La Vallée des Saints : 1000 Statues à Carnoët (Bretagne)


L'idée est pharaonique... par la taille : orner une vallée bretonne de statues monumentales (plus de 3 mètres de haut) ....et par le nombre : 1000 saints en granit.... Quel boulot ! Car, en plus, pour la plupart, elles n'existent pas encore, ces statues... On compte sur les sculpteurs, tous les ans, pour les tailler dans la pierre.



L'association, à l'origine du projet, veut créer une île de Pâques bretonne du 3è millénaire... Un lieu de mémoire de 1500 ans de culture populaire bretonne... Pour sauvegarder l'identité de la région.

Les statues des Saints, à l'origine de la christianisation de la Bretagne, sont les premiers sur la liste...
C'est à Saint Pol de Léon, pendant l'été 2009, que les artistes ont commencé, avec leurs burins, à sculpter la pierre... devant les badauds... et Saint Pol est né. 6 autres saints ont suivi : Pattern, Malo, Brieuc, Corentin, Tugdual et Samson. Chacun des mains d'un artiste différent...
Le lieu d'hébergement pour ces oeuvres d'art a fait l'objet d'une compétition : 9 communes souhaitaient recevoir le projet. C'est Carnoët, dans le Centre Bretagne, (à quelques kilomètres de Carhaix), qui a remporté la mise.



Après l'été, les statues ont regagné leur demeure définitive, sur le site élu du Tossen Sant Gweltaz.... La vallée a commencé à être habitée.
Le projet continue... Il reste encore quelques (!) dizaines de statues à tailler pour "alimenter" la vallée. Le mécénat (chaque statue-menhir est financée par une entreprise) doit permettre aux sculpteurs, chaque année de réaliser leurs oeuvres en granit. De mai à septembre, chaque mois, 8 artistes devront tailler un saint avec ses attributs (une quarantaine par an devrait voir le jour).

L'association espère attirer des milliers de visiteurs et être un site carrefour de cultures (galloises, irlandaises, cornouaillaises, bretonnes... ). Car, à côté de ce chantier gigantesque, va être crée un centre d'information et de documentation sur le Haut Moyen Age (c'est l'époque où arrivent les saints en Bretagne), la reconstitution d'un monastère celtique et une scène pour recevoir des spectacles théâtraux, musicaux... et des reconstitutions historiques... Gageons que les hôtels, gites et autres campings sont prévus pour accueillir nos curieux...

L'idée est sûrement très bonne... (un concours de sculpture) et surtout très ambitieuse, c'est certain. Un pôle artistique pour attirer les promeneurs du monde entier avec un site unique dans le monde... en Centre Bretagne.... (d'après les chiffres du Comité Régional du Tourisme de Bretagne, les visiteurs viennent en très grande majorité dans la région pour profiter du littoral, des côtes et de la mer...). Pour détourner le flux des aoutiens vers l'Argoat breton, il faut au moins un projet pharaonique... Le festival des vieilles charrues est un bon exemple de réussite...

Je suis allée les voir... cet hiver, ces mégalithes sculptés. C'est un peu un parcours du combattant. Rien n'indiquait encore la précieuse vallée. J'étais un peu perdue dans le bourg de Carnoët quand on m'a donné les précieuses indications. C'est dans la campagne, il faut se garer devant une belle église (Saint Gildas) avec un beau calvaire et après quelques mètres, on arrive sur le lieu qui accueille les statues.

Calvaire de Saint Gildas à Carnoet


Elles vous regardent, du haut de leurs trois mètres, au sommet de la colline en scrutant le lointain.

Vallée des saints


Mais, pour l'instant, les Saints semblent plantés là... et attendre les copains ! Sait-on... ce parc d'attraction celtique fera peut être concurrence au Disneyland parisien !!! Affaire à suivre...

Lire cet article en anglais : A small Easter island in Brittany (France)

Commentaires

1. Le vendredi 22 janvier 2010 à 21:23, par La lorgnette

J'adore l'idée de ce projet. Dans quelques années ce sera grandiose et un attrait supplémentaire pour les touristes.

2. Le samedi 23 janvier 2010 à 18:44, par framboise44

Tout à fait génial cette idée , c'est certes un projet de grande envergure mais qui sera payant dans le futur si la communication fonctionne bien pour le faire connaitre !

3. Le lundi 25 janvier 2010 à 19:23, par les loups

Voilà une belle idée ...
Des saints pour une terre crucifère qui porte ce symbole dans sa géographie littorale ...

4. Le jeudi 28 janvier 2010 à 21:18, par LN

L'idée d'un pole attractif en Centre Bretagne est évidemment une très bonne solution. Par contre je ne trouve pas le projet très innovant... L'idée d'une Bretagne mythique est un peu trop utilisée à mon goût !

5. Le jeudi 28 janvier 2010 à 22:20, par Yves

Je trouve tout au contraire ce projet proprement grotesque; 1000 saints, pourquoi pas 1OOOO, dans une région aussi déchristianisée que le reste de l'Europe; cela relève plus d'un projet à la Walt Disney qu'à la moindre expression poétique d'un peuple qui n'aime pas qu'on le tourne en ridicule.

6. Le lundi 15 février 2010 à 19:31, par Shuki

Bonsoir Bbuisonnière
Moi je trouve ce projet intéressant et qui sera sans doute à terme valorisant pour la région... Merci pour ton article qui complète un peu celui que j'ai fait l'été dernier lors de la visite du chantier à St Pol de léon. Mais peut-être l'avais-tu regardé ?
A bientôt
Shuki

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Pourquoi ne pas lire aussi :


Pape breton et évèque de Tréguier : Saint Tugdual et sa colombe

La visite de la vallée des saints m'a donné des envies d'hagiographe (raconter des histoires de saint et de prénom finalement, c'est sympa, on apprend plein de choses !).... On connait tous sainte Anne ou Saint Yves, mais les autres... Ils sont là bas, pourtant à Carnoët, dans leur vallée, les saints fondateurs de la Bretagne à attendre qu'on vienne les voir.

Alors je vais rebooster un peu leur notoriété en leur consacrant des petits billets...
Je commence par un saint prestigieux... Tugdual, un prénom masculin original dont vous voulez connaître l'histoire, je présume... Avant de nommer son enfant, on se renseigne, non ?

Bon, d'accord, ça ne commence pas très bien car ce jeune homme n'est pas né en Bretagne mais dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Pays de Galles. Il a, comme de nombreux autres Grands Bretons, immigré de l'autre côté de la Manche pour évangéliser l'Armorique.
Revenons sur son histoire : il est donc Gallois, né à la fin du Vè siècle (vers 490) et est éduqué dans un monastère. Rien de bien original pour l'époque !
A 25 ans, il émigre avec sa famille, d'autres religieux et compatriotes dans le Léon (au Nord de la Bretagne) où il fonde un monastère d'abord puis un ermitage. Comme la région est peu à peu gagnée par la foi, très vite les deux établissements connaissent un grand succès et un afflux de croyants.
Il élargit bien vite sa mission à toute la région où accomplissant des miracles, il multiplie les conversions. Le monastère de Tréguier est fondé et on le réclame comme évêque en 532. Les princes convertis le remercient en domaines et revenus qui lui servent à fonder d'autres établissements religieux. Bref, tout va bien.

La légende veut qu'en 548, Tugdual se rende à Rome alors qu'on est en train d'enterrer le pape. Après les obsèques, alors que le clergé se rassemble pour élire le nouveau pontife, une colombe blanche, symbole de la blancheur de l'âme, se pose sur la tête de Tugdual. Et voilà comment son destin bascule : on y voit un présage divin et le Breton est élu pape Leo V Papa Britigenus (Léon de Bretagne).
La fin de son pontificat est annoncé par un nouveau signe deux ans plus tard lorsqu'un cheval blanc le ramène par les airs à son siège de Tréguier. Le sculpteur François Breton l'a représenté avec sa colombe dans la vallée des saints où on l'attend. (Il n'était pas là lors de ma visite, je n'ai pas de photo à vous présenter ! Mais où est donc la statue de Tugdual !)

Il meurt à Tréguier, un 30 novembre, à 73 ans (si mes calculs sont bons) en 563.

Fêté ce jour là, son prénom connait de nombreuses variantes : Tual, Tudal, Tugal, Tudwal, Tuzval, Tutuarn ou encore Pabu ou Papu en breton.

En résumé, si Tugdual est le prénom garçon de vos rêves, un prénom original qui vous ravit, voilà ce que vous devez retenir : Saint Tugdual est donc l'un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Il a été le premier évêque de Tréguier (une des étapes du Tro Breizh, ce pèlerinage médiéval qui reliait les capitales des 7 diocèses bretons). Il est souvent associé à une colombe, puisque c'est, grâce à elle, que la Bretagne compte son seul et unique pape.

Oui, votre fils en Nobel de la paix.... C'est pas mal ?

Lire cet article en anglais: History of the Breton forename Tugdual

Histoire d'un prénom celte : Corentin

Suivez le guide... le guide des prénoms bretons... et leurs statues dans la vallée des saints en Côtes d'Armor...

Ces évangélisateurs de l'Armorique ne sont pas nombreux pour l'instant à Carnoët mais ce sont les plus prestigieux... puisqu'ils sont tous des saints fondateurs de la Bretagne. La région a été évangélisée entre le Vè et le VIè siècle de notre ère et ce grâce à ces 7 saints qui sont à l'origine des diocèses bretons : Dol, Quimper, Saint Brieuc, Saint Malo, Saint Pol de Léon, Tréguier et Vannes. Ces sept villes étaient les étapes du Tro Breizh (tour de Bretagne en breton), un pèlerinage très important du Moyen Age que chaque Breton devait réaliser une fois dans sa vie.

Corentin est le prochain à se faire tailler le portrait, en breton Kaourantin. Fêté le jour de sa mort (comme de nombreux saints d'ailleurs) qui est un 12 décembre, il se décline au féminin, Corentine (c'est un prénom que j'aime bien,c'est le deuxième prénom de ma soeur...).

Corentin a une originalité remarquable puisque, parmi les 7 saints emblématiques, il est le seul à être né en Bretagne, en Cornouailles, pour être précis ... en 375. C'est donc un Armoricain (même si le mot Armorique est un nom breton !!! Et c'est comme cela qu'on appelle les habitants d'avant l'arrivée des Grands Bretons !!! Vous vous y retrouvez !!!). Tous les autres saints fondateurs viennent d'Outre Manche.
Très pieux, il multiplie les miracles près de son ermitage. Il est surtout connu car il possède un poisson qui fait des merveilles : dès qu'on en coupe une tranche, il repousse... Pas étonnant que les sculpteurs de la Vallée l'ait représenté avec un poisson...presque aussi grand que lui...

Photographie de Saint Corentin


La légende veut qu'un jour, le roi Gradlon, (celui de la légende de la cité d'Ys) parte à la chasse et se perde avec sa cour... Il arrive finalement à l'ermitage de Corentin qui nourrit tous les affamés grâce à son poisson miracle...
Plus tard, quand Gradlon désire fonder le diocèse de Quimper, il se souvient de l'ermite et lui demande d'en devenir le premier évêque. Il meurt en 401, à 26 ans. Corentin, le saint patron de Quimper, serait enterré dans la cathédrale.
Et Corentine c'est la variante féminine... et ses dérivés : Cora, Coralie ou Coralise.

Lire cet article en anglais : Celtic name and meaning in France : Corentin

L'art africain en Bretagne : c'est à Dinard, dans le petit « Quai Branly » du Palais des Arts autour de l'exposition : "Gloire de la femme dans l'art africain"

Que faire l'été en Bretagne quand il pleut... Découvrir de l’art africain. Tout est prévu cet été à Dinard. Le Palais des Arts (sur le front de mer et tout près du casino) nous propose d’admirer 200 objets d’art africain de collections particulières autour du thème de la femme.



L’exposition Gloire de la femme dans l'art africain est ouverte du 28 juin au dimanche 14 septembre 2008, tous les jours de 14 à 19h et en plus, elle est gratuite.



Les œuvres présentées proviennent de différents pays d’Afrique et datent du XIXè et de la première moitié du XXè siècle. On y trouve des statues, ses serrures, des tabourets mais aussi des parures en perles, des caches sexes rituels, des masques, des poupées rituelles, des textiles... Un fond sonore vous accompagne pendant toute la visite. Les différentes salles présentent les œuvres autour de problématiques diverses : la maternité, le couple, la spiritualité des femmes…



L’expo est très esthétique, les pièces bien mises en valeur. Chaque salle, à l’aide d’un cartel, explique quelques notions de la culture africaine. J’ai appris par exemple que les scarifications autour du nombril des femmes symbolisent le lien au monde (étoile autour du nombril) ou que les jumeaux ont un statut très particulier en Afrique… symbole de fécondité, ils sont vénérés et craints en même temps. Ce sont des envoyés de Dieu, mais la mère doit se purifier après leurs naissances. En Afrique, les Yoruba (Nigeria) ont le taux le plus élevé au monde de jumeaux par tête d'habitants 45,1 pour 1000 naissances contre 10,9 pour l'Europe occidentale, anomalie qu'on n'a pu expliquer, explique le catalogue.

C’est très beau, même s’il faut davantage de clés pour mieux comprendre. Mais l’art, ça se regarde ou ça se comprend ??? Je vous laisse méditer là dessus…
On a aussi pensé à l’art et aux enfants, mais je n’ai pas testé, car j'y suis allée un lundi et c'est le mardi et le jeudi que ça se passe. Et oui, pour les parents qui souhaitent que leurs enfants ne bronzent pas idiots, une animatrice est à leur disposition le mardi et le jeudi après midi. Pour les 4-8 ans, vous la rencontrerez à 16h30 et pour les 8-12 ans à 14h30. Bon séjour en Afrique!!!!

Lisez cet article en anglais : exhibition of african art in Dinard

Moulins à marées en Bretagne

Mais à quoi servent les marées ? A moudre de la farine, pardi !
- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
- Y en a -t-il ailleurs ?
- Depuis quand ces moulins existent ?
- Comment ça marche ?
- Où peut on en voir ?

- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
La Bretagne est une terre d'abers... d'estuaires en quelque sorte. Et celles-ci sont fort précieuses pour nos moulins. A chaque marée, la mer les envahit puis les délaisse et c'est ce mouvement de marées qui est à l'origine de l'énergie des moulins.

Moulin de Pen Castel dans la presqu'île de Rhuys, Morbihan


- Y en a-t-il ailleurs ?
Il y en a dans les pays à estuaires, le Portugal, l'Espagne, le Royaume Uni, l'Irlande, les Pays Bas et les Etats Unis.

- Depuis quand ces moulins existent ?
On les connaît, en Bretagne, dès le Moyen Age, et il y en eut jusqu’à une centaine dans la région.

- Comment ça marche ?
Le moulin à marée utilise comme énergie la force de la mer. Le principe était simple : on laissait les marées montantes remplir un bassin fermé par une digue. Une fois la marée basse, il suffisait d’ouvrir le bassin et de laisser s’échapper l’eau qui actionnait une roue.

Bassin du moulin de Pen castel


Ce type de moulin demandait un investissement de départ : une digue à construire. Le meunier, par contre, vivait à l'heure des marées et pouvait travailler la nuit.

Meunier tu dors… oui parfois pendant le jour… si j’attends la mer…

Inconvénients de ce système : comme tous les énergies liées aux éléments, elles sont variables. Avec les périodes de vive-eau (marées à forte amplitude) et de morte-eau… Marée importante, bon fonctionnement, petit coefficient de marée, faible mouvement…

Digue du moulin de la vallée de la Rance


Avantage : C'est une énergie renouvelable... La marée revient toutes les 6 heures… Ce n’est pas le cas du vent…

Les moulins pouvaient être alimentés en grains par la terre et par la mer. Les chariots et les bateaux repartaient chargés de farine…

Moulin à marée dans la vallée de la Rance


Petite précision encore. Le moulin implique une pratique artisanale des meuniers. Plus tard on parle de minoterie, ce qui suppose une destination industrielle du monument. L’utilisation des moulins de mer s’arrête avec la Seconde Guerre Mondiale.

Si vous voulez comprendre le phénomène, la maison de la Rance à Dinan explique, à l’aide d’une maquette, le fonctionnement du moulin. La Rance possédait beaucoup de moulins car l’amplitude des marées y est particulièrement importante.

- Où peut on en voir ?
En Bretagne, certains moulins ont été restaurés : dans le Sud de la Bretange, le moulin de Pen Castel dans la presqu’île de Rhuys et dans le Nord, à Bréhat le moulin du Birlot ou encore le moulin du Prat sur la Rance qu'on peut visiter tous les jours en saison et les dimanches et jous fériés sinon… .

Estuaire sans eau dans la vallée de la Rance


Lisez cet article en angalis : Tidal mills in Brittany France

Site archéologique en Bretagne : le village de l’an Mil à Melrand (Morbihan)

Ou petite excursion « culturelle » pour enfants et jeunes ado pendant les vacances de février.

- Le Morbihan ? Tu connais ?
- Oui, c’est un département au sud de la Bretagne.
- Et le Moyen Age ?
- Evidemment, c’est une période historique d’une dizaine de siècles qui va de 476 (chute de l’Empire Romain d'Occident) à 1453 (prise de Constantinople par les Ottomans).
- Et l’archéologie ?
- C’est quand on fouille le passé lointain ou plus proche ... Mais quel est le rapport entre tout ça ?
- Facile, dans le Morbihan, à Melrand plus exactement, se trouve le village de l’an Mil, un site archéologique du Moyen Age qui reconstitue un village aux alentours de l’an … 1000, au beau milieu de la période médiévale.

Village de l'an Mil


Le parc de Melrand se divise en deux parties : l’une où sont situés les vestiges du village abandonné au Moyen Age,

Réserve archéologique


l’autre avec des bâtiments reconstitués, un jardin botanique et des animaux.


Maquette du site à l'accueil


Le contexte historique est rappelé à l’aide d’un petit fascicule qu’on vous donne à l’accueil et de panneaux jalonnant le site.

Lann Gouh cet ancien petit hameau breton a eu une existence éphémère. Au milieu du Moyen Age, la population augmente. De nombreux villages, comme celui ci, furent crées en Occident médiéval sur des terrains qui, jusque là, n'intéressaient guère (parce qu'ils étaient plus difficiles à exploiter et moins riches (forêts, terrains en pente, terrains granitiques ou marécageux...). Souvent le seigneur mettait un peu de temps à réagir et la "fiscalité" y était plus lâche ... A tout avantage, son inconvénient...

Le village a été abandonné après la Peste Noire (1347) (un habitant sur trois en meurt) et les rares survivants se regroupent, recherchent des lieux moins difficiles à exploiter et retournent dans les premiers villages. Les habitants ont donc transporté leurs maigres biens et possessions ailleurs, plus bas dans la vallée et laissé le site. On n’a pas retrouvé d’objets usuels sur les lieux.

Maison sur pilotis


Avant son abandon, le village dépendait du seigneur de Porhoet, seigneur de Castennec où se situait son château.

Seules deux habitations sur les 17 (je crois) maisons ont été fouillées. Les recherches dans d’autres villages bretons comme Brennilis, Guidel ou Berrien ont permis de mieux comprendre la vie médiévale paysanne et de reconstituer celle-ci dans ce village… Même s’il est très difficile de connaître la vie quotidienne des plus humbles… On a tellement peu de traces ou de témoignages.

Le village était construit en hauteur et entouré d’une palissade – on vous rappelle notamment les différents clôtures qui existaient à l’époque – les maisons s’organisent autour d’une place (déjà !!!) et d’un four à pain.

Four collectif


Les maisons sont basses, en toit de chaume très épais (étanchéité oblige). Le visiteur peut rentrer à l’intérieur d’une des habitations et imaginer...

Maison d'habitation pour hommes et bêtes


Les hommes vivaient tous ensemble avec les animaux (c’était leur chauffage central !), les ouvertures étaient petites pour que la chaleur ne s'en aille pas... La fumée non plus d'ailleurs (il n'y avait pas de "trou" pour qu'elle s'échappe...).... Mais par contre, ils avaient pensé un sol en pente (les animaux étaient en contrebas pour que leurs déjections ne viennent pas inonder le sol des hommes !!! ). On sent aussi les odeurs, le feu au milieu de la pièce et les aliments stockés en l’air pour qu’ils ne soient pas dévorés… Le mobilier (on ne trouve pas grand chose en Bretagne à cause des sols acides qui mangent les objets) était très succinct : des lits bas (pour ne pas respirer la fumée qui -comme chacun sait- monte), des assiettes en bois...

Vous verrez la reconstitution d’un four à pain collectif, le poulailler et le piège à loup (Bouh, il y avait des loups en Bretagne à l’époque !!!) …

Piège à loup


Les animaux du village sont les dignes descendants de races bretonnes rustiques (– races très résistantes et demandant peu de soins -) de l’époque : vous y verrez des pies noires (ce ne sont pas des volatiles mais des vaches laitières !),

Pie noire


des moutons d’Ouessant,

des chèvres des fossés

Chèvre des fossés


Une vraie ferme… pédagogique.



Le site ne propose rien de spectaculaire, une vie rurale modeste du Moyen Age... La balade est sympa, (on a eu le site pour nous tout seul !) mais on a la vague impression que le village, en ce mois de février, est en attente. Le jardin botanique, avec une petite centaine de plantes du Moyen Age, est en « hibernation ». Les animateurs binent, taillent et brûlent dans le parc, on sent le lieu un peu à l’abandon. L’ambiance doit être complètement différente dès que la nature renaît. Ca n’a pas empêché nos têtes blondes de se documenter et de « sentir » le passé. Et de se représenter ce que cette vie pouvait être.

Melrand est ouvert presque toute l’année (des vacances de février au vacances de la Toussaint). L’hiver le site est ouvert l’après midi à partir de 13.30 et l’été à partir de 10h. 4 euros pour les plus de 6 ans et 5 pour les adultes.

Tout autour, le circuit de la vallée du Blavet propose des détours dans une région très vallonnée (on se croirait en montagne tellement ça tourne, non je ne plaisante pas) qui vaut le ... détour... pour vous rendre à la Vénus de Quinipily ou à Poul Fétan.

Maison




Lisez cet article en anglais : Visit an archaeological site in Brittany (France) : a medieval village at Melrand (Morbihan)



Le marché de la Guerche comme départ pour une excursion au chêne de la Vierge (10 kms) et jusqu’à la chapelle Sainte Anne à la Selle Guerchaise (15 kms) un mardi de juin (Ille et Vilaine)

Si vous voulez visiter une ville des Marches de Bretagne et que ce jour est un mardi, allez à la Guerche de Bretagne, car c’est le jour du marché. Et c’est un gros marché de campagne qui vous attend, avant d’aller visiter deux endroits insolites des environs : le chêne de la Vierge et une pagode chinoise dédiée à Sainte Anne, unique en France.

Situé à l’extrémité sud de l’Ille et Vilaine et au carrefour de plusieurs autres départements : la Mayenne, le Maine et Loire et la Loire Atlantique, la localisation de la Guerche a eu une influence sur toute son histoire. La Guerche est une des étapes du circuit des Marches de Bretagne. Les Marches de Bretagne ( les villes de Vitre et Fougères en sont les emblèmes les plus connus) correspondent à une zone frontalière entre les Francs et les Bretons.
Cette petite ville va passer d’une influence à l’autre, tantôt pour se protéger des Francs, tantôt pour lutter contre les Bretons - quand le célèbre Du Guesclin, le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc - achète la seigneurie en 1379, elle passe aux Francs pour revenir ensuite dans le giron breton. Ses environs verront de nombreuses batailles contre les Anglais notamment. La Guerche a donc été une ville fortifiée, a eu un château dès le XIIè siècle, matérialisant le pouvoir du seigneur sur sa seigneurie. Quand la Bretagne devient province française, le château est délaissé, tombe peu à peu en ruine et est détruit au XVIIIè siècle.



La Guerche a donc eu une position stratégique pendant toute son histoire bretonne et elle est un carrefour commercial important avec le commerce des toiles. Au XVIè siècle, on cultive du chanvre et du lin dans la région. Les toiles sont fabriquées dans les fermes alentour, toiles qui sont revendues ensuite au marché à des marchands spécialisés notamment de Saint Malo. Ce commerce prospère a laissé des traces par des maisons à pan de bois et à porche du XVIè et XVIIè siècle. Il en reste de nombreux exemples dans le centre ville. Les maisons à porche servaient de galeries commerçantes, on y exposait les toiles.

Maison à porche dans La Guerche de Bretagne


Le marché de La Guerche est connu depuis 1121, par un acte où il est fait mention d’un marché implanté dans un faubourg, bourg où des moines s’étaient installés. Cette longévité historique explique notamment sa réputation. Il y avait des Halles, en face de la Basilique actuelle, jusqu’au début du siècle où comme dans de nombreuses villes bretonnes importantes on faisait du commerce et l’on rendait la justice. S'il y a quelques années encore, on trouvait le marché aux porcelets ou aux volailles place du Champ de Foire, les commerçants aujourd’hui proposent des produits plus communs.
Le marché se situe autour de la basilique et est ceinturé par deux énormes parkings… qui sont pleins, pleins d’acheteurs des départements limitrophes. On y trouve du textile, des plantes, des volailles et les spécialités des producteurs locaux et des départements limitrophes : miel, pain, farine de blé noir, viande et fromage.

La Basilique Notre-Dame, Monument Historique au centre de la ville, est devenue basilique en 1951 (le titre de basilique s’obtient par décision du pape). L’édifice qui est construit sur la chapelle du château date de 1206, il a été remanié maintes et maintes fois depuis. Son clocher rappelle les clochers du Finistère (pour le visiter, s’adresser à l’Office du Tourisme) et à l’intérieur, – des vitraux du XVI è siècle, à droite en entrant et des stalles Renaissance très travaillées dans le chœur de l’église, et un gisant en tuffeau, tombeau de Guillaume II.

Une fois la ville visitée, les produits du terroir achetés, en route pour le Chêne de la Vierge.

Pour démarrer la balade, vous devez trouver l’indication pour Fontaine Couverte, commune à quelques kilomètres de là. Suivez la rue d’Anjou qui longe la basilique et continuez par le faubourg d’Anjou. Là, sur votre gauche, une indication pour Fontaine couverte, V3 à 8 kms. Prenez cette direction, vous vous promenez dans un lotissement, vous croisez une croix, vous longez le côté droit de la croix. C’est la petite route communale que vous allez fouler pendant toute cette promenade. Vous traversez différents hameaux : Hairie, la Périnelle,…
J’en oublie mais continuez toujours tout droit pendant 2 à 2,5 kms. Vous allez croiser une croix à gauche, vous êtes sur le bon chemin.

la croix pour aller au chêne de la Vierge


Continuez jusqu’au croisement Route de rondes. Là, prenez à droite pendant un km jusqu’au prochain carrefour (Gaumonerie) et commencez à suivre les indications de chêne à la Vierge sur la gauche. Vous arrivez bientôt à un nouveau panneau de chêne de la Vierge. Vous quittez le goudron et prenez un chemin de terre. Vous êtes à quelques centaines de mètres de la forêt et du chêne à la Vierge.

Le chêne de la Vierge


L’histoire de ce chêne est liée à la Révolution et à ses suites : en 1792, une jeune fille fut fusillée au pied de l’arbre pour ne pas avoir voulu dévoiler la cachette d’un prêtre réfractaire à des soldats républicains, les Bleus. Depuis, ce lieu est un lieu de dévotion, comme en témoignent les très nombreuses statues, Vierges et fleurs le long du chêne ; un petit panneau rappelle l’histoire du lieu. Des cérémonies ont lieu le 15 août.

De là, deux possibilités une fois que vous avez retrouvé la route communale : soit vous revenez vers la Guerche, soit vous allez vers la Selle Guerchaise pour découvrir la chapelle du Pâtis. Là, encore elle vaut le détour : une pagode chinoise abritant une statue de Sainte Anne.
Pour rentrer à la Guerche directement, récupérer la route principale et continuer vers la Selle jusqu’ à un croisement indiquant La Guerche. Au bout d’1,5 km, vous tombez sur la bifurcation que vous avez prise route des rondes mais là vous continuez tout droit et récupérez le chemin que vous connaissez vers la Guerche.

Si la chapelle vous intéresse, suivre la direction de La Selle, donc toujours tout droit pendant 2,5 kms jusqu’à une croix. Laissez là derrière vous et continuez quelques mètres vers la gauche et après le tournant, la bifurcation pour la chapelle est indiquée. Elle se situe au milieu d’un hameau de maisons.

Pagode chinoise dédiée à Sainte Anne


La chapelle du Pâtis ou chapelle Sainte Anne est une pagode en bois, octogonale unique en France : elle a été fondée en 1875 par le recteur de la Selle Guerchaise, Francois Lizé. L’abbé Lizé avait été missionnaire en Chine et a ramené la plus grande partie de la pagode à la fin du XIX è siècle. Elle est dédiée à la Vierge et à Sainte Anne . Elle est ouverte et vous y découvrirez l’épitaphe de l’abbé dans la chapelle, des fresques de couleurs vives datant de 1875,76 (rénovées en 1990-91), des saints (Saint Joseph et Saint Joachim).

Statue des saints de la pagode chinoise


Joachim était l’époux de Sainte Anne et donc le père de la Vierge Marie. Sainte Anne, la Patronne des Bretons, est la mère de Marie et la statue en bois qui la représente date du XVIè siècle, elle a la particularité d’avoir les yeux bridés. Elle porte Marie dans ses bras qui porte elle même l’enfant Jésus. Elle provient d’une autre chapelle de la commune, la chapelle du Poncel qui a disparu.

En sortant de la chapelle, continuez vers la Selle et très vite à quelques mètres, vous verrez une nouvelle croix, dont la visite conférait, d’après l’inscription qu’elle porte, 40 jours d’indulgence pour le pêcheur en quête de rémission. Les jours d’indulgence servaient à racheter les péchés et étaient obtenus quand le croyant faisait un pèlerinage, des prières, des dons. Cette croix devait être sur un parcours de pèlerinage et permettait donc une rémission.
Vous voilà sur le chemin de La Guerche, qui est à un peu plus de 4 kms. Une fois dans le village, ne pas prendre la rue du point du jour mais l’autre, qui n’a pas de nom, à gauche qui vous ramène au boulevard d’Anjou.

Lire cet article en anglais : Walk an unusual inland la Guerche and its market a breton oak with a virgin and a chinese pagoda

La fête de Saint Yves, le saint patron des Bretons

Non, ce n’est pas Yves Saint Laurent et ses parfums qui sont fêtés le 19 mai mais un vrai saint Bernard, un saint religieux, juste et généreux. Saint Yves est, avec Sainte Anne, l’un des saints emblématiques de la Bretagne. Et pour cause, Saint Yves était un Saint. Et voilà qu’on veut le transformer en Saint Patrick et lui consacrer des manifestations culturelles…

Voyons voir…

Saint Yves est fêté le 19 mai dans notre calendrier mais le pardon de Tréguier toujours très célébré, a lieu le 3è dimanche de mai. Une procession menée par l’Archevêque de Rennes rassemble autour des reliques du saint des milliers de personnes.

Yves Héloury est né à Kermartin (Minihy-Tréguier - 1253) et y est mort 50 ans plus tard en 1303.
Issu de la petite noblesse bretonne, il part faire ses études de théologie à Paris et de droit à Orléans avant de revenir en Bretagne comme official (juge ecclésiastique).

Très vite il rompt avec son milieu d’origine et adopte un mode de vie refusant richesse et luxe. D’abord par ses vêtements (un drap écru sur le corps et de simples chaussures), son mode de vie (un repas par jour). Ensuite parce qu’il prêche en breton… langue des pauvres. Il rend aussi la justice équitablement en ne privilégiant pas le riche sur le miséreux.

Il soigne les malades de l’Hôtel Dieu de Tréguier, nourrit les indigents, donne ses vêtements aux nécessiteux et forme les prêtres à la théologie.

Il meurt le 19 mai (jour de la Saint Yves/Gouel Erwan) dans le manoir familial de Kermartin.

Très vite, l’évêque et le duc entreprennent des démarches auprès du Saint Siège pour le canoniser. Elles aboutissent 44 ans plus tard en 1347.

Depuis Saint Yves est vénéré comme patron breton, mais aussi comme patron des professions de justice et de droit, des avocats. Peut être même des notaires...

Il est représenté avec une bourse à la main (ses dons aux pauvres) et un parchemin dans l’autre (comme homme de loi).

Pour le programme des festivités, allez voir le site de la Saint Yves

Le Roi Arthur est aux Champs Libres à Rennes

J’ai une copine, Suzanne -pour ne pas la nommer- qui habite en Brocéliande ( le pays de Merlin, le précepteur du Roi Arthur). Elle m’a proposé d’aller voir aux Champs Libres l’expo le Roi Arthur, une légende en devenir.



J’ai évidemment dit oui. Et ce pour deux raisons : Arthur, elle connaît bien en étant à deux pas des lieux mythiques de la légende (et moi, dois-je l’avouer… je suis pas tout à fait au point sur la geste arthurienne). La seconde, c’est qu’elle vient d’obtenir un master de médiation du Patrimoine. Alors visiter une expo avec une spécialiste à l’œil professionnel et critique, ça ne se refuse pas.

Rendez vous dans le hall des Champs Libres où un guide commence la visite devant deux énormes statues qui introduisent le thème (Morgane et le géant vert)…




et ce sont les seules photos de l’expo que vous verrez, car les pièces exposées étant très rares (tableaux, miniatures, manuscrits enluminés –La bibliothèque de Rennes Métropole possède l’un des plus anciens romans de la Table Ronde du XIIIè siècle-, pièces des musées londoniens, jeux d'échecs en ivoire miniature …) on ne peut les photographier.

C ‘est à l’étage que commence l’exposition. Très vite, on se rend compte que sans guide, on est perdues… Le côté esthétique de l’expo ne fait pas de doute mais le côté didactique est resté dans les limbes… La guide, heureusement, connaît bien son sujet mais elle doit jongler entre des explications d’œuvres ou jouer au conteur de légendes… Elle explique pourtant que l’expo a eu un franc succès, certains visiteurs venant même de Paris ou d’Outre Manche pour la voir… Elle continue en précisant que les visiteurs ont rapidement demandé à avoir des médiateurs pour visiter l’exposition. Et je les comprends !!!
Ce sont les spécialistes des légendes arthuriennes de l’Université de Rennes II qui sont à l’origine de l’expo. Ca se sent. Je sais que Arthur, c’est un monde de légendes, de brume et de brouillard, et bien c’est réussi. !!!



Alors, un conseil, visitez accompagné par un bon passeur… au risque d’être déçu par un thème si attrayant.
Pendant les vacances scolaires, des animations pour les 5-7 ans et les 8-12 ans sont proposées autour des petits chevaliers de la Table Ronde. Plein tarif : 5 € et 3 € pour le tarif réduit. Fermé le lundi et les matins.Jusqu'au 4 janvier.

Promenade dans les ruines du château de Léhon (Côtes d’Armor, Bretagne)

Si vous avez décidé de passer le week end à Dinan, poussez jusqu'à Léhon, vous ne le regretterez pas. D'abord pour une visite gratuite du patrimoine local et ensuite parce que vous pouvez aussi profiter d'une piscine en plein air (02.96.39.21.00), ouverte toute l'année dans un site merveilleux.

Depuis l’été 2006, le château féodal de Léhon vous accueille toute l’année le week-end de 10h à 19h, (même hors saison).

Situé sur un promontoire rocheux, il a été restauré, il y a quelques années, par les Monuments Historiques et permet de découvrir un beau panorama sur Dinan, la vallée de la Rance et la campagne environnante.

Vue sur le village de Léhon


Vue du château de Léhon



Les ruines, que l’on voit aujourd’hui, datent pour certaines du XIIIè siècle. Mais laissons parler ces vestiges…

Il y a quelques années encore, le château était caché par les ronces… La butte a été débroussaillée, un chemin a été aménagé, les ruines ont été consolidées. Des travaux de restauration ont été réalisés entre 2004 et 2006. Ils n’ont pas cherché à reconstituer un état antérieur inconnu mais à consolider les ruines afin d’éviter la dégradation totale des maçonneries par la végétation. Le site constitue une réserve archéologique pour l’avenir explique un des panneaux sur le site. A terme, les archéologues vont pouvoir y mettre leur nez, ou plutôt leurs pioches et leurs petits balais.

Revenons sur l’histoire du château-fort.

Plan du château


Comme on l’a déjà vu, l’installation à Léhon n’est pas du au hasard. Le gué sur la Rance, le monastère bénédictin et bientôt les seigneurs de Dinan installent un château et tout près une foire. Ce château situé sur une motte sert à défendre un espace, la vallée de la Rance et participe aux épisodes guerriers du Duché de Bretagne : conflits avec les Anglais, les Français ou au sein même de la succession bretonne.


château de Léhon


L’architecture de la forteresse a évolué au cours des siècles et s’est adaptée à l’évolution des techniques de guerre et à la transformation des armes.

Ce château passe donc d’un édifice en bois à une construction en pierres qui évolue encore avec l’arrivée des armes à feu et des canons. Il y aurait eu un château en bois autour de l’an Mil. L'évêché d’Aleth (Saint Malo) est divisé en plusieurs seigneuries et le vicomte de Dol hérite de celle de Léhon où il installe sa capitale. La forteresse est détruite à plusieurs reprises au XIè siècle lors de conflits entre rivaux du Duché de Bretagne. Et le site est rasé fin XIIè suite au traité de paix entre la France et l’Angleterre.
Le plan que l’on voit aujourd’hui date du XIIIe : une enceinte avec des tours qui épouse le promontoire rocheux. Les tours sont rondes ou en fer à cheval -l'ovale du fer à cheval permet de mieux défendre l'espace-.

Tour en fer à cheval du château de Léhon


Un donjon contrôle la partie la plus exposée aux machines de guerre.
L’architecture évolue avec la Guerre de succession du Duché de Bretagne (1341-1381). Le château est assiégé et lors des affrontements, des courtines (les murs qui relient les tours) sont détruites.
Les postes de tirs de l’époque sont des archères – on n’a pas encore prévu les armes à feu. Les meurtrières … sont des ouvertures qui s’évasent vers l’intérieur pour permettre à l’archer de viser l’ennemi sans s’exposer. La disposition en quinconce sur plusieurs étages permettait de surveiller la totalité des abords de chaque tour. D'autres éclaircissements sont à lire sur le site.

archère du chateau


Les armes à feu apparaissent au XVè siècle et l’architecture s’adapte aux coups de canon destructifs. Le château consolide et remonte ses murs (la base est solidifiée pour mieux résister aux canons), les meurtrières sont agrandies pour pouvoir de l’intérieur répondre en utilisant les nouvelles armes, les canons.

tours et enceintes de Léhon


Mais il ne servira plus beaucoup parce que … le duché est en paix, il fait partie de la France et on ne se bat plus contre les Anglais dans l’intérieur de la Bretagne. Les sites sont fortifiés, par contre, sur les côtes et sur les frontières du royaume de France.

La forteresse tombe en ruine dès la fin du XVè siècle et elle servira bientôt de carrière de pierres aux moines pour agrandir l’abbaye de Léhon au XVIIè siècle.

A l'intérieur, une chapelle est dédiée à Saint Joseph.

Panneau explicatif du site de Léhon


Chapelle Saint Joseph


Des panneaux expliquent l’histoire du château et des fortifications.

Nominoë rencontre les moines de Léhon

Explications sur le site du château


Finissez la balade en errant dans Léhon, ce sympathique petit village de granit au pied du château.

Maison du village de Léhon


Petite cité d'Art et d'Histoire


Lisez cet article en anglais : Touring through the remains of Léhon

La Bretagne vue d’avion : rendez vous à l’aéroport de Dinard

Que voilà un beau cadeau d’anniversaire !!! Offrir à sa moitié un bout de la Bretagne, c’est pas mal, surtout quand elle est vue du ciel. C’est original et en plus – les heureux passagers ont été conquis.

Vous pensez bien que j’ai interviewé ma copine après son baptême de l’air dans un quatre places.

le quatre places


Ils sont arrivés à l’aéroport - là en l’occurrence, c’est à Dinard que ça se passe, mais on peut le faire dans de nombreux aérodromes – et le pilote les attendait, habillé comme un aviateur, bomber et casque sur la tête.


ça marche comment, vous dites ?


Les pilotes qui vous emmènent font les vols bénévolement car – les heures de vol, c’est cher et pour garder son brevet de pilote, il faut pratiquer -. Ils profitent donc de ces sorties pour badger des heures qui leur permettent d’avoir suffisamment d’heures de vol pour garder leur licence. A Dinard, par exemple, il y a quatre pilotes qui assurent les sorties.

Une fois assis dans l’avion, le pilote et les trois personnes s’envolent vers ...
Et là, c'est à vous de choisir :
– soit l’est vers le cap Fréhel
- soit vers l’ouest vers le Mont Saint Michel.

... Le pilote commente le paysage, une main négligemment posé sur le manche. Ca se conduit comme une voiture m’ont-ils dit.

Mes amis ont choisi d'aller vers l’ouest, la mer et l’île de Chausey.
Ils ont aussi survolé Cancale et ses parcs à huîtres,

Cancale parcs à huîtres



Saint Malo

Saint Malo


Le pilote a prolongé le plaisir en survolant la vallée de la Rance.

le blanc là, c'est l'aile


Il faisait un temps merveilleux, c’était top !
C’est super, me direz vous, parce qu’ils ont eu du beau temps, mais en Bretagne le temps… on ne sait jamais… Alors s’il y a du crachin breton… En offrant ce petit vol d’une demi-heure, vous ne prendrez pas beaucoup de risque parce qu’ils ont pensé au climat breton. Si le temps n’est pas clément, on vous appelle pour déplacer le vol.

La demi-heure coûte 100 €, et ça peut intéresser trois personnes ça fait 35 € par tête, ça va en cette période de baisse du pouvoir d’achat…





Lisez cet article en anglais : Overview from the sky in Brittany (France)

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