare de l’île se visite
Enez Vaz veut dire l’île au dragon
Les algues ont remplacé les arbres sur l'île
Les Brittaniques ont laissé des traces sur l'île
L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques
A vélo ou à pied, allez chercher les réponses...

L’île de Batz était reliée au continent à l’âge du fer (8 au 6è siècle avant JC).
Oui, on pouvait s’y rendre à marée basse. Au siècle dernier, une trentaine de tombes qui ont 4000 ans ont été découvertes par Georges Delaselle, le fondateur du jardin colonial. Ce dernier a creusé une cuvette dans l’extrémité est de l’île (où est actuellement le jardin) pour abriter ses plantes exotiques. Il a protégé l'espace par une haie de cyprès et de pins.

Batz la sauvage


Un village est enseveli à l’est de l’île.
Oui, l’actuel village est récent. Jusqu’au XVII è siècle, le village se trouvait à l' est de l’île, où sont les tombes du néolithique. Cet endroit a peut être même été habité en continu depuis l’âge du fer, car on y a trouvé d’autres traces de présence humaine. En tout cas, l’ancien village est recouvert par 6 mètres de dunes.

On le comprend bien quand on va à la chapelle Sainte Anne. Cette église romane est cachée pour moitié dans les dunes. Ses piliers carrés ont remplacés le monastère édifié par Pol Aurélien, ce Gallois arrivé au Vè siècle en Bretagne pour la convertir. Vers 530, il y crée un monastère qui sera détruit par les Vikings en 878. Ce n’est qu’à la fin du XI è siècle, quand le calme est revenu que les moines réédifient une église. Quand les sables menacent, elle est peu à peu délaissée pour l’édifice du centre ville actuel.

Ses ruines auront tout de même servi de dépôt d’artillerie un peu avant et après la Révolution. Aujourd’hui une messe en plein air est célébrée pour la Sainte Anne fin juillet.
La chapelle est classée depuis 1980 ainsi que le cimetière.

Chapelle deu Pénity ou chapelle Saint Anne


L’île n’a jamais fourni un soldat à l’armée de terre.
C’est comme cela que le guide Joanne présente l’île en 1884 : Dans cette île, tous les hommes sont marins. Le sol est exclusivement cultivé par les femmes.

Et il y en eut des célèbres, des hommes. Un natif, Yves Trémintin, un marin de commerce qui bientôt se met au service de l’Etat comme pilote côtier. Il se distingue par son courage en luttant contre les pirates et perd une jambe. Il s’est retiré sur son île claudiquant…
Il y a aussi un corsaire portugais... Balidar, qui hait l’Anglais et vient aider les Français pendant la Révolution… Il se cache dans le chenal et attend l’ennemi … Les Batziens lui font signe du corps de garde, la maison du corsaire, et il attaque.

Dans le fond, on distingue la maison du corsaire


Le phare de l’île se visite.
Oui, il a été construit entre 1836 et 1852. Il faut monter ses 210 marches par contre…

Phare de l'île


Enez Vaz veut dire l’île au dragon.
Non, l’île de Batz en breton. Par contre, on l'appelle aussi parfois l'île au bâton… et je ne sais pas pourquoi !
J'ai envoyé des mails de ci de
Mais de réponse il n'y a
Si, si, la réponse, la voi
Baton en breton se dit bazh

Par contre, c’est bien un dragon qui habitait l’île il y a quelques siècles.
La légende affirme qu'il y eut jadis ... un dragon qui exerçait des ravages terribles. Aux premiers siècles de l'ère chrétienne, Pol Aurélien, ... arriva à Batz pour y exercer son ministère. Le gouverneur de l'île supplia le saint de délivrer le pays de ce monstre...
Avec un gentilhomme ... de Cléder, il se dirigea, ... vers l'antre de la bête. Arrivé là, il lui ordonna de sortir. Le dragon ... avança vers les deux téméraires...
Sans se laisser intimider par ... l'animal, Pol* lui entoura le cou de son étole**... Mené par cette laisse improvisée, il suivit docilement le saint ... jusqu'à disparaître dans la mer.
On montre encore au nord de l'île, à l'endroit qui porte le nom de " Toul ar sarpent ", le Trou du Serpent, la griffe du dragon dans la pierre.
Les deux héros furent récompensés. Le gentilhomme reçut le privilège ... d'aller à l'église l'épée au côté ... Quant à Pol, il reçut de nombreux présents dont un palais qu'il transforma en monastère. Mais il ne se borna pas à ce premier miracle ; c'est lui qui fit jaillir une source dans l'île,... guérit trois aveugles, deux muets et un paralytique. Après sa mort, vers l'an 600***, il fut enterré à Saint-Pol-de-Léon.
* Confiant dans l’Evangile qui donnait aux apôtres le pouvoir de vaincre les serpents
** L'étole est conservée dans la nouvelle église de Batz.
***On dit que Pol Aurélien a vécu 102 ans… Ca conserve les dragons !

et c’est pour cela que ça s'appelle le trou du serpent ! Où est caché le dragon, c’est logique, non ?

Non ! Parfois, dans les légendes bretonnes, les serpents se substituent aux dragons (car le dragon a fréquemment un lien avec une fée et il n'y a pas de fée partout). Le serpent est aussi plus familier donc plus assimilable. Ces figures légendaires sont en tout cas souvent le symbole des religions païennes dont il faut se débarrasser...

Le trou du dragon


Les algues ont remplacé les arbres sur l'île…
Il y avait très peu d'arbres sur l'île... Et ça posait problème...

Quelques arbres


Les îliens suppléent à l’absence de combustible par du goémon sec et des galettes composées de fiente de vache et de paille hachée qu’ils font sécher au soleil contre les murs extérieurs de leurs maisons. (Guide Joanne 1884). On s’en servait alors pour se chauffer ou cuire des aliments.
Par contre il fallait les récolter : à marée basse ou dans l’eau froide jusqu’au genou, quand c’est la saison, les femmes tiraient le goémon hors de la mer… Pas toujours facile… d'être une femme à Batz !

Aujourd’hui la récolte se fait en tracteur ou avec des scoubidous, ces drôles de bateaux armés d’un long bras qui font cueillir les laminaires au fond de la mer.

Ramassage des algues


Les Britanniques ont laissé des traces sur l'île.
Si on veut... C'est plutôt le contraire... C'est pour défendre la baie de Morlaix contre les Anglais... Il y a plusieurs vestiges de fortification. Certaines du XVIIIè siècle : 4 batteries : celle de Penn Ar C'hleguer qu'on voit encore se situe après le jardin exotique, la batterie du Bilvidic, sur la pointe opposée et les deux autres sur les pointes restantes.
Il y a aussi des restes du Mur de l'atlantique (système défensif allemand de la seconde guerre mondiale) avec des blockhaus... Mais la végétation les a bien cachés....

L'île est une île de primeurs et d'agriculteurs biologiques.
La moitié de l’île est cultivée en agriculture bio. Les terres de l’île de Batz sont des terres de primeurs. Les parcelles sont protégées par des petits murets ou des haies et à l’abri et fertilisées par les algues. Les pommes de terre, le fenouil, la rhubarbe… poussent avec quelques semaines d’avance sur le continent.
On y fait jusqu’à 3 récoltes par an, parfois le ramassage se fait à la main. L’île a bien mérité son label.



Lisez cet article en anglais : History of the island of Batz :pretext for a walk

Sources notamment Daniel Hillion et Daniel Mingat, l’île de Batz (édition Ouest France, 1996).

Tourisme sur la Côte d’Amour : séjour à La Baule ou à Pornichet

Pourquoi venir sur la Côte d'Amour ?
- parce qu'on aime les longues plages d'une petite dizaine de kilomètres...
- qu'on est amoureux !
- ou qu'on aime le Port niché, les Pins, les Plages et les Promenades à Pornichet !
- et qu'on aimerait comprendre pourquoi il y a 3 La Baule : La Baule Escoublac, La Baule Les Pins et La Baule tout court...
Posée sur la côte atlantique, la plage de La Baule est une des plus belles plages d’Europe, dit la publicité. Elle est en tout cas drôlement longue (autour de 8 kms) et bien orientée (Sud Ouest). Elle abrite 2 autres stations balnéaires bien différentes, familiale, Pornichet et sportive, Le Pouliguen.

Baie de La Baule


C'est la baie des amoureux.
Voyez plutôt : la plage est située sur la Côte d’Amour (tout un programme que cette côte qui court de Saint Nazaire au Croisic). Ce nom lui a été donné suite à un concours organisé fin XIXè par un hebdomadaire, La Mouette, qui souhaitait que ses lecteurs baptisent ce littoral en vogue.

Prêt (e) (s) pour un petit week end amoureux, détente ou sportif. Tout est possible.


Commençons d'abord un petit plongeon historique dans l'histoire de la baie

Premier arrêt à Pornichet, un port niché… la première des trois stations à se lancer dans le tourisme…

Ville d’exploitation du sel au XIXè siècle (rien d’original à cela, tous les villages de la presqu’île de Guérande l'exploitaient aussi), les marais salants et les dunes faisaient partie du paysage.
Mais ces montagnes de sable étaient mouvantes et au milieu du XIXè siècle, il fut décidé que la baie avait besoin de stabilité. Oui. Et de fixer ces buttes en y plantant des pinèdes. En plus, le commerce du sel périclite et le port s’ensable… Bref, tout s'effondre... On cherche une solution économique... qui va venir du désenclavement (déjà !) grâce au chemin de fer qui, en 1854, relie Pornichet à St Nazaire.
Et dès 1860, c'est le succès de cette station de bains de mer. Qu'on cherche à agrandir... Le nouveau bois de pins (Pornichet les pins) est bien vite morcelé et vendu pour y construire des villas.

Villa


L’aménagement continue, on remblaie les marais salants et on y construit en 1907 un hippodrome. Courses de chevaux ou casino complètent sa réputation.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Pornichet, comme toute la baie, fait partie du Mur de l’Atlantique (mur défensif construit sur la côte par les Allemands). Elle est couverte de blockhaus. Vous en croiserez encore au gré de vos promenades, ils n’ont pas tous été détruits.

Le tourisme familial de Pornichet le distingue de sa voisine, plus chic, La Baule.

Connue comme l’une des plages les plus mondaines de Bretagne avec Dinard, elle est aujourd’hui un lieu à 3 heures de Paris par le TGV. Pas besoin de voiture pour cette destination, on peut louer des vélos toute l’année à Pornichet (comme à La Baule) ou (moins cher !) se servir de ses pieds.

La Baule est née d’Escoublac, une commune qui est, peu à peu, envahie par les dunes (ca vous rappelle quelque chose!) qui arrivent de l’Ouest. Fin XVIIIè, le village sera même enseveli et déménage d’un kilomètre. La Baule, ou plutôt la Bôle comme il était orthographié au XIXè siècle, vient du breton de Guérande (c’est un des seuls endroits, en Loire Atlantique, au XIXè où l’on trouvait encore des Bretonnants) et signifie rivage marécageux recouvert par les marées (l’équivalent des prés salés du Mont Saint Michel). Vous pourrez voir cette orthographe sur les veilles affiches publicitaires de la ville. A la fin XIXè, la compagnie ferroviaire lui donne l’orthographe que l’on connaît aujourd’hui.

Comme à Pornichet, la même Société des dunes d’Escoublac cherche à immobiliser les dunes par des plantations de pinèdes.

Dunes


400 hectares de pins (un hectare c’est 100m sur 100, faites le calcul) sont plantés : une magnifique forêt de pins du Pouliguen à Pornichet - le bois d’amour -. La guerre est aussi passée par là, puisque le bois a servi pour l'implantation de blockhaus, de structures militaires ou plus simplement de bois de chauffage.

Forêt d'Escoublac


Il en reste aujourd’hui une belle tache verte au milieu de La Baule Escoublac, collée au parc des Dryades (parc sympathique avec ces 300 arbres d’ornement et ces toboggans dernier cri pour les enfants).

Parc des Dryades


Cette forêt d'Escoublac permet de belles promenades. (les ruines d’une église sont visibles dans les dunes, car c’est sous ces arbres qu’est enseveli l’ancien village).

L’essor touristique de cette station attend l’arrivée du chemin de fer en 1879, 20 ans après Pornichet… Très vite les estivants se pressent et la chapelle Sainte Anne fin XIXè est construite pour pouvoir accueillir les touristes, qui augmente considérablement la population de La Baule l’été.

Chapelle Sainte Anne à La Baule


Elle est aujourd’hui un centre culturel où sont accueillis concerts et expo.

Dans les années 20, la pinède est transformée en chalets et donne naissance à la Baule Les Pins. C’est le début d’un grand développement urbain. Dans les années 30, la gare Art déco est construite à La Baule Escoublac.

Gare Art déco de la Baule Escoublac


Il y a bien trois Baule : La Baule Escoublac, La Baule Les Pins et La Baule tout court !!! On s' y perd hein !

Aujourd’hui une grande esplanade piétonne (et une route) longe toute la baie qui a perdu presque toutes ses belles maisons résidentielles -le phénomène commence dans les années 60- Ce sont des immeubles de plusieurs étages ou des hôtels qui les ont remplacées. Il suffit de quitter le front de mer pour découvrir les villas, qui ont fait la renommée de la station balnéaire. C’est par centaines qu’il en reste entre Pornichet, La Baule ou Le Pouliguen.

L’esplanade abrite aussi des hébergements de luxe (c'est une station mondaine, ne l'oubliez pas !) : Le Royal (construit en 1896 mêle un style britannique et Belle époque)

Hôtel Le Royal


ou L’Hermitage (de style anglo-normand)

Hôtel l'Hermitage


accueillent les grands dans la région. Présidents, stars, chanteurs et acteurs s’y succèdent et laissent garer leurs limousines derrière la plage…

La rambla à partir de l’Hôtel l’Hermitage est uniquement piétonne et longe la mer jusqu’au port du Pouliguen.

Activités à y faire

C’est une très bonne destination pour un week end car de nombreuses activités sont possibles toute l‘année. Si vous voulez vous dérouiller doucement : randonnées pédestres autour de la presqu’île de Guérande, ou de vélos (locations possibles toute l’année à Pornichet et La Baule).

Si vous êtes un aventurier de la mer et des éléments : pêche en mer (port de Pornichet), voile, ski nautique, kitesurf ou cerfs volants.



Pour les familles, allez à l’Aquabaule (piscine de loisirs chauffée toute l'année).

Restent encore l’ équitation ou le golf (là aussi possible dans les deux villes) ou encore un petit tour à l’ aérodrome d’Escoublac pour un tour d’ULM ou d’hélicoptère, un baptême de l’air, du parachutisme.

Si vous préférez la détente et le plaisir de la bonne chair… Des centres de thalassothérapies ou des restaurants avec étape gastronomique sont possibles.

Et s’il vous reste des sous… il y a également un casino à La Baule (le deuxième de la baie, si vous avez déjà écumé celui de Pornichet !).

Le Pouliguen termine la baie et vaut aussi le coup d’œil si vous avez le temps… Station familiale et côte sauvage vous y attendent.
Port du Pouliguen


Une petite carte pour vous repérer...




Lisez cet article en anglais : Short break on the French Love Coast : La Baule or Pornichet

Pape breton et évèque de Tréguier : Saint Tugdual et sa colombe

La visite de la vallée des saints m'a donné des envies d'hagiographe (raconter des histoires de saint et de prénom finalement, c'est sympa, on apprend plein de choses !).... On connait tous sainte Anne ou Saint Yves, mais les autres... Ils sont là bas, pourtant à Carnoët, dans leur vallée, les saints fondateurs de la Bretagne à attendre qu'on vienne les voir.

Alors je vais rebooster un peu leur notoriété en leur consacrant des petits billets...
Je commence par un saint prestigieux... Tugdual, un prénom masculin original dont vous voulez connaître l'histoire, je présume... Avant de nommer son enfant, on se renseigne, non ?

Bon, d'accord, ça ne commence pas très bien car ce jeune homme n'est pas né en Bretagne mais dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Pays de Galles. Il a, comme de nombreux autres Grands Bretons, immigré de l'autre côté de la Manche pour évangéliser l'Armorique.
Revenons sur son histoire : il est donc Gallois, né à la fin du Vè siècle (vers 490) et est éduqué dans un monastère. Rien de bien original pour l'époque !
A 25 ans, il émigre avec sa famille, d'autres religieux et compatriotes dans le Léon (au Nord de la Bretagne) où il fonde un monastère d'abord puis un ermitage. Comme la région est peu à peu gagnée par la foi, très vite les deux établissements connaissent un grand succès et un afflux de croyants.
Il élargit bien vite sa mission à toute la région où accomplissant des miracles, il multiplie les conversions. Le monastère de Tréguier est fondé et on le réclame comme évêque en 532. Les princes convertis le remercient en domaines et revenus qui lui servent à fonder d'autres établissements religieux. Bref, tout va bien.

La légende veut qu'en 548, Tugdual se rende à Rome alors qu'on est en train d'enterrer le pape. Après les obsèques, alors que le clergé se rassemble pour élire le nouveau pontife, une colombe blanche, symbole de la blancheur de l'âme, se pose sur la tête de Tugdual. Et voilà comment son destin bascule : on y voit un présage divin et le Breton est élu pape Leo V Papa Britigenus (Léon de Bretagne).
La fin de son pontificat est annoncé par un nouveau signe deux ans plus tard lorsqu'un cheval blanc le ramène par les airs à son siège de Tréguier. Le sculpteur François Breton l'a représenté avec sa colombe dans la vallée des saints où on l'attend. (Il n'était pas là lors de ma visite, je n'ai pas de photo à vous présenter ! Mais où est donc la statue de Tugdual !)

Il meurt à Tréguier, un 30 novembre, à 73 ans (si mes calculs sont bons) en 563.

Fêté ce jour là, son prénom connait de nombreuses variantes : Tual, Tudal, Tugal, Tudwal, Tuzval, Tutuarn ou encore Pabu ou Papu en breton.

En résumé, si Tugdual est le prénom garçon de vos rêves, un prénom original qui vous ravit, voilà ce que vous devez retenir : Saint Tugdual est donc l'un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Il a été le premier évêque de Tréguier (une des étapes du Tro Breizh, ce pèlerinage médiéval qui reliait les capitales des 7 diocèses bretons). Il est souvent associé à une colombe, puisque c'est, grâce à elle, que la Bretagne compte son seul et unique pape.

Oui, votre fils en Nobel de la paix.... C'est pas mal ?

Lire cet article en anglais: History of the Breton forename Tugdual

Les Bretons et la première guerre mondiale

Le 11 novembre, c’est la fin de la Grande Guerre. Et la Bretagne, c’est la région qui a payé le plus lourd tribut : un mort pour 19 habitants, la France un mort pour 29 habitants entre 1914 et 1918.

monument aux morts en Bretagne


Si le mémorial de Sainte Anne d’Auray commémore 240 000 morts – il a été fait entre 1922 et 1932-, on parle plutôt aujourd’hui de 110 à 130 000 soldats tués. La France compte alors 1,4 millions de morts ou disparus pour près de 41 millions d'habitants (la Bretagne a 2,5 millions d'habitants).

La Bretagne de 1914 est une terre de paysans et de marins. Et on dit qu'elle a payé un lourd tribut parce que sa population était essentiellement rurale : "cette surmortalité s'explique par l'envoi prioritaire des ruraux en première ligne, comme pour les Corses ou les paysans du Limousin" (Bretagne est univers, catalogue du Musée de Bretagne).

noms des soldats morts de 1914 et 15 dans une petite commune bretonne

soldats morts de 1916, 17 et 18  dans une petite commune bretonne


La Bretagne d’alors ne parle pas toujours français. Et dans certains régiments, les ordres sont même donnés en breton. En effet, pendant cette guerre les régiments étaient basés sur un recrutement géographique : régiment de Bretons, de Normands…

Si les hommes sont sur le front, les femmes bretonnes ne chôment pas. La Bretagne est une région agricole, les femmes doivent gérer les terres car il faut ravitailler les armées et nourrir la province. Toutes les parcelles de terrain sont bonnes à cultiver : ainsi le jardin du Thabor, à Rennes deviendra potager. Les femmes doivent aussi fournir la main d’œuvre dans les usines.

La première guerre mondiale nous est notamment connu par un auteur breton Roger Vercel (1894-1957), qui raconte dans certains de ses romans ses souvenirs de la Grande Guerre. Le plus connu encore aujourd’hui -puisqu’il a été adapté à l’écran en 1996 par B.Tavernier- est Capitaine Conan qui a reçu le prix Concourt en 1934.

Lisez cet article en anglais : Brittany and the First World War

Tourisme dans la forêt de Brocéliande : l'église de Tréhorenteuc

L'église de Tréhorenteuc n'est pas comme les autres. C'est grâce à l'abbé Gillard. L'autorité ecclésiastique avait décidé d'envoyer un jeune abbé un peu fantasque et contestataire – ses idées de tolérance n'étaient pas appréciées - dans la paroisse la plus "reculée" de ce diocèse morbihanais, afin que certainement la dure vie des campagnes le ramènent à des idées plus acceptables.
Il hérite d'une église en piteux état qu'il décide de rénover... à sa façon (1942-1953) et d'en faire ce qu'elle est aujourd'hui : une église originale où les croyances se croisent ... la légende arthurienne, le monde celte et le christianisme. L'abbé Gillard considérait que ces trois mondes devaient se rencontrer... Le mythe du Graal lui a permis de les rapprocher.

Les références aux chevaliers de la Table Ronde ne sont pas très étonnantes quand on sait que cette petite commune d'une centaine d'habitants est située tout prés de la forêt de Brocéliande, lieu associé à leurs épopées.

La table ronde


Le monde celte a laissé de nombreuses traces en Bretagne... (les druides, ça vous rappelle quelque chose... ils se rassemblent tous les ans dans la forêt)...
Quant au christianisme, il est partout (les croix de pierre jalonnent les chemins bretons).

Vitrail de l'église de Tréhorenteuc


Ce n'est peut être pas, non plus, un hasard .... si Henri Gillard a été chargé de la paroisse de Tréhorenteuc. En breton, Tréhorenteuc signifie... le pays de la charité... tout un programme en lien avec les idées de l'abbé, idées qu'il va mettre en images dans cet édifice.

L'abbé Gillard


L'entrée de l'église est pleine d'interrogations : la porte est en dedans (de soi, à nous de la découvrir...) est gravé sur le porche.

La porte est en dedans


L'intérieur est tout aussi truffé de symboles et d'interrogations. Aidé par deux prisonniers allemands, l'un menuisier fabrique la voute et les bancs, l'autre, peintre est à l'origine de certaines des illustrations de cette chapelle.

Vous pourrez voir la fée Morgane (qui habite tout près, dans le Val sans Retour) immortalisée dans l'église avec les chevaliers de la Table Ronde

Morgane et les chevaliers


ou la Cène (le dernier repas du Christ revisité) ...

La cène et les chevaliers de la Table Ronde


L'église, qu'on appelle aussi la chapelle du Graal, est dédiée à Sainte Onenne, la patronne de Tréhorenteuc. Vingt-deuxième enfant de Judicaël roi de la Domnonée, au VIIè siècle, (un des royaumes de l'Armorique), Onenne est née tout près d'ici, à Gaël. Elle ne veut pas d'une vie de princesse et s'engage comme servante dans une ferme. Elle est représentée sur les vitraux avec des oies. Très pieuse, elle n'a pas fait de miracles mais ses qualités (piété et bonté) l'ont élevé au rang de sainte. Une sainte bretonne...

Si vous voulez encore mieux comprendre l'édifice et tous ses secrets, rendez-vous à l'office de tourisme situé devant l'église, qui propose brochures et visites guidées pour appréhender cet univers original.
Cette petite excursion est l'occasion d'aller voir le manoir des Rues-Neuves (qu'on appelle aussi le château de Gerwan, prince breton du IXe siècle). Classé Monument Historique, le bâtiment est privé et ne se visite pas.

Manoir des rues neuves


Ou de faire du tourisme légendaire : découvrir la forêt avec le Val sans Retour (maris menteurs, amants sans scrupules, abstenez vous : la fée Morgane y emprisonne les hommes infidèles), de vous rendre devant l'Arbre d'Or, (l'arbre vestige des incendies de la forêt de Brocéliande), de vous balader dans les sites mégalithiques comme le Tombeau des druides ou le siège de Merlin..., de visiter l'abbaye de Paimpont, le chène à Guillotin ...



Lire cet article en anglais : Tourism in the French forest : visit the church of Trehorenteuc

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