Recette végétarienne de beignets aux fleurs de sureau noir cueillies le long du canal d’Ille et Rance (Ille et Vilaine, Bretagne)


Voici une recette à faire en mai ou juin quand les sureaux sont en fleurs.




Le sureau est un arbre qu’on trouve partout en Bretagne, dans les haies, le long des chemins, en ville, sur la côte, bref il n’y a qu’à se baisser ou lever la tête pour cueillir ses fleurs. Profitez d’une balade pour aller en récolter et choisissez bien votre lieu de cueillette : en mai, explorez plutôt un bout de canal. Le long du canal d'Ille et Rance, j'en ai trouvées. En juin, promenez vous le long du sentier des douaniers, je les ai récoltées dans la baie de Lancieux (côte nord à quelques kilomètres de Dinard), les sureaux fleurissent plus tard en bord de mer.


Il existe plusieurs sureaux, mais celui qui nous intéresse, c’est le sureau noir, un arbuste de 2 à 5 mètres de haut, souvent considéré comme une plante parasite parce qu’il est très difficile de s’en débarrasser dans les jardins. Le sureau noir fleurit en mai et juin en grosses grappes de fleurs très fines blanches (quelques millimètres), qui sentent bon et dont le pollen est jaune, crème.
Comme il existe un autre sureau qui est toxique, il faut malgré tout être vigilant, mais le sureau hièble est une plante plus petite (un mètre) à fleurs blanches et roses et qui sentent mauvais.

Le sureau noir est une espèce très répandue en Europe et en Bretagne.

sureau en fleurs

Ces fleurs se transforment en baies noires avec lesquelles on fait gelées, sirops, vin et même bière aromatisés (produites en Bretagne, évidemment). Mais ça, c’est pour plus tard, quand les baies seront mûres. Donc faites votre balade et cueillez ces grappes de fleurs blanches. Prenez les avec des queues, c’est plus facile pour la cuisson, mais coupez les une fois le beignet réalisé, ce n’est pas le meilleur, cette tige verte.

Recette de beignets (salés) à la fleur de sureau pour une vingtaine de grappes de fleurs

Ingrédients

180 g de farine
1 œuf
100 ml de lait
un sachet de levure
200 ml d’eau
Un à deux bouchons de rhum

Mélanger tous les ingrédients et laisser reposer une à deux heures.

Préparer votre huile (friteuse ou casserole). Pour savoir si l’huile est prête à recevoir les beignets, laisser tomber une goutte de pâte dedans. Si la goutte remonte, l’huile est assez chaude et vous pouvez commencer. Prenez une grappe de fleurs par la queue, trempez la bien dans la pâte.

La pâte doit être bien liquide pour bien épouser les petites fleurs du sureau et ne pas faire un gros beignet qui noierait la saveur des fleurs. Mettez la grappe dans l’huile, et dès qu’elle dore, retournez-la. Quand elle est dorée des deux côtés, ça prend entre une minute et deux, égouttez-la sur du sopalin. Une fois tous les beignets cuits, couper les tiges et servez chaud. Je les mange en légumes avec une salade verte, on peut aussi les manger avec une viande.

Comme il me restait des fleurs, j'ai décidé le lendemain de tenter la version sucrée.

C'est facile, on prend la même recette, et on sucre une fois les beignets cuits. Mais je préfère les salés, le sucre masque le goût de la fleur, c’est dommage. Les beignets sont bien meilleurs si la couche de pâte recouvrant les fleurs est fine, (d’où la nécessité d’une pâte liquide). Sinon ce sont des beignets mais pas des beignets de fleurs !!!!

Bonne balade, bonne cueillette et bon appétit.

Lire cet article en anglais : French vegetarian recipe of fritters made of elders flowers


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Commentaires

1. Le mardi 4 mai 2010 à 10:05, par Anna

Je ne cherchais pas cette recette mais finalement je me suis arrété dessus. J'ai mangé des beignets de fleurs de courgette, je trouve que, avec une petite pate fine, c'est très bon... Ces beignets là, je ne connaissais pas... mais ca m'a l'air pas mal du tout... le sureau, y en a partout, je devrais bien un de ces week ends me lancer dans la ceuillette et tenter....

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Pourquoi ne pas lire aussi :


Recette de la confiture au sureau, mais pas celle de Grand-mère !

Je vous ai présenté, il y a quelques semaines, les beignets à la fleur de sureau. Les fleurs se sont changées en fruits, ou en baies !!! Et la tentation était grande d’en faire de la confiture. Seul problème, je n’en ai jamais fait. De la confiture si, mais pas au sureau. Je recherche donc sur Internet la recette de grand mère qui me fera saliver. Mais, à part un site qui propose un mélange sureaux pommes, fruits que je n’avais pas sous la main, c’est la déception. J’ai l’impression que tout le monde propose la même recette. La recette d'antan, je ne la trouve pas.

Je décide quand même de tenter, mais je vais devoir faire plusieurs tentatives car mon premier essai est immangeable. Je me demande même si les cuistots, qui proposent la recette, l’ont eux mêmes testée…

Une recette économique :
des baies de sureau cueillies dans la nature (pour faire - seulement - 3 pots équivalent de 300 grammes, comptez un bon sac plastique plein de baies)
du sucre
un peu d'eau
et une orange si vous en avez.

En août, récoltez vos baies, il y en a plein sur le canal (Nantes à Brest, ou le canal d'Ille et Rance) ou sur la côte. Choisissez les fruits bien mûrs -ils ont la tête en bas- et pleins d’eau (et pas ceux picorés par les oiseaux qui sont vidés de leur liquide). Car pour réussir la confiture, il faut du jus. Cueillez les en tirant sur les tiges rouges, vous verrez, elles viennent toutes seules.



Egrenez les baies en caressant les tiges, gardez les noires et laissez les fruits pas assez mûrs.
J’ai changé la recette en mettant à la place d’un citron (j’en avais pas), une orange (que j’avais). Et finalement, c’est bien pour la suite de la recette, ça fait du jus, et ça permet de cuire les baies sans que tout le liquide ne s’évapore. Rajoutez même un verre d'eau pour que les baies aient le temps d'éclater.
J’ai pesé mes fruits avant de les cuire. Je compte un tiers de sucre à ajouter (pour un kilo de fruits, 350 g de sucre). C'est du pur fruit que je vous propose !



La cuisson des baies dégage une odeur pas agréable du tout, j’ai même cru que c’était une réaction chimique au jus d’orange, mais non, sans jus et avec de l’eau (j’ai testé) c’est pareil.

V 1 : il faut que ça bout pendant quelques minutes, j’écrase à la fourchette les baies et je passe le tout au chinois, au presse légume plutôt.
J’avais d’abord essayé en faisant cuire les baies et le sucre directement, c’était immangeable, on ne sent que les graines et la peau du sureau, (j’imagine que la recette qui propose d’y ajouter les pommes, les baies doivent se noyer dans la confiture et là on peut se permettre de ne pas les broyer).

V 2 : cette année, j'ai découvert l'étamine (étoffe de lin à larges mailles) et j'ai testé avec les baies. Il faut les faire cuire mais une fois éclatées, il suffit de tout verser dans l'étamine que vous aurez préalablement posée dans un plat creux et ensuite de faire un noeud et de suspendre le tout au dessus du plat. Je laisse "égoutter" une nuit et je récupère le jus sans effort !

Le liquide bien noir est mélangé au sucre (d’où le tiers du poids car il y a beaucoup de perte avec les peaux et pépins qu’on a donc enlevés).
Une fois le mélange fait, je laisse reposer quelques heures voire une nuit pour que le liquide et le sucre se mélangent bien. Je fais cuire quelques minutes, ça doit bouillir et faire une petite mousse. Quand le liquide nappe la cuillère en bois, mettez en pot. Pour ne pas utiliser de paraffine, je mets en pot quand c’est brûlant, je ferme et les stocke à l’envers jusqu'à consommation.

Le goût du sureau, pour qui n’a jamais mangé de bonbons ricola au sureau, est très particulier. A la maison , c’est cinquante, cinquante. La moitié de la maisonnée aime et l’autre pas. J’ai fait aussi des tests à l’extérieur : les goûteurs pensent que c’est du cassis. A vous de voir...
Attention à ne pas manger les baies crues (de toute façon elles ne sont pas bonnes), elles sont toxiques tout comme l'écorce, les feuilles ou les racines du sureau.

Lisez cet article en anglais : French elderberry jelly recipe

Balade dans Saint Servan (Saint Malo, Bretagne)

Ras le bol de Saint Malo, ses clichés et ses deux millions de visiteurs ? Envie d'embruns sans prendre la voiture ?

J'ai quelque chose pour vous : une balade à Saint Servan. D'abord parce que Saint Malo est accessible par le train. Ensuite parce que Saint Servan (c'est un quartier de Saint Malo depuis 1967) est à un quart d'heure d'intra muros, sur le bord de mer et au début de l'estuaire de la Rance... Et qu'enfin, c'est fort sympathique... et délaissé par la foule malouine !!!

Si vous avez longé la corniche qui borde la cité d’Aleth pour admirer l'estuaire, vous avez fait le bon choix. Vous arrivez devant les vestiges de la cathédrale d’Aleth.

vestiges de la cathédrale de Saint Servan vestiges de la cathédrale d'Aleth


Saint Servan est l'ancêtre de St Malo, je m'explique, c'est d'abord ici qu'a été crée un évéché au VIè siècle. Le futur évèque Malo est arrivé de Grande Bretagne à Aleth au milieu du VIè siècle pour convertir la région. Aleth est attaqué à maintes reprises par les Normands d’abord, les Francs ensuite (VIIIè), à nouveau les Normands (Xè). Ses successeurs, en 1144, transfèrent le siège épiscopal sur le site qui abrite le tombeau de Malo, (d'ou le nom de Saint Malo), et qui est surtout plus facile à défendre.

En 1972, des fouilles permettent de mettre en valeur les fondations des premières traces de l'évéché. Comme l’indique le panneau explicatif,



Aleth était déjà habité bien avant les Romains. Avec l’évangélisation au VIè siècle, un établissement religieux remplace des bâtiments païens, mais il a été, à son tour, maintes fois détruit. La dernière construction de la cathédrale Saint Pierre dateraient de la fin du Xè jusqu'au XIIIè siècle et la ferveur du Moyen Age se voient encore dans les vestiges, qui sont bien imposants (43m de long).

La ville est bientôt supplantée par Saint Malo, qui devient un port commercial important et Saint Servan perd de sa superbe. Surtout que le sable devant Saint Servan décide aussi de lui faire faux bond : en bougeant, l’accès à Saint Malo est plus facile pour décharger les marchandises, Saint Servan a moins d'intérêt.

En rejoignant la mer, vous apercevez la tour Solidor,

les courtines de la tour Solidor


autre construction qui a été bâtie sur des restes de fortifications gallo-romaines. Il y a eu un château avant cette tour, qui a été rasé quand la cité d’Aleth s’esr rebellée contre Saint Malo et ses taxes… au XIIIè siècle.

porche menant à la tour Solidor


Le donjon est composé de trois tours reliées par des courtines (murs qui relient les fortifications),

Solidor


il daterait du XIVè siècle et a été construit pour contrôler l’estuaire.
Comme souvent avec les forteresses, la tour, quand elle n’a plus été utile pour le contrôle de la Rance, est devenue prison. Et maintenant musée. Musée des Cap-Horniers, témoignages de la vie des marins qui franchissaient le Cap Horn (pointe sud de l’Amérique du Sud) : cartes, maquettes, marins célébres…

Saint Servan, à la fin du XIXè siècle, vivait des armements de pêche à la morue (70 navires vers 1880-85). C’était la grande époque !!! Et en 1890, un pont roulant reliait déjà la ville de St Servan à celle de Saint Malo.

La cale devant la tour (à droite)

vue sur la rance de la cale de Solidor


servait pour la liaison en bateau avec Dinard (en face). Elle a cessé avec l’installation de l’usine marémotrice et du barrage de la Rance (années 60).

Actuellement, le véritable port de St Servan se situe entre St Malo et St Servan, dans l’anse des Sablons.

Baladez vous dans Saint Servan. La ville conserve des maisons

maisons à St Servan détails de maisons à St Servan


qui n’ont pas été détruites comme dans la cité corsaire.

Saint Servan


Les parcs sont nombreux et la balade vers le barrage le long de la Rance superbe.

tour Solidor vue du long de la Rance


Lisez cet article en anglais : Visit another saint Malo : the district of Saint Servan

Recette de crêpes à la fleur de sureau

Une petite connotation printanière… La fleur de sureau donne un très léger goût sucré aux crêpes. La saison des fleurs de sureau passe vite (un gros mois de mai) alors dépêchons…

Il vous faut deux à trois grosses grappes de fleurs que vous allez égrener dans la pâte.

Ingrédients

250 g de farine
500 ml de lait (soit la double de farine)
250 ml de bière (soit la même quantité de farine)
6 œufs
Une pincée de sel
Un bouchon de l’alcool de votre choix

Une petite poêle (c'est meilleur dans une taille blinis...) Un petit temps de repos

Une fois la pâte reposée, égrenez les fleurs dans la pâte.
Faites chauffer votre poêle. Avec un sopalin huilé, graissez la poêle et réutilisez à chaque nouvelle crêpe. Versez une louche de pâte. Quand les bords noircissent et se décollent, retournez la. Laissez cuire une petite minute.
Déposez dans une assiette, saupoudrez de sucre (qui va fondre avec la chaleur) et rajouter ainsi de suite vos crêpes.

Lire cet article en anglais :Recipe for pancakes with elderberry flowers

La Bretagne vue d’avion : rendez vous à l’aéroport de Dinard

Que voilà un beau cadeau d’anniversaire !!! Offrir à sa moitié un bout de la Bretagne, c’est pas mal, surtout quand elle est vue du ciel. C’est original et en plus – les heureux passagers ont été conquis.

Vous pensez bien que j’ai interviewé ma copine après son baptême de l’air dans un quatre places.

le quatre places


Ils sont arrivés à l’aéroport - là en l’occurrence, c’est à Dinard que ça se passe, mais on peut le faire dans de nombreux aérodromes – et le pilote les attendait, habillé comme un aviateur, bomber et casque sur la tête.


ça marche comment, vous dites ?


Les pilotes qui vous emmènent font les vols bénévolement car – les heures de vol, c’est cher et pour garder son brevet de pilote, il faut pratiquer -. Ils profitent donc de ces sorties pour badger des heures qui leur permettent d’avoir suffisamment d’heures de vol pour garder leur licence. A Dinard, par exemple, il y a quatre pilotes qui assurent les sorties.

Une fois assis dans l’avion, le pilote et les trois personnes s’envolent vers ...
Et là, c'est à vous de choisir :
– soit l’est vers le cap Fréhel
- soit vers l’ouest vers le Mont Saint Michel.

... Le pilote commente le paysage, une main négligemment posé sur le manche. Ca se conduit comme une voiture m’ont-ils dit.

Mes amis ont choisi d'aller vers l’ouest, la mer et l’île de Chausey.
Ils ont aussi survolé Cancale et ses parcs à huîtres,

Cancale parcs à huîtres



Saint Malo

Saint Malo


Le pilote a prolongé le plaisir en survolant la vallée de la Rance.

le blanc là, c'est l'aile


Il faisait un temps merveilleux, c’était top !
C’est super, me direz vous, parce qu’ils ont eu du beau temps, mais en Bretagne le temps… on ne sait jamais… Alors s’il y a du crachin breton… En offrant ce petit vol d’une demi-heure, vous ne prendrez pas beaucoup de risque parce qu’ils ont pensé au climat breton. Si le temps n’est pas clément, on vous appelle pour déplacer le vol.

La demi-heure coûte 100 €, et ça peut intéresser trois personnes ça fait 35 € par tête, ça va en cette période de baisse du pouvoir d’achat…





Lisez cet article en anglais : Overview from the sky in Brittany (France)

Rennes Nord canal Saint Martin : jardins ouvriers de la rive droite


La rive droite du canal Saint Martin correspond à la zone d’épandage lorsque le canal déborde et c’est là la raison des prairies Saint Martin. Il y a aussi pour cette zone de nouvelles idées d’aménagement. La Ville de Rennes souhaite en faire une zone verte.

graf du canal d'ille et rance


La rive droite ? C’est de quel côté ? Ce sont les berges où se trouvent l’auberge de jeunesse, la maison des tisserands, le parc des tanneurs ou enfin le départ des bateaux électriques sans permis, urbavag pour naviguer sur le canal.

Un peu plus loin, à quelques centaines de mètres en allant vers Saint Malo (la mer est à 85 kms d'ici), en longeant les berges qui bordent le canal, vous avez une petite route qui vous mène aux jardins ouvriers. Vous pouvez aussi vous dépayser en passant devant la maison des tanneurs et traverser un petit bois avant d'arriver sur les routes en terre des jardins.

jardin du canal


Vous allez vous retrouver devant des petits jardins ouvriers et des potagers. Il y a encore peu de temps, chaque espace était unique et marqué par l’imagination et l’ingéniosité de son occupant.

cabane du canal st martin rennes


Certains étaient tellement clos qu’on ne pouvait deviner ce qui s’y passait à l’intérieur. D’autres témoignaient du bonheur de vivre



des jardiniers du dimanche qui cherchaient là de la verdure. Il y a pleins de photos des jardins sur cette adresse qui témoignent de cette période.

un autre jardin du canal un troisième


Mais petit à petit, la Ville de Rennes les a transformés en des jardins modèles avec petites maisons multicolores et délimitation de clôtures vertes. C’est bien, parce que certains endroits de la zone faisait peur à la nuit tombée mais en même temps, le côté uniforme des espaces ainsi crées a transformé la zone en un espace répétitif nettement moins poétique.


potager du canal d'Ille et Rance


C’est dommage. Laissons le temps à leurs occupants de réinvestir la zone et de lui redonner une certaine originalité…

jardin et immeubles de la rue d'antrain



Visite du fort de la cité d’Aleth à Saint Servan (quartier de Saint Malo, Bretagne).

Pour accéder au fort de la cité d’Aleth, qui abrite aujourd’hui le Mémorial 39-45, il faut prendre le chemin de ronde de la péninsule. Vous arrivez devant des fortifications

Fort d'artillerie de Mazin


construites par Mazin au milieu du XVIIIè. Non, ce n’est pas du Vauban (1663-1707) comme à Saint Malo, même si ce dernier avait insisté pour fortifier l’embouchure de la Rance.

Il a fallu plusieurs incursions anglaises pour que les fortifications soient construites plus tard en 1759. En effet, le commandant anglais Marlborough, en 1758, est à Saint Servan et réfléchit à une stratégie pour prendre Saint Malo. Attaqué par les tirs de canons des Malouins qui ne lui laisse pas le temps de s’installer, il repart après avoir incendié tous les navires du port de Solidor. C'est suite à cette attaque que, un an plus tard, les travaux commencent et que Mazin construit un fort d’artillerie capable de défendre la Rance.

Fortifications de la cité d'Aleth


Ce fort a repris du galon –façon de parler– avec la 2e guerre mondiale.

Porche du fort d'Aleth de Saint Servan



La Bretagne a une position stratégique lors du conflit. Les Allemands la défendent par la construction du Mur de l’Atlantique (ce sont les fortifications côtières allemandes). C’est pour cela qu’on trouve de nombreux blockhaus sur la côte bretonne. Ils transforment aussi les ports de Saint Nazaire, Brest, Lorient et Saint Malo en forteresse.

Blockhaus du fort d'Aleth


Construit en 1759 et modernisé par l'organisation Todt -c'était un groupe de construction et d'ingénierie allemand qui a construit les fortifications, les bases sous marines, les camps...-, les fortifications allemandes de la cité d’Aleth réutilisent le fort type Vauban. Une trentaine de blockhaus

Blockhaus de Saint Servan


y a été ajoutée, blockhaus qui sont reliés pour certains par des galeries souterraines. Il y avait des fossés antichar et des cloches blindées pour abriter des canons antichars et antiaériens.

En haut des escaliers, sur la "plateforme", on y voit des restes de blockhaus, le Mémorial de la Guerre 1939-1945.

ouverture et horaires du Mémorial de Saint Servan



On visite l'intérieur d'un blockhaus restauré, une exposition sur la Seconde Guerre Mondiale dans la région et on peut visionner un documentaire.

Et à l'extérieur, la vue sur la Rance est superbe.

vue sur la Rance du fort de la cité


et sur Saint Malo.

vue sur Saint Malo du fort de la cité



Si la ville de Saint Malo a été détruite à plus de 70%; Saint Servan, en tant que QG de la zone a aussi connu les affres des bombardements. Les Allemands avaient élaboré une zone de fortification incluant Cézembre, l’île en face, la pointe de la Varde (au bout de Paramé), une station-radar au cap Fréhel et des lignes de défense dans les terres.

Blockhaus de la cité d'Aleth


Toute cette place dans la presqu'île d'Aleth était fortifiée : les Allemands avaient construit plusieurs blockhaus, des casemates, installé des mitrailleuses, des canons et creusé des galeries souterraines qui les reliaient. A sa tête, le commandant Von Aulock dirigeait la forteresse.

Quand les Alliés débarquent en juin 44, la donne change. Ils arrivent à Saint Malo début août et bloquent la zone mais ils sont peu nombreux -les Américains sont en Normandie, ils veulent prendre à revers les Allemands-. Que faire alors ? Bombarder la forteresse et les environs. Les Américains sont arrivés le 2 août et les Allemands ne se rendront que le 17. 15 jours de bombardements intenses :

Arme de la deuxième guerre mondiale


sur le fort du Grand Bé, sur Cézembre et sur Saint Servan et Saint Malo. Les Alliés entrent dans la cité corsaire le 14 alors que la ville brûle depuis le 10. Le commandant Von Aulock, positionné dans le fort de la cité d’Aleth résiste toujours, il ne capitule que le 17 août 1944.

Imaginez la bataille qui a fait rage pendant presque 15 jours dans la zone malouine. Les cloches,



sont en métal et font 30 cm d’épaisseur !!! A Saint Malo, les trois quart de la ville sont détruits. La ville sera reconstruite à l’identique quelques années plus tard et ce pendant 12 ans (1948-1960). Le tracé des rues sera repris, les immeubles reconstruits avec les matériaux restés sur place.

L’ile de Cézembre a résisté plus longtemps encore. D’après le site de l’inventaire général du patrimoine culturel, l´occupant allemand y a construit près de 80 blockhaus (batterie d´artillerie : casemates et encuvements, postes de direction de tir, batteries antiaériennes, abris etc.). Ce n’est que le 2 septembre qu’ils se rendent et c´est la zone du territoire français qui a été le plus bombardée. Les Américains y testeront notamment leurs nouvelles bombes incendiaires au napalm...

Cézembre, île interdite !!!


C’est pourquoi Cézembre, « zone rouge » est théoriquement interdite aux visiteurs
. La zone n’a pas été entièrement déminée, il y reste encore des bombes !!!

Un témoin que j'ai connu raconte qu'ils allaient voir les échanges de tir comme si c'était un feu d'artifices !!!

Lisez cet article en anglais : Visit of the fort of Aleth at saint Servan (district of Saint Malo, France) and the Memorial 39-45

Balade de Dinan à Léhon par le canal d'Ille et Rance (Bretagne, France)

Vous voulez prendre l’air à Dinan ? Mais vous ne voulez pas vous épuiser à monter le Jerzual (la rue du Jerzual est LA rue à visiter à Dinan)… Longez le canal d’Ille et Rance, c’est pas mal non plus...

En bas du Jerzual, au port de Dinan, passez le petit pont de pierre et longez le chemin rive gauche. Après une petite demi-heure, vous apercevrez les jardins de l’abbaye de Léhon et une partie des bâtiments conventuels (religieux, quoi !).

jardins et bâtiments conventuels de Léhon


Ils savaient choisir des endroits bien agréables, ces moines…

les baies gothiques du réfectoire de Léhon


Admirez le pont en pierre de Léhon. Depuis toujours, les hommes ont cherché à traverser les rivières et pour cela il fallait des lieux propices au passage à gué. Ce gué servait déjà lorsque la voie romaine Rennes Corseul était utilisée.

Plus tard ce sont les moines, au Xè siècle, qui font évoluer les choses : un pont … en bois est construit. Mais la Rance n’est pas canalisée et elle est toujours bien sauvage. Alors vous imaginez le travail lors des crues… Adieu petit pont de bois, bonjour la reconstruction… Le pont est bien souvent dans l’eau…

Ce n’est qu’entre le XVè et le XVIè siècle que l’on pense à une construction en dur, en pierres. Mais la Rance -toujours pas maîtrisée- continue d’attaquer le pont qui l’enjambe.

pont de Léhon


Par période, le pont est en piteux état… surtout qu’on en fait sauter l’arche centrale –il en avait quatre alors- pour empêcher les armées royales d’atteindre Dinan en 1799

L’arche manquante sera remplacée par une passerelle en bois, puis au XIXè siècle en métal qui permet aux bateaux de passer.

En 1832, la Rance est canalisée et un important trafic de marchandises de Saint Malo à Rennes se met en place. Le chemin de halage (c'est le chemin par lequel vous êtes arrivé) permet aux chevaux de haler les bateaux pour les remonter jusqu'à Rennes. Dans l'autre sens, le courant les ramenaient jusqu'au port de Saint Malo.

Le pont, que l’on voit aujourd’hui, est construit en 1925. Il n’a qu’une seule arche pour laisser passer les chalands (bateau plat destiné au transport fluvial) sur le canal.

arches du pont de Léhon


Mais l’histoire du petit pont de Léhon connaît encore des rebondissements : cette fois ci, c’est pour empêcher l’avancée des Alliés, que les Allemands détruisent l’arche centrale. Elle ne sera remontée qu’en 1946.

rue piétonne de Léhon


Maintenant que vous êtes sûr de la solidité du pont, que la Rance est canalisée et qu’il n’y a pas de troupes à l’horizon, allez faire un tour sur l’autre rive… dans la petite cité de caractère de Léhon...

Lisez cet article en anglais : Walking along the canal d'Ille et Rance to a picturesque village of Léhon (Brittany, France)

Recette végétarienne de beignets à la feuille de sauge

J'ai goûté aux beignets de sauge chez ma voisine. En amuse gueule à l'apéro, c'est top !

La sauge, vous connaissez... c'est ce petit arbuste à feuilles odorantes qui aromatisent si bien nos légumes... Mais pas que...

La sauge a une réputation de plante médicinale... Elle servait à tout ou presque...si l'on en croit ce dicton...
Qui a de la sauge dans son jardin, n'a pas besoin d'un médecin.
En tout cas, elle était très utile mais, comme il en existe environ 900 espèces, je ne vais pas trop en dire de peur de vous lasser...
On l'utilisait comme plante aromatique, en décoction, contre les verrues, le rhume des foins (on fume les feuilles au XVIIIè siècle !), pour ses propriétés hallucinogènes (ça c'est pour l'autre côté de l'océan, dans le Nouveau Monde)...

Je m'arrête. Et je reviens à mes beignets. Ma voisine a un très beau pied de sauge chez elle, exposé plein sud et est "obligée" de le tailler très régulièrement... Pour le bonheur de mes papilles...

Ingrédients
Une 20e de feuilles de sauge, bien larges et généreuses avec la queue
80 g de farine
1 oeuf
1 cuillère à soupe de lait
7,5 cl de bière
1/2 cuillère à café de farine chimique
Du gros sel.
Une heure de repos

Dans un saladier mélanger la farine, l'oeuf, la levure, le lait, la bière.
Laissez reposer une heure (si vous zappez cette étape, c'est bon aussi).
Faire chauffer l'huile. Elle est suffisamment chaude quand vous versez une goutte de pâte, elle remonte à la surface.
Plongez votre feuille dans la pâte et passez la feuille entre les dents d'une fourchette pour en ôter le surplus.
Plongez dans l'huile. Quand la tige jaunit, sortez et égouttez sur un sopalin. Saupoudrez de gros sel.
Dégustez chaud.
Lisez cet article en anglais : French recipe of vegetarian sage leaves fritters

Balade dans un quartier de Saint Malo : la cité d’Aleth à Saint Servan (Bretagne, France)

Vous connaissez la cité fortifiée d’Aleth ? C’est la presqu’île qu’on voit des murailles de Saint Malo au bord de l’estuaire de la Rance mais où on ne va jamais. Et bien suivez le guide…

carte d'Aleth à Saint Servan


Le site de Saint Servan a été occupé bien avant celui de Saint Malo. La cité d'Aleth est devenu évéché au VIè siècle et ce n’est qu'au XIIè siècle qu'il est transféré à Saint Malo.
Depuis 1967, Saint Servan est devenu un quartier de Saint Malo (comme Paramé qui est de la côte de l’autre côté d’intra Muros). C’est la plage des Sablons

vue sur l'anse des Sablons l'été


qui sépare les deux villes et c’est juste là, près du port de plaisance (il peut accueillir jusqu’à 800 bateaux)

port dans l'anse des Sablons l'hiver


que commence le chemin de ronde qui fait le tour de la Cité.

Si vous prenez les escaliers au début du port, vous passerez devant un premier morceau d’histoire gallo-romaine : pile c’est un modeste mur romain

vestiges gallo-romains de Saint Servan


et face, ça devient une muraille.

la plus modeste muraille de Saint Servan


Comme quoi, au gré des recherches, les vestiges changent de statut.
La cité d’Aleth était habitée, avant l’arrivée des Romains, par une des tribus de l’Armorique, les Coriosolites. César a conquis l’Armorique en 56 avant JC et les Romains ont investi la Cité et commencé à construire en dur : vous en voyez les ruines…

Si vous avez longé le port jusqu’au bout et rejoint la corniche par le bout du port,

escaliers menant à la corniche par un temps d'été


vous passerez devant un monument dédié à Charcot(1867-1936).

Charcot


Qui était Jean Baptiste ? Cherchez l’intrus :

-Il est connu parce qu’il était médecin.
-Il a été champion de France de rugby à XV.
-Il a divorcé de la petite fille de Victor Hugo ?
-Il est explorateur polaire et le premier à franchir le cercle polaire arctique et à organiser une expédition française en Antarctique.
-Il est le premier président des scouts de France.
-Pendant la guerre 14-18, il a reçu la croix de guerre française et britannique pour sa chasse aux sous-marins.
-Il est mort alors qu’il devait rejoindre Saint Malo mais a été pris dans une violente tempête.
-Le Pourquoi pas ? était un bateau.
-Il adorait les mouettes.

mémorial à la mémoire de Charcot et du Pourquoi pas ? par un jour de tempête


Et bien tout ça, c’est lui. Quelques précisions : il est connu pour ses expéditions polaires : il a repéré de nouvelles côtes, établit du coup de nouvelles cartes marines, étudié les marées, le magnétisme, la faune et la flore de ces régions méconnues alors. Il a donné le nom de terre de Charcot, en hommage à son père, à une des ces îles de l’Antarctique.
Le Pourquoi pas ? était bien un bateau, il y en a eu 4.
Et pour la petite histoire, le seul survivant du naufrage qui fut fatal à Charcot raconte que le commandant sentant la destruction de son Pourquoi pas ? a libéré la mouette qui était la mascotte de son expédition.

Continuez la balade, vous croisez des cloches métalliques de 30 cm d’épaisseur

impacts de balles sur la cloche


-il y en a 8 - qui dépassent de plus d’un mètre le sol mais qui sont plantés à plusieurs mètres de profondeur. Ces casemates sont reliées entre elles par un réseau de galeries sur plus de 2 kms. Et elles symbolisent bien, avec les traces des impacts, combien la bataille a fait rage lors de la libération de Saint Malo.

En face , vous voyez Dinard et ses centaines de villas classées,

vue de Dinard de la corniche de Saint Servan


et derrière, le cap qui dépasse tout au fond, c’est le cap Fréhel.

vue sur le cap Fréhel par une bonne tempête d'hiver


Au centre de la péninsule, il y a un camping ouvert l’été . Et c'est le genre de paysage qui vous attend !

paysage de la péninsule de Saint Servan par un beau jour d'été


Le barrage qui coupe l’estuaire, c’est l’usine marémotrice de la Rance. Après avoir longé le littoral, vous vous retrouvez dans Saint Servan, qui mérite aussi un coup d’œil.



Lisez cet article en anglais : Walk on the coastal pathway of saint Malo (France) and visit the peninsula of Aleth

Rennes Nord canal Saint Martin : la campagne à la ville

Vous connaissez le quartier ? C’est celui qui longe le canal d’Ille et Rance. Si vous prenez le canal, vous arrivez au bout de quelques dizaines de kilomètres à Saint Malo. Et à Rennes, c’est le début de la campagne…

canal Saint Martin au nord de Rennes


C’est un quartier que vous connaissez sûrement parce qu’il bouge bien : c’est là qu’a lieu en septembre la grande braderie Saint Martin, en juin, il y a aussi le feu de la Saint Jean au milieu du canal, ou encore pour les amateurs de course à pied : les foulées Saint Martin ( 7,5 kms). Cette année, il y a du nouveau, fin octobre (21 au 25) un nouveau programme de festivités : Festival O Canal.

Mais c’est pour autre chose que j’en parle aujourd’hui. Si vous êtes un habitué de la balade le long du canal, rive gauche, vous devez connaître la Maison de la Poésie, belle villa qui est propriété de la Ville et un peu plus loin sa petite sœur Rosafolies. C’est la jolie maison rose juste avant le début du canal piéton. Et bien la maison est murée…

Rosafolies veut vivre


Il y a une dizaine d’années, il y avait encore, à l’endroit où il y a un rond point maintenant, en face de l’auberge de jeunesse, un bar bien connu des amateurs de musique les Tontons Flingueurs, une crêperie « à l’ancienne » avec des bancs en bois et des crêpes maison et une excellente boulangerie qui cuisait son pain au feu de bois. Depuis, la modernité a transformé tout ça : un spa, une banque et un magasin de robes de mariées les ont remplacés.

Et les mutations continuent. Toujours sur cette rive, tout prêt du cimetière, toutes les petites maisons qui y sont encore, comptent leurs jours de survie. Petit à petit, mais depuis de nombreuses années déjà, la Ville de Rennes rachète les terrains et les maisons du quartier pour pouvoir complètement posséder la zone et la refaire. Les petites maisons avec leurs jardins joliment entretenus sont peu à peu préemptées, murées puis rasées.

maison muree du canal Saint Martin de Rennes Rosafolies muree


Ce sont souvent des retraités, qui ont habité là toute leur vie, qui, une fois placés en maison de retraite ou quand ils ont quitté notre terre, voient leur demeure disparaître pour laisser bientôt place à de futurs immeubles. Ces petites maisons datent d’avant la guerre ou de juste après. Ce sont souvent leurs occupants actuels qui les avaient construites. Elles témoignaient d'une autre époque quand le peuple ouvrier pouvait trouver là des terrains bons marché pour échapper à l'enfermement dans les grandes cités auxquelles les politiques urbaines les destinaient (en fond d'écran les tours de Maurepas).

les tours de Maurepas vues du canal st Martin à Rennes


Il y avait encore des vaches dans le Rennes des années 60 et les berges du canal abritaient des fermes. C’est pour cela qu’il y a encore des petits champs dans le coin.



L'accroissement urbain de la Ville de Rennes a resitué ce quartier au centre de la ville. Même avec une municipalité socialiste les manants restent des manants et n'ont rien à faire au coeur de la cité. C'est pour cela que la Ville prévoit des logemens standing (plus de 400) afin de réparer cette anomalie sociologique.
Le projet de détournement du quartier est déjà ancien. Il y a une quinzaine d’années, on voulait faire une voie rapide dans la zone. Le projet d’aujourd’hui, avec les besoins croissants de la ville de Rennes en nouveaux logements, est tout autre : réaménagement des berges et constructions de plusieurs centaines d’appartements.

Alors pour ceux qui se promènent souvent le long du canal, admirez encore Rosafolies, elle n’est plus là pour longtemps. Dans le quartier, seule la Maison de la Poésie, elle aussi propriété de la Ville échappe à la destruction massive…



Dommage à quelques encablures du centre ville, le canal offrait une autre ambiance. Bref, c’est un petit brin de fantaisie qu’on va définitivement perdre.

L'autre rive et ses jardins ouvriers, c'est dans le prochain billet...

Rosafolies veut vivre

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