Visiter le moulin du prat


Moulins à marées en Bretagne

Mais à quoi servent les marées ? A moudre de la farine, pardi !
- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
- Y en a -t-il ailleurs ?
- Depuis quand ces moulins existent ?
- Comment ça marche ?
- Où peut on en voir ?

- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
La Bretagne est une terre d'abers... d'estuaires en quelque sorte. Et celles-ci sont fort précieuses pour nos moulins. A chaque marée, la mer les envahit puis les délaisse et c'est ce mouvement de marées qui est à l'origine de l'énergie des moulins.

Moulin de Pen Castel dans la presqu'île de Rhuys, Morbihan


- Y en a-t-il ailleurs ?
Il y en a dans les pays à estuaires, le Portugal, l'Espagne, le Royaume Uni, l'Irlande, les Pays Bas et les Etats Unis.

- Depuis quand ces moulins existent ?
On les connaît, en Bretagne, dès le Moyen Age, et il y en eut jusqu’à une centaine dans la région.

- Comment ça marche ?
Le moulin à marée utilise comme énergie la force de la mer. Le principe était simple : on laissait les marées montantes remplir un bassin fermé par une digue. Une fois la marée basse, il suffisait d’ouvrir le bassin et de laisser s’échapper l’eau qui actionnait une roue.

Bassin du moulin de Pen castel


Ce type de moulin demandait un investissement de départ : une digue à construire. Le meunier, par contre, vivait à l'heure des marées et pouvait travailler la nuit.

Meunier tu dors… oui parfois pendant le jour… si j’attends la mer…

Inconvénients de ce système : comme tous les énergies liées aux éléments, elles sont variables. Avec les périodes de vive-eau (marées à forte amplitude) et de morte-eau… Marée importante, bon fonctionnement, petit coefficient de marée, faible mouvement…

Digue du moulin de la vallée de la Rance


Avantage : C'est une énergie renouvelable... La marée revient toutes les 6 heures… Ce n’est pas le cas du vent…

Les moulins pouvaient être alimentés en grains par la terre et par la mer. Les chariots et les bateaux repartaient chargés de farine…

Moulin à marée dans la vallée de la Rance


Petite précision encore. Le moulin implique une pratique artisanale des meuniers. Plus tard on parle de minoterie, ce qui suppose une destination industrielle du monument. L’utilisation des moulins de mer s’arrête avec la Seconde Guerre Mondiale.

Si vous voulez comprendre le phénomène, la maison de la Rance à Dinan explique, à l’aide d’une maquette, le fonctionnement du moulin. La Rance possédait beaucoup de moulins car l’amplitude des marées y est particulièrement importante.

- Où peut on en voir ?
En Bretagne, certains moulins ont été restaurés : dans le Sud de la Bretange, le moulin de Pen Castel dans la presqu’île de Rhuys et dans le Nord, à Bréhat le moulin du Birlot ou encore le moulin du Prat sur la Rance qu'on peut visiter tous les jours en saison et les dimanches et jous fériés sinon… .

Estuaire sans eau dans la vallée de la Rance


Lisez cet article en angalis : Tidal mills in Brittany France

Pourquoi ne pas lire aussi :


Rando en Bretagne : les dénivelés du Mont Dol

Voilà une petite balade riche en découvertes : préhistoire, chapelle, moulin, grottes... L'ascension du Mont Dol est une véritable aventure.

Le site permet un cours concret d'histoire du relief : vous savez qu'il y a encore quelques dizaines de millénaires, quand il faisait bien froid, la mer était plus proche de nous ... Le Mont Dol était une île. Du sommet, on devine bien le relief des grandes glaciations et la limite où l'océan s'est arrêté ! Aujourd'hui la mer a reculé et elle était encore plus lointaine aux temps préhistoriques... Bref, ca va, ca vient !

Mountain in France


Oui, le Mont Dol a accueilli des hommes, il y a quelques milliers d'années, dans des grottes situées au nord de la colline. Des Néandertaliens, amateurs de gros pachydermes, nous ont laissé des restes de leurs festins. Les hommes devaient guetter les mammouths du sommet du mont, les repousser vers les marécages... où les animaux s'enlisaient... et là, les chasseurs finissaient leur travail. Il fallait ensuite dépecer la bête ... et la conditionner pour pouvoir la conserver et la déguster pendant les mois suivants sa prise...

Un site préhistorique proche (à Jersey) sert de référence aux chercheurs et leur a permis d'affiner leurs recherches (vous en saurez plus en visitant l'église qui est au pied du Mont : une exposition explique l'histoire du lieu... vous y admirerez en plus de belles fresques murales restaurées polychromes... C'est rare dans les églises bretonnes, les murs étaient souvent passés à la chaux... pour désinfecter après les épidémies !).

Aujourd'hui, au sommet du site, il y a un tout petit édifice religieux, une statue monumentale posée sur une tour, des arbres centenaires, un moulin...

Tree


Le site a connu de nombreuses occupations religieuses. Aujourd'hui, il reste cette petite chapelle avec un vitrail dédié à la guerre 14-18.

Churches in France


Et surtout la tour Notre Dame de l'Espérance (1857) qui domine tout le paysage.
Par beau temps, on a une vision panoramique de la côte, le Mont Saint Michel, Cancale et toute la baie. Et par temps très clair, on peut même découvrir les îles anglo-normandes (Jersey et Guernesey) qui finalement ne sont pas si lointaines.

Religious statue


Et il y a aussi cette légende... le Malin a oeuvré par ici !
Oui après avoir terminé sa Merveille du Mont-Saint-Michel, il a défié Saint Michel en lui demandant de réaliser un pareil chef d'oeuvre aussi parfait...
Le Saint choisit l'autre colline de la baie, le Mont Dol et, en une nuit, réalisa un immense et magnifique palais de cristal. Le démon, furieux, voulut le détruire, mais l'archange Saint-Michel proposa d'échanger les monuments. Le Diable accepta et une fois dans son palais du Mont Dol, il se rendit compte de la supercherie... Le palais n'était pas cristal mais glace... et il faisait beau, ce jour là !
Le diable, de rage, voulut tuer l'archange mais Saint Michel réussit à l'envoyer dans une faille du Mont Dol qu'il avait ouverte avec son épée. Et hop, bon débarras ! Le Saint rejoignit alors le Mont-Saint-Michel d'un bond... et laissa son empreinte dans une des roches de granit du Mont-Dol. Cherchez les traces des griffes parmi les rochers ! Si, si, elles sont là !
Le moulin date de 1843 et a fonctionné jusque dans les années 50. Il est ouvert à la belle saison et peut se visiter les week-ends (de Pâques à septembre nous rappelle une affichette).

Moulin du tertre


Il y a une crêperie au sommet du site, ouverte pendant la belle saison.
Pour continuer la balade vous pouvez redescendre par l'autre côté du sommet et faire le tour du mont avant de rejoindre le parking. Choisissez le bon côté pour voir les grottes !



Lire cet article en anglais : Walks in France : the slopes of Mont Dol

Recette maison de la confiture de mûres

Les mûres, vous connaissez... Les spécialistes me diront de spécifier de quelle mûre je parle... Le fruit de la ronce ou celui du mûrier.

Le premier, la mûre sauvage, se trouve dans tous les coins un peu abandonnés, le long des murs, des haies, des fins fonds de parcelles...
Le second est un arbre qui donne des fruits comestibles, des mûres (encore!) mais qui est surtout connu pour l'élevage des vers à soie... Ces petits annélides (j'ai du vocabulaire, chers lecteurs !) se nourrissent des feuilles du mûrier pour faire leur cocon qui donnera le fil à soie. Mais j'en reparlerai quand ce sera la saison...

La confiture de mûres est facile à faire. Le plus fastidieux, c'est la cueillette... Souvent les meilleures mûres et les plus gros fruits sont un peu difficiles d'accès. Mais après l'effort, les gants, les épines et les orties, le réconfort... C'est bien connu...

Mûres mures ou murmures !


Recette

Des mûres
du sucre
Faire éclater vos mûres dans un peu d'eau (10 minutes à feu doux).
V1 - Passer les fruits au moulin à légumes pour récolter la pulpe.
V2 - Mettre vos fruits dans une étamine (tissu de lin), suspendre le "sac" et laisser égoutter dans une casserole. J'aide ensuite avec les mains. On récolte plus de pulpe mais c'est plus long et plus salissant...
Peser la pulpe. Ajouter la moitié de sucre. Pour donner une petite idée des quantités, j'avais 600g de pulpe donc 300g de sucre. Faire cuire à feu doux 1 heure à 1 heure et demie.

Pulpe de mûres en train de cuire


Mettre en pot à chaud, fermer le pot et le laisser refroidir à l'envers. Le stocker à l'envers jusqu'à dégustation.
Lisez cet article en anglais : Homemade blackberry jam recipe

Un annuaire sur la Bretagne

Ca fait maintenant plus d'une bonne année que je poste régulièrement sur mon blog d'actualités, de loisirs et de tourisme en Bretagne. Un an que j'évoque des sujets divers mais toujours en lien avec notre région bretonne.

Et du coup, vous êtes nombreux à me visiter et à me demander moults renseignements sur ce coin que j'affectionne. Les messages que je reçois sont très variés : entre la crêperie à conseiller et l'expo à visiter ou les loueurs de bateaux sur le canal... tout y passe... Et que vous soyez d'ici ou que vous vouliez visiter la région, les demandes ne sont pas les mêmes !

Alors, l'idée d'un annuaire a peu à peu fait son chemin... pour pouvoir mieux répondre à vos attentes.

Ca sert à quoi un annuaire ?

A répondre de façon spécifique à vos questions. C'est un peu comme des pages jaunes régionales mais ciblées sur la Bretagne, avec des catégories très diverses mais qui peuvent répondre à vos quêtes d'infos spécifiques et spécialisées sur la Bretagne, ce qui vous intéresse localement : cela peut aller du festival d'une commune du Finistère à un stage de scrapbooking dans le Morbihan, à un producteur de lait d'Ille et Vilaine ou un gite des Côtes d'Armor.

Vous trouverez de nombreuses informations plus rapidement puisque ce sont uniquement des sites situés dans la région, des sites d'entreprises, des institutionnels ou des associations, des sites de loisirs ou d'activités, des blogs de Bretons ou ciblés sur la Bretagne...

L'annuaire permet de regrouper tout ce qui vous intéresse ou presque... localement. Il centralise des informations régionales, des idées de lieux à découvrir, des coins qui vous passionnent, des événements à ne pas manquer, des festivals que vous avez aimé ou enfin le site que vous adorez... Bref, cela vous fait gagner du temps dans des recherches qui sont bien ciblées plutôt que de vous perdre dans le web !

Pour ceux qui veulent inscrire leur site dans l'annuaire :

Les classements sont proposés par département. 4 pour l'instant. Chacun se décline ensuite en rubriques générales et en sous, sous catégories.
Choisissez la catégorie qui vous correspond le mieux et cliquez sur le lien "soumettre un site" dans la barre de navigation (vous pourrez suggérer une catégorie plus adéquate lors de votre inscription).

C'est gratuit et cela vous permet de laisser vos coordonnées : site et adresse sur un annuaire qui cible la Bretagne.

N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

Randonnée sur la côte atlantique ou excursion à vélo autour de BATZ sur Mer

Après La Baule la mondaine et Le Pouliguen, le sportif, voilà Batz le culturel... Et son lot de questions. On joue à VRAI ou Faux.
- Batz est une île où habite des femmes en délire ? (1)
- Le commerce du sel a fait la richesse de la région ? (2)
- On visitait Batz au XIXè siècle pour se dépayser en allant voir du folklore breton ? (3)
- Notre Dame du Mûrier est à l'origine de la soie à Batz ? (4)
- On voit Belle Ile de Batz ? (5)
- La statue de Notre Dame du Précieux Sang a été volée et retrouvée en Finlande ? (6)
- Les 7 péchés capitaux sont représentés dans Saint Guénolé ? (7)
- Un moulin à vent meule du blé noir les jours de tempête ? (8)
Batz sur Mer est situé sur la côte atlantique, au milieu de la presqu’île de Guérande. Et c’est une bonne étape pour vous poser avant de faire demi tour si vous êtes parti de la pointe du Pouliguen ou de celle du Croizic.



Petit retour historique sur Batz

1 - Il y a encore quelques siècles le bourg de Batz, comme on l’a appelé jusqu’au XIXè siècle, était une île. Et qui avait une bien mauvaise réputation. Ecoutez ce qu'en disait Strabon, cet illustre géographe grec du 1er siècle avant JC :

… L’île de Batz était originairement habitée par des femmes… espèces de prêtresses en délire, qui… venaient s’y livrer loin du regard des hommes à toutes les pratiques d’une religion cruelle et insensée. Ces femmes sont vouées au culte de Bacchus(*)… une fois chaque année elles détruisent le toit de leur temple, qu’il leur faut rétablir le même jour. Si l’une d’entre elles, chargée de matériaux destinés à ce travail, a la maladresse de les laisser choir…, ses compagnes la saisissent, déchirent son corps et en promènent les lambeaux autour du temple en poussant d’horribles cris de fureur.
(Guide Bretagne de Paul Jouanne de 1884).
* Dieu du vin chez les Romains

Sympa l’île…

Mais les sables bougent et Batz est devenu terre. Et a, sûrement, abandonné ses curieux mœurs…

2 - Des documents écrits au Xè siècle rappellent qu’Alain Barbe Torte, un des premiers ducs de Bretagne, donne le territoire de Batz à des religieux, pour qu’ils exploitent la presqu’île et notamment le sel. Et depuis près d’un millénaire, l’homme exploite cette ressource naturelle. Pourtant, au XIXè siècle, la manne salicole (du sel) est menacée.

Mais en 1806, Napoléon crée un nouvel impôt sur le sel. En fait, la nouveauté est que la taxe est perçue à la source de production et que les brigades de douaniers sont chargées de surveiller nuit et jour les accès au marais. Cette décision plonge les paludiers* dans la misère. En 1817, sous la Restauration, la troque [droit d'échanger du sel contre des céréales qui existait depuis 1420] est rétablie sans apporter de vraie amélioration au sort des paludiers. Alors que le Blocus Continental a définitivement ruiné le commerce international du sel, la concurrence des sels du Midi et de l'Est se fait de plus en plus sentir. Elle gagne les circuits commerciaux traditionnellement approvisionnés par les sauniers* dont le trafic était le seul moyen de subsistance. Cause de fraude et de délinquance, la troque est supprimée en 1862. [...]
paludier et saunier * : ouvrier qui travaillent à la production de sel

Les travailleurs des marais salants attendent avec impatience, eux aussi, le chemin de fer (1879) en pensant pouvoir relancer l’économie salicole. Mais, c’est l’économie touristique qui va en naître et en bénéficier.
3 - Les baigneurs, qui viennent jusqu’à Batz sur Mer, ne profitent pas uniquement des bains de mer. Ils veulent voir du tourisme folklorique en rêvant (déjà) devant les paludiers costumés et leurs pardons (le pardon de Saint Guénolé a encore lieu début août)…

Le guide Joanne de 1884 confirme d’ailleurs cette vision ethnologique
Les habitants disent ne pas appartenir à la même race que les populations d’origine bretonne environnantes, ils se croient d’origine saxonne ou scandinave. Cependant …l’aspect physique, ni le costume, ni la langue des paludiers n’indiquent une séparation nette entre eux et leurs voisins du plateau de Guérande. Dans les deux régions on trouve en même nombre des hommes de haute taille aux yeux bleus et à la chevelure blonde, les anciens costumes ont à peu prés disparu sauf la coiffe des femmes… Ce qui distinguait surtout les gens de Batz, c’était l’isolement dans lequel ils vivaient et le patriotisme local qui en était la conséquence. Naguère il n’y avait pas d’exemple qu’un seul de jeunes hommes se mariât avec une fille des alentours. La pureté de la race était complète tous les habitants du bourg sont cousins et les familles qui portant le même, nom si nombreuses qu’il faut les distinguer par des sobriquets.
Plus d’un siècle a passé et vocabulaire et vision du monde ont bien évolué…

Mais très vite la station perd son caractère folklorique – on ne porte plus le costume – et vit de sa réputation balnéaire. Et même si l’économie de Batz sur Mer a changé, le nombre d’habitants reste relativement stable (2689 habitants en 1884 pour 2734 en 1996).

La balade, le long de la côte atlantique, croise certains épisodes de la vie de cette commune. Des croix, (si nombreuses ici que je ne sais pas laquelle choisir)

Croix commémorative de 1944 sur le sentier des douaniers du Pouliguen à Batz sur Mer


et des menhirs,

Menhir sur le chemin de randonnée de la presqu'ile de Guérande


jalonnent le sentier des douaniers.



Plus contemporain, le Grand Blockhaus est un musée

Musée le grand Blockhaus de Batz sur Mer


situé dans un des plus grands blockhaus du Mur de l’Atlantique : 300m2 sur 5 niveaux… de reconstitutions à l'aide de mannequins.

4 - Un peu plus loin, vous avez le choix de continuer vers Le Croisic et le menhir de Pierre Longue ou bien vous quittez le chemin et entrez dans le village de Batz sur Mer pour découvrir les vestiges de Notre Dame du Mûrier.

Portail gothique


Les avis divergent sur l’origine du mot « mûrier » .
Pour certains, il est lié à une légende d’un individu sauvé de la mer grâce à une lueur sur terre. Il promet de construire une chapelle.
Il existe en Bretagne de nombreux édifices dédiés à Notre Dame du Mûrier, se rapportant souvent à une légende similaire : un individu découvre une statue souvent dans un buisson de mûriers (de ronces) et promet d’y construire un lieu saint.

D’autres estiment que mûrier a une autre signification et y voit une déformation d’un mot latin qui signifie saumure et donc par extension marais salants.
Il faut croire que l’édifice est familier des ruines car au milieu du XVè siècle, la future Notre Dame est construite à l’emplacement des vestiges que les Batziens souhaitent reconstruire pour se protéger de la peste qui ravage la Bretagne.

Et comme les ressources manquent, le duc de Bretagne demande au pape d’accorder des indulgences (comprenez des sous, on achête ses bonnes actions) aux fidèles visitant la chapelle. Grâce à ses dons, cet édifice de style flamboyant est fini en 1496.

Gothique flamboyant


Mais en 1819, la toiture est arrachée et la chapelle connaît à nouveau les ruines.

Au milieu du siècle, conscient de sa valeur romantique (les Romantiques de l’époque adorent les ruines), Notre Dame du Mûrier est classée monument historique en 1862. Depuis, elle a été restaurée et offre une belle carcasse de granit du XVè de très belle dimension (27 mètres sur 15 mètres).

Juste à côté, l’église de Saint Guénolé, Saint Irlandais qui créa Landevennec (monastère qui serait à l'origine de la diffusion du catholicisme en Bretagne).

Vitrail de Saint Guénolé


5 - Cette église de granit, elle aussi de style gothique flamboyant, de la fin du XIVè se repère grâce à sa très haute tour carrée en pierres terminée par une lanterne.

Tour carrée de Batz sur Mer pour découvrir le panorama de la presqu'ile


A l’origine, la tour était en bois, mais a été détruite par deux fois (foudre et feu) au XVII è siècle. C’est grâce à un impôt spécial sur le vin et uniquement dans leur commune que les Batziens purent reconstruite un clocher en pierre haut de 70 mètres… auquel on accède par beau temps, pour admirer Belle Ile ou Noirmoutier. La tour se visite mais quand j’y suis passée, elle était fermée « pour travaux».

Ce n’est pas sous la tour, par le porche flamboyant en partie abîmé -l'érosion et la Révolution!-, que vous rentrerez dans l’église mais par une porte latérale donnant sur la place.
A l’intérieur les charpentes sont en bois et rondes (voûte en carène : partie de la coque située sous la ligne de flotaison) comme souvent dans les églises de bord de mer (Serait ce du aux charpentiers marine du village ???? qui imitent ainsi les coques de bateaux !!!).

Voute en carène ou coque de bateau renversé ?


Certaines sont peintes.

6 - Vous y découvrirez la statue du précieux sang (le sang coule du cœur de l’enfant dans un calice), il y en une à l'entrée et deux dans l'église. Cette statue en bois du XVè siècle se trouvait dans Notre Dame du Mûrier jusqu'à ce qu'elle ne tombe en ruine. Après, elle a été vénérée dans l'église de Saint Guénolé jusqu'à son vol en 1979. On l'a retrouvée aux Pays Bas quelques années plus tard...

Notre Dame du Précieux Sang


des vitraux, un orgue monumental…
7 - et un homme en proie aux 7 péchés capitaux...

les-sept-peches-capitaux


Et là il faut se décider … une balade dans les marais salants ou bien un retour dans l’intérieur en vous laissant guider par votre flair au gré des villas jusqu’au Pouliguen.

En chemin, vous pouvez visiter le Moulin de la falaise qui date du XVIè mais qui a été rénové en 1992.

Le moulin de la falaise


8 - Il produit de la farine de blé noir (pour nos galettes bretonnes) et se visite.
Le moulin est ouvert au public :
- quand les toiles sont déployées.
- en été tous les après-midi, du 15 juin au 15 septembre (fermeture hebdomadaire le dimanche).
- hors saison, le samedi après-midi et pendant les congés scolaires, sauf Noël.
Je suis loin d’avoir tout dit sur Batz car chaque recoin vous proposera quelque chose à découvrir. Je vous l'avais bien annoncé : Batz c'est l'étape culturelle...

Je peux terminer par ma série people, (people du siècle dernier certes un peu oublié ces people là), Balzac, grand écrivain du XIXè a séjourné à Batz et même écrit quelques lignes sur le village dans Beatrix (roman de Scènes de la vie privée qui se situe à Guérande).

Le Roi Arthur est aux Champs Libres à Rennes

J’ai une copine, Suzanne -pour ne pas la nommer- qui habite en Brocéliande ( le pays de Merlin, le précepteur du Roi Arthur). Elle m’a proposé d’aller voir aux Champs Libres l’expo le Roi Arthur, une légende en devenir.



J’ai évidemment dit oui. Et ce pour deux raisons : Arthur, elle connaît bien en étant à deux pas des lieux mythiques de la légende (et moi, dois-je l’avouer… je suis pas tout à fait au point sur la geste arthurienne). La seconde, c’est qu’elle vient d’obtenir un master de médiation du Patrimoine. Alors visiter une expo avec une spécialiste à l’œil professionnel et critique, ça ne se refuse pas.

Rendez vous dans le hall des Champs Libres où un guide commence la visite devant deux énormes statues qui introduisent le thème (Morgane et le géant vert)…




et ce sont les seules photos de l’expo que vous verrez, car les pièces exposées étant très rares (tableaux, miniatures, manuscrits enluminés –La bibliothèque de Rennes Métropole possède l’un des plus anciens romans de la Table Ronde du XIIIè siècle-, pièces des musées londoniens, jeux d'échecs en ivoire miniature …) on ne peut les photographier.

C ‘est à l’étage que commence l’exposition. Très vite, on se rend compte que sans guide, on est perdues… Le côté esthétique de l’expo ne fait pas de doute mais le côté didactique est resté dans les limbes… La guide, heureusement, connaît bien son sujet mais elle doit jongler entre des explications d’œuvres ou jouer au conteur de légendes… Elle explique pourtant que l’expo a eu un franc succès, certains visiteurs venant même de Paris ou d’Outre Manche pour la voir… Elle continue en précisant que les visiteurs ont rapidement demandé à avoir des médiateurs pour visiter l’exposition. Et je les comprends !!!
Ce sont les spécialistes des légendes arthuriennes de l’Université de Rennes II qui sont à l’origine de l’expo. Ca se sent. Je sais que Arthur, c’est un monde de légendes, de brume et de brouillard, et bien c’est réussi. !!!



Alors, un conseil, visitez accompagné par un bon passeur… au risque d’être déçu par un thème si attrayant.
Pendant les vacances scolaires, des animations pour les 5-7 ans et les 8-12 ans sont proposées autour des petits chevaliers de la Table Ronde. Plein tarif : 5 € et 3 € pour le tarif réduit. Fermé le lundi et les matins.Jusqu'au 4 janvier.

Caravane des quartiers Nord Saint Martin : visite de la station d'épuration de Beaurade

C'est dans le cadre de la Caravane des quartiers qu'on m'a proposé de faire cette visite.
Rennes organise chaque année des manifestations sur plusieurs jours dans les différents quartiers de la ville. Celles liées à la caravane du quartier Nord Saint Martin auront lieu pendant la fête de la Saint Jean (fin juin) avec un thème phare : l'eau. Les habitants ont donc été invités à visiter la station d'épuration de Beaurade (tout près des landes d'Apigné).

Station d'épuration


Je me suis portée volontaire, c'était très instructif et intéressant. D'ailleurs, si la découverte du traitement des eaux usées vous intéresse, la guide de la station m'a expliqué que tout le monde (avec un groupe de 7 au minimum) peut visiter Beaurade. Elle accueille 2000 visiteurs par an, (de très nombreux scolaires et étudiants (école d'ingénieurs)) et l'été, l'office du tourisme propose aussi des dates.

La station date de 1996 et traite les eaux sales... Pluies et égouts... (l'eau potable, on la traite ailleurs!). L'eau arrive dans les locaux et ressort dans la Vilaine après deux jours de traitements. On suit le parcours de ces eaux usées, sales et même très sales...
La station filtre, nettoie, dépollue grâce à différents systèmes, bassins et bactéries ! L'eau redevient claire, dépolluée à presque 100%... Les traces de médicaments repartent (par contre) dans la nature et continuent à transformer le sexe des poissons ! Mais l'INRA cherche une solution, nous a-t-elle dit !

Les bassins de traitement des eaux


Malgré les quantités d'eaux traitées, il n'y a presque pas d'odeurs sur le site (car on y nettoie l'air...on vous expliquera !). Tout est automatisé et fonctionne évidemment 24 heures sur 24.

La station est prévue pour traiter des pluies conséquentes comme des évènements décennaux (qui sont déjà impressionnants), et quand cela déborde, des bassins d'attente se remplissent en attendant que les intempéries se calment !
Pour les orages hors normes, les épisodes centenaires comme celui du 19 juin 2009 (qui a réveillé toute la ville de Rennes pendant une bonne heure), la station n'est pas prévue pour gérer de telles quantités d'eau. Le reste est rejeté directement dans la Vilaine (la station aura récolté les premières eaux qui sont les plus pires... elles nettoient les canalisations et sont chargées de pollution et de saletés. Le reste est « moins » sale et la pollution n'est pas très grave, d'après la guide.

Il faut compter une heure et demie pour visiter tout le site ... La guide distille des petits rappels sur les substances à ne pas jeter dans les canalisations : tous les liquides dont la bouteille porte une tête de mort dans un carré jaune... la peinture, le white spirit, les huiles (toutes... le tournesol, l'olive, la vidange ou à l'huile de coude même bio...)...

Les huiles traitées


Et surtout les lingettes ! Qui sont les cauchemars des égoutiers car elles bouchent les canalisations.... Alors, la lingette dans la poubelle !

Blé noir ou sarrasin en Bretagne : une farine miracle

Ses origines

On appelle blé noir une plante qui n'est pas du blé. Ce n'est pas une graminée mais une soeur de l’oseille ou de la rhubarbe (des polygonacées).

Blé noir


On l’appelle noir parce que sa farine est grise. Et sarrasin parce qu'on dit qu'il serait revenu du Moyen Orient avec les Croisés (au Moyen Age). Mais c'est la légende... Les historiens (Alain Croix) pensent qu'il a été réintroduit autour du XVè siècle. Revenu ou réintroduit car on en a trouvé trace dans des pollens préhistoriques de la région.

Il devient en tout cas populaire dès le XVIè siècle sous Anne de Bretagne et est alors cultivé dans la Bretagne historique (Bretagne actuelle et Loire Atlantique). Sa production atteint son apogée au XIXè siècle (la Bretagne produit 50% de la production de blé noir française) et devient la base de l’alimentation de la région.

Mais à la fin du XIXe s avec l’essor de nouvelles céréales, de la pomme de terre et de l’élevage, la culture du sarrasin diminue pour atteindre un seuil minimal dans les années 80-90.

On l'importe alors de Russie, de Pologne, du Canada ou du Brésil. Puis, sous l’impulsion d’agriculteurs de Centre Bretagne -la frugalité de la plante est intéressante en ces nouveaux temps écologiques-, sa culture a repris sous des labels bio qui alimentent les crêperies régionales, les fabricants locaux ou les marchés. Les moulins bio fleurissent aussi.

Sa culture

Le blé noir est aujourd’hui semé en mai, juin et la graine peut être récoltée fin septembre. Rustique, il supporte les sols pauvres ou acides, a besoin de beaucoup d’eau. Or, ça tombe plutôt bien, les sols et le climat en Bretagne répondent à toutes ces exigences !

Pour nos paysans pauvres, il avait l’avantage de pousser vite, donc d’immobiliser la terre peu de temps et pouvait être calé entre les cultures d’hiver, après les dernières gelées et celles d’été. Il ne demandait pas un gros travail de préparation de la terre et peu de soins.

Fleur de sarrasin


C’était aussi une plante nettoyante : elle étouffait les mauvaises herbes, s'enfouissait comme engrais vert dans la terre et permettait un meilleur rendement du froment ou du seigle.

A cela s’ajoutait un autre avantage : on pouvait le moudre « gratuitement » dans des petits moulins à bras sans avoir besoin du moulin "payant".

Aujourd'hui le sarrasin a de nouveaux atouts. Sans gluten, très riche en protéines végétales, en acides aminés et en vitamines, il peut être consommé par les allergiques. On s’en sert aussi pour produire de la bière bretonne (sans gluten). Comme plante mellifère, elle permet de produire un beau miel brun très rare (un apiculteur sur le marché m'expliquait qu'il produisait 1 tonne 7 de miel par an et seulement 200 kg de miel de sarrasin!). Ce nectar, il mérite ce titre, est très cher mais très, très parfumé.

Graines de sarrasin


Elle est utilisée ailleurs dans le monde sous d'autres formes (sa région d’origine est l’Asie du Sud-est) : les Japonais, par exemple, en font des nouilles (les "soba" avec la farine) ou des oreillers (avec les graines) qui épouse bien la forme de la tête et permettent de bien se relaxer…

Lisez cet article en anglais : Organic buckwheat in Brittany : a gluten free flour

Mémoires d'un paysan bas breton : le journal de Jean Marie Déguignet

Pour qui veut connaitre la Bretagne du XIXè siècle, ses mentalités, ses habitudes, la lecture de ce livre Mémoires d'un paysan bas-breton de Jean Marie Déguignet (1834-1905) apporte de nombreuses informations.



Cet homme d'origine très modeste est un autodidacte avec un parcours et un destin très particulier pour l'époque. Son journal est reproduit presque en intégralité de sa naissance à presque sa mort. Il y raconte tout : comment bretonnant, il appris à parler et à écrire français, ses lectures, les différents pays qu'il a pu visiter quand il était soldat (Malte, Jérusalem, Italie ou Mexique), son retour en Bretagne, près de Quimper et sa nouvelle vie de paysan... où sa curiosité intellectuelle lui permet de s'essayer à des nouveautés agricoles et de critiquer ses voisins. De prendre de la distance avec les croyances et les superstitions de l'époque. La fin est un peu triste car il part dans des délires où visiblement il a perdu la tête.

On peut presque parler d'autobiographie d'un homme conscient de sa singularité :
"J'ai lu ... beaucoup de vies ... d'hommes qui ont joué en ce monde des rôles importants, mais jamais... je n'ai lu de mémoires... de pauvres artisans, d'ouvriers, d'hommes de peine... Je sais qu'[ils] sont dans l'impossibilité d'écrire leur vie, n'ayant ni l'instruction ni le temps nécessaires. Quoique appartenant à cette classe, au sein de laquelle j'ai passé toute ma vie, je vais essayer d'écrire, sinon avec talent, du moins avec sincérité et franchise ... comment j'ai vécu, pensé et réfléchi dans ce milieu misérable, comment j'y ai engagé et soutenu la terrible lutte pour l'existence."
Bref, cet homme original du siècle dernier n'appartenait pas à son siècle... C'est un témoignage avec un regard très moderne tant sur les moeurs des Bretons du XIXè siècle que sur la vie quotidienne dans le Finistère. De la littérature bretonne avant l'heure !!!

Arbre remarquable de mille ans : le chêne à Guillotin

En vous baladant dans la région de Brocéliande, vous pouvez admirer sur cet arbre millénaire...

Chêne millénaire


Je m'appelle Eon Guillotin et j'ai mille ans. Je suis un chêne pédonculé, de plus de 20 m de haut et de près de 10 m de circonférence.
Je suis né lors d'un des passages de la comète de Halley... en 1144, mais je m'en souviens à peine, c'est si loin et j'étais si jeune..
Oui, c'est l'ermite Eon qui m'a baptisé... Il s'était réfugié dans la forêt de Brocéliande. Il a vécu dans mes jeunes branches comme un bandit de grands chemins avant de finir dans un cachot à Reims en 1148...
200 ans plus tard en 1352, j'ai vu cette bataille fratricide entre Bretons, la bataille de Mauron qui a opposé les Français aux Anglais... ou celle (du même genre) qui a eu lieu en 1364 et qui a opposé à nouveau nos compatriotes...
Jusqu'à ce combat en 1370 où le seigneur Du Guesclin assiège le château de Comper et le met à feu et à sang... Château qui sera démantelé en 1598 sur les ordres du roi Henri IV de visite en Bretagne.(Allez le visiter d'ailleurs, c'est pas loin...).

Pendant la Révolution Française... j'ai sauvé la vie d'un homme Guillotin. C'est de là que vient mon deuxième baptème ! Il ne faisait pas bon être croyant à l'époque. Le prêtre Guillotin pourchassé par les Sans Culottes se cacha dans mon tronc. Les Bleus (les soldats anti-cléricaux) arrivèrent devant mes entrailles rendues invisibles grâce au travail énorme d'une araignée qui y avait tissé sa toile. C'est Notre Dame de Paimpont qui s'était transformée en insecte pour sauver notre curé.



Si vous saviez... toutes les complaintes d'amoureux que j'ai entendues, les premiers baisers que j'ai pu voir, les chouettes que j'ai portées, les coups de tonnerre que j'ai supportés, tous les garnements qui m'ont escaladé, les vaches qui ont cherché à se protéger du soleil (la canicule de 2003, ca vous dit rien), les oiseaux que j'ai hébergés et toutes la naissances auxquelles j'ai assistées, les chiens qui se sont soulagés, les menaces des menuisiers qui me voient déjà en tables ou en parquet...
Ma vieille écorce marquée par le temps pourrait raconter encore tellement de choses...


Lire cet article en anglais : Millenium tree in France : the Guillotin oak

Les journées du patrimoine en Bretagne

Voilà un événement qui revient tous les ans et dont on est loin de faire le tour!!!

Ce week end de septembre, le 3ème depuis plus de deux décennies, permet à tout un chacun de visiter des lieux remarquables, qui sont d'habitude fermés au grand public. Car évidemment l'intérêt de ces deux journées est d'aller faire nos curieux dans des endroits où on ne peut aller d'habitude...

Des châteaux et des manoirs privés, des jardins avec des menhirs énormes, des intérieurs inimaginables, des promenades sur des propriétés privées, des chapelles ou églises d'habitude fermées, des moulins ou des sémaphores inaccessibles habituellement ...

Bref ce sont plus de 15000 sites qu'on peut découvrir en cette fin septembre. Souvent les visites sont gratuites, c'est bon pour le tourisme ce petit week end !!!

Si vous voulez en savoir plus, allez voir le programme pour la Bretagne et les lieux d'ouverture exceptionnelle : il y en a quand même 193 pour la région Bretagne.

L'histoire démarre en 1984 avec une journée portes ouvertes des Monuments historiques. Mais quelques années plus tard, en 1992, on passe à deux jours et on les baptise les Journées du Patrimoine.

Le pli est très vite pris par d'autres pays européens puisque dès l'année suivante, la journée existe chez nos voisins. Le Conseil de l'Europe et l'Union Européenne s'en mêlent en 1991 et les journées deviennent des Journées Européennes du Patrimoine. En 1995, 34 pays organisent la manifestation et plus de 13 millions d'Européens y participent. Aujourd'hui 49 pays se sont joints à cette idée. Mais par contre, les manifestations européennes n'ont pas toutes lieu aux même dates !!!

Depuis 1997, chaque année la France met en valeur un thème précis : en l'an 2000, par exemple, les journées s'articulaient autour du "patrimoine du XXè siècle".

Les journées ont été annulées une seule fois depuis leur création en 2001 suite à l'attentat du 11 septembre.

C'est bien ces initiatives, ça permet la curiosité, d'amener les enfants à regarder des sites sympas et de ne pas laisser tout le temps aux écoles le choix du patrimoine à découvrir.

Ferez vous partie cette année des 12 millions de visiteurs ?


Les Sites de l'Annuaire