Moulins à marées en Bretagne


Mais à quoi servent les marées ? A moudre de la farine, pardi !
- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
- Y en a -t-il ailleurs ?
- Depuis quand ces moulins existent ?
- Comment ça marche ?
- Où peut on en voir ?

- Pourquoi y avait-t-il autant de moulins à marée en Bretagne ?
La Bretagne est une terre d'abers... d'estuaires en quelque sorte. Et celles-ci sont fort précieuses pour nos moulins. A chaque marée, la mer les envahit puis les délaisse et c'est ce mouvement de marées qui est à l'origine de l'énergie des moulins.

Moulin de Pen Castel dans la presqu'île de Rhuys, Morbihan


- Y en a-t-il ailleurs ?
Il y en a dans les pays à estuaires, le Portugal, l'Espagne, le Royaume Uni, l'Irlande, les Pays Bas et les Etats Unis.

- Depuis quand ces moulins existent ?
On les connaît, en Bretagne, dès le Moyen Age, et il y en eut jusqu’à une centaine dans la région.

- Comment ça marche ?
Le moulin à marée utilise comme énergie la force de la mer. Le principe était simple : on laissait les marées montantes remplir un bassin fermé par une digue. Une fois la marée basse, il suffisait d’ouvrir le bassin et de laisser s’échapper l’eau qui actionnait une roue.

Bassin du moulin de Pen castel


Ce type de moulin demandait un investissement de départ : une digue à construire. Le meunier, par contre, vivait à l'heure des marées et pouvait travailler la nuit.

Meunier tu dors… oui parfois pendant le jour… si j’attends la mer…

Inconvénients de ce système : comme tous les énergies liées aux éléments, elles sont variables. Avec les périodes de vive-eau (marées à forte amplitude) et de morte-eau… Marée importante, bon fonctionnement, petit coefficient de marée, faible mouvement…

Digue du moulin de la vallée de la Rance


Avantage : C'est une énergie renouvelable... La marée revient toutes les 6 heures… Ce n’est pas le cas du vent…

Les moulins pouvaient être alimentés en grains par la terre et par la mer. Les chariots et les bateaux repartaient chargés de farine…

Moulin à marée dans la vallée de la Rance


Petite précision encore. Le moulin implique une pratique artisanale des meuniers. Plus tard on parle de minoterie, ce qui suppose une destination industrielle du monument. L’utilisation des moulins de mer s’arrête avec la Seconde Guerre Mondiale.

Si vous voulez comprendre le phénomène, la maison de la Rance à Dinan explique, à l’aide d’une maquette, le fonctionnement du moulin. La Rance possédait beaucoup de moulins car l’amplitude des marées y est particulièrement importante.

- Où peut on en voir ?
En Bretagne, certains moulins ont été restaurés : dans le Sud de la Bretange, le moulin de Pen Castel dans la presqu’île de Rhuys et dans le Nord, à Bréhat le moulin du Birlot ou encore le moulin du Prat sur la Rance qu'on peut visiter tous les jours en saison et les dimanches et jous fériés sinon… .

Estuaire sans eau dans la vallée de la Rance


Lisez cet article en angalis : Tidal mills in Brittany France


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Commentaires

1. Le jeudi 23 juillet 2009 à 10:55, par Kerne

Le pont dit du Diable à Plouguerneau a été envisagé comme étant de l'âge de fer sans aucune certitude scientifique; par contre, ce qui est certain c'est que les soubassements sont en pierre de taille et que ces pierres de taille ont été amené d'un site distant d'une dizaine de km à Kernilis. Ces pierres n'ont pas la même origine géologique que les pierres où est implanté le dit pont du Diable; après examen attentif, il semblerait plutôt que ce soit un vestige de moulin à marée, ce qui correspond mieux à l'origine des pierres de taille. Dans ces conditions, ce pourrait être un des plus anciens moulins à marée de France. Malheureusement, l'obscurantisme local réfute ces hypothèses basées sur des recherches scientifiques et géologiques et certains locaux associatifs racontent n'importe quoi aux visiteurs

2. Le jeudi 28 janvier 2010 à 21:21, par LN

Merci pour ces informations. J'espère que cela convaincra les gens du coin !

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Pourquoi ne pas lire aussi :


Blé noir ou sarrasin en Bretagne : une farine miracle

Ses origines

On appelle blé noir une plante qui n'est pas du blé. Ce n'est pas une graminée mais une soeur de l’oseille ou de la rhubarbe (des polygonacées).

Blé noir


On l’appelle noir parce que sa farine est grise. Et sarrasin parce qu'on dit qu'il serait revenu du Moyen Orient avec les Croisés (au Moyen Age). Mais c'est la légende... Les historiens (Alain Croix) pensent qu'il a été réintroduit autour du XVè siècle. Revenu ou réintroduit car on en a trouvé trace dans des pollens préhistoriques de la région.

Il devient en tout cas populaire dès le XVIè siècle sous Anne de Bretagne et est alors cultivé dans la Bretagne historique (Bretagne actuelle et Loire Atlantique). Sa production atteint son apogée au XIXè siècle (la Bretagne produit 50% de la production de blé noir française) et devient la base de l’alimentation de la région.

Mais à la fin du XIXe s avec l’essor de nouvelles céréales, de la pomme de terre et de l’élevage, la culture du sarrasin diminue pour atteindre un seuil minimal dans les années 80-90.

On l'importe alors de Russie, de Pologne, du Canada ou du Brésil. Puis, sous l’impulsion d’agriculteurs de Centre Bretagne -la frugalité de la plante est intéressante en ces nouveaux temps écologiques-, sa culture a repris sous des labels bio qui alimentent les crêperies régionales, les fabricants locaux ou les marchés. Les moulins bio fleurissent aussi.

Sa culture

Le blé noir est aujourd’hui semé en mai, juin et la graine peut être récoltée fin septembre. Rustique, il supporte les sols pauvres ou acides, a besoin de beaucoup d’eau. Or, ça tombe plutôt bien, les sols et le climat en Bretagne répondent à toutes ces exigences !

Pour nos paysans pauvres, il avait l’avantage de pousser vite, donc d’immobiliser la terre peu de temps et pouvait être calé entre les cultures d’hiver, après les dernières gelées et celles d’été. Il ne demandait pas un gros travail de préparation de la terre et peu de soins.

Fleur de sarrasin


C’était aussi une plante nettoyante : elle étouffait les mauvaises herbes, s'enfouissait comme engrais vert dans la terre et permettait un meilleur rendement du froment ou du seigle.

A cela s’ajoutait un autre avantage : on pouvait le moudre « gratuitement » dans des petits moulins à bras sans avoir besoin du moulin "payant".

Aujourd'hui le sarrasin a de nouveaux atouts. Sans gluten, très riche en protéines végétales, en acides aminés et en vitamines, il peut être consommé par les allergiques. On s’en sert aussi pour produire de la bière bretonne (sans gluten). Comme plante mellifère, elle permet de produire un beau miel brun très rare (un apiculteur sur le marché m'expliquait qu'il produisait 1 tonne 7 de miel par an et seulement 200 kg de miel de sarrasin!). Ce nectar, il mérite ce titre, est très cher mais très, très parfumé.

Graines de sarrasin


Elle est utilisée ailleurs dans le monde sous d'autres formes (sa région d’origine est l’Asie du Sud-est) : les Japonais, par exemple, en font des nouilles (les "soba" avec la farine) ou des oreillers (avec les graines) qui épouse bien la forme de la tête et permettent de bien se relaxer…

Lisez cet article en anglais : Organic buckwheat in Brittany : a gluten free flour

Gastronomie et randonnée au Mont Saint Michel : un vrai marathon !

Vous recherchez une escapade originale et insolite dans l'Ouest... Hors saison pour être tranquille... Le Mont Saint Michel !
Vous aimez les pierres, la rando et les spécialités locales... le Mont Saint Michel
Vous êtes un adepte des marathons de l'extrême... le Mont Saint Michel
Ou recherchez à faire une retraite dans un site hors du commun... le Mont Saint Michel, vous dis-je!
Un brin de tourisme entre Bretagne et Normandie...

Le Mont Saint Michel vu de Normandie


On commence par quoi ?

La gastronomie et les spécialités locales, histoire de vous faire saliver... On peut dire qu'il y a quatre raisons de s'arrêter dans le coin.

La baie est célèbre pour ses élevages de moules, la mytiliculture comme on l'appelle quand on est savant ! Si vous scrutez la baie, vous verrez des parcs de bouchots, pieux de chêne plantés dans le sable, couvert de cordes où les moules s'accrochent. Les poteaux sont couverts par les marées. Les moules sauvages poussent aussi de façon naturelle sur les rochers. La baie assure près d'un quart de la production française.

Pour rester dans les mollusques, vous pouvez aussi faire un arrêt huitres à Cancale. L'ostréiculture y est une vieille tradition puisque déjà la renommée des huitres cancalaises s'étendait jusquà Versailles au XVIIIè siècle. Vous pouvez déguster ces mollusques sur le port de Cancale (on vous propose différents types d'huitres), en plein air, assis sur la digue, devant la mer... C'est top !!!


Moins maritime et encore, l'agneau de pré-salé est une spécialité de la baie. Ce jeune mouton a un goût très particulier : il pâture les prés où la végétation est salée et iodée, puisqu'ils sont régulièrement recouverts par les marées. La viande a ainsi une saveur très particulière et est très recherchée car on n'en trouve que dans le coin...

Je peux finir ce parcours gastronomique par une légende, celle de Madame Poulard et de sa fameuse omelette... A déguster sur le Mont... Cette dame a fait la renommée de son restaurant au XIXè siècle, avec une omelette originale cuite au feu de bois. Déjà à l'époque, les pèlerins aimaient s'y arrêter et aujourd'hui, la fameuse préparation est toujours une spécialité du rocher.

Et les balades

Il existe des balades superbes à faire dans le Mont...ou plutôt dans la baie du Mont Saint Michel... Et ce entre Normandie et Bretagne puisque la baie abrite les deux régions...Mais ce ne sont pas des balades à faire non accompagnées. La baie du Mont Saint Michel est depuis toujours réputée pour sa dangerosité... et ce pour diverses raisons :
Les marées ont une très grande amplitude. La baie étant extrêmement plate, la marée remonte très vite sur le sable et surprend le visiteur. Surtout que ce sable est traitre : il est constitué de tangue (un sédiment de calcaire, de limons et d'argile qui servait d'engrais avant... on ne le prélève plus et cela contribue à l'ensablement de la baie) qui se solidifie à marée basse et qui "devient sable mouvant" quand il est à nouveau gorgé d'eau (mon explication n'est pas très scientifique mais c'est le danger de ce sable que je désire pointer). On peut donc à marée basse s'y promener mais bien guidé.
Juste à côté, les herbages qui servent de prairies aux pré-salés sont un site d'hivernage pour les échassiers et est classé site d'intérêt national depuis 1982.

La légende : la baie était, il y a fort longtemps (2000 ans), couverte de bois : la forêt de Scissy... je m'arrête là car c'est un mythe... revenons plutôt sur terre avec un peu de géophysique. La baie fait plus de 500 m2 et deux rochers s'y trouvent : le Mont Saint Michel et Tombelaine. Le premier, un rocher inégal de granit, fait 900 mètres de diamètres de 80 mètres de hauteur. Il abrite la Merveille, son clocher, fait par Frémiet en 1897 et rénové en 1987, représente Saint Michel terrassant le dragon et donne au Mont ses 157 mètres de haut.
Le second a été occupé par les Anglais au XVè siècle mais offre surtout aujourd'hui un beau prétexte à balade.

Pour ceux qui aiment la vitesse... le marathon du Mont Saint Michel est une belle manière de parcourir la région... C'est une course difficile mais qui rassemble des milliers de joggers tous les ans depuis 1997 pendant un week end (8 mai). On dit que c'est une épreuve car on voit l'arrivée pendant des kilomètres...

Pour ceux qui ne souhaite que le repos et le recueillement, le Mont Saint Michel organise des retraites dans l'abbaye. Un site magnifique à découvrir de l'intérieur.

Lisez cet article en anglais : Gastronomy, walks and marathon in the bay of Mont Saint Michel (Normandy- France)

Entre Bretagne et Normandie, week end insolite au Mont Saint Michel

Le Mont Saint Michel, une idée de cadeau pour un week end... Car il mérite une visite approfondie...
Avant de vous y rendre, tentez ce petit quizzzzz de questions réponses.... pour savoir ce qu'on ne vous dit jamais sur le rocher... des infos pratiques et des petites anecdotes sympas, un Mont Saint Michel insolite... Vous êtes joueur... Allez-y !

1 - Les habitants du Mont sont :
- des Michelins
- des Montois
- des Miquelots
Les habitants du Mont sont des Montois


2 - Les touristes au Mont Saint Michel, ce sont :
- 30 000 visiteurs par an
- 300 000
- 3 000 000
Plus de 3 millions de visiteurs par an (soit une moyenne de plus de 8000 par jour !) et le chiffre augmente tous les ans. C'est un des sites les plus visités de France après Paris.

Mais cette renommée date d'avant avant hier... Dès le Moyen Age (XIIè), les pèlerins arrivent en foule au Mont et y séjournent plusieurs jours. Les anciennes maisons du XVè et XVIè sont des anciennes hôtelleries ou des boutiques de "marchands d'images". L'aumônerie accueille les indigents. En souvenir, les croyants repartent avec des souvenirs, des ampoules de plomb pleines de sable.

3 - Le Mont Saint Michel et sa vie quotidienne :
Trois familles se partagent le Mont
Il y a une trentaine de résidents
100 commerces animent l'île
Effectivement 3 familles se partagent tant l'administration de la commune (à tour de rôle) que les commerces (autour de 300). Une 40e de personnes y réside. 3 familles, 300 commerces et 3 millions de visiteurs au moins... Décidément le Mont aime le 3.


Le Mont saint Michel en hiver


4 - Le Mont Saint Michel : ses titres et ses récompenses
A votre avis, il est
- classé Monument historique
- inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO
- appartenant à la catégorie "commune touristique"
- est une des sept merveilles du monde
Le Mont est classé monument historique depuis 1874. En effet depuis de nombreuses années, le Mont n'est plus aux mains des religieux, n'était plus entretenu et se délabrait.

Presque 100 ans plus tard, en 1979, il est inscrit à l'Unesco.

En 2009, il vient d'être désigné comme commune touristique c'est à dire qu'il bénéficie d'une capacité d'hébergement certaine pour accueillir des touristes et surtout un régime juridique particulier dans différents domaines (repos des salariés ou vente de boissons par exemple).

C'est une site merveilleux mais il n'est pas dans les 7 merveilles du monde.


5 - Les origines du culte du Mont Saint Michel
- Ce sont les druides qui ont commencé
- C'est un ange qui l'a voulu
- C'est un roi de France qui le construit
"Asile mystérieux des druides ou tombeau consacré à la vénération populaire", c'est comme cela que le guide Joanne le présente dans son édition de 1884.

Ce n'est pas un ange mais un archange... dit la légende. Un archange est un ange supérieur, il est au dessus des anges et il a l'autorisation d'agir sans la permission de Dieu. L'archange Saint Michel demande plusieurs fois à l'évêque d'Avranches de fonder un couvent sur le Mont. "Et lorsque en 709, il y conduisit une colonie de religieux, une empreinte merveilleuse indiqua le lieu où l'abbaye devait s'élever. Des signes célestes déterminèrent l'enceinte et une source jaillit pour fournir l'eau refusée à ces rochers arides".

Le Mont a été attaqué et détruit plusieurs fois au Moyen Age. Philippe Auguste tente de conquérir la Normandie et a demandé à ses hommes de l'assiéger, ils le brûlent. Le roi fit reconstruire l'abbaye et une forteresse à Tombelaine. Il est à l'origine de la Merveille.


6 - Qu'est ce que la Merveille ?
- Le Mont dans son intégralité : village et bâtiments religieux
- les 3 étages du monastère
- une partie de l'édifice religieux
C'est uniquement la partie nord du monastère qui date du XIIIè siècle. Cela comprend quand même 6 espaces différents sur 3 étages : une salle à manger par étage l'aumônerie tout en bas pour les plus pauvres, au dessus la salle des hôtes pour les personnes de prestige type roi... et au dernier le réfectoire des moines.
L'autre aile comprend le cellier, la salle des chevaliers et le cloitre.

L'ensemble des bâtiments religieux est un mélange de styles architecturaux : préroman, roman et gothique se disputent la vedette.


7 - Le Mont Saint Michel et ses surnoms ?
- on l'appelait Tombelaine
- Saint Michel au péril de la Mer
- la Merveille
Non, Tombelaine, c'est un autre rocher de la baie, qui a été fortifié et qui a aussi été l'objet de nombreuses batailles et conquêtes. Par contre, on l'appelle aussi le mont Tombe.

Avec la renommée du pèlerinage qui a un succès international dès le Moyen Age, les fidèles pour se rendre sur le rocher doivent traverser la baie qui est très dangereuse : noyades, enlisements (sables mouvants) sont très fréquents... encore aujourd'hui, il y a des morts... il faut un guide pour se promener dans sa baie. On comprend le Saint Michel au péril de la Mer.


8 - Le Mont et ses nationalités :
- indépendant ?
- Anglais
- Normand
- Breton
Indépendant ! Même si, depuis qu'une digne (1877) relie l'île du Mont Saint Michel à la terre, la baie s'ensable, il ne reste pas moins que ce rocher redevient une île lors des grandes marées. Et doit le rester puisque il y a des grands travaux de transformation de la digue pour permettre à la mer de circuler dans la baie (qui devrait moins s'ensabler) et redonner ainsi au Mont son indépendance d'origine.

Anglais... Oui, pendant la guerre de 100 ans, en 1427, les Anglais après un long siège prennent le site. Les pèlerins, fidèles, continuaient à affluer, grâce à des sauf-conduits qu'ils payaient à l'ennemi.

Alors Breton... En 1204, les Bretons assiègent le rocher, le brûlent et finissent par le prendre... mais pour très peu de temps. Duguesclin, le fameux acolyte de Jeanne d'Arc était breton. Il est capitaine du Mont et a fait construire un logis (1366) pour sa femme Tiphaine (qu'on peut visiter encore aujourd'hui).

ou Normand... Et bien, oui, le Mont est Normand. Cest le Couesnon, la rivière qui se jette dans la baie qui fait la frontière entre les deux régions... et le proverbe bien connu dans le coin :
Le Couesnon dans sa folie
A mis le Mont en Normandie
Quand le Couesnon aura retrouvé la raison
Le Mont redeviendra Breton.

Tout n'est pas perdu !


9 - Le Mont et ses fonctions.
- un lieu religieux très fréquenté du Moyen Age
- une forteresse
- une prison
Le Mont a été un lieu religieux de renommée internationale au Moyen Age. Mais quand l'ordre Saint Michel est crée, en 1469, par Louis XI, c'est le début d'un tournant. Les chevaliers de l'Ordre multiplient les fêtes, les religieux sont nommés par les rois, oublient de s'occuper du Mont et ne font qu'en toucher les bénéfices. C'est la décadence. A tel point que la vie monastique cesse après la Révolution Française et les moines n'y reviendront qu'en 1969.

En parallèle de sa vie religieuse, le rocher a été une forteresse dès sa création (VIIIè siècle) ou presque... Les habitants venaient se réfugier sur le Mont pour échapper aux attaques des Normands (comprenez Vikings) et ont crée ainsi la ville actuelle. Plus tard, ce sont contre les Bretons qu'on se défend ou contre les Anglais. Vous pourrez parcourir le chemin de ronde du Mont et admirer ainsi les remparts et ses nombreuses tours de défense.

Le lieu a servi de prison dès la Révolution française. Si vous visitez le monastère, vous verrez une énorme roue en bois où 5 à 6 prisonniers œuvraient pour monter les cargaisons de vivres en haut du Mont.
10 - Le mont et ses particularités
- il n'y a qu'une seule entrée pour aller dans le village
- il y a une église hors les murs
- il n'y a qu'une rue qui fait le tour de l'île
- Il n'y a pas d'eau potable sur le Mont
- Le chemin de fer arrivait jusqu'au rocher - il y avait des moulins à vent sur le Mont Saint Michel
- le granit utilisé pour les bâtiments vient des îles anglo-normandes
Il n'y a effectivement qu'une seule entrée barrée de 3 portes... La tour Gabriel donne sur un quai qui mène à la chapelle Saint Aubert qui est sur le rocher mais hors les murs.N'oublions pas que l'île a été aussi une forteresse.

Il n'y a qu'une rue qui monte effectivement à l'abbaye.

Pas d'eau potable dans les murs. La fontaine de Saint Aubert est due, dit la légende, à la volonté de l'archange , elle est située sur le rocher mais hors les murs. Elle a été pendant des siècles l'unique source d'eau.

Le chemin de fer est arrivé jusqu'au Mont en 1901 et ce pour une trentaine d'années.

- Il y a eu des moulins à vent sur le Mont. Alors des éoliennes dans la baie...

Oui, oui, ils sont fous ces Normands... Une partie du granit utilisé vient de Chausey... en face certes mais quand même...


Et pour finir, visitez le Mont hors saison... Sinon dans l'unique rue, vous connaitrez les embouteillages piétonniers (c'est vraiment ça, je l'ai vécu plusieurs fois), les queues pour la billeterie... le discours du guide perdu entre les commentaires des touristes japonais (très nombreux) et ceux des Italiens en extase...

Lire cet article en anglais : Between Brittany and Normandy a weekend break at Mont Saint Michel France

Les journées du patrimoine en Bretagne

Voilà un événement qui revient tous les ans et dont on est loin de faire le tour!!!

Ce week end de septembre, le 3ème depuis plus de deux décennies, permet à tout un chacun de visiter des lieux remarquables, qui sont d'habitude fermés au grand public. Car évidemment l'intérêt de ces deux journées est d'aller faire nos curieux dans des endroits où on ne peut aller d'habitude...

Des châteaux et des manoirs privés, des jardins avec des menhirs énormes, des intérieurs inimaginables, des promenades sur des propriétés privées, des chapelles ou églises d'habitude fermées, des moulins ou des sémaphores inaccessibles habituellement ...

Bref ce sont plus de 15000 sites qu'on peut découvrir en cette fin septembre. Souvent les visites sont gratuites, c'est bon pour le tourisme ce petit week end !!!

Si vous voulez en savoir plus, allez voir le programme pour la Bretagne et les lieux d'ouverture exceptionnelle : il y en a quand même 193 pour la région Bretagne.

L'histoire démarre en 1984 avec une journée portes ouvertes des Monuments historiques. Mais quelques années plus tard, en 1992, on passe à deux jours et on les baptise les Journées du Patrimoine.

Le pli est très vite pris par d'autres pays européens puisque dès l'année suivante, la journée existe chez nos voisins. Le Conseil de l'Europe et l'Union Européenne s'en mêlent en 1991 et les journées deviennent des Journées Européennes du Patrimoine. En 1995, 34 pays organisent la manifestation et plus de 13 millions d'Européens y participent. Aujourd'hui 49 pays se sont joints à cette idée. Mais par contre, les manifestations européennes n'ont pas toutes lieu aux même dates !!!

Depuis 1997, chaque année la France met en valeur un thème précis : en l'an 2000, par exemple, les journées s'articulaient autour du "patrimoine du XXè siècle".

Les journées ont été annulées une seule fois depuis leur création en 2001 suite à l'attentat du 11 septembre.

C'est bien ces initiatives, ça permet la curiosité, d'amener les enfants à regarder des sites sympas et de ne pas laisser tout le temps aux écoles le choix du patrimoine à découvrir.

Ferez vous partie cette année des 12 millions de visiteurs ?


Eoliennes et développement durable : pour ou contre

Ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les éoliennes.

C’est quoi une éolienne ?
Il était une fois Eole dieu du vent… Non, j’arrête. Les éoliennes sont les remplaçantes de nos vieux moulins à vent, ceux qui servaient à moudre de la farine ou à faire de l'huile. Ou encore à extraire de l'eau, avec des roues à godets, pour irriguer. Sauf que nos moulins modernes produisent de l’électricité.
Qui a inventé les éoliennes et pourquoi ?
C'est un Danois (fin XIX è) qui est à l’origine de l’idée.
Mais on ne s'y intéresse pas plus que ça, pendant tout un siècle. Jusqu'à l'arrivée des crises de l'énergie : le pétrole dans les années 70 et maintenant la volonté de diversifier les approvisionnements énergétiques, la lutte contre le changement climatique et les gaz à effets de serre... C'est très tendance.
Et les pays les plus équipés sont l’Allemagne (22.000 MW), l’Espagne et les Etats-Unis (12.000 MW), l’Inde (6000 MW).





Et la France alors ?
La France a un très bon potentiel (le second en Europe), et pourtant… l’objectif est l’installation de 17.000 MW d'éolien en 2015. Fin 2007, la puissance éolienne installée était de 2500 MW…

Le Grenelle de l’Environnement a été l’occasion pour le gouvernement français de réaffirmer la nécessité du développement des énergies renouvelables pour atteindre 20% de la consommation finale d’énergie en 2020.

On a encore une sacrée marge devant nous...
La Bretagne ?
La production électrique bretonne ne couvre que 5 % des besoins. 17 000 GWh de consommation pour une production de 610 GWh de production avec le barrage de la Rance en tête 540 GWH et 50 pour l’éolien. Le barrage produit l'équivalent d'un an de consommation d'une ville comme Rennes.
La Bretagne serait une terre d’accueil idéale mais… avec son habitat mité, il est difficile de trouver des lieux ou il n’y ait pas d’habitation à un périmètre suffisant (300 mètres minimum).
Pourquoi c'est si haut une éolienne ?
Parce qu’il y a plus de vent loin du sol. Les pâles peuvent faire 15 mètres et les mats jusqu’à 100.
On peut en mettre partout ?
Non... il y a plein de conditions nécessaires pour installer une éolienne : un sol stable, un réseau accessible pour que le coût de raccordement au réseau ne soit pas trop onéreux, un site avec un vent fréquent et régulier, qui souffle souvent dans le même sens (le matériel est conservateur, il n’aime pas les changements, ni les vents trop puissants). Tout est une question de dosage bien précis.
Il ne faut pas non plus être dans une zone protégé ou que des habitations soient trop proches.
Il faut aussi que le site soit accessible : pas facile de monter des mats de plusieurs dizaines de mètres, la grue et les pales doivent aussi passées !!!
Et la puissance
Il y a 4 types d'éoliennes :
- le grand éolien : puissance > 350 kW
- le moyen éolien : puissance entre 36 kW et 350 kW

Les deux autres sont pour les particuliers ou les entreprises, les exploitations agricoles : le petit éolien à une puissance qui varie entre 1 kW et 36 kW et le très petit (1 kW) sert sur les bateaux de plaisance.
Un exemple de consommation : une ampoule de 100 W allumée pendant 1 heure par jour va consommer en une année 36 kWh.
Plus concrètement, une éolienne fournit l'électricité d'environ 2000 personnes (chauffage non compris).

Pour la maintenance ?
Dans les nouvelles générations d'éoliennes, il y a des ascenseurs… mais quand elle ne fonctionne pas, on monte à pied… et on oublie pas les outils en bas!!!
Pâles d'éolienne


Pourquoi est on contre ?

Il y a tout plein de raisons :
L’irrégularité de l’énergie : pas très fiable comme énergie, ça va ça vient donc on ne peut pas compter uniquement sur elle !!! Elles ne peut qu’être associée à d’autres…

Son stockage : Que fait-on quand trop d’énergie est produite… On ne sait pas encore bien stocker sa surproduction.

Les ondes … peuvent perturber la réception de la télévision.

Et elles seraient dangereuses pour les chauve-souris
Le pour parce qu’il y en a quand même…

Contrairement aux idées reçues, on fait attention aux oiseaux : les projets évitent les couloirs de migration et les études (même la Ligue de Protection des Oiseaux le dit) montrent que ça n'est pas pire que les lumières des villes et autres nuisances…
Le bruit : les premières générations étaient bruyantes et aujourd’hui les éoliennes installées répondent à des normes bien précises quant aux décibels qu’elles émettent. Et c’est un critère qui décide de son implantation. Le niveau sonore d’une éolienne à 500 m est de 35 décibels, c’est à dire l’équivalent d’une conversation à voix basse.

L'électricité est produite sans dégrader la qualité de l’air (pas de rejet de gaz à effet de serre, ni de polluants atmosphériques), sans polluer les eaux ni les sols et sans déchets radioactifs.

Le Grenelle de l’Environnement devrait accélérer le développement de l’éolien : d’ici 2020, 25.000 MW devraient être installés, produisant l’équivalent de 10% de la consommation électrique française, soit 55 térawattheures. Ce chiffre correspond à la production de 7 réacteurs nucléaires ou à la production des centrales thermiques françaises en 2007.

Une éolienne dure environ 20 ans. on peut alors installée un nouveau spécimen ou démantelé le site.
Quant à la santé, les diverses études effectuées ne font état d’aucun impact sur la santé.
Une électricité verte quoi…

Et économiquement
Le secteur éolien, c'est du travail... Il est estimé que, pour une puissance installée de 10 000 MW en 2010, plus de 20 000 emplois seraient créés en France.

Au niveau national, l'énergie éolienne contribue à la diversification et à l'indépendance énergétique du pays.
Pour ceux qui veulent investir, on peut louer ses terres pour recevoir une éolienne.

L'éolienne pour les particuliers

Une petite dans votre jardin ?
Elle fournit de l’électricité pour le foyer mais à quelque conditions :

- sa taille (12m) sans permis de construire (plus haut, il faut un permis et l’autorisation des voisins).
- un jardin (on déconseille de la fixer contre une maison car elle vibre beaucoup) mais vous ne devez pas la fixer à plus de 15 m de votre habitation pour éviter les pertes d’électricité.
Et enfin elles ne sont pas très performantes… pour l’instant. Mais sont parfaites pour des exploitations agricoles, des entreprises qui veulent valoriser leur image par un projet d’avenir ou des particuliers qui souhaitent une énergie respectueuse de l'environnement et diversifier leurs approvisionnements d’ énergie.

Lisez cet article en anglais :
Wind turbines and sustainable development for or against it

Les algues en Bretagne : de l'engrais de nos grands-pères aux compléments alimentaires et produits cosmétiques

En Bretagne, on n’a pas de corail mais on a des idées (aussi) et surtout des algues.



Et une réputation qui dépasse largement les côtes bretonnes… Les Japonais se les arrachent, nos algues …

Et c'est à Roscoff que ça se passe. Pourquoi Roscoff ?

Le Gulf Stream permet une température stable de l'eau de mer. Le courant favorise un brassage et donne une eau transparente et d’une bonne qualité (le rail d’Ouessant n’est pas loin pourtant !). Et du coup, on a un foyer avec une diversité très importante (800 sur les 1500 algues bretonnes - chiffres de 2000, depuis on a du en découvrir bien d’autres !)… Et les savants se sont installés dans le coin...

Mais en Bretagne, on n'a pas attendu que les chercheurs se creusent la tête pour se servir des algues. Depuis toujours (ou presque) les paysans des côtes utilisent le varech pour amender leurs terres.




Si vous êtes un brin observateur, vous avez du repérer que les algues ont différentes couleurs : vertes, rouges et brunes. Chaque couleur correspondant à une place précise sur le littoral : les brunes restent sous la mer, la verte aime le bord de mer. Je vous laisse deviner ce que font les rouges.



Les vertes ont malheureusement fait notre réputation à Saint Brieuc puisqu’elles sont à l’origine de ces fameuses marées vertes qui envahissaient nos plages l’été (elles proliféraient "grâce" aux nitrates (dus aux déjections porcines : quand les cochons font pipi,ils produisent des nitrates, j'utilise l'imparfait parce que ça va un peu mieux).



Si les Japonais (encore eux !) les consomment depuis toujours (eux aussi), nous, on commence juste à s’y intéresser. On les utilise comme compléments alimentaires notamment comme gélifiants (E407). Si les tartes aux pommes que vous achetez ont de si beaux quartiers, c’est qu’à la compote de pomme utilisée a été rajoutée du gélifiant pour faire ces beaux fruits si présentables !!!

Vous pouvez aussi les utiliser comme compléments alimentaires, elles regorgent de calcium, de fer ou de protéines. Saupoudrez les sur vos salades ou utilisez-les en gélatine.

Elles servent aussi dans les centres de thalassothérapie pour tous les soins, crèmes et autres bienfaits pour le corps. Comme les algues ne peuvent se dissoudre dans l’eau (c'est une évidence mais on n'y pense pas forcément!), on est obligé de les broyer pour en extraire toutes leurs propriétés.
A nous les crèmes hydratantes, onguents drainants, pommades régénérantes… Les algues sont si riches en toutes sortes d’oligo-éléments et de vitamines qu'il existe pléthore de produits cosmétiques : soins du visage, soins du corps, des cheveux, des dents (il y a même des dentifrices). Même les produits pour hommes s'y mettent … Crèmes anti-rides aux algues, oui messieurs !!


Si vous allez à Roscoff, allez faire un tour à l'algopole, vous en apprendrez encore plus...

Lisez cet article en anglais : Algae in Brittany : soil conditioner, food products and cosmetics

Les huîtres : les choisir, les conserver et les ouvrir

Où vivent-elles ?
Les huîtres sont élevées partout dans le monde. Et évidemment en Bretagne sur les côtes Nord et Sud. Elles aiment les zones abritées... et que l'eau soit salée, mais pas trop (il y a souvent une rivière à proximité).
Il y a celles qui vivent dans le fond des océans et qui, jamais, ne voient le ciel sans eau - les huitres de pleine mer ont une coquille plus ronde... Il y a les autres qui sont élevées sur le rivage et qui sont bercées par les marées. On trouve différentes espèces dans l'Ouest (qui souvent naissent ailleurs mais qui sont ensuite élevées en Bretagne)...

Comment les choisir ?
Les huitres ont des numéros (de 0 à 5 pour les creuses et jusqu'à 6 pour les plates)... qui correspondent au calibre... dans l'ordre inverse...
Plus le chiffre est élevé, plus le mollusque sera petit... Par exemple, les huitres numéro 2 sont plus grosses que les numéro 5. Une huitre creuse numéro 0 fera 150 g, un numéro 5 entre 30 et 45).

Consommer des huitres


Comment les conserver et savoir si elles sont encore vivantes et donc consommables !
Une huitre peut être consommée jusqu'à 10 jours après sa sortie de l'eau si elle a été conservée correctement... au frais dans le goémon...
Mais pour être encore plus sûr, il vaut mieux ouvrir vos huîtres et attendre que le mollusque rejette sa première eau, la jeter et la consommer quand elle aura produite sa deuxième eau (si elle n'en produit pas, ce n'est pas bon signe).

Les ouvrir
Avec un couteau à huitres... Ce couteau a une forme spéciale adapté à l'ouverture des huîtres. Avant de l'utiliser on vous conseille aussi les gants ou un torchon pour saisir la bête. Ou bien cette petite poignée en plastique...

Couteau à huitre et gant de protection


Composition et consommation
L'huitre est pleine de bonnes choses : de vitamines, de minéraux et surtout de l'iode ... On boit la mer quand on en mange .... (75 calories au 100g). Et puis il y a les vertus aphrodisiaques...
Elles peuvent être porteuses de métaux lourds. Ou de micro-organismes toxiques (les services sanitaires sont là !).
C'est un mollusque qui ne mange que du plancton. Les huîtres peuvent être dégustées crues ou cuisinées. Dans les plateaux de fruits de mer, l'huitre est consommée avec du citron ou avec un vinaigre à l'échalote ou encore avec du pain beurre..... salé.

Vie d'un mollusque hermaphrodite
Si les huitres sont aphrodisiaques, c'est peut être du à leur particularité : elles changent de sexe plusieurs fois dans leur vies (elles sont hermaphrodites). A partir de la 2è année, elle libère entre 20 et 100 millions d'ovules et plus encore de spermatozoïdes. C'est en été que cela se passe quand les huitres sont laiteuses (en pleine période de reproduction). Elles sont tout a fait comestibles pendant cette période mais le proverbe rappelle de ne pas les manger dans les mois sans R... pour qu'elle se reproduisent...
Sur les milliards de larves, seules 10% de larves deviendront adulte. Au bout de quelques semaines, commence le travail de l'ostréiculteur : il fournit les supports... sur lequel le naissain (les oeufs) vont se fixer : coquilles d’huîtres ou de Saint-Jacques, ardoises, fers, tuiles, tube plastique ou corde... Il faudra plus tard séparer les huitres des supports et leur permettre de grandir. Elles pourront être stockées à plat sur le sol ou en casier.
Une fois adultes, elles séjournent en bassins d'affinage (des claires) pour qu'elles expulsent la vase et le sable. Leur qualité gustative, leur taille et leur couleur vont aussi se modifier. Elles sont ensuite sorties, lavées et calibrées, conditionnées en bourriches avant de finir dans votre assiette.

Les huîtres perlières
Les grands consommateurs auront sûrement, un jour, trouvé une perle dans leur huître (c'est un petit corps étranger qui vient se glisser dans la coquille et qui se couvre de couches de "nacre" qui finissent par faire une perle). Par contre, si vous en avez trouvé dans votre coquille ... mais il est peu vraisemblable qu'elle ait la rondeur adéquate. Toutes les huîtres peuvent en produire mais les perles sont souvent liées à des espèces de pays chauds. Et le travail d'un professionnel permet d'obtenir une jolie rondeur.

Lire cet article en anglais : French oysters of Belon in Brittany

Croisière dans le golfe et les îles : Gavrinis

Le golfe du Morbihan, il y a quelques siècles, n'existait pas et les 42 îles qui le décorent aujourd'hui encore moins... Et oui, pas de croisière au soleil en ce temps là... la terre ferme remplaçait la mer.

Au temps des civilisations des grandes pierres, le paysage était tout différent... il y avait une belle colline et... on n'avait pas besoin de faire 10 minutes de bateau en partant de Larmor-Baden... pour aller sur l'île de Gavrinis... On y allait, à pied, sur ce "monument historique", aujourd'hui situé sur une des extrémités de l'ile.
L'autre partie de Gavrinis est une propriété privée que le Conseil Général du Morbihan, (s'il avait eu les sous) aurait bien aimé acheté... mais des stars du monde de la culture lui ont rafflé la mise... La ferme et la bonne dizaine d'hectares de l'île sont devenues la propriété d'un ... Parisien ....

Ile du golfe du Morbihan : Gavrinis


Fermons la parenthèse... et revenons à ce cairn imposant... qui devait faire partie d'un ensemble mégalithique plus important encore... Quand vous repartirez, vous verrez que l'ile en face porte encore des pierres levées qu'on découvre avec la marée. Elles devaient être drôlement bien arrimées car après des millions de marées (peut être même des milliards), elles tiennent encore debout ! Ils ne rigolaient pas avec la solidité, nos hommes du néolithique...

Menhirs en face de Gavrinis


Le cairn est daté vers – 3500 ans avant JC : il est constitué d'un dolmen (une table en pierre) recouvert par une butte en pierres sèches... c'est à dire un long couloir de dalles de pierres qui mène à une chambre en ... dalles de pierres : il semble que le couloir soit le plus long d'Armorique et que par contre la chambre soit la plus petite...

Mur de pierres sèches


Et comme toujours les réponses à mes/vos questions sont des hypothèses : pas de traces écrites, pas de squelettes (le sol breton est trop acide), que des idées et des présuppositions et de l'imagination pour comprendre nos hommes préhistoriques. On ne sait pas (encore) expliquer le pourquoi de ces singularités...
Par contre, il semble que le couloir a été intentionnellement rempli de pierres à une époque... (On ne voulait pas de curieux ou plus tôt les esprits du cairn voulaient attendre que l'humanité soit mûre et intéressée pour lui faire "découvrir" ce vestige impressionnant)...

Comment des pierres aussi lourdes sont-elles arrivées là ?
Les hypothèses des savants sont les suivantes : un cours d'eau devait passer tout près de la colline de Gavrinis... les pierres de plusieurs tonnes auraient été amenées par flotaison inversée (le guide vous expliquera) près du site puis roulées sur des rondins de bois.
Une des pierres du dolmen, celle qui sert de "toit" ... correspond à un des morceaux du menhir des marchands de Locmariaquer... cette énorme pierre de plus de vingt mètres brisée en trois parties...

Comment sait-on que nos ancêtres l'ont récupérée là bas et l'ont transportée pour couvrir leur dolmen ?
Comme la dalle est tournée vers le ciel, on n'aurait du ne jamais le savoir mais le hasard fait bien les choses... Il y avait un cratère éventré au sommet du cairn et le chercheur qui analysait le cairn l'a vue (la pierre)... et fait le rapprochement avec Locmariaquer. Heureusement, sinon on chercherait toujours la pièce manquante de la table des marchands !

Entrée du cairn


Autre curiosité du site : chacune des dalles de pierres qui composent l'ensemble est décorée de motifs géométriques ou de dessins... Une véritable équipe de sculpteurs, graveurs professionnels a du oeuvrer pendant des heures pour obtenir ce résultat : des lignes parfaites, sans ratures, avec des espaces réguliers entre les courbes, un travail de précision sur une pierre très dure (tentez de sculpter le granit, vous verrez !). On peut supposer que la société qui a construit ce monument avait des artistes à part entière payée par la communauté !

Bref, l'histoire du monument est longue et passionnante... Les guides du site vous dévoileront tous les secrets du cairn.

Côté pratique : la visite est payante, possible du mois d'avril à la Toussaint... Réservez avant d'y aller, il n'y a pas de la place tout le temps (c'est comme l'hébergement, on a du chercher un coin dans les terres pour se loger)... et il y a du monde... On n'a malheureusement eu pas la possibilité de lire toutes les explications après la visite guidée... car les touristes vous chassent avec le prochain bateau...
Bon... pour une fois que la préhistoire passionne les foules, on ne va pas se plaindre quand même !

Lire cet article en anglais : Cruise in France : the island Gavrinis in Brittany

Balade dans un quartier de Saint Malo : la cité d’Aleth à Saint Servan (Bretagne, France)

Vous connaissez la cité fortifiée d’Aleth ? C’est la presqu’île qu’on voit des murailles de Saint Malo au bord de l’estuaire de la Rance mais où on ne va jamais. Et bien suivez le guide…

carte d'Aleth à Saint Servan


Le site de Saint Servan a été occupé bien avant celui de Saint Malo. La cité d'Aleth est devenu évéché au VIè siècle et ce n’est qu'au XIIè siècle qu'il est transféré à Saint Malo.
Depuis 1967, Saint Servan est devenu un quartier de Saint Malo (comme Paramé qui est de la côte de l’autre côté d’intra Muros). C’est la plage des Sablons

vue sur l'anse des Sablons l'été


qui sépare les deux villes et c’est juste là, près du port de plaisance (il peut accueillir jusqu’à 800 bateaux)

port dans l'anse des Sablons l'hiver


que commence le chemin de ronde qui fait le tour de la Cité.

Si vous prenez les escaliers au début du port, vous passerez devant un premier morceau d’histoire gallo-romaine : pile c’est un modeste mur romain

vestiges gallo-romains de Saint Servan


et face, ça devient une muraille.

la plus modeste muraille de Saint Servan


Comme quoi, au gré des recherches, les vestiges changent de statut.
La cité d’Aleth était habitée, avant l’arrivée des Romains, par une des tribus de l’Armorique, les Coriosolites. César a conquis l’Armorique en 56 avant JC et les Romains ont investi la Cité et commencé à construire en dur : vous en voyez les ruines…

Si vous avez longé le port jusqu’au bout et rejoint la corniche par le bout du port,

escaliers menant à la corniche par un temps d'été


vous passerez devant un monument dédié à Charcot(1867-1936).

Charcot


Qui était Jean Baptiste ? Cherchez l’intrus :

-Il est connu parce qu’il était médecin.
-Il a été champion de France de rugby à XV.
-Il a divorcé de la petite fille de Victor Hugo ?
-Il est explorateur polaire et le premier à franchir le cercle polaire arctique et à organiser une expédition française en Antarctique.
-Il est le premier président des scouts de France.
-Pendant la guerre 14-18, il a reçu la croix de guerre française et britannique pour sa chasse aux sous-marins.
-Il est mort alors qu’il devait rejoindre Saint Malo mais a été pris dans une violente tempête.
-Le Pourquoi pas ? était un bateau.
-Il adorait les mouettes.

mémorial à la mémoire de Charcot et du Pourquoi pas ? par un jour de tempête


Et bien tout ça, c’est lui. Quelques précisions : il est connu pour ses expéditions polaires : il a repéré de nouvelles côtes, établit du coup de nouvelles cartes marines, étudié les marées, le magnétisme, la faune et la flore de ces régions méconnues alors. Il a donné le nom de terre de Charcot, en hommage à son père, à une des ces îles de l’Antarctique.
Le Pourquoi pas ? était bien un bateau, il y en a eu 4.
Et pour la petite histoire, le seul survivant du naufrage qui fut fatal à Charcot raconte que le commandant sentant la destruction de son Pourquoi pas ? a libéré la mouette qui était la mascotte de son expédition.

Continuez la balade, vous croisez des cloches métalliques de 30 cm d’épaisseur

impacts de balles sur la cloche


-il y en a 8 - qui dépassent de plus d’un mètre le sol mais qui sont plantés à plusieurs mètres de profondeur. Ces casemates sont reliées entre elles par un réseau de galeries sur plus de 2 kms. Et elles symbolisent bien, avec les traces des impacts, combien la bataille a fait rage lors de la libération de Saint Malo.

En face , vous voyez Dinard et ses centaines de villas classées,

vue de Dinard de la corniche de Saint Servan


et derrière, le cap qui dépasse tout au fond, c’est le cap Fréhel.

vue sur le cap Fréhel par une bonne tempête d'hiver


Au centre de la péninsule, il y a un camping ouvert l’été . Et c'est le genre de paysage qui vous attend !

paysage de la péninsule de Saint Servan par un beau jour d'été


Le barrage qui coupe l’estuaire, c’est l’usine marémotrice de la Rance. Après avoir longé le littoral, vous vous retrouvez dans Saint Servan, qui mérite aussi un coup d’œil.



Lisez cet article en anglais : Walk on the coastal pathway of saint Malo (France) and visit the peninsula of Aleth

Algues, thalasso, homards et exotisme à Roscoff

La légende autour de la voie express de Roscoff continue...

5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute.
6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !
7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !
8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute
9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!
10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express


Port de Roscoff


5 – Ce sont les pêcheurs, les casiers et les homards qui ont voulu une autoroute!

Les viviers à langouste existaient déjà au XIXè (le Guide Joanne de 1884 en parle). Aujourd’hui les viviers contiennent coquillages et crustacés grâce aux renouvellement d’eau à chaque marée.
Le port de pêche près de l’embarcadère pour Batz abrite des bateaux caseyeurs. Ces embarcations déposent les casiers en mer et les remontent… pleins de homards et de langoustes…

Bateaux et casiers, en arrière plan Sainte Barbe


6 – La renommée de Roscoff viendrait des algues et des scoubidous !

Les algues, c’est un des autres vies de Roscoff. Comme on l’a déjà dit, cette côte bénéficie d’un climat particulier grâce au Gulf Stream (ça va peut être changer avec le réchauffement climatique – le courant risque de se déplacer ou de disparaître mais c’est une autre histoire) et est le foyer unique de plusieurs centaines d’algues. Même les Japonais s’intéressent à nos plantes maritimes…

La région est consciente de cette richesse depuis fort longtemps… Elles ont et servent encore d’engrais pour l’agriculture locale …

Depuis la fin du XIXè siècle, on leur a trouvé d’autres utilités : grâce au Docteur Bagot, le premier centre de thalassothérapie (soins par la mer) en France est crée. L’institut RockRoum, qui existe toujours (site au bord de mer) se sert des algues pour soigner (notamment les rhumatismes, les maladies osseuses)… Louison Bobet y séjourna.

Un intérêt ne vient jamais seul : l’existence d’un centre d’études biologiques, qui date de 1872, on l’appelait alors le laboratoire de zoologie expérimentale et qui continue comme laboratoire international de recherche maritime (CNRS) prouve la spécificité de la zone.

Aujourd’hui, l’été, des bateaux armés d’un long bras vont cueillir les algues dans les profondeurs… et ce long bras, on l'appelle le …. scoubidou

7 – Que nenni ! C’est Notre Dame de Kroas Baz, un exemplaire de l’art religieux breton qui a fait la réputation roscovite !



Roscoff existait déjà à l’époque romaine. Au Moyen Age mais il dépendait de Saint Pol de Léon. Alors comme le hameau était riche, il souhaitait se libérer de la tutelle de son voisin, au moins pour les questions de vie ou de mort. Financée par les armateurs et marchands de la ville, qui voulaient baptiser, se marier et mourir sans avoir recours à Saint Pol, ils ont réussi à construire Notre Dame de Kroas Baz.

Cet ensemble architectural (XVI et XVII) avec son église gothique flamboyant, son enclos et ses ossuaires est doté de symboles maritimes des corsaires et des marchands : canons, caravelles sculptées en ex voto…

Caravelles et canons sur l'église


Des maisons du XVIè avec des sculptures et des gargouilles, vous en verrez dans d’autres parties de la ville.

Notre Dame de Kroas Baz (clocher de granit à balcons, tourelles et lanternons de 1550) a été restaurée et est toute colorée et décorée : voûte bleue lambrisée, poutres, frises… allez y faire un tour.



Dans l’enclos : deux chapelles-ossuaires. L’une transformée en chapelle Sainte Brigitte lieu de célébration des fiançailles et l’autre, qui n’avait pas de porte à l’origine, mais deux étages de baies où l’on jetait les os.

Ossuaire


Une plaque commémorative à Mme Silburne une anglaise qui aida les prêtres réfractaires (ceux qui ne voulaient pas abandonner la religion) pendant la Révolution.

8 – Pas du tout, c’est le jardin exotique qui est à l’origine de cette autoroute

Le jardin exotique de Roscoff possède des espèces subtropicales (c’est encore un coup du climat). Organisé autour du rocher de Roch Hievec, cette petite hauteur à 18 mètres offre un beau panorama sur la baie de Morlaix.
Du jardin vous pouvez faire une belle rando sur le sentier des douaniers vers Saint Pol (vous passerez devant l’ilôt sainte Anne et le Château de Kernevez, ca vaut le coup d’oeil).

9 – C’est Sainte Barbe qui a donné à Roscoff sa voie express !!!


La Chapelle Sainte Barbe date du XVIIè siècle. Construite pour se protéger des ennemis de l’église et des invasions de pirates, elle est rarement ouverte mais sert encore pour le pardon. Situé sur un tertre rocheux, elle domine l’entrée de la baie et ses murs blancs servent d'amer (repères pour les bateaux).

10 - Vous dites n’importe quoi, c’est pour aller à l’île de Batz qu’on l'a faite cette voie express

Le port en eau profonde accueille les car ferries de Plymouth et de Cork . Dans le centre ville, vous verrez l’autre port plus modeste et dépendant des marées. C’est d’ici que part la navette pour l’île de Batz. L’estacade (500 m de long) permet à marée basse d’attraper le bateau. Et il y en a beaucoup…

Estacade pour le bateau pour Batz


Lisez cet article en anglais : Seaweed, thalasso, lobsters and exotism at Roscoff France

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